Chapitre 2 And Then There Were Two

IMPORTANT :

Coucou ! J'espère que l'histoire vous plait. Juste une petite info par rapport à un commentaire que j'ai reçu…Ceci est bien une fiction MYCROFT/MOLLY. Alors pour ceux qui attendent un happy end pour Sherlock et Molly ce n'est pas du tout ici qu'il faut venir. Essayez plutôt City of Dreams (tr) et Battle for Love (tr) que j'ai traduis.

Je sais que pour certains ce couple n'a aucune possibilité d'exister (et dans la série je suis d'accord… quoi que on puisse toujours argumenter). Néanmoins je trouve que c'est justement parce que Mycroft et Molly sont si éloignés que c'est intéressant de trouver des scénarios possibles pour les faire se rencontrer et s'apprécier.

Voilà ! Merci pour ceux qui donnent leurs avis c'est toujours très précieux.
Bonne lecture xxx

MHMHMHMHMHMHMHMHMHMHMHMH

Les conséquences d'Eurus et Sherrinford furent très difficile pour la Famille Holmes. Les parents de Mycroft et Sherlock furent dévastés de découvrir pour leur fille et ce qu'elle était devenue. Maman n'avait jamais été du genre à pleurer, mais elle ne put s'empêcher de laisser tomber des larmes alors qu'ils étaient assis dans le bureau de Mycroft pour régler tout ce bazar. Sherlock était plus silencieux que la normale et semblait toujours en train de traiter de vieux souvenirs et les événements actuels qu'il avait à portée de main. Mycroft, eh bien Mycroft, semblait rester le même. Il était calme et tranquille tandis qu'il parlait avec ses parents. Il savait qu'il avait fait de son mieux aux vus des circonstances auxquelles il avait été confronté. Il fut même choqué d'entendre Sherlock être d'accord avec ce fait et simplement le défendre contre leurs parents. Intérieurement cependant, Mycroft était très fortement secoué. Savoir ce que sa sœur aurait pu être capable de faire était déjà assez troublant, mais quand il l'avait vu de ses propres yeux, cela l'avait rendu physiquement malade. Ici il était un homme avec un passé douteux et des années de dangereux travail de terrain, il avait vu et supporter beaucoup, mais voir Eurus les réduire en miette l'avait presque achevé.

Il était inquiet, inquiet qu'il puisse devenir pareil. Lui comme Eurus n'avait pas d'attache ou d'amis. Il était confiné à la politique et au monde gouvernemental qu'il avait construit pour lui, tout comme Eurus avait été confiné dans les murs de Sherrinford. Plusieurs nuits il s'était surpris, assis dans son bureau, tenant son second ou troisième whisky à se demander s'il pouvait lui aussi devenir comme Eurus. S'était-il lui-même trop coupé du monde ? Il sentait que Sherlock avait les mêmes réserves, mais Mycroft savait qu'il s'était fait des amis et ce serait la différence déterminante dans sa vie. Si Sherlock devait tomber John, Greg, Mrs. Hudson et Molly serait là pour le rattraper. Mycroft se demanda qui serait là pour lui si jamais il tombait.

Durant toute sa vie adulte, il avait cru et appris à Sherlock qu'être seul était bien, la solitude protégeait. Les émotions étaient déraisonnables et du côté des perdants. Il observait la vie d'Eurus, elle avait dans un sens été seule toute sa vie, le contexte émotionnel avait été enlevé de sa vie et voilà ce qui restait. Qu'est-ce qui empêcherait cette progression de lui arriver ? L'apitoiement sur soi-même était quelque chose d'étranger à Mycroft. Il avait dit à Sherlock à un moment qu'il n'était pas seul, mais il était assis là, âge moyen, seul et inquiet au sujet de la stabilité de son esprit à cause de l'isolement qu'il s'était imposé à l'égard de la race humaine. Il ferma les yeux et prit une inspiration très profonde et tremblante. Dans le silence, il entendit son téléphone sonner. D'instinct, il l'attrapa et le souleva dans la faible lumière provenant de la table d'appoint à côté de lui.

