Disclaimer: L'univers d'Harry Potter est la création de J. K. Rowling et la sienne seulement. Je ne fais pas d'argent, je ne reçois que vos beaux commentaires.
Mon retard est inexcusable...sauf que les professeurs n'acceptent pas qu'on remette un travail en retard parce qu'on était occupé à écrire une fanfiction. Qui l'eu crut?
Sérieusement, je fais mon possible pour reprendre un rythme régulier avec cette histoire. Voici donc mon cadeau de Noël pour vous! De plus, j'ai envie de commencer un mini concours juste pour le plaisir, alors vous lirez les instructions à la fin si cela vous intéresse.
Bonne lecture!
Chapitre 10: Une question d'honneur
La salle des professeurs était habituellement très calme. Il était même fréquent de la voir complètement vide puisque les enseignants de Poudlard préféraient d'ordinaire travailler dans leur bureau ou leurs appartements. C'était le plus proche d'un havre de paix que l'on pouvait trouver à Poudlard. D'autant plus que même Peeves ne s'y aventurait pas, car le Baron Sanglant, sous la demande des directeurs qui s'étaient succédé dans l'école, avait fait sa mission de protéger ce lieu en particulier. On l'y voyait rarement, mais il veillait.
La seule exception était lorsque James Potter et Severus Rogue se retrouvaient tous les deux dans la salle des professeurs en même temps. Même l'âge adulte n'avait pas pu réconcilier ces ennemis de toujours. Cela pouvait être expliqué par la constante immaturité de James ou la rancune tenace de Severus. Bien sûr, lorsque demandé, chacun blâmait l'autre. Avec un peu de chance, ces rencontres malheureuses ne se produisaient qu'une fois par mois, lors de la rencontre mensuelle mise en place par Dumbledore.
Lorsque le directeur arrivait, heureusement, le calme avait tendance à revenir. Le problème était qu'il était toujours le dernier arrivé. Minerva McGonnagal était probablement la seule à pouvoir les contrôler mis à part celui-ci, mais elle s'était lassée de leurs éternelles disputes et avait finalement décidé de les ignorer, continuant à corriger des copies après avoir, bien sûr, lancé un sortilège de silence autour d'elle.
Flitwick, de par sa taille, peinait à se faire entendre au-dessus du vacarme et préférait s'éloigner, tout comme McGonnagal, de peur de recevoir un coup ou un sort perdu. Cela lui était d'ailleurs arrivé une fois, la cause de sa nouvelle méfiance. Il avait beau avoir été un combattant prodige dans ses jeunes années, il y avait longtemps qu'il avait cessé les combats. Quant à Quirrell, il passait son temps à bégayer, ce qui avait plutôt tendance à énerver les deux bagarreurs. Il se contentait donc de les regarder craintivement de loin. De toute façon, personne ne l'écoutait jamais. Suivant leur exemple, tous les autres enseignants avaient fait le choix d'attendre l'arrivée du directeur avant d'entrer.
Il ne restait donc plus que Lily qui redoutait chaque rencontre. Elle aimait son mari de tout son cœur, mais parfois elle avait vraiment envie de lui donner un coup derrière la tête, ce qu'elle n'hésitait pas à faire lorsqu'elle trouvait que c'était nécessaire pour faire passer son message. S'il ne s'agissait que de lui, elle n'aurait aucun problème. Elle avait appris comment contrôler son mari. Cependant, il y avait aussi Severus, son ami d'enfance.
Elle lui avait pardonné depuis longtemps les mots cruels qu'il lui avait dits lorsqu'ils étaient encore à Poudlard. Elle lui avait pardonné le fait qu'il avait rejoint Voldemort parce qu'elle se sentait en partie responsable de cette erreur de jugement. Elle avait même réussi à lui pardonner d'avoir été celui qui avait révélé la prophétie à Voldemort, car il s'était amplement racheté par la suite en espionnant pour Dumbledore auprès du mage noir. Cependant, les années qu'ils avaient passé éloigner avaient créé un malaise entre eux. Elle voulait plus que tout retrouver son ami, mais elle voyait bien que Severus n'était pas encore prêt à faire la paix avec elle, car il n'arrivait même pas à faire la paix avec lui-même.
