Hello !

J'ai eu une énorme période écriture pendant le confinement, que j'ai usé, usé, usé... jusqu'à ce qu'elle s'en aille et me laisse en plein milieu de mes chapitres (ici et sur Il y a ton sourire). Et pourtant, qu'est-ce que j'ai essayé par la suite de m'y replonger par la suite !

Sans succès jusqu'à il y a peu et c'est un nouveau chapitre sur All is found que je vous offre !

Un petit chapitre où il ne se passe pas spécialement des choses qui font avancer l'histoire mais la relation entre Albus et Scorpius évolue et j'aime beaucoup écrire ça !

Merci beaucoup à tous pour vos belles reviews et j'espère que cette suite vous plaira aussi :)


ALL IS FOUND

Chapitre 03 : Les graines de l'amitié.


Scorpius soutient le regard acéré du professeur McGonagall, les doigts resserrés sur la tasse de thé qu'il a pris par politesse. Ce n'est pas une tâche facile de paraître aussi déterminé face à quelqu'un d'encore plus impassible que lui. Il n'a pas l'option de nier puisqu'il sait très bien qu'elle est maintenant au courant. Le silence est tenace et inconfortable mais une chose est certaine : il n'a aucune envie de s'épancher auprès de la directrice sur le harcèlement qu'il a subi.

Ces derniers jours, il a pu constater que la réaction d'Albus a amélioré son quotidien et pour l'instant, ça lui suffit. Le trio de Gryffondors est resté plutôt loin de lui et Scorpius en profite, espérant secrètement que le vent a tourné pour de bon même s'il se doute que ce n'est que de courte durée. Dans tous les cas, il n'est pas prêt à en parler avec un adulte.

- Mr Thomas, Mr Crivey et Miss MacMillan ont tous les trois écopé d'une détention sur l'année et leurs parents ont été prévenu. Ce qu'ils ont fait est très grave, Scorpius, et je sais que vous en avez conscience. D'autres sanctions plus sévères pourraient être prises afin que vous puissiez réussir votre année, vous savez.

- Vous voulez parler de renvoi ? déglutit le jeune garçon.

La directrice acquiesce.

L'idée est franchement tentante, surtout quand il a toujours pensé les trois Gryffondors seraient à l'abri de n'importe quelle remontrance. Toutefois, que se passerait-il si Scorpius est responsable de leur renvoi ? Comment réagiraient les autres élèves et les parents des concernés ? Le Serpentard n'est pas dupe, ce ne sont que des ennuis en perspective.

- Scorpius, ce n'est pas votre faute s'ils se montrent cruels avec vous. A l'avenir, nous allons garder l'œil sur eux, mais nous avons besoin de votre coopération au sujet de ce que nous ne pouvons voir dans les couloirs. Nous ne pouvons pas vous protéger si vous êtes le seul à connaître l'ampleur de leurs actes.

Il secoue la tête et McGonagall soupire lentement.

- Je vois.

La sorcière prend une gorgée de son thé sans le quitter des yeux. Son regard est plus résigné que réellement sévère.

- Je comprends.

- Puis-je y aller ?

Scorpius n'attend presque pas le feu vert, il repose aussi doucement que possible la tasse sur la petite assiette prévue à cet effet et se lève. Il garde sa posture bien droite pendant que la directrice semble mesurer le pour et le contre, l'analysant de manière si précise que le garçon a l'impression d'être un livre ouvert. Il en est sûrement un, d'ailleurs.

Elle finit par lui montrer la porte, dépassée par son silence obstiné.

- N'oubliez pas que la porte du bureau reste ouverte si vous changez d'avis. Vous pouvez également m'envoyer un hibou à toute heure.

Le Serpentard quitte les lieux non sans un regret. Bien sûr qu'il aimerait voir Ed, Bertie et Lewis être renvoyés chez eux avec leurs hiboux, leurs valises et leurs manuels scolaires, tandis que lui continue son année. Mais en étant honnête, si ce sont les trois personnes qui lui posent le plus problème dans l'école, il y a également ceux qui les soutiennent discrètement et qui rient à leurs blagues douteuses. Et ceux-là risquent malheureusement de mal réagir si leurs camarades sont renvoyés.

Soupirant, Scorpius prend machinalement la direction de la volière. Il passe les couloirs vides que le dimanche matin révèle. Tout le monde dort encore à cette heure-là et c'est un soulagement pour lui. Ce n'est que par pur hasard que le jeune homme a croisé McGonagall qui revenait d'une ronde nocturne et que celle-ci a tenu à avoir une petite discussion dans son bureau. Après tout, il est si tôt que le petit-déjeuner n'est même pas encore servi dans la Grande Salle.

La cour de l'école est encore calme, froide et humide sous son pas rapide. La lumière de l'aube commence à peine à envelopper les lieux, réchauffant l'extérieur et annonçant une journée de soleil. Le jeune Malfoy respire à plein poumon, dégustant l'air frais du matin. Loin du brouhaha de fond de l'école, des rires et des cris, c'est ainsi qu'il se sent le mieux.

Mimi se moquerait gentiment de lui si elle était là. Elle aime lui rappeler que la solitude n'est pas toujours ce qu'il y a de mieux et qu'il n'y a aucune mal à l'avouer. Et c'est vrai. Quelque fois. Il est reconnaissant et apaisé aux côtés de ses amis et de sa famille, toutefois rien ne vaut ce genre de moment où le monde est encore endormi et où il peut apprécier le silence aussi bien à l'extérieur qu'à l'intérieur de sa tête.

