Je retire mon casque de mes oreilles et m'étire longuement, profitant de la sensation des muscles qui s'allongent et se décrispent. J'ai un début de mal de crâne et j'ai sacrément besoin d'un bon thé.Je lève mon fessier engourdit d'être resté toute la mâtinée immobile sur ma chaise et vais dans la salle de repos. Deux de mes collègues sont déjà en train de manger en discutant d'un jeu vidéo que j'ai pas l'air de connaître. Je les écoute distraitement en chantonnant dans ma barbe, faisant chauffer mon eau.

Cela fait une semaine que j'ai accepté le contrat pour Hallucystérie. Nos échanges par e-mail se passent bien et j'ai envoyé juste avant de me lever mes premières recherches qui me conviennent.

J'ai pris un peu de temps avant de les faire, histoire de m'imprégner de leur univers déjà existant. J'en sais maintenant bien plus sur le groupe en lui-même aussi, vu que j'ai lu les revues de presse gardées sur le serveur du label et qui m'ont été transmises par Jacqueline (" afin que je comprenne mieux les enjeux du groupe ", je cite).Le groupe a été fondé par Tim (de son véritable nom Timothé) et par Olivier, qui sont ami d'enfances. Ils se sont fait repérer par leur mise en scène théâtrale et trash par le label, plus que pour leur musique (qui n'était pas vraiment bonne à l'époque, aucun membre du groupe n'ayant de formation musicale à ce moment-là). Les membres originaux du groupe ont changé quelque peu au fil des années, mais Tim et Olivier sont encore là. Leur musique est devenue bonne, même si elle ne peut pas plaire à tout le monde. Le groupe n'a jamais cessé de jouer sur leur déguisement, leur maquillage et les codes sociaux pour choquer le public et même hors de la scène, ils sont sans cesse en représentation. Leur présence scénique est ressentie comme offensive et malsaine. Ils ont souvent eu des pétitions et manifestations pour les empêcher de réaliser des concerts, pourtant leur popularité ne cesse de grimper en flèche d'année en année sans jamais ralentir. Et puis, même si leurs clips sont clairement dérangeant, prônent pas mal la drogue ou parlent de sujet d'ordinaire tabou, il n'y a jamais de messages haineux envers quiconque. Si on écoute bien, on se rend même compte que le groupe porte un message assez étrange d'espoir, d'amour et de tolérance. C'est à la fois dépravé et beau. Deux synonymes que je n'aurais jamais pensé à associer. Esthétiquement, c'est unique. Musicalement, j'aime bien. C'est du rock qui date du siècle dernier, clairement, malgré son côté industriel et l'ajout de quelques sons électroniques récent sur certains tout cas, je pressens que cet album va faire hurler le public. Je ne sais pas encore si c'est une bonne ou une mauvaise chose. Avant d'envoyer le contrat finalisé et signé, j'ai écouté attentivement l'album et les paroles. Je voulais savoir si je voulais m'associer à cet album, quand même. Et c'est le cas. Je me suis retrouvée happé album tourne autour de la recherche du bonheur sexuelle, de la recherche de son genre et plus particulièrement, du passage de l'enfance pleine d'imagination à la dure réalité de l'adulte. Le tout dans un univers qui par sa musique hurle " Glam rock, paillettes, sexes et rock'n'roll ". Je suis même surprise de ne pas y voir des clins d'oeil à Lewis Caroll : ça rentrait pile dans le thème.

Bref, ça va me faire tout drôle puisque ce n'est pas du tout dans mon registre habituel, mais j'ai aucun de mal à voir mon nom associé à eux. Après tout, j'ai déjà réalisé contre mon grès des pochettes d'album pour des ados hurlants des propos homophobes dans leur chanson … Je n'avais pas eu le choix à l'époque et je regrette toujours, cela me laisse un goût amer de voir mon associé à ce genre de projet.
À côté de groupes pour ado avec qui j'ai collaboré par le passé, Hallucystérie sont sage comme des images. Paradoxalement.

Ce midi je me joins à mes collègues pour manger. Jacqueline est partie manger de son côté avec d'autres collègues, me laissant le choix entre manger seule dans mon bureau ou tenter de me sociabiliser un peu plus. J'ai pris la seconde option sans hésiter.
J'ai de bonnes relations avec mes collègues. C'est tout. On n'est pas les meilleurs amis du monde, malgré ça, mais on s'entend bien. Comme souvent, alors que je discute pourtant d'un jeu auquel je joue également et que la conversation va bon train, je me sens … seule.
Est-ce que c'est possible de se sentir seule quand on se sait pourtant bien entouré et apprécié ? Je pense.

Alors que je m'apprête à repartir bosser dans mon bureau, gamelle encore en main, quelqu'un entre dans notre service, nous faisant tous tourner la tête vers …
" Monsieur Morel ! " je le salue instantanément en le reconnaissant. " Jacqueline n'est pas là, je peux prendre un message ?
- Madame Renart ! " me salue-t-il gaiement, me serrant la main que je lui tends pendant que j'affiche mon sourire le plus poli. " C'est vous que je venais voir !
- Ah bon ? " je ne peux m'empêcher de demander, surprise qu'on veuille me voir plutôt que ma supérieure.
" Est-ce que vous auriez du temps cet après-midi ? "
Je lève un sourcil, trouvant la situation étrange (on traite rarement directement avec moi) et sortant de ma poche de pantalon mon téléphone, ouvrant de geste mécanique mon calendrier professionnel.
" Combien de temps ? " je demande, ne sachant pas si je peux demander de but en blanc la raison qui le pousse à venir me chercher en personne plutôt que de m'envoyer un mail pour demander ma présence (quelle que soit la raison, j'aurais du mal à trouver une raison pour refuser).
" Une heure ou deux, tout au plus, je pense. Hallucystérie a bien reçu vos premières recherches et aimerait en discuter tout ensemble en face à face, histoire de faciliter les choses vu que nous sommes sept personnes impliquées dans cette création de pochette. Et cela nous permettrait de vous présenter les recherches des autres services en termes de costume et décor pour les clips. "
Je fronce encore plus les sourcils. D'habitude seul le manager gère avec moi les outils de communication du groupe, mais c'est vrai qu'à la dernière (et première) réunion j'ai plus échangé avec Tim que Monsieur Morel. Le chanteur est clairement la tête pensante du groupe, après tout, malgré la présence d'un manager de l'envergure de Monsieur Morel.
" Une heure ou deux … " je marmonne en relisant mon planning et revoyant dans ma tête les tâches que j'ai à réaliser aujourd'hui ou dans les jours qui suivent, me reorganisant à la va-vite. Jacqueline a bien insisté sur le fait que je ne dois pas contrarier le groupe ou son manager et je tiens à bien respecter son conseil. J'avais certes prévu de travailler sur un poster pour un autre groupe cette après-midi, mais ce n'est rien d'urgent qui ne puisse être repoussé de quelques heures ou d'un jour. " Mon après-midi est clair ! " j'annonce finalement en souriant.
" Parfait ! Prenez vos affaires, on y va ! " s'extasie le manager, frappant dans ses mains comme s'il venait de conclure une difficile négociation.
" Quoi ? De suite ? " je panique quelques instants.
" Ou vous préférez plus tard ? " tente l'homme, mais je sens bien dans son intonation que dire non sera prit comme une contrariété dans son emploi du temps.
" Nope, de suite c'est très bien. Laissez-moi juste attraper mes affaires ! " Et poser ma gamelle, manger un bonbon à la menthe très rapidement et imprimer mes recherches initiales.

Quelques minutes plus tard, j'accompagne un peu raidement dans les couloirs de la maison de disque le manager. Je suis anxieuse, parce que Jacqueline ne sera pas avec moi pour la réunion improvisée à faire tampons et m'aider. Le fait que la dernière fois ça se soit très bien passé ne fait pas se taire mon cerveau qui tourne en boucle pour tenter de me faire paniquer à force de fausses accusations et doutes qui n'ont pas lieu d'exister.
On est déjà dans le bâtiment Est, où se situe les salles d'enregistrements, les régies techniques, cabine et autres zones destinés aux groupes et musiciens. Il s'agit d'une zone où je ne fais que passer habituellement, n'étant jamais en relation directe avec les artistes ou techniciens du label. C'est un ensemble de couloirs bétonnés qui relie des pièces insonorisées et qui de nuit, j'en suis persuadé, doit être un lieu bien lugubre malgré les diverses affiches et flyers accrochés dans tous les sens tel une végétation sauvage de papier imprimé. De jour, j'ai juste pas trop envie d'y gambader longtemps, les murs sont trop près de moi et il n'y a pas de lumière naturelle, juste les lampes trop jaune au-dessus de ma tête et les vas et viens de divers employés que je n'ai jamais croisés. Il faut cependant bien suivre Monsieur Morel et je tâche de paraître détendue et sûre de moi, de ressembler à la professionnelle que je suis. Je suis un peu surprise qu'il ne m'ait pas conduit dans un bureau quelconque, mais l'idée de faire une réunion quelque peu informelle en plein milieu d'un studio de répétition, sans préparation de la part de qui que ce soit me rassure un tant soit peu, étrangement. Discuter d'une de mes réalisations et de mes idées coincées au milieu d'une pièce froide qui ne fait que voir défiler des gens pour discuter marketing et campagne publicitaire n'a jamais été mon fort. Je préfère (et de loin) les lieux qui ont vécu et ont une histoire, quelque chose pour attirer mon attention et me concentrer si jamais je coule dans mes angoisses habituelles et aient besoin d'une ancre visuelle quelconque pour m'en sortir.

Monsieur Morel me tient la porte vers ce qui est clairement le studio du groupe, si j'en juge par la feuille A4 fixée au scotch d'électricien à la porte et indiquant le nom du groupe et le temps d'occupation du studio.
" Oh mon chat ! " je m'exclame après avoir mis les pieds dans la pièce qui empeste la sueur, le cuivre et l'aérosol odeur marine. Coupé du monde du monde acoustiquement par des isolations phoniques noires et bleues marines, sans fenêtre, on dirait qu'une tornade est passée dans le lieu. Des instruments de musiques, morceau de baguettes, plectres et papiers jonchent le sol, sans compter les câbles et …
" Les préservatifs sont à moi. " roucoule près de moi un homme large avec une mèche de cheveux rouge. Gilles. Je le dévisage, rouge d'embarrassement de seconde main, ne sachant pas si je dois être dégouté ou rire. Je laisse finalement échapper un rire nerveux pendant que Monsieur Morel indique que je suis arrivé aux autres membres du groupe qui s'était de toute façon tourné pour me voir arrivé.
" Ravis de te revoir. " Gilles m'offre un clin d'oeil bien appuyé. " Je vais te débarrasser une chaise, attends. "
Avec ça, il s'éloigne en effet libéré une chaise de divers document pour me l'offrir, pendant que je salue les autres membres du groupe en tentant de ne marcher sur rien. Derrière moi leur manageur referme la porte en commentant que la pièce sent le fauve. Pour mon plus grand plaisir, personne ne cherche à me faire la bise ou à me serrer la main, ce qui me permet de me détendre et de sourire franchement à ce groupe qui malgré leur maquillage dégoulinant est simplement en jean et t-shirt ce coup-ci, sans aucun doute sortie d'une session d'enregistrement et prêt à faire une sieste. D'ailleurs, Olivier a l'air de dormir debout, les coudes sur un clavier (heureusement) éteint. Je me demande pourquoi ils sont maquillés pour juste un enregistrement, mais les artistes sont une race d'humain bien à part et cela fait déjà pas mal de temps que j'ai appris à ne pas poser trop de questions.

