Note : Un grand merci aux quelques lecteurs qui me laissent des reviews, ça me motive vraiment pour mener cette histoire jusqu'au bout. Oliver souffre en ce moment mais Kara n'est pas prête à l'abandonner.
Pat : C'est sûr que c'est dur de voir Oliver dans cet état alors qu'il est si fort d'habitude (c'était pas facile à écrire non plus). Mais il est entouré et ses amis ne vont pas laisser Chase gagner ! Kara ne sait pas (encore) comment l'aider, ça va être difficile pour notre couple… Je te laisse découvrir la suite, merci beaucoup pour ton message !
Chapitre 64
Oliver se réveilla dans un sursaut et passa une main sur son front en sueur. Encore un cauchemar. À ses côtés, Kara avait les yeux fermés, il ne l'avait pas réveillée cette fois. La veille, après que Dig se soit occupé de ses blessures, il avait viré tout le monde de l'Arrow Cave et en avait condamné l'accès avant de rentrer chez lui. En trouvant Kara dans son lit, il avait voulu se mettre en colère mais n'avait pu s'y résoudre. Il ne voulait pas lui faire du mal mais il allait devoir lui faire comprendre qu'eux, c'était terminé. Il ne laisserait pas durer cette mascarade. Les sentiments qu'elle éprouvait pour lui étaient basés sur un mensonge.
Il s'était allongé en faisant attention à ne pas la toucher, il n'en avait plus le droit et il l'avait assez mise en danger comme ça, et il avait prétendu ne pas voir son regard blessé. Pourtant, elle avait respecté ses souhaits et ne l'avait pas approché, même quand il se réveillait après ses cauchemars. Avant, elle le prenait dans ses bras ou lui murmurait des mots doux s'il ne le supportait pas pour l'aider à se rendormir. Il ne pouvait plus accepter aucune de ces marques d'affection.
Le fait qu'elle soit encore endormie lui prouvait combien elle était épuisée. Elle avait de gros cernes sous les yeux, ce qu'il pensait impossible, mais elle avait dû passer chaque moment éveillé de ces six derniers jours à le rechercher. Il s'en voulait de l'avoir accueillie si froidement et que ses premières paroles avaient été de lui demander de partir au lieu de la prendre dans ses bras et de lui dire qu'il l'aimait. Il n'en avait plus le droit et il se détestait de lui faire vivre ça.
Une mèche blonde lui barrait le visage et il glissa la main jusqu'à elle pour la remettre en place. Il se figea à quelques millimètres de sa peau, le cœur déchiré. Non. Il ne pouvait pas la toucher et continuer à l'empoisonner.
Oliver sortit du lit comme une ombre, ignorant son torse qui le brûlait, son épaule qui criait à l'agonie, et se coula un bain pour détendre ses muscles fatigués et se débarrasser de la crasse et de la sueur qui le recouvraient encore. Mouiller ses bandages et ses blessures n'était pas recommandé mais il s'en fichait. Il avait besoin de se réapproprier son corps. Il se déshabilla lentement, abandonna son jogging et son t-shirt à terre, hésitant à retirer ses bandages aux poignets. Il les laissa, se disant que les plaies seraient un peu protégées contre le savon.
Il se glissa dans l'eau chaude avec un soupir de contentement. Ignorant ses blessures qui l'élancèrent à son contact avec l'eau, il s'allongea presque dans la baignoire, la nuque posée contre le rebord. Peu à peu, son corps malmené se détendit et ses muscles se relâchèrent. Il avait l'impression de flotter, libéré de toute la tension qu'il avait accumulée ces derniers jours. L'eau chaude était comme un cocon qui l'isolait du monde extérieur et de la réalité. Il ferma les yeux, laissant son esprit s'évader.
Il n'aurait pas dû.
Une image s'imposa à lui et la panique le prit à la gorge. Le visage de Chase alors qu'il lui brûlait le torse, chacun de ses traits reflétant son plaisir malsain à lui infliger une telle douleur et à l'avoir à sa merci. La liste n'était qu'un prétexte. Son sourire sadique alors qu'il lui montrait une photo de son fils. Tu infectes toutes les vies que tu touches.
Il n'arrivait plus à respirer, il se noyait. Oliver se redressa brusquement, avalant de grandes goulées d'air, des doigts fantômes lui agrippant la nuque, le cœur battant la chamade. Il se frotta le visage, espérant chasser les visions qui le hantaient, et se rendit compte qu'il n'était même pas mouillé. Son visage était resté à la surface.
Il ne put retenir un hoquet de détresse et releva les genoux contre lui, les entourant de ses bras et y cachant son visage. Maintenant que son contrôle avait glissé, il ne put retenir ses larmes et de gros sanglots lui déchirèrent la poitrine. Il était libre et pourtant, il sentait encore les chaînes à ses poignets et ses chevilles et sa confession résonnait encore et encore dans son esprit. J'en avais envie ! Et j'aimais ça ! Il était de nouveau dans cette cellule et Chase allait lui plonger la tête sous l'eau pour la centième fois, la millième fois, il avait perdu le compte. Ses doigts s'agrippèrent à ses cheveux et il les tira de toutes ses forces, remettant un pied dans le présent, dans sa salle de bains. Il n'était plus là-bas.
Des pas feutrés et une présence à ses côtés attirèrent brièvement son attention mais il n'arrivait pas à reprendre son souffle, la gorge nouée par la panique et les pleurs. L'eau qui l'entourait n'était plus une source de confort mais un rappel constant qu'il risquait à tout moment de perdre sa capacité à respirer et de sentir ses poumons s'emplir d'eau, encore et encore. Une main se posa sur son dos et tous ses muscles se tendirent, prêts à le défendre contre cette nouvelle menace.