Ce trop-plein d'émotions avait pour résultat qu'elle ignorait toujours comment s'y prendre afin d'amener les deux à cohabiter. Si elle défendait James, Severus l'accusait d'avoir un parti pris et elle s'en voulait, pensant que c'était peut-être vrai et qu'elle ne faisait que nuire à leur réconciliation en se mettant contre lui. Toutefois, si elle défendait Severus, James devenait automatiquement jaloux puisqu'il se souvenait à quel point elle et Rogue étaient proches avant qu'ils ne commencent à sortir ensemble en septième année. Cela avait pour conséquence de le mettre encore plus en furie contre Severus et ses insultes redoublaient. De plus, la moitié du temps, elle n'était d'accord avec aucun d'entre eux, mais, rongés par la colère, les deux hommes en venaient à la conclusion que si elle n'était pas avec eux, elle était contre eux, avec l'autre.
Avec ça, elle était assurée de toujours commencer les rencontres avec une migraine. Heureusement, elle n'avait pas à parler avant qu'il n'aborde les troisièmes années puisqu'elle enseignait l'étude des moldus.
Cette fois-ci, sa migraine avait été provoquée par son fils qui se trouvait, ce soir, au cœur de la dispute.
–Liam m'a dit que tu l'as harcelé lors de son premier cours !
–Si par harcelé tu veux dire poser des questions, comme le fait chaque enseignant digne de ce nom, alors oui.
–Un professeur digne de ce nom pose des questions sur des sujets abordés en classe !
–Tu sauras, Potter, que chaque enseignant attend de leurs élèves qu'ils fassent leur lecture avant d'entrer en classe. Si ton fils avait fait ce qu'on attendait de lui, il aurait été en mesure de répondre.
–Ce n'est que la rentrée, Severus. Tenta de s'interposer Lily, sentant le besoin de défendre son fils.
–Je me souviens qu'à son âge nous avions déjà lu et relu tous nos livres bien avant la rentrée. Cela m'étonne que tu n'aies pas demandé cela de ton fils.
Son regard était dirigé vers James, montrant qu'il le blâmait. Lily se mordit la lèvre en songeant qu'il avait raison sur ce point. Son mari avait plus tendance à encourager son fils à aller voler avec lui qu'à lire. Elle aurait peut-être dû plus insister, mais elle avait voulu qu'il profite de ses vacances.
–Et pourquoi n'as-tu posé des questions qu'à Liam ? Pourquoi ne pas demander à un de tes Serpentards ?
–Parce que je sais que les élèves de ma maison ont fait leurs devoirs, eux. Ce sont toujours les Gryffondors qui ont le nez en l'air quand vient le temps d'étudier. Ton fils semblait avoir d'autres choses à faire que de m'écouter alors j'ai simplement voulu savoir si c'était parce qu'il était déjà un maitre dans ma matière ou si c'était de la paresse. Apparemment, il est aussi paresseux que tu l'étais.
Avant qu'ils puissent en venir aux poings, Dumbledore arriva, faisant soupirer de soulagement tous les spectateurs de la bagarre. Comme d'habitude, le professeur préféra ignorer la tension présente dans la salle et s'assit au bout de la table avec le sourire.
–Qu'y a-t-il de bon aujourd'hui ?
Severus et James prirent place après un dernier regard et la réunion commença.
Ils commençaient d'ordinaire par discuter des élèves qui montraient certaines difficultés. Des stratégies étaient mises en place si nécessaire, comme des séances de tutorat avec l'enseignant ou un élève plus vieux montrant de la facilité dans le sujet. Severus profita de ce moment pour énerver James, même s'il le cacha très bien en gardant un visage de marbre.
