Je suis nouvelle sur ce site (sur la partie publier… je lisais beaucoup mais sans publier alors...), mais j'ai cru comprendre que pour répondre aux reviews, on ne pouvait pas le faire sous la review, mais dans l'histoire. Donc je remercie énormément la personne qui a commenté aussi vite et… voilà ma réponse.

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Farwey : Merci énormément d'avoir posté une review ! Ça me fait super plaisir que tu aies commenté, même si tu n'aimes pas trop les fanfictions de ce temps, si j'ai bien compris. J'espère que tu aimeras ce chapitre, même si je ne l'aime pas trop (si tu poursuis ta lecture). Pour ce qui est de ma touche personnelle, tu as sûrement raison. J'espère que je m'améliorerai. Encore merci !

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Place à ce chapitre 2, assez… peu satisfaisant. Bonne lecture.

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Chapitre II : Les Détraqueurs

James éclata de rire. Sirius, qui venait de remporter la troisième manche, s'était mis à exécuter une danse de la victoire mémorable. Peter souriait simplement, au fond un peu dépité de ne pas avoir remporté une seule partie. James s'en fichait, car il avait l'habitude. Puis, Remus n'était pas là, alors que c'était le maître incontesté de ce jeu.

– Patmol, on a compris, je pense, ironisa le sorcier en se passant une main dans ses cheveux sombres. On en fait une quatrième ?

– Ça me va, répondit l'intéressé en cessant sa danse et en se rasseyant. C'est beau que tu gardes encore l'illusion que tu vas me battre.

– Et toi, profite du fait que Lunard soit occupé.

Les deux presque frères s'esclaffèrent, et Peter redistribua les cartes.

Derrière les vitres du compartiment, le temps s'était incroyablement gâté. Des éclairs lumineux zébraient le ciel déchaîné, et le vent qui prenait d'assaut le Poudlard Express semblait être de plus en plus furieux.

Peter, qui venait de terminer de partager le jeu, s'immobilisa soudainement quand un coup de tonnerre assourdissant résonna. James sursauta malgré et lui, et Sirius leva les yeux au ciel, la moue arrogante.

– Quedver, Cornedrue, ce n'est qu'un peu de foudre et…

Sa voix mourut quand un froid glacial se mit à s'installer dans le wagon. James ne sut si c'était le fruit de son imagination ou non, mais il eut l'impression que les éléments violents du dehors étaient devenus silencieux, et que les éclats de rires et de voix qui bourdonnaient constamment dans la locomotive s'étaient tus. Bientôt, leur souffle firent s'élever des volutes blafardes de condensation dans l'obscurité du compartiment. Glacé jusqu'aux os, James sortit machinalement sa baguette de la poche de son jean. Il voulut jeter un sort pour réchauffer l'habitacle, mais se stoppa net.

Une glace épaisse et bleutée se mit à couvrir lentement les fenêtres du wagon dans un craquement lugubre. La pluie torrentielle qui s'abattait contre les vitres ne produisait aucun son. Le froid à l'intérieur était tel que les trois Maraudeurs peinaient à respirer, ayant l'impression que des lames leur transperçaient sauvagement les poumons.

Il y eut un ébranlement de la locomotive, et le train s'immobilisa.

Lentement, James se leva, la baguette à la main. Il avait un mauvais pressentiment. Sirius l'imita, baguette magique brandie, et Peter se mit à trembler, de peur et de froid, et se recroquevilla sur la banquette.

James sortit du compartiment pour gagner le couloir. Il vit des portes s'ouvrir de partout, des élèves frigorifiés se demander ce qu'il se passait et les étudiants les plus âgés sortir leur baguette magique. Le jeune homme constata que la glace recouvrait chaque parcelle de verre des fenêtres de la locomotive. La moquette du train était couverte de givre, qui craqua sous les pieds de James lorsqu'il s'avança.

Une jeune sorcière sortit précipitamment du wagon des préfets et manqua de peu de rentrer en collision avec lui. Malgré l'obscurité, James reconnut ses yeux verts incroyables et le roux flamboyant de sa chevelure.

– Evans, fit-il, surpris, puis il ferma la bouche.

Qu'aurait-il pu dire ? Qu'il était désolé ? Qu'il était heureux de la voir ?

