Disclaimer: L'univers d'Harry Potter est la création de J. K. Rowling, pas la mienne. Je ne fais donc aucun argent avec cette histoire.


Harry Black

Chapitre 22: Une visite coûteuse

Lors de ta prochaine visite à Pré-au-Lard, tu devrais aller faire un tour du côté de la cabane hurlante si ce n'est pas déjà fait. La légende dit que l'on peut y trouver des revenants si on explore un tant soit peu.

Les mots que lui avait écrits son oncle lui trottaient constamment dans la tête depuis qu'il avait reçu son hibou le matin même. Les revenants pouvaient référer à des fantômes, mais également à une personne disparue depuis longtemps. Connaissant son oncle, il ne s'agissait pas de la première option. Jamais son parrain ne perdrait son temps à lui écrire au sujet de superstitions. Ceci ne signifiait qu'une chose : sa mère allait se trouver à Pré-au-Lard lors de sa prochaine visite dans à peine quelques jours.

Sa mère. Il ne l'avait plus revue depuis sa fuite. Les seules nouvelles qu'il avait eues avaient été par l'entremise de la Gazette et Merlin savait qu'il ne s'agissait pas toujours de la source la plus fiable. Chaque fois qu'un nouvel article prétendait que la mangemort avait été repérée dans tel ou tel village, Harry se trouvait déchiré. Il espérait que l'information soit fausse, car cela voudrait dire que les aurores étaient encore loin de pouvoir capturer sa mère. En même temps, il ne pouvait s'empêcher de s'interroger. Si c'était vrai, qu'est-ce qui pouvait l'attirer dans ces lieux? Il ne doutait pas que retrouver le Seigneur des ténèbres était devenu sa priorité.

Il aurait tout donné pour la voir, mais il ne voulait pas qu'elle risque sa vie pour satisfaire son désir puéril. Sa sécurité était plus importante. Toutefois, maintenant que l'occasion se présentait, il ne pouvait pas refuser. Si son oncle lui disait que sa mère se trouverait près de la cabane hurlante lors de leur prochaine sortie au village, alors il y serait lui aussi, mais il prendrait toutes les précautions nécessaires. Draco l'y aiderait.


Après une attente qui lui sembla interminable, le jour de leur sortie à Pré-au-Lard se leva enfin. Ce n'est que de peine et de misère qu'il parvint à avaler quoi que ce soit au déjeuner. Une tempête faisait rage dans son ventre. Heureusement, l'excitation qui s'emparait des étudiants comme chaque jour de sortie l'aida à masquer ses émotions. Le premier beau jour du printemps après une semaine de pluie les accueillit, lui et ses amis, dès qu'ils franchirent le seuil du château.

Selon le plan que lui et son cousin avaient établi, et qu'il ressassait dans sa tête tout autant pour s'occuper que pour s'assurer que tout irait bien, il accompagnerait le reste de leur groupe, irait avec eux jusqu'à Honeydukes, puis déclarerait une migraine qui le pousserait à revenir au château. Bien sûr, il en profiterait pour prendre une bonne bouffée d'air aux environs de la cabane hurlante.

Lui qui avait parfois cru que magasiner avec sa mère et sa tante était pénible, il n'avait jamais aussi peu profiter du fait de se retrouver dans un magasin de bonbons avec de l'argent à volonté et la liberté d'acheter ce qu'il voulait. Toutefois il ne pouvait pas partir trop tôt s'il ne voulait pas paraître suspect.

Après leur visite à la confiserie, le groupe de Serpentards fit le chemin jusque chez Zonko, le magasin de farces et attrapes. Harry dut alors employer tout son savoir-faire pour dissimuler ses membres tremblants et son regard fuyant vers l'endroit où se trouvait la cabane hurlante malgré le fait qu'il savait qu'il lui était impossible de la voir d'ici. Sa mère devait être si près de lui à cet instant même après tous ces mois où elle avait été forcée de rester loin. D'après le plan qu'il avait échafaudé avec son cousin, il ne lui restait plus que quelques minutes. Ils avaient eu l'idée assez simple d'excuser son départ hâtif par un mal de tête et quel meilleur endroit au monde pouvait causer une migraine mieux qu'un magasin de facéties?

Lorsque le ricanement d'un clown résonna une énième fois dans la boutique, Harry prit cela comme son signal.

–Je vais aller prendre l'air, ce clown me donne mal à la tête.

–Tu veux qu'on t'accompagne? Lui demanda Daphné, sans doute la plus attentionnée de leur bande.

–Non, profitez de votre temps ici. On se rejoindra au château.

Drago étant le plus sociable des deux, ses amis ne furent pas trop surpris qu'il souhaite un peu de solitude et le laissèrent partir sans plus de question. Mieux encore, Zonko étant sans nul doute la boutique la plus populaire des élèves de Poudlard, surtout des Gryffondors qui étaient les plus à même de mettre leur nez dans ce qui ne les regardait pas. Il avait maintenant une foule d'étudiants qui ne seraient pas étonnés s'ils le croisaient seul plus tard lorsqu'il reviendrait de sa rencontre avec sa mère. Tout se passait comme prévu.

Il emprunta la route du village, passant devant les boutiques, mais, dès qu'il fut certain que personne ne le regardait, il traversa le couvert des arbres et s'aventura dans la forêt entourant Pré-au-Lard, ce qui lui permettrait de rejoindre sa mère sans être surpris. Plus il approchait, plus ses pas prenaient une cadence soutenue et il en était presque essoufflé quand il parvint dans la clairière à quelques pas seulement de la maison hantée la plus connue de la population de Poudlard. Cependant, il oublia tout lorsqu'il croisa finalement le regard de sa mère qui ne tarda pas à apparaître.

–Harry.

–Maman.

Un silence s'installa entre eux alors qu'ils se jetaient dans les bras l'un de l'autre, car nul mot n'était nécessaire pour transmettre l'amour qu'ils ressentaient en ce moment. Harry eut à peine conscience lorsque des larmes se mirent à dévaler ses joues, ne s'en rendant vraiment compte que lorsque sa mère prit son visage entre ses mains pour les essuyer, mais il n'y porta pas plus d'attention que cela. Sa mère, qu'il avait craint de perdre, se trouvait juste devant lui. Quoi de plus normal alors que de pleurer?

–Je ne peux pas rester longtemps.

–Je sais.

Il s'y était attendu, sa mère restait une fugitive, mais penser à son départ alors qu'ils venaient à peine de se retrouver le mettait dans un état auquel il n'était pas habitué et il enfouit son visage dans son cou comme il le faisait lorsqu'il était plus jeune et qu'il était encore assez petit pour qu'elle le porte dans ses bras.

–Laisse-moi te regarder.

Ses mains enserrant doucement son visage, Bella se recula et admira son enfant.

–Tu as grandi.

–Pas tant.

Elle chassa une mèche de cheveux de ses yeux et fronça légèrement les sourcils.

–Tes yeux…Il va te falloir une nouvelle dose de la potion.

Surpris, Harry posa les doigts sur sa joue, à quelques centimètres de ses cils.

–J'avais complètement oublié.

–Comme nous tous. Et pour de bonnes raisons. Mais nous avons encore du temps, ils n'ont pas encore perdu complètement leur couleur. Je vais essayer de m'en procurer et Narcissa s'occupera de ce dont je serai incapable de me charger.

Elle délaissa son visage pour plutôt prendre ses mains.

–En attendant, comment se passe ton école?


L'arrivée du printemps annonçait la fin de l'année et Liam comptait bien profiter de l'argent qu'il avait reçu pour se faire des provisions de bonbons pour les examens qui s'annonçaient déjà. C'était leur dernière sortie à Pré-au-Lard, c'était donc sa dernière chance de se procurer tout ce qu'il voulait.

Liam tentait de choisir entre deux sortes de chocolat lorsqu'il vu Lestrange passé par la vitrine de Honey Dukes. Avec la majorité de la population étudiante en sortie à Pré-au-Lard, cela n'avait rien de particulier. Cependant, le fait qu'il était seul l'inquiéta. Après tout, la dernière fois qu'il l'avait croisé seul, la chambre des secrets avait été ouverte et il n'était toujours pas convaincu que Lestrange n'ait pas été derrière tout ça. C'est pourquoi, en une fraction de seconde, il prit la décision de le suivre. Laissant Ron et Hermione dans le magasin en leur disant qu'il allait prendre l'air, il sortit et se dirigea dans le sens inverse du Serpentard avant de disparaître dans le recoin caché le plus proche. Alors, il enfila sa cape d'invisibilité qu'il trainait heureusement toujours avec lui.

Rapidement, il rejoignit la rue principale et eut peur pendant un moment d'avoir pris trop de temps et de l'avoir déjà perdu. Toutefois, après avoir scruté frénétiquement les moindres détails du village qui se dressait autour de lui, il repéra une silhouette à l'orée des bois, mais qui disparut rapidement dans l'ombre des arbres. Prenant garde de ne frapper personne, il courut pour rattraper Lestrange, s'arrêtant à une distance suffisante pour le suivre et ne pas risquer de se faire entendre.

Il le suivit ainsi pendant quelques minutes quand, entre deux sapins, il aperçut la cabane hurlante. Qu'est-ce que le Serpentard pouvait bien venir faire ici? Rien de bien en tout cas s'il passait par les bois pour agir en catimini. Reportant son regard sur son rival, il sentit son sang se glacer et ses pieds se figèrent comme si quelqu'un lui avait lancé un sort de pétrification.

Bellatrix.

Bellatrix Lestrange ici.

À Pré-au-Lard.

Il recula doucement et, lorsqu'il fut assuré qu'aucun des deux n'était au courant de sa présence et qu'ils ne pouvaient plus l'entendre, il se mit à courir.

Il devait prévenir quelqu'un. Mais qui?

La réponse lui vint presque aussitôt.

Dumbledore.


Lily profitait du beau temps pour se dégourdir les jambes. Elle était parvenue à corriger tous les travaux de ses élèves de troisième année et allait pouvoir les leur remettre lors de leur prochaine rencontre. Elle avait en général été très satisfaite de leur travail. Bien sûr, elle n'était pas surprise du manque d'intérêt qui respirait des pages de certains, notamment des Serpentards qui s'étaient ajoutés à sa classe. Parmi ceux-ci, sa meilleure note était sans aucun doute Lestrange qui montrait, encore une fois, qu'il connaissait la matière, mais qu'il ne voyait pas l'intérêt d'aller creuser plus loin dans un sujet qu'il ne portait pas dans son cœur.

Comme si ses pensées l'avaient fait apparaître, Lily vu le jeune Serpentard assis au bord du lac, étonnamment seul. Chose surprenante, ce qui ressemblait à un bouquet de fleurs trainait à ses pieds. Serait-il amoureux de quelqu'un ou quelqu'un lui aurait-il déclaré ses sentiments? Elle décida de s'approcher. Peut-être le jeune Serpentard serait-il plus à l'aise de parler dans un environnement moins formel qu'une salle de classe?

Lestrange se figea lorsqu'il perçut son arrivée, mais il retourna bien vite à son occupation. Elle ne s'offusqua pas de ce rejet, ne s'étant pas particulièrement attendue à autre chose de sa part. Arrivée à sa hauteur, elle écarquilla les yeux en voyant ce que tenait le garçon.

Une couronne de fleurs. Comme elle avait montré à son Harry comment faire.

Elle se ressaisit rapidement et s'assit par terre, gardant tout de même un espace afin que le plus jeune ne se sente pas envahi.

–C'est joli. Tu fais ça souvent?

Le Serpentard lui accorda un regard en biais, mais resta silencieux. Puis, après un moment :

–Ça me détend.

–Où as-tu appris à faire ça?

–Ma mère. Et je ne veux pas en parler.

Son ton s'était fait plus brusque et, bien qu'elle aurait pu l'en réprimander, elle ne le fit pas. Elle pouvait comprendre la réaction du garçon. Elle ne portait pas Bellatrix dans son cœur, mais il s'agissait de sa mère. D'ailleurs, elle peinait à croire qu'une si terrible guerrière ait pu enseigner à son fils à faire des couronnes de fleurs. Elle supposa que toutes les mères devaient être pareilles en fin de compte, à commencer par l'amour qu'elles portaient à leurs enfants. Même les disparus.

Les similitudes qu'elle ne cessait de dresser entre Harry Lestrange et son Harry ne devaient être que les fruits d'un espoir qui ne s'était jamais vraiment éteint dans son cœur de revoir son fils vivant. Cette idée lui avait permis d'avancer après la tragédie, mais elle devrait bien se faire une raison un jour. Son fils était mort et elle ne pouvait pas espérer que le fils d'un couple de mangemorts puisse le remplacer. Ce n'était pas sain d'ainsi projeter son souhait sur son élève. Il avait perdu une mère et elle avait perdu un fils, mais cela ne voulait pas dire qu'il accepterait son intervention dans sa vie.

Chassant les larmes qui risquaient de couler si elle poursuivait ce chemin de pensée plus longtemps, elle se leva. Le Serpentard ne lui accorda pas un regard alors qu'elle s'éloignait vers le château.


–Professeur Dumbledore, je dois vous parler. C'est important!

Le directeur fit signe à Liam de s'asseoir alors que celui-ci déboulait dans son bureau, mais il préféra rester debout.

–Je t'écoute mon garçon.

Et Liam parla.


Harry triturait sa nourriture. L'inquiétude lui coupait l'appétit. Il ne savait pas exactement pourquoi il se sentait autant sur les nerfs en ce moment, ou plutôt il ne parvenait pas à dégager une seule raison du fouillis qu'était devenue sa vie.

Il avait pu parler à sa mère aujourd'hui et celle-ci, bien qu'elle le cachât, n'allait pas très bien. Elle avait perdu beaucoup de poids et son teint déjà pâle était devenu blême. Il craignait qu'elle ne couve une quelconque maladie et qui pourrait s'occuper d'elle alors qu'elle était en fuite? De plus, comme si ce n'était pas assez, le commentaire de sa mère leur avait rappelé qu'il n'avait pas consommé sa potion annuelle. Il devait donc maintenant s'inquiéter que quelqu'un remarque le changement en attendant que sa tante puisse la lui envoyer. C'était une chance qu'il soit bon à l'école, car, avec tout ce qu'il se passait, les cours et les examens étaient loin de faire partie de ses priorités.

Le silence se fit autour de lui, chose étrange en plein milieu du repas du soir, ce qui le poussa à lever les yeux de son assiette. Lily Potter se dirigeait vers la table des Serpentards, le regard grave. C'est alors qu'il nota que Dumbledore n'était pas descendu manger comme il en avait l'habitude. D'ailleurs, il n'était pas le seul professeur absent.

–Monsieur Lestrange, suivez-moi s'il vous plait.

Harry était content de ne pas être parvenu à manger quoi que ce soit. Il était certain qu'il aurait été malade sinon. Tout cela ne lui disait rien qui vaille. Toutefois, il masqua sa peur et acquiesça.

Sa professeure ne lui indiqua pas où ils se dirigeaient, mais le chemin qu'ils prirent lui indiqua bien vite que leur destination était le bureau du directeur. À de multiples reprises, Lily Potter sembla sur le point de lui dire quelque chose, mais chaque fois elle refermait la bouche, choisissant le silence plutôt que la parole. Envoyant son don à la rechercher d'indices, il sentit tout d'abord du soulagement puis de la tristesse. Il était rare qu'il sentît ces deux émotions cohabiter et il peinait à en trouver une cause.

