Disclaimer: L'univers d'Harry Potter est la création de J. K. Rowling, pas la mienne. Je ne fais donc aucun argent avec cette histoire.
Durant mon extrêmement longue pause (désolé), j'ai pris le temps de clarifier ce que je voulais faire de cette histoire. Pour tous ceux qui ne désiraient pas une relation Harry/Voldemort...désolé mais j'ai sincèrement l'impression que la fin que j'ai prévue n'a aucun sens s'il n'y a pas au moins de l'affection entre les deux. L'histoire ne tournera pas autour de cette relation, mais elle est tout de même importante pour l'intrigue. Il n'y aura toutefois pas de scène explicite alors à vous de voir.
Je voulais vraiment publier un nouveau chapitre avant la fin de l'année alors le voici!
Harry Black
Chapitre 18: Le journal
Harry salua Drago avant de partir de son côté en direction de son cours particulier. Cognant à la porte, il entra dès qu'il en reçut la permission de son professeur. Il avait rapidement appris que Quirrell détestait perdre son temps. Son tempérament était tout autre lorsqu'ils n'étaient que tous les deux que lorsqu'il se trouvait devant la classe. Ce n'était pas pour déplaire au jeune Lestrange, qui était très motivé par ses leçons supplémentaires.
– Vous avez lu l… le livre que je vous ai donné ?
– Bien sûr.
Le professeur lui posait toujours la question et Harry en venait presque à y répondre par habitude, sans même y penser.
– Nous allons commencer par le dernier sort mentionné.
Quirrell aimait aussi le mettre à l'épreuve en ne lui disant pas le nom du sortilège, comme une assurance qu'il avait bel et bien lu ce qu'il devait. Également, il aimait commencer par le sortilège le plus compliqué de la leçon et survolait les plus simples pour lesquels il était convaincu que Harry pourrait se débrouiller seul.
– Que dois-je viser ?
– La pile de feuilles sur la table s… suffira, mais avant…
D'un informulé qui dévoila vraiment toute l'étendue du pouvoir de son enseignant, il dressa un bouclier entre eux et la table. Une sage mesure de prévention considérant le résultat souhaité du sort.
– Maintenant, allez-y.
Harry s'était déjà imaginé lancer le sort, il avait même pratiqué à de nombreuses reprises le mouvement spécifique qu'il devait faire : un mini tourbillon suivi d'un coup brusque vers l'avant. Le tout était très rapide, mais il était devenu habile à le reproduire. Le plus compliqué, c'était l'intention derrière le sortilège. Cependant, après l'avoir visualisé plusieurs fois dans sa tête, il croyait être prêt.
– Divento.
L'effet fut presque immédiat et Harry dut se rappeler qu'il se trouvait derrière un bouclier protecteur pour ne pas céder à la tentation et se jeter par terre. En effet, les feuilles formant la pile se mirent à tourbillonner comme soulevé par un vent violent. Bien que paraissant inoffensif, le sort avait pour but de rendre ces missiles volants aussi coupants qu'une épée. Si le sort était assez fort, de simples feuilles de papier comme celles-ci pouvaient suffire à couvrir un ennemi d'entailles.
En même temps qu'un sentiment de fierté montait en lui, une poussée d'adrénaline l'envahit alors que sa baguette lui réchauffait doucement la main. S'il n'avait pas déjà eu un doute concernant la noirceur réelle du sort, il en avait maintenant la preuve. Ce sentiment d'extase, il l'avait déjà ressenti, et à de nombreuses reprises même, souvent grâce aux enseignements de son professeur, mais aussi grâce à ceux de sa mère. Il se doutait que jamais le directeur ne serait d'accord s'il apprenait que l'un de ses enseignants montrait de tels maléfices à l'un de ses étudiants. Cela tombait bien qu'il n'ait que peu à faire de l'opinion du vieux sorcier.
Il sentit soudain une main se poser sur son épaule.
– Bravo, Harry. Dit Quirrell d'une vois différente, plus grave.
Une douleur soudaine dans son avant-bras gauche le fit baisser les yeux. Sa manche était relevée, dévoilant un dessin d'une noirceur absolu, un tatouage qu'il n'avait vu qu'une fois seulement sur le bras de sa mère. Le serpent ondula sur sa peau et sembla siffler de colère en le regardant alors même que la main sur son épaule se fit plus ferme, presque douloureuse.
– Tu m'as déçu, Harry.
Sans savoir pourquoi, ces mots lui mirent les larmes aux yeux et il voulut se défendre, mais, à ce moment même, la porte de la classe s'ouvrit et Rogue entra, baguette dressée, prêt à attaquer. Les doigts se relâchèrent de sur son épaule alors que le corps de Quirrell s'effondra et qu'une brume s'éleva au-dessus de son corps. Harry recula, effrayé, mais la fumée se dirigea vers lui, le frappant de plein fouet.
– Ah !
Harry serra les draps entre ses doigts tremblants, ahanant bruyamment. Ce rêve lui avait paru tellement réel. Il dressa la tête lorsque sa porte s'ouvrit en grand, sa mère se portant aussitôt à son chevet en voyant son état.
– Mon chéri, est-ce que ça va ?
Il la laissa le serrer dans ses bras, ayant besoin du réconfort qu'elle voulait lui donner.
– Oui, c'était… c'était juste un cauchemar.
– Encore ?
Sa mère fronça les sourcils, chassant les cheveux rebelles de devant les yeux de son fils afin de bien pouvoir le regarder.
– Est-ce que tu veux m'en parler ?
Harry hésita.
Ses cauchemars se ressemblaient tous ces derniers temps et il en avait déjà parlé à sa mère. Dès la première nuit, celle-ci l'avait aussitôt rassurée et il savait déjà ce qu'elle lui dirait s'il se décidait à lui raconter encore une fois son rêve.
– Tu n'as déçu personne, mon chéri. Nous souhaitons tous que le Seigneur des ténèbres revienne, mais ce n'est pas à un enfant, aussi brillant soit-il, que revient cette tâche. Laisse faire ses fidèles qui ne sont pas encore à Poudlard, veux-tu ?
C'est ce que sa mère lui avait dit la première fois et il savait qu'elle avait raison. Le Seigneur des ténèbres n'allait pas blâmer un gamin de onze ans alors qu'il avait plus d'une centaine de fidèles plus âgés. Cependant, il se sentait tellement stupide de n'avoir rien remarqué. Il avait passé tellement de temps auprès de Quirrell et il avait ignoré tous les signes.
Enfonçant sa tête dans le cou de sa mère, il fronça les sourcils. Son rêve avait duré plus longtemps cette fois-ci. D'habitude, il se réveillait après avoir vu la marque sur son bras et entendu le Seigneur des ténèbres lui dire sa déception. Il n'y avait toujours eu qu'eux deux dans la pièce, mais, dans ce rêve-ci, Rogue était venu les interrompre comme il l'avait d'ailleurs déjà fait par le passé.
– Maman, dans quel camp se trouvait le professeur Rogue pendant la guerre ?
– Il faisait partie du premier cercle avec moi, mais, à la chute du Seigneur, il s'est vite caché sous les robes de Dumbledore. Le vieux fou a assuré que Rogue lui avait servi d'espion.
– Tu l'as cru ?
– Oui et j'en ai été furieuse. Cependant, il a rencontré Lucius par la suite pour lui assurer que c'était pour aider le Maître qu'il s'était lié à Dumbledore. Celui-ci a pensé qu'il avait eu un changement de cœur et l'a accepté sans mener d'enquête alors que le vrai rôle de Rogue était d'espionner Dumbledore et non le Seigneur des ténèbres.
– Tu as cru à sa version.
– Disons que je garde mes réserves. On ne peut pas se fier à la parole d'un espion, peu importe le camp. Le Seigneur des ténèbres n'en a parlé à personne dans tous les cas, mais je ne pense pas qu'il l'aurait fait non plus si c'était vrai. Un espion ne sert à rien s'il est connu de tous. Mais pourquoi tant de question sur ton professeur de potions ?
– Il était dans mon rêve cette fois-ci, avec le Seigneur des ténèbres, sauf qu'il n'était pas avec lui, mais contre lui.
– Mon chéri, tu sais que je respecte ton jugement, mais on ne peut pas se fier à un rêve, peu importe à quel point il te semblait réel.
– Maman, je ne t'en parlerais pas si ce n'était qu'un rêve. Seulement, il m'a fait me rappeler à quel point Rogue était perpétuellement sur le chemin de Quirrell cette année. Il ne le lâchait pas d'une semelle et je suis certain qu'il l'a empêché de plus d'une manière d'atteindre la pierre.
Bella le regarda dans les yeux, puis soupira.
– Ça ne prouve rien si Rogue ignorait qui possédait vraiment Quirrell. Toi aussi tu l'ignorais, trésor.
– Mais, avec du recul, j'ai l'impression qu'il le savait.
Avant que sa mère puisse rajouter quoi que ce soit au sujet des impressions trompeuses, il conclut le sujet.
– Je sais qu'une simple impression ne vaut rien, mais, lorsque le Seigneur des ténèbres reviendra, ne lui faites pas confiance, d'accord ? Pas avant qu'il ait prouvé ses vraies allégeances au moins.
– Ça, je peux te le promettre, mon chéri.
Elle le berça encore un peu contre elle puis l'étendit sur le lit.
– Maintenant, dors, mon ange. Le soleil ne se lèvera pas encore avant des heures.
Alors qu'Harry hochait la tête et s'apprêtait à fermer les yeux, il remarqua que sa mère n'était pas habillée dans ses habits de nuit, ce qui signifiait qu'elle ne s'était pas encore couchée malgré l'heure avancée.
– Toi aussi tu devrais dormir, maman. Les journaux seront toujours là demain et tu risques de laisser passer un indice si tu es trop fatiguée.
Sa mère lui sourit.
– Tu as raison.
Elle revint vers lui pour lui donner un baiser sur le front puis se redressa.
– Bonne nuit, chéri.
– Bonne nuit, maman.
Bella éteignit les chandelles d'un informulé, mais Harry resta les yeux grands ouverts dans le noir.
Il savait que le plus grand souhait de sa mère était que le Seigneur des ténèbres revienne. Cependant, malgré toutes ses bonnes volontés, elle n'avait jamais su par où commencer. Elle savait qu'Il n'était pas mort, car Il avait assuré ses fidèles qu'Il avait trouvé le chemin vers l'immortalité. Toutefois, cela n'offrait aucune aide ni indication quant à comment le faire ressurgir de ses cendres. Littéralement, puisque c'était tout ce qu'on avait retrouvé de son corps. Alors même qu'elle n'avait fait aucune avancée, elle avait pris la décision de l'adopter et, malgré sa dévotion pour son seigneur, elle était devenue ni plus ni moins qu'une mère monoparentale avec toutes les responsabilités qui venaient avec. Le bien-être de son fils et héritier avait dû passer en premier, d'autant plus que toutes les recherches du monde ne menaient à rien si l'on ne savait même pas ce que l'on cherchait.
Maintenant, tout avait changé avec l'apparition du Seigneur des ténèbres à Poudlard. Sa mère savait maintenant ce qu'elle devait chercher : des cas ou des indices de possession que ce soit des morts étranges ou des personnes disparues. Depuis le début de l'été, elle épluchait les journaux, en vain pour l'instant. Elle avait même cherché dans tous les journaux en Albanie, mais il semblerait que le Seigneur des ténèbres, avant de posséder Quirrell, s'était contenté d'animaux, puisqu'il n'y avait rien eu de suspect dans les environs. La presse se préoccupait après tout très peu de la mort subite de plus d'une dizaine d'animaux, surtout en région forestière.
Sa mère poursuivait malgré tout ses recherches et ce n'était pas la première fois qu'il avait dû lui rappeler de dormir. Elle en oublierait même de manger si elle ne prenait pas tous ses repas avec son fils.
Harry lui-même n'était pas resté inactif cet été. Il s'était toujours appliqué à apprendre tout ce qu'il pouvait depuis que sa mère avait commencé à lui montrer un peu de magie ici et là après qu'il lui en eut fait la demande. Sa mère avait fait partie du premier cercle, le plus grand honneur qui soit selon elle, et c'était ce qu'il visait aussi. En partie pour sa mère, puisqu'il désirait plus que tout la rendre fière, mais aussi parce qu'il voulait montrer sa puissance, lui qui avait passé sa jeune enfance à se faire constamment rabaisser et délaisser. Rien ne pouvait mieux prouver qu'il était le meilleur qu'en intégrant le premier cercle du Seigneur des ténèbres quand celui-ci reviendrait.
Cependant, dans tous les rêves qu'il avait eus, il s'était toujours vu plus vieux. Il venait après tout à peine de finir sa première année à Poudlard. Peut-être que, s'il n'avait pas été aussi proche de Quirrell, aussi proche de Lui, le retour apparemment imminent du mage noir n'aurait pas eu d'impact sur ses plans. Il aurait pu être présenté au maître en même temps que Drago et les autres et puis il n'aurait eu qu'à escalader les échelons. Toutefois, il avait eu droit à des cours particuliers de la part du Seigneur lui-même ! Il n'était pas encore tout à fait remis de cette réalisation. Sa mère lui avait dit que le Maître n'aurait jamais fait cela s'il ne l'avait pas intrigué. L'intérêt du Lord était parfait, était tout ce qu'il avait toujours souhaité… mais plus tard.
Un simple intérêt disparaissait bien vite s'il n'était pas entretenu. Il pensait avoir bien fait tout au long des leçons, mais il ne pouvait pas rester complaisant. Si le Seigneur revenait et ne trouvait pas qu'il s'était suffisamment amélioré, il se dirait certainement qu'il s'était finalement trompé et regarderait ailleurs. Cela ne pouvait pas arriver. S'il le jugeait en fin de compte un simple garçon insignifiant, jamais il ne pourrait rejoindre le premier cercle. C'est pourquoi il s'était jeté à fond dans ses études cet été. Il s'endormit en se faisant une liste mentale des livres qu'il pourrait lire en se levant, survolant les domaines qu'il voulait explorer plus en profondeur.
Drago referma la porte de sa chambre après avoir jeté un coup d'œil à gauche et à droite dans le couloir. Harry, qui s'était assis sur le lit de son cousin, observa son petit manège avec le sourire, mais brûlant de curiosité.
Drago l'avait invité à venir passer l'après-midi chez lui, comme il le faisait souvent, toutefois il l'avait presque aussitôt tiré en catimini vers sa chambre contrairement à l'habitude. S'il voulait être subtil, c'était raté. Il était certain que ses parents devaient déjà se douter de quelque chose. Ce que voulait lui montrer son cousin devait vraiment être unique en son genre.
– Qu'est-ce qu'il y a Drago ?
– Chut !
Son cousin posa son oreille sur la porte, attendit le temps d'un battement, puis relâcha ses épaules tendues avant de se diriger vers le lit. Il ne vint pas tout de suite s'asseoir à ses côtés et se dirigea plutôt vers sa taie d'oreiller. Ce qu'il en sortit surprit le plus jeune.
Ce n'était pourtant qu'un livre, plutôt vieux en plus à en juger par ses pages jaunies et le cuir noir usé. Il ne semblait guère extraordinaire. Drago vit son expression et se défendit aussitôt :
— Ce n'est pas qu'un vieux livre. Je l'ai trouvé caché dans le bureau de mon père. Il est magique !
– Tu sais que tu ne devrais pas fouiller dans ses affaires.
Même lui avait reçu l'ordre express de sa mère de ne plus venir fouiner dans son bureau. Son ton l'avait convaincu d'obéir, quoiqu'il n'eût pas pour habitude de désobéir à sa mère. Il s'agissait sans doute d'informations sur les mangemorts et leur Maître. C'était de l'information sensible dans laquelle des enfants n'avaient pas leur place.
– C'est vraiment tout ce que tu as retenu ? J'ai dit que c'est un livre magique !
Harry se laissa finalement emporter par l'enthousiasme de son cousin.
– Qu'est-ce qu'il a de particulier ?
Dans une maison de sang pur regorgeant de tomes sur la magie, il se demandait bien ce qui faisait ressortir celui-ci du lot, mis à part le fait qu'il se trouvait dans le bureau de son oncle.
– Regarde.
Son cousin ouvrit le vieux livre d'un air conspirateur et il resta surpris face aux pages blanches. C'était bien la dernière chose à laquelle il s'attendait. Il se demandait déjà en quoi ce bouquin était intéressant, mais alors là… Il se demanda pourquoi son oncle cachait un livre vierge dans son bureau. Y avait-il un sort cachant son contenu aux regards curieux d'enfants de 12 ans ?
Tandis qu'il fixait les pages en fronçant les sourcils, une tache d'encre s'écrasa sur l'une d'elle, ce qui le fit sursauter. Il se redressa, remarquant seulement à ce moment-là à quel point il s'était penché sur le livre dans son investigation, et vit que son cousin avait profité de son inattention afin de se saisir d'une plume qu'il avait trempée dans l'encre. Il crut d'abord que la tache d'encre était un accident, puis il vit le regard de son cousin qui ne lâchait pas la goutte des yeux une seconde, un grand sourire excité sur les lèvres, et il comprit que c'était volontaire. Mais pourquoi ? Il ne pourrait plus simplement remettre le bouquin où il l'avait trouvé maintenant. Son oncle n'aurait qu'à l'ouvrir pour se rendre compte que quelqu'un y avait touché et cela ne lui prendrait pas beaucoup de temps pour trouver le coupable en la personne de Drago, son fils fouineur.
Il en était là dans ses réflexions quand, sans avertissement, l'encre parut s'enfoncer dans la page jusqu'à disparaître complètement. Harry écarquilla les yeux et Drago lui envoya un sourire vainqueur comme si c'était lui qui avait orchestré ce tour, ce qui était impossible puisqu'il savait que son cousin ne connaissait pas ce genre de sortilège. Celui-ci n'avait pas pour habitude de passer son temps le nez dans un livre comparativement à lui et même lui en aurait été incapable malgré son entrainement plus intensif que celui du blond.
– Je te l'avais dit.
– Mais à quoi sert un journal qui fait disparaître tout ce qu'on écrit ?
– Peut-être que ça prend un sort pour pouvoir le lire ? Est-ce que tu en connaitrais un qui pourrait le faire ?
Harry secoua la tête et Drago plissa les yeux, en pleine réflexion, mais son regard ne tarda pas à s'éclairer. Il s'apprêtait à dire quelque chose quand la porte de la chambre s'ouvrit sans avertissement.
Drago attira aussitôt le livre vers lui, le fermant d'un coup, ne voyant pas, par le fait même, les mots qui venaient de prendre la place où la goutte d'encre s'était trouvée à peine une minute plus tôt.
– C'est donc ici que vous vous cachiez. J'ai entendu la cheminée, mais il n'y avait déjà plus personne quand je suis arrivé. Qu'y avait-il de si urgent pour venir vous cacher ici ?
D'ordinaire, Drago aurait répliqué qu'ils s'étaient cachés pour une raison et Lucius aurait dit quelques mots en souriant avant de les laisser à leurs manigances, mais, cette fois-ci, le sourire de son oncle ne dura qu'un instant. Avant même que son cousin ait ouvert la bouche, Lucius posa les yeux sur ce que tenait son fils et blanchit tout d'un coup.
– Où as-tu pris ça ?
Drago écarquilla les yeux face à la fureur visible de son père.
– Je… je… j'ai juste…
Lucius lui arracha le livre des mains et le cacha au plus vite dans l'une des poches de ses robes. Harry se recroquevilla un peu, mais ne put s'empêcher d'étendre son pouvoir jusque sur son oncle. C'est alors qu'il se rendit compte que celui-ci n'était pas furieux. Au contraire, il était presque mort de peur. Comment un simple bouquin qui faisait disparaître tout ce qu'on y écrivait pouvait-il inspirer une telle panique ?
– Ne fouille plus jamais dans mon bureau. C'est compris, Drago ? Et n'entraîne plus ton cousin dans tes mésaventures. Si jamais quelque chose vous arrivait à tous les deux… Sois content que je n'en parle pas ni à ta mère ni à ta tante.
– Oui, père.
Son cousin avait baissé les yeux sur ses genoux et lui-même n'osait guère regarder son oncle même s'il savait qu'il n'avait rien à se reprocher. C'était la première fois qu'il voyait Lucius agir ainsi et, d'après la réaction de Drago, c'était le cas pour lui aussi.
Le soupir de son oncle leur fit lever les yeux, toute trace de fureur était disparue tant de sa voix que de son visage et la peur que Harry avait senti chez lui commençait à s'évaporer. Lucius considérait apparemment le danger passé. Il lui restait encore à comprendre en quoi un bouquin, aussi magique soit-il, pouvait engendrer une telle réaction.
– La température est clémente, pourquoi n'iriez-vous pas jouer une partie de quidditch ?
Les garçons ne se le firent pas dire deux fois et se précipitèrent vers la porte. Alors qu'ils s'apprêtaient à sortir, Lucius les arrêta une dernière fois.
– Drago, une fois que ton cousin sera parti, considère-toi puni pour le reste de la semaine.
Son cousin se renfrogna, mais n'osa pas protester de peur que la semaine ne se transforme en un mois.
Harry attendait le plus patiemment possible, avec son cousin, que leurs parents finissent leur tasse de thé pour qu'ils puissent finalement se rendre sur le chemin de Traverse acheter leurs effets scolaires. Ils avaient reçu leur lettre depuis presque une semaine déjà et les garçons trépignaient d'impatience depuis ce temps. Même si leur famille était assez riche pour aller magasiner tous les jours, c'était plutôt rare qu'ils y aillent eux-mêmes. Souvent, leurs parents préféraient commander leurs achats ou faire venir les couturiers afin d'éviter la foule. C'était encore plus vrai pour Bellatrix qui craignait encore et toujours pour son fils à cause de son don. Elle n'avait jamais oublié leur première visite où il avait été submergé mentalement par le nombre de personnes présentes et, depuis, elle le surveillait attentivement lorsqu'ils se trouvaient dans un endroit populeux, réduisant les occasions au minimum.
Harry s'était beaucoup amélioré quant à la maîtrise de son don et il ne craignait plus comme avant d'être plongé dans la foule. Il était loin de l'apprécier, mais il parvenait à rester en contrôle. Il jugeait donc l'inquiétude de sa mère inutile, mais il ne pouvait s'empêcher de l'apprécier simplement parce qu'il s'agissait d'une autre preuve de son affection pour lui. Même après des années, voir toutes ces personnes qui l'aimaient et le considéraient comme un membre de leur famille réussissait encore parfois à le surprendre. À ce point-ci, il était plus Lestrange et plus Black qu'il n'avait jamais été Potter.
Plongé dans ses réflexions, il sursauta quand il entendit le bruit des tasses de thé cognant contre le plateau en étant déposées. Il sauta presque aussitôt sur ses pieds. Drago était, quant à lui, presque déjà rendu à la cheminée sous le sourire de sa mère. Alors que sa propre mère se levait, il se sentit empli d'un élan d'amour auquel il lui fut impossible de résister. Se détournant de la cheminée, il alla se saisir de la main de sa mère qu'il tint fermement. Bellatrix le regarda d'un air interloqué, mais répondit en resserrant sa main autour de celle de son fils dans un geste presque automatique. Elle dut lire quelque chose dans son regard, car elle l'attira un peu plus contre elle et lui donna un baiser sur le dessus de sa tête avant de les diriger tous deux vers l'âtre où se trouvaient déjà les autres.
Harry ne lâcha pas sa main et profita du fait qu'il était encore petit pour prendre place en même temps qu'elle dans la cheminée. Bella le serra encore plus fort contre elle tandis qu'elle lançait la poudre de cheminette. Il ferma les yeux, sentant les cheveux de sa mère flotter sur son front, et ne les rouvrit que lorsque le sol cessa de bouger sous ses pieds. L'agitation du chemin de Traverse le submergea aussitôt, mais il lui fallut seulement une pensée pour qu'elle se transforme en un simple bourdonnement auquel il finirait rapidement par ne plus porter attention. Sa mère passa une main dans ses cheveux et il lui sourit afin de lui montrer qu'il allait bien.
Lucius et Narcissa débattaient par où commencer un peu plus loin devant eux, Drago marchant derrière, mais Harry et sa mère étaient dans leur bulle, un espace juste pour eux, tandis qu'ils les suivaient d'un peu plus loin.
Enfin, jusqu'à ce que Bella s'exclame :
– Oh, Cissa, regarde ! Ce sont les nouvelles bottes en écaille de bout de feu chinois. Apparemment, il serait impossible de les mouiller.
– J'ai entendu dire qu'elles amplifiaient les sorts pour se réchauffer en hiver. C'est exactement ce qu'il faudrait à Drago. Il se plaint toujours d'avoir trop froid.
– Je ne veux pas de bottes rouges ! Refusa aussitôt son cousin. C'est la couleur des Gryffondors !
– Ne t'en fais pas trésor. Je suis certaine qu'ils ont plus d'une couleur.
– Ce serait vraiment de mauvais goût sinon. C'est difficile de combiner du rouge avec d'autres couleurs.
Narcissa acquiesça aux sages paroles de sa sœur. Lucius, quant à lui, ralentit le pas pour se retrouver entre les deux garçons qui s'étaient laissé semer par leur mère.
– Que diriez-vous de m'accompagner sur l'allée des Embrumes ? Je dois m'y rendre et vu votre soudain… intérêt pour les objets que vous ne devriez pas toucher, je pense que cela pourrait vous être bénéfique.
Les deux garçons rentrèrent la tête dans leurs épaules à ces mots. Lucius ne leur avait plus parlé de l'incident depuis qu'il les avait surpris, mais il était maintenant clair qu'il n'avait aucunement oublié. Drago avait également blêmi à l'idée de se rendre sur l'allée des Embrumes après les histoires d'horreurs qu'il avait entendues sur l'endroit. Lucius avait l'intention de lui apprendre une leçon, c'était certain. Ne touche pas à ce qui est hors de ta portée avant d'être prêt à l'assumer complètement. Quant à Harry, il avait déjà accompagné sa mère et il savait que, tant qu'il était accompagné d'un adulte de sa famille, il ne courrait aucun risque.
– À moins bien sûr que vous souhaitiez aller magasiner des souliers avec vos mères ?
Drago regarda sa mère juste devant lui, mais hors de portée, et Harry cru pendant un temps qu'il allait préférer se soumettre à la torture que leurs mères appelaient magasinage, mais il secoua la tête et Lucius fit donc signe aux deux sœurs qu'ils partaient de leur côté.
– Rendez-vous chez Fleury et Bott dans une heure.
Il aurait dû écouter sa mère. Ces fichus jumeaux Weasley l'avaient bien eu cette fois. Il ne s'était rendu compte de rien jusqu'à ce que sa langue ait doublé de volume. Ça lui apprendra à laisser sa nourriture sans surveillance alors que les frères de Ron se trouvaient dans la même pièce. Secouant les cendres de ses vêtements, il observa les alentours. Tout ce qui s'était passé ensuite était entièrement sa faute par contre. Lui et sa fierté mal placée étaient les responsables de la situation présente.
Il aurait dû accepter d'utiliser la cheminette avec sa mère, son père étant parti plus tôt avec Sirius et Remus. Sa langue ne cessait de grossir malgré les assurances des jumeaux que celle-ci retrouverait sa taille normale d'ici peu de temps. Il aurait dû se douter qu'il prononcerait mal sa destination.
Il analysa anxieusement ce qu'il parvenait à voir de là où il se trouvait et déglutit. Tout était sombre, mais il parvint à conclure qu'il se trouvait dans un magasin en voyant les différents objets placés un peu partout, tous ornés d'un prix. Il s'avança doucement vers la fenêtre la plus proche et laissa échapper un juron qu'il avait déjà entendu de la bouche de son père. Il avait malheureusement deviné juste ; il se trouvait sur l'allée des Embrumes.
Il fallait vite qu'il sorte d'ici et qu'il aille rejoindre sa famille. Sa mère devait être folle d'inquiétude. Elle ne le laisserait plus jamais utiliser la poudre de cheminette seul après aujourd'hui.
Il se dirigea d'un pas rapide vers la porte. Ses doigts effleuraient la poignée de porte lorsqu'il entendit des voix se rapprocher dangereusement de la boutique. Ses parents lui avaient toujours dit qu'il devait à tout pris rester à l'écart de l'allée des Embrumes. Par extension, c'était sans doute mieux d'éviter toutes personnes y circulant.
Il eut à peine le temps de se réfugier dans une armoire vide à proximité avant que la porte ne s'ouvre sur une tête blonde qu'il connaissait bien.
Évidemment que Malefoy était l'un de ces sorciers malfamés qui fréquentaient le coin. C'était à s'attendre de la part d'un mangemort. Il plissa les yeux en voyant deux Serpentards de son année entrer derrière celui-ci. Il supposa que c'était normal que Malefoy junior accompagne son père, mais il était surpris par la présence de Lestrange. Quoi que, à bien y penser, ces deux-là étaient cousins de par leur mère qui étaient des sœurs. D'autant plus qu'il n'y avait en fin de compte rien de surprenant à voir le fils de Bellatrix Lestrange ici. Celui-là marchait dans les traces de sa mère.
Il cessa de respirer lorsque celui-ci se tourna vers lui, leurs regards se croisant. C'est comme s'il savait qu'il se trouvait là. Mais c'était impossible. Lui-même ne voyait que très mal au travers des minces ouvertures du placard. Lestrange aurait dû se trouver directement devant lui pour ne voir ne serait-ce que l'éclat de ses yeux dans la noirceur.
– N'oubliez pas les garçons, ne touchez à rien. Cela ne prendra qu'un instant.
Lestrange se retourna lorsque Malefoy senior leur parla et Liam se retint de pousser un soupir de soulagement, mais ses épaules se relâchèrent perceptiblement.
Dès que Malefoy s'avança au comptoir, celui qui devait être le propriétaire de l'endroit sorti de l'arrière-boutique pour l'accueillir.
– Lord Malefoy, quel plaisir de vous revoir ! Que puis-je pour vous aujourd'hui ? J'ai reçu de la nouvelle marchandise il y a quelques jours, je suis certain que vous aimeriez y jeter un coup d'œil. J'ai notamment des livres très intéressants…
– Je ne suis pas venu pour acheter aujourd'hui, mais pour vendre.
– J'aimerais voir ces livres, moi.
– Harry…
– Je n'ai pas l'habitude de laisser des enfants fouiller dans mes affaires. Cependant, pour le fils de l'une de mes meilleures clientes, je suis prêt à faire exception.
Malefoy se ravisa et resta silencieux un instant avant de parler.
– Sois prudent et ne laisse pas Drago toucher à quoi que ce soit.
Drago, qui était en train de toucher une main squelettique se retourna en s'offusquant.
– Pourquoi seulement moi ?
Au moment où il enlevait sa main, le squelette se referma brusquement avec une force qui aurait sûrement broyé sa main s'il l'avait laissé là.
Malefoy fit un signe dans sa direction et Drago blêmit. Sans besoin de plus d'explication, il baissa la tête et se mit à suivre son cousin, les mains dans les poches.
– Vous avez dû entendre parler des aurores qui se sont mis en tête de visiter les maisons d'anciens… sympathisants. Disons qu'il y a chez moi certains artefacts que je préfèrerais qu'ils ne puissent pas mettre la main dessus.
– Je comprends tout à fait.
Si cela n'était pas une preuve que Malefoy était un mangemort loin d'être réformé, il ne savait pas ce qu'il faudrait de plus. Les deux adultes s'éloignèrent trop loin de lui pour qu'il puisse entendre ce qu'ils disaient, alors il concentra son attention sur les deux garçons de son âge.
– Qu'est-ce que tu cherches ?
– Je ne sais pas trop. Quelque chose.
Ils continuèrent de marcher plus loin, Liam parvenait de moins en moins à entendre ce qu'il disait.
– Ma mère… recherches…
–… Albanie ?
–… voyage… Quirrell.
Lestrange sembla soudain s'enthousiasmer.
– Regarde ça !
–… rien.
–… Serpentard…
– Vous avez trouvé quelque chose les garçons ?
Liam sursauta presque en voyant que Malefoy s'était de nouveau rapproché de là où il se trouvait.
– Je vais acheter ce livre.
Le propriétaire sembla surpris.
– Vraiment ?
– Oui. Il y a problème ?
– Non, aucun. Vous savez quoi, je vais même vous faire un prix.
Liam eu de la difficulté à rester en place alors que tout ce qu'il se passait était une vente tout à fait normale d'un livre, même si elle prenait place dans une sombre boutique dans une allée à deux doigts d'être jugé illégale.
Alors qu'ils sortaient, il entendit faiblement :
– Burke ne fait jamais de prix spécial ! Il doit vraiment aimer ta mère.
– Tu veux rire ? C'est seulement parce que personne d'autre n'aurait acheté ce livre et il le savait.
Dès qu'il n'y eut plus personne et que le propriétaire fut retourné dans l'arrière-boutique, Liam se dépêcha de retrouver la lumière. Il avait déjà passé trop de temps ici.
Harry ne put s'empêcher d'exhiber un sourire en coin en sortant du magasin. Une aubaine ? Le vendeur savait seulement qu'il était sûrement sa seule chance de se débarrasser du livre. Au premier coup d'œil, celui-ci lui avait semblé bien normal jusqu'à ce que son cousin lui demande ce qui pouvait bien l'intéresser dans ces gribouillis. C'est alors qu'il avait compris qu'il avait été écrit non pas en anglais comme il l'avait cru, mais en fourchelangue. Ce qui ressemblait à un livre sans valeur pour certains était en fait d'une rareté que, entre les mains d'un connaisseur, il vaudrait sans doute un millier de gallions.
D'après ce qu'il avait lu, il n'y aurait, selon les rumeurs, qu'à peine une centaine de livres écrits en fourchelangue. En effet, la simple action d'en écrire demandait des ressources auxquelles la majorité de la population n'avait pas accès. Pour commencer, il fallait pouvoir parler fourchelangue, don déjà rare en partant. Puis, il ne suffisait pas d'une encre normale, non. Il fallait utiliser le venin de l'une des races de serpent magique, serpents qui avaient, depuis des décennies, pris l'habitude de se cacher. Le venin, qui devait être volontairement donné, devait enfin être manié avec la plus grande habileté, puisque souvent mortel, afin de créer une encre permettant l'écriture en fourchelangue.
Au vu de la complexité de cette opération, la grosseur même du livre était impressionnante. Les quelques livres en fourchelangue étaient normalement bien plus courts, allant tout de suite dans le vif du sujet sans fioriture pour ne pas gaspiller de la précieuse encre.
Il ne regrettait pas du tout d'avoir choisi d'accompagner son oncle jusqu'ici. Sa mère l'avait déjà emmené et il était chaque fois surpris des objets étranges qu'il parvenait à y dénicher, le livre raflant le podium. Il avait aussi été intrigué par l'armoire qui dégageait de la haine mélangée à un étrange sentiment de peur, mais il avait suivi le conseil de Lucius et ne s'en était pas approché. Qui sait ce qui aurait pu se trouver à l'intérieur ?
Ils débouchèrent rapidement sur le chemin de Traverse, ne restant pas plus longtemps qu'il ne le fallait sur l'allée des Embrumes. À peine sortis, ils tombèrent sur Narcissa et Bella qui les attendaient là plutôt qu'à la librairie comme prévu.
– Il y a une foule dans la librairie. Vous n'auriez jamais réussi à nous y repérer.
– Je ne savais pas qu'il planifiait un évènement. De quoi s'agit-il ?
– Une séance de signature, je crois.
– Venez. Ne perdons pas plus de temps dans ce cas.
Suivant l'injonction de Lucius, ils se mirent en chemin, Harry marchant cette fois-ci aux côtés de Drago.
– Liam !
Harry se retourna en entendant le nom de l'une des personnes qu'il détestait le plus. Drago se retourna aussi en le voyant faire et ricana alors que Hermione Granger accourait auprès de son camarade et s'affairait à essuyer son visage couvert de suie pour une quelconque raison. Son cousin ricana :
— Tu as vu comment il est accoutré?
Mais Harry était autrement préoccupé. Juste plus loin, ridicule dans sa grandeur, se tenait Hagrid, le gardien des clés de Poudlard. Il ne voyait pas d'autre raison pour sa présence auprès de Potter que l'hypothèse qu'il l'avait accompagné pour une quelconque raison. Plus important, ils se trouvaient précisément à l'embouchure de l'Allée des Embrumes et, vu leur position, ils en sortaient à peine.
Mais qu'est-ce qu'ils pouvaient bien faire à trainer dans l'Allée des Embrumes ? Surtout le fameux garçon-qui-a-survécu, l'icône de la Lumière.
– Harry ?
La voix de sa mère le fit se retourner et il se rendit compte que même Drago avait repris la route et qu'il était déjà plus loin en avant avec ses parents.
– Est-ce que ça va trésor ?
– Ce n'est rien. Je regardais quelque chose, mais ça n'a pas d'importance.
– S'il y a trop de monde là-bas, nous partirons tout de suite, d'accord ?
– Il n'y aura pas de problème. J'arrive à manger tous les jours dans la Grande Salle lorsque je suis à Poudlard. Je le maîtrise mieux maintenant.
– Très bien, mais n'hésite pas s'il y a quoi que ce soit.
Harry se contenta de lui serrer la main alors qu'ils se remettaient en marche pour rattraper les autres.
C'était la folie furieuse dans la librairie. Ils se dirigèrent à l'unisson vers le deuxième étage afin de s'éloigner de la cohue.
– Oh, c'est ce Lockhart. Dit Bella avec une moue de dégoût. Montons, il vaut mieux ne pas nous faire voir avec ce genre de personne. Les gens pourraient se faire des idées.
– Dire que nous sommes censés acheter ses livres pour le cours de défense des enfants. Se plaignit Narcissa.
– Le niveau à Poudlard descend chaque année. Dit Lucius en serrant sa canne plus fort.
Cela paraissait dur à croire, mais la foule sembla soudainement encore plus agitée alors que Lockhart venait de terminer son discours abrutissant. Harry et Drago échangèrent un regard, se demandant quel pourrait être la cause, lorsque Liam Potter se faufila au travers d'une bande de rouquins, apparemment les Weasley vu le nombre et l'état de leurs vêtements, et s'avança poussé par un photographe frénétique.
– Par la barbe de Merlin ! Serait-ce Liam Potter ?
– Une photo ! Une photo !
– Mais naturellement !
Drago soupira bruyamment pendant que Lockhart souriait comme un idiot devant la caméra et commençait à déclarer bêtise par-dessus bêtise. Liam Potter avait l'air franchement mal à l'aise, mais Harry ne parvenait pas à le plaindre. Au contraire, il tirait beaucoup de plaisir de ses tourments.
Alors que la foule se dissipait finalement, Drago lui donna un coup de coude.
– Viens, allons voir la célébrité.
Harry n'eut d'autre choix que de suivre son cousin alors qu'il aurait préféré rester à l'écart du groupe de Gryffondors, d'autant plus que Lily Potter se trouvait parmi eux. Il ne savait pas où se trouvait Potter senior, mais, tant qu'il n'était pas présent, cela faisait son affaire.
Heureusement, lorsque Drago aborda les Gryffondors de leur année, leurs parents se trouvaient plus loin, proche de la caisse, et parlant visiblement entre eux sans regarder ce que faisaient leurs enfants. Parce que ne pas surveiller leurs enfants au milieu d'une foule était une brillante idée, même en temps de paix. Il savait, sans avoir à regarder derrière lui, que son oncle les suivait de loin. C'était sans doute son plan pour ne pas avoir besoin de pénétrer dans la foule pour acheter les livres scolaires de son fils et de son neveu.
– Je parie que ça t'a plu, avoue Potter.
Drago prit une voix plus aiguë et agita ses mains en imitation des nombreuses groupies du jeune sorcier :
– Le célèbre Liam Potter, il lui suffit d'entrer dans une librairie pour faire la première page.
La fin de sa phrase avait pris un ton plus mordant.
– Fiche-lui la paix, t'entends.
Son cousin se tourna surpris vers la petite rouquine qu'il n'avait pas remarquée plus tôt. Il esquissa un rictus moqueur.
– Alors Potter, tu t'es trouvé une petite amie ?
Harry sentit la cape de son oncle glisser contre lui alors qu'il le dépassait pour ramener Drago à l'ordre.
– Allons Drago, mais sois gentil.
Il lança un sourire affable à Liam, mais il ne suffit pas à tromper personne dans le groupe.
– Monsieur Potter, vous êtes bien loin de vos parents. Êtes-vous bien sûr que cela soit sage ?
– Pourquoi devrais-je craindre quoi que ce soit ? J'ai déjà vaincu Voldemort.
Harry ne pensait pas pouvoir haïr Potter junior plus qu'en ce moment. Il dut se concentrer pour ne pas s'emporter. S'il s'énervait trop, il risquait de perdre le contrôle sur son pouvoir et c'était très dangereux pour lui lorsqu'il se trouvait en présence de tant de personnes comme aujourd'hui.
– Comme vous devez être brave pour prononcer son nom… ou très étourdi.
– Craindre un nom fait seulement accroître la crainte de ce qu'il signifie.
Granger tentait de paraître forte, mais il sentit l'élan de peur qui la traversa lorsque Lucius fixa son regard sur elle.
– Vous êtes sûrement miss Granger. Oui, Drago n'a pas cessé de me parler de vous… et de vos parents. Des moldus, je crois.
Il se tourna vers ceux-ci, facile à trouver au milieu de la foule. Ils n'avaient même pas fait l'effort d'essayer de se fondre dans la masse. Ils étaient aussi malvenus qu'un cheveu sur la soupe.
– Et puis, ces cheveux roux, ce regard absent, ces livres de classe d'occasion, vous êtes sûrement les Weasley.
C'est à ce moment que le patriarche de la famille Weasley arriva
— Les enfants, c'est dément ici, allons dehors.
C'était évident qu'il tentait d'ignorer le chef de la famille Malefoy et Lucius ne pouvait le permettre. Ç'aurait été dire qu'Arthur Weasley était d'un rang plus élevé que le sien, ce qui était complètement ridicule. Il n'y avait qu'à les regarder.
– Tiens, tiens, tiens, Arthur Weasley.
– Lucius.
On aurait dit que prononcer ce mot, même le moins poliment possible sans paraître irrespectueux, lui avait fait physiquement mal.
– Bien occupé au ministère, Arthur, avec toutes ces descentes ? Vos heures supplémentaires sont-elles payées au moins ? À en juger par ce que je vois, je dirais que non.
Harry regarda son oncle se saisir des livres de classe de la petite rouquine qui, maintenant qu'il y pensait, devait être la dernière des Weasley.
– Pourquoi vouloir tellement déshonorer toute notre profession, si vous êtes si mal payé pour le faire ?
– C'est que nos vues sont différentes sur ce qui peut déshonorer notre profession, Malefoy.
– Eh oui. S'associer avec des moldus. Je ne pensais pas que votre famille allait descendre encore plus bas.
Lucius redéposa les livres d'école de la plus jeune dans son chaudron, alors que celle-ci le fixait, toute tremblante, mais tentant de paraître brave. Probablement une autre future Gryffondor.
De justesse, il s'empêcha de plisser les yeux d'une manière qui aurait été trop évidente. N'empêche, il était sûr qu'il y avait seulement cinq livres dans le chaudron et il y en avait maintenant six. Que planifiait son oncle ?
– On se verra au travail.
Lucius tourna le dos et Harry se rendit alors compte que sa mère et sa tante se trouvaient déjà à la porte du magasin.
– Et nous, à l'école.
Il se laissa entraîner par Drago et rejoint sa mère avec plaisir. Laissant ce nouveau mystère pour un autre temps. Peu importe ce que son oncle planifiait, il savait que lui-même ne risquait rien. Et puis, il les reverrait tous bien assez tôt à l'école.
Voilà! N'oubliez pas de laisser un commentaire si vous avez aimé. Le prochain chapitre est déjà prêt et sera publié le 19 janvier.