Mais la main était douce et dessinait des petits cercles entre ses omoplates, et il reconnaîtrait ce toucher entre mille. Kara. Sa poitrine se serra et il enfouit un peu plus son visage entre ses bras et ses genoux, paniquant légèrement lorsque l'eau lui frôla le nez. Il ne la méritait pas. Il devait… Il devait la rejeter. Mais il était faible, et égoïste, et il avait atrocement besoin de réconfort. Une mélodie douce lui parvint aux oreilles et il s'y accrocha, redoutant de se perdre à nouveau dans son esprit. Sa respiration se calma peu à peu et il desserra sa prise sur ses cheveux, son corps se détendant.
Oliver releva lentement la tête et son regard tomba sur Kara qui murmurait les dernières notes, le visage souriant mais les yeux rougis. Agenouillée à côté de la baignoire, elle portait une de ses chemises dont elle avait retroussé les manches. Il l'aimait tellement. Elle posa une main hésitante sur sa joue et il pencha instinctivement la tête vers elle, incapable de résister à sa chaleur. Elle s'approcha jusqu'à ce que leurs fronts se touchent, leurs regards liés par leur amour et leur douleur. Il y vit combien elle avait eu peur de le perdre, combien elle voulait se battre pour lui, combien elle était soulagée de l'avoir entre ses bras. Il espérait qu'en retour, elle ne voyait pas le monstre qu'il était.
-Laisse-moi t'aider, murmura Kara.
Oliver la regarda longtemps avant de céder et elle vida l'eau devenue grisâtre. Il n'eut pas le temps d'avoir froid qu'elle remplissait à nouveau la baignoire, en y ajoutant des lotions parfumées qui n'irriteraient pas ses blessures et qui apaiseraient ses ecchymoses. Elle arrêta le niveau de l'eau à sa taille, bien en-dessous de sa brûlure au torse, et avec des gestes tendres, elle étendit à nouveau ses jambes et le repoussa contre le bord de la baignoire pour qu'il n'ait plus à supporter son poids. Il se laissa faire comme une poupée de chiffon, sachant qu'entre ses mains, il était en sécurité. Le seul danger c'était lui.
Kara commença par lui faire un shampoing, lui massant le cuir chevelu avec douceur, et il glissa dans un état second où il ne pensait à rien à part à ses doigts de fée, à l'odeur de lavande qui l'entourait, à l'amour qu'elle dégageait. Elle le rinça en faisant attention à ce que le produit ne coule pas dans ses yeux et il ne retint pas ses larmes alors qu'il se demandait comment il pouvait mériter une âme sœur aussi magnifique. De cœur et de corps.
Avec un gant savonneux, elle lui nettoya le cou, glissa sur son épaule, son bras, le manipulant avec délicatesse comme s'il était la chose la plus précieuse au monde. Alors qu'elle parcourait son corps, effaçant les traces de ses jours de torture, chérissant chaque part de lui, même les plus intimes, lui assurant avec chacun de ses regards qu'elle l'aimait et qu'elle était là pour lui, il s'efforçait de rester dans le présent, à ses côtés. Chase rôdait dans son esprit et attendait la moindre opportunité pour l'attaquer. Kara le maintenait éloigné avec ses gestes empreints d'amour.
Il ne la méritait pas.
Il en voulait au destin qui l'avait condamnée à être son âme sœur. Il pouvait la repousser de toutes ses forces, elle serait à jamais liée à lui. Briser leur lien était hors de question. Jamais il ne l'obligerait à vivre dans un monde en noir et blanc. Jamais il ne lui ferait vivre l'enfer de perdre son âme sœur.
-Je suis désolé que tu sois coincée avec moi, murmura-t-il.
Kara se figea et lui adressa un regard étrange avant de froncer les sourcils. Abandonnant sa tâche, elle posa le gant sur le rebord de la baignoire et prit sa main entre les siennes, entremêlant leurs doigts. Elle y déposa un baiser avant de la porter à son cœur. Le regardant dans les yeux, uniquement de l'amour et de la douceur émanaient d'elle.
-Je ne suis pas coincée avec toi. Oliver, même si tu brises le lien qui nous lie… je resterai à tes côtés. Toujours. Tu es mon cœur. Mon meilleur ami et mon partenaire. Je t'aime, avec ou sans couleurs.
Ces mots le touchèrent au plus profond de son être. Elle le choisissait. Pendant un instant infini, les couleurs fades et grisâtres qui les entouraient reprirent vie. Puis il redescendit sur Terre et son cœur se serra alors que son monde redevenait sombre. Si elle savait la vérité, si elle savait qu'il aimait tuer, elle ne les aurait jamais prononcés. Il allait lui avouer ce que Chase lui avait fait réaliser, elle avait le droit de savoir avec qui elle choisissait de partager son cœur, mais elle le devança en lui serrant la main :
-Je ne peux pas imaginer ce que tu es en train de vivre. Je ne sais pas pourquoi tu veux me repousser. Mais pour l'instant, laisse-moi prendre soin de toi. S'il te plaît.
Il accepta. Comment pouvait-il refuser alors qu'elle le regardait avec tant de dévotion et d'amour ? Il s'abandonna à elle, la laissant le laver, l'essuyer, nettoyer et panser ses blessures. Elle l'habilla de vêtements confortables et l'installa dans le canapé, blotti dans une couverture, le temps qu'elle lui prépare une soupe, sachant qu'il ne pouvait rien avaler de consistant après tant de jours au régime forcé. Il profita de chaque marque d'attention, chaque caresse, chaque regard, comme si c'était le dernier. Après la brutalité dont avait fait preuve son tortionnaire, la douceur de Kara pansait son âme meurtrie. Il l'aimait tellement.
Et il allait tout détruire.