En fait, il n'en voyait qu'une, mais il préférait ne pas y penser. En fait, il refusait catégoriquement de simplement l'imaginer. Ce n'était pas possible, un point c'est tout.

Alors qu'ils approchaient de la statue qui donnait accès aux quartiers de Dumbledore, Liam Potter en sortit. Harry fronça aussitôt les sourcils, mais Lily Potter posa la main sur l'épaule de son fils et lui sourit en le poussant gentiment, en direction de la Grande Salle sans doute. Au passage, son rival lui jeta un coup d'œil, mais s'empressa de détourner le regard et continua sa route. C'était un comportement étrange de sa part alors qu'il ne refusait d'habitude pas la confrontation. D'ailleurs, c'était lui qui provoquait la plupart des conflits. Lui-même préférait grandement faire comme s'il n'existait pas.

–Entre, mon garçon.

La voix du directeur leur parvint de l'extérieur dès qu'ils s'approchèrent de la porte ouverte du bureau et le garçon, qui s'attendait à ce que sa professeure le laisse seul, fut surpris de la voir l'accompagner à l'intérieur.

Dumbledore avait le visage grave et ses sentiments, si habilement masqués qu'il peinait à les distinguer parfaitement, ne laissaient paraître qu'une extrême gravité qui n'indiquait rien de bon.

–Assoies-toi.

Harry fit comme demander, attendant toujours que Lily Potter quitte la pièce maintenant qu'elle avait fait son boulot, mais elle ne bougea pas de derrière lui. Il sentit sa main passer au-dessus de son épaule, comme si elle avait voulu l'y poser, puis cette sensation s'éloigna. Elle devait avoir changé d'idée. Pourquoi avait-elle pensé en premier lieu à lui offrir ce geste de soutien alors qu'il ne lui avait jamais témoigné la moindre affection? La peur commençait à resserrer son étreinte autour de son cœur.

Il devait se tromper n'est-ce pas?

–Les aurores m'ont fait parvenir un message…

–Non.

Harry interrompit aussitôt le vieil homme. Les mines graves autour de lui et maintenant la mention des aurores. Tout cela ne pointait que dans une seule direction. Celle qu'il craignait depuis le début, mais qu'il refusait de croire.

–Ta mère a été appréhendée un peu avant l'heure du souper après qu'une source ait révélé l'avoir vu aux environs de Pré-au-Lard.

Il le savait. C'était beaucoup trop dangereux. Il avait été trop égoïste et maintenant sa mère en payait le prix. Il se serait encore plus ennuyé de sa mère s'il n'avait pas pu la voir, mais au moins elle aurait été en sécurité. Et puis une source…

Mais bien sûr.

Pour quelle raison Liam Potter descendrait-il du bureau du directeur à ce moment précis s'il n'était pas la source anonyme des aurores? Il était peut-être venu s'assurer que son message avait porté ses fruits. Il ne pouvait pas s'occuper de ses affaires? Et lui. Avait-il été assez idiot pour se faire suivre par Potter sans qu'il s'en rende compte? Apparemment oui.

–Je veux la voir.

–Mon garçon…

–Il faut que je la voie!

En disant cela, il bondit sur ses pieds, les poings fermés.

–C'est trop tard.

–Quoi? Trop tard? Mais…

Il se laissa retomber sur sa chaise, songeant aux rumeurs qui avaient circulé dernièrement.

–Non. Non, ne me dites qu'ils…qu'ils ont…

–J'ai bien peur que oui, mon garçon.

Il sentit une larme chaude couler le long de sa joue et il dut se retenir pour empêcher que les suivantes ne dévalent ses joues à leur tour. Il pleurerait, mais pas ici. Pas devant deux personnes qui étaient sans doute ravies de la nouvelle.

–Dès son arrestation, Bellatrix Lestrange a été amené à Azkaban où elle a subi le baiser du détraqueur. Il ne reste plus qu'à régler la question de ta garde.

Harry ne put s'empêcher de hausser les sourcils. Il venait de lui apprendre ce qui n'était rien d'autre que la mort de sa mère, bien qu'elle respirât encore, et maintenant il voulait décider où il allait vivre? Et Lily Potter. C'était sans doute pourquoi elle était restée. Non. Il n'en était pas question.

–Non. Je refuse.

–Pardon?

Il se leva.

–Il est hors de question que j'aille vivre chez les Potter!


Dumbledore arqua un sourcil.

–Pourquoi penserais-tu cela, mon garçon? Il est d'usage que seuls les membres de la famille puissent s'occuper d'un enfant lorsque les parents sont…indisposés.

Le jeune Serpentard émit un ricanement.

–Indisposé, hein? C'est comme ça que vous appelez ça?

Il affichait un air faussement détendu, mais il ne s'était pas rassis depuis son éclat et se tenait volontairement aussi loin possible d'eux. Le directeur cherchait toujours à comprendre pourquoi le jeune homme avait aussitôt sauté à la conclusion que Lily Potter hériterait de sa garde. S'il n'avait pas eu de proches parents peut-être, mais avec les Malfoys ses parrains…

–Un euphémisme, bien entendu. Mais j'aimerais tout de même entendre ta réponse.

Le garçon était beaucoup trop stressé, et cela n'avait rien à voir avec les derniers événements entourant sa mère.

–Elle est ici avec nous alors qu'elle n'a rien à faire ici. C'est la seule réponse à sa présence que j'ai trouvée.

Le jeune Lestrange fusillait du regard sa professeure et Dumbledore se demanda pourquoi tant de colère à son encontre. Il aurait compris si cette colère lui avait été adressée, mais c'était à peine si le garçon le regardait. Au contraire, il semblait éviter son regard.

Alors même que le garçon était parvenu à conserver son sang-froid en apprenant que sa mère avait subi le châtiment ultime, il était maintenant très agité. En quoi Lily Potter pouvait-elle le mettre dans un tel état sans qu'elle ait même dit quoi que ce soit? Il ne pouvait pas seulement s'agir de l'éducation élitiste du garçon, il n'avait jamais eu une telle réaction devant les autres nés moldus. Quant à la haine sans nul doute inculquée par Bellatrix à son fils, celle-ci aurait dû s'appliquer d'abord et avant tout à lui-même considérant qu'il avait été l'ennemi numéro 1 de son maître.

Il regardait le garçon d'un air inquiet quand soudain la réponse sembla lui éclater au visage. Les yeux de son étudiant étaient bruns au début de l'année, et bien qu'il y en restât encore un peu, ce n'était plus la couleur prédominante. Non, ses yeux étaient verts maintenant. Vert comme…

–Harry? Harry c'est toi?

Lily venait de comprendre aussi.

La grimace qui s'empara du visage du garçon fut une réponse suffisante.

Comment avait-il pu ne pas s'en rendre compte? Ces trois dernières années, il n'avait pas cessé de dresser des parallèles entre le Serpentard et un jeune Tom Jedusor, mais, en fin de compte, il avait laissé ses préjugés l'aveugler. C'était le rapprochement du jeune homme à Bellatrix qui l'avait poussé dans cette direction alors que, en y réfléchissant bien, il voyait qu'il s'était fourvoyé. Ce côté rebelle et cette habileté dans les airs, c'était du James tout craché. Et ce côté plus studieux, sans compter ce regard défiant qui les dévisageait tous deux, c'était une réplique parfaite de Lily.

–Harry Potter.

Le jeune Serpentard les perça d'un dernier regard et s'enfuit dans les escaliers. Les adultes restèrent figés, mais cela importait peu. Il ne pourrait plus se cacher maintenant.


Fini!

Quelqu'un m'avait déjà demandé pourquoi j'avais choisi drame dans la description de mon histoire...voilà pourquoi. J'espère que vous allez bien dans les circonstances. Je prévois tout de même de publier le prochain chapitre au mois de mai, mais on verra si je suis capable de le finir avant. Je ne promets rien.

À la prochaine!