Ce n'était pas le moment.

Lily respirait de manière désordonné, et son souffle formait, à l'instar des autres élèves, des panaches d'air glacé qui se dispersaient dans le couloir.

– Potter… Qu'est-ce qu'il se passe ?

– Je ne sais pas, admit le sorcier en frottant ses mains engourdies l'une contre l'autre pour les réchauffer. Tu devrais sortir ta baguette.

Étonnamment, Lily obéit. Elle avait l'air très inquiète et angoissée.

Le jeune homme sentit une présence derrière lui. Sirius. Ce dernier se plaça à ses côtés sans dire un mot. Remus sortit d'un compartiment, arriva lentement vers le trio et regarda furtivement ses deux amis. Des cernes sombres barraient le dessous de ses yeux fatigués. La pleine lune approchait.

– Il faut dire aux élèves de regagner leur compartiment respectif, Lily, dit le loup-garou en regardant fermement l'intéressée. En attendant, je vais voir le machiniste.

– D'accord, obtempéra la rousse. (Elle éleva soudainement la voix et prix un ton autoritaire.) Rejoignez votre compartiment ! Le train va bientôt redémarrer, il n'y a rien de grave.

Remus hocha la tête d'un air satisfait et fit demi-tour pour aller à l'avant du train. James regarda des premières et deuxièmes années former des groupes et, l'air terrifiés, entrer dans des compartiments au hasard ensemble afin de se porter courage. Les étudiants légèrement plus vieux, de troisième ou quatrième année, peu rassurés, se regroupèrent à leur tour et rejoignirent leur place.

Une minuscule première année, aux cheveux blonds emmêlés, aux yeux bleu électrique et les bras enroulés autour d'elle-même pour tenter de conserver un peu de chaleur corporelle, s'avança vers la préfète, gênée.

– Pourquoi est-ce que l'on s'est arrêtés ? Pourquoi fait-il si froid ?

Lily rougit d'embarras. Du regard, elle chercha du soutien du côté de Sirius et de James mais ces derniers étaient encore plus démunis qu'elle. En soupirant, elle se baissa un peu pour être à la hauteur de la petite sorcière.

– Ne t'inquiète pas, on maîtrise la situation, déclara-t-elle d'une voix confiante et rassurante. Va rejoindre tes amis. Il semblerait juste que le train doive s'arrêter un moment en attendant que le temps se calme.

– Mais il fait si froid, grelotta la première année, pas rassurée le moins du monde.

James regarda avec un étrange sentiment Lily pointer sa baguette sur la jeune sorcière et prononcer la formule pour qu'elle puisse se réchauffer.

– Ça va mieux ?

– Oui, merci, chuchota la blonde, les yeux écarquillés et la bouche entrouverte. C'est ça, alors, la magie ?

– Oui, confirma la préfète, amusée. Maintenant, reprends ta place.

En hochant précipitamment la tête, la première année fit demi-tour et entra dans son compartiment, après en avoir soigneusement fermé la porte.

James et Sirius échangèrent un regard à la fois admiratif et soulagé. Pendant ce temps, Evans se redressa et reprit d'une voix ferme à l'intention de ceux qui n'avaient pas bougé :

– Regagnez tous votre place. Le Poudlard Express va bientôt reprendre la route.

Peu à peu, le couloir se vida. Seuls quelques cinquièmes, sixièmes et septièmes années restaient, une main glacée crispée sur leur baguette.

James se rapprocha de Lily et lui dit à voix basse :

– C'est super, ce que tu fais. Vraiment. Mais… ce n'est pas la vérité.

La sorcière le regarda avec désemparement, et James sentit son estomac se contracter.

– Je sais, Potter. Mais la dernière chose dont on a besoin en ce moment, c'est de provoquer un mouvement de panique.

– Oh… Tu as raison.

– Comme toujours, sourit vaillamment Lily avec malice, et James admira sa tentative d'humour à un instant pareil.

Un silence pesant s'installa. Remus ne revenait pas, plus personne ne parlait, et chaque étudiant, sur le qui-vive, examinait avec inquiétude les alentours. Personne ne savait à quoi s'attendre, et personne ne comprenait vraiment ce qu'il se passait. Un Poufsouffle bien bâti de septième année croisa le regard de James qui répondit par un sourire crispé.

Soudain, la glace qui couvrait les fenêtres se mit à s'épaissir davantage et à craquer de manière alarmante. La température chuta encore plus, et une sorte de malaise prit place en James. Il vit Lily et Sirius se rapprocher inconsciemment de lui, et le jeune homme se demanda brusquement où était Peter. Peter !

Mais, alors qu'il aurait voulu s'élancer à sa recherche, un abattement et un désespoir sans nom fondirent sur lui. Les ténèbres le happèrent, et il eut envie de se rouler en boule sur le sol et de s'endormir, pour ne jamais se réveiller.

À travers un brouillard douloureux, il vit des dizaines de grandes formes fluides et grisâtres flotter vers eux. Elles se déplaçaient lentement, comme animées dans de l'eau, et leurs capes en lambeaux et leurs têtes encapuchonnées laissaient voir leur chair en putréfaction pleine de croûtes du dessous.

Les créatures émettaient des sortes de râles terrifiants. Engourdi, James se pinça et comprit dans un éclair de compréhension et d'effroi. Par Merlin, non, non, non, non ! C'était des Détraqueurs.

Des gardiens d'Askaban étaient ici.

Les créatures légères se mirent à se glisser dans les différents compartiments. Partout, des silhouettes encapuchonnées s'approchaient des élèves immobiles et effrayés. Comme dans un film en accéléré, James se remit à vivre les moments les plus sombres de sa vie. Mais aucun Détraqueur n'était trop proche de lui, alors il put tant bien que mal résister au désespoir et à la souffrance qui l'avaient envahi.

Lily, non loin à côté de lui, s'était figée et avait les yeux embués de larmes et fixés sur un point invisible. Un Détraqueur s'approcha lentement d'elle et se mit à aspirer l'air à travers sa cagoule sombre. La Gryffondor se mit à trembler et à gémir, et glissa lentement sur la moquette givrée, comme une molle poupée de chiffon désarticulée. James comprit que la silhouette maléfique volait ses émotions positives ainsi que sa force vitale.

En un éclair, il songea à ce qu'il savait sur les Détraqueurs, et au baiser mortel qu'ils pouvaient donner.

La rage qu'il éprouva le fit brandir sa baguette et s'écrier :

Stupéfix !

Le rayon blanc frappa la créature qui ne sembla pas éprouver le moindre choc. Mais cela eut le mérite de la déstabiliser et de lui faire stopper son horrible besogne pendant une fraction de seconde. Fraction que le sorcier mit à profit pour relever Lily et l'entraîner de toutes ses forces vers l'arrière du couloir, pour le moment épargné par les gardiens d'Askaban. Celle-ci, les yeux vitreux et la peau glacé, émergea lentement de l'état catatonique dans lequel elle avait été plongée.

– James… articula-t-elle avec lenteur.

Le jeune homme répugnait de la brusquer, mais il n'avait pas le choix. Une demi-douzaine de Détraqueurs s'approchaient d'eux, ravis par le festin qu'ils représentaient. Seule Lily savait comment les repousser, il en était sûr. Ils étaient censés apprendre ce sort en septième année, et chaque étudiant était entre les mains putréfiées des créatures. La plupart des baguettes magiques des élèves gisaient sur le sol, inutiles. Oui. Lily était sûrement la seule sorcière ici assez cultivée et intelligente pour connaître un sort aussi avancé. S'ils ne se hâtaient pas, la totalité des élèves perdraient leur âme dans les minutes qui allaient suivre.

– Comment on doit faire ? Pour les arrêter ?

– Je…

– Lily, vite ! Tout le monde… Sirius… Peter… murmura-t-il, et sa voix se brisa.

Lily battit péniblement des cils et tenta de se concentrer. Elle fouilla dans sa mémoire, trouva, et lâcha dans un chuchotement :

– Invoque un patronus.

– Un quoi ? lâcha James, désespéré, alors que les gardiens les ayant pris en chasse devenaient dangereusement plus proches chaque seconde et que des émotions de plus en plus négatives tourbillonnaient en lui.

– On s'en fiche, de ce que c'est. La formule, c'est Spero patronum. Pour l'invoquer, pense au souvenir le plus heureux que tu aies.

– Fais-le, Lily. Tu es une bien meilleure sorcière.

– Non ! J'en suis incapable. Enfin, je vais essayer mais… Potter… Tu vas y arriver.

James ne put s'empêcher de remarquer qu'elle avait dit ça à contrecœur.

Le Gryffondor regarda les corps affalés qui jonchaient le couloir, dont celui de Sirius et de Narcissa Malefoy, une Serpentard de son âge qu'il n'aimait pas mais qui ne méritait en aucun cas ce triste sort. Au-dessus de chaque élève planait un ou deux Détraqueurs qui se nourrissait en continu de leurs émotions positives, de leur joie, de leurs souvenirs heureux et de leur bonheur. Et le brun ne doutait pas que la même scène se déroulait dans chaque compartiment. Une sueur glaciale lui coula dans le dos.

Peu à peu, cinq Détraqueurs furent sur Lily et James, qui, engloutis par un malheur étouffant, se mirent à vaciller. Les forces abandonnaient le jeune homme qui avait du mal à rester debout. Du coin de l'œil, il vit Lily murmurer de plus en plus faiblement :

Spero PatronumSperoSper… Spero patronum

Des volutes argentées s'échappaient de sa baguette magique et s'interposaient entre elle et les créatures. Mais malheureusement, ce n'était pas assez.

James se sentait vide, malheureux, terrifié. Il revit la fois où, à huit ans, sa mère enceinte avait fait une fausse couche à six mois de grossesse. Le chagrin de ses parents, son désemparement à lui, alors qu'il réalisait que la petite sœur qu'il avait tant souhaité apprendre à aimer ne verrait jamais le jour, tout ça lui donna envie de hurler et de sangloter. Il revécut le moment où Lily, enragée, l'avait confronté le jours des BUSE. Le jour où sa grand-mère avait péri, tuée par des fidèles de Voldemort. Les moments les plus tristes de sa vie, ceux où il avait pleuré, où il s'était renfermé sur lui-même.

Son sang cognait dans ses oreilles. Se sentant très lointain, il réussit à pointer sa baguette sur le Détraqueur en face de lui qui aspirait dans un râle son bonheur, et à hurler :

Stupéfix !

Mais le sortilège ne servit à rien.

Il essaya la formule de Lily :

Spero Patronum !

Un filet de fumée argentée, très mince, sortit du bout de sa baguette et s'évanouit aussi sec. Penser à quelque chose d'heureux ? Il n'avait plus rien d'heureux en lui.

Le monde était ténèbres et désespoir, froid et solitude. Le monde était une nuit glaciale et hostile.

Soudain, dans l'obscurité, une petite lumière s'alluma en lui. Cette lumière, c'était…

James cilla et faillit s'écrouler tellement il était faible.

Il tenta de se raccrocher à cette minuscule étincelle. Cette lumière, c'était…

C'était...

Il se concentra, manquant de défaillir à chaque instant.

C'était...

La lune.

Oui.

Cette lumière, c'était la lune. Ronde, argentée, belle. James crut entendre les hurlements de Remus et les aboiements de Sirius, voir le rongeur gris que devenait Peter dans ces moments et se sentit léger, imposant, majestueux. Il était un cerf. Il était Cornedrue. Il était dans la Forêt Interdite, avec les Maraudeurs. Il était libre, entouré de ses trois meilleurs amis. Il était exalté. Et il était heureux.

James releva sa baguette, qui semblait peser des tonnes, et murmura le sort que Lily lui avait appris :

Spero patronum !

Des volutes scintillantes et vaporeuses, de la même couleur que la lune, apparurent et s'enroulèrent autour de lui. Les Détraqueurs s'éloignèrent en flottant dans le froid, impassibles. Les arabesques argentées disparurent et, alors que les Détraqueurs revenaient à la charge, James, gonflée par le sentiment de liberté qu'il éprouvait dans la forêt avec ses amis une fois par mois, répéta avec plus de force la formule.

Spero patronum !

Une lumière profonde jaillit de sa baguette et fit reculer les créatures. Cette lumière se volatilisa à son tour, mais James savait. Lily, à côté de lui, délaissée par les Détraqueurs qui s'intéressaient plutôt à James, se mit à remuer sur le sol glacé.

Il ferma les yeux, et les oiseaux nocturnes de la forêt chantèrent à ses oreilles. La froidure du soir se déposait sur son pelage épais, et il courait aux côtés de Patmol, de Lunard et de Quedver. L'astre nocturne, de temps en temps voilé par des nuages filandreux, éclairait la scène avec une intensité irréelle.

James cria :

Spero patronum !

Un éclair aveuglant de lumière l'éblouit. Lorsqu'il rouvrit les yeux, un gigantesque cerf majestueux aux bois et au pelage argenté scintillait d'une force tranquille. Le noble animal fit quelque pas et s'inclina devant James. Ce dernier, émerveillé, désigna les Détraqueurs d'un signe de la tête. Le patronus se redressa, ses immenses bois luisant doucement. Il fixa les créatures et les chargea. À travers la lumière réconfortante, James vit les Détraqueurs se faire expulser de la locomotive, les uns après les autres, par dizaines.

Enfin, quand il n'en resta plus un seul, le cerf revint gracieusement au galop retrouver son invocateur. Après s'être incliné de nouveau, le patronus disparut dans une gerbe d'étincelles magiques.

Ébranlé, James respira doucement, et remit sa baguette dans sa poche. De longues secondes s'égrenèrent. Légèrement apaisé, il se décrispa et fit un mouvement pour rejoindre les élèves comateux. Mais une main se posa sur son épaule, le faisant sursauter malgré lui.

– Bien joué.

– C'est grâce à toi, Evans, avoua James. Heureusement que tu lis suffisamment pour connaître des sorts destinés aux dernières années.

La sorcière lui adressa un sourire franc, quoique légèrement tremblant.

– Maintenant qu'on sait tous que tu es très intelligente – ce qui, entre nous, n'était pas compliqué à deviner – tu pourras enfin me voir jouer au Quidditch. Je crois que tu n'as vu aucun de mes matchs, répliqua James, soudain heureux et soulagé d'avoir réussi à triompher des Détraqueurs.

Sans la voir, James fut certain qu'elle levait les yeux au ciel. Elle retira sa main et, alors qu'ils avançaient vers les corps qui commençaient à remuer, elle lâcha :

– Dans tes rêves, Potter.

– On verra bien, marmonna James, sûr de lui.

Le brun s'agenouilla auprès des élèves. Il arrêta brusquement de plaisanter et se demanda, terrifié, si l'un d'entre eux s'était fait aspirer l'âme. Sirius, non loin sur sa gauche, se redressa lentement, l'air perdu et abattu. Sachant que la vie de son meilleur ami était loin d'être simple, James frissonna en se demandant ce qu'il avait dû revoir de son passé pour afficher un tel air.

– Patmol ?

L'interpellé mit du temps à repérer son ami.

– J'arrive.

Lorsque les deux Gryffondors furent à côté, ils se mirent à explorer les différents compartiments dans lesquels les élèves, les yeux rouges et le corps gelé, émergeaient peu à peu et se redressaient. Si la plupart d'entre eux semblaient déboussolés, malheureux et avaient les yeux brillants de larmes, James fut soulagé de voir que Peter allait bien, et que chaque élève avait a priori conservé son âme.

Lily les retrouva et annonça :

– Il faut du chocolat. Pour tout le monde. C'est un excellent remède.

– Qui a suffisamment de chocolat ? s'enquit Sirius, pensif.

– Voyons, Black, répondit Lily en montrant du doigt le wagon de la vieille sorcière vendeuse de friandises, délaissé dans un coin.

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Le train roulait de nouveau. Le froid intense qui avait gelé l'intérieur du Poudlard Express s'était peu à peu dissipé et, dehors, ce n'était plus que quelques averses qui tombaient par intermittence. Les Maraudeurs s'étaient retrouvés dans un wagon et ne pipaient mot, encore sous le choc de ce qu'ils venaient de vivre.

Ce fut Remus qui prit la parole le premier.

– Des Détraqueurs… ici.

