Disclaimer: L'univers d'Harry Potter est la création de J. K. Rowling, pas la mienne. Je ne fais donc aucun argent avec cette histoire.
J'aurais voulu publier ce chapitre un peu plus tôt, mais il y a eu un deuil dans ma famille donc vous comprendrez que je n'avais pas la tête à ça. J'espère que ce chapitre saura vous satisfaire.
Harry Black
Chapitre 23: Deuil et apprentissage
Comment avait-il pu être aussi stupide ? Il aurait dû partir dès que Dumbledore lui avait dit pour sa mère. Il aurait dû garder le silence, garder son calme. Ne pas se trahir aussi bêtement. Il aurait dû empêcher Liam Potter de le suivre en premier lieu et rien de tout ça ne serait arrivé. Il aurait dû faire bien des choses différemment. Mais c'était trop tard.
Il laissa ses pas le mener vers la salle commune des Serpentard, mais il n'y resta pas. Il monta jusqu'à son dortoir et se recroquevilla sur son lit. Maintenant qu'il était seul, ses larmes se mirent à couler. Il n'aurait pas pu les retenir s'il l'avait pu. Cette fois, il ne verrait vraiment jamais plus sa mère. Il n'avait pas besoin que les Potter viennent s'en mêler en plus.
Il ne se redressa pas lorsque la porte s'ouvrit. Il n'avait pas voulu que le directeur ou Lily Potter le voit dans un tel état, mais il faisait entièrement confiance aux gens de sa maison, particulièrement à ceux de son dortoir.
– Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Qu'est-ce que la Potter voulait ?
Il se tourna pour faire face à Drago qui s'était assis à ses côtés.
– C'est ma mère.
Sa voix se cassa.
– Ils l'ont… ils lui ont administré le baiser du détraqueur.
Drago, déjà inquiet de la mine de son cousin, blanchit.
– Non.
Aussitôt, il l'enlaça fermement. Les deux garçons n'étaient pas aussi tactiles d'ordinaire, mais la situation demandait plus que des mots.
– Ce n'est pas tout.
La dernière chose que Harry voulait était de parler des derniers événements, mais il le devait. La vérité n'allait pas tarder à éclater et il ne voulait pas que son cousin l'apprenne par quelqu'un d'autre que lui.
– Bellatrix… elle n'était pas ma mère biologique.
– Elle t'a adopté ?
Harry hocha la tête. Drago comprit que ce n'était pas tout ce que son cousin avait à lui dire, alors il l'encouragea :
— Et tu sais qui ils sont? Tes parents.
Nouveau hochement de tête. Harry prit son temps avant de compléter. Une fois que son cousin serait au courant, rien ne serait plus comme avant.
– James et Lily Potter.
– Attends. Liam est ton frère!
– Malheureusement.
Harry attendit craintivement la réaction de son cousin alors que celui-ci resta un long moment silencieux.
– Et après ? Ma tante t'a adopté alors, peu importe ce qu'ils disent, tu es mon cousin. Est-ce que ça veut dire que le feu qui a supposément tué… et bien toi, c'est Bella qui…
– Oui, c'est le jour qu'elle m'a sauvé.
L'acceptation de Drago le soulageait d'un grand poids.
– Le problème, c'est que les Potter savent maintenant.
– Comment ça ? Ma tante leur a dit ou…
– La raison pour laquelle je ressemble autant à ma mère est que, depuis que je suis petit, j'ai une potion à boire chaque année. Les effets sont permanents excepté pour les yeux.
– Je n'avais même pas remarqué. Ils ne sont plus bruns comme avant, il y a du…
– Du vert, oui. Au naturel, j'ai les mêmes yeux que Lily Potter et c'est ça qui m'a trahie. Ça et, dans le choc de la nouvelle, j'ai dit certaines choses que je n'aurais pas dues. Pas grand-chose, mais assez pour qu'elle et Dumbledore comprennent. Je ne sais pas ce qui va arriver, Drago.
Son cousin afficha une mine résolue.
– Il ne se passera rien. On va écrire à mes parents et ils sauront quoi faire. Je ne les laisserai pas nous séparer. On est cousins.
Harry hocha la tête. Il espérait plus que tout que Drago ait raison.
– Monsieur Potter.
Harry garda sa tête penchée sur ses notes.
– Monsieur Potter ?
Il se demanda ce que Liam attendait pour répondre quand il se rappela que les Serpentards partageaient le cours de botanique avec les Serdaigles et non avec les Gryffondors. Liam n'était pas dans sa classe. Alors pourquoi…
– Monsieur Potter, je vous ai posé une question.
Il leva les yeux pour voir que la professeure le regardait. Les élèves autour s'étaient déjà mis à chuchoter.
– C'est Lestrange.
Il espérait que sa professeure s'excuserait et passerait à autre chose, mais elle n'en fit rien.
– Ça ne sert à rien de mentir. Dumbledore nous a tout expliqué. Maintenant, répondez à la question, monsieur Potter. Pourquoi est-ce que la forme du contenant a de l'importance lorsque l'on transplante…
Harry ne prit pas la peine d'écouter jusqu'au bout. Tous le regardaient et il ne doutait pas que, avant le souper, toute l'école saurait. Ne pouvant plus le supporter, il ramassa ses affaires et se leva.
– Monsieur Potter. Monsieur Potter ! Retenue !
Comme si une retenue allait le déranger. Le vrai problème était que son secret n'en serait bientôt plus un à cause de Dumbledore qui avait apparemment jugé qu'il était en droit d'informer tout le personnel de son drame. Lui qui espérait finir l'année sans avoir besoin de se pencher sur le problème. Les couloirs se remplirent soudainement d'élèves alors que les cours se terminaient.
– Harry !
La voix de Liam le fit se retourner. Super. Maintenant lui aussi était au courant. Ce n'était qu'une question de temps avant que Lily ou James Potter informe leur fils de la nouvelle.
Il ignora son appel et hâta le pas. Il réussit à le perdre après quelques tournants. Peu désireux d'affronter le reste de l'école, il prit le chemin du dortoir. Ses amis le rejoignirent peu de temps après. Leur mine était fermée et Drago afficha un air désolé.
– Je pense que tu as des choses à nous dire. Dit Pansy en croisant les bras.
– J'ai cru que c'était mieux si c'était toi que leur disait.
Harry sourit à son cousin pour l'apaiser. Après ce qu'il s'était passé en classe, il s'était attendu à devoir répondre à bien des questions.
– J'ai été adopté. Mes parents biologiques sont les Potter, mais je m'en fiche complètement, d'accord ? Bellatrix est ma mère.
Après son résumé, il observa leur réaction. Daphné haussa les sourcils et Blaise poussa un soupir admiratif :
— Wouah ! C'est toute une bombe, ça. Enfin, tant que tu n'oublies pas que tu es un Serpentard d'abord et avant tout.
Ce à quoi Harry répliqua :
– Il n'y a aucune chance.
– Bien, alors je ne vois pas pourquoi on s'en ferait. Tu es toujours l'un des nôtres. Conclut Théo.
Harry se tourna vers les deux filles qui étaient restées silencieuses. Daphné lui sourit et Pansy, après un moment, hocha la tête.
Il relâcha ses épaules et se laissa tomber sur le fauteuil le plus proche. Ses amis l'imitèrent et Blaise partagea des pâtisseries qu'il avait sur lui. C'était réellement comme si rien ne s'était passé. Ses amis étaient toujours là pour lui.
Ce fut bien la seule bonne nouvelle.
Lui qui avait fait de son mieux pour éviter les Potter, il n'avait maintenant plus d'autre choix que d'affronter son ancien professeur de vol. La détention qu'il avait reçue avait été donné à James Potter, ce qui voulait dire qu'il n'aurait pas d'autre choix que d'être en sa présence pour au moins une heure.
Lorsque Potter senior ouvrit la porte de son bureau, Harry alla s'asseoir sans même lui adresser un regard. Le silence dura bien après que James se soit assis à son tour. Finalement, après un soupir, le plus vieux prit la parole :
— Harry, il faut qu'on parle.
– C'est monsieur Lestrange pour vous.
Il garda ses yeux fixés sur ses genoux.
– Tu sais que Lestrange n'est pas ton vrai nom.
– Bien sûr que oui. C'est celui que j'ai choisi, c'est donc mon vrai nom. Je serai toujours plus un Lestrange qu'un Potter, même si vous changez mon nom sur les papiers.
Il regarda alors James Potter dans les yeux, mais seulement en signe de défiance.
– Nous sommes tes parents…
– N'oubliez pas que c'est vous qui m'avez abandonné en premier. Ne vous étonnez pas si c'est à mon tour de vous rendre la pareille.
– Ce n'est pas de gaieté de cœur que nous avons fait ce que nous avons fait.
– Mais vous l'avez fait.
– Je ne peux évidemment pas le nier, non. Mais tu dois comprendre que nous avons fait ça pour te protéger.
Harry retint mal son rire.
– Me protéger, hein ?
– Je sais que tu ne me crois pas, mais c'est vrai. Le jour où nous t'avons laissé chez la sœur de Lily, des mangemorts nous ont attaqués. Tu as été le seul blessé et on a eu peur de te perdre.
– Et c'est pour ça que vous m'avez abandonné ? Parce que vous aviez peur de me perdre ? répliqua Harry en croisant les bras.
– Nous savions que les mangemorts continueraient à chercher à se venger de Liam pour avoir vaincu Voldemort. L'attaque nous a montré que nous étions incapables de vous protéger tous les deux et nous préférions que tu sois loin de nous plutôt que de te perdre à jamais. Nous avions prévu de revenir te chercher lorsque tu aurais l'âge d'aller à Poudlard, quand tu serais capable de te défendre si une autre attaque devait survenir. Quand nous avons appris pour l'incendie, nous avons été dévastés.
Harry pouvait sentir que la peine de James était sincère, mais il ne se laissa pas attendrir, durcissant plutôt sa carapace. Il n'avait qu'à penser à ce qu'il avait subi aux mains des Dursley.
– Eh bien, ça vous apprendra qu'on ne peut pas prendre et laisser un enfant quand ça vous chante. Il y a des conséquences.
Peu importe qu'il reçoive une autre retenue, il ne pouvait plus rester ici. James n'essaya pas de le retenir.
Une autre mauvaise nouvelle lui parvint juste avant la fin de l'année. Malgré tous les efforts de son parrain, sa garde avait été donnée à ses parents biologiques. Lucius avait parié sur ses droits légaux en tant que parrain, mais l'adoption de Bellatrix ayant été jugée illégale, son titre de parrain lui fut retiré et remis à Sirius Black, un homme qu'il n'avait jamais vu de sa vie. Ses parents restèrent donc les uniques membres de sa famille reconnus et donc les seuls à même de prendre soin de lui après le traumatisme qu'il avait vécu. Bien sûr le ministère référait à son enlèvement par la mangemort et non pas au fait qu'il avait perdu sa mère juste avant d'être mis entre les mains de ses meurtriers. Les Potter ne l'avaient peut-être pas tué eux-mêmes, mais ils avaient aidé. Surtout Liam.
C'est pourquoi, en débarquant du Poudlard Express, il n'eut d'autre choix que de rejoindre Liam, James et Lily Potter. Il n'eut le temps que d'adresser un dernier regard à Drago avant d'être emmené loin de ceux qu'il considérait comme sa véritable famille.
La petite maison devant laquelle il atterrit n'avait rien en commun avec les manoirs auxquels son enfance l'avait habitué. Juste à la regarder, il se sentait claustrophobe. Au moins, dans un grand domaine, il aurait été plus facile d'éviter le reste des habitants de la demeure. Ç'aurait été comme s'il vivait seul, ce qu'il aurait grandement préféré.
– Enfin chez nous !
Il jeta un regard noir à James Potter qui perdit son sourire.
– Liam peut te montrer ta chambre. Elle est juste à côté de la sienne.
Super. Si le patriarche s'attendait à une quelconque réaction de sa part, il allait être déçu. Celui-ci tenta un nouveau sourire qui n'obtint toujours pas de réponse avant que Lily ne l'entraîne à sa suite dans la maison. Il se retrouva donc seul avec son jumeau.
– Viens ! Tu vas voir, notre maison est vraiment super !
Liam n'avait vraiment pas l'air de comprendre que le simple fait de respirer le même air lui donnait envie de l'étriper. Lorsque Harry pénétra dans la maison des Potter, il grimaça. Ils étaient un peu trop fiers de leurs couleurs. Partout, le rouge et l'or dominaient et il était sûr qu'il pouvait voir au moins trois représentations de lion en à peine un mètre carré.
Il suivit son jumeau jusqu'en haut des marches devant une porte fermée.
– Voilà. Ça, c'est ta chambre et la mienne est…
Harry ne lui laissa pas le temps de finir, le claquement de la porte couvrant la fin de sa phrase. L'été allait être très long.
Liam fixa la porte fermée d'un air interdit. Sa mère l'avait prévenu que Harry aurait sans doute besoin de temps pour s'habituer, mais il ne s'était pas attendu à une telle réaction. Son plus grand souhait avait toujours été de retrouver son frère qu'il croyait mort à l'époque. Maintenant que son rêve était enfin devenu réalité, il ne savait plus ce qu'il était censé faire.
Son frère était un Serpentard, avait été son rival depuis qu'il était entré à Poudlard et il n'était plus son portrait craché. La seule chose qu'il lui restait de son ancienne apparence était ses yeux verts qui avaient complètement remplacé le brun. La seule chose qu'il lui restait était également la seule chose qu'ils n'avaient jamais eue en commun. Tout cela l'avait d'abord pris de cours, mais c'était son frère. Peu importe qu'il soit différent de ce qu'il avait imaginé tant qu'il soit vivant.
C'est pourquoi il avait tenté de l'approcher dès qu'il avait appris la vérité. Si seulement il avait été à Gryffondor ou même à Serdaigle ou à Poufsouffle, il aurait pu l'approcher plus facilement. Les Serpentards ne lui rendaient pas la vie facile et ils ne l'avaient que rarement laissé seul plus que quelques instants. Lorsqu'il avait appris que son jumeau retournerait à la maison avec eux, il avait été fou de joie. Sans ses camarades de Serpentard, Harry lui parlerait enfin !
En tout cas, il l'avait cru. La porte qui se dressait devant lui semblait indiquer le contraire. Décidant de suivre le conseil de sa mère, il alla dans sa chambre vider sa propre valise. Le souper serait dans moins d'une heure. Harry devrait bien finir par lui parler.
Quarante-cinq minutes plus tard, il approcha de la chambre de son frère. Sa mère lui avait demandé de l'avertir que le repas était prêt. Alors qu'il ne se trouvait qu'à quelques pas, il entendit des sanglots. Son frère pleurait !
Sans y penser, il ouvrit la porte et s'approcha.
– Harry ? Qu'est-ce qu'il y a ? Pourquoi tu pleures ?
Le rire cassé qui sortit des lèvres de son frère lui brisa le cœur.
– Il faut vraiment que tu demandes ? Ma mère est morte par ta faute !
Liam resta un moment interdit devant la fureur de son jumeau.
– Mais… mais c'est nous ta vraie famille. Bellatrix t'a kidnappé…
– Et elle a pris soin de moi alors que mes soi-disant parents étaient trop occupés avec toi pour le faire eux-mêmes.
– C'est faux. Papa et maman t'aiment. Je t'aime. Quand on a cru que tu étais mort… ç'a été horrible.
– Alors, imagine comment je me sens. L'âme de ma mère a été volée par un détraqueur. C'est la chose la plus horrible qui soit, pire que la mort. Tout ça à cause de toi.
Liam comprit soudain. Il avait grandi entouré des histoires sur les horribles mangemorts qui avaient secondé Tu-Sais-Qui lors de la guerre. Bellatrix Lestrange en avait fait partie. Lorsqu'il avait appris que pendant tout ce temps, son frère avait été avec Bellatrix, il l'avait imaginé comme un prisonnier. Il réalisait maintenant son erreur. Apparemment, malgré tous les contes d'horreur sur la mangemort, elle avait vraiment pris soin de son jumeau. Il comprit alors l'étendue du chagrin de son frère.
Il comprit également que celui-ci ne lui pardonnerait peut-être jamais, mais qu'il allait tout de même essayer.
– Je m'excuse.
La patience n'avait jamais été l'une des qualités de James. Toutefois, il était prêt à essayer pour son fils. Dès que Lily était arrivée en pleurs dans leurs appartements à Poudlard, il avait su que les mois à venir allaient être difficiles. Ils ignoraient que leur fils était encore en vie, mais celui-ci avait toujours très bien su qui ils étaient. En y repensant, cela expliquait bien des choses. Toute cette agressivité, cet esprit de rébellion qui n'apparaissait qu'en leur présence, s'ils avaient été attentifs au signe, ils l'auraient peut-être deviné plus tôt.
Il repensa aux cours de vol qu'il lui avait donné et ne put s'empêcher de sourire. Les tours que Harry lui avait joués l'avaient mis dans l'embarras, mais savoir qu'il s'agissait de son fils le remplissait de fierté. Il avait beau avoir été élevé par Bellatrix, et il n'osait imaginer quel traumatisme cela avait dû laisser chez son fils, Harry lui ressemblait. Il était un fauteur de trouble né. Et puis ce talent en vol…
C'est ça ! Il savait quoi faire pour le faire sortir de sa chambre et passer un peu de temps avec lui. Peut-être que Liam pourrait les rejoindre ?
Il se rendit jusqu'à la porte de la chambre de Harry et cogna quelques coups.
– Qu'est-ce qu'il y a ?
– Nous avons un magnifique terrain de quidditch caché à la vue des moldus si ça t'intéresse. Nous pourrions aller voler un peu, qu'en dis-tu ?
Seul le silence lui répondit, mais James ne désespéra pas et attendit.
– Est-ce que je peux y aller seul ?
James perdit son sourire hésitant, mais acquiesça. Il n'était pas pour l'empêcher de faire une activité qu'il désirait simplement parce qu'il ne voulait pas qu'il l'accompagne. Il se consola en se disant qu'au moins cela signifierait que Harry quitterait enfin sa chambre.
– Bien sûr, mon grand.
La porte s'ouvrit presque aussitôt et son fils se trouvait là, un balai à la main.
– Ne m'appelle pas comme ça.
– D'accord.
James tenta de se dire que cela faisait partie de l'adolescence, de la même manière que Liam ne voulait plus qu'il l'appelle Bambi, mais au fond de lui il savait que ce refus était bien plus grave. Harry ne voulait pas le considérer comme son père.
-Sirius pourrait passer te voir si tu veux. C'est ton parrain après tout. Je suis certain qu'il serait ravi de te voir.
Peut-être que son ami réussirait là où lui-même échouait.
-C'est Lucius mon parrain.
Ou peut-être que non. Il soupira en regardant son fils descendre les escaliers.
Lily cogna à la porte. Depuis que Harry s'était installé chez eux, il avait assisté à moins de repas qu'il n'en avait manqué. Elle comprenait qu'il était là à contrecœur et qu'il vivait très mal tout ce qui s'était passé, mais elle commençait à s'inquiéter pour sa santé. Déjà, elle trouvait qu'il avait perdu du poids.
Un simple grognement lui parvint et elle prit cela comme signe qu'elle pouvait ouvrir. Son fils était assis sur son lit, un livre à la main. Mis à part la valise posée au pied du lit, on aurait pu croire que la chambre était toujours inhabitée. Elle eut un pincement au cœur en voyant que Harry n'avait toujours pas défait sa valise bien que deux semaines aient déjà passé depuis son arrivée.
Elle posa le plateau de sandwich qu'elle lui avait préparé sur son bureau.
– Je t'ai fait un verre d'eau, mais je peux t'amener du jus si tu préfères.
– Non, c'est bon.
Harry l'avait regardé entrer, mais depuis il avait gardé ses yeux sur son livre. Une mèche lui tombait devant les yeux et elle ne put s'empêcher d'y passer la main pour la chasser de son visage. Elle pouvait à peine le reconnaître, mais ses yeux étaient les siens. Ces yeux verts qui la regardaient maintenant avec une froideur à laquelle elle ne se serait jamais attendue lorsqu'elle le berçait encore pour l'endormir.
– Ne me touche pas.
– Désolé.
Elle se tourna vers la porte, mais changea d'idée. Elle n'avait pas voulu brusquer son fils et avait donc évité toute conversation que celui-ci n'aurait pas lui-même instiguée. Elle l'avait fait dans l'espoir que celui-ci finirait par s'ouvrir, mais au fil des jours elle ne l'avait vu que s'enfoncer un peu plus dans sa misère.
Bien qu'elle ne comprenne pas exactement ce qu'il vivait, elle savait que son fils était en deuil. Elle savait aussi que, bien que ça n'ait pas été leur but, ils l'avaient éloigné de ceux qui avaient formé son quotidien pendant des années. Ils n'étaient guère heureux que cet entourage soit formé d'anciens mangemorts et c'est pourquoi James était réticent à ce que Harry y aille en visite. Toutefois, il était évident que Harry avait besoin d'aide pour passer au travers de son deuil. Mais, pour ça, il fallait qu'il leur parle.
– J'espère que tu sais que tu peux nous parler si tu as besoin de quoi que ce soit.
– Qu'est-ce qui te fait penser que j'ai envie de vous parler ou même que j'ai besoin de vous ?
– Je… je suis ta mère.
– Non. Ma mère est à St Mungo.
– Harry, tu sais que ce n'est pas vrai. Bellatrix t'a enlevé de chez ma sœur…
– Non. Elle ne m'a pas enlevé. Elle m'a sauvé.
– Qu'est-ce que tu veux dire ?
– Pourquoi penses-tu que Bellatrix se serait attardée chez un couple de moldus, hein ?
Lily ne se l'était jamais demandé. Elle avait dû se dire que Bellatrix avait obtenu l'adresse, mais cela n'avait aucun sens. Personne ne savait où ils avaient laissé Harry. En fait, seuls leurs plus proches amis savaient ce qu'ils avaient fait. De plus, la seule raison pour laquelle un mangemort aurait voulu s'en prendre à Harry aurait été pour atteindre Liam. Le prendre et l'élever dans ce contexte n'avait aucun sens.
– Ta sœur adorée et son mari me battaient. Voilà pourquoi. Bellatrix les a entendues et, alors que tous les autres tournaient une sourde oreille, elle est venue me défendre. Vous m'avez abandonné en faveur de Liam, eux m'ont battu, mais ma mère, elle, elle a été la seule à s'occuper de moi.
– C'était pour te protéger…
– Et bien j'étais tellement en sécurité qu'un mangemort a dû venir me sauver. Plutôt pathétique, non ? Maintenant, laisse-moi seul.
Laissant couler une larme sur sa joue, Lily suivit la demande de son fils.
Pétunia. Sa sœur avait battu son fils. Lorsqu'elle lui avait laissé son enfant, c'était avec une confiance aveugle qu'elle saurait s'en occuper comme de son propre fils. Jamais elle ne se serait attendue à ce que… à ce qu'elle ose…
Elle comprenait maintenant l'animosité que Harry montrait à leur égard. Mais maintenant, comment faire pour tout réparer ?
Vivre avec les Potter s'était révélé moins pénible qu'il ne l'avait imaginé. D'abord, il n'était pas obligé de passer plus de temps avec eux qu'il ne le voulait. Normalement, cela se limitait aux repas et même là il ne descendait que la moitié du temps. Lorsqu'il en manquait un, Lily montait invariablement lui porter un encas. Il ne voulait pas se laisser atteindre, mais l'inquiétude qu'elle démontrait lui rappelait sa mère lorsqu'il était malade. Lily ne souhaitait pas qu'il se présente aux repas pour pouvoir lui parler, mais parce qu'elle voulait qu'il s'alimente bien.
Il n'avait pas voulu lui révéler ce qu'il avait subi chez les Dursley, considérant cette époque comme une faiblesse, mais, sur le moment, il avait ressenti une joie malsaine à voir son visage se décomposer en imaginant ce qu'il avait pu subir. Toutefois, ce bonheur mesquin n'avait pas duré alors que la peine qu'elle ressentait le frappa de plein fouet. Il avait été surpris d'une si grande réaction. Lily avait depuis augmenté le nombre de petits gestes qu'elle posait, comme lui acheter un livre qui devrait l'intéresser, basé sur les bouquins qu'elle l'avait déjà vu lire, lui amener une part de gâteau le soir lorsqu'il ne restait pas pour le dessert…
Quant à Liam, celui-ci était étonnamment devenu son protecteur. Dès qu'il voyait qu'il voulait être seul, il occupait leurs parents pour que Harry puisse remonter tranquillement dans sa chambre. Lorsque les journaux évoquaient, même légèrement, Bellatrix, il s'empressait d'en arracher la page pour ne pas qu'il ait à le lire. Un jour qu'il se rendait jusqu'à leur terrain de quidditch, il avait trouvé Liam déjà occupé à voler. Dès que ce dernier l'avait vu, il était aussitôt descendu pour lui laisser tout l'espace. Sans savoir pourquoi, il lui avait demandé de rester. Il n'avait pas joué ensemble, loin de là, mais ils s'étaient contentés de voler chacun de leur côté, mais plus proche qu'ils ne l'avaient jamais été.
Pour ce qui était de James Potter, il avait été le premier à lui proposer d'aller voler, ce qui restait, malgré tout, l'une de ses activités préférées. De la même manière, le patriarche lui avait proposé de multiples activités pour le divertir. Un soir, terrassé par l'ennui, il avait accepté de disputer une partie d'échecs. Il ne s'était pas attendu à trouver un tel partenaire de jeu en la personne de James. Il avait tout de même gagné, mais de peine et de misère. Lorsqu'il en avait fait part à son adversaire, celui-ci avait ri et expliqué qu'il avait pensé devenir aurore avant de devenir professeur de vol. Il s'était donc entraîné sur sa stratégie en plus de sur ses talents en combat.
Toutes ses actions ne l'auraient peut-être pas touché autant s'il n'avait pas eu le don d'empathie. Après tout, prétendre était facile. Son pouvoir aurait pu l'avertir de tout mensonge. Il avait déjà vu quelqu'un montrer de l'affection, mais ressentir de la haine, et vice-versa. Cependant, dans le cas des Potter, ce qu'ils ressentaient était toujours la même chose que ce qu'ils montraient. Rien n'était calculé chez eux. Ils étaient comme des livres ouverts. C'est pour ça qu'il savait qu'ils l'aimaient vraiment et cela le chamboulait. Il s'était créé un portrait dans sa tête de sa famille et, soudainement, il réalisait qu'il s'était trompé.
Au final, rien de tout cela ne comptait. Peu importe leurs sourires, leurs petits gestes… leur amour. Les accepter était renier sa mère, celle qui lui avait tout donné sans jamais rien demander en retour, et ça, il ne pourrait jamais. Sa mère avait perdu son âme, mais elle ne perdrait pas son fils. Si seulement les Potter avaient pu être tels qu'il les avait imaginés, tout cela serait beaucoup plus facile.
Fini!
La situation n'est pas évidente, mais tout le monde fait de son mieux. Un peu comme nous tous en ce moment :) J'espère que vous avez aimé le chapitre. Je devrais réussir à publier le prochain chapitre mardi prochain au plus tard. Portez-vous bien!
