Disclaimer: L'univers d'Harry Potter est la création de J. K. Rowling, pas la mienne. Je ne fais donc aucun argent avec cette histoire.

Normalement, le prochain chapitre sortirait début avril, mais puisqu'il s'agit de ma période d'examens, je ne peux pas vous confirmer la date. Je vais publier le prochain chapitre en avril, mais pour l'instant cela pourrait être au début tout comme à la fin du mois dépendamment. J'espère que vous comprendrez. Après tout, je me suis quand même amélioré quant à mon rythme de publication :)

Bonne lecture!


Harry Black

Chapitre 21: Départ brutal

Harry tourna une page de son livre, mais fut distrait par un battement d'ailes dans sa vision périphérique. Il tourna la tête et reconnut son animal de compagnie, une belle chouette effraie, qu'il avait depuis ses 7 ans. Il posa son livre sur la table devant lui et alla ouvrir la fenêtre. Il avait laissé Hedwidge sortir plus tôt ce matin pour qu'elle aille chasser et elle avait vraisemblablement fini.

En se penchant pour refermer la fenêtre, il remarqua une silhouette qui se déplaçait hâtivement en bas. Il ne lui fallut pas longtemps pour reconnaître son oncle à l'éclat presque blanc de ses cheveux. Il se demanda pourquoi celui-ci n'avait pas simplement utilisé la cheminette comme il le faisait d'habitude et ses pensées l'emmenèrent naturellement vers la conversation qui avait marqué le début de ses vacances.

En arrivant chez lui, il ne savait pas encore s'il allait recevoir des réponses à ses questions concernant les événements qui s'étaient produits à Poudlard. Toutefois, il ne s'y était pas trop attardé, simplement heureux de revoir sa mère. C'est sans doute pourquoi il avait été surpris quand, le soir même, il retrouva son oncle dans le bureau de Bellatrix, celle-ci jetant un regard teinté de colère sur Lucius avant de laisser son fils seul avec lui. Juste avant de les laisser seuls, elle lui avait serré doucement l'épaule de son fils en lui souriant, ce qui réussit à chasser un peu de son angoisse.

Il s'assit aux côtés de son oncle à sa demande, laissant la chaise de l'autre côté du bureau vide. Étonnamment, ce n'est qu'une fois assis qu'il se rendit compte de la présence du journal sur le bureau. Il jeta un regard surpris à Lucius qui soupira avant de poser sa main sur celle de son neveu et filleul.

– J'ai beaucoup de choses à te dire et il est primordial que tu ne répètes ce que je vais te dire à personne, surtout pas à Drago. Il ne sait pas tout ce que tu sais et je préférerais que cela reste ainsi. Tu as vécu des choses qui t'ont forcé à grandir plus vite, nous l'avons toujours su et t'avons traité en conséquence, mais Drago ne possède pas encore cette maturité et il lui reste encore quelques années de croissance avant de pouvoir tout savoir.

– Oui c'est promis.

Harry était surpris d'autant de secret, mais n'hésita pas avant de promettre.

– Ce journal… ce journal est très spécial. C'est le Seigneur des ténèbres qui me l'a donné lui-même il y a bien longtemps en me demandant de le protéger.

Le jeune sorcier écarquilla les yeux en entendant ces mots.

– Je n'ai jamais su tout ce que ce journal pouvait accomplir, mais je n'ai jamais douté de son pouvoir. C'est pourquoi, lorsque je l'ai vu entre les mains de Drago, j'ai eu si peur que… j'ai compris qu'il n'était plus sécuritaire de le garder au manoir. De plus, avec les rumeurs selon lesquelles les aurores avaient reçu l'autorisation de faire des descentes à l'improviste chez certains individus, j'ai jugé qu'il ne fallait plus prendre de risque. J'avais donc l'intention, lors de notre sortie au chemin de Traverse, de le déposer dans mon coffre à Gringotts en partant. J'aurais laissé vos mères partir avec vous et je vous aurais rejoint après avoir fait ce que j'avais à faire.

Lucius fit une pause avant de continuer.

– Toutefois, lorsque j'ai vu la jeune Weasley avec son chaudron plein de livres et cet insupportable amoureux des moldus qu'est son père, je n'ai pu résister à l'envie d'y glisser le journal. Avec le recul, je n'arrive pas à comprendre mes actions. Je me dois d'admettre qu'elles étaient irréfléchies et auraient pu vous causer bien du tort… tout en mettant en danger ce qui était sous ma protection.

Harry ne put s'empêcher de sourire.

– C'est la raison pour laquelle ma mère est vraiment fâchée, n'est-ce pas ?

Lucius grimaça.

– Oui, elle est persuadée que Drago et toi ne couriez aucun risque à Poudlard, mais que j'ai été stupide de risquer ainsi une relique du Maître.

Dans le silence qui s'installa, le jeune garçon ne put s'empêcher de réfléchir à voix haute.

– La première action du journal a été d'ouvrir la Chambre des secrets. Pour réussir à le faire, il a dû parvenir à contrôler Ginny Weasley puisqu'un simple livre en serait incapable. Et tu dis que tu n'as pas pu résister à l'idée de le déposer dans un chaudron en direction de Poudlard.

– Tu penses que le journal aurait pu m'influencer ?

Harry hocha la tête.

– En jouant sur ta colère. S'il a été créé dans le but d'ouvrir la Chambre, il a dû sauter sur l'occasion de se rendre à Poudlard. Il ne s'était jamais manifesté avant, car il était à l'écart et qu'il n'aurait jamais eu le pouvoir de te convaincre de le laisser entre les mains de Drago. Au contraire, tu t'inquiétais peu de savoir de ce qu'il pourrait advenir de la Weasley alors c'était plus facile pour lui.

Lucius resta pensif puis lui serra les mains avec un petit sourire.

– Tu es vraiment futé pour ton âge.

Harry baissa les yeux, mais sourit. Cela faisait toujours du bien de se faire complimenter de la sorte. Il se souvenait encore des multiples insultes qu'il endurait jour après jour chez les Dursley. Il avait parfois toujours de la difficulté à admettre qu'on le qualifie d'autre chose que de caractéristiques péjoratives.

– Tu penses que ta mère m'en voudra moins avec cette explication ?

Les deux sorciers échangèrent un sourire complice.

– Donne-lui une semaine.

Harry revint au présent alors que son parrain passait la porte et disparaissait à l'intérieur du manoir Lestrange. C'était vraiment étrange. Sa famille n'agissait ainsi que lorsqu'ils ne voulaient pas pouvoir être suivis par les aurores qui pouvaient voir chaque personne qui était sortie d'une cheminette dans la journée.

Sa décision prise, il rangea sa lecture du moment et posa sa chouette sur sa perche où elle s'installa pour dormir. Puis, il descendit les marches, pensant aller rejoindre son oncle en bas. Toutefois, sa mère fut plus rapide et l'intercepta alors même que son oncle s'empressait de repartir.

– Mets tout ce qu'il te faut dans une valise, tu pars chez ton oncle.

Ce fut la seule indication qu'il reçut alors que sa mère le poussait dans le dos pour le forcer à remonter à toute vitesse les escaliers.

– Quoi ? Mais quand ?

– Tout de suite. Il n'y a pas de temps à perdre.

Sa mère ouvrit la porte de sa chambre en grand et ne prit même pas le temps de la fermer derrière eux. Elle sortit le sac de voyage de son fils et entrepris d'y mettre tous les vêtements qui lui tombait sous la main. Harry, quant à lui, resta figé, mais s'activa après une nouvelle injonction de sa mère. Il tenta d'obtenir des réponses en remplissant sa valise, mais sa mère avait la bouche close, pincée en une mince ligne, et elle ne l'ouvrait que pour lui dire d'aller plus vite. Il ne l'avait jamais vu ainsi. Lorsqu'il étendit son pouvoir jusqu'à elle, la peur qu'il ressentit le fit accélérer la cadence. De quoi pouvait-elle avoir aussi peur ?

Une fois sa valise bouclée, sa mère l'entraîna jusque dans leur salon et lui mit une quantité suffisante de poudre de cheminette pour un voyage. Juste avant de le laisser partir, elle lui tendit un livre noir qui lui était devenu très familier pendant la dernière année.

– Prends-le et cache-le. Ne le montre à personne.

– Mais…

– Pars, maintenant. Il sera plus en sécurité avec toi, mais n'y touche surtout pas. Tu le gardes et c'est tout.

– Oui maman, mais…

Bella le fit taire et l'embrassa sur le front avant de le serrer bien fort contre elle.

– Pars. Je te rejoindrai.

N'ayant d'autre choix, il fit comme demandé et se retrouva en un instant dans le salon de son parrain. Sa marraine s'y trouvait déjà et se précipita vers lui, prenant doucement son visage entre ses mains.

– Tu as tout ce qu'il te faut ?

– Oui. Oui, je crois.

Il ne voyait son parrain nulle part et la peur qu'avait ressentie sa mère s'affichait en tristesse chez Narcissa.

– Drago est dans la salle à manger. As-tu déjà mangé ?

Harry fit signe que non.

– Alors, vas-y. Dobby va monter tes valises dans ta chambre.

Le jeune sorcier obéit, espérant que son cousin en sache plus que lui. Cependant, il n'eut pas cette chance, car son cousin mangeait tranquillement, inconscient de tout ce qui se passait autour. Le blond écarquilla les yeux en le voyant entrer.

– Harry ! Je ne savais pas que tu venais aujourd'hui.

– Moi non plus.

Drago haussa un sourcil, mais il secoua la tête et se contenta de s'asseoir. Une assiette apparut aussitôt devant lui, mais il n'avait pas faim. Il fixait la table, la tête dans le creux de sa paume, lorsque Drago poussa une exclamation. Redressant la tête, il vu le journal que Drago tenait dans ses mains, le visage blême. Il avait entendu le hibou de la poste arriver, mais n'y avait pas porté attention.

Il aurait dû.

Sur la première page en gros titre était annoncé : Pettigrew arrêté ! En dessous, plutôt qu'une photo du mangemort recherché depuis la fin de la guerre, se trouvait une photo de sa mère avec la légende : Bellatrix Lestrange recherchée.

Sa mère n'allait pas le rejoindre.


Harry s'était attendu à ne pas revoir sa mère du reste de l'été, mais il avait au moins espéré recevoir des nouvelles de sa part. Il savait qu'il était plus sécuritaire qu'elle s'en abstienne. Toutefois, il aurait tout de même aimé pouvoir se tenir au courant autrement qu'en vérifiant dans les journaux qu'elle était toujours saine et sauve ; c'est-à-dire qu'elle n'avait pas été capturée par les aurores.

Tout ça à cause de ce foutu rat qui s'était laissé prendre par ses anciens compagnons Potter et Black et qui était allé tout déballer sur sa mère en échange d'une peine réduite. S'il mettait la main sur cette vermine, il lui ferait passer l'envie de parler à jamais. Sa haine le surprenait parfois, lui qui croyait ne jamais pouvoir détester quelqu'un plus qu'il ne détestait les Potter. Il comprenait enfin la différence entre détester et haïr.

Son cousin avait tout fait pour lui remonter le moral, mais il ne parvenait pas à penser à autre chose et comment être heureux quand, chaque seconde, il songeait à sa mère en fuite et au danger qu'elle courait si elle se faisait prendre. Le ministère avait même lancé les détraqueurs à sa poursuite après presque deux moins sans avancée. Son parrain l'avait accompagné lorsque les aurores avaient demandé à lui parler et leur avait bien fait comprendre qu'il était mineur et que, s'ils le harcelaient au sujet de sa mère, il n'hésiterait pas à les poursuivre. Harry en avait été très reconnaissant, n'ayant aucune envie de devoir composer avec les aurores par-dessus tout ce qu'il se passait. Narcissa, quant à elle, était constamment aux petits soins avec lui, ce qu'il savait apprécier, mais il était parfois incapable de la regarder lorsqu'elle s'occupait de Drago. Voir le fils et la mère ensemble exacerbait son désir impossible de voir sa propre mère.

Sans aucun doute, l'été qui venait de passer avait été le pire de sa vie et il doutait que les choses s'améliorent. La cabine du Poudlard Express dans laquelle il se trouvait était plongée dans le silence malgré le fait que toute leur bande était présente. Même Pansy et Blaise ne se disputaient pas. Harry se sentait un peu mal de plomber ainsi l'ambiance, surtout à l'occasion d'une journée qui devait être heureuse, mais il était en même temps reconnaissant de leur silence. Il doutait que, une fois parvenu à l'école, il ait droit à autant de quiétude. Déjà sur le quai d'embarquement, il avait vu du coin de l'œil des doigts le pointant et avait tout fait pour ignorer leurs murmures en s'empressant d'entrer dans le train, ne prenant même pas la peine de dire au revoir à son parrain et à sa marraine. Ils comprendraient. Poudlard lui semblait d'un coup bien moins accueillant.