Arrivé dans la volière, Scorpius sifflote pour attirer l'attention de son hibou.

Il s'y prend à trois fois avant de réveiller le grand-duc endormi à la place la plus confortable de la volière. Celui-ci ouvre un œil indigné sur sa personne et décide de prendre son temps avant de descendre. Son plumage avant, Scorpius après. C'est un animal soigné... et boudeur, aussi, mais le garçon sait que son oiseau le rejoindra. Cela lui donne pile poil le temps d'écrire une lettre rapide à l'intention de sa mère.

Depuis que Astoria a eu la possibilité de voir son père, il n'a reçu aucune nouvelle de sa part. Soit les lettres d'Astoria se perdent encore miraculeusement en route ou bien elle ne lui écrit pas pour des raisons qu'il ignore. Ce qui n'empêche pas Scorpius de s'inquiéter et d'envoyer une lettre chaque fois qu'il en a l'occasion. Il a conscience d'avoir l'air anxieux mais Scorpius n'aime pas être mis sur la touche.

Pire, ce silence lui pèse. Qu'est-ce qu'on ne veut pas lui dire ? Qu'est-ce qu'on ne peut pas lui dire ?

Eli lui mordille l'épaule quand il daigne enfin se poser à sa hauteur. D'un air absent, Scorpius lui donne quelques friandises. Ce n'est vraiment qu'en regardant le hibou prendre son envol qu'il semble réaliser que sa lettre est partie. L'oiseau se confond de plus en plus avec les arbres de la Forêt Interdite et la vue l'apaise. Il se répète qu'il ne peut rien contrôler, qu'il ne peut pas agir sur l'univers et le temps qui s'écoule. Le jeune homme ferme les yeux et inspire profondément, calquant son calme sur celui qui l'entoure.

- Salut. Je dérange ?

La voix d'Albus ne le surprend pas tant que ça, comme si elle entrait parfaitement en collision avec ses maigres exercices de relaxation. Il se retourne pour le voir enveloppé jusqu'au cou dans sa cape et son écharpe, et laisse échapper un petit sourire à le voir aussi frileux.

- Non, non. Tu es bien matinal, relève seulement Scorpius avant de reporter son regard sur la forêt.

- Je n'ai toujours pas eu de nouvelles alors il n'est jamais trop tôt pour embêter mon père.

Le rire de Potter est léger et presque contagieux. Scorpius lui fait naturellement de la place quand son camarade vient se poser à ses côtés près de la fenêtre, sa chouette déjà sur le qui-vive en battant furieusement des ailes.

- Tout va bien ? demande Albus.

- Toujours pas de nouvelles de ma mère non plus, répond-t-il en haussant les épaules.

- Ce n'est pas forcément grave, ils sont sûrement en train de chercher comment contourner les interdits autour de l'affaire pour nous en parler. On peut toujours leur écrire en attendant. Allez Lizzie, vole, fais-toi discrète surtout.

La chouette hulule comme si elle comprenait et prend la suite du hibou de Scorpius.

- Contourner les interdits ? demande Scorpius sans quitter l'oiseau des yeux.

- Ouais. Je suis rôdé en fait, c'est ce qui arrive à chaque fois, explique Albus. Quand tu as un père et un oncle qui sont non seulement Aurors mais également meilleurs amis, on entend beaucoup parler de leurs enquêtes à la maison. En terme codés, en gestes et en mimes parfois aussi -et laisse-moi te dire que c'est complètement ridicule. Et puis comme Maman ou Hermione les conseillent en permanence...

- Au moins, tu es au courant de beaucoup de choses.

- Parfois, c'est chiant. James, Rose et moi aimerions y échapper... L'ambiance peut être lourde quand ils s'y mettent tous. Lil' s'en fiche, elle. Ces histoires la passionnent... Je ne sais pas comment. Peut-être qu'elle veut être Auror aussi plus tard.

- Pas toi ?

Albus grimace en secouant la tête. Depuis que ce dernier a pris sa défense de manière aussi visible à la rentrée, Scorpius se sent nettement plus à l'aise en sa compagnie. Albus fait la conversation et Scorpius l'écoute sans être aussi gêné qu'avant. Bien que le jeune garçon ne comprend pas pourquoi le Gryffondor a tenté une approche, il a finalement décidé de lui accorder le bénéfice du doute.

Et parfois, les choses sont si normales entre eux que Scorpius laisse échapper le fond de ses pensées à son tour et les discussions se bloquent moins. Les soirées en silence à la bibliothèque ont toutefois peu changé, mais ils ont appris à se fréquenter un peu dans les couloirs, à la fin des cours, entre deux activités. Rien de transcendant mais l'enquête les lie, c'est certain.

Le silence qui s'étire n'est pas inconfortable ce matin et Scorpius réalise aussi que leurs épaules s'effleurent par moment à travers l'étroite fenêtre par laquelle ils sont penchés. Le contact ne le dérange étrangement pas le moindre du monde. Au contraire, il est attentif à la présence d'Albus et le regard de celui-ci qui se perd sur l'horizon. Le temps se suspend une nouvelle fois, le temps d'un lever de soleil qui les absorbe tous les deux.

Scorpius ne pense plus de manière aussi binaire que « Un Malfoy et un Potter qui traînent ensemble, ça n'a vraiment rien de naturel » et sur l'instant, c'est le vide dans son esprit. Il se prépare lentement à affronter une nouvelle journée sans réponse, puisant sa force dans le bras de son camarade contre le sien, sa force et sa volonté tranquille, celle que lui n'a pas vraiment, ainsi que la lumière chaleureuse du soleil. Il soupire de contentement et s'écarte, prenant appui sur le mur.

Albus semble émerger aussi en souriant. Puis son estomac gronde et Scorpius ne peut s'empêcher de rire.

- Hey ! Je suis une personne normalement constituée, j'ai la dalle, s'insurge faussement Albus en lui donnant un coup de coude. Attends... est-ce enfin un rire que j'entends ?

- Enfin ?

- Ben oui. Ta tête de nœud ne m'a pas râlé dessus depuis un moment, c'est un succès en soi mais un rire ? Je suis chanceux !

- A ce point...

Scorpius lève les yeux au ciel mais le sourire sur ses lèvres le trahit.

- C'est un rire plutôt mignon, en plus.

- Oh la la...

Potter serait-il en train de flirter avec lui ? Scorpius laisse Albus seul sur le bord de la fenêtre pour lui cacher la rougeur de ses joues car il est certain à cent pour cent d'avoir tourné grenade, lui et sa peau pâle...

- Ah, je sais. Un Malfoy ne doit surtout pas montrer son rire à n'importe qui, c'est ça ?

- C'est ça.

Il hésite une seconde puis se tourne vers lui. Scorpius se fait sûrement des idées. C'est ainsi que le Gryffondor se comporte en vérité avec tout le monde : ouvert, détendu, extraverti, la plaisanterie toujours facile et agréable. Parfois flatteuse. C'est simplement la première fois qu'Albus lui montre cette facette de lui-même quand ils sont en tête à tête. Parce que Scorpius le lui permet enfin en relâchant sa garde.

Ils se toisent en souriant lors d'une seconde de flottement. Albus n'a pas bougé d'un pouce. Il se tient contre le fenêtre un sourire aux lèvres, les mains dans les poches. L'assurance qu'il affiche donnerait presque à Scorpius l'envie de retourner derrière sa carapace.

Car la vérité, c'est que son assurance le rend particulièrement mignon. Et ça, c'est très, mais alors très, très, énervant.

Sans parler que Scorpius n'avait jamais porté attention aux détails du visage du garçon jusqu'à aujourd'hui et ses yeux ne voient plus que les fossettes qui ornent les joues d'Albus. Et les fossettes... ce sont un peu son péché mignon.

- Et tu dis que tu as faim ? fait-il pour s'en distraire. Pourquoi est-ce que tu campes encore là ?

- Ce n'est pas encore l'heure du déjeuner et... je crois que je suis bien là.

- On pourrait aller dans les cuisines ?

Scorpius réalise son erreur en incluant Albus dans son emploi du temps. Le visage du Gryffondor se fend d'un sourire et celui-ci lui emboîte aussitôt le pas.

- Merlin, j'ai cru que tu n'allais jamais me le proposer.

Scorpius a une brève arrière pensée pour Liam et Mimi qui se demanderont sûrement où leur ami a disparu pour le petit déjeuner mais ce ne serait pas la première fois que Albus le kidnappe sans en avoir vraiment conscience.


Ce serait mentir si Scorpius disait ne pas regarder l'horloge murale de la bibliothèque toutes les cinq minutes. La soirée a commencé comme d'ordinaire. Le jeune homme a étalé ses devoirs sur la table dès la fin des cours et s'est penché sur son travail. Seulement, en deux heures qu'il se tient là, Albus Potter n'a toujours pas pointé le bout de son nez.

Et maintenant qu'il n'y a plus grand monde dans la bibliothèque à part quelques retardataires et la bibliothécaire occupé à trier ses dernières arrivées, il se sent stupide.

Voilà exactement pourquoi Scorpius Malfoy déteste les routines qui s'installent tranquillement sans qu'il puisse avoir son mot à dire. Quand celles-ci cessent, il ne peut s'empêcher de ressentir une certaine amertume. Le jeune garçon n'apprécie pas beaucoup l'absence soudaine d'Albus. Ce n'est pas comme si on venait de lui enlever un poids des épaules, mais on lui a définitivement enlevé quelque chose et ce n'est pas une sensation très agréable.

Entendre le Gryffondor griffonner ses parchemins remplis d'illustrations est devenu un bruit de fond si plaisant que le silence n'a plus la même saveur.

Il est dix-neuf heures trente quand Scorpius décide de remballer ses affaires. N'ayant décidément pas envie de paraître plus désespéré qu'il ne l'est, ou même d'avouer qu'il est désespéré, il prend le chemin de la Grande Salle pour rejoindre ses amis. Et sans qu'il s'y attende -ou presque peu, c'est à ce moment là que l'absent fait son apparition en le rattrapant.

- Scorpius, attends !

Le Serpentard ralentit le pas pour permettre à son camarade de le rattraper mais ne s'arrête pas en bon chemin. Il hoche la tête pour le saluer.

- J'ai des nouvelles ! Est-ce qu'on peut s'arrêter de marcher cinq minutes ?

Scorpius remarque alors qu'Albus est essoufflé quand celui-ci se plante devant lui et s'arrête en se tenant les côtes.

- Alors, comme ça on est sportif ? plaisante le Serpentard.

- J'aimerais bien te voir dévaler tous ces escaliers sans échauffement, moi ! Laisse-moi deux minutes, réplique-t-il en reprenant son souffle. Maintenant que je t'ai trouvé, il faut que tu viennes avec moi. On ne doit pas avoir beaucoup de temps.

- Je ne comprends pas du tout ce que tu veux.

Le Gryffondor sourit de toutes ses dents.

- Ce n'est pas grave, j'ai juste besoin que tu me suives.

- Je ne fais pas confiance aux inconnus, ce sont mes parents qui me l'ont dit, ricane Scorpius avant de reprendre le chemin de la Grande Salle.

D'accord, il est un peu rancunier. Quelle que soit la bonne raison d'Albus et les nouvelles qui l'ont poussé à courir jusqu'ici, Scorpius aurait aimé être prévenu.

- Même si je te disais que ta mère souhaite justement te parler ? Écoute, je suis désolé si je ne suis pas venu aujourd'hui mais j'ai une bonne raison, ok ?

Là, Scorpius s'arrête pour de bon.

- Ce n'est pas une blague, précise Albus en voyant l'étonnement sincère sur son visage.

- Ma mère ? Tu es sûr ? Comment pourrais-tu...

- Scorpius, coupe-t-il. Mes intentions ne sont pas mauvaises ! Promis, je ne vais ni te manger ni te séquestrer quelque part. Et oui, il s'agit bien de ta mère.

- Ha ha.

- Es-tu de mauvaise humeur parce que je t'ai posé un lapin ?

- Qui a dit que j'étais de mauvaise humeur ?

Le visage d'Albus s'adoucit.

- Je commence à déchiffrer les plis soucieux de ton visage.

Scorpius passe instinctivement une main sur son front avant de capituler.

Ce n'est pas un nouveau kidnapping ? Mais bien sûr... C'est pourtant ce qui expliquerait au mieux pourquoi il décide de le suivre.

Albus l'emmène sans tarder jusqu'aux appartement privés des Préfets-en-Chefs tout en pressant le pas et en débitant des choses auxquelles il ne pige pas grand-chose. L'univers de Potter n'est décidément pas comme le sien. Ce n'est pas dans son monde que l'on parle de feux de cheminée qui permettent des communications secrètes. Et pourtant la magie, ça le connaît.

- Ne fais pas attention au bordel, préviens Albus avant de donner le mot de passe au tableau devant lequel ils s'arrêtent.

Scorpius est cependant plus surpris par la forme circulaire de la pièce dans laquelle il entre pour la première fois. Les couleurs sont neutres, sans inclinaison particulière vers une maison ou une autre de Poudlard. Des poutres apparentes donnent un charme fou à la pièce et se marient à la perfection avec les bibliothèques que le Serpentard repère directement.

Les lieux ont l'air désert malgré le bazar environnant. Puis une tête émerge du seul canapé de la pièce en entendant leurs pas se frayer un chemin.

- Déjà de retour ?

- Tu peux garder le canapé pour aujourd'hui, anticipe Albus en croisant le regard d'Evy Mortinssen, son homologue féminin. On va dans ma chambre.

- Et qu'est-ce que tu vas demander en échange encore ? demande Evy en plissant les yeux avant de s'adoucir en voyant Scorpius. Oh salut ! Comment tu vas ?

- Salut.

- Je te préviens, Potter, je ne te laisserai pas copier mes devoirs parce que tu as forcé sur les entraînements de Quidditch !

Albus lève les yeux au ciel tandis qu'il entraîne Scorpius jusqu'à la porte de sa chambre.

- C'est pire que de vivre avec ma sœur, sérieux, soupire le Gryffondor. Elle est bordélique... et c'est rare que je me mette à copier ses devoirs, je t'assure. Très rare.

- Je n'ai rien dit !

Ils échangent un sourire et Albus dispose deux oreillers devant la cheminée. Scorpius le rejoint sans même qu'on l'invite.

Si on lui avait dit il y a quelques mois qu'il se retrouverait en tête à tête avec Albus Potter dans sa chambre, il aurait ri. Même si ce n'est qu'un camarade et qu'ils sont tous les deux assis en tailleur sur le sol, Scorpius ne peut pas s'empêcher de se sentir intimidé d'être dans sa chambre.

- Ça ne devrait plus tarder, dit son camarade en regardant l'heure sur son réveil. Ils m'ont donné trente minutes pour venir te chercher et c'est le temps qu'on a mis pour revenir.

- J'ai encore tes Oreilles, au fait.

- Hein ?

Scorpius rit face au visage surpris de son camarade.

- Les Oreilles à rallonge que tu as laissées chez moi. Elles sont quelque part dans ma valise.

- Ah ! Tu peux les jeter, elles doivent être fichues... J'ai demandé à George de m'en expédier des nouvelles, ne t'inquiètes pas !

Ils sont coupés par le feu de cheminée qui laisse échapper une quinte de toux discrète mais quand Scorpius le regarde, il n'y a rien d'anormal.

- La connexion doit être en train de se faire, il faut attendre pour que ce soit stable. Tu as déjà fait ça ?

- Jamais.

- C'est une méthode de communication oubliée mais très pratique pour passer inaperçu. Bon, on n'entend pas toujours très bien, mais il y a pire.

- Et tu n'as pas peur qu'Evy rentre comme ça ?

- Nos chambres sont insonorisées et on ne peut pas entrer chez l'autre sans son consentement. Honnêtement, elle ne vient jamais.

