Coucou !
Ca fait trois mois que je n'ai rien publié et je reviens avec un chapitre de All is found (je sens déjà les gens me détester xD). Il faut dire que ce chapitre a été franchement entamé avant même de publier le prologue et je viens juste de profiter des premiers jours du confinement pour le terminer. Pourquoi pas vous le partager tout de suite du coup ?
D'habitude mes chapitres sont très longs, j'espère rester aussi légère à l'avenir avec cette fiction. Je ne veux pas de trop longs chapitres, je ne veux pas trop de chapitres déjà haha, et je veux rester dans une ambiance pas déprimante ou sombre. Je tâtonne encore :D
Premier chapitre : les premiers rouages se mettent en place !
Je vous souhaite une bonne lecture et j'espère que ça va vous plaire. Merci !
ALL IS FOUND.
Chapitre 01 : Entre les mains d'un Potter.
La semaine qui vient de s'écouler n'a jamais été aussi laborieuse. Sous l'ordre du Ministère, la maison de Scorpius est brusquement devenue comme une prison. Cloisonnés entre leurs propres murs, Astoria et son fils ont la sensation d'étouffer et passent le plus clair de leur temps à ruminer les récents événements.
L'extérieur de leur maison est pris d'assaut par les journalistes des différentes Gazettes. Ils savent se faire entendre et se voir malgré les stratagèmes de la famille Malfoy. Jusque-là leurs appartements avaient toujours été un havre de paix discret au milieu des moldus. Un refuge pour l'anxiété de Scorpius et également pour les maux de ses parents. Les Malfoy ont vécu tranquillement dans l'ombre pendant des années, sans être inquiétés d'être observés, reconnus, jugés, dans les environs. De toute évidence, les sorciers savaient pourtant où les trouver et leur apparente quiétude s'est complètement dissipée en l'espace d'un instant.
Depuis que la nouvelle a fait la Une de tous les journaux possibles, Scorpius évite chaque fenêtre comme la peste. Ils ont tiré les rideaux pour empêcher les flashs des appareils photo qui s'excitent au moindre reflet et leurs sortilèges de protection sont entrés en guerre contre leurs sortilèges vicieux d'intrusion.
Seul le chat de la famille risque de temps en temps une manœuvre vers la vitre pour jauger les intrus de son plus grand air dédaigneux et Scorpius en est venu à l'envier.
Même en étant averti et en s'y préparant de tout son être, la situation le dépasse. Lire l'article de la Gazette du Sorcier sur son propre père a retourné le jeune homme et n'a pas aidé son imagination fertile. Les tournures de phrases accusatrices dansent dans son esprit, surtout quand les rédacteurs ont fait le choix d'écrire un article par jour sur l'affaire en cours, des articles qui n'apprennent rien à quiconque mais qui ressassent, encore et encore, et qui s'apparentent à un couteau aiguisé dans une plaie ouverte.
Leur seule idée novatrice a été de sortir un numéro spécial, un récit complet des méfaits des Mangemorts en incluant ceux commis certes par son père, Draco Malfoy, mais également par les ancêtres Malfoy au complet. De la montée de son grand-père dans la société jusqu'au quotidien de son arrière-grand-père, Abraxas. Un étranger, un mythe lugubre même, aux yeux du jeune garçon.
Autant dire que le tableau dépeint a été particulièrement noir, parfois vrai, mais parfois totalement exagéré aussi. Depuis sa lecture, le moral de Scorpius a sérieusement flanché. Il a senti leurs chances s'estomper d'un claquement de doigt en découvrant que l'édition s'est vendue comme des petits pains.
Il n'est pas le seul à avoir été affecté. Même sans le laisser paraître, Astoria Malfoy se retranche plusieurs fois par jour dans sa chambre afin de laisser libre cours à sa rage. Elle tente de camoufler ses émotions tant bien que mal derrière sa retenue habituelle mais Scorpius n'est pas dupe. Lui, cependant, n'a pas pleuré depuis l'épisode de la bibliothèque qui a épuisé toute sa réserve.
Ce qui ne l'empêche pourtant pas d'en ressentir l'envie ou de passer son temps à se ronger les ongles jusqu'au sang. Les insomnies se sont multipliées et ses pires angoisses se déchaînent une fois qu'il se retrouve plongé dans l'obscurité. Il ne sait toujours pas grand-chose des accusations contre son père. Il y a des rumeurs et des suggestions, mais rien des preuves énoncées par McGonagall et qui ont soi-disant été retrouvées par les Aurors.
En une semaine, leur salon a vu défiler plus d'une fois les deux agents du Ministère rencontrés dans le bureau de la directrice. Ils ont finalement pu les poser, leurs fameuses questions, et les reposer, et les reposer, un jour après l'autre, tentant de discerner une erreur de logique dans ses propos ou dans ceux de sa mère.
Ils l'ont interrogé seul, puis auprès d'Astoria, et ils ont tenté de les liguer contre son père, surtout en essayant de leur faire croire qu'il s'est toujours servi de lui, d'eux, qu'un Malfoy ne peut aimer ni sa descendance ni sa femme, ni même les considérer avec respect.
« Sa descendance », voilà comment ils n'ont cessé de le nommer et que les journaux le nomment. C'est comme s'il est soudain devenu l'héritier d'un trône inconnu, alors qu'il n'est, et n'a toujours été, qu'un fils. Un être humain. Rien de plus.
Ce n'est pas son père qui ne l'aime pas ou qui ne le respecte pas. Ce sont tous ces gens, tous ces vautours, ces Aurors qui s'incrustent chez eux. A leurs yeux, il n'est plus Scorpius, il ne vaut plus grand-chose. Il le voit dans leurs regards, dans la manière bourrue qu'ils emploient pour lui parler. Il le voit dans les coups d'œil qu'ils se lancent quand ils pensent ne pas être vus.
Ils font fausse route. Toutes ces interrogations ne sont que des conneries injustes, une perte de temps incroyable. Il y a bien une chose dont il est sûr cependant, c'est que le Manoir Malfoy a été confisqué à la fin de la guerre. Le lieu a été classé sous la coupe du Ministère de la Magie et sa famille a perdu leurs droits sur le lieu et sur tous les objets qu'il contient. S'il y a un coupable, c'est bien le Ministère lui-même.
Scorpius est épuisé d'avoir l'esprit qui s'éparpille, qui réfléchit trop vite pour lui et pour sa propre santé. Il se fatigue à regarder le plafond toutes les nuits, à réfléchir aux conséquences qui attendent son père et qui l'attendent également à son retour à Poudlard. Le temps ne s'est malheureusement pas arrêté et plus il avance, plus il approche d'une situation qui l'effraie.
Il n'a déjà plus aucun contact avec ses camarades pour se remonter le moral. Les lettres de Liam et Mimi ont apparemment été confisquées par les Aurors sans comprendre pourquoi. Il peut se rendre à l'évidence pour les missives de son père, pourquoi les leur donnerait-on ? Mais celles de ses amis ? S'il sait qu'il en a reçu, il ne peut s'empêcher d'avoir la sensation de ne plus avoir d'alliés, qu'on lui a dérobé cette chance.
A cet instant, avec Rubis sur ses genoux, il attend patiemment avec Astoria une visite de plus des Aurors. Comme si rien ne pouvait aller plus mal, on vient de leur annoncer par hibou le matin même que l'enquête a changé de mains et que de nouvelles interrogations seraient conduites. La lettre officielle a prévenue de l'arrivée des nouveaux enquêteurs en Portoloin pour dix heures.
Il est dix heures moins cinq et le cœur du jeune homme menace de lâcher depuis au moins la dixième fois en seulement quelques minutes. Il ne sait pas comment tenir jusqu'à l'arrivée des nouveaux Aurors, ni comment se conduire, ni comment ceux-ci vont se comporter avec eux. A quoi bon recommencer depuis le début ? Personne ne les croit et à lire La Gazette du Sorcier et leurs courriers hebdomadaires : personne n'a envie de les croire, ce qui le décourage d'avance.
Puis, depuis le premier interrogatoire, Scorpius a appris à ne pas flancher sous les regards froids des Aurors déjà rencontrés, ainsi qu'à manier ses mots selon leurs humeurs. Il a pris ses marques et ses habitudes. Se plonger à nouveau dans l'inconnu et les règles de la procédure, devoir être soumis à de nouveaux jugements, de nouvelles questions, pour il ne sait combien de temps, lui donne des sueurs froides.
Astoria semble être dans le même état fébrile. Son regard ne cesse de dériver vers la fenêtre qui laisse heureusement passer la luminosité de l'extérieur grâce à quelques tours de magie. La fatigue est lisible sur son visage et sa colère est palpable. L'angoisse semble être une réalité moins douloureuse pour elle que pour son fils, comme si elle se contente de l'apprivoiser plutôt que de la combattre.
Une lueur jaunâtre envahit soudain la pièce. Une image distordue se succède et très vite, une silhouette secouée par le voyage fait son apparition. Le Portoloin émet un bruit d'explosion et une vieille canette inanimée roule sur le sol. Mais il n'y a qu'une seule personne, non deux comme annoncée, qui se tient maintenant au milieu du salon.
Dérangé par l'étranger, le chat déguerpit des genoux de Scorpius pour se réfugier ailleurs. Le jeune homme se redresse dans le canapé et jauge le nouveau venu. Il se tient de dos et salue aussitôt Astoria d'une poignée de main. C'est l'expression de sa mère s'adoucissant qui interpelle Scorpius. A défaut d'être rassuré, voir Astoria esquisser quelques larmes de soulagement le rend nerveux. Connaît-il cet homme ?
L'Auror avance maladroitement dans la direction de sa mère et lui tapote doucement l'épaule.
- Allons, allons. Ce n'est rien.
- Par Merlin, je n'y croyais plus. Je pensais tout simplement que vous ne recevriez jamais ma lettre...
- Honnêtement Mrs Malfoy, je dois vous avouer tristement que je n'ai rien reçu. Mais cette affaire est bien trop louche pour que je ne m'y intéresse pas de moi-même !
Scorpius n'ose pas bouger. La voix lui est familière sans pour autant pouvoir la replacer. De ce qu'il sait, la famille Malfoy n'a aucun proche travaillant au Ministère de la Magie et encore moins dans le quartier des Aurors. Penchant la tête sur le côté, il observe l'Auror d'un œil suspect, ne comprenant pas pourquoi Astoria lui aurait demandé de l'aide ni pourquoi il a l'air de lui apporter aussi naturellement son soutien.