Il parvint à passer au travers du banquet d'accueil, quoiqu'il n'avalât pas grand-chose, et réussit à se rendre à son lit sans se faire importuner en grande partie grâce à ses amis qui formèrent un rempart autour de lui, chassant les moindres gêneurs. Encore une fois, il se rendit compte de la chance qu'il avait de les avoir comme amis. Cependant, cela ne pouvait durer. Les Serpentards savaient lorsqu'il était plus sage de se taire, mais ce n'était pas le cas des Gryffondors qui ne manquaient pas une chance de fanfaronner sur des sujets qu'ils étaient trop bêtes pour comprendre. Surtout Liam Potter. Il aurait dû s'attendre à quelque chose en voyant qu'il partageait son premier cours, métamorphose, avec les Gryffondors.

Puisqu'il manquait d'appétit depuis les événements, il avait été, sans surprise, le premier à quitter la table. Son cousin avait voulu l'accompagner jusqu'à leur salle de classe, mais il avait bien vu que l'assiette du blond était toujours pleine et il ne voulait pas le priver de son repas alors qu'ils avaient une longue matinée de classe qui les attendait. Pansy s'était particulièrement inquiétée à le voir partir seul, mais il lui avait assuré qu'il se souvenait toujours comment se rendre à leur classe de métamorphose et qu'il saurait se débrouiller seul. De toute façon, il s'était dit que, vu l'heure, tout le monde resterait dans la Grande Salle pour encore un moment et qu'il aurait la paix.

C'est pourquoi, appuyé contre le mur faisant face à la porte de leur première classe et plongé dans ses pensées, il fut surpris de voir Potter et Weasley se diriger vers lui. Il avait comme intention de les ignorer et il aurait réussi si Potter n'avait pas abordé le sujet qu'il ne fallait pas. Comme expliqué plus tôt, les Gryffondors ne savaient jamais quand il était plus sage de rester dans leur coin.

– Alors Lestrange, comment va ta mère ?

– Dégage Potter.

– Tu sais, ils ont déjà une cellule à Azkaban avec son nom sur la porte. Je parie qu'au moment où l'on se parle, ils préparent déjà une place pour toi, juste à côté. Au moins, comme ça, vous serez finalement réuni. Une vraie réunion de famille.

Harry serra les poings en évitant de regarder les Gryffondors pour ne pas leur montrer que leurs paroles l'atteignaient.

– C'est pas si sûr. Intervint Weasley. Ça, c'est s'il décide de l'emprisonner. Mon père a entendu dire qu'on prévoit déjà lui administrer le baiser du détraqueur lorsque les aurores l'attraperont. Folle comme elle est, cela ne fera pas grand changement.

– Et avec sa tronche, il y a bien seulement les détraqueurs qui seront prêts à l'embrasser.

Cette fois, c'en était trop. Sa baguette se trouva dans sa main en une fraction de seconde et celle d'après, les deux lions se trouvaient plaqués contre le mur.

– Je vous interdis de parler de ma mère comme si vous la connaissiez, comme si vous étiez seulement digne de prononcer son nom.

En voyant Potter prêt à en rajouter, il serra son poing qui ne tenait pas sa baguette et sourit en voyant les deux troisième année commencer lentement à suffoquer alors qu'une main invisible se resserrait autour de leur gorge, leur visage devenant rapidement d'un rouge prononcé. Heureusement pour eux, ils furent sauvés par l'arrivée de McGonagall qui les libéra aussitôt.

– Monsieur Lestrange !

Harry grinça les dents, mais rangea sa baguette. Il se tourna pour voir le visage réprobateur de sa professeure de métamorphose. Il n'en éprouva aucun regret. Ils l'avaient mérité.

– Suivez-moi.

Elle se tourna vers les deux Gryffondors.

– Vous deux, allez à l'infirmerie, juste au cas où.

Il suivit son enseignante comme demandé et ne fut pas surpris lorsqu'elle l'amena devant le bureau du directeur.

– Quel semble être le problème ?

– J'ai surpris monsieur Lestrange en train d'attaquer monsieur Potter et monsieur Weasley. J'ai dû envoyer ces derniers à l'infirmerie.

Harry ne put s'empêcher d'afficher un sourire en coin.

– Ils n'ont presque rien. Je les ai juste un peu étouffés.

Il fut surpris de l'expression déçue de McGonagall, mais le regard de Dumbledore était exactement ce à quoi il s'attendait. Il l'avait su dès qu'il avait fait son apparition dans le monde des sorciers aux côtés de sa mère. Il était le fils de Bellatrix Lestrange, donc c'était normal qu'il soit violent, qu'il soit cruel, qu'il soit… et bien l'enfant d'un mangemort.

– Tu peux nous laisser Minerva. Je crois savoir que ta classe va t'attendre si tu n'y retournes pas bientôt.

McGonagall hocha la tête et, après lui avoir envoyé un dernier regard, sortit du bureau, les laissant seuls.

– Assois-toi, Harry.

Le jeune garçon fit comme demandé, mais croisa les bras en fixant le front du directeur d'un regard noir.

– La violence n'est jamais la solution Harry.

Il garda le silence.

– Je vais devoir te donner une retenue.

Comme s'il s'en souciait. Toutefois…

– À ce que je sache, il y a plusieurs sortes de violence. Il n'y a pas que la violence physique. Il y a aussi la violence verbale. Est-ce que je me trompe, directeur ?

– Non, mon garçon, mais…

– Alors, je ne comprends pas pourquoi je serais le seul puni.

– Peu importe ce qu'ils ont pu te dire, je suis certain qu'il ne s'agissait que de paroles en l'air et qu'il ne voulait pas vraiment te blesser…

Harry ne put s'empêcher d'éclater de rire.

– Ne pas me blesser. Bien sûr que non. Ils ne font qu'insulter ma mère, mais ils n'ont évidemment aucune mauvaise intention derrière tout cela.

Dumbledore resta silencieux un moment.

– Mon garçon, je sais que ce que tu traverses en ce moment est très difficile. C'est pourquoi je vais laisser passer cette incartade. Toutefois, je ne veux pas que cela se reproduise. C'est compris ?

Harry se renfonça dans son siège.

– Ils n'ont qu'à se tenir loin de moi et à tenir leur langue.

– Mon garçon, avec tout ce qu'il se passe en ce moment, les rumeurs vont et continueront d'aller bon train et tu ne peux t'en prendre à tous ceux qui diront des choses que tu préfèrerais ne pas entendre.

– Je peux toujours essayer. Marmonna tout bas le Serpentard.

– Je suis sûr que les aurores apprécieraient si tu avais des informations à leur donner. Le plus tôt cette mésaventure sera finie, le plus tôt tu n'auras plus à te préoccuper de toutes ces rumeurs.

Harry se figea.

– Vous plaisantez j'espère.

Voyant que ce n'était pas le cas, il bondit sur ses pieds.

– Vous pensez vraiment que je serais prêt à vendre ma mère simplement pour avoir la paix ? Je n'ai rien à dire aux aurores et même si j'avais des informations, je ne leur dirai jamais rien parce que c'est ma mère !

Prenant une grande respiration pour se calmer, il ajouta :

– Maintenant, si vous avez fini, j'aimerais retourner à mon cours.

Il s'était déjà mis à marcher en direction de la porte lorsque Dumbledore reprit la parole.

– J'ai pris la liberté de changer ton horaire de classe un tout petit peu. Je n'ai rien enlevé, ne t'inquiète pas, mais j'ai jugé qu'il serait intéressant d'y rajouter le cours d'étude des moldus. Après tout, il n'y a jamais rien de mal à apprendre de nouvelles choses sur le monde qui nous entoure.

Harry voyait clair dans son jeu. Maintenant que la « mauvaise » influence de sa mère était loin de lui, il était temps d'essayer de l'attirer dans le « bon » camp, c'est-à-dire le leur, en lui montrant à quel point les moldus sont fascinants et les égaux des sorciers. Il ne répliqua rien au professeur, mais il allait envoyer une lettre à son parrain dès l'heure du dîner. Il devait bien y avoir une chose que son oncle pourrait faire pour enlever cette perte de temps de son horaire puisqu'il siégeait au conseil de l'école qui, ensemble, avait plus de pouvoir que le directeur lui-même.

Si sa mère était là, le directeur n'aurait jamais osé. Elle n'aurait pas hésité à lui dire sa façon de penser et personne ne souhaitait voir une Bellatrix Lestrange en colère. Cette pensée lui serra le cœur. Il voulait voir sa mère.


Dumbledore l'avait prévenu que des élèves de dernière minute s'étaient ajoutés à sa classe, mais il avait omis de la renseigner sur leur identité. Ou qu'ils n'étaient pas là de leur propre volonté. Elle était habituée à voir des noms se rajouter sur sa liste de présence avant même le premier cours puisque les élèves de deuxième année savaient rarement ce qu'ils voulaient si tôt avant même d'être revenus à l'école. D'ordinaire, il s'agissait d'élèves qui avaient pris les cours d'étude des runes ou d'arithmancie qui se rendaient compte qu'ils n'étaient pas prêts pour la charge de travail qu'impliquaient ces cours ou d'autres qui avaient cru que le cours de divination serait intéressant avant de rencontrer leur professeure. Sibylle était un cœur, mais elle pouvait être assez… originale dans sa façon d'être.

Elle ne se faisait pas d'illusion. Très peu d'élèves suivaient réellement son cours pour en apprendre plus sur les moldus. La plupart cherchaient plutôt un cours facile qui leur permettrait d'avoir une meilleure moyenne ou simplement moins de devoirs. Étonnamment, elle se retrouvait souvent avec plus de nés de moldus que de sang mêlé ou de sang pur. Ces premiers s'inscrivaient par simple curiosité sur ce que pouvait enseigner un tel cours ou, comme les autres, pour avoir un cours facile où ils connaîtraient déjà toute la matière d'avance. C'était d'ailleurs pour cette raison qu'elle aimait aborder des sujets plus complexes, comme de l'histoire, afin de donner un peu de défi même à ceux qui croyaient déjà tout savoir.

Elle avait d'abord été surprise en voyant le fils de Bellatrix Lestrange et le fils de Lucius Malefoy accompagnés de leurs amis, tous des enfants de mangemorts, assis dans le fond de sa classe. Toutefois, elle avait rapidement compris qu'ils préféreraient être n'importe où sauf ici. Le regard noir que lui lança le fils de Bellatrix la déstabilisa quelque peu alors qu'elle s'avançait devant sa classe, mais elle se reprit rapidement.

Dumbledore allait lui devoir des explications, mais, en attendant, elle avait un défi de taille qui l'attendait. Comment faire aimer son cours à des jeunes dont les parents haïssaient tant les moldus qu'ils avaient déjà entrepris des démarches par le passé pour abolir sa matière ?

– Bonjour tout le monde et bienvenue au cours d'études des moldus. Ce cours a pour but qu'à la fin de l'année vous possédiez une bonne connaissance sur la réalité d'un monde sans magie.

Elle s'éloigna de son bureau et se mit à arpenter l'allée, les élèves placés en avant se tournant légèrement afin de la suivre du regard.

– Tout d'abord, comment communiquez-vous avec vos parents et vos amis ?

– Par hiboux.

– Par cheminette.

Les réponses fusèrent rapidement et d'un peu partout, sauf, bien sûr, de la dernière table en arrière où les Serpentards se tenaient les bras croisés.

– Excellent. Mais comment feriez-vous tout ça sans magie ?

– Quoi, les moldus n'ont pas de hiboux ? demanda une jeune fille de Serdaigle.

– Au contraire, les moldus ont tout autant des hiboux que nous, puisque les animaux existent magie ou non. Toutefois, nos hiboux ont la particularité d'avoir été élevés et dressés dans un environnement magique, ce qui leur donne des habiletés que des hiboux, disons « moldus », n'ont pas. Comme de transmettre des lettres sans se tromper de destinataire.

Certains élèves hochaient la tête devant la confirmation de ce qu'ils savaient déjà tandis que d'autres affichaient une mine ébahie. Encore une fois, les Serpentards exprimaient l'ennui le plus total.

– Alors comment font-ils pour communiquer ? leur demanda Lily.

– Ah ! Je sais ! Ils ont un… un… phéléton ! L'élève de Gryffondor semblait particulièrement fier de connaître la réponse et elle lui sourit doucement devant son erreur.