Scorpius reporte son attention sur la cheminée. Au fur et à mesure que les secondes s'écoulent il a l'impression que les flammes se réduisent jusqu'à ne former qu'un reste de braises rouges. Puis les braises bougent presque indiciblement jusqu'à former l'ombre d'un visage.

- Al ? fait la voix d'Harry Potter. Est-ce que tu me reçois ?

- Oui, je suis de retour avec Scorpius. Il ne capte pas beaucoup comment ça marche, ceci dit.

Le visage dans les braises a l'air de sourire.

- C'est de famille. Astoria est tout aussi déboussolée.

Scorpius braque son regard vers Albus.

- Et est-ce que tu pourrais lui laisser la place ? demande Albus. C'est qu'il y a quelqu'un ici qui est assez impatient...

- Pas de soucis. Sachez que Ron et Ginny sont présents aussi donc Scorpius, ne dis rien que tu n'aimerais pas que l'on entende. Simple précaution, la première fois que Albus...

- Papa !

- Ne vous inquiétez pas, coupe Scorpius à son tour. Il n'y a rien que je souhaite dire en face d'Albus déjà en temps normal, alors je saurais mesurer mes mots.

Il entend un rire féminin en fond qui semble être celui de Ginny tandis que les yeux d'Albus se braquent sur lui. Scorpius est incapable de déchiffrer ce regard-là, mais il ressent comme une déception intense de la part de son camarade.

- D'accord, je te mets en connexion avec ta mère. Un instant, prévient Harry Potter. Mets-toi bien en face du feu pour qu'elle puisse voir un peu ton visage et parle distinctement, c'est tout.

Albus se décale pour que Scorpius puisse prendre sa place.

Le jeune homme se sent un peu gauche, là, sous le regard d'Albus à observer des braises de cheminées comme si elles contenaient tout l'or du monde. N'est-ce pas une situation totalement bizarre ? N'y a-t-il pas mieux à faire dans la chambre d'un garçon ?

Les joues de Scorpius rougissent et il jure dans sa tête. Et lui, n'a-t-il sérieusement pas mieux à penser ? Pourquoi aime-t-il tant se mettre tout seul dans l'embarras comme ça ? Heureusement que le Gryffondor ne peut pas lire dans ses pensées...

- Scorpius, mon cœur ?

Sa tête se vide instantanément et il se rapproche un peu plus. Les braises bougent presque imperceptiblement mais au bout de quelques secondaires, c'est le visage d'Astoria qui se découpe dans les ombres ou du moins ce qu'il en reconnaît.

- Oui ?

Il déteste son timbre craintif.

- Comme je suis heureuse de t'entendre !

- Moi aussi.

Scorpius se maudit d'entendre l'émotion dans sa voix. Il doit vraiment avoir l'air d'un gamin devant tout le monde. Il n'est pas du genre à manquer sa famille quand il est à Poudlard, mais les circonstances étant ce qu'elles sont... Ses épaules se dénouent presque aussitôt en entendant sa mère.

- Tu as reçu mes lettres ? demande-t-il.

- Oui. Je ne pouvais pas te répondre... Ron et Harry m'ont dit que ce n'est plus un moyen très sûr pour nous en ce moment, malgré les dires du Ministère. Ce dernier contrôle les hiboux de certaines familles et les courriers avec certains expéditeurs sur le parchemin...

- Qu'est-ce qu'il se passe ? Comment ça certaines familles ? Il y a d'autres cas à Poudlard ? Et Pa, comment va-t-il ?

- Draco va bien, mon chéri. Les choses avancent doucement mais sûrement pour lui.

Ce qui lui en dit peu et Scorpius n'aime pas trop ça malgré le ton avenant de sa mère. Son visage se ferme tandis qu'il peut sentir le regard d'Albus sur lui.

- Harry m'a dit qu'il a briefé Albus avant que l'on se parle, Albus t'en dira plus, je pense. Mais il y a des choses que les Aurors ne peuvent pas dire, même à leurs enfants. Tu comprends ? Il y a des événements pas très clairs ces derniers temps et qui restent confidentiels. Et, surtout, ce sont des soucis d'adulte.

- Mais ça nous touche ! Ça me regarde !

- J'aimerais que tu te concentres sur tes études... J'ai reçu un hibou pas très rassurant du professeur McGonagall dont il faudra que l'on parle au passage. Mais sache que tu n'as pas besoin de m'envoyer du courrier tous les jours, l'enquête avance bien et c'est tout ce que tu as à savoir. Tout va bien se passer, je te le promets.

Le jeune garçon a du mal avec cet élan d'optimisme qui vient pourtant de la personne la plus réaliste qu'il connaisse. Il contemple l'ovale du visage de sa mère dans les braises et tente d'imaginer les traits de son visage. Lui dit-elle tout cela en étant convaincue ?

Il comprend que même si elle tente avant tout de le rassurer, elle a confiance aux mains dans lesquelles est atterrie le dossier du Manoir Malfoy. Ses yeux rencontrent ceux d'Albus et le Gryffondor lui sourit timidement.

La conversation finit par prendre un tour plus banal où Astoria lui demande des nouvelles de l'école, des cours, et de ses notes. Sa timidité s'évince pour lui faire un court résumé, notant au passage que ni l'un ni l'autre ne souhaite aborder le contenu de la lettre de McGonagall devant un public. Il lui parle même du prochain match de Quidditch qui approche alors qu'il préfère se terrer à la bibliothèque plutôt que de suivre des joueurs sur un balais sous le temps capricieux des Highlands.

