Note : La suite des retrouvailles maintenant que Kara est au courant de ce qu'il s'est passé. Bonne lecture :)

Pat : Kara connaît Oliver, elle sait qu'il est capable de violence et qu'il serait prêt à tout pour elle. Bien sûr qu'elle le défend ! Merci beaucoup pour ton message, je te laisse découvrir la suite !

Chapitre 46

Oliver ne savait pas combien de temps il était resté dans cette chambre d'hôpital vide, immobile comme une statue, attendant que son sort soit scellé dans la pièce d'à côté. Son téléphone bipa une fois, le sortant de sa torpeur, et il consulta le message avec des doigts tremblants. Kara.

Reviens s'il te plaît.

Il éteignit férocement la lueur d'espoir que ce simple message avait fait apparaître dans son cœur. Non, Kara n'allait pas lui dire qu'elle lui pardonnait tout. Elle voulait qu'il la rejoigne pour lui crier dessus et lui dire qu'une personne aussi horrible que lui n'avait rien à faire dans sa vie. Elle allait lui annoncer qu'elle voulait couper le lien qui les liait. Il parcourut le couloir comme un homme qu'on conduisait à l'échafaud. Avec une inspiration tremblante, sachant que son monde allait basculer, il ouvrit la porte.

Kara était toujours dans son lit, adossée contre des oreillers, le visage brillant de larmes essuyées. Le cœur au bord des lèvres, Oliver s'approcha, voulant la prendre dans ses bras et la réconforter, mais il s'arrêta à mi-chemin. Elle était dans cet état par sa faute. Rien de ce qu'il pouvait dire, ou faire, ne saurait la consoler.

De la main, elle tapota le lit, l'intimant à venir s'asseoir. Il resta immobile, incapable d'esquisser le moindre geste. La colère dans ses yeux n'était rien par rapport à toute la détresse qui émanait d'elle. Elle allait lui annoncer qu'elle ne voulait plus de lui pour âme sœur.

-Je suis désolé, dit-il directement.

Aucune excuse ne serait suffisante mais il devait essayer, il devait lui montrer qu'il n'était pas que ce monstre sans cœur qu'on venait de lui décrire. Peut-être… Il y avait peut-être une chance qu'elle l'accepte, malgré ses actes ignobles. Elle avait réussi à accepter qu'il était un tueur après tout.

Kara secoua la tête comme s'il avait dit une bêtise et il se demanda pourquoi il n'avait encore reçu aucune accusation.

-Oliver, tu peux venir t'asseoir s'il te plaît ?

Sa voix était douce mais tremblante, elle avait beaucoup pleuré, et il ne put rien lui refuser, pas alors qu'elle lui paraissait si fragile, dans sa blouse blanche en contraste frappant avec son costume d'habitude si coloré. Il s'assit au bord du lit, faisant attention à ne pas la toucher. Il n'en avait plus le droit. Kara ne sembla pas de cet avis et lui prit tout de suite les mains, le regardant dans les yeux.

-Je ne t'en veux pas. Tu n'as pas à t'excuser. Je sais pourquoi tu as fait preuve d'autant de violence et je sais qu'à ta place, j'aurais moi aussi tout fait, tout fait, pour te sauver. Merci Oliver.

Elle porta délicatement leurs mains à son visage et déposa des baisers sur ses doigts blessés, murmurant des mercis, encore et encore. La boule à la gorge, retenant ses larmes, Oliver la laissa panser son âme meurtrie.

-Je t'aime, murmura-t-il.

Il ne savait pas comment il pouvait mériter une âme sœur si pure. Il avait eu une chance inouïe lorsque le destin l'avait choisie pour lui. Ils parlèrent doucement, avec peu de mots, renforçant leur lien qu'il avait cru brisé à jamais. Autour de lui, les couleurs brillaient de mille feux mais il n'avait d'yeux que pour Kara dont les joues avaient rosi et dont les sourires lui réchauffaient le cœur. Elle était bien vivante, loin du corps évanoui et meurtri qui l'avait hanté pendant si longtemps. Pourtant, la tristesse persistait dans son regard et elle n'avait pas expliqué sa détresse quand il était entré.

Oliver essaya de se mettre à sa place mais l'idée même que Kara commette des atrocités pour le sauver lui retournait l'estomac. La culpabilité l'aurait rongé jusqu'à ce qu'il la repousse pour s'assurer qu'une telle chose n'arrive plus jamais. Il devait la rassurer.

-Tu sais que rien de tout ça n'est de ta faute n'est-ce pas ?

Elle détourna les yeux et il lui prit doucement le menton pour qu'elle voie sa détermination dans son regard.

-Le seul responsable, c'est Cadmus. Celui qui a fait le choix d'utiliser la violence, c'est moi. Tu n'y es pour rien Kara. Et si ça peut te convaincre, j'aurais fait exactement la même chose pour Théa, ou Felicity, ou Dig.

C'était vrai. Pour sa famille, il était prêt à tout.

-Non, dit-elle. J'aurais été à tes côtés et tu n'aurais jamais été isolé comme ça. J'ai passé un savon à mes amis d'ailleurs.

-C'est pour ça que tu étais si triste ?

Rejeter tous ses amis avait dû être éprouvant et il s'en voulut de ne pas être resté pour la soutenir. Elle resta bouche bée, comme si elle ne s'attendait pas à cette question et elle cligna plusieurs fois des yeux pour retenir ses larmes. La détresse s'installa de nouveau sur ses traits et il prit ses mains entre les siennes, lui offrant son soutien. Quoi que ce soit, elle pouvait lui parler.

-Winn m'a dit que… quand mon cœur s'est arrêté, tu… tu voulais… tu étais prêt à mourir.

-Oui.

Ce n'était pas un secret. La peine qu'il avait ressentie quand son monde s'était éteint lui étreignit le cœur et il chercha le regard de Kara pour s'assurer qu'elle était bien là, vivante. Choquée, elle le fixait sans ciller, un éclair de rébellion dans le regard. Elle n'acceptait pas sa réponse mais il n'en avait pas d'autre à donner. C'était la vérité.

-Une vie sans toi ne vaut pas la peine d'être vécue.

-Ne dis pas ça. Promets-moi au moins d'essayer. Tu peux vivre sans moi, tu l'as fait jusque notre rencontre, tu pourras… tu trouveras la force de continuer.

-Non.

Son ton était final, il n'avait aucun doute.

-Comment ça non ? Je sais que vivre de nouveau dans un monde en noir et blanc serait un supplice, et je ne peux pas imaginer la douleur de te perdre, mais je peux te promettre d'essayer de continuer à vivre. Des tonnes de gens y survivent, certains retrouvent une autre âme sœur.

Dans son incompréhension et sa peine, elle lui serra les mains et il retint une grimace, sa force revenait peu à peu sans qu'elle ne s'en rende compte. C'était bon signe, elle serait bientôt complètement guérie. Il lui devait des explications et il n'hésita pas à lui révéler le secret de sa vie, celui que personne de vivant ne connaissait.

-Je sais que je n'y survivrai pas. Pas une seconde fois.

Kara se figea et semblait même avoir retenu sa respiration.

-Quoi ? murmura-t-elle, complètement interdite. Je ne suis pas… On a découvert les couleurs ensemble. Tu étais aussi émerveillé que moi, tu… Comment c'est possible ?

Il ne voulait pas qu'elle croie qu'il lui avait menti et il s'obligea à parler d'Hanna, ce qu'il n'avait pas fait depuis son enfance. Même au manoir, au fil du temps, elle était devenue ce fantôme dont personne ne mentionnait le nom, dans un effort vain d'oublier qu'il avait perdu son âme sœur. Il n'y avait aucune certitude qu'il en trouverait une autre.

-J'avais sept ans. Le souvenir des couleurs s'est effiloché avec le temps, je les ai vraiment redécouvertes avec toi. Par contre, ce que je n'ai jamais oublié, c'est ce que j'ai ressenti quand mon monde s'est éteint. L'agonie de devoir continuer à vivre alors que ma meilleure amie n'était plus là. On a passé peu de temps ensemble mais elle a laissé une marque indélébile sur moi, malgré tous mes efforts pour l'oublier. L'alcool, la drogue, les filles. C'était en partie à cause d'elle.

Maintenant qu'il avait commencé à parler, il ne s'arrêtait plus. Le regard aimant et triste, les mains dans les siennes, Kara l'écoutait simplement.

-Comment elle s'appelait ?

-Hanna. Elle souriait tout le temps, même à l'hôpital, et elle adorait dessiner des arcs-en-ciel partout. Mes cahiers en étaient remplis. Après… j'ai tout déchiré.

Ils étaient devenus un dégradé de gris qu'elle aurait détesté.

-Tu… tu y as survécu une fois, dit Kara en revenant à leur sujet de départ. Tu peux le refaire, tu as cette force en toi, ce courage.

Il savait que non, il y avait à peine survécu la première fois, avec le soutien de ses parents et de Tommy, puis l'arrivée de Théa qui avait illuminé son monde. Avec Hanna, ils n'avaient partagé qu'une amitié forte, ils avaient été trop jeunes pour développer des sentiments amoureux. Kara par contre était devenue sa lumière dans les ténèbres, sa partenaire, sa confidente, son amour.

-Je ne peux pas te perdre, dit-il simplement.

Il ne lui ferait pas une promesse qu'il ne pourrait pas tenir. Elle abandonna la bataille pour l'instant mais ils en rediscuteraient dans le futur, il en était certain. Elle lui caressa doucement la joue et lui demanda qui d'autre savait pour Hanna, ne voulant pas commettre d'impair.

-Seulement toi.

-Même pas Théa ?

-Elle n'était pas encore née et au bout de quelques années, Hanna était devenue… un sujet qu'on abordait plus à la maison. Ça me faisait trop mal.

Les larmes aux yeux, il s'arrêta là, incapable d'en dire plus sans fondre en larmes. Il ne parlait jamais d'elle. Le jour de sa mort, une part de lui était morte aussi, et avoir à nouveau vécu ça pendant quelques secondes à peine quatre jours plus tôt avait ravivé cette douleur. La main de Kara glissa derrière sa nuque pour l'attirer à elle et il cacha son visage dans son cou, profitant des caresses de son âme sœur qu'il avait cru perdre à jamais. Elle avait survécu, elle était bien vivante. Oliver s'agrippa à elle, son roc, son soleil, et il lui redit qu'il l'aimait.