Saluuuuut !
Voici venu le septième chapitre de mon histoire ! (et faut que je me bouge pour écrire la suite ahahah !)
Celui-ci, je l'aime beaucoup, je pense que c'est un de mes préférés !
Enjoy !
TheLink: Oh, merci ! Ca me fait super plaisir, et pas seulement le fait que tu aimes l'histoire, j'apprécie également que tu trouves ma façon d'écrire plaisante ! C'est au moins autant important que l'histoire en elle-même ! J'espère que la suite sera à la hauteur de la qualité que tu souhaites ! :D
N'hésitez pas à me laisser un avis (c'est fortement apprécié ! :D)
Chapitre VII - Oiseau Emprisonné
Depuis quelques jours, j'avais découvert un nouvel endroit en ce lieux sacré, où j'aimais particulièrement me rendre. La raison était qu'il n'y avait jamais personne, à n'importe quelle heure, du jour et de la nuit. Juste avant la cathédrale, entre les murs épais de pierres, après des escaliers rarement emprunter, le long de la courtine des enceinte Ouest, se trouvait un pont au dessus des falaises. Il menait à une tour. Une immense tour recouverte de part et d'autre de lierres grimpant. L'intérieur, lui aussi, avait été envahi par la végétation, alors que les épaisses branches des arbres semblaient avoir fusionnés dans la pierre sombre, offrant un charme hostile à ces lieux, que j'appréciai particulièrement. Mais une fois en haut, après avoir monté les nombreux escaliers, la vue que cette tour offrait, surplombant les montagnes et forêts, les plaines et les rivières, était incroyable. Je m'étais découverte l'envie de m'y rendre, chaque nuit où le sommeil ne venait me gagné, presque tous les soirs en fait. Et je restai là, des heures durant, à observer le soleil se coucher ainsi que la lune se lever, et éclairer de ses rayons, toute la vie que ce monde offrait. Cette solitude me réconfortait.
« - Professeur ? Je ne savais pas que vous étiez là, je ne voulais pas vous dérangez. »
Je me retournai sur les bruits des talons de ses bottes et sur sa voix, agréablement douce et calme. Je suivi des yeux les mouvements de sa cape qui retombait sur son épaule, dont la couleur vermeille se confondait parfaitement dans cette ambiance plus que sombre, sur son uniforme noir. Seuls dans l'obscurité perçaient ses deux iris qui brillaient de leur couleur mauve, sur ce visage si parfait.
« - C'est bon, me contentai-je. »
Et alors que la jeune fille allait faire demi-tour, je la vis s'approcher.
« - J'aime également venir ici, c'est apaisant, souriait-elle en s'approchant de l'ouverture de la tour par laquelle j'admirais les étendues de ce vaste monde.
- Vraiment ? Je ne vous ai pourtant jamais vu ici.
- C'est parce que je vous vois toujours y monter. »
Je restai silencieuse sur sa remarque pendant les quelques secondes que je pris à l'observer, elle et son air toujours si parfait. Le rayon de lune éclairait ce regard que je trouvai profondément vide, et sa peau de porcelaine dénuée de la moindre imperfection.
« - M'en voulez-vous de ce que j'ai dis à l'entraînement ? Pour avoir été franche ?
- Franche ? Il y a une nette différence entre être franche et savoir dire les choses avec tact.
- Je ne m'embarrasse pas de ce genre de nuance. »
J'imitai la jeune femme et m'accoudai sur le rebord du mur, observai le ciel dégagé remplis ce soir de plus d'un millier d'étoiles. Notre échange silencieux dura quelques minutes de plus, dans ce calme imperturbable que la nature nous offrait.
« - Je ne vous en veux pas, professeur. Je suis seulement peu habituée à être...
- Traitée comme les autres ? la coupai-je.
- Considérée autrement que seulement comme la future impératrice, précisait-elle. »
La fille unique du Seigneur Ionus IX. Edelgard était l'héritière de l'empire Adestrian, situé au Sud du continent. C'était tout ce que je savais, pour ne jamais lui avoir demandé.
« - Vous savez, c'est ici que mes parents se sont rencontrés, dans la tour de la Déesse, souriait la princesse. Ma mère venait de rejoindre l'académie des officiers. Mon père, tout juste empereur, rendait visite au monastère, ça a été le coup de foudre. Et à ce qu'on raconte, leur premier véritable amour. »
Pour la première fois depuis ma rencontre avec la représentante des aigles, le sourire qui étirait doucement ses lèvres me paru très sincère. Et je ne comprenais pas pourquoi cela m'intriguait.
« - Je ne sais pas pourquoi je vous raconte ceci, soufflait-elle.
- C'est une jolie histoire.
- Et vous, professeur, avez-vous déjà connu l'amour ? »
Imperturbée, sa question me laissa de marbre. Pourtant, celle-ci restait dans ma tête, dans mes pensées, et faisait naître une certaine curiosité.
