Note : Merci à tous ceux qui me lisent jusqu'ici, j'espère que la suite de l'histoire vous plaira ! (Et désolée d'avance pour ce chapitre peu joyeux.)
Pat : Oui, ce n'était qu'Alex qui a employé les grands moyens pour ralentir Kara qui se tue à la tâche. J'onn a un choix à faire et il a intérêt de se décider rapidement parce qu'Oliver est en mauvaise posture. Merci beaucoup pour ton message !
Chapitre 57
Son épaule criait à l'agonie. Chase venait d'en retirer deux flèches, une était encore plantée dedans, promesse d'une nouvelle vague de douleur. Chaque mouvement infime était une torture, chaque inspiration un calvaire. La flèche lui déchirait les muscles, lui grattait les os. Et ce n'était rien à côté de ce qu'il allait ressentir quand Chase la lui retirerait. Il s'approchait, un sourire carnassier aux lèvres, abandonnant deux flèches ensanglantées à terre, juste hors de la portée d'Oliver s'il allait au bout de sa chaîne. C'était une précaution inutile, il n'avait même pas la force de se redresser.
-Quelque chose à confesser, Oliver ?
Cette question, encore et toujours. Il n'avait pas de réponse à lui donner. Rien ne le satisfaisait.
-Je ne sais…
Il finit dans un cri lorsque la flèche quitta brutalement son épaule malmenée, créant de nouveaux dégâts sur son passage. Il vit des étoiles et frôla l'inconscience mais s'agrippa à la réalité. Il ne voulait pas que son corps évanoui soit à nouveau à la merci de Chase. Il prit une inspiration tremblante, ses poumons encore irrités de toute l'eau qu'ils avaient inhalée quelques heures ou quelques jours plus tôt, et il réussit à parler, la voix rauque :
-C'est quoi la suite ?
Il avait vécu pire et il pourrait encore tenir longtemps. La douleur ne lui était pas inconnue, ça faisait des années qu'il vivait avec, et il avait subi des supplices bien plus horribles que ça. Il y survivrait, même si le jeu de Chase était plus insidieux, il ne choisissait pas ses tourments au hasard. Il lui faisait endurer ce qu'il avait infligé à d'autres. La noyade pour son père. Les trois flèches pour le Comte. Et toutes les autres personnes qu'il avait transpercées sans hésitation. Il méritait de souffrir.
Chase le regardait comme s'il observait les réactions d'un animal et il lui adressa un regard noir, le laissant entrevoir toute la haine qu'il ressentait pour lui.
-Tu crois que tes amis sont ta force, dit-il comme s'il pensait qu'Oliver était un idiot. Tu as tort, c'est tout le contraire. Chacun d'entre eux est une faiblesse que je peux exploiter.
De la poche de sa chemise, il sortit une paire de lunettes qu'il reconnaîtrait entre mille. Felicity.
-Elle ne s'est même pas rendu compte que j'étais dans son appartement.
Sa poitrine s'enfla de colère et d'inquiétude et il tira inutilement sur ses liens, son épaule déchirée lui envoyant de nouveaux signaux douloureux. Ça n'avait pas d'importance. Celle qui était sa lumière depuis si longtemps était en danger par sa faute et il devait la protéger.
-Si tu la touches, je te jure que…
-Tu ne feras rien. Parce que tu es coincé ici.
Il voulait hurler. La frustration de ne pouvoir rien faire le rongeait de l'intérieur. Ce que Chase lui infligeait n'était rien par rapport à son angoisse pour ses amis, pour son équipe. Il ne savait pas ce qu'il se passait en dehors de ces quatre murs. Chase avait sûrement profité qu'Oliver ne soit plus à leurs côtés pour les attaquer. Sa seule source de réconfort était qu'il voyait toujours les couleurs. Tant que Kara était là, sa famille était en sécurité. Même s'il ne comprenait pas pourquoi elle n'était pas encore apparue pour le sortir de cette cellule.
Chase dut se rendre compte qu'il ne sombrait pas dans le désespoir à l'idée d'être coincé ici alors que Felicity était clairement en danger, car il reprit :
-Et ne crois pas que tes alliés aux pouvoirs puissent faire quoi que ce soit pour toi. Flash est trop occupé à Central City, je m'en suis assuré. Et cette Supergirl qui parcourt la ville sans relâche ne te trouvera jamais.
Kara.
Oliver détesta l'étincelle d'espoir qui s'enflamma dans son cœur en apprenant qu'elle était bien ici. Elle n'aurait pas dû se faire voir mais opérer dans l'ombre. Chase l'avait maintenant dans son viseur. D'une main, il désigna le plafond d'un air suffisant.
-On est enterrés, sous une chape de plomb. Les murs qui nous entourent ? Recouverts d'une peinture en plomb.