Quand ils se trouve à court de choses à dire, Harry reprend la parole et Scorpius laisse tout naturellement sa place à Albus, lui faisant signe qu'il attend à l'extérieur.

Il a besoin de calme, mais a oublié Evy qui se trouve dans leur salle commune. La jeune fille lui adresse un regard d'une seconde avant de se tourner vers son livre. Pourtant, elle lui adresse deux-trois mots qui le fait rougir instantanément :

- Vous vous êtes disputés ?

- Ah euh... non... Il a un truc de dernière minute à faire avant que l'on descende.

Il s'approche et ses yeux sont aussitôt attirés par la couverture du roman qu'elle a entamé. Il s'agit du dernier tome qu'il n'a toujours pas pu terminer, délaissé en plein milieu de sa lecture quand il a appris la terrible nouvelle. Il n'a toujours pas réussi à s'y replonger.

- Tu aimes ? dit-il en se penchant naturellement au-dessus du canapé.

- Ne le dis surtout pas à mon petit frère, répond Evy quand elle comprend qu'il parle de son livre. Je les lui pique ! Ce dernier tome est incroyable ? Tu l'as lu aussi ?

- J'en suis un peu plus loin...

- C'est qui ton personnage préféré ? Vic ou Ana ?

La porte de la chambre d'Albus finit par s'ouvrir sur ce dernier.

- Ah ton copain est prêt.

- Ce n'est pas mon... enfin, tu vois.

Le rire d'Evy réchauffe la pièce et Albus la dévisage amèrement.

- Tu n'es pas en train de l'embêter, j'espère ?

- Mais non !

- Super, bon, on va dîner, Scorpius ?

Le jeune Malfoy hoche la tête, ignorant soigneusement le regard de la Préfète. Toutefois, il ne peut s'empêcher de lui lancer un coup d'œil interloqué quand elle lui murmure d'un ton plus doux que la normale :

- Je trouve ça chouette que vous soyez amis.


Scorpius attend que le dîner soit terminé pour entraîner Liam et Mimi dans une salle secrète afin de leur débiter tout ce que Albus, et la conversation avec Astoria, lui a appris. Il leur raconte tout ce qu'il s'est produit, en prenant évidemment soin de ne pas préciser qu'il attendait désespérément à la bibliothèque quand sa journée a enfin pris un tournant intéressant.

Ses meilleurs amis gardent un silence religieux pendant qu'il leur apprend que le Ministère a intercepté de nouvelles activités illicites dans d'autres demeures sensées être sous scellé, que le contrôle semble avoir échappé aux Aurors, ou plutôt que beaucoup d'entre eux cherchent à fermer les yeux par peur de voir de sombres choses se reproduire de nouveau.

Il leur parle des autres familles dont les courriers seraient surveillés ou prêts à l'être dans un futur proche. Des noms ne leur sont pas inconnus, des noms de camarades. Certains parfois plus jeunes qu'eux comme la jeune Nott ou les jumeaux Zabini. La famille Parkinson également avec l'ancienne Préfet-en-Chef qui avait un béguin parfois imposant pour Liam. Scorpius a même grandi avec leurs parents dans le paysage.

Et des noms qui leur évoquent des souvenirs d'Histoire funeste ou certains Mangemorts encore derrière les barreaux. Crabbe, Goyle, Carrow, Yaxley, Avery et d'autres que Scorpius ne soupçonnait même pas avoir une famille ou une descendance...

- Et ton père est toujours en prison, conclut Mimi d'un ton grave de colère. C'est toujours incompréhensible. Surtout que je suis certaine à plus de 200% qu'ils ont utilisé le sérum de vérité.

La question lui a déjà traversé la tête. Scorpius acquiesce sans pouvoir empêcher ses poings de se contracter.

- Ils se disent qu'ils font sûrement bonne figure en le gardant, répond Liam. Ils rassurent la population.

- Mais la population ne sait même pas réellement ce qu'il se passe...

- Et à part le Manoir de ma famille, on n'a même pas entendu parler des autres lieux dans les journaux.

- Je n'ai jamais dit que c'était juste ! Je cherche une explication... Même si vraiment à part prouver qu'ils perdent les pédales et que la situation leur échappe totalement, ils ne foutent rien.

Scorpius s'assoit sur la chaise la plus proche sans oser relever le regard vers ses amis. Il ne peut qu'être d'accord avec Liam sur les raisons pour lesquelles son père n'est toujours pas relâché et ça le rend dingue. Est-ce que c'est cela, la justice ? Est-ce que la majorité gens gobent aveuglément les idées et les décisions du gouvernement parce que ça les rassure ?

Son sang boue.

- J'aimerais... Je ne sais pas ce que j'aimerais mais...

Il n'arrive pas à formuler le fond de l'angoisse qui le ronge et Mimi qui devine les émotions qu'il a enfoui toute la soirée vient le prendre dans ses bras. Les sentiments contradictoires qu'il ressent explose. Quelques larmes lui viennent aux yeux mais ce n'est pas de la tristesse, c'est un mélange de rage et d'écœurement.

Liam lui tapote timidement l'épaule.

- Tu n'es pas tout seul, nous sommes là, dit-il.