« - Non. L'amour, ou même l'attachement... Je n'ai aucune idée de la signification de ces deux mots. C'est un concept qui m'échappe totalement. »
Ces émotions ne m'étaient pas permises. Je ne savais si j'étais même capable de les ressentir. S'ouvrir à un autre, partager sa vie, et dépendre d'une nouvelle personne. Cela ne m'attirait guère. Il était déjà si difficile de vivre pour soi-même, que vivre pour un autre me semblait complètement abstrait. C'était insensé. Au mieux, cela offrait une compagnie, et au pire, une terrible peine. Pourquoi choisir de s'en encombrer ?
« - Je trouve cela bien dommage. »
Et elle, en tant que future impératrice, seule héritière au trône, pouvait-elle se le permettre ? Je devinai au son de sa voix que cette remarque ne m'était pas seulement destinée. Le destin des futurs seigneurs étaient menés par bien des choses, mais certainement pas par l'amour. Se marier, offrir un héritier, était peut-être l'idée à laquelle elle s'attendait. Pour moi, être né de sang royal était une malédiction, porté comme un fardeau plus que comme un privilège. Un aigle en cage, dont les ailes ne pouvaient se déployer uniquement dans un seul but, celui de gouverner. Et aussi immenses soient elles, ces ailes ne feraient que l'emprisonner. C'est ce que j'avais conclu de ce que j'avais vu de ce monde, gouverné par la royauté. Au moins, ce monastère lui offrait une certaine liberté.
« - Bonne soirée, professeur. »
J'observai l'oiseau disparaitre dans l'obscurité, et restai seule, à méditer, sur les dernières paroles de cet Aigle de Jais. Je me pensais dénuée de toute sensibilité, mais au fond de moi, son histoire me touchait. Cette étrange sensation, que pour la première fois je ressentais, m'accompagna pour le reste de cette bien trop courte nuit.
Je pris la journée du lendemain pour visiter le monastère, et me familiariser. Je fis un tour sur la place du marché. Je n'avais aucun cours à donner, et d'une certaine façon, j'avais envie d'en profiter. Le forgeron me montrait son travail, de qualité, je reconnaissais, avant de lui commander quelques accessoires pour m'équiper. Ce poste à l'académie me permettait d'au moins gagner ma vie. Stabilité financière très appréciée. Mais quand la nuit tomba de nouveau sur le cœur des imposantes montagnes d'Oghma, une fois encore, je ne sus trouver le sommeil. Je n'avais jamais aussi mal dormi que depuis que je me trouvais ici. Peut-être n'étais-je que peu habituée à ce luxe que cet endroit m'offrait.
Je sortis des dortoirs, et me dirigeai instinctivement vers le terrain d'entraînement un peu plus loin. Ce soir, je ne me rendais pas à la tour, et aller savoir pourquoi, c'était comme si le destin me guidait. Je poussai les portes et entrai. Mes yeux s'éveillèrent sur la silhouette maintenant bien familière, sur une impression de déjà-vu, baignée par la lueur de la lune. Ses jambes et son torse étaient recouverts d'un tissu aussi sombre que la nuit, et laissaient apparaitre ses bras finement musclés. La peau de son dos presque entièrement découvert était parsemée de nombreuses marques. Cicatrices de blessures bien trop anciennes pour dater de l'époque du monastère. Ses mouvements gracieux donnaient l'impression qu'elle dansait. Captivée, je m'approchai, alors qu'elle me remarquait.
« - Vous ne dormez pas, professeur ?
- Et vous, Edelgard, ne devriez-vous pas vous reposer ? »
Nos échanges avaient toujours tendance à se ressembler. Je lui renvoyais les questions qu'elle me posait, et elle, ne répondait souvent que par d'autres questions. Elle était la plus difficile à cerner, derrière tous ses paraîtres où se cachait la vérité. Il ne m'était pas difficile de savoir quand elle se forçait, mais le fond de ses pensées, lui, continuait à m'échappait.
« - Je n'arrivai pas à dormir.
- Moi non plus, répondis-je. »
C'était aussi simple que ça, juste une méchante insomnie, comme j'en avais maintenant l'habitude. Et apparemment, ce n'était pas la première fois pour elle non plus, puisque la veille, je l'avais déjà croisé.
« - Vous travaillez votre mêlée à mains nue ? remarquai-je.
- N'était-ce pas vous qui disiez qu'on ne devait négliger aucune forme de combat ? souriait-elle. Souhaiteriez-vous vous joindre à moi ? »
Je pris quelques secondes pour réfléchir à sa proposition, plutôt tentante. Peut-être que cela fatiguerait assez mon corps pour me donner sommeil, enfin, si elle arrivait à tenir plus d'une minute en face de moi. Dans tous les cas, les exercices étaient très bons pour la santé, et ce duel promettait d'être un minimum intéressant. Je retirai la cape que jonchait mes épaules, posai les mains sur ma ceinture, hésitai. Que risquai-je ? Je décrochai le fourreau de ma taille et le posai également, avant de faire quelque pas sur la terre imprégné d'autant d'efforts.
« - C'est exact, fis-je en tendant ma jambe droite derrière moi et en contractant le bras du même côté, avant de ramener ma main opposé devant mon visage.
- Vous ne plaisantez pas, professeur.
- Vