Note : Le point de vue de Kara maintenant qu'elle sait tout ce qu'il s'est passé pendant son coma. Heureusement, elle n'est pas seule pour se débattre avec ce qu'elle ressent.
Pat : Dans une salle de bains, il y a pas tellement le choix xD Je pense que Lena et Oliver peuvent devenir de grands amis, mais pour l'instant il y a trop de non dits et de secrets entre eux. Merci beaucoup pour ton message !
Chapitre 48
Cela faisait deux jours qu'elle s'était réveillée de son coma et Kara se sentait en pleine forme. La veille, Oliver avait passé la journée (et la nuit) avec elle, mais aujourd'hui, elle avait réussi à le convaincre de sortir de sa chambre et de prendre soin de lui dans son appartement. Il avait accepté à la condition que Felicity prenne sa place à son chevet et elle n'avait pas pu le lui refuser, voulant aussi avoir un visage amical à ses côtés.
Kara refusait toujours de voir ses amis, encore trop en colère pour la manière dont ils avaient traité son âme sœur. Rien que d'y penser, ses veines bouillonnaient, elle voulait les secouer jusqu'à leur faire entendre raison. Elle avait refusé qu'Alex s'occupe d'elle, c'était une des scientifiques du DEO, Mary, qui faisait tous les tests pour vérifier qu'il ne restait plus une goutte de poison dans son corps. Maintenant que plus rien ne les bloquait, les rayons du soleil avaient fait leur effet, ses os brisés s'étaient reformés, ses hématomes avaient disparu, ses coupures s'étaient refermées et ses pouvoirs étaient de retour. Elle devrait sortir dans la journée.
Son téléphone qu'elle avait récupéré bipa. Un message d'Alex. Elle ne l'ouvrit même pas et résista à l'envie de le balancer au loin, le reposant avec force sur son lit. Oliver risquait de l'appeler s'il avait besoin de quelque chose. Sur sa chaise, Felicity fronça les sourcils et se redressa, posant sa tablette sur ses genoux.
-Pourquoi tu refuses de voir ta sœur ? Je l'ai rencontrée, elle semblait vraiment inquiète pour toi.
-Elle n'a rien fait pour aider Oliver.
Sa propre sœur avait abandonné l'homme de sa vie. Elle l'avait laissé se battre seul contre l'équivalent d'une armée et Oliver s'était détruit en les combattant. Il avait poussé son corps à bout, elle ne savait pas encore s'il portait de nouvelles cicatrices à cause d'elle mais elle l'avait vu tressaillir et grimacer de douleur quand il bougeait ou quand elle le touchait. Tout ça parce que ses amis l'avaient rejeté et isolé.
-Elle a fait son maximum, dit doucement Felicity.
-Ce n'était pas assez, répliqua-t-elle d'un ton sec.
Felicity devait la comprendre. C'était son meilleur ami qui avait été abandonné et contraint à faire usage de la manière forte.
-Non. Mais n'oublie pas que c'est Oliver qui s'est isolé et qui a repoussé toute aide. Il a estimé qu'il serait plus efficace seul et qu'avoir un partenaire ne servirait qu'à le ralentir. Avec un appel, il aurait eu toute la Team Arrow à ses côtés.
Kara chassa les larmes de frustration et de colère qui lui brouillaient la vision. Felicity avait raison, mais ça ne changeait rien au fait que ses amis, sa sœur, étaient restés spectateurs de sa descente aux enfers et l'avaient jugé durement pour ses actions. Elle avait l'impression qu'ils avaient utilisé les capacités d'Oliver et son désespoir pour défaire Cadmus sans se salir les mains. S'ils l'avaient vraiment voulu, ils auraient pu l'arrêter. À la place, ils lui avaient fourni des armes tout en condamnant ses méthodes. Elle dit tout ça à Felicity qui lui prit la main en lui adressant un regard assuré.
-Tu mélanges tout. Alex a fourni Oliver en armes dans le dos de son patron. C'est le directeur du DEO et un certain James ont fait leur possible pour arrêter Green Arrow. Quelqu'un d'autre l'a soutenu techniquement en secret.
-Winn, dit-elle avec un sourire triste. Le seul qui n'a pas jugé Oliver pour ses méthodes.
-Est-ce que tu peux vraiment les blâmer pour ça ?
Elle fronça les sourcils, ne comprenant pas sa question. Bien sûr qu'elle les blâmait. Ils voyaient tous Oliver comme une sorte de criminel qui méritait la prison alors qu'il n'avait fait que ce qui était nécessaire pour la sauver. Sans lui, elle serait toujours dans le coma, sans aucune chance de se réveiller.
-Toi aussi tu as rejeté Oliver quand tu as appris ce dont il était capable, continua Felicity.
Parce qu'elle ne s'était pas attendue à avoir un tueur pour âme sœur. Elle avait été choquée et n'avait aucune idée des épreuves qu'il avait traversées et de qui il était vraiment.
-Ça n'a rien à voir.
Il n'avait pas tué. Ses amis ne savaient même pas qu'il en était capable, à part Alex.
-Vraiment ? Comme toi, ils ont découvert brutalement toute la violence dont il peut faire preuve. Oliver évolue dans un monde sombre et certaines personnes ne sont pas prêtes à accepter cette réalité. Moi aussi j'ai eu besoin de temps pour l'accepter au début.
Felicity avait encore raison mais ça ne calmait en rien sa colère contre ses amis. Oliver avait commis des actes impardonnables parce qu'il s'était retrouvé seul. Avec leur rejet, ils lui avaient même fait croire qu'elle le rejetterait de sa vie. Cette expérience avait brisé quelque chose en lui.
-Je ne peux pas leur pardonner. Ils l'ont abandonné. À cause d'eux, il a été obligé de commettre des actes horribles.
Felicity lui serra la main avec un regard triste.
-Il n'y était pas obligé. Ce n'est pas contre ta famille que tu es en colère, Kara. C'est contre Oliver. Contre ce monde injuste qui l'a poussé à devenir un guerrier capable de torturer sans remords.
Elle détestait ça. Felicity avait mis des mots sur ce qui la rongeait de l'intérieur depuis qu'elle avait appris la vérité et ses barrières s'effondrèrent. Kara se cacha le visage entre les mains, tentant de contrôler sa respiration et de retenir ses larmes. Elle aimait Oliver de tout son cœur et elle détestait ce que le monde avait fait de lui. Elle détestait qu'il soit capable de tant de cruauté pour elle. Mais elle ne pouvait pas lui dire ça, elle ne pouvait pas lui montrer le moindre signe que cette partie de lui l'horrifiait. Parce qu'elle avait vu combien lui se détestait. Combien il se considérait comme indigne d'être aimé.
Deux mains se posèrent sur ses épaules mais elle ne fit rien pour regarder Felicity, le moindre mouvement risquant de lui faire lâcher prise sur le peu de contrôle qu'il lui restait. Si elle craquait maintenant, elle n'était pas sûre de pouvoir s'arrêter.
-Kara, respire. Tu peux te laisser aller. Personne ne te verra, il n'y a que moi.
Elle prit une inspiration tremblante et un hoquet lui traversa le corps. Felicity la prit dans ses bras, lui apportant son soutien alors qu'elle pleurait pour son âme sœur tellement malmenée par la vie. Elle n'osa pas lui retourner son étreinte, craignant de lui briser les os, sûre d'être incapable de contrôler sa force. Le monde avait été injuste et cruel envers Oliver et alors qu'elle se libérait de ce poids qu'elle portait depuis son réveil, elle se promit d'être toujours à ses côtés et de ne jamais, jamais, le laisser croire que ses actions faisaient de lui un monstre. Il n'en était pas un et ne l'avait jamais été.
-Tu le fais déjà, murmura Felicity. Tu ne l'as pas rejeté en apprenant ce qu'il avait fait pour toi. Tu lui as offert ton soutien et je suis sûre que tu le feras toujours. Mais pense aussi à toi. Tu as le droit de craquer, de crier contre le monde. Tu peux me parler quand tu veux, d'accord ?
Kara acquiesça, prenant le conseil de Felicity à cœur. Elle comprenait. Oliver était son ami depuis des années, elle aussi l'avait vu commettre des actes impardonnables et les avait pourtant pardonnés. Elle essuya ses larmes et enlaça enfin son amie, la remerciant pour ses conseils.
Elle resterait en froid avec James et J'onn tant qu'ils considéreraient son âme sœur comme un criminel mais elle supposait qu'elle pourrait parler avec Alex. Elle avait essayé d'aider Oliver. Winn méritait des remerciements, il avait été le seul à réussir à se faire une place dans sa mission et à le soutenir dans ses combats, même de loin. Il avait été là quand Oliver avait perdu les couleurs et il avait fait son maximum pour qu'il n'abandonne pas la vie aussi facilement si jamais ça se reproduisait. Sans lui, Kara n'aurait jamais su combien le fait de la perdre détruirait Oliver. Quand toute cette expérience serait derrière eux, elle trouvera un moyen de lui faire promettre de continuer à vivre même si elle venait à mourir.
Une heure plus tard, lorsqu'Oliver appela car Lena s'inquiétait pour elle, ses larmes avaient séché et son sourire n'était pas forcé. Kara était de nouveau prête à affronter la vie, à ses côtés.