- Il y a aussi ta mère qui n'a que ton bien en tête, qui te protège mieux que quiconque.

- Et apparemment de bons Aurors s'occupent de tout, je pense qu'on peut leur faire confiance.

- Puis tu n'as pas n'importe quel Gryffondor de ton côté.

Scorpius laisse échapper un rire étouffé avant de s'essuyer les yeux.

- 'Faites chier, marmonne-t-il en rigolant malgré lui.

- Plus sérieusement, ton père sortira, il est innocent ! renchérit Liam. Puis personne n'est plus populaire que Harry Potter. S'il s'oppose au Ministère, les gens le suivront.

- Oui mais il ne peut pas s'opposer comme ça, fait Scorpius en claquant des doigts. Ce serait trop facile. Et ça m'énerve ! Bon sang qu'est-ce que ça m'énerve ! Je les déteste..

- Nous aussi, crois-nous.

Mimi dégage enfin le jeune Malfoy et s'assoit en tailleur à ses pieds.

- Et chaque fois que tu te sentiras démuni, on sera là. Tu sais que tu peux nous en parler librement n'est-ce pas ? dit-elle en croisant son regard. Pareil si tu as envie de péter les dents de ceux qui t'emmerdent ou si tu veux qu'on leur mette des scroutts à pétards dans leur lit !

- Ouais...

- Et tu peux aussi nous parler d'Albus, lui sourit Liam.

- Aussi, acquiesce Mimi.

Ses deux amis leur tendent leurs petits doigts et Scorpius les serre en retour. « Croix de bois, croix de fer », c'est ce que ces deux-là lui ont appris, non ? Le nombre de promesses qu'ils lui ont arraché après lui avoir appris ce tour moldu... Mais ils l'ont bien eu, lui qui attache beaucoup d'importance aux promesses et à l'honnêteté. C'est devenu un rituel, une sorte de message pour dire la vérité ou apporter son soutien.

- Il n'y a rien à dire concernant Albus, dit-il pourtant en levant les yeux au ciel.

- Avec Mimi, on se doute bien qu'il te plaît. Tu nous lâches pour lui – Ne me regardes pas comme ça, c'est pas un reproche, je trouve ça bien que tu aies d'autres amis, sourit Liam. Mais je veux dire, tu ne veux pas vraiment nous parler de lui et il est mignon... alors...

- Mignon ?

- Je ne suis pas aveugle même si ce n'est pas mon genre !

- Puis il y a la manière dont tu le cherches sans cesse du regard, ajoute Mimi.

Cette fois, Scorpius ne peut pas empêcher son rire. Il balance sa tête en arrière, avec un « Merlin... » avant de regarder tour à tour ses amis, réalisant qu'ils sont tout à fait sérieux.

Un doute le traverse. Il ne regarde pas Albus ainsi quand même... non ? Il s'en serait rendu compte ? Une petite voix lui murmure qu'il n'en a pas l'impression mais que si le Gryffondor n'est pas à la bibliothèque comme prévu pour leurs devoirs alors Scorpius est déçu. Et puis, c'est vrai qu'il est mignon. Il ne mentirait pas là-dessus. Et puis il y a les fossettes qu'il a découverte et qu'il n'arrive plus à oublier...

Liam et Mimi ont l'intelligence de ne pas relever son silence.

- Vous n'êtes pas mes chaperons et je pense qu'il est hétéro, alors zéro inquiétude, finit-il par déclarer. Vraiment.

- Ok. En tout cas, sache juste que tu peux nous en parler si jamais...

- En attendant, c'est bien s'il te permet d'avoir l'esprit ailleurs. Même si je risque de lui botter les fesses s'il te fait le moindre mal, dit Liam en esquivant le coup que lui envoie aussitôt Mimi.

- Il plaisante.

Scorpius donne une tape sur le crâne de son ami.

- Je sais que non. Ce mec est une mère poule.

- Aïe !

- Souviens-toi de ce que tu as fait de Allison l'an dernier ?

La Serpentarde à sa droite éclate de rire.

- Attends, c'est à cause de lui ?

- Tu ne savais pas ?

- Je me suis toujours demandée pourquoi elle s'est mise à m'éviter dans les couloirs mais ça n'a pas été une grande perte. Tout s'éclaire !

- Ben écoute, si j'ai réussi à lui faire peur en lui parlant – en lui parlant seulement, je le jure, c'est bien qu'elle ne te méritait pas.

- Pauvre Albus, il ne sait pas ce qui l'attend, plaisante Mimi. Même s'il n'y a rien, ajoute-elle en croisant le regard de Scorpius.

- Je ne me fais pas de soucis... Il a une forte tête.

- Peut-être pas que la tête.

- Liam ! s'écrit Scorpius en lui envoyant une seconde tape.

Mimi a tellement du mal à calme son fou rire que Scorpius ne peut s'empêcher de rire aussi. Malgré les circonstances et le besoin de les entendre dire qu'ils seront toujours là pour lui, le jeune garçon apprécie leurs plaisanteries continuelles qui allègent toujours l'atmosphère. Il peut toujours compter sur eux pour discuter sérieusement tout comme pour l'aider à penser à autre chose. Ils ont compris que ce soir, Scorpius n'était pas d'humeur à se confier plus.

Et avoir des amis comme ça, ça vaut tout l'or du monde.


- Elle ne m'a pas dit pourquoi elle souhaite te voir, dit Evy en remarquant la nervosité de Scorpius. Mais je ne pense pas que ce soit grave.