C'est un homme de stature moyenne, qui ne dégage pas tant de pouvoir que cela. Le col de sa cape est remonté sur sa nuque et souligne ses cheveux totalement en désordre, contrastant drastiquement avec la manière de se tenir de tous les Aurors qu'il a pu croiser jusqu'à aujourd'hui –soit deux. Il n'a pas l'air tiré à quatre épingle à en distinguer ses bottes sur lesquelles on devine une boue sèche et au ton de sa voix, il ne semble pas être tout aussi guindé que ses collègues.
L'Auror fait rasseoir Astoria à sa place et invoque un plateau de thé sur la table basse, accompagné de scones et de muffins. Il y a quatre tasses fumantes, pour trois personnes, et le jeune homme plisse les yeux en le constatant.
- Je dois reconnaître que vous n'avez pas beaucoup d'alliés... C'est une chance qu'on ne me refuse aucune affaire et que ce serait un scandale dans le cas échéant. (Scorpius sent un sourire dans sa voix.) Par contre, il va falloir me raconter tout ce que vous aviez déjà pu raconter à vos précédents visiteurs. J'ai besoin de votre version, de tout ce que vous savez. En échange, je vous ferai part de mes réflexions. Il va nous falloir une totale transparence l'un envers l'autre, il y a trop de zones d'ombres dans ce qu'il se passe.
- Où est votre collègue ? demande brusquement Scorpius sous le coup de la nervosité. Les Aurors ont toujours un coéquipier. C'est la loi.
L'Auror se tourne finalement vers lui et tout l'air contenu dans ses poumons le quitte. Il reconnaît désormais sans peine le visage qui se tient au milieu de son salon. Les yeux émeraudes transcendants de son visage, les lunettes qui les bordent, la cicatrice qui se voit parfaitement au milieu de son front. Impossible de se méprendre.
Harry Potter affiche une confiance en lui encore plus brute que son fils. Il esquisse un demi-sourire en prenant conscience de sa présence.
- Ah, tu es Scorpius, je présume, soupire-t-il en l'observant attentivement. Pour tout avouer, je n'ai jamais été un grand fan des règles. Ravi de faire officiellement ta connaissance ceci dit.
Scorpius hausse les sourcils pendant que l'Auror passe désormais un coup d'œil derrière les rideaux et constate la présence des journalistes sur le perron.
- Je suis bien le seul Auror interpellé par cette histoire. Je ne crois pas un instant à la culpabilité de votre famille et certains détails me l'assurent, alors j'espère que vous ne tiendrez pas rigueur de l'absence de Ron. Officiellement, dans les rapports, il sera présent bien entendu. (Il observe Astoria et Scorpius tour à tour en attendant leur assentiment.) Officieusement, nous avons eu un changement de dernière minute et quelqu'un a tenu à te rendre visite, mon garçon. Comme ce Portoloin n'a été programmé que pour deux personnes, tu te doutes bien que j'ai dû faire quelques concessions...
Harry Potter agite sa baguette à l'endroit où il se tenait quelques minutes plus tôt, mais rien ne se passe, créant un froncement de nez ennuyé chez l'intéressé.
- Évidemment qu'il ne tient pas tranquille. Albus ? Tu veux bien te montrer ?
- Je suis là.
Scorpius se raidit sur le canapé en entendant la voix de son camarade à sa droite. Obnubilé par la présence d'Harry Potter et par son magnétisme, il n'a pas senti le coussin s'affaisser à ses côtés. Seule la tête d'Albus dépasse de la cape d'invisibilité et le regard surpris de Scorpius croise celui, plus gêné, du jeune homme.
- Tu ne devrais pas être là alors ne joue pas avec la patience de tout le monde, l'avertit son père. Mrs Malfoy, j'espère que sa présence ne sortira pas d'entre les quatre murs de votre maison.
- Du moment que vous nous aidez, cela ne m'ennuie pas, réplique Astoria en scrutant d'un œil averti le camarade de son fils. Et je suis sûre que Scorpius appréciera un peu de compagnie.
- Sûrement pas.
La réponse aussi rapide du Serpentard arrache un sourire à sa mère et à Harry Potter qui balaye son avis d'une main.
- Ne sous-estime pas le soutien que quelqu'un souhaite t'apporter. Je vais voir ce que je peux faire pour ces journalistes, se contente-t-il d'ajouter pour détourner le sujet. Et pour entourer cette maison d'un sortilège qui ne vous demandera pas de baisser vos rideaux pour ne pas être vus.
- J'aimerais beaucoup, répond Astoria poliment.
- Et ensuite, je commencerai par vous poser mes premières questions si cela ne vous dérange pas. Scorpius n'a pas besoin d'en passer par là, je me contenterai de vos réponses.
Les épaules d'Astoria se détendent à ces seuls mots, balançant un regard affectueux à son fils. Scorpius a envie d'intervenir mais le soulagement qu'il peut enfin lire en elle l'en empêche.
- Scorpius, as-tu entendu ?
- Hum.
- Et si tu profitais de cet instant pour faire visiter la maison à ton ami ?
Le jeune homme a envie de protester de mille manières. Il aimerait répliquer qu'Albus est tout sauf un ami mais plutôt un malheureux concours de circonstances. Ou même avouer qu'il ne fait suffisamment pas confiance à Harry Potter malgré son intégrité reconnue pour la laisser en tête à tête avec lui. Mieux encore, il voudrait refuser de quitter la pièce pour pouvoir entendre, lui aussi, ce que l'Auror a à apporter à la situation.