Salut, j'ai vérifié pour Sherlock et John. Ils semblent bien s'en sortir. J'voulais savoir si tu allais bien. – M

Il resta assis sous le choc. C'était une femme qu'il connaissait à peine, mais elle avait fait un pas pour vérifier que tout allait bien pour lui. Elle avait pris le temps de s'assurer qu'il se frayait un chemin à travers cette mer de misère dans laquelle ils pataugeaient. Il se souvint de leur conversation la semaine précédente. Comment elle avait compris la situation après qu'il lui eut expliqué. Il se souvenait de son sourire alors qu'elle lui demandait comment il allait. Il connaissait ses antécédents avec Sherlock. Il savait qu'on pouvait lui faire confiance et qu'elle était une de ces rares personnes dans ce monde qui tenait vraiment aux autres. Il se demanda ce que sa vie aurait été s'il avait rencontré quelqu'un comme Molly plus tôt dans sa vie. Serait-il quand même devenu cet homme froid et protégé d'une carapace qu'il était maintenant ? Ou aurait-il eu une vie pleine d'amour et d'émotions ? Non, il ne pouvait pas penser comme ça. Il était heureux avec sa vie, il n'avait besoin de personne. Toutes ces pensées sur les émotions étaient strictement dues au stress et à ce qu'il tenait en main. Il jeta un regard à son verre de whisky à moitié plein. Il grogna puis le lança dans le feu. Il se tourna et alla au lit.

Cette nuit il rêva. Mycroft ne rêvait presque jamais, mais cette nuit ses rêves furent vifs. Il rêva qu'il avait rencontré Molly à l'université et qu'ils étaient tombés amoureux et s'étaient mariés. Il rêva des parties de leur vie ensemble. Il vit leur baiser alors qu'ils prononçaient leurs vœux d'amour jusqu'à ce que la mort les sépare. Il la vit tenir leur premier né, il observa tandis que leur fils partait à l'entrainement militaire et que plus tard il laissait partir sa fille. Il vit la vie désordonnée qu'ils avaient, pleine de bonheur et d'amour.

Il se réveilla en sursaut. Son cœur battait rapidement et il était en sueur. Il pouvait même la sentir sur son visage. Il s'essuya le visage et réalisa que c'était des larmes. Il pleurait sur une vie qui avait été manquée. Il s'assit sur le bord du lit et attrapa son téléphone. Il était 1h33 du matin mais il s'en fichait. S'il ne faisait pas ça maintenant il ne le ferait jamais.

Merci Molly pour ta sollicitude. Je m'en sors aussi bien qu'on peut s'y attendre. - MH

Il reposa son téléphone et retomba sur son oreiller. Il ne s'attendait pas à entendre parler d'elle avant le matin. Puis il entendit le délicieux ping.

Salut, tu t'es levé tard. Je suppose que nous avons tous les deux du mal à dormir. -M

Oui, il semblerait. Aimerais-tu prendre le thé avec moi demain ? – MH

Il regarda les trois petits point en attendant sa réponse.

Bien sûr, à quelle heure ? – M

Pourquoi pas à 2 heures ? – MH

Oui, ça marche. Mon service ne commence pas avant 5 heures. Où est-ce que je te retrouve ? – M

Je vais t'envoyer une voiture. D'ici là. – MH

Oh, ok, à bientôt alors. Essaie de trouver le sommeil Mycroft. –M

Le matin suivant Mycroft s'assit à la table de sa cuisine. Il avala son café et jeta un œil à son téléphone. Il ne savait pas ce qui lui avait pris hier de lui proposer de prendre le thé. Seigneur que faisait-il ? Elle était entichée de son frère et ça depuis des années. Sans mentionner qu'il était plus âgé qu'elle de douze ans. Il attrapa son téléphone avec l'intention d'annuler. Ce fut alors qu'il vit son message. Il devait l'avoir manqué pendant qu'il était sous la douche.

Bonjour ! Hâte de prendre le thé. Je suppose qu'avec Mycroft Holmes ce sera du thé supérieur et rien de moins. Dois-je porter un chapeau sophistiqué et des perles ? :) – M

En fait, il rit à haute voix. Il n'avait pas ri depuis des lustres, mais cet coup dans son esprit étroit lui fit craquer un sourire et un rire. Peut-être que ça ne sera pas si horrible après tout. Il texta à son Assistante Personnelle pour dégager son emploi du temps de 1h30 à 4h ce jour-là. Pour une fois tous les autres pouvaient travailler selon son emploi du temps et non l'inverse.

MHMHMHMHMHMHMHMHMHMHMHMHMHMH

Molly se tenait sur le trottoir à deux heures moins cinq, réglée comme une horloge, quand une voiture noire du gouvernement s'arrêta devant elle. Le conducteur sauta et courut pour ouvrir sa portière.

- Oh, dit-elle en s'écartant de son chemin pour qu'il puisse ouvrir la portière. Merci.

- Mademoiselle, fut tout ce que répondit le chauffeur avec un hochement de la tête.

Elle prit place sur le siège et fut surprise d'être assise à côté de Mycroft Holmes.

- Bonjour, ma chère, dit-il avec un signe de tête.

- Bonjour Mycroft.

Elle posa son sac sur le sol et boucla sa ceinture.

Il lui lança léger regard.

- Je vois que tu as oublié ton chapeau sophistiqué et les perles.

Elle offrit un petit ricanement et il gloussa un peu.

- Oh mon dieu, est-ce, est-ce que tu viens de rire ?

Elle le regarda, incrédule.

- Molly, je ne ris pas.

- Nope, je l'ai entendu, tu as eu un gloussement. Wow, je ne pensais pas que tu savais comment faire.

Il lui lança un regard de biais.

- Je suis désolée, je ne voulais pas dire, je veux dire, c'est juste que tu es...

- Molly, tu bégaies.

Elle se rassit dans son siège et ferma les yeux.

- Désolée, je fais ça parfois quand je suis nerveuse.

- Pourquoi es-tu nerveuse ? Je te rends nerveuse ?

- Un peu, mais c'est parce que je ne te connais pas très bien.

- Eh bien, j'espère qu'après aujourd'hui tu te sentiras plus à l'aise quand tu es près de moi. Bien, j'espère que tu es d'humeur pour un excellent thé.

- Où allons-nous ? J'espère que les blouses sont appropriées. Je déteste les porter, mais je suis attendue au travail...

- Oui à 17 heures. Je suis bien conscient de ça et je serai heureux de dire à Davidson de t'y reconduire.

- Oh, c'est très gentil à toi. Donc, où allons-nous Mycroft ?

- A mon club, c'est tranquille et personne ne nous embêtera. Nous pouvons parler librement sans craindre d'être entendus. De plus, ils disposent d'un service à thé tranquille.

- Ok, ça sonne bien.

Sur ce, elle croisa ses jambes et se tourna pour observer par la fenêtre tandis qu'il retournait à textoter sur son portable.

Vingt minutes plus tard ils arrivèrent à un magnifique vieux bâtiment. Elle vit l'emplacement de la plaque sur la pierre angulaire...

Diogenes Club, Est 1818

- Molly, je dois t'avertir, les femmes ne sont pas une chose normale ici au club. Ce n'est pas qu'elles ne sont pas admises, c'est juste que beaucoup ne nous honorent pas de leur présence. Oh, et il est strictement interdit de parler jusqu'à ce que nous arrivions dans ma salle privée.

- Oh, ok.

