Chapitre 3 New York State of Mind
Cela faisait quatre jour depuis sa conversation avec Sherlock et il ne l'avait pas laissé seule comme elle lui avait demandé de le faire. Il restait toute la journée au laboratoire, utilisant l'excuse qu'il avait des piles de recherches à faire. Si elle partait pour le déjeuner, il la suivait, simplement, et s'asseyait pour discuter d'une affaire ou d'une expérience. Quand elle rentrait à la maison pour la journée elle le trouvait sur le pas de sa porte peu de temps après son arrivée. Après huit ans où à être tenu à l'écart, elle ne savait pas trop comment agir avec cette nouvelle version de Sherlock. Il semblait être partout où elle tournait la tête. Six mois plus tôt elle aurait sauté dans ses bras cette nuit-là et n'aurait jamais regardé en arrière mais maintenant elle semblait ne pas pouvoir mettre ses pensées en ordre. Il ne lui donnait pas le temps de réfléchir à sa question, était-ce trop tard ? Elle avait repoussé l'idée de vacances pensant qu'elle pouvait se sortir de toutes ces choses ici à Londres, mais c'était rapidement devenu évident qu'il ne lui permettait pas de le faire. Quelques jours plus tard, elle alla parler à Mike, elle avait besoin d'une pause, pour des raisons personnelles, et du repos. Elle ne demandait jamais de pause donc Mike n'eut aucun problème à ce qu'elle parte dans les 24 heures suivantes. Une fois qu'elle quitta le bureau de Mike elle se dirigea vers le laboratoire, mais se figea quand elle vit Sherlock et John se diriger vers le laboratoire. Elle tourna et sprinta jusqu'au vestiaire pour femmes. Elle s'assit sur le banc en face de son casier et posa sa tête dans ses mains. Dans toute cette frénésie elle avait seulement reçu un message de Mycroft. C'était un message d'une ligne...
Molly est-ce que tu vas bien ? – MH
Il avait respecté son espace tandis qu'elle réfléchissait sur ses sentiments pour les deux frères. Elle espérait juste que son frère lui aurait donné le même respect et s'éloignerait un peu. Elle comprenait que ces émotions étaient nouvelles pour Sherlock et qu'il essayait de comprendre comment les gérer et les montrer, mais une fille ne peut pas en gérer autant. Elle prit une inspiration hachée et fouilla dans sa poche de blouse de laboratoire.
Salut, pas très bien. Ai été incapable de réfléchir, Sherlock est toujours à proximité. Il n'a pas encore demandé de réponse, mais j'ai besoin de m'éclaircir la tête. Est-ce que ton offre tient toujours ? – M
Quelques instants passèrent et son téléphone sonna.
Oui, mon assistante personnelle t'appellera rapidement et elle finalisera tout. – MH
Merci Mycroft. – M
Ne t'inquiète pas pour Sherlock, je vais le faire tenir à l'écart pendant quelques heures vers l'heure de ton départ. Ça te donnera amplement le temps de faire tes valises et de partir sans qu'il le sache. – MH
Encore une fois, Mycroft merci. – M
Elle ne reçut aucune réponse après ça. Pas moins de cinq minutes plus tard, elle reçut un appel d'un numéro inconnu. Elle décrocha pour entendre la voix efficace de l'assistante personnelle de Mycroft. 24 heures plus tard, Molly était libre de Sherlock, avec sa valise et dans une voiture privée se dirigeant vers Heathrow. Une part d'elle était excitée de voir New York pour la première fois, mais elle ne pouvait pas être aussi excitée qu'elle aurait dû l'être. Le voyage était destiné à faire un examen de conscience bien nécessaire et avec un peu de chance à la fin du voyage elle aurait une meilleure idée de ce qu'elle voulait pour son avenir. Elle regarda la silhouette des immeubles de Londres bouger rapidement par la fenêtre. Elle ferma ses yeux et se relaxa jusqu'à ce qu'ils arrivent à l'aéroport. Elle remercia Davidson pour son aide et alla à la sécurité et à sa porte d'embarquement. Alors qu'elle attendait l'appel d'embarquement son téléphone vibra frénétiquement. Elle le sortit et sourit au message.
Notre diner du mardi va me manquer. J'espère que tu trouveras les réponses que tu cherches. Essaye de t'amuser un peu. – MH
Tu vas me manquer aussi. – M
Elle entendit son téléphone sonner à nouveau mais quand elle regarda le message, elle haleta.