Après quelques efforts pour organiser la pièce pour que chacun ait une place, on se retrouve installé maladroitement autour d'un tabouret pliant qui nous sert de table et sur lequel j'ai installé ma tablette, lançant mon logiciel de retouche photo. Ce n'est pas un outil très puissant, mais ça va me permettre de présenter les illustrations une à une au groupe en plus des tirages que j'en ai faits et d'annoter ou modifier la composition en direct au fur et à mesure, suivant les idées de Tim et de Monsieur Morel, avec les interjections des autres membres du groupe. On se lance directement sans préambule dans le travail, ce qui me permet de rapidement trouver que je suis à l'aise de travailler avec eux, comme notre dernière réunion l'avait laissé présager. J'apprécie quand les réunions sont productives et ne digresse pas.
Une des compositions leur plaît particulièrement et après maintes essais et discussions, je me rends compte que je parle aussi fortement qu'eux et souris franchement à leur blague. Ils ont un humour grossier et l'esprit vif pour rebondir sur des bêtises ou créer un jeu de mots à l'instant T, le tout sans trop dériver ou sans me demander de participer.
Quand après deux heures de vives discussions on a validé l'un des sketchs pour la pochette, je suis ravi du travail qu'on a dégrossi pour la suite et je les trouve bien moins impressionnants verbalement. Je suis très à mon aise de collaborer avec eux. On a bien avancé et surtout, plus important, on est tous content de notre choix et de nos modifications. Je suis excitée comme une puce à l'idée de réaliser l'illustration et voir à quoi ressemblera la pochette.

Pendant notre réunion, j'ai également eu l'occasion de voir les recherches et images des décors et costumes des clips.
" Ça va tellement rendre bien ! " je m'extasie, sautillant presque sur ma chaise pliante pendant que Tim me présente les derniers essais costumes qu'ils ont eus la veille et que je vais devoir reproduire sur mon illustration.
" Ravis que ça semble te plaire. " s'amuse le chanteur pendant que je continue de lire les annotations des designers sur les tenues.
" Comment ça pourrait ne pas me plaire ? La juxtaposition de CandyLand avec des personnages tout droit sortit de The Thing ? C'est du génie ! Et ça vire même pas sur du BeetleJuice ! "
Ce qui est un équilibre très incertain et si Tim Burton est un génie, c'est clairement pas le style vers lequel se dirige le groupe, gardant leur imagerie gore qu'ils ont depuis presque quinze ans déjà.
" Han ! " hurle soudainement Gilles, me faisant sursauter effrayé pendant qu'il fait semblant de couler au sol le long d'un mur, une main sur le coeur. " Cette femme est en train de voler mon coeur ! "
Je le regarde en clignant des yeux, soudainement figé sur ma chaise, ne sachant pas comment agir face à cette déclaration bien trop dramatique pour ce qui doit être une simple blague. J'ai un peu envie de partir en courant, je l'avoue.
" Tu es la première personne à qui on en parle en dehors de l'entourage proche du groupe à comprendre qu'on cherche pas à imiter Tim Burton ! " explique théâtralement un Gilles avachi au sol, les yeux fermés et une main sur le front. Je me détends sensiblement et ris nerveusement.
" On veut imiter Tim Mosneron ! " assène Paul qui poursuit par un très poli " Qui veut du café ? "
J'observe alors la salle où tout le monde semble relativement m'ignorer, seul Tim est encore à mes côtés, son attention portée sur Paul pour lui réclamer un café noir.
" Et toi tu veux quoi ? " me demande finalement Paul, me ramenant de mon observation de leur table café qui débordent d'emballage de biscuit, capsule de café déjà utilisé et diverses tasses sales.
" Moi ? " je m'étonne, arrêtant le mouvement que j'avais entamé pour arrêter ma tablette.
" Oui, toi. " et il roule des yeux, bien qu'un sourire ne quitte pas son visage. " Plutôt thé ? " Je hoche faiblement la tête, surprise de la proposition. Le groupe dans son ensemble semble bien plus attentif à mon égard que je ne le suis, pour avoir remarqué que je préférais le thé au café. Ou alors c'est juste du hasard. " Noir ou vert ?
- Noir, s'il vous plaît. " je réponds poliment, glissant ma tablette maintenant éteinte dans mon sac à mes pieds pendant que Tim et Gilles de concert.
" Tu es capable de t'emporter quand il s'agit de ton boulot, mais dès qu'on sort de ton job, tu redeviens une petite chose fragile qui n'ose pas hausser le ton. " explique Olivier qui n'est de là où je suis qu'une boule de dreads tellement il a la tête écrasée contre son clavier.
Je souffle, amusée et feignant d'être offusquée.
" L'embêter pas trop la petite. " vient à mon secours Monsieur Morel qui me paternalise au passage et je me force de ne pas le foudroyer du regard parce que je n'aime pas le ton qu'il a employé, mais je sais que ça part d'un bon sentiment et je suis secrètement contente qu'on fasse attention à moi.
" Je retourne dans mon bureau, faites pas trop les zouaves, l'ingé son arrive dans … " reprends le manageur que j'observe regarder sérieusement sa montre " … trente minutes. Je dois retourner travailler, ce fut une réunion productive, merci d'être venu Aliénor. Bonne fin d'après-midi. "
Et après m'avoir serré la main, le voilà déjà parti.
En coeur les cinq membres du groupe grognent et soufflent, leur attitude semblant se relâcher d'un seul coup. Je les regarde étrangement quelques instants avant d'explorer de rire, portant ma main à ma bouche pour tenter d'étouffer le bruit comme je peux.
" C'est dur de jouer à l'adulte responsable en sa présence, nous juge pas. " grogne Charles qui rit silencieusement.
" Vous êtes tous plus vieux que moi. " je leur fais remarquer.
" Plus vieux, pas plus adulte. " précise Gilles en levant un doigt en l'air, se rasseyant très dignement sur sa chaise pendant que je ris de nouveau derrière ma main.

Pendant que je bois mon thé dans un gobelet en plastique, je ne peux pas m'empêcher de les observer interagir sans l'objectif des caméras ou de la presse. Je suis suffisamment discrète pour que rapidement, ils oublient que je suis dans la pièce et je suis ravi de voir comment ils sont, loin de leur personna publique et de leur manageur.
Ils s'envoient des pics et des vannes en tout sens, ne parlant plus du tout de musique ou de leur travail et sautent d'un sujet à un autre. La conversation est difficile à suivre et remplie de ce qui doit être des privates jokes ou un langage qu'ils ont développé entre eux, à force de travailler ensemble et partir sans cesse en tournée loin des autres. Ils sont en confiance totale envers les autres membres du groupe et il émane d'eux un sentiment de camaraderie énorme. Je suis quelque peu jalouse de leur relation, de leur amitié sans aucun doute hors du commun, mais je souris en les regardant interagir, attendris et heureuse par procuration. C'est ça, avoir des amis, des vrais ? J'aimerais en avoir, des amis comme eux.

Quand j'ai fini de boire mon thé et que je juge qu'il est temps que j'arrête de profiter d'eux et que je reparte bosser, c'est Gilles qui me raccompagne jusqu'à mon service, par mélange de galanterie, mais aussi pour visiblement me demander mon avis sur la maquette de leur album que j'ai écouté que je lui donne franchement, ravi de ne pas retourner dans le silence à mon bureau.
Il en profite aussi pour me demander mon numéro de téléphone, que je ne lui ai pas donné, n'étant pas à l'aise pour communiquer en dehors du cadre professionnel avec un quasi-inconnu (même si je l'apprécie déjà beaucoup). Fort heureusement, je n'ai pas eu à m'inventer excuse bidon, il s'est contenté de m'envoyer un clin d'oeil en disant " peut-être plus tard " et en s'éloignant du service en sifflant.
Troublant, mais cet échange m'a laissé un sentiment de chaleur dans le ventre.
Un gros dragueur un brin lourd qui respecte le fait que je ne veuille pas lui donner mon numéro de téléphone ?
C'est rare et précieux.