–Liam Potter ne possède aucune des qualités requises pour la concoction de potions.
–Mon fils se débrouillerait très bien si tu n'étais pas constamment derrière son dos !
–Les garçons…
James, qui s'était légèrement détaché de sa chaise, se laissa retomber, tandis que Rogue détourna la tête, décidé à ignorer l'ex Gryffondor à défaut de pouvoir le faire sortir de ses gonds.
–Si le jeune Liam éprouve des difficultés en potions, quelques cours particuliers pourraient lui être bénéfiques.
–Il est hors de question que je passe plus de temps que prévu avec Potter. Ce ne serait qu'une perte de temps de toute façon.
–Ne t'inquiète pas, Severus. J'avais pensé que Lily pourrait le faire. Si je me souviens bien, tu étais deuxième derrière Severus.
–Oui, c'est exact. Je pourrais lui faire travailler ses potions pendant la fin de semaine. C'est la seule matière où il éprouve des difficultés, alors il ne devrait pas y avoir de conflit d'horaire.
Après un hochement de tête de la part de tous les professeurs, la décision fut prise et ils changèrent de sujet. James, n'ayant pas digéré les insultes sur son fils, décida de parler de l'un des Serpentard de Severus. Il savait qu'insulter sa maison était comme de l'insulter lui.
–Lestrange ne fait aucun effort pendant mes cours de vol.
Tous, sauf Severus, dont le visage resta inchangé, parurent surpris.
–C'est pourtant un élève modèle dans ma classe. S'étonna Flitwick.
–Il a été le premier à réussir la métamorphose que je leur avais demandé, du premier coup en plus.
–Il est t… très doué dans m… ma classe.
–Il est très délicat avec les plantes.
–Il connait les étoiles sur le bout de ses doigts.
–Et ses potions sont plus qu'adéquates.
Severus prit soin de regarder James dans les yeux en disant cela. Celui-ci croisa les bras, détestant que son plan se retourne contre lui. Comment le fils de Bellatrix pouvait-il être un étudiant aussi parfait ? Enfin presque. Tous ses talents n'enlevaient pas le fait qu'il ne s'était pas montré le bout du nez après le premier cours.
–Eh bien, il sèche mes cours. Après m'avoir tenu tête à la première leçon, il est parti et je ne l'ai plus revu. D'ailleurs, il a entrainé d'autres Serpentards avec lui, Zabini et Parkinson.
–Pourquoi ne m'as-tu pas fait part de ce problème plus tôt ?
Dumbledore fronçait les sourcils, le menton posé sur ses mains entrelacées.
–Je voulais le régler par moi-même, mais je n'ai pas réussi à l'approcher.
Il ne voulait pas avouer que son orgueil avait aussi beaucoup influencé son choix de ne pas tout de suite le dire au directeur. Lestrange l'avait complètement ridiculisé devant toute sa classe.
–Je vais rencontrer le jeune Lestrange demain. Il devrait être de retour dans ta classe la semaine prochaine, sinon il sera bien évidemment mis en retenue. Autre chose ?
James resta muré dans le silence pendant le restant de la rencontre, n'ayant des cours qu'avec les premières années. Le visage du jeune Lestrange flottait derrière ses yeux. Il ne se souvenait pas avoir jamais ainsi perdu le contrôle sur sa classe. Après son départ, tous les Serpentards le regardaient avec moquerie ce qui avait transformé le reste du cours en bataille entre les lions et les serpents.
Cela ne l'aurait pas étonné que le garçon agisse de même dans tous ses cours, excepté peut-être potions qui était donné par leur directeur de maison. Après tout, Bellatrix n'était pas connue pour sa politesse et le respect des règles. Pourtant, c'était tout le contraire qu'il venait d'apprendre. Lestrange était un vrai prodige dans toutes les matières et, pire encore, était considéré comme un étudiant modèle !