Molly, où es-tu? – SH
Elle songea à attendre d'être arrivée à New York pour répondre. Dieu seul sait qu'elle avait assez longtemps attendu pour lui. Il pouvait attendre quelques heures jusqu'à ce qu'elle soit hors du pays et hors de sa portée. Alors qu'elle regardait toujours son téléphone il commença à sonner. Oh Seigneur, il appelait maintenant. Nope, ne fait pas ça maintenant. Elle fit basculer l'appel sur sa boite vocale.
Molly, décroche ton téléphone ! – SH
Sherlock, je suis en sécurité, mais j'ai besoin de quelques jours pour réfléchir. – M
Tu as eu la semaine pour réfléchir. – SH
Non, tu ne m'as pas laissé un moment à moi. Écoute je te verrai dans une semaine. – M
Non, je ne crois pas. Où es-tu ? SH
Sherlock J'ai attendu 8 ans pour que tu reprennes tes esprits. Tu peux au moins m'accorder quelques jours pour moi. Tu me dois au moins ça. Je te verrais quand je reviendrais. – M
Elle n'eut pas le choix mais éteignit son téléphone et fut reconnaissante quand elle entendit l'annonce d'embarquement pour son vol.
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Elle s'assit et regarda les nuages sous elle à travers la vitre du hublot. Finalement, elle put prendre une profonde inspiration. Elle attrapa son sac et sourit quand elle sortit le guide touristique que Mycroft lui avait envoyé. Elle tint le livre quelques instants et repensa aux six derniers mois. Toutes ces années de brèves rencontres avec lui, elle l'avait considéré comme rien de plus qu'une personne glaciale dont le seul but dans la vie était de rendre Sherlock fou. Mais ces pensées avaient changé un peu au cours des six derniers mois. Il avait été là pour venir la chercher quand son cœur lui faisait mal après ce maudit coup de téléphone. Et pour la première fois elle l'avait regardé, vraiment regardé. Ses yeux étaient inquiets et fatigués. Il portait beaucoup sur ses épaules et le faisait depuis de très nombreuses années. Elle n'en savait pas beaucoup sur son job au gouvernement mais en savait assez, ce n'était pas un rôle mineur. Elle pensa aux fois où il avait été là pour Sherlock et à quel point Sherlock lui en voulait à chaque fois. Sherlock avait décrit Mycroft comme une mère poule surprotectrice. Pendant des années elle l'avait cru, mais maintenant après des mois à apprendre à connaitre Mycroft elle savait qu'il faisait tout ça pour une raison. Mycroft adorait Sherlock ; Mycroft était capable d'aimer même s'il ne le réalisait pas. La plupart des hommes se seraient détournés d'un frère addicte aux drogues, mais pas Mycroft. Chaque fois il le trouvait et le ramenait du seuil de la mort. Il s'asseyait avec lui pendant qu'il se désintoxiquait et s'assurait qu'il avait la meilleure aide que l'argent pouvait acheter. Il n'avait jamais abandonné une seule fois Sherlock.
De l'autre côté, elle savait que Sherlock était aussi capable d'aimer. Il avait sauté, des années auparavant, par amour pour ses amis. Bien sûr, si on lui posait la question, il nierait que l'amour à quelque chose à voir avec ça. C'était un jeu et il n'aimait pas perdre. Il souffrait de l'absence de lien avec ses amis et elle admirait sa détermination à mener à bien la mission et à éliminer la menace qui pesait sur ceux à qui il tenait le plus.
Les deux hommes étaient capable d'aimer et chacun d'entre eux en était inconscient. Les deux étaient des hommes extraordinaires à part entière. Mycroft était le grand frère stable et sur qui on pouvait compter. Sherlock était le petit frère effronté et inconstant qui ne connaissait pas le sens de : sur qui on peut compter.
Elle repoussa ses pensées sur le côté, ouvrit son livre et marqua les endroits qu'elle voulait essayer et voir pendant qu'elle visitait. Après quelques heures elle entendit le pilote annoncer qu'ils commençaient leur descente finale sur New York City. Elle rangea son livre et son notebook dans son sac et commença à sentir des papillons dans son ventre. Elle était excitée et nerveuse sur ce qu'elle allait découvrir au cours de la semaine suivante.
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Pour la première journée, elle mangea simplement un léger diner et descendit sur Time Square ce soir-là. Elle adorait les sons de la ville et des gens. A chaque détour elle captait une nouvelle odeur de nourriture et un nouveau langage. Londres était sa maison mais si elle ne faisait pas attention elle tomberait amoureuse de New York City. C'était véritablement une ville qui de dort jamais. Elle décida de se coucher tôt et de se reposer. Le lendemain, il y aurait beaucoup de choses à voir et à faire. Elle voulait être bien reposée pour son tour à la Statue de la Liberté et Ellis Island. Elle se dirigea vers sa chambre d'hôtel. Après être entrée et avoir enlevé ses chaussures et son manteau elle vit une enveloppe blanche avec son nom sur le dessus de sa table de nuit. Elle l'attrapa et regarda à l'intérieur. Elle sortit un billet pour une des pièces à guichets fermés de Broadway qu'elle avait vu plus tôt en allant à Broadway. Elle sourit et se coucha sur son lit. Elle pensa que c'était une bonne chose qu'elle ait pensé à mettre dans sa valise une belle robe et des talons. Le billet était pour mardi soir. Ils manquaient "leur" soirée hebdomadaire ensemble et ne pas le voir allait lui manquer. Elle plaça le billet dans son sac et se prépara pour se mettre au lit.
Elle se réveilla le jour suivant et attrapa un muffin en sortant. Elle était déterminé à ne pas penser aux frères Holmes aujourd'hui. Elle avait besoin d'une journée à elle sans aucune pression de soucis. Elle pataugerait dans ces eaux à partir de demain.
La journée fut remplie d'adorables souvenirs et d'incroyable nourriture de Little Italy. Elle avait visité l'Empire State Building, la Statue de la Liberté et Ellis Island. Elle avait certainement eu une bonne journée. Elle trouva un petit café à quelques pâtés de maisons de l'hôtel. Elle s'assit là, sirota son cappuccino et sourit. Elle était heureuse de sa journée mais savait qu'à partir du lendemain elle aurait de sérieuses décisions à prendre. Elle marcha lentement jusqu'à son hôtel et apprécia simplement les bruits de la ville. Cela aida à nettoyer les pensées bourdonnantes qui traversaient actuellement son esprit.
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Le matin suivant elle se leva et décida de commander un petit déjeuner. Elle s'enveloppa dans la douce robe de chambre de l'hôtel et regarda les gens sous sa fenêtre. Elle avait tellement été sûr de ses sentiments pour Sherlock pendant des années. Même quand elle avait été fiancé elle savait qu'elle aimait toujours Sherlock. Après avoir rompu ses fiançailles, ils étaient arrivés à un accord mutuel qu'ils ne seraient jamais plus que des amis. Au fil du temps elle était plus à l'aise avec lui et il avait l'air de plus souvent vouloir être près d'elle. Il lui avait fait prendre part à ses expériences et avait fait des sorties avec elle. Il lui avait aussi demandé à quelques reprises de l'accompagner sur des affaires. Elle avait été heureuse de se rapprocher de lui mais elle avait remarqué qu'elle avançait aussi dans sa vie. Elle ne pensait plus à lui chaque heure du jour. Elle se surprenait à plus sortir avec des amis et se trouvait plus satisfaite et moins maladivement amoureuse de Sherlock. Peut-être que était-ce que ses sentiments avaient lentement commencé à changer, mais ce ne fut que lorsque Mycroft vola sans être détecté sous son radar qu'elle sut que les choses avaient vraiment changé.
Elle se souvint de la journée où cela arriva. C'était cinq mois après qu'ils aient commencé à dîner tous les mardis soir. Ils étaient assis dans une pièce privée d'un restaurant Français où il l'avait emmené. Il avait été vraiment charmant ce soir-là et elle sentait finalement qu'elle commençait à savoir qui Mycroft était vraiment. Il était un homme réaliste avec un grand sens de l'honneur et du devoir envers sa famille et son pays. Il était férocement loyal, mais elle n'avait aucun doute qu'il avait un passé qu'il était mieux pour elle d'ignorer. Il était aussi un homme solitaire, oh il faisait bonne figure, mais elle pouvait le voir. Elle pouvait le voir parce qu'il possédait certaines qualités qu'elle avait dans sa propre solitude. Ils étaient tous les deux des âmes blessées qui avaient été laissées dans le sillage d'un certain Sherlock Holmes.
