Note : Suite de l'attaque contre Cadmus. Oliver veut des réponses et rien ne l'arrêtera. Merci à ceux qui me laissent des reviews, c'est pour vous que je continue d'écrire et de publier !
Pat' : Je dois bien garder un peu de mystère, c'est pas drôle sinon ;) Merci pour ton message !
Chapitre 33
Il y avait trois pièces au rez-de-chaussée, sans compter celle qui avait servi d'accueil à l'époque où le bâtiment servait de clinique dentaire. Deux contenaient du matériel scientifique et une servait de centre de contrôle, avec beaucoup d'ordinateurs et d'écrans éteints qui devaient habituellement afficher les vidéos des caméras de surveillance du bâtiment. Grâce à un appareil que Felicity avait créé et qu'il activait à chacune de ses missions, il enregistrait toutes les données informatiques qui se trouvaient à moins de dix mètres de lui depuis son arrivée. Il pourrait les consulter dans sa base.
Le cœur battant, Oliver s'approcha tout de même de l'un des ordinateurs pour voir s'il pouvait directement trouver la formule du poison qu'ils avaient utilisé contre Supergirl. Avec un grognement de frustration, il frappa l'écran qui s'écrasa à terre dans un vacarme assourdissant. Ils avaient activé un protocole d'autodestruction. Il ne pouvait qu'espérer que l'appareil de Felicity avait eu le temps de télécharger quelques informations.
D'une humeur noire, il retourna à l'étage et passa devant les corps évanouis de ceux qu'il avait combattus en regrettant de ne pas avoir causé plus de dégâts. Il aurait dû se montrer moins clément et utiliser ses flèches acérées au lieu de ses poings ou de ses liens. Resserrant sa prise sur son arc, ses yeux se focalisèrent sur la porte qui avait été entrouverte quelques minutes auparavant. Elle était fermée.
Toutes les personnes qu'il avait rencontrées sur son chemin étaient encore à ses pieds. Il y avait quelqu'un d'autre qui avait préféré se cacher plutôt que de l'affronter ou de s'enfuir. Il approcha sans un bruit avec des pas mesurés et s'arrêta juste devant la porte. Il sortit une flèche de son carquois et défonça la porte d'un violent coup de pied. Il s'engouffra dans la salle arc levé, prêt à tirer si on l'attaquait. Rien ne bougea. Oliver aussi resta immobile, effaré de la découverte qu'il venait de faire.
À sa droite, trois lits médicalisés. Les patients étaient reliés à diverses machines et transfusions. Pendant une seconde, il revit le corps brisé de Kara, sa pâleur mortelle et ses mains froides. Ses doigts tremblèrent sur son arc et il le baissa, rangeant sa flèche à sa place, restant sur ses gardes car quelqu'un avait refermé cette porte.
Il s'approcha lentement des lits, les sens aux aguets, prêt à dégainer son arme au moindre bruit. Deux hommes et une femme étaient inconscients, sans avoir l'air malade. Des questions lui envahirent l'esprit mais il les chassa toutes. Il aurait bientôt toutes les réponses. Il se concentra, mettant en arrière-plan la respiration régulière des trois patients et les bips récurrents des machines pour détecter un bruit qui n'aurait pas sa place ici.
Une inspiration paniquée.
Un rideau qui ondulait.
Dans un coin, recroquevillé sur lui-même au sol, à demi-caché derrière le rideau et une armoire, un homme en blouse blanche. Un autre scientifique de Cadmus, trop lâche pour l'affronter. Oliver se rua vers lui et le prit par le col, élicitant un cri de stupeur de sa proie. Il le sortit de sa cachette en le portant à moitié et le balança contre le mur à côté de la porte. Il ne lui laissa pas le temps de se ressaisir et lui écrasa la trachée avec son avant-bras.
-Qu'est-ce que vous leur faites ? gronda-t-il.
Les yeux fous de peur, l'homme tenta vainement de repousser son bras, ignorant sa question.
-Pitié… Je ne veux pas mourir, je…
Perdant patience, Oliver prit une flèche et l'arrêta à quelques centimètres de son œil gauche.
-Réponds à mes questions ou tu perds un œil.
-On… on expérimente sur eux. Pour… pour en faire des Supers. Leur donner… des pouvoirs.
Son discours était haché, il hyperventilait, transi de peur, mais Oliver avait enfin des réponses. Cette base de Cadmus servait de laboratoire où ils essayaient de transformer des humains en armes. Comme pour Cyborg Superman. Ou le père adoptif de Kara. Il en avait la nausée.
-S'il vous plaît… Je suis juste un biologiste… Je n'ai rien fait de mal, je…
-Ces trois-là, est-ce qu'ils étaient consentants ? l'interrompit-il, brûlant de lui mettre son poing dans la figure.
Personne ici n'était innocent. Personne ne méritait sa clémence.
-Quoi ? couina-t-il.
Il se colla contre sa proie, leurs visages à quelques centimètres l'un de l'autre, la flèche lui touchant presque l'œil.
-Je ne sais pas ! On nous les a amenés déjà inconscients… Je ne sais pas, je le jure !
Il menait des expériences sur des gens innocents, qu'il allait transformer en armes malgré eux, et il se présentait comme une victime. Oliver était vraiment tenté de lui planter cette flèche dans l'œil. Il se retint, il avait une mission plus importante à mener, et il avait sous la main une réserve d'informations.
-Cadmus a développé un poison contre les kryptoniens. Je veux la formule.
-Je ne sais pas de quoi vous parlez…
De frayeur, sa voix montait dans les aigus et il ferma les yeux, s'apprêtant à recevoir un coup pour son ignorance.
-Si l'un de vous se faisait arrêter, quel est le plan ? gronda Oliver.
Cette fois, il ne répondit pas au quart de tour et l'archer sut directement qu'il allait lui mentir, croyant pouvoir s'en sortir en prétendant ne rien savoir. Ce qu'il ignorait, c'était combien Oliver savait lire les gens. Les criminels.
-Je ne sais…
Il s'interrompit dans un cri. La flèche venait de lui entailler la joue, au niveau de sa pommette, et Oliver la fit glisser lentement jusqu'à la base de sa mâchoire, déchirant la peau sur son passage, l'homme hurlant et se débattant sous lui. Une odeur âcre d'urine lui envahit les sens et dans un grognement animal, il empoigna sa proie et la jeta dans le couloir. Il ne voulait pas infliger un inconfort de plus aux personnes qui avaient été utilisées comme des cobayes. L'homme s'écroula au sol, portant une main tremblante à sa joue ensanglantée, et il s'éloigna rapidement du corps évanoui d'un des gardes qui avait attaqué Oliver à son arrivée. Il finit assis dos au mur, se protégeant futilement le visage des mains alors qu'Oliver le dominait de toute sa hauteur, armé de son arc et prêt à tirer.
-Ne me mens pas. Quel est votre protocole ?
-On quitte les lieux en effaçant toutes les données informatiques. On laisse tout derrière nous. Une équipe de Cadmus s'occupera du nettoyage. On attend un appel de leur part qui nous indique notre nouvelle base.
Son discours était haché entre ses sanglots et ses gémissements, mais ces informations étaient précieuses. Cette équipe mobile qui détenait la clé pour sauver Kara serait difficile à traquer. À part s'il arrivait à les mener dans un piège. Sinon, il continuerait à démanteler des bases de Cadmus jusqu'à découvrir celle où ils se cachaient ou celle où le poison avait été conçu. L'idéal serait de trouver le scientifique qui l'avait créé, il saurait lui dire s'il y avait un remède et dans le cas contraire, il pourrait le forcer à en créer un.
Il continua son interrogatoire, mettant de côté ses plans pour la suite. L'homme effrayé lui livra des noms, des projets en cours, des protocoles de Cadmus, et tout ce qu'il disait était enregistré pour qu'il les réécoute par la suite.
L'homme ouvrit soudain de grands yeux alors qu'Oliver n'avait rien fait et il entendit un frottement dans son dos et une grande inspiration. Il se retourna en levant le bras pour bloquer la chaise qui allait s'abattre sur sa tête, la douleur l'aveuglant pendant une seconde, son souffle se bloquant dans sa gorge. Il fit un effort conscient pour la repousser, elle n'avait pas d'importance, la priorité était de survivre. La femme ne lâcha pas prise et tenta de le frapper à nouveau mais cette fois il attrapa le pied de la chaise et la balança au loin, faisant perdre l'équilibre à son attaquante. Il enchaîna avec un coup de pied dans le ventre qui l'envoya à terre dans un cri.
Oliver la reconnaissait, c'était celle qui avait accouru à son arrivée pour voir si son collègue avait été blessé. Il ne l'avait pas attachée, la laissant simplement évanouie. Il lança une flèche qui déploya un gaz somnifère dans le couloir, ne voulant pas risquer que d'autres se réveillent avant que ce ne soit leur tour d'être interrogé. Personne n'y échapperait.
Celui qui avait déjà subi son interrogatoire tomba dans les vapes, il n'avait même pas eu le courage de l'attaquer en même temps que la femme, c'était vraiment un lâche. Il n'avait de toute façon plus rien à lui apprendre, il était temps de passer au suivant. Alors qu'elle essayait de se redresser, le souffle coupé par le choc, il l'empoigna par le pied et la tira vers la salle qu'elle venait de quitter, où son collègue était toujours évanoui et attaché. Elle avait essayé de défaire ses liens, en vain évidemment, mais avait dû abandonner en l'entendant dans le couloir, croyant pouvoir tous les sauver en le prenant de court.
Elle ne savait pas encore à qui elle avait affaire.
Il lui lâcha le pied au milieu de la salle et elle se releva directement, courant vers la porte. Il tira une de ses flèches spéciales et elle se retrouva clouée au mur, deux fléchettes reliées par un câble lui bloquant le cou. Elle leva les mains, le fusillant des yeux malgré sa peur. Il allait être plus difficile de la briser, elle avait du courage et de simples menaces ne suffiraient pas. Cela ne l'inquiétait pas. Il avait déjà trouvé son point faible. Elle tenait aux gens avec qui elle travaillait. À Jason.
-Qu'est-ce que vous voulez ? demanda-t-elle d'une voix qu'elle voulait forte.
Oliver ne répondit qu'avec un sourire carnassier qui la fit frémir. Il ne lui dirait pas directement quelle information il recherchait, ce serait celle qu'elle ferait tout pour lui cacher. Non, il devait d'abord la briser. Il lança une fléchette dans le cou de l'homme endormi alors que la femme hurlait Non ! et tentait de se défaire de ses liens. Jason se réveilla en sursaut et elle réussit à se libérer. Oliver lui tira dessus et elle se retrouva à nouveau clouée au mur, une flèche lui transperçant l'épaule, un cri inhumain déchirant le bâtiment silencieux.
Leur interrogatoire pouvait débuter.
