Zergath: Il lui fallait un nom, et je ne me souviens pas où j'ai pu entendre celui-là, mais j'ai trouvé qu'il collait pas mal, et en plus dans l'histoire il trouvera parfaitement sa place ! Pour ta question, nous le verrons plus tard !

Mijoqui: Ravie que ça te plaise ! En vrai, quand je me relis, je le trouve pas "si" familier, enfin ça ne me choque pas ! xD En tout cas pas pour cette histoire, donc j'espère que ce détail ne sera pas dérangeant pour la suite. Pas de spoil pour le moment quant au jeux, tu peux donc lire tranquille !

Suonge: Certains chapitre sont d'après moi moins bien que d'autres, et surement plus ennuyant. Je me suis engagée à faire court et régulier mais j'ai l'impression que c'est parfois au détriment de la qualité. Après c'est sans doute aussi le temps de poser mes éléments et mon décor, j'espère du coup que tu aimeras aussi ce chapitre, ainsi que les suivants !

Enjoy


Chapitre IV - Byleth von Astrea

J'avais réussi à capter toute l'attention de cette petite assemblée aux multiples couleurs en quelques secondes à peine. Tous me regardaient curieusement, interloqués, certains choqués. Satisfaction ou déception, tous affichaient leur réaction à leur façon sur leur visage. L'âme du rouquin, par exemple, semblait avoir quitté son corps, alors que son sourire béat et probablement nerveux, semblait graver sur ses lèvres à jamais. Je n'osais imaginer le sentiment qui devait maintenant le traverser. Heureusement pour lui, le ridicule ne tuait pas, en tout cas, aux dernières nouvelles. Le plus petit d'entre eux, aux cheveux bleus, restait dubitatif. Peut-être s'attendait-il à avoir une masse de muscle risiblement énorme comme professeur, quant au final, il ne se retrouvait qu'avec moi. Je mesurerai seulement cent-soixante-quatre centimètres, pour une cinquantaine de kilo tout mouillé, ce n'était pas ça qui risquait de l'impressionner. Je l'imaginai déjà me sous-estimer, se fier à l'apparence, plutôt qu'aux compétences, alors que lui même, était plus petit que moi. Celui-ci en resterait surprit.

« - Quel âge avez vous, professeur ? demanda le garçon. Où enseigniez vous avant ? continuait-il. Vous avez déjà été au combat ? Ne me lâchait-il plus.

- Doucement, Caspar, le calma la brune aux cheveux ondulés. L'Archevêque elle même l'a désignée.

- Et alors, je suis juste curieux, fit la tête brûlée en haussant les épaules. J'étais convaincu que le professeur Jeritza rejoindrait notre maison. »

Comme je le pensais, ce garçon qui semblait vouer un culte à cet autre professeur semblait plutôt déçu. Et bien, cette première journée commençait dans des conditions guère sympathiques, si tous étaient comme ça. Heureusement pour moi, certains de mes tout jeunes protégés semblaient un peu plus dégourdis, et réfléchissaient surement avec autre chose que leurs muscles. C'était probablement le cas de cette fille, plutôt grande, aux yeux verts, qui ne semblait pas avoir froid aux yeux, à en juger par ses charmes volontairement apparents.

« - Tu devrais écouter Dorothea, souriait un nouveau jeune homme qui vint passer son bras sur ses épaules.

- C'est facile pour elle, dés qu'une personne est un minimum charismatique, elle ne regarde pas plus loin, marmonnait la tête bleue.

- Qu'est ce que tu sous-entends ?! s'écriai la jeune femme.

- Vos disputes me donnent envie de dormir, répondit le récent individu dont les cheveux avaient des sapins leurs couleurs. »

Ses yeux bleus étaient doux. Il avait l'air bien plus posé que son ami. Une personne calme et réfléchie, c'était certain. Qui manquait peut-être de motivation cependant. J'arrivais facilement à voir ce genre de chose. J'observai la dispute entre les deux aigles qui semblait s'éterniser, alors qu'ils ne prêtaient même plus attention à ma présence. Quel âge avaient-ils, pour se comporter ainsi ? Etais-je vraiment dans une académie ou bien au jardin d'enfants. C'était déjà épuisant.

« - Peut-être que notre professeur pourrait nous faire une démonstration de ses capacités, entendis-je caresser mes oreilles. »

Je me retournai pour tomber sur les iris mauves de ma récente partenaire, dont les lèvres s'étiraient maintenant. Son intervention avait tout de suite rétablie le silence dans la pièce, mais je ne fus guère étonnée.

« - Votre proposition me semble très judicieuse, votre Altesse. »

Plus loin, dans l'ombre, l'homme aux cheveux noirs n'avait même pas sourcillé. Je ne remarquai son imposante carrure, du haut de ses un mètre quatre-vingt-dix, ou presque, et son air froid que lorsqu'il fit quelque pas en avant pour venir se placer près des autres. Son intervention, placée tout juste au bon moment, fit germer l'idée de la femme qui l'avait proposé, dans la tête de ses camarades. Je devinai un stratège.

« - Evidemment, puisque c'est notre future impératrice qui le suggère, se moquait presque maintenant le rouquin, les mains levées vers le haut, essayant d'imiter de façon plus que risible le parfait serviteur.

- Ferdinand ! le reprit celle au sang royal.

- Qu'y a t-il, n'était-ce pas vous qui souhaitiez être considérée de la même façon que les autres élèves ? S'amusait maintenant le grand. »

Le visage de la jeune femme restait ferme et impassible, et ne répondit à cette remarque teintée de moquerie. Les bras croisés, elle se contentait de le regarder silencieusement, bien trop fière.

« - Qu'en dites vous, professeur, reprit-elle à mon égard. »

Une démonstration ? J'acquiesçai. Après tout, les gestes parlaient bien plus que les mots. Elle même en avait déjà fait l'expérience et ce sourire parlait pour elle. Elle se doutait très bien qu'un petit duel amical suffirait à les convaincre, et je ne comptais pas les ménager. Ni elle, ni un autre. J'étais ici pour leur apprendre, alors j'allais le faire sans aucunement m'embarrasser d'un quelconque ménagement.

Mes pas foulèrent de nouveau le terrain d'entrainement avec lequel je m'étais familiarisé la veille. Tous les aigles étaient présent. J'attendais maintenant de savoir lequel d'entre eux allait avoir le culot de relever ce défi, et de perdre sous les coups de mon épée. A mon plus grand étonnement, ce fut le beau parleur qui sorti des rangs, avant de se saisir d'une lance, beau sourire aux lèvres. J'avais plutôt imaginé livrer ce duel contre la tête brûlée, mais ce garçon au sang chaud semblait lui aussi, plus réfléchi qu'il n'y paraissait. L'observation était une des premières bases dans un combat. Je saisi une épée, ne voulant me servir de la mienne, avant de me placer.

« - Vous êtes assez sûre de vous pour partir avec ce désavantage, professeur ? Demanda le lancier. »

Il était vrai que dans le triangles des armes, la lance battait l'épée, l'épée la hache, et la hache la lance. Mais lorsque l'on savait vraiment manier une arme, et qu'on la travaillait, que l'on perfectionnait ses techniques, alors n'importe quelle faiblesse pouvait disparaitre. J'étais une épéiste, et je n'avais jamais perdu un duel dans lequel je brandissais une épée. J'avais appris à ne faire qu'une avec ma lame, et celle-ci, ne m'avait jamais déçue.

« - Si vous insistez, termina le jeune homme avant de se positionner. »

Sa lance tenue dans sa main directrice, reposait sur le plat de son bras gauche, pointée vers moi. Je reconnu une nouvelle fois la qualité et le niveau des enseignements ici, en constatant la posture maitrisée. Il s'élança, je fis un bond en arrière, me tenant toujours hors de portée de son arme de deux mètres de long. Manier la lance n'était pas chose aisée, et n'était certainement pas accessible à n'importe quel combattant. Celui-ci devait avoir un bon niveau. Chose confirmée par son second assaut qui ne manquait de vitesse, que j'esquivai également. La lance pouvait être une arme redoutable, offrant un excellent tranchant, et une portée non négligeable. Mais l'inconvénient que je lui trouvai était le manque cruel dans la diversité d'attaques. Je n'avais aucune difficulté à suivre ses mouvements pourtant rapide. Je devais bien lui reconnaitre ça, ce beau parleur avait un excellent niveau. Mais moi, pouvais me déplacer comme un éclair. J'étais certes une femme, bien moins imposante que la plupart des hommes, avec une masse musculaire génétiquement inégale à la leur. De par ma petite taille, j'avais appris à combattre n'importe quel type d'individus, du plus frêle au plus costaud. Il n'y avait pas une seule situation au combat à laquelle je ne savais m'adapter. Pour cette raison, je n'avais jamais connu la défaite, sauf contre Jéralt, qui m'avait tout apprit. A son prochain assaut, je me pliai et passai sous la lance, parcouru les deux mètres le long de la hampe avant de lui asséner un coup d'épaule qui le fit trébucher. Ma jambe passa aussitôt derrière la sienne avant que le garçon ne tombe au sol, mais également des nues, sous son regard écarquillé.

« - D'autres volontaires ? me tournai-je vers eux. »

Je sentais mes spectateurs retenir leur souffle dans l'assemblée, qui n'osaient plus rien dire. Quelle plus belle façon de clouer le bec à des gamins trop sûre d'eux que par une défaite. Ce combat n'avait même pas duré deux minutes. J'étais presque déçue. J'aimais me battre, je devais bien le reconnaitre.

« - Future impératrice ? articulait le rouquin toujours au sol.

- Non merci, je n'ai jamais douté des capacités de notre professeur, refusa-t-elle poliment. »

Evidemment, puisqu'elle avait presque fini dans la même position, même si, tous l'ignoraient probablement. Elle était sans doutes bien trop fière pour leur avouer, je pouvais le lire sur son visage si parfait. Représentante des Aigles de Jais, et princesse héritière, comment admettre la défaite devant le peuple ?

Ne jamais sous-estimer.