Mais le Gryffondor a compris bien avant lui que la question d'Astoria est un ordre déguisé et qu'ils sont tous deux congédiés. Il tire discrètement son bras.
- Viens.
Dès qu'ils referment la porte du salon, Albus esquisse pourtant un sourire espiègle et se contente de sortir quelque chose de ses poches.
- Ne pense pas que je n'ai pas un ou deux tours dans mon sac. Tiens, aide-moi à démêler ça. C'est le problème avec ces Oreilles, si on ne les utilise pas régulièrement elles commencent à faire leur petite vie.
Il fourre quelque chose de mou et gluant dans les mains de Scorpius. Quand ce dernier réalise que ce sont bel et bien des oreilles qu'il tient entre ses doigts, et qu'il n'a pas mal entendu les paroles d'Albus, il ne peut contrôler la grimace de dégoût qui déforme ses traits et qui lui fait lâcher le gadget.
- Mais c'est dégoûtant !
- Ce n'est pas une vraie oreille ! Tiens, réplique Albus en lui remettant la chose dans les mains.
- Qui voudrait d'un truc pareil ?
- Tu va me remercier d'avoir ramené ce truc dans cinq minutes. C'est l'une des meilleures inventions de mes oncles.
Albus regarde les alentours.
- Je dirais qu'on se met dans le coin là, à mi-chemin entre les étages.
- Pourquoi faire ?
- T'inquiètes, tu verras. Est-ce qu'on nous voit du salon ?
- La porte est fermée, répond Scorpius en haussant les épaules.
La ligne enfin démêlée, le Gryffondor lui reprend les Oreilles des mains et s'applique à entreposer celles-ci contre le bas du mur. Scorpius le suit du regard tandis qu'Albus semble fondre le fil dans la tapisserie à l'aide de sa baguette. L'affaire a l'air minutieuse mais le résultat est bluffant ; A moins d'y prêter vraiment attention, on ne voit rien.
- Ne reste pas là, viens. Suis-moi.
Enfonçant les mains dans ses poches, Scorpius suit donc Albus qui prend place dans l'escalier. A mi-chemin entre le premier étage et le rez-de-chaussée, personne ne peut les voir. Mais ce n'est pas comme si quelqu'un allait sortir du salon alors que Harry et sa mère ont d'autres chats à fouetter.
Scorpius s'assoit sur le palier tout en regardant Albus se démerder avec ses Oreilles, refusant de l'aider et ne comprenant déjà même pas ce qu'il peut faire pour lui faciliter la tâche. Le Gryffondor s'attèle à quelques petites finitions pour dissimuler la ligne et semble régler l'orientation des Oreilles à distance. Après un instant, il murmure un sort sur ce qui ressemble à un petit micro et le gadget grésille un peu avant de laisser percevoir les voix d'Harry et d'Astoria aussi distinctement que possible.
Albus esquisse un sourire satisfait.
- Le son est parfait ! George me les a donnés il y a des mois mais c'est la première fois que je les teste ! C'est une version améliorée, explique-t-il. George va être content de savoir qu'elles marchent super bien !
Son sourire est vraiment éclatant et devient presque contagieux. L'espace d'un instant, Scorpius oublie vraiment qu'ils ne sont pas amis et le coin de ses lèvres tressaute. Il n'a pas envie de l'avouer mais pouvoir entendre ce qu'il se dit dans le salon le soulage d'un poids immense.
- Je t'avais dit que c'était une invention géniale ! Avoue que tu n'as jamais vu ça !
- C'est vrai.
- Tu n'as pas l'air convaincu.
- Si, si.
- On ne dirait pas du tout... (Le sourire d'Albus s'affaisse un peu.) Tu n'es pas content de pouvoir entendre ce qu'ils ne veulent pas nous dire ?
- C'est mon visage, c'est tout. Je ne vais pas me mettre à glousser comme tes copains seulement parce que je trouve ça cool... Ça te dérange si on se tait maintenant ? Je veux écouter.
- Ok...
Son camarade s'exécute mais la moue sceptique de son visage n'échappe cependant pas à Scorpius. Ce dernier n'y peut rien s'il ne prend pas sa visite avec joie et que sa méfiance le rend aussi tendu. Il ne fait pas plus confiance à Albus dans l'escalier avec lui que Harry dans le salon avec sa mère. Parce que ni l'un ni l'autre ne peut apporter une aide à des Malfoys gratuitement.
Et le Serpentard sait que les gens populaires et aimés sont dangereux à leur manière. Il suffit que l'un ou l'autre n'ait pas les intentions les plus claires qu'il soit, et ce n'est plus une simple mauvaise réputation qui risque de lui coller à la peau...
Une part de lui ne prend pourtant pas l'intrusion d'Albus comme une mauvaise chose, parce que son attitude et celle du célèbre Potter sont bien plus agréables que les deux hommes qui sont venus lui rendre visite toute la semaine. Mais à ce stade, n'importe qui peut être moins austère et bourru que ces deux-là.
Scorpius est prêt à accepter que quelqu'un de plus juste se saisisse de l'affaire, toutefois ce n'est pas pour autant qu'il va accueillir ce beau monde les bras grands ouverts. Surtout quand l'une de ces personnes se rend à Poudlard tout comme lui et qu'il ne sait pas ce que l'école lui réserve à son retour.
Comme les propos qui lui parviennent du salon n'ont rien de nouveau pour lui, son attention se reporte très vite sur son camarade qu'il observe du coin de l'œil. Ce dernier est concentré sur la voix d'Astoria qui relate au moins pour la trentième fois les faits dont elle a eu vent, leur vie de famille, leur innocence, et ses propres questions restées sans réponses.
D'une certaine manière, il n'est pas vraiment surpris de le voir là. Si son père s'occupe maintenant de l'enquête, il n'est pas difficile de deviner sa curiosité maladive et les libertés dont il peut se permettre pour accéder à des détails que le grand public n'a pas. Pour autant, la question qui le travaille, c'est...
- Pourquoi as-tu suivi ton père jusqu'ici ?
Albus a-t-il conscience que sa présence est malvenue ? Ou qu'il met la carrière de son père en danger pour un simple caprice ? Comment fonctionne la famille Potter exactement, est-ce qu'au moins l'un d'eux a du respect pour les règles ?
Son camarade ne répond pas tout de suite et Scorpius voit bien que sa question a été anticipée, pensée, étudiée. Il peut voir les conversations qu'Albus s'est imaginée dans son silence et dans son regard fixe. Mais le discours qu'il a préparé ne vient pas.
Le jeune Potter ressemble étrangement à son père, mais pas tellement comme il aurait pu le croire auparavant. Il tient définitivement ses yeux et sa nonchalance du célèbre Harry Potter. Mais son visage possède quelque chose de plus doux, les traits de son visage sont plus fins. Là où son père possède une confiance qui irradie spontanément quand il croise le regard de quelqu'un, Albus au contraire est plus réservé. C'est quelque chose qu'il n'aurait jamais pensé, mais à côté de son père, Albus Potter a l'air sage, presque timide. Il n'est plus le centre du monde de ses camarades, il est un adolescent plein de failles.
Et... ce n'est pas pour lui déplaire.
Cet adolescent-là, Scorpius a envie de lui entrouvrir un peu la porte. L'adolescent de l'école, celui qu'il ne peut voir sans que sa clique d'hypocrites le suive, n'est pas la même personne. Ce dernier, il n'en veut pas, de près ou de loin.
- C'est devenu assez hors de contrôle à Poudlard, finit par dire Albus. Chacun y va de sa propre théorie et ça m'énerve. Les disputes éclatent entre les maisons tu sais ? Les professeurs ont du mal à calmer tout le monde et je n'ai pas envie que ça continue. Je veux dire, je sais que tu es innocent. C'est... c'est logique, en fait. En te voyant on voit bien que tu ne peux pas faire de mal à une mouche.
- Ok... Merci...
- Tu sais que c'est vrai ! Ça se voit, dit formellement le jeune homme.
- Et du coup, tu te mêles d'une affaire officielle ? C'est ça ta solution ?
- Je n'ai trouvé aucune solution pour le moment, je veux juste que les gens cessent d'être aussi cons ! Et puis je voulais te parler aussi. Je veux dire... avec ta réaction à la bibliothèque, je voulais m'assurer que tu ailles bien. Tu es parti précipitamment, tu n'étais plus là le lendemain... Je ne pouvais pas t'envoyer de lettre non plus. Ils contrôlent ton courrier, tu es au courant ?
Le cœur de Scorpius s'agite dans sa poitrine. De toutes les raisons possibles de sa venue, il n'a pas une seule fois pensé qu'Albus voulait simplement savoir comment il allait. Il regrette cependant amèrement que l'épisode de la bibliothèque n'ait pas été oublié par son camarade. S'il y a bien quelque chose qu'il aimerait qu'on oublie de lui, c'est qu'il sait pleurer.
- Pourquoi crois-tu que je n'aie rien reçu depuis plus d'une semaine ? soupire-t-il. Je ne suis pas stupide et puis les Aurors me l'ont dit. Même si ça ne m'aurait pas surpris que personne ne souhaite me parler.
- Comment ça ? Bien sûr que tes amis souhaitent te parler ! Je les ai entendus s'inquiéter pour toi. Je suis sûr qu'ils t'ont écrit et que les Aurors ont gardé ton courrier. Je ne serais pas surpris non plus qu'ils aient « égaré » la lettre de ta mère... Hé ! Ne fais pas cette tête. Poudlard connaît peut-être une crise mais tu n'es pas tout seul là-bas.
Scorpius lève les yeux au ciel. Entendre Potter lui dire que les choses ont dégénéré à l'école ne fait que confirmer ses plus grandes peurs. Le poids sur ses épaules vient de s'alourdir en une fraction de seconde et il ne souhaite pas le lui montrer. Son camarade ne peut pas comprendre, il ne sera jamais à sa place. Il ne sera jamais celui sur lesquels les rumeurs un peu glauques tournent.
- Je ne peux pas rester sans rien faire en tout cas, répète Albus.
Cette fois, le jeune Malfoy croise le vert intense des yeux d'Albus. C'est la première fois qu'il voit une émotion aussi franche traverser son regard. C'est peut-être la première fois qu'il le regarde droit dans les yeux, d'ailleurs, et le geste fait vibrer une corde sensible. Comment est-ce possible de s'être autant appliqué à ignorer quelqu'un pendant sept ans ?
Toutefois, il détourne le regard en pouffant d'un air méprisant. Il n'aime pas cette conversation, il n'aime pas l'air déterminé du Gryffondor.