Quelques rires résonnèrent dans la classe et elle y reconnut ceux qui possédaient déjà un certain savoir dans sa matière et les nota mentalement afin de s'en souvenir. Sans pouvoir s'en empêcher, elle porta pour une énième fois son regard en arrière. Les visages fermés des Serpentards n'avaient pas changé sauf pour… Lestrange. En effet, elle vit celui-ci lever les yeux au ciel. Cette attitude soulignait bien sûr encore son ennui, mais, plus encore, elle lui indiquait qu'il savait que la réponse du Gryffondor était fausse avant même qu'elle n'ait besoin de le corriger. Le jeune sang pur avait-il des connaissances sur les moldus que tous ignoraient ?

– Monsieur Lestrange, est-ce que vous voulez corriger votre camarade ?

Tout d'abord les yeux baissés sur ses mains, le Serpentard sembla ouvrir la bouche pour répondre, puis, redressant soudainement les yeux pour les plonger dans ceux de sa professeure, il s'arrêta et répondit plutôt :

– Pas particulièrement, non.

Lily en était sûre. Il connaissait la réponse. Bellatrix lui aurait-elle donc appris ces informations sur les moldus? Cela semblait surprenant, mais qui d'autre aurait pu le faire ?

– Quelqu'un d'autre veut répondre ?

– C'est un téléphone, pas un phéléton.

– Exactement, cinq points pour Poufsouffle.

Elle se lança dans une explication sur l'invention du téléphone et son évolution dans le temps jusqu'à aujourd'hui. Ses élèves parurent particulièrement intéressés par le fait que celui-ci pouvait même se ranger dans une poche. Lorsque la cloche sonna, les Serpentards étaient déjà prêts à partir.

– Monsieur Lestrange, restez, je vous prie.

Elle crut voir son élève soupirer, mais il vint nonchalamment se placer devant son bureau, son sac de livres sur l'épaule.

– Si vous n'avez pas aimé la réponse que je vous ai faite, je m'en excuse, mais vous n'avez qu'à ne pas me poser des questions ouvertes qui reposent sur ma volonté de répondre.

Lily fut étonnée d'un tel comportement de la part d'un élève que tous ses collègues traitaient d'élève modèle. Bien que son comportement à l'extérieur des classes ait changé cette année, et tous savaient pourquoi, il n'avait pas affiché un tel changement dans ses cours, restant plus silencieux, mais toujours respectueux lorsque l'on s'adressait à lui. Elle se rappela que la seule exception avait été son mari et se demanda d'un coup si la raison en était la rivalité du Serpentard avec leur fils, puis se ravisa. Lestrange ne voulait pas être dans son cours. Peut-être qu'il espérait qu'une mauvaise attitude l'en dispenserait.

– C'est vrai. Je vous ai demandé si vous vouliez répondre et vous avez dit non. Ce que je me demande c'est plutôt pourquoi vous ne souhaitez pas participer à la classe alors qu'il m'apparait évident que vous connaissez les réponses.

– Il m'arrive souvent de connaître les réponses, ça ne veut pas dire que j'ai envie de répondre à chaque fois.

– Alors vous pourriez songer à participer de temps en temps ?

– Je ne vois pas pourquoi. Je n'ai aucun désir d'être dans votre cours. C'est le professeur Dumbledore qui nous y a forcés, mes amis et moi, supposément vu notre dédain envers les nés de moldus de l'école. Il a dit… ah oui, que c'était une expérience pour contrer l'intimidation en misant sur la connaissance de l'autre. Dans ces circonstances, j'espère que vous comprendrez que je n'ai aucun intérêt, ni aucune envie, à me montrer enthousiaste face à votre matière.

– Mais participer aide souvent les élèves à obtenir de meilleures notes. Même si vous ne l'avez pas souhaité, ce cours-ci fait maintenant partie de votre cursus scolaire et il serait dommage qu'il fasse baisser votre moyenne.

Lestrange afficha un sourire narquois.

– C'est gentil de vous inquiéter, mais je vous assure que je peux réussir en silence. Maintenant, si ça ne vous dérange pas, j'ai un autre cours dans quelques minutes. Un cours où j'ai hâte d'être puisque je l'ai vraiment choisi, lui.

Vaincue, Lily lui fit signe de la tête de partir. Lestrange avait des connaissances inexpliquées sur les moldus, mais cela ne voulait pas dire que sa présence, à lui et à ses amis, dans sa classe serait plus facile pour autant.

Au moins, les autres élèves avaient semblé apprécier son cours.


Fini!

Quelqu'un m'avait déjà demandé pourquoi j'avais choisi drame dans la description de l'histoire...voilà pourquoi.