Disclaimer: L'univers d'Harry Potter est la création de J. K. Rowling et la sienne seulement. Je ne fais pas d'argent, je ne reçois que vos beaux commentaires.
Comme promis, voici le nouveau chapitre une semaine plus tard. Merci pour tout ceux qui ont laissé un commentaire! Je ne pense pas recommencer le concours cette semaine-ci pour le titre, mais le/la gagnant/e de la semaine passé est Phenix77 : Le digne fils de sa mère. Je trouve que ce seul titre représente bien toute l'histoire :)
Sur ce, bonne lecture!
Chapitre 12: Que le meilleur gagne
— Mais, papa !
James soupira en se passant une main sur le front, s'asseyant lourdement sur le divan de leurs appartements.
–Je te l'ai déjà dit, Liam. Peu importe le nombre de fois que tu me le demandes, ça ne changera rien.
–Mais c'est toi qui es responsable de toutes les parties et tu sais que je serais capable !
Le jeune Gryffondor se tenait devant lui, les poings serrés et les sourcils froncés.
–Je ne doute pas de tes capacités, mais c'est la règle.
–La règle a été créée pour les premières années qui ne savent pas voler pour éviter qu'ils se blessent, ce qui n'est pas mon cas. C'est toi-même qui me l'as expliqué.
James se massa les tempes.
–Effectivement, la règle a été créée pour protéger les moins expérimentés, mais le règlement ne parle pas d'aucune exception pour ceux ayant déjà l'habileté nécessaire. D'ailleurs, Dumbledore est d'avis qu'un an d'apprentissage de plus ne peut pas faire aucun tort et il a raison. Autant j'ai moi-même adoré jouer au quidditch quand j'étais à Poudlard, autant c'est un sport très dangereux. Si tu y tiens tellement, tu n'auras qu'à passer les sélections l'année prochaine. À ce moment, je serai tout cœur avec toi.
–Mais Gryffondor a besoin d'un bon attrapeur cette année ! Si l'équipe n'en trouve pas un bon, très vite, nous allons encore perdre la coupe et tu as dit toi-même que tu avais hâte que Gryffondor gagne finalement le tournoi. Ça fait des années que Serpentard gagne et Fred et George m'ont dit que leur point faible était leur attrapeur. Si Gryffondor en a un bon, nous sommes sûrs de gagner !
James se croisa les bras.
–Et tu penses être celui qu'il leur faut ?
–Tu sais que je suis bon, tu m'as vu joué plein de fois.
–Tu en as les capacités, c'est vrai, mais qu'est-ce qui te dit qu'il n'y a pas quelqu'un, ayant l'âge, capable de prendre le poste ?
–Les sélections sont passées et le seul attrapeur potentiel a mis deux heures pour attraper le vif d'or alors qu'il n'y avait personne sur le terrain, pas de cognard et que les conditions météorologiques étaient idéales. Nous ne pourrons pas gagner avec ça !
James soupira de nouveau. Il est vrai qu'il aimerait voir sa maison gagner pour une fois depuis qu'il était parti. D'après ce que lui disait son fils, il est vrai que les chances n'étaient pas de leur côté avec un tel alignement. L'attrapeur était un joueur clé, sans lui, il fallait espérer que les poursuiveurs et le gardien de l'autre équipe étaient faibles ce qui n'était pas le cas, surtout pour les Serpentards qui, eux aussi, manquaient d'un bon attrapeur. Leur attrapeur était plutôt correct, mais il n'était rien d'exceptionnel. Il était toutefois quand même mieux que ce que lui décrivait Liam. Si les choses étaient vraiment comme il le décrivait, et il n'en avait aucun doute, Gryffondor avait peut-être vraiment besoin de son fils pour espérer gagner.
Cependant, il ne pouvait pas juste décider par lui-même de faire fi du règlement, d'autant plus qu'il s'agissait de son fils. Il serait aussitôt accusé de favoritisme, tant pour le fait qu'il s'agissait de son fils, que pour le fait que c'était en faveur de son ancienne maison. Il devait admettre que son fils avait effectivement les capacités, ayant joué des heures et des heures avec lui, mais il n'y avait que lui et sa femme qui le savait ici. Il devrait le prouver au grand jour s'il voulait éviter les représailles des autres professeurs. Si son fils parvenait à montrer ce qu'il valait, McGonagall n'hésiterait pas à le mettre sur l'équipe, elle qui dépérissait à l'idée que Serpentard gagne encore une fois la coupe. Rogue ne serait pas content, mais il ne l'était jamais alors cela ne serait pas un grand changement.
–D'accord, voilà ce qu'on va faire. Je vais organiser un concours pendant ta prochaine leçon de vol. Si tu gagnes, j'en parlerai à McGonagall. Elle se chargera alors d'en parler elle-même à Dumbledore le moment venu.
Liam se mit à sauter sur place.
–Super ! Merci, papa !
James reçut son fils dans ses bras en souriant.
Harry dégustait tranquillement la pointe de tarte qu'il s'était choisi tandis que ses amis, assis autour de lui, ne tarissaient pas d'idées quant à ce qu'il avait prévu de faire pour leur prochain cours de vol, dans quelques minutes seulement.
–Si vous trouvez, vous me le direz.
Ses amis le regardèrent, les sourcils froncés, et il se contenta d'esquisser un sourire en coin avant de se lever, vite suivi par son cousin, puis par tous les autres.
Pourquoi faire un plan ? C'était si ennuyant. Il préférait se laisser inspirer par le moment présent. C'était une bonne chose d'ailleurs qu'il n'ait rien prévu, car ce cours-ci vit James Potter arriver avec plusieurs coffres flottant derrière lui.
Ce spectacle inédit parvint à faire ce que l'enseignant n'avait jamais réussi à accomplir jusqu'à maintenant : le silence se fit sans même qu'il ne le demande. Tous les regards étaient posés sur lui et tous attendaient impatiemment des explications. Curieux, Harry étendit son don et fut étonné en sentant une curiosité identique chez l'enseignant mêlé à un certain niveau d'agitation. Pour une fois, James Potter le cachait bien, ce qui voulait dire que, peu importe ce que c'était, il s'agissait de quelque chose d'important, pour leur professeur du moins. Il se tourna vers Liam et plissa légèrement les yeux en ressentant une appréhension et un stress grandissant. Il devait savoir ce qu'il se passait ou s'en douter.
Ses amis s'étaient trompés. Le cours d'aujourd'hui se révélait déjà intéressant sans qu'il ait fait quoi que ce soit encore, eux qui le croyait ennuyant s'il n'y mettait pas lui-même un peu de piments, ils se voyaient bien détrompé. Ils le regardaient en ce moment d'un air surpris, alternant entre lui et leur enseignant. Il fit un signe négatif de la tête afin de leur montrer qu'il n'avait rien à voir dans les derniers développements. Lui aussi se demandait ce que s'apprêtait à leur révéler leur professeur. D'ailleurs James Potter faisait durer le suspense et la magie commençait à se faner alors que certains commençaient à s'agiter. Voyant cela, leur enseignant ouvrit finalement la bouche.
–Comme vous l'avez sûrement deviné, le cours d'aujourd'hui sera un peu différent. Nous avons déjà parlé des positions au quidditch, mais nous n'avons pas encore eu le temps de pratiquer le dernier et probablement le plus important rôle lors d'une partie : l'attrapeur. Au lieu de vous laisser tout le cours pour vous pratiquer à attraper le vif d'or, ce qui serait sans doute ennuyant à la longue, nous allons faire un concours.
Il montra les coffres derrière lui d'un grand mouvement de bras, les englobant tous en même temps. Les coffres flottèrent doucement jusqu'au sol et s'ouvrirent. À l'intérieur se trouvait au moins une trentaine de vif d'or.
–Ce sera individuel. Chacun de vous devra attraper le plus de vifs d'or possible avant la fin de l'heure. Celui qui en récoltera le plus sera le grand vainqueur. Cela sera peut-être difficile au début, mais ne désespérez pas trop vite. Je vous ai déjà enseigné les techniques, gardez-les en tête et tout devrait bien aller. Oh, avant que j'oublie, si vous réussissez à en attraper plus de deux, vous donnerez dix points à votre maison par vif d'or supplémentaire.
Harry détourna son attention de l'enseignant qui donnait d'ultimes conseils de sécurité et porta plutôt son attention sur la classe. De ce qu'il savait, seul son cousin serait vraiment capable de lui offrir une certaine compétition. Il ignorait les capacités des élèves de Gryffondor, cependant, cela ne l'inquiétait pas, confiant qu'il était en ses habiletés.
Il avait hâte de prendre les airs, plutôt pour le plaisir qu'il ressentait en volant que par hâte de commencer la compétition. Il ne ressentait aucun stress l'envahir ce qui n'était pas le cas pour le reste des Gryffondors et des Serpentards qui l'entourait. Il bloqua l'énervement qui s'élevait partout autour en sentant son propre cœur s'affoler au rythme des autres. Il était toujours plus efficace sur un balai lorsqu'il avait la tête froide. Ce n'est pas parce qu'il se sentait détendu qu'il comptait perdre face à un Gryffondor. Il avait bien l'intention d'être celui qui en attraperait le plus.
Un peu plus loin, Liam semblait avoir perdu quelques couleurs. Il esquissa un sourire en direction du Gryffondor qui le regarda d'un air sérieux. Il prenait le concours très au sérieux apparemment. Un peu trop. Ce n'était pas du style de Liam Potter d'être aussi fermé et concentré. Il y avait quelque chose qui se passait, quelque chose dont il ignorait tout et cela lui démangeait de le savoir, d'autant plus lorsqu'il croisa le regard curieux de Potter senior qui s'était posé sur eux. Le stress qu'il ressentit de la part du plus jeune Potter était ridiculement élevé.
Il ne put cependant pas tenter de s'informer davantage puisque leur professeur donna soudain l'ordre de s'envoler tandis qu'il sortait un coffre rempli de vif d'or.
–Dans une heure, tous les vifs d'or encore libre reviendront ici. Attendez mon signal avant de commencer.
D'un coup de baguette, toutes les petites balles d'or ailées s'envolèrent et tous tentèrent de les suivre, ou au moins une, du regard.
Harry n'avait maintenant qu'une idée en tête. Si c'était important pour Liam, alors il allait gagner et même plus que cela. Il serait brillant. Le Gryffondor ne réussirait pas à récolter ne serait-ce qu'un vif d'or. Pas tant qu'il serait là.
Il se sentait comme lorsqu'il jouait avec Drago et qu'il se rendait soudainement compte que sa mère les regardait. Lorsque cela arrivait, il était soudainement prêt à tout pour la faire sourire et la rendre fière de lui. Il ne se sentait pas différent aujourd'hui, même si sa mère n'était pas là pour l'acclamer. Il n'aurait qu'à lui écrire ses exploits et se contenter de la mine dépitée de Liam Potter.
–Commencez !
Certains s'élancèrent dès qu'il eut sonné le départ tandis que d'autres restèrent figés un moment. Bien vite, James peina à suivre tout ce qui se déroulait au-dessus de lui, plusieurs traits dorés circulant devant ses yeux et dans la marée d'étudiants qui avaient envahi le ciel. Après avoir surveillé vaguement ses élèves pour vérifier qu'aucun n'éprouvait de difficultés ou ne tentait pas une acrobatie pouvant les envoyer directement à l'infirmerie, il décida de se concentrer sur son fils. Il avait remarqué plus tôt la tension qui l'habitait, mais il ferait mieux de s'y habituer s'il voulait devenir un joueur de quidditch. C'était le moment de voir comment il réagissait sous la pression, mais surtout de voir si ses capacités étaient à la hauteur comme il le croyait.
C'était sans doute pour cela que son attention s'était aussi porté sur le jeune Lestrange plus tôt. Il n'avait pas oublié le petit exploit que celui-ci avait accompli au dernier cours. Si son fils voulait rejoindre l'équipe de quidditch de Gryffondor cette année, il devait être capable de se battre contre les plus forts et les plus doués de l'école et, dans cette classe-ci, il avait la nette impression qu'il s'agissait d'Harry Lestrange. Celui-ci n'avait pas paru le moindrement affecté par la compétition, mais peut-être le cachait-il bien ?
Si son fils gagnait aujourd'hui, il serait assez confiant de le voir accompagner les plus vieux sur le terrain, sinon… il ne laisserait pas Liam joué contre des septièmes années s'il peinait à gagner contre un compagnon de première.
Tandis qu'il observait Liam sur son balai, il ne pouvait nier que son fils avait une certaine prestance. Il possédait une aisance qui montrait bien qu'il avait eu des heures de pratiques. Il effectuait les différentes manœuvres parfaitement et ne manquait pas de faire tous les trucs qu'il lui avait enseignés. Ses yeux balayaient constamment le terrain et il bougeait en mouvement stratégique. Cependant, il voyait bien ses épaules tendues. Même après plusieurs minutes, il hésitait encore et n'avait pas fait le moindre geste qui aurait pu indiquer qu'il avait cerné un vif d'or. James ne savait pas s'il était surpris ou non, déçu ou non. Son fils n'avait que onze ans après tout, il avait peut-être surestimé ses capacités et lui-même avait peut-être fait l'erreur de bien vouloir le croire dans le désir, inconscient jusqu'à maintenant, de voir son fils intégrer une équipe de quidditch.
Posant son regard sur le jeune Lestrange, il ne put s'empêcher de voir certaines ressemblances avec son fils : la même prestance, la même aisance sur un balai. Toutefois, il ne pouvait pas s'empêcher de voir les différences également. Là où Liam était tendu, visiblement nerveux, Harry Lestrange était parfaitement en moyen, le calme incarné. On aurait presque pu croire qu'il ne participait pas au concours, qu'il ne faisait que regarder. Pourtant, il se faufilait de temps en temps entre les autres et James était presque certain qu'il avait déjà attrapé un vif d'or au moins, bien que ce soit difficile à dire avec tous ses élèves qui défilaient et qui lui bouchaient la vue la plupart du temps. Il avait peut-être fait une erreur en les envoyant tous en même temps, mais il n'avait pas voulu les envoyer un groupe à la fois de peur que les autres restés à terre ne commencent à s'ennuyer. Il avait déjà expérimenté ce que l'ennui pouvait faire faire à ses élèves et il ne désirait pas revivre cette expérience.
Au bout d'une heure, il siffla afin d'attirer l'attention de tous.
–C'est fini, vous pouvez redescendre.
Il agita sa baguette afin de rappeler les vifs d'or restant et fut légèrement surpris de n'en voir pas un revenir. Il en avait pourtant lancé une trentaine pour une classe de quinze étudiants. C'était possible qu'ils aient tous été attrapés, mais il ne s'y était absolument pas attendu. Il était agréablement surpris.
–Beau travail tout le monde ! Ramenez-moi ce que vous avez attrapé.
Presque tous les élèves se dirigèrent vers lui pour déposer un ou deux vifs d'or dans le coffre. Seul Drago Malefoy en rapporta trois.
–Dix points pour Serpentard.
Cela ne lui plaisait pas, mais il l'avait promis. Se tournant vers les coffres, il vu qu'il lui en manquait encore plusieurs. Il se tourna avec espoir vers son fils, mais celui-ci se tenait debout, les poings serrés et la mine dépitée. Il n'avait visiblement pas réussi à en attraper un seul. James devait s'avouer un peu déçu. Il connaissait son fils et après l'avoir entendu lui parler de ses talents, il s'était attendu à ce qu'il en attrape au moins trois comme le jeune Malefoy.
Pendant ce temps, il lui manquait encore une douzaine de vifs d'or et il n'y avait qu'un seul de ses étudiants qui ne s'était pas encore avancé.
–Ça fait combien de points, professeur ?
Harry Lestrange sortit les mains de sa poche, dévoilant toutes les balles d'or manquantes.
–Je pense que j'ai gagné.
–J'espère que tu ne m'as pas laissé de chance.
Drago le regardait les yeux plissés et il leva les mains comme pour montrer son innocence.
–Je n'oserais jamais.
Son cousin le regardait toujours avec méfiance.
–J'étais plutôt occupé à m'arranger que Potter junior ne puisse pas s'approcher d'aucun vif d'or. Si tu as réussi à en attraper, c'est seulement grâce à ton talent.
Le blond décroisa les bras.
–Bon, d'accord. C'est juste que… je sais que tu es doué, mais je voudrais seulement être certain que je ne suis pas complètement incapable.
–Tu es doué, Drago. Je le suis seulement plus.
Il lui envoya un sourire goguenard et son cousin sembla retenir une remarque cinglante.
–Je peux admettre quand je suis dépassé. Mais je suis meilleur que toi en potions.
–Je te le cède volontiers. Tu es bien meilleur que moi là-dedans.
Maintenant tout à fait de bonne humeur, son cousin revint sur ce qu'il avait dit au sujet de Liam.
–Pourquoi tout cet acharnement sur Potter ?
–Il voulait absolument gagner. Moi, je voulais absolument qu'il perde devant son père. En plus, cela fait plein de jolis points que les Gryffondors n'auront pas. Potter aurait probablement été le seul à pouvoir leur en donner.
–Côté point, on a été servi avec vous deux.
Blaise venait de les rejoindre suivi de près par tous les autres.
- Vous croyez que Potter junior va recevoir un savon ? demanda Pansy.
–Pourquoi ?
Théo regarda derrière lui, là où regardait leur amie. Tous firent de même et Harry regarda les Gryffondors laisser leur camarade derrière tandis qu'il se rapprochait de son père.
–Je me demande ce qu'ils vont se dire.
Harry se demandait la même chose que son cousin.
–Je vais aller voir. Continuer sans moi.
–Aller voir ! Comment ?
–Invisibilité, idiot.
Drago se renfrogna, mais l'absence de toute méchanceté dans le commentaire de son cousin le dérida rapidement. À ce point, c'était pratiquement plus une marque d'affection qu'une insulte.
- Tu ne veux pas qu'on t'accompagne ? demanda Théo.
–Ça ne servirait à rien. Allez-y.
Une seconde plus tard, il avait sorti sa baguette et s'était lancé un sort d'invisibilité. Avoir eu des cours particuliers de la part de sa mère avait ses mérites.
Sa disparition poussa ses amis à partir comme demandé, afin de ne pas créer un attroupement suspect à proximité de la conversation. Alors que le groupe se dirigeait vers le château, Harry avança doucement vers le duo qui semblait loin de discuter calmement alors que le ton montait de plus en plus. Il n'eut même pas à s'approcher autant qu'il l'avait pensé avant de pouvoir comprendre les paroles échangées. À dix mètres des deux, il s'immobilisa et tendit l'oreille.
–Si tu me donnais une deuxième chance…
–Non, Liam. C'était ta seule chance, c'est ce qu'on avait convenu. Le fait que tu n'as pas gagné aujourd'hui montre que tu n'es pas encore prêt à rejoindre l'équipe de quidditch.
–Mais ce n'est pas de ma faute ! Je te jure que Lestrange était toujours dans mes pattes. Dès qu'il y avait un vif d'or, il se mettait dans mon chemin !
–Et tu crois peut-être que l'attrapeur adverse va te laisser attraper le vif d'or sans essayer de t'en empêcher ? Ce qu'a fait Lestrange, n'importe quel attrapeur aurait pu le faire lors d'un match, tu comprends ? Non seulement tu es trop jeune pour rejoindre l'équipe, mais en plus tu manques beaucoup d'expérience.
–Papa…
–Non. Tu as raté ta chance. Tu profiteras de l'année pour t'entrainer et, l'année prochaine, tu tenteras ta chance comme tout le monde. Je suis désolé, fiston.
Malgré le fait qu'Harry pouvait sentir à quel point James Potter était réellement désolé de briser les rêves de son fils, cela n'empêcha pas Liam de s'éloigner de la main rassurante de son père et de s'éloigner en direction de son prochain cours, les poings sans doute assez serrés pour que ses ongles viennent transpercer ses paumes.
James Potter, laissé seul, soupira et Harry le prit comme son signal de départ. Ses pensées voltigeaient à grande vitesse dans sa tête alors qu'il rejoignait ses amis, prenant soin d'enlever le sort qu'il s'était jeté une fois à l'abri et certain que personne ne le regardait.
S'il avait bien compris, et il était presque certain que c'était le cas, James et Liam Potter avaient conclu un marché. Si le plus jeune gagnait le concours aujourd'hui, il pouvait rejoindre l'équipe de quidditch. Cependant, comme celui-ci avait perdu…
Harry se félicita d'avoir mis des bâtons dans les roues de Potter junior. Le Gryffondor n'avait pas besoin de devenir le plus jeune attrapeur depuis des décennies à intégrer l'équipe de quidditch de sa maison. Il possédait déjà une célébrité suffisante.
Tandis qu'il y songeait, une idée lui vint et il ne put pas s'empêcher de sourire. Il avait hâte de voir la tête de Liam après ça.
–Quoi ?
Harry ne pouvait s'empêcher de sourire alors que Liam Potter le fusillait du regard, de la fumée sortant pratiquement de ses oreilles.
Ce matin, il avait reçu un nouveau balai de la part de sa mère et cela n'avait pas échappé au trio que formait Liam, Ron et Hermione. Ceux-ci avaient aussitôt voulu des explications, les garçons par simple jalousie et la seule fille du groupe par souci des règles. Harry s'était fait un plaisir d'expliquer la situation, Drago souriant victorieusement derrière lui.
–J'ai été admis dans l'équipe de Quidditch.
Sa réplique avait transformé Weasley en tomate et Potter en locomotive tandis que Granger se contentait de froncer les sourcils.
–Mais c'est interdit !
–C'est vrai ça !
–Voyons, Potter. Ce n'est pas ce que tu avais l'intention de faire ?
À en voir l'expression du rouquin, il était lui aussi au courant du défi lancé par Potter senior, mais ce n'était pas le cas du rat de bibliothèque.
–De quoi tu parles ?
La voix tremblante de Liam était très peu convaincante et même son amie le dévisagea en plissant les yeux.
–Ne fais pas l'innocent. Je suis au courant du marché que tu avais passé avec ton père. Je sais que, si tu avais gagné le concours, il aurait intercédé en ta faveur et tu aurais rejoint l'équipe de Gryffondor. Or, il se trouve que j'ai gagné.
–Comment tu as su…
–Il faut parler moins fort la prochaine fois. On vous entendait jusqu'à l'autre bout du terrain.
–Mais… mais mon père ne te laissera jamais rentrer dans l'équipe ! C'est lui qui est responsable du quidditch et…
–Les règles sont les mêmes pour tout le monde, monsieur Potter. Ce qui était bon pour vous l'est aussi pour monsieur Lestrange. Il a su montrer l'étendue de ses talents, ce faisant, il s'est montré digne de rejoindre l'équipe de Serpentard. Même votre père n'a pu s'y opposer.
Les Gryffondors s'étaient figés à l'arrivé de Rogue, suivi de peu par James Potter qui se doutait être mêlé à l'altercation.
–Il dit vrai.
On pouvait voir tout l'effort que ces mots lui coûtaient.
–Monsieur Lestrange a fait preuve d'une adresse incroyable et je ne pouvais, en toute conscience, l'empêcher de rejoindre son équipe de quidditch après que le professeur Rogue m'en ait fait la demande. Je l'aurai fait pour toi si tu avais gagné alors il est juste que je le fasse pour lui.
–Mais, papa…
–Tais-toi maintenant. Ce qui est fait est fait.
James Potter partit, abattu. Harry sentit que son désappointement était causé par sa nouvelle certitude que Gryffondor n'avait plus la moindre chance de gagner la coupe cette année.
–Je n'hésiterai pas à retirer des points si je vois l'ombre d'une autre bataille sur ce sujet, c'est clair ?
Les Gryffondors ne purent que hocher la tête puisque c'était surtout eux qui étaient visés.
–Félicitation, monsieur Lestrange.
Sur ce, le directeur des Serpentards prit le même chemin que son collègue, sortant de la Grande Salle.
Déjà, on pouvait entendre les rumeurs qui commençaient déjà à se répandre au sujet du nouvel attrapeur des vert et argent.
Harry prit cela comme son signal de départ. De toute façon, il serait en retard pour leur prochain cours s'ils ne s'activaient pas. Il fit signe à Drago et ils tournèrent le dos au trio en se dirigeant vers la porte. Toutefois, il ne put s'empêcher de rajouter une dernière remarque, c'était plus fort que lui.
–Je dirais bien que le meilleur gagne, mais j'ai déjà gagné.
La porte venait de se refermer derrière eux lorsque Weasley et Potter déboulèrent à leur suite, poussant brutalement la porte.
–Tu te crois meilleur que nous, c'est ça ?
Harry se tourna vers le rouquin.
–Ce n'est pas qu'une croyance, c'est un fait.
Weasley, le visage de la même couleur que ses cheveux, sortit précipitamment sa baguette. Drago le menaça aussitôt de la sienne.
–Voyons, la belette. Un peu de civilité. Tout bon sorcier sait que ce n'est pas ainsi qu'on règle les problèmes.
–Dit plutôt que vous avez peur de nous affronter !
Potter avait à son tour sorti sa baguette afin de seconder son ami. Harry se contentait de les regarder en souriant. Drago planifiait quelque chose et il était satisfait de seulement regarder.
–Au contraire. Je propose un duel de sorcier, ce soir. Je serai le second de Harry, je suppose que tu seras le second de Potter ?
Les deux Gryffondors se regardèrent, hésitant.
–À moins que vous ayez trop peur, bien sûr.
C'étaient les mots magiques.
–Très bien. À quelle heure et où ?
–Minuit, dans la salle des trophées. La porte n'est jamais barrée.
Les deux Gryffondor hochèrent la tête avant de retourner dans la Grande Salle, serrant leur baguette.
Harry sourit en sentant le contentement que ressentait son cousin.
–On avertit Rusard tout de suite ou plus tard.
–On a jusqu'à ce soir. On a encore le temps.
Les deux cousins échangèrent un sourire et ils se mirent en route vers leur cours de sortilège.
–Il est onze heures et demie, faudrait y aller. Chuchota Ron.
Liam hocha la tête et c'est le plus silencieusement du monde qu'ils firent le chemin jusque dans la salle commune qui devrait être déserte à cette heure. Ron poussa la toile libérant l'accès à la tour de Gryffondor et Liam se dirigea à sa suite à, à peine, une seconde d'intervalle.
Préoccupés à observer les alentours pour s'assurer qu'il n'y avait aucun professeur présent, ils faillirent trébucher sur un corps qui trainait par terre.
–Neville ?
Le garçon grogna d'un ton ensommeillé avant de se relever brusquement.
–Merlin soit loué, vous m'avez trouvé !
–Silence ! Il ne faut pas qu'on nous entende. Chuchota Liam. Qu'est-ce que tu fais ici ?
–J'ai oublié le nouveau mot de passe et la Grosse Dame ne voulait pas m'ouvrir.
–Le mot de passe est groin.
–Merci !
Ron et Liam venaient de descendre les premières marches lorsqu'ils entendirent de nouveau la voix de Neville.
–Eh, les gars…
Tous les deux se retournèrent, exaspérés.
–Quoi ?
–La Grosse Dame… elle n'est pas là.
–Eh bien, attends qu'elle revienne. Il faut qu'on y aille, nous.
–Non ! Ne me laissez pas tout seul, s'il vous plait. Je ne veux pas recroiser le Baron Sanglant.
Liam et Ron échangèrent un regard avant que le premier ne soupire.
–Si on se fait prendre à cause de toi, tu vas être la première personne sur qui je vais essayer le dernier sortilège que Quirrel nous a montré. Compris ?
Neville hocha vigoureusement de la tête et les deux garçons échangèrent encore un regard découragé avant de finalement pouvoir descendre les marches. Ils traversèrent les couloirs silencieux qui n'étaient éclairés que par les rayons de la lune. Ils tentaient de faire le moins de bruit possible même s'ils avaient l'impression qu'ils pouvaient entendre les tremblements de Neville à des milles à la ronde. Ils craignaient de croiser un professeur ou un fantôme ou encore pire Rusard et son chat, au détour d'un couloir.
Lorsqu'ils parvinrent finalement à la salle des trophées, ils ne virent que ceux-ci reflétant la faible lumière nocturne. Il n'y avait aucune trace de la présence des Serpentards.
–Ils sont en retard. Commenta Liam.
Il était définitivement passé minuit après les minutes qu'ils avaient perdu avec Neville.
–Je le savais, ces sales serpents ont trop peur pour nous affronter !
Un bruit dans la pièce d'à côté les fit sursauter et Liam dû plaquer une main sur la bouche de Neville pour l'empêcher de crier. Figés sur place, ils échangèrent des regards pétrifiés à l'entente d'une voix qu'ils auraient préféré éviter la nuit dans les couloirs alors qu'ils enfreignaient le couvre-feu.
–As-tu repéré quelque chose, Misteigne ?
Sans se concerter, les trois garçons prirent la poudre d'escampette. Ils venaient à peine de sortir de la salle lorsqu'un miaulement s'y fit entendre.
–Vite, vite, vite. Chuchota Liam, tirant Neville par le bras alors que celui-ci ralentissait un peu trop à son goût.
Si un seul d'entre eux se faisait prendre, ils seraient mal. Ils montèrent les premières marches auxquelles ils parvinrent. Sans regarder où ils allaient, ils ne faisaient que courir le plus vite possible dans l'espoir d'échapper au concierge.
–Je… je ne suis plus… plus capable.
Liam dut retenir un juron qui lui aurait valu une claque derrière la tête de la part de sa mère si elle l'avait entendu. Toutefois, en voyant l'état de Neville, qui avait le visage tout rouge sous l'effort, il ne put qu'à se résoudre au fait qu'ils devraient bientôt s'arrêter. Avec un peu de chance, ils auraient mis assez de distance avec Rusard et son satané chat.
À la première porte qu'il vu, il s'y précipita, trainant ses amis à sa suite. Il tenta de la fermer rapidement, mais sans faire trop de bruit.
–Silence.
Malgré la panique de Neville, celui-ci tenta de baisser le volume de son souffle erratique. Ron, quant à lui, s'était complètement appuyé contre la porte, à deux doigts de tomber par terre. Liam colla, pour sa part, l'oreille contre la porte, attentif au moindre bruit. Après quelques minutes, il laissa échapper un soupir de soulagement.
–On les a semés.
–Ouf. Ils doivent croire que la porte était barrée. D'ailleurs, c'est une chance qu'elle ne l'était pas.
–Eh… les gars…
–Quoi ?
Ron semblait un peu exaspéré par la présence de Neville qui était plus un poids qu'une aide pour les garçons. Cependant, lorsqu'il se retourna pour le regarder, il perdit à son tour toutes ses couleurs.
–C'est pas vrai.
Liam suivit son regard et resta sans voix. Devant eux se dressait un chien à trois têtes qui remplissait à lui seul presque tout l'espace disponible dans la pièce. S'il avait été tranquille jusqu'à maintenant, c'était qu'il dormait, mais, maintenant, ses yeux étaient collés sur leur corps recroquevillé par la peur. Entre ses pattes, il remarqua une sorte de trappe, mais il n'eut pas le temps de se poser plus de questions alors que le cerbère leur montrait soudainement ses crocs.
–Vite, sortez !
Ce n'est que parce qu'il tira Neville que celui-ci échappa à la mâchoire vorace de l'animal. Se fichant bien à ce moment d'être coincé par un enseignant, ils coururent sans s'arrêter jusqu'à la tour des Gryffondors. Heureusement, la Grosse Dame était revenue. Elle leur jeta un regard réprobateur, mais les laissa entrer.
Une fois à l'intérieur, Neville courut se réfugier dans son lit, épuisé et terrorisé. Ron et Liam trainèrent un peu à l'arrière.
–Qu'est-ce qu'un monstre pareil fait dans l'école ?
–Je crois… je crois qu'il cachait quelque chose.
C'était la seule explication possible.
Fini!
J'espère que vous avez aimé et, si c'est le cas, n'oubliez pas de laisser un commentaire!
À la semaine prochaine!