- Et pourtant, tu ne fais rien quand tes amis répandent les plus belles rumeurs à mon sujet.
Le silence s'étire jusqu'à en devenir douloureux et Scorpius commence même à se demander s'il a vraiment parlé à voix haute ou s'il s'est contenté de penser cette accusation qu'il retient depuis trop longtemps. Il y a tellement d'amertume dans ses mots, tellement de venin qu'il a gardé secrètement enfoui.
Mais quand Albus répond, c'est d'une voix qui cache une honte presque inavouable.
- Ce ne sont pas mes amis, je t'assure. Mes vrais amis ne se le permettraient jamais.
- Et pourtant –
- Me croirais-tu si je te disais que je les recadre tout le temps ? interrompt Albus. Non. Non, tu n'as pas l'air d'être quelqu'un qui fait confiance aussi facilement. Et pourtant, je te jure que je le fais. Ce ne sont pas mes amis. Je déteste ces gens. Je les déteste de ne pas comprendre que je ne veux pas qu'ils me suivent ou qu'ils s'approchent de moi ou qu'ils se comportent comme ils se comportent. Mais si j'ai bien découvert quelque chose en sept ans, c'est que tu ne peux pas contrôler ceux qui t'entourent. Tu ne peux contrôler personne. Quelle que soit la force de ta volonté.
- Malheureusement.
Le Gryffondor à ses côtés soupire.
- Malheureusement, oui. Sinon je ferais en sorte que tu me crois.
Albus hausse un sourcil ironique à son égard, marquant un point, et le Serpentard se détourne de lui pour ne pas montrer que sa réponse le trouble.
Scorpius n'est pas habitué à faire confiance, c'est vrai. Il a fallu du temps pour que Liam et Mimi se fasse une place à ses côtés. Leur ténacité les a aidé à gagner son amitié, et ils n'ont cessé de prouver leur loyauté depuis. Dans sa vie amoureuse, personne ne s'est jamais donné la peine de passer outre les premières barrières de sa carapace. Du côté de ses camarades, les choses restent cordiales et il n'a pas besoin de plus.
Mais même si Albus marque un point, il n'arrive toujours pas à comprendre. Si la horde de Potter n'est pas constituée de ses amis, alors pourquoi se les coltiner quand même ? Pourquoi ne pas s'énerver un bon coup ?
- Chut, écoute ça.
Pendant leur conversation, l'échange entre Harry et Astoria a changé de voie. Les interrogations ont l'air terminé et le ton est plus détendu, plus confidentiel. Comme s'ils se sentaient écoutés, leurs voix ont baissé d'un ton.
- Ce n'est pas normal..., marmonne Astoria.
- Non, c'est pour cette raison que j'ai sauté sur l'affaire. Non seulement ce n'est pas normal, mais c'est illégal aussi. Je ne sais pas ce qu'est en train de faire le Ministère ni ce qui se trame et que l'on ne nous dit pas, mais ils ont l'air d'être assez confortables pour ne pas avoir peur des retombées...
- Je savais qu'ils avaient dû utiliser le véritaserum au bout d'un moment mais... mais...
Sa voix bute.
- Vont-ils le détenir encore longtemps ?
- Je n'en ai aucune idée. Il n'est pas coupable, si vous aviez un doute... maintenant, vous savez. Pour le Ministère cependant, il fait le coupable idéal et je sens certains rouages s'activer. De mauvais rouages. S'ils peuvent se permettre de garder détenu un innocent, de quoi sont-ils capables aussi ? Je me le demande. Votre mari et moi n'avons jamais été en bon terme, je vais être franc. Je ne suis pas sûr que je l'apprécierais aujourd'hui en tant qu'homme et je ne suis pas sûr qu'il sera très heureux de savoir que Ron et moi avons choisi l'affaire... Mais ça va bien au-delà de notre inimitié ou de son passé.
- Je sais. C'est pour ça que je n'ai pas hésité à vous joindre.
- Cet incident aussi me met la puce à l'oreille : je n'ai pas reçu votre courrier et je sais qu'ils gardent toutes vos correspondances, même celle de votre fils. Il n'y a aucune raison pour de telles manœuvres... La question qui demeure est « Pourquoi ? ».
Les Oreilles grésillent brusquement et coupent la conversation. Albus se jette sur le micro à la vitesse de l'éclair pour régler de nouveau l'orientation et essaie un ou deux sorts sur le gadget avant que la voix d'Harry refasse surface, avec un peu moins de justesse qu'avant.
Scorpius descend de quelques marches pour se pencher au-dessus du son à son tour, captivé par la tournure des événements.
- On ne se saisit pas seulement de l'affaire parce que l'on sait votre mari innocent... Mais parce que des mouvements louches ont été effectivement perçu au Manoir Malfoy et que des documents ont disparu des archives du Ministère. Quelque chose se prépare.
- Vos motivations vous regardent. Du moment que Draco soit blanchi et de retour à la maison, je m'en contente.
- Je me répète mais il va me falloir votre entière collaboration, même s'il va falloir vous rappeler des choses très noires de vos souvenirs. Les vrais coupables se trouvent peut-être dans votre ancien réseau ou peut-être pas du tout, nous allons partir de la base et nous devons former une équipe. La prochaine étape avec Ron, c'est de savoir le maximum de choses à propos de ce Manoir, des artefacts restés sur place qui pourraient intéresser les moins intentionnés par exemple ou des gens qui en ont eu l'accès à l'époque. On va devoir creuser. Si on ne peut pas le faire avec Draco parce qu'il est sous surveillance, on va devoir le faire avec vous.
Astoria semble ajouter son accord avant que les Oreilles émettent un sifflement et se coupe totalement dans un nuage noir.
- Merde ! Je crois... qu'elles sont mortes. Merde...
Scorpius a l'air sonné. Il enfouit son visage dans ses bras pour digérer ce qu'il vient d'entendre loin du regard d'Albus. Les yeux grands ouverts, il n'arrive pas à croire que le Ministère puisse agir aussi impunément. Son cœur s'emballe : son père est innocent ! Comme Astoria, il se demande désormais combien de temps cette mascarade va durer. Combien de temps vont-ils pouvoir le garder enfermé à Azkaban sans être inquiets des représailles ?
Son désespoir le prend aussitôt à la gorge. Personne dans le monde sorcier ne doit imaginer l'innocence de son père. Harry Potter l'a bien dit lui-même : lui et Ron Weasley sont les seuls Aurors un tant soit peu interpellés par l'affaire. Ce qui veut dire que les Aurors précédents ont bien dû rire de lui en forçant leurs interrogatoires. Ce mépris lui échappe. N'est-il vraiment pas humain à leurs yeux ? N'est-il qu'un dommage collatéral quelconque ?
Sa main agrippe ses cheveux beaucoup trop fort mais c'est ça ou se remettre à pleurer devant Albus. Cette fois, c'est la colère qui le domine. L'angoisse est là, terrée au fond de son estomac, mais il boue d'une fureur indicible.
- Je n'arrive pas à y croire en tout cas..., murmure le Gryffondor.
Scorpius lui lance un regard bref en relevant la tête. Le jeune homme s'est rassis à sa hauteur, limitant bien la distance entre leurs deux corps pour ne pas entrer dans son espace personnel. Il a délaissé les Oreilles en piteux états à ses pieds et lui aussi semble chamboulé par les révélations.
- Ce que fait le Ministère..., Albus déglutit. C'est complètement illégal. C'est mal.
- Bienvenue dans mon monde.
- Sérieux Scorpius ?
- Tu as grandi dans une petite cage dorée, Albus. Ce qui se passe me rend fou, mais en aucun cas ça me surprend si j'y réfléchis bien. Personne ne t'a méprisé pour ta naissance, pour ton existence.
- Détrompe-toi... Les regards sont tout aussi rivés sur moi. J'ai grandi avec, je te signale.
- D'accord, peut-être que des gens te détestent parce que tu es le fils d'Harry Potter et que tu as tout pour toi. Que ta famille ne manque de rien, qu'elle est aimante et sans faille, qu'elle a un passé glorieux. Mais personne ne te déteste en te pensant capable des pires immondices, je me trompe ?
Il défit le Gryffondor du regard, mais celui-ci capitule, gardant ses lèvres bien fermées. C'est la seconde fois que leurs yeux s'affrontent avec autant de franchise. Scorpius n'a pas envie de perdre le combat, d'être le plus lâche des deux. Il sait qu'il a raison si la tournure de l'affaire surprend Albus, alors oui, tout va bien dans son petit monde. Il n'y peut rien.
Mais quelque chose dans son visage l'empêche de laisser libre cours à la colère qui le ronge, et peut-être l'envie qu'il a toujours ressenti. Albus dissimule très mal la douleur face au jugement et celui de Scorpius semble l'avoir transpercé. Le jeune Malfoy hésite mais ravale la tirade qui menace d'éclater. Ce sont ses yeux verts qui ne quittent pas les siens et la respiration que le Gryffondor tente de contrôler tant bien que mal qui le déstabilise.
- C'est ce que tu penses ? dit-il doucement. Tu me détestes à cause de mon nom ? Tu me détestes aussi simplement que cela ?
Scorpius a l'impression de se prendre une gifle et il finit par détourner la tête, fixant le mur à ses côtés. C'est la vérité qui enfle dans sa poitrine qui menace son silence. Non. Non, il ne le déteste pas mais il n'a aucun courage à l'avouer puisqu'il l'a toujours bel et bien envié. Ses facultés à se créer un cercle d'amis, à être apprécié, cru, sa facilité à toujours tout obtenir, les faveurs, les compliments, les regards des filles énamourées, la fierté des adultes... Même s'il aime sa solitude, même s'il n'a aucun intérêt pour la gente féminine, Scorpius s'est déjà surpris à désirer parfois un quart de cette sympathie qu'on ne lui réserve jamais.
Il n'aime définitivement pas les conversations avec Albus, cependant. Scorpius se sent vulnérable, comme si le Gryffondor le mettait en face de vérités qu'il n'a jamais soupçonné, comme s'il suffisait d'un rien pour que les émotions qu'il a toujours savamment contrôlé se dispersent.
- Scorpius ?
Il n'arrive pas trouver sa voix.
- Non parce que moi, je ne te pense pas capable des pires choses et je ne te déteste pas.
Ils sont interrompus par la porte du salon qui s'ouvre doucement et les voix d'Harry et d'Astoria leur parviennent de nouveau. Le ton de la conversation a l'air plus chaleureux, plus inoffensif. Ils échangent des banalités de manière si naturelle que Scorpius oublie l'espace d'un instant que c'est un Auror qui se tient sous son toit.