Il se tourna et la guida jusqu'à la porte. Elle regarda les vieux panneaux de bois d'acajou et les sols de marbre. Elle eut l'impression d'être de retour 100 ans plus tôt. Dans la salle ouverte à sa gauche plusieurs vieux gentlemen étaient assis, sirotant leurs boissons et fumant des cigares. Plusieurs avaient levé la tête de leur papiers et regardèrent sous le choc Molly. Un homme eut un regard de dégout sur le visage. Elle ne put s'empêcher de lancer au vieil homme un petit clin d'œil. Il souffla et tira ses papiers devant lui. Juste à ce moment-là, elle sentit la main de Mycroft dans son dos et il la pressa vers l'avant ; elle suivit un jeune homme dans un uniforme vert. Rapidement, ils arrivèrent à une large porte en bois avec une plaque en or sur laquelle on pouvait simplement lire Holmes.

Une fois à l'intérieur et la porte fermée avec sécurité, elle offrit un petit gloussement pour ce qu'elle avait fait au vieux monsieur. Elle leva les yeux vers Mycroft s'attendant à moitié à le trouver contrarié. Il se tint là pendant une seconde puis un sourire lui échappa.

- Ne t'inquiète pas, ça a probablement donné un frisson à ce vieux rabat-joie.

Elle ne put s'empêcher de rire. Il resta là et lui sourit. Elle ne ressemblait à personne qu'il avait rencontré jusque-là. Toute ces années il avait pensé qu'elle était une femme stupide qui suivait sans réfléchir son frère partout. Maintenant il commençait à voir le côté joueur en plus du côté attentionné dont il avait été témoin une semaine plus tôt. Elle l'intriguait et il voulait en savoir plus.

Elle posa son sac sur un canapé proche et eut le souffle coupé par la profusion de nourriture et de thé.

- Oh mon, peut-être que je devrais aller à la maison et aller chercher mon chapeau et mes perles. C'est incroyable Mycroft.

- S'il te plait, assis-toi ma chère.

Au cours des deux heures suivantes, ils parlèrent de leurs années à l'Université, leurs récits de voyage et bien sûr de Sherlock. Mycroft ne l'admettrait jamais mais il fut déçu lorsque 16h30 arriva et qu'elle dut partir.

- Ah, et bien merci pour le thé. J'ai vraiment apprécié Mycroft, dit-elle en attrapant son sac.

- J'ai tout autant apprécié ma chère. Peut-être pourrons nous à nouveau faire ça.

Il se leva pour la voir à la porte.

- J'aimerais bien. Fais-moi juste savoir.

- Pourquoi pas à nouveau Mardi à 2h ? Dit-il un petit plus enthousiaste qu'il ne l'avait voulu.

Elle lui sourit.

- Ça semble génial, mais pourquoi ne viendrais-tu pas dans ma maison et je ferais le thé. Je fais aussi un très bon gâteau au chocolat !

- Je serai là.

Il lui ouvrit la porte et la guida vers la sortie. Il la mit dans la voiture et retourna dans sa pièce.

- Oh, Mycroft qu'est-ce que tu fais ? Se réprimanda-t-il dans son esprit.

Mais pour une fois il ferait quelque chose de bien pour lui et il penserait au reste plus tard.

Pendant les quelques semaines suivantes, ils se rencontrèrent une fois par semaine pour le thé. Après quelques mois ils passèrent à un diner par semaine. Ce n'était pas un diner romantique, c'était juste deux personnes discutant, partageant et rien de plus. Il apparut que tous les deux attendaient avec impatience leur moment ensemble.

Un soir, elle était prête à partir. Elle avait dit à Mycroft qu'elle le retrouverait au restaurant à 19h. Elle regarda sa montre et vit qu'il était 18h15. Elle savait qu'elle aurait dû se dépêcher ; elle devait encore attraper un taxi et prendre le temps de traverser la ville. Cinq minutes plus tard il y eut un coup à sa porte. Elle s'arrêta sur ses pas, posa son sac à main, contourna la table du vestibule et ouvrit la prote. Dès que la porte s'ouvrit, elle regarda les yeux hagards de Sherlock Holmes.