Oliver déglutit, la peur au ventre. Il connaissait ses faiblesses. Même si elle était au-dessus d'eux, elle ne saurait jamais qu'il était là. Sauf peut-être si elle l'entendait. Mais il ne l'appellerait pas. Il ne la mettrait pas plus en danger qu'elle ne l'était déjà.
-Et bien sûr, il y a des bloqueurs de métas partout. Tu vois Oliver, je sais tout sur toi. Personne ne viendra te sauver. Personne ne pourra protéger tes amis.
Il avait raison. Il n'y avait que deux choses qu'il avait su garder secrètes. Les deux choses les plus importantes pour lui, qu'il gardait au plus près de son cœur et qu'il défendrait jusqu'à son dernier souffle. Kara était son âme sœur. William était son fils. Et il les aimait de toute son âme.
-Je ne veux qu'une chose, Oliver. Avoue-moi ton secret et tout ça s'arrêtera. Je te libèrerai de ces chaînes et tu retourneras chez toi.
Si seulement il savait ce qu'il attendait de lui. Il lui dirait ce qu'il voulait entendre et il le laisserait partir. Ça semblait trop beau pour être vrai et il était sûr que Chase ne le libèrerait pas si facilement mais au moins il ne serait plus torturé par cette question qui tournait dans son esprit pendant des heures.
-Tant que tu gardes le silence… Tous les gens que tu aimes sont en danger.
Il se leva et sortit un papier de sa poche qu'il déplia. Son cœur s'arrêta. William. William.
-Même ton fils.
Non.
La peur le prit aux tripes, une centaine de scénarios sur ce que Chase pouvait faire subir à son fils lui emplissant l'esprit. Il ne put empêcher les larmes de couler à la pensée de ce garçon si innocent qui allait souffrir par sa faute. Parce que son père était un monstre.
Chase jeta la photo à côté de lui et même s'il en mourrait d'envie, Oliver était incapable de la prendre pour la serrer contre son cœur dans un geste de protection inutile. Son épaule détruite le clouait au sol, bouger son bras lui était impossible, et les noyades, le manque de nourriture et d'eau avaient épuisé son corps malmené. Simplement se redresser serait une épreuve. Il ne pouvait rien faire pour son propre fils. Il était pitoyable.
-À tout à l'heure, dit Chase en lui tournant le dos. Je te laisse deviner qui je vais tuer en premier pendant que tu es coincé ici.
Il devait faire quelque chose. Chase allait s'en prendre à son petit garçon. Il ne pouvait pas l'arrêter physiquement, il était trop faible, et raisonner avec lui serait futile. Il ne lui restait qu'une chose à faire et il n'hésiterait pas. Pour son fils.
-Adrian ! Adrian, je t'en supplie…
Il faisait appel au peu d'humanité qu'il lui restait. En l'appelant par son prénom, il lui rappelait l'amitié qu'ils avaient partagée. Mais il aurait dû se douter que Chase avait depuis longtemps délaissé son humanité.
-Tu n'as qu'à confesser, Oliver.
-Je…
Il devait trouver. Quelque chose. N'importe quoi.
Il avait déjà tout essayé.
-J'ai…
Chase ne se retourna même pas vers lui.
-Décevant.
Les barreaux qui le retenaient prisonnier se refermèrent dans un claquement sinistre et Chase disparut.
Il avait échoué. Felicity, Dig, Théa, Quentin, même Barry étaient en danger de mort. Son fils. Kara. Tous les gens qu'il aimait. Tous ceux que sa vie avait touchés. Il n'aurait jamais dû les laisser l'approcher.
Allongé à même le sol, coincé dans ce corps affaibli, des larmes d'impuissance coulant sur ses joues, il perdit le peu d'espoir qu'il lui restait. Ses alliés ne le trouveraient jamais ici et ils risquaient de se faire tuer à tout instant. Il ne voulait pas qu'ils passent leur temps à le rechercher mais plutôt à se protéger. Parce qu'ils étaient en danger cause de lui.
Un soupir tremblant lui échappa et il se mordit la langue jusqu'au sang. Il ne sangloterait pas dans cette cellule. Il ne donnerait pas cette satisfaction à Chase. Au mur, les visages de ses victimes assistaient au spectacle, ce qui n'était que justice. Quand il avait accroché les photos, Oliver avait failli lui dire fièrement qu'il en manquait, Chase ne savait pas tout de lui finalement. Il s'était retenu en se rendant compte que ça ne servirait qu'à nourrir les arguments du psychopathe. Il avait maintenant presque envie de rappeler Chase pour lui signifier son erreur. Il avait tué bien plus que la trentaine de personnes qui l'observaient, impassibles, et tous méritaient d'assister à sa punition pour ce qu'il leur avait fait.
Au sol, le visage souriant de William le hantait.
Il était le suivant sur la liste de ses victimes.
