Loz bâille à s'en décrocher la mâchoire. Autour de lui, la nuit est encore sombre, la lune haute dans le ciel, qui exhibe son croissant dans un ciel parfaitement dégagé aux étoiles nombreuses.

Le nez levé en direction de ces dernières, il plisse le front, un air soudain malheureux sur les traits. Yazoo ne l'a pas réveillé depuis une heure qu'il s'ennuie déjà et donnerait cher pour pouvoir retourner se coucher.

Kadaj, lui, il aura dormi toute la nuit. C'est pas juste !

Même s'il sait parfaitement que c'est à son tour de profiter d'une vraie nuit de sommeil; que lui-même a eu droit à ce privilège pas plus tard que la veille et que, d'ici deux jours, la chose se reproduira, il ne peut s'empêcher d'être un peu jaloux de son frère. Ou plutôt de SES frères, Yazoo étant, après tout, en cet instant roulé en boule contre Kadaj – qui à son réveil va certainement encore se mettre à pester contre son côté collant.

Mais au moins, comme ça, il a bien chaud.

Et c'est d'ailleurs la seconde raison pour laquelle il accepte, en ce qui le concerne, que Yazoo vienne se gluer à lui pendant son sommeil – la première étant que, dans le fond, il aime bien le sentir tout près de lui.

Son pas lourd fait craquer les branches et les feuilles qui jonchent le chemin. Son énième tour de périmètre à présent terminé, il a de nouveau en visu leurs trois motos, garées non loin de la caverne où ils ont trouvé refuge. Demain, si tout se passe bien, ils lèveront le camp pour leur prochaine destination : la Cité Perdue.

Nous et puis ces sales Turks qui auraient mieux fait de s'occuper de leurs affaires.

Penser à eux lui remet en mémoire qu'ils ne sont toujours pas parvenus à remettre la main sur leur mère. Ils étaient pourtant près du but… si près. La chose s'était jouée à quelques secondes et si ces fouineurs ne les avaient pas devancés, ils seraient avec elle en cet instant.

Je les déteste. Je les déteste tous tellement !

Comme il s'enfonce à nouveau dans la forêt, il peut sentir des larmes lui picoter les yeux. Il renifle, pousse un gémissement pathétique, mais s'obstine toutefois à les retenir. S'il le voyait en cet instant, Yazoo se moquerait encore de lui. Et puis, il a promis qu'il serait fort. Pour leur mère. Parce que c'est elle qui, en définitif, doit souffrir le plus en cet instant.

Si ça se trouve, ils lui ont fait du mal. Et nous, on n'arrive même pas à la retrouver. Oui, elle doit se sentir triste… et seule.

Tellement, tellement seule. Tout le contraire de lui qui a ses frères et qui sait pouvoir compter sur eux.

C'est elle qui devrait pleurer, pas moi !

L'image de leur génitrice à la merci de l'ennemi, peut-être blessée, peut-être maltraitée en cet instant précis, est toutefois trop dure à supporter et il ne peut retenir plus longtemps ses larmes. Agacé contre lui-même, il s'essuie rageusement les yeux sur son avant-bras et renifle plus fort.

À ce stade de son parcours, il n'y a plus aucun chemin et il doit poursuivre sa route à travers la végétation. Et parce que son esprit n'aime pas s'attarder trop longtemps sur ce qui le rend triste, il se sent déjà un peu mieux et conclut :

Mais au moins, on s'amuse bien tous les trois.

Oui, il adore ses frères. Adore la liberté dont ils disposent, adore rouler à leurs côtés, adore le simple fait d'exister. C'est encore tout nouveau pour lui, pour eux, mais l'expérience vaut la peine d'être vécue. Et puis, une fois qu'ils auront retrouvé leur mère…

Ce sera encore mieux !

Il en est convaincu. Qu'importe ce qui les attend ensuite, du moment qu'elle est à leurs côtés, alors ils seront heureux.

Et si l'un de ces sales types essaye encore de lui faire du mal… !

Ses poings se crispent et viennent frapper, l'un après l'autre, un arbre, puis un second. Ce avec tant de force que leurs troncs n'y résistent pas et qu'ils s'écroulent avec bruit au milieu de leurs semblables.

L'expression à présent déterminée, Loz pose le pied sur le tronc le plus proche et redresse le menton.

Oui, voilà ce qu'il arrivera au prochain qui osera s'en prendre à leur mère ! Qui que ce soit, il le réduira en miettes !


Au vu de la réaction de Kadaj, quand il jette un œil à l'intérieur de la boîte où se trouvent les restes de Jenova, je suis toujours demandé ce qu'il espérait trouver. S'imaginait-il qu'elle avait encore un corps ? Qu'elle était encore vivante ? En tout cas, c'est cette version que j'ai décidé de conserver. x)

Sinon, ce projet fera entre 12 et 13 scénettes. La prochaine sera plus longue et montrera leur arrivée à la Cité Perdue. Mais comme j'essaye, en ce moment, de venir à bout de tout un tas de textes que j'ai en cours, je ne sais pas trop quand je pourrai l'écrire et, donc, il est probable qu'elle n'apparaisse pas avant le début d'année. ^^'