Comment un élève pouvait-il montrer deux comportements à l'opposé l'un de l'autre ? Il ne se souvenait pas avoir rien fait pour récolter ce genre d'attitude à son égard. Il se rappela sa première rencontre avec le garçon à la bibliothèque. Là aussi, son comportement avait été très différent, froid à vous en donner des frissons. Se souvenant des derniers mots qu'il avait prononcés avant de pousser la porte, il serra les poings. « Vous devriez vous concentrer sur l'enfant que vous avez déjà, l'expérience nous a appris que vous êtes incapables d'en avoir deux. » Il aurait peut-être dû s'attendre à l'irrespect qu'il avait démontré à son égard après cette scène.
Bellatrix était vraiment en train de ruiner cet enfant. Il n'y avait qu'elle pour avoir parlé de leur situation à son fils. Qu'elle aussi pour l'avoir encouragé à s'en moquer. Elle les avait en aversion, lui, sa femme et Sirius. Elle avait dû transmettre sa haine à son fils. Probablement la seule chose qu'elle lui avait apprise dès qu'il avait su parler, comment haïr tous les êtres « inférieurs ». C'était sans doute sa mère qui lui avait demandé de lui tenir tête en classe simplement pour l'énerver même lorsqu'elle n'était pas là.
Il prit une grande respiration.
Malgré tout, il était prêt à lui donner une chance. Remus avait raison lorsqu'il avait dit qu'Harry Lestrange n'était qu'un enfant. Il n'avait jamais connu rien d'autre. Peut-être que passer autant de temps loin de sa mère lui serait bénéfique, même s'il était entouré d'enfants de Mangemorts. Sa bonne conduite en classe était peut-être la preuve qu'il y avait encore un peu d'espoir ? Ils étaient tous jeunes, tous encore innocents. Il ne devait pas les repousser parce qu'il s'était déjà battu contre leurs parents, cela risquait seulement de les monter contre eux. Si Sirius avait pu bien tourner, pourquoi pas d'autres ?
Cependant, cela allait être difficile, surtout dans le cas de Lestrange et de Malefoy. Ces derniers étaient des copies conformes de leurs parents et, dans le cas du blond, il avait même l'attitude qui venait avec. Heureusement, il n'avait pas entendu une seule fois un rire fou s'échapper des lèvres du fils de Bellatrix. Il n'avait d'ailleurs pas son sourire, celui qu'elle arborait autrefois sur les champs de bataille. S'il se retrouvait devant une réplique, même en miniature, de celui-ci, il était certain que son cœur se mettrait à s'affoler, soudainement plongé dans le passé et craignant pour sa vie. Ce qui était ridicule puisque ce n'était qu'un enfant.
Alors que tous les autres professeurs s'agitaient, se soulevant hors de leur chaise, James se retrouva plus relaxé, la tête pleine de bonnes intentions. D'ailleurs, Lily le remarqua et l'aborda dès leur sortie de la salle.
–Tu sembles de bonne humeur ?
–Pourquoi autant d'étonnement ?
–C'est juste que j'avais pensé qu'avec tout ce qui s'est passé…
James se rembrunit.
–Rogue est toujours un idiot aux cheveux gras.
Lily soupira.
–Le jour où tous les deux vous allez vous entendre sera le jour où il y aura une pluie de grenouilles.
Son mari se figea à ces mots et elle écarquilla les yeux.
–Ne me dis pas que c'est déjà arrivé !
James se détendit en riant un peu.
–Je croyais que si, puis je me suis rappelé que c'est Sirius et moi qui l'avons fait la dernière fois.
Sa femme secoua la tête.
–Je ne suis même pas sûre que je veuille entendre cette histoire.
–Tu es sûr ? C'est vraiment drôle pourtant, Sirius avait…
–Non ! J'ai changé d'idée. Je sais que je ne veux pas entendre cette histoire.
Son mari afficha un faux air vaincu qui fit sourire Lily avant qu'elle ne se rappelle ce qu'elle voulait lui dire avant qu'il ne la distraie.
–Pourquoi tu ne m'as pas dit que tu avais des problèmes avec le jeune Lestrange ? Tu me dis tout habituellement.
James fit tout pour s'empêcher de rougir.
–C'est en partie ma faute. J'ai mal géré la situation et il en a profité. Je croyais être un meilleur enseignant que cela.
–Qu'a-t-il fait au juste ? Tu ne l'as pas expliqué.
–Il s'est plaint que le cours était long et inutile et je me suis énervé et j'ai dit…
Il soupira en secouant la tête.
–Je lui ai dit que s'il trouvait qu'il perdait son temps, il pouvait partir.
–Et il est parti.
–Pourquoi souris-tu ?
–Parce que c'est exactement ce que tu aurais fait.
–Ce n'est pas… bon, d'accord. C'est exactement ce que j'aurais fait.
–Au moins, maintenant tu sais ce que tu faisais subir à tes enseignants.
–Sauf que c'était beaucoup plus drôle quand c'était moi qui le faisais. Marmonna-t-il.
Face au regard moralisateur de sa femme, il s'empressa d'acquiescer.
–J'imagine que c'est ma juste rétribution.
–Que vas-tu faire quand il va revenir ?
–Rien.
–Vraiment ?
–Quoi ? Je veux repartir du bon pied. Je suis un maraudeur après tout, je devrais apprécier ce genre de comportement. Il faudrait juste que je l'encourage à l'adresser à d'autres professeurs que moi.
Lily le regarda, un sourcil levé.
–Je n'ai rien dit du tout.
–Bien sûr…
Harry tritura entre ses doigts le morceau de papier qu'il avait reçu, attirant le regard de son cousin.
–Qu'est-ce que c'est ?
–Apparemment, Dumbledore souhaiterait me parler après le repas.
–Pourquoi ?
–D'après toi ?
Il avait haussé un sourcil en posant la question. Drago devrait en savoir la raison aussi bien que lui.
–Le cours de vol.
–Exactement. Enfin, ce n'est pas marqué, mais c'est tout comme.
Il n'était pas en colère, loin de là. Il commençait à se demander combien de temps James Potter tiendrait encore avant de demander de l'aide. Il était presque impressionné… impressionné de la grosseur de son égo. Il retournerait en classe sans combat si c'est ce qu'on demandait de lui, mais il n'avait pas fini de jouer sur les nerfs de leur enseignant. Il avait écrit une lettre pour parler de ses activités à sa mère et celle-ci l'avait grandement encouragé. À son écriture chevrotante par endroit, Harry devinait que sa mère avait dû écrire la lettre alors qu'elle était encore plongée dans un fou rire.
Il eut un pincement au cœur en pensant à sa mère et il se saisit du pendentif qu'elle lui avait offert et qu'il portait toujours à son cou. Il avait beau lui écrire fréquemment, il n'avait jamais été éloigné d'elle pendant si longtemps. Il adorait ses cours, ses professeurs étaient majoritairement compétents, si on excluait James Potter, et il se sentait chez lui parmi les Serpentards. Il ne manquerait vraiment que sa mère pour que tout soit parfait. Il eut un sourire en imaginant Bellatrix en train d'enseigner à une bande de première année, Poufsouffle préférablement. Elle parviendrait sans doute à les traumatiser en dedans d'une quinzaine de minutes. Elle avait été une très bonne enseignante pour lui, mais les leçons qu'elle lui avait données n'étaient pas vraiment du matériel vu et approuvé par Poudlard.
–Penses-tu que Potter senior sera là ?
La question de son cousin le fit sortir de ses pensées.
–Je ne sais pas. Peut-être, mais j'en doute.
Peu importe qu'il soit présent ou non, Harry était certain qu'il aurait beaucoup de plaisir. Après tout, il avait été élevé par LA Bellatrix Lestrange. Un directeur et un enseignant n'avaient rien d'effrayant face à cela. Le monde devenait tout de suite moins intimidant lorsqu'il savait que tous ceux qui se tenaient devant lui craignaient sa mère. Dumbledore ne la craignait peut-être pas, mais cela ne voulait pas dire qu'il ne la traitait pas avec attention, conscient de son potentiel destructeur. Franchement, c'était sans doute ce qu'il aimait le plus de sa mère. Il n'avait jamais eu peur pour sa sécurité depuis qu'elle était entrée dans sa vie. C'était une vraie mère poule lorsqu'il était concerné. Loin de l'énerver, cela lui réchauffait le cœur. Il n'avait aucun souvenir de quelqu'un d'autre lui ayant porté autant d'affection. Même ses parents… non, sa mère était Bellatrix. C'était son sang à elle qui coulait dans ses veines maintenant et c'était le seul qui comptait.
–Et il ne veut pas nous voir nous ?
Zabini semblait étonné de ne pas avoir reçu un papier lui-même.
–Ils ont compris que j'étais le génie diabolique derrière cette rébellion et que vous n'étiez que mes laquais.
Blaise leva son nez dans les airs.
–Ils verront bien qui sont les laquais en ne me voyant pas revenir en classe.
Harry appuya sa joue contre la paume de sa main, nonchalant.
–Tu vas vraiment continuer à sécher les cours de vol ?
Il y eut un silence, puis son camarade de maison baissa les épaules, vaincu.
–Non.
Il se reprit cependant rapidement.
–Mais ce n'est que parce que je veux voir ce que tu comptes faire.
–Ce que je compte faire ?
–Mais oui ! Tu ne vas pas nous faire croire que tu vas soudainement écouter tout ce que va dire Potter ?
Pansy semblait à la fois incrédule et déçue.
–Tu as quelque chose de prévu, non ?
Drago le connaissait trop bien pour qu'il s'attende à autre chose de sa part.
–Les Gryffondors verraient cela comme une victoire, sinon. Cru bon d'ajouter Théo.
Cette raison seule aurait été suffisante pour qu'il continue ce qu'il avait commencé. Heureusement pour ses amis, il n'avait jamais pensé arrêter. Il prit toutefois un air innocent qui ne trompa personne.
–Je ne vois absolument pas de quoi vous voulez parler.
Le bureau de Dumbledore était étonnamment exactement ce à quoi il s'était attendu. Les amoncellements d'objets, tous ayant l'air plus inutiles les uns que les autres, l'étonnaient beaucoup moins que l'aurait été sa surprise s'il avait trouvé tout ce joyeux bataillon rangé ou s'il avait été complètement inexistant.
Le directeur était seul derrière son bureau. James laissait donc son patron régler le problème à sa place. Il ne savait pas s'il s'agissait d'une preuve de sagesse ou de lâcheté, mais son opinion négative sur l'homme le poussait à croire la dernière option. Il resta figé en voyant l'animal aux côtés de l'homme.
–Tu as remarqué Fumseck, je présume. C'est l'un de mes plus vieux compagnons. Presque aussi vieux que moi.
Harry n'aurait jamais pensé voir un phénix de sa vie. Ils étaient si rares. Il peinait à masquer son admiration pour l'oiseau, mais décida que ce n'était guère utile de le cacher. Il voulait transmettre une certaine image au directeur et ce n'était pas son ébahissement devant un animal légendaire qui allait la gâcher, au contraire. Son entrevue avec Dumbledore se révélait déjà très intéressante.
–Pardonnez-moi, directeur, mais j'aurais plutôt tendance à croire que c'est vous qui êtes presque aussi vieux que lui et pas l'inverse.
Le directeur rit.
–Cela dépend comment on voit les choses. Un phénix s'enflamme puis renait de ses cendres dès qu'il est venu pour lui le temps de mourir.
–Donc il renait constamment et ne devient jamais très vieux, contrastant le fait qu'il existe sûrement depuis des centaines d'années.
–Tes professeurs n'ont pas menti sur ton compte, mon garçon. Assois-toi.
–Pourquoi l'auraient-ils fait ?
Harry posa cette question rhétorique en s'asseyant dans le fauteuil indiqué. Dumbledore rit doucement, ses yeux semblant briller sous les flammes des chandelles.
–Effectivement. Malheureusement, je pense bien que le professeur Potter ne m'a pas menti lui non plus lorsqu'il a dit ne pas t'avoir vu dans ses cours ces dernières semaines. Un bonbon ?
Harry n'avait pas assez confiance dans le directeur pour accepter. Il n'oserait probablement rien faire à un élève sous sa protection dans l'école, mais sa mère lui avait appris à toujours se montrer prudent. Il ne sentait aucune mauvaise pensée émanant du directeur, même si la curiosité trônait parmi tous ses sentiments. Cela le confirma dans ses croyances. Dumbledore ne l'avait pas seulement convoqué pour parler du cours de vol. Cependant, il allait jouer le jeu pour voir ce que le directeur voulait réellement.
–Non, merci.
Dumbledore en prit un pour lui-même.
–Pour ce qui est du cours de vol, continua Harry, ce n'est sans doute qu'un malentendu. J'ai cru que le professeur Potter m'avait donné l'autorisation de ne plus me présenter.
–Pourrais-je savoir comment ce malentendu a pu voir le jour ?
Harry prit un faux air contrit.
–J'avoue avoir un peu mal agi. Ma mère m'a appris à monter sur un balai quand j'avais cinq ans, vous voyez, alors le cours me semblait futile et je… je l'ai largement fait sentir au professeur Potter. Il m'a alors dit que je pouvais partir si je croyais que c'était une perte de temps. J'ai pensé que je n'avais qu'à passer une sorte d'évaluation de vol à la fin de l'année et que je pourrais me débrouiller sans assister au cours.
James avait peut-être voulu dissimuler les détails de sa perte de contrôle sur sa classe, mais lui n'avait pas autant de scrupules.
Le directeur n'avait pas cessé de sourire et il sentait l'amusement qu'il éprouvait à son récit.
–Hélas, nous ne pouvons pas nous soustraire à tout ce que nous jugeons ennuyant, sinon, il y aurait encore plus de paperasses en train de trainer sur mon bureau.
–Je suis désolé. Je serai présent au prochain cours, je vous le promets.
–Je suis porté à te croire. Juste au cas où, je tiens à te rappeler qu'un autre cours manqué, excepté pour raisons médicales bien sûr, et ce sera une retenue.
–Évidemment.
Il laissa volontairement le silence s'installer et ne se prépara pas tout de suite à prendre congé. Si Dumbledore voulait savoir autre chose, c'est maintenant qu'il le demanderait.
–J'ignorais que Bellatrix était une amatrice de quidditch.
C'était donc de sa mère qu'il voulait parler. Il aurait dû le deviner.
–Ce sont sans doute les cognards qui l'ont séduite.
Harry laissa un sourire fleurir sur ses lèvres en songeant à sa mère.
–Et puis, elle jugeait inconcevable que je ne sache pas voler.
–Tu as aimé apprendre auprès d'elle ?
–Bien sûr, ma mère est très douée pour m'enseigner. Je sais qu'il circule des rumeurs peu flatteuses à son égard, mais ma mère sait être patiente quand il le faut. Elle est très attentive et est toujours au petit soin avec moi.
Il n'avait pas honte de le dire, mais surtout, il venait de penser à une possibilité effrayante. Peut-être que Dumbledore voudrait le retirer à sa mère en disant qu'elle était inapte à s'occuper d'un enfant, une mauvaise influence pour quelqu'un de si jeune ? Il paniquait peut-être pour rien, mais il voulait que ce soit clair : il adorait sa mère et elle s'occupait très bien de lui.
Cela sembla un peu décontenancer le directeur. Il ne s'attendait sûrement pas à une telle déclaration de sa part. Personne n'imaginait la sanglante Bellatrix Lestrange en mère tendre et aimante, surtout pas ses anciens adversaires.