- Sherlock, que, que fais-tu ici ?

- Je crois que toi et moi devons avoir une discussion.

Il la dépassa et s'assit sur son canapé. Elle ferma ses yeux, prit une profonde inspiration et ferma la porte.

- Sherlock, Mycroft m'a tout expliqué. Il n'y a rien de plus à dire et je dois aller quelque part. Peut-on parler plus tard ?

Il lui jeta un regard et réalisa qu'elle était habillée pour un rencard. Elle portait une robe noire moulante tombant aux genoux et une paire de talons noirs à lanières. Ses cheveux étaient relevés dans un chignon banane et ses lèvres avaient une douce nuance de rouge. Il devait y avoir quelque chose de spécial à propos de celui-là. Il avait fait une forte impression, pensa intérieurement Sherlock. Il sut déjà qu'il le détestait, qui qu'il soit. Elle ne semblait plus nerveuse près de lui, elle semblait plutôt irritée. Sherlock n'était pas habitué à la voir agir comme cela et il s'en trouva un peu décontenancé.

- Molly, c'est important qu'on parle. Je suis sûr que qui que ce soit, ton rencard comprendra que tu as un engagement plus pressant en ce moment.

- Ok, Sherlock, tu gagnes. Laisse au moins texter M... um laisse-moi lui texter.

Elle avait presque vendu la mèche. Ces réunions hebdomadaires étaient leur petit secret et elle voulait le garder comme ça pour l'instant. Elle ressortit son téléphone de son sac.

Mycroft, je suis désolée mais je vais devoir annuler ce soir. Sherlock est là et est prêt à avoir « La Conversation ». Je te parlerai plus tard. Encore une fois, je suis désolée pour le court délai. – M

Elle le mit en silencieux et le replaça dans son sac. Elle prit une autre profonde inspiration et vint s'asseoir à côté de Sherlock sur le canapé. Elle se pencha en avant, enleva ses talons et les jeta sous la table. Elle plaça ses jambes sous elle et se tourna vers Sherlock.

- Ok Sherlock, tu voulais parler, alors parles.

Il passa en revue tout ce que Mycroft lui avait expliqué. Mais alors il arriva à l'appel.

- Elle a dû m'observer pendant des années. Elle devait savoir que toi et John...

Il s'arrêta et baissa le regard sur ses mains. Elle le regarda se demandant pourquoi il s'était arrêté.

- Sherlock ?

- D'une certaine façon elle savait que toi et John êtes les personnes les plus importantes pour moi.

Il la regarda et son cœur s'arrêta presque. Il semblait complètement perdu, presque comme un petit garçon.

- Être associé à moi vous met tous les deux en danger.

- Sherlock, nous sommes tes amis. Nous savons qui tu es et les dangers que cela entraine d'être ton ami. Mais ça ne change pas le fait que nous sommes toujours là pour toi.

- John est mon meilleur ami mais Molly, il chercha et attrapa sa main, Molly, tu es tellement plus que ça pour moi.

Elle prit une brusque inspiration et lentement déplia ses jambes de sous elle. Elle retira sa main de la sienne et se leva du canapé.

- Qu'est-ce que tu es en train de dire Sherlock ?

Il se leva et vint se tenir à quelques centimètres d'elle.

- Je le pensais, je pensais ces trois mots.