C'est Albus qui réagit le premier en se redressant. Il ne lui adresse pas un seul regard quand il descend les escaliers pour rejoindre leurs parents. La culpabilité pousse Scorpius à le suivre. Il regrette ses mots, le sens de ses sous-entendus, et sa fougue. Il aimerait tout simplement que Albus comprenne à quel point ils ont des différences, que leurs vies se rejoignent peut-être sur certains aspects mais que lui, en souffre, souffre de la haine facile et gratuite des autres et des barrières qu'il a dû se mettre dès son enfance.
- Vous avez fini ? demande Albus en arrivant à la hauteur de son père.
Leurs parents acquiescent, non sans jeter à chacun de leur fils un regard interloqué.
- Albus, ça va ?
Sous le regard de son père, Albus semble rétrécir à vue d'œil et hausse les épaules. Scorpius reporte très vite son regard sur ses pieds quand Harry Potter pose les yeux sur lui et soupire.
- Qu'est-ce tu as fait Albus ?
- Rien.
- Bref, soupire l'Auror en reportant son attention sur Astoria. La prochaine fois, Ron sera présent en tout cas. Je vous enverrai la date et l'heure par hibou et je tâcherai par la même occasion de mettre la main sur votre courrier personnel.
- Merci pour votre aide.
Astoria et l'Auror hochent la tête de concert et scellent leur entente d'une poignée de main. Puis Harry Potter s'avance vers Scorpius et lui serre également la main sans que le Serpentard ne puisse l'ignorer. A sa surprise, sa mère salue également Albus en lui disant quelques mots qui lui échappent, sûrement une excuse que lui-même ne peut pas prononcer. Elle a bien dû remarquer que quelque chose s'est produit.
Harry Poter prend ensuite son fils par les épaules et ébouriffe tendrement ses cheveux, adressant un sourire moqueur quand Albus tente de s'y soustraire. Pas un instant le Gryffondor revient vers Scorpius et la culpabilité de celui-ci s'imprime définitivement en lui. Il ne sait pas aller vers quelqu'un. Son orgueil s'oppose à son envie de s'excuser pour ses paroles. Quand l'Auror sort un vieux centime de sa poche et vérifie sa montre, Scorpius sait qu'il est trop tard pour revenir dessus. Ils s'en vont.
Quand père et fils quittent les lieux, Astoria vient le prendre doucement dans ses bras et Scorpius referme légèrement ses bras autour de ses épaules.
- Tu es encore resté sur la défensive, c'est ça ?
Elle croise son regard et dégage ses cheveux blonds de son front.
- Est-ce parce qu'il est joli garçon ?
- Mam...
- Laisse au moins les gens t'approcher. Si tu ne le trouves pas à ton goût, il a au moins l'air d'être un gentil garçon.
- Parce que c'est un Potter ! s'écrit-il. Je n'arrive pas à faire confiance à quelqu'un que l'on a toujours applaudit pendant que l'on m'écrasait ! J'ai Mimi et j'ai Liam, et ça me suffit.
Astoria soupire face au ton de son fils mais ne le lui reproche pas. Elle le connaît trop bien pour ne pas voir que quelque chose a marqué Scorpius plus qu'il ne le souhaite reconnaître. Toutefois, elle sait se faire comprendre.
- Les Potter ne sont pas des gens infréquentables et qui se nourrissent du regard des autres. Les Potter sont actuellement en train de nous tendre une main indispensable, répond-t-elle catégoriquement. Et je ne suis pas sûre que tu sois le seul sur qui les autres médissent. Ce n'est jamais aisé de grandir dans l'ombre d'une célébrité, les attentes sont hautes et nombreuses, et le moindre faux-pas est impardonnable. Si jamais tu es trop aveugle pour ne pas l'avoir deviné, tu as blessé quelqu'un aujourd'hui à cause de tes propres préjugés.
Scorpius déglutit.
- Je m'excuserai...
- Je sais. Tu n'es pas mon fils pour rien, même si tu tiens ce bouclier que tu brandis partout contre tout le monde de ton père. Ne sois pas trop dur avec ce jeune homme, tu auras besoin de la protection que son nom peut apporter. Crois-moi.
Scorpius a beau acquiescer, les mots de sa mère ne soulagent pas sa conscience. Il file un peu la queue entre les jambes vers sa chambre, croisant au passage Rubis qui se faufile de sous un meuble. Sans laisser le temps au chat de faire un choix, Scorpius l'attrape et fourre son nez dans son pelage pour un peu de réconfort. Il a ses amis, son chat, l'amour de ses parents, un père innocent. Il n'a pas besoin d'une personne de plus, il le sait.
C'est en montant les escaliers qu'il réalise seulement que les Oreilles étranges du jeune Potter sont restées sur place. Il ramasse le gadget qu'il fourre dans sa poche et en resserrant sa prise sur Rubis, il esquisse un sourire mi-amer mi-amusé. Il n'a plus qu'à espérer que Albus soit tout aussi tenace que lui et revienne à la charge.
Merci d'avoir lu ce premier chapitre !
N'hésitez pas à laisser un petit commentaire pour me donner votre avis. J'espère que cette histoire vous plaît !
Je vous fait des bisous et je vous dis à bientôt (je l'espère en tout cas :D)
Slyth.