–L'absence de ton père doit être très dure pour vous deux. Il est à Azkaban n'est-ce pas ?
Harry se demanda pourquoi il posait cette question précisément. Il ne semblait pas vouloir remuer le couteau dans la plaie, pourtant il devait savoir que Rodolphus Lestrange se trouvait à Azkaban avec son frère, Rabastan. Tout le monde le savait.
–Oui, mais je ne suis pas mon père et ma mère n'a rien à voir avec les mauvaises décisions qu'il a prises.
–Je n'ai jamais pensé cela, je te l'assure.
Peut-être que c'était vrai pour la première partie, mais pour la deuxième… il l'avait pensé et le croyait toujours.
Soudain, il comprit. La manière qu'il avait posé la question, ses derniers mots…
Albus Dumbledore ne croyait pas que Rodolphus Lestrange était son père ! Pourtant, il croyait bel et bien que Bellatrix était sa mère.
–J'imagine que ta mère reçoit toujours de l'aide de ses amis.
–Bien sûr. Ma tante, Narcissa, vient souvent à la maison avec Drago.
Il n'était pas idiot au point de lui dire d'autres noms même s'il en connaissait déjà sûrement la majorité.
–C'est bien d'avoir une famille prête à nous supporter, surtout dans les moments difficiles. J'ai connu un jeune homme, il y a longtemps, qui était très seul. Complètement isolé. Je crois cependant que lui et ta mère s'étaient beaucoup rapprochés. Est-ce qu'elle t'en a déjà parlé ? Il s'appelait Tom. Je ne peux m'empêcher de penser que tu lui ressembles beaucoup. Pas physiquement, bien sûr, tu retiens ça de ta mère sans aucun doute, mais dans ta manière d'agir, ta posture. C'est fou comme cela ramène des souvenirs depuis longtemps enfouis.
–Il devait s'agir d'un sang pur dans ce cas. Ma manière d'agir provient de la façon dont ma mère m'a élevé, en suivant des codes stricts, mais nécessaires dans la haute société.
Lorsque Dumbledore voulut rajouter quelque chose, il continua :
–J'espère que vous n'essayiez pas d'insinuer quoi que ce soit. Ma mère a toujours été fidèle à son époux et je vous garantis que je suis loin d'être un enfant illégitime.
Son ton avait monté vers la fin, mais, à l'intérieur, il se retenait pour ne pas rire. Dumbledore semblait s'activer pour reprendre le contrôle si le tumulte d'émotions en lui indiquait quoi que ce soit.
–Bien sûr que non. Il s'agit d'une question d'honneur et l'honneur est quelque chose de très important n'est-ce pas ?
Harry acquiesça de la tête, faisant semblant de se calmer.
–Il se fait tard, monsieur. J'aimerais retourner à mon dortoir si cela ne vous dérange pas.
–Tu peux y aller, je ne voudrais pas te priver de ton lit plus longtemps. N'oublie pas que tu es attendu à ton prochain cours de vol.
–Oui, monsieur. Bonne nuit.
Harry retint un éclat de rire en fermant la porte.
Fini!
J'espère que vous avez aimé et n'oubliez pas de laisser un commentaire si c'est le cas!
Maintenant, pour ce qui est du concours, c'est ma paresse qui m'en a donné l'idée (c'est la première fois qu'elle se rend vraiment utile ;) .
Comme vous l'avez peut-être remarqué, ce chapitre n'a pas de titre comme tous les autres. La raison est que je n'en ai pas trouvé. Alors, au lieu de me creuser les méninges, j'aimerais vous faire creuser les vôtres. Vous n'avez qu'à m'écrire une idée de titre et je choisirai celui que j'aimerai le plus. Le gagnant aura bien sûr le droit à un remerciement au début du prochain chapitre et verra son titre dans mon histoire. N'hésitez pas à participer si ça vous tente et, si cela fonctionne bien, je pourrais retenter l'expérience pour les autres chapitres.
Joyeux Noël!