Elle se tint là et les larmes commencèrent à se former dans ses yeux. Une partie d'elle avait attendu pendant des années d'entendre ces mots de cet homme. Maintenant que cela arrivait elles se sentait confuse. Pourquoi bon sang se sentait-elle confuse ? Sans prévenir il l'attrapa et écrasa ses lèvres sur les siennes. Ses bras l'écrasèrent contre lui et elle le sentit chercher à entrer dans sa bouche. Elle fera les yeux et ouvrit sa bouche. Avec un grognement, sa langue s'y enfonça. Elle mit ses bras autour de son cou et s'y accrocha comme si sa vie en dépendait. Tellement de choses flashaient dans son esprit. Elle pensa à la première fois qu'elle l'avait rencontré, les années où il en avait pris avantage et puis quand il avait appris à lui faire confiance. Puis, sorties de nulle part, ses pensées dérivèrent jusqu'à Mycroft. Oh Seigneur, elle embrassait l'homme de ses rêves des huit dernières années et elle pensait à quoi Mycroft ressemblait quand il souriait et à quel point son rire était vraiment incroyable. Dire qu'elle était confuse aurait été un euphémisme. Puisant dans sa force intérieure, elle s'éloigna de ses lèvres.

- Sherlock... Il bougea pour l'entrainer dans un autre baiser. Sherlock !

Il s'arrêta et la regarda avec des yeux interrogateurs. Il respirait difficilement et il l'écrasait encore contre lui. Elle fit tout pour desserrer sa prise mais il la tira encore plus près.

- Sherlock, s'il te plait laisse-moi partir.

Il la relâcha mais se tint toujours à seulement quelques centimètres d'elle.

- Pourquoi, pourquoi as-tu attendu six mois pour venir me dire tout ça ? Elle s'éloigna de lui. Pourquoi, Seigneur, pourquoi ne m'as-tu pas dit tout ça cette horrible semaine ? Pourquoi as-tu envoyé Mycroft pour faire quelque chose que tu pouvais clairement faire toi-même ?

Elle se rassit sur le canapé et essuya ses larmes.

- Molly, toi parmi tous les gens sais que je ne fais pas dans les émotions. Ça m'a pris un moment pour creuser dans tout ce qui est arrivé à Sherrinford et les émotions qui se sont déclenchées en moi. Je suis désolé de ne pas être venu plus tôt, mais ça m'a pris un moment pour réaliser ce que je ressentais.

Il s'approcha, s'assit à côté d'elle et prit sa main.

- Molly, il n'est pas trop tard pas vrai ?

- Je, j'ai besoin de temps Sherlock. C'est beaucoup à traiter. Juste s'il te plait donne-moi un peu de temps. Ok ?

- Très bien, si c'est ce que tu souhaites.

Il se leva et tira sur son manteau. Elle le raccompagna à la porte. Avant qu'elle puisse l'ouvrir il se pencha et posa un tendre baiser sur les lèvres.

- Bonne nuit Molly.

- Bonne nuit Sherlock.

Elle ouvrit la porte et il partit. Elle verrouilla la porte, mit l'alarme, éteignit les lampes et se dirigea vers la chambre. Elle s'assit sur son lit et secoua la tête. Bon sang qu'est-ce qu'elle faisait ? Elle tomba sur le lit.

- Oh bon sang dans quel bazar tu t'es encore fourrée Molly Hooper !

MHMHMHMHMHMHMHMHMHMHMHMHMHMH

A l'autre bout de la ville, Mycroft s'assit et dîna seul. Il se demanda ce qui s'était passé pendant la rencontre de Sherlock avec Molly. Il savait que Sherlock travaillait sur ce qu'il ressentait exactement pour Molly. Il savait aussi qu'elle était amoureuse de lui pendant des années. Sans doute ils se déclareraient leur amour l'un pour l'autre et aurait une vie horriblement heureuse ensemble. Il la rendrait folle et elle serait la meilleure chose qui puisse lui arriver. Il devra se tenir là et regarder comment elle vivait sa vie avec son frère. Une nouvelle fois, il devrait mettre son masque de courage et revenir tout seul. Alors c'est à ça que la jalousie ressemble. Maintenant il se souvint de pourquoi il s'est détaché de toutes les émotions pendant 30 ans.

Le matin suivant il fut surpris de recevoir un message de Molly.

Hey, encore une fois je suis désolée pour l'autre nuit. Peut-on se voir pour le thé aujourd'hui ? – M

Je passerai te chercher à 14h – MH

Il verrouilla son téléphone et le replaça dans sa poche de manteau. Sans doute était-ce la dernière fois qu'ils se verraient pour le thé ou pour tout autre chose. Tout au long de sa matinée, il garda un œil sur sa montre et quand 14 heures arriva il lui sourit quand elle entra dans sa voiture. Il pouvait dire qu'elle était contrariée et nerveuse. Ils s'assirent dans un silence complet tout le chemin vers le club. Une fois à l'intérieur de sa pièce, elle laissa tomber son sac et son manteau sur le canapé et fit les cent pas. Il se rassit à la petite table pleine du service à thé posé dessus et la regarda calmement. Après quelques minutes, il lâcha un soupir et dit:

- Molly tu comptes faire les cent pas et garder le silence pendant toute la visite ?

Elle s'arrêta et le regarda :

- Je suis désolée Mycroft, c'est juste, eh bien...

Elle laissa tomber ses mains sur ses côtés et avança vers la chaise en face de lui contre la table.

- Mycroft puis-je parler franchement ?

- As-tu déjà fait autre chose d'autre que parler franchement avec moi ma chère ? Ton honnêteté et le fait que tu ne tournes pas autour du pot sont deux qualités que j'admire chez toi.

Elle sembla un peu prise par surprise par ses mots et secoua la tête.

- Comme tu le sais Sherlock est venu parler la nuit dernière. Il est revenu sur tout ce que tu m'avais déjà raconté. Je lui ai dit que tout était pardonné et que tu m'avais tout expliqué. Je m'attendais à ce que ce soit la fin. Ce à quoi je ne m'attendais pas c'est qu'il, et bien, il m'a dit qu'il m'aime.

Et voilà c'était le clou final dans le cercueil. Le cœur fraichement découvert de Mycroft se replia et devint complètement noir.

- Je vois, donc Molly a sa fin de contes de fée après tout, le beau prince inclus.

- Quoi ? Elle le regarda confuse et un petit peu hébétée. C'est le truc Mycroft, je ne suis plus sûre de vouloir le prince.

La lumière pénétra dans les ténèbres de son cœur. Il s'éclaircit la gorge et sa prise se resserra sur les bras de la chaise sur laquelle il était assis.

- Molly tu es amoureuse de mon frère depuis des années, qu'est-ce que tu veux dire ?

- Mycroft je suppose qu'une part de moi aimera toujours Sherlock dans une certaine mesure, mais je ne sais pas si je le veux toujours. Oh mon Dieu, je ressemble à une de ces femmes émotives et folles, je sais que tu ne supportes pas. Je suis désolée, dit-elle en enfouissant son visage dans ses mains.

- Molly, de quoi as-tu besoin ?

Sa tête se releva à sa question. C'était la même question qu'elle avait posé à Sherlock des années plus tôt. Ironiquement, elle était une personne attentionnée mais très rarement quelqu'un lui demandait ce dont elle avait besoin.

- Je, j'ai besoin de temps pour réfléchir. J'ai besoin de remettre mes idées en place.

- Eh bien, si je connais mon frère il ne te laissera pas beaucoup de temps pour y réfléchir. La patience n'a jamais été un des points forts de Sherlock.

- Oh Seigneur, j'ai besoin de vacances. J'ai besoin d'aller quelque part où je peux réfléchir sur tout ça et découvrir qui je suis et ce que je veux. Oh mon Dieu, j'ai 33 ans, je devrais déjà avoir une idée de quoi je suis. Je pensais que je voulais Sherlock, mais maintenant, eh bien maintenant je ne sais pas.

- Où irais-tu ? Demanda-t-il.