– Exact, confirma James qui en tirait les conclusions qui s'imposaient. On est maintenant sûr que le Ministère de la Magie est aux mains de Vous-Savez-Qui. Ou alors qu'il est démuni, car il a perdu le contrôle de ses horribles gardiens sans pouvoir rien faire.

Sirius regardait le paysage derrière les vitres, et Peter, l'air fragile, fixait ses doigts en les tordants dans un mouvement nerveux. Ils avaient enfilé leur robe de sorcier. Dans la locomotive vermeille, les gens s'étaient retrouvés sous forme de petits groupes et discutaient à voix basse. Les élèves vivaient dans l'attente d'arriver au château.

James avait d'ailleurs été chaudement félicité. Les sorciers, lorsqu'ils avaient découvert que ce dernier les avait sauvés de peu, l'avaient acclamé. Et alors que le jeune homme adorait être au centre de l'attention et impressionner les gens par ses exploits magiques ou sportifs, il n'avait tiré aucune satisfaction de l'admiration des plus jeunes et du respect des dernières années. Il avait même dû éviter quelques filles ravies qui, même avant l'attaque, gloussaient dès qu'il passait non loin d'elles.

James soupira et se frotta les yeux. Il rajusta ses lunettes et demanda à Lunard :

– D'ailleurs, ça s'est passé comment, pour toi ? Tu as disparu à l'avant.

– Je suis allé voir le machiniste. Il était évanoui. Et les Détraqueurs me sont tombés dessus. J'ai revu le… mon... (Sa voix se brisa et il avala péniblement sa salive.) Je pense que tu vois.

James se contenta de lui presser la main, désolé pour lui. Bien sûr qu'il avait compris. Remus avait revécu le jour où il avait été mordu, cette affreuse nuit où sa vie avait basculé à tout jamais, et ses longues transformations douloureuses et épuisantes. Le pire, c'était l'année dernière, quand la pleine lune était tombée le jour du réveillon de Noël. Compatissants, les Maraudeurs étaient restés au château et s'étaient changés en animal le soir. Mais une étrange mélancolie avait régné toute la nuit, que les premières lueurs de l'aube avaient chassée avec peine.

– Puis j'ai réussi à distinguer une immense forme argentée qui a fait partir les Détraqueurs qui étaient sur moi. C'était toi, du coup.

– Oui, fit James, embarrassé.

Sirius s'arracha brusquement à son silence.

– D'ailleurs, merci, Cornedrue, déclara-t-il, la voix tremblante. Sans toi, je ne sais ce que l'on serait.

– C'est grâce à Evans, précisa le Gryffondor, mal à l'aise.

– Peu importe. Merci.

James se mit à fixer ses genoux. Peter hocha la tête, reconnaissant, et, d'une voix basse, affichant un sourire incertain, il reprit :

– Bataille explosive ?

Les Maraudeurs n'en crurent par leurs oreilles et le dévisagèrent comme s'il était fou et, Remus, pour la première fois depuis un long moment, s'esclaffa.

– Pas de souci.

Sirius s'arracha à la contemplation du paysage, dévisagea James, et se détendit.

– OK, mais ça veut dire que je vais recommencer à perdre.

– Mais, protesta James, peut-être qu'on va le battre, cette fois ! J'en suis sûr, même. Ne sois pas si pessimiste, Patmol !

– Bien sûr, gardez espoir, ricana Remus. Je distribue. Quedver, tu peux me passer le jeu ?

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– Je ne suis pas d'accord ! s'exclama Rena en réprimant un fou rire.

– Comment ça, tu n'es pas d'accord ? s'enquit Ariane, sourcils froncés.

– Hors de question que tu continues la Divination, même si tu as des bonnes notes. Le prof est trop bizarre. En plus, j'ai l'impression qu'il t'aime bien.

– Et c'est quoi le problème ?

– C'est un pédophile.

– Quoi ? s'offusqua Ariane alors que Lily, Isabelle et Alice gloussaient. Depuis quand tu penses ça ?

– Depuis qu'il veut te donner des cours particuliers de voyance.

Ariane secoua la tête, ses beaux yeux bleus lançant des éclairs et sa chevelure dorée luisant doucement dans les faibles rayons de soleil qui parvenaient à percer les nuages par intermittence et à passer à travers la vitre du train.

– Et alors ? reprit-elle, la colère faisant vibrer sa voix.

– Je te dis que c'est un pédophile. Mon instinct ne me trompe jamais.

– J'ai seize ans !

– Tu es mineure, répliqua Rena en levant les yeux au ciel.

– Plus pour longtemps.

– Peut-être, mais il a quarante ans. Sa robe de sorcier est toujours impeccable, et aucun cheveu ne dépasse jamais de sa coiffure au gel. Il est beaucoup trop propre sur lui. Ça cache forcément quelque chose.

– N'importe quoi, protesta la blonde avec véhémence.

– Alors pourquoi il te fait toujours des compliments quand il te voit ? Sur ton dernier devoir, tes capacités ou ta tenue. C'est normal, ça ?

Lily suivait l'échange, intriguée. Bien que Rena soit sa meilleure amie depuis six longues années, elle n'arrivait pas à déterminer si cette dernière était sérieuse dans ses propos où si elle plaisantait, car le ton d'abord léger et amusé de la brune était devenu de plus en plus ferme au fur et à mesure que la discussion avançait.

Elle lorgna Isabelle et Alice qui n'osaient prendre la parole, elles aussi perdues.

– Parce que je suis une bonne élève, de surcroît toujours bien habillée !

– Porter une robe de sorcière comme tout le monde, c'est être bien habillée, pour toi ?

– Je porte l'uniforme avec une élégance inimitable, rétorqua Ariana, outrée.

Rena croisa les jambes et cala une mèche brune et bouclée derrière son oreille. Elle grimaça quand un cheveu se coinça dans une de ses nombreuses bagues et tira d'un coup sec pour le dégager. Elle regarda Ariana de ses yeux ambrés.

– Tu crois que c'est normal, qu'un professeur félicite une élève sur sa tenue ? Ça n'a rien à voir avec les cours ou un quelconque don. C'est juste… bizarre.

Ariane inspira profondément, et eut un rictus mauvais.

– Pour information, madame « j'ai un instinct qui ne me trompe pas », la voyante, ici, c'est moi. Qui disait sans cesse que quelque chose de bizarre se préparait après que Lily soit partie rejoindre les préfets ? Qui a vu les Détraqueurs avant les autres ? C'est moi ! Alors je pense que je sais me débrouiller toute seule, et que j'ai raison en affirmant que le professeur Reeds est un homme des plus respectables qui jamais ne s'aviserait de me… faire des avances, ou je ne sais ce que tu sous-entends. Il a simplement été impressionné par mon don. Et il aime les gens soignés. C'est pour cela qu'il me complimente !

Sa tirade jeta un froid dans le compartiment. La mention des créatures affamées de pensées positives que les cinq amies s'étaient efforcées d'oublier pendant le reste du trajet à force de blagues, de plaisanteries et d'anecdotes douteuses fit sursauter Alice qui rentra la tête dans les épaules.

Embarrassée, le teint rendu orangé par la lumière du couchant et rouge par la gêne, Ariana se mordilla la lèvre.

– Désolée.

– Pas grave, lâcha Lily en souriant faiblement. Vraiment. J'ai juste hâte de voir ce que vont nous dire les professeurs lorsqu'on arrivera.

Elle jeta un coup d'œil à sa montre.

– Je pense que ce sera d'ailleurs le cas dans dix minutes.

Plus personne ne reprit la parole, et Ariana baissa les yeux.

– Désolée, répéta-t-elle.

– T'inquiètes, assura Isabelle à la surprise générale, car si les deux jeunes filles se supportaient, elles ne s'entendaient pas toujours très bien. Puis Rena, tu peux m'expliquer pourquoi tu t'acharnes autant contre ce professeur ?

Même si les commissures de ses lèvres étaient relevées, ce fut avec le plus grand sérieux du monde que Rena fit :

– Il ne m'inspire vraiment pas confiance.

Ariana pinça les lèvres, prête à repartir dans un monologue véhément pour défendre son instructeur favori. Lily elle-même ne comprenait Rena qu'à moitié. C'était vrai que, dit comme ça, le comportement du professeur de Divination était louche, mais Ariane était tout simplement sa préférée. Et puis, Slughorn n'agissait-il pas comme ça avec elle ?