Elle l'avait regardé se diriger vers l'autre côté de la pièce pour prendre un appel téléphonique. Elle observa ses mains élégantes alors qu'elles tenaient le téléphone. Elle écouta alors que sa voix était calme mais puissante. Qui que ce soit à l'autre bout du fil il n'avait aucune chance contre lui. Il lui tint tête et garda son calme. Molly pouvait entendre l'autre personne pratiquement hurler à l'autre bout, mais elle ne pouvait pas comprendre ce qu'ils disaient. Pendant tout ce temps Mycroft s'arrêta et écouta la personne hystérique. Il était clair qu'il savait comment gérer les situations politiques comme celles-là.
- Écoutez moi, vous allez faire comme on vous a dit de le faire. Si vous choisissez de revenir sur notre accord je peux vous promettre que le financement que notre pays nous a si volontiers octroyé sera coupé. Sans ces fonds vos citoyens vont souffrir. Souffrir pendant un certain temps pourrait les conduire à se rebeller et nous savons tous les deux ce qu'une petite chose comme un coup d'État peut faire à un chef d'État actuel.
Elle s'assit là, les yeux grands ouverts. Ce fut à ce moment qu'elle se souvint de Sherlock lui disant que Mycroft était l'homme le plus dangereux d'Angleterre. Maintenant elle pouvait voir pourquoi. Elle savait qu'elle devrait être terrifié de l'homme en face d'elle, mais elle était un peu ébranlée de découvrir qu'elle était excitée. Elle regarda sa bouche tandis qu'il parlait puis eut un contact avec ses yeux. Elle prit une brève inspiration et regarda ailleurs.
- Merde, quand est-ce que c'est arrivé ? Pensa-t-elle intérieurement. Oh génial Molly, tu as un truc pour les hommes émotionnellement indisponibles. Charmant !
Elle secoua sa tête et revint à sa situation actuelle. Elle lança un regard à l'horloge et réalisa qu'elle avait fait les cent pas et réfléchit pendant des heures. Elle pinça l'arrête de son nez avec ses doigts et cligna des yeux plusieurs fois. Elle devait se préparer maintenant pour assister au spectacle de ce soir. Elle soupira et espéra qu'une douche chaude aiderait à ôter la tension dans son cou et l'aida avec son mal de tête.
Deux heures plus tard elle se trouva à s'asseoir dans un magnifique théâtre rénové au cœur de Broadway. Elle sourit alors qu'elle lançait un regard sur le programme et lisait la distribution du spectacle de ce soir. Les lumières vacillèrent et tout le monde commença à se diriger vers leurs fauteuils. Elle était assise au bout de la rangée mais remarqua que le fauteuil à côté d'elle était vide. Elle haussa simplement ses épaules et retourna aux gens qui regardaient. Lentement les lumières se baissèrent et le rideau se leva. Ce fut alors qu'elle sentit quelqu'un se glisser dans le fauteuil à côté d'elle. Elle lança un regard en biais et arrêta de respirer. L'homme attrapa sa main, la porta à ses lèvres et l'embrassa. Il se pencha en avant et ses lèvres caressèrent son oreille envoyant un frisson la traversa.
- Je suppose que mon frère n'est pas le seul impatient dans la famille. Je ne peux pas manquer notre soirée du Mardi ensemble.
Il lui sourit et elle sourit en retour. Elle retourna son attention sur la scène et fut bien consciente que ses yeux s'attardèrent sur elle pendant quelques instant avant qu'il ne reporte son attention sur la scène. Son cœur battait très fort et elle était sûre qu'il pouvait l'entendre. Il s'assit tout le temps du premier acte avec sa main dans la sienne. Son pouce tourbillonnait continuellement en petits motifs sur le dos de sa main. Savait-il ce qu'il lui faisait ? Elle pouvait sentir son corps entier se réchauffer. Elle ferma les yeux tandis qu'elle écoutait la magnifique musique autour d'elle. La musique mixée avec la sensation de sa main dans la sienne pouvait seulement être résumé en un mot, incandescente. C'était un mot qu'elle l'avant entendu utilisé avant et cela résumait complètement ce qu'elle ressentait. Ce fut à ce moment qu'elle comprit pourquoi elle l'avait embrassé deux semaine plus tôt. Maintenant, elle comprenait son hésitation à dire oui à Sherlock. Elle savait sans aucune réserve qu'elle tombait amoureuse de Mycroft Holmes.
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Mycroft Holmes a plus d'une corde à son arc et il sait où tirer visiblement...