Le jeune Malfoy hausse les épaules. C'est quand même la deuxième fois en une semaine que Scorpius se retrouve dans le bureau de la directrice et cette fois c'est une convocation en bonne et due forme. Il n'a aucune idée de ce qu'il a pu faire d'interdit. Peut-être que Astoria a demandé un rendez-vous suite à ce qu'elle a appris ? Des sueurs froides lui coulent dans le dos. Sa mère ne laissera pas une seule chance aux Gryffondors qui le harcèlent, c'est certain.

- Voilà. Je ne suis pas autorisée à monter plus loin mais ça ne s'applique pas à toi, évidemment.

La Serdaigle lui sourit sans oser s'en aller.

- ... Bon courage. Elle avait l'air de bonne humeur ceci dit, si ça peut te rassurer.

Scorpius monte l'escalier en colimaçon qui a toujours été tout sauf accueillant selon lui et frappe doucement à la porte de la directrice, comme s'il espérait ne pas être entendu pour pouvoir faire tranquillement demi-tour.

- Entrez.

Malheureusement, l'ouïe de McGonagall est aussi aiguisée que celle du chat dont elle prend parfois l'apparence. La sorcière lui adresse toutefois un sourire franc dès qu'il passe le pas de la porte et les craintes de Scorpius se retrouvent soulagées d'un poids.

Mais ce n'est pas sa mère qui se trouve à ses côtés et Scorpius comprend immédiatement pourquoi Evy lui a été envoyée et non pas Albus, et pourquoi la jeune fille n'était au courant de rien. Les Aurors Potter et Weasley sont présents et ce sont de nouvelles appréhensions qui saisissent le Serpentard. Ils n'ont pas l'air de faire encore attention à lui et les deux amis sont en train d'échanger à voix basse.

- Harry, Ron, Scorpius est arrivé, annonce McGonagall. Scorpius, je n'ai pas besoin de te faire les présentations ?

Le tutoiement ne lui échappe pas et Scorpius grimace. La directrice a vraiment la mauvaise habitude de changer de ton quand des sujets sensibles vont être abordés... On ne l'a donc pas fait venir pour une visite de courtoisie. Elle n'a pas le visage aussi chagriné que le jour où elle l'a reçu dans son bureau pour lui annoncer la nouvelle, mais sa voix est la même. Douce, comme celle d'une grand-mère.

- Nous ne nous sommes encore jamais rencontrés, dit Ron Weasley pour briser la glace et Scorpius lui serre la main. Enchanté. Il me semble qu'un certain énergumène a pris ma place la dernière fois. Ça ne devrait pas se reproduire.

- Ron, gronde l'autre Auror. Minerva n'est pas au courant...

- Mince... Minerva, tu n'as rien entendu, bien sûr, sourit-il nerveusement.

- Je ne veux rien savoir ! Même si je ne suis surprise de rien.

L'atmosphère légère et plutôt chaleureuse ne suffit pas à détendre Scorpius qui regarde les trois adultes plaisanter comme si de rien était. Il peut voir qu'une grande complicité lie la directrice à ses anciens élèves, il peut voir toute la fierté qu'elle leur porte et toute l'affection qu'elle réfrène. Il ne fait pas partie de leur monde, c'est aussi flagrant qu'un nez en plein milieu de la figure.

Harry Potter est celui qui cerne le premier son embarras.

- Ne t'inquiète pas, nous ne sommes pas là pour te passer un interrogatoire et il n'y a pas d'avancées négatives concernant l'affaire.

- Je pense que vous devriez aller droit au but, conseille soudain le portrait d'Albus Dumbledore silencieux jusque-là. L'imagination n'est pas toujours la plus grande amie de Scorpius.

Pour une fois, Scorpius est heureux que quelqu'un puisse traduire parfaitement ce qu'il est en train de ressentir.

- C'est vrai. Pardon, Scorpius, reprend Harry. Avec Ron, on s'est simplement dit que l'on pourrait organiser une rencontre entre toi et Draco. Ton père te réclame autant que tu t'inquiètes pour lui.

- Astoria n'est pas très partante pour que tu vois ton père dans ces conditions mais tu as son accord, dit Ron. Qu'en dis-tu ?

- Il faut savoir que même si les conditions d'Azkaban se sont grandement améliorées ces dernières décennies, ça reste une prison...

Ce n'est pas du tout ce qu'il avait en tête quand on lui a dit être convoqué. Il a imaginé le pire, sans être capable d'imaginer le meilleur. Il retient presque un rire de soulagement. Il ne peut plus réfléchir proprement alors le cœur prend la relève :

- Quand ?

- On a un créneau de libre mercredi prochain, commence Ron Weasley.

- ... ou bien tout de suite, propose Harry Potter. Si tu es prêt.

- Je suis prêt. Enfin, je crois.


Voilà pour ce nouveau chapitre ! Merci pour votre lecture :D

Scorpius, c'est vraiment mon bébé.
Je me doute qu'il peut paraître bizarre pour les gens qui ne sont peut-être pas familiers avec les troubles anxieux mais ne soyez pas trop dur avec lui parce qu'il s'attache trop vite à Albus et que ça lui fait peur et qu'il ne se l'avoue pas encore et qu'il réagit avec les premières émotions qui lui passent par la tête, d'accord ? :')

Je vous fait des bisous et espère vous retrouver tout bientôt !

Slyth.