Lily posa sa main sur le bras de sa meilleure amie.

– Je comprends ce que tu penses, mais il n'y a pas de raison de s'inquiéter. Et je suis sûre qu'Ariane sera prudente.

Alors que l'intéressée sursautait et secouait la tête d'un air catégorique, Lily la regarda avec insistance et lâcha :

N'est-ce pas, Ariane ?

La rouquine et la blonde s'affrontèrent du regard, et la deuxième capitula.

– Très bien. Je ferai attention.

– Parfait, fit Lily, réjouie et désireuse de changer de sujet. On arrive dans une poignée de minutes, alors je propose qu'on range nos affaires. D'ailleurs, vous n'avez pas remarqué que Skeeter, en Serpentard, a été nommée préfète ?

Les quatre filles partirent en un cri indigné :

– Quoi ?

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Le train commençait à ralentir et, par la fenêtre, Lily distingua les hauteurs caractéristiques du paysage de l'école. Elle avait l'impression de rentrer chez elle.

La jeune fille sentit soudain les larmes lui monter aux yeux. Elle repensa aux Détraqueurs, à Severus, à qui elle ne parlerait plus, à James, cet arrogant doué qui avait réussi à sauver tous les élèves, qui l'avait sauvée elle, à sa sœur, qui ne voulait pas qu'elle lui envoie de courrier par hibou, à son père, qui souhaitait qu'elle soit heureuse, à ses amies, qu'elle aimait plus que tout, aux cours qui allaient bientôt reprendre, et elle prit une grande inspiration.

– Poudlard m'a manqué. Vous m'avez manqué, les filles.

Ses quatre amies sourirent.

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– On arrive, fit remarquer James.

Sirius lâcha un soupir de dépit. Il était en train – chose extrêmement rare – de réussir à battre Remus. Il récupéra les cartes et les glissa dans sa valise.

James l'aida, tout pensée sur les Détraqueurs envolée, et dit d'un ton satisfait :

– Sixième année. On battra notre record de retenues et de blagues, cette année, je le jure ! Poudlard ne sait pas ce qui l'attend.

– Ouais, Cornedrue ! s'exclama Sirius, ses yeux sombres brillant de malice. On ira jusqu'à la limite de l'exclusion.

– On évitera pour ce dernier point, quand même, avança Remus, résigné d'avance.

Peter rit, et James lui fit un clin d'œil.

– Est-ce que ça vous dit, une gigantesque farce le soir de Halloween ? Ou mieux, pour la Saint-Valentin ?

– Je ne dis pas non !

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Je coupe ici parce que sinon c'est trop long. Dans le prochain chapitre, je vais essayer de faire une sorte de… enfin, bref, je verrais, vous verrez.

Bon, deuxième chapitre. J'essayerai bien de poster un chapitre chaque samedi, mais j'ai mon stage d'observation la semaine prochaine, et je pars en vacances en Floride après. Peut-être que je trouverai un moyen.

N'hésitez pas à laisser une review. J'ai été vraiment touchée par la personne qui m'a laissée une review (deux en fait) à peu près quatre jours après que j'aie posté pour la première fois. Je lui ai répondu en haut.

J'ai peur un peu... du résultat de ce chapitre… Je voulais absolument faire cette attaque mais j'ai peur que le résultat soit… nul. Je reste donc très dubitative. Surtout que j'ai essayé d'injecter un peu de légèreté à la fin pour ne pas que la tristesse règne, mais j'ai peur que ça fasse un trop gros contraste. Je me rattraperai au chapitre suivant

On est d'accord qu'à part dans le trois de Harry Potter, il n'y a jamais de professeurs dans ce train ?

Aussi, désolée pour les fautes éventuelles. Je me relis moi-même, et parfois, c'est dur de repérer les erreurs sur son propre travail. En plus, ce chapitre fait 1000 mots de plus que le précédent.

Enfin, bref, passez un bon week-end tout le monde. N'hésitez pas à me dire si ça ne va pas, parce que je suis vraiment peu satisfaite de ce chapitre. Est-ce que James gagne trop facilement contre les Détraqueurs ?

Je m'attarde…

Merci d'avoir lu. Bon samedi à tous !