Politique II
o
o
Dans son bureau de l'hôtel de ville, Arthur Gondolin, le maire de Paris, est occupé à faire les cent pas devant un poste de télévision, sur lequel apparaît le visage d'un homme brun à la mine austère et aux sourcils épais.
« Mais il va tous nous faire perdre, avec ses conneries ! »
Sven Lodh, son premier adjoint, se lève de son fauteuil Louis XV, les mains jointes, le visage solennel.
« Monsieur le Maire, peut-être est-il temps, que le parti se rassemble derrière une autre figure. Une figure qui saura rassembler son camp et au-delà, la France, plutôt que se reposer sur le soutien inconditionnel d'une faction. Un homme pourvu d'une vision pour l'avenir, capable d'anticiper sur le long terme. Un homme populaire et proche des gens, qui a su prouver son savoir-faire dans la ville qu'il administrait. »
« Vous ! », réalise Gondolin.
« Mais non, vous ! »
« Ah non ! Déjà que maire de Paris, faut voir les emmerdements que c'est… Entre tous ces cons qu'il faut supporter, et ma promesse de me baigner dans la Seine que je n'aurais jamais dû faire... Non non non, d'ailleurs, après la fin de mon mandat, je crois que je vais arrêter la politique. Ça m'a rendu dépressif ce truc-là. »
« Quoi ? »
« Oui… Parfois, je me dis que j'ai surtout suivi cette voie pour faire comme mon père… En réalité, j'aimerais bien reprendre mon ancien métier d'architecte, et me remettre à la ferronnerie… Avoir plus de temps pour lire, aussi. Et être tranquille ! Il faudrait que je me trouve une petite vallée dépeuplée, au milieu de nulle part… Je réaliserai mon projet de villa que j'ai toujours eu… Ou pourquoi pas, un village entier. Oui, un village écologique, comme Ellen l'aurait rêvé ! »
Sven Lodh a l'air songeur.
« Je pourrai vous accompagner ? »