- Je ne sais pas, j'ai toujours voulu voir New York City. Oh, c'est fou. Je suis désolée Mycroft, je vais prendre mes affaires et partir.

Elle se leva et fit le geste de rassembler ses affaires.

- Je vais te réserver une semaine de vacances à New York. Je vais faire en sorte que mon Assistante Personnelle fasse les arrangements, dit-il en se levant de sa chaise. Je peux aussi t'assurer que Sherlock ne te suit pas. Cela devrait te donner le temps dont tu as besoin. Serait-ce suffisant pour toi ma chère ?

- Mycroft, pourquoi ferais-tu ça ? Je veux dire merci, mais je ne peux pas te demander ça.

- Tu n'as pas demandé ma chère, je te l'offre. Tu as tellement fait pour Sherlock... et pour moi. S'il te plait laisse-moi faire ça pour toi. Ça me rendra plus qu'heureux si tu acceptes.

- Merci Mycroft c'est très gentil de ta part. Je vais vérifier avec Mike quand je peux partir et je te le ferais avoir.

Elle se rapprocha de lui et timidement se souleva sur la pointe des pieds et embrassa sa joue. Elle entendit le moment où sa respiration s'arrêta. Elle repoussa un peu sa tête et il baissa le regard sur elle. Elle ne savait pas ce qui lui prenait, mais elle releva la main et toucha son visage, son autre main vint autour de son cou et attira son visage vers le sien puis elle l'embrassa sur les lèvres. Dès qu'elle sentit ses lèvres, quelque chose, comme des étincelles s'alluma en elle. Il ne la toucha jamais, mais il retourna son baiser et elle savait qu'il y avait là une faim sous-jacente masquée dernier son comportement constant.

- Oh, mon, dit-elle en touchant ses propres lèvres avec ses mains. Mycroft, je suis tellement...

Il lui tendit la main puis prit la sienne, la porta à ses lèvres et l'embrassa gentiment.

- Prends tes vacances, découvre ce que tu veux vraiment. Je n'ai aucun doute que Sherlock sera là quand tu reviendras.

- Et, et toi ? Seras-tu là quand je reviendrai ?

- Molly, dit-il en relâchant sa main. Je serai toujours là pour toi.

- Oh, fut tout ce qu'elle put dire tandis qu'elle s'éloignait de lui.

La nuit dernière elle s'était surprise à repousser le baiser de Sherlock et maintenant elle découvrait qu'elle ne voulait rien de plus que d'embrasser Mycroft à nouveau. Oh, ce n'est pas très bon Molly, se gronda-t-elle. Elle devait partir et partir rapidement avant qu'il ne se rapproche. Ses pensées étaient un désordre indistinct à cet instant et elle savait que s'il se rapprochait à nouveau elle ne l'arrêterait pas. Elle attrapa son sac et son manteau et se rua sur la porte.

Une fois dans la voiture qui l'attendait, elle laissa les larmes couler.

- Oh, Seigneur Molly qu'est-ce que tu fais ?

Maintenant elle était vraiment confuse. Elle avait aimé un homme pendant 8 ans et puis soudain son grand frère volait sous le radar et la surprenait. Là où Sherlock était effronté et prenant, Mycroft était doux et donnait de lui-même. Elle savait que c'était dur pour lui, il apprenait comment donner. Sherlock était passionné, impatient et avait un caractère explosive. Mycroft était patient, il devait avoir Sherlock comme frère. Elle savait qu'il devait avoir du caractère, mais il le retenait très bien. Quant à la passion, il n'y avait pas de doute qu'il y avait un courant sous-jacent de passion chez cet homme. Elle pouvait le sentir en étant juste dans la même pièce que lui. Elle sentait que si jamais elle s'en servait cela la consumerait probablement.

- Oh, Molly ! chérie tu es dans le pétrin ! Marmonna-t-elle pour elle-même alors qu'elle laissait tête retomber en arrière sur l'appui tête. Tu es tellement dans le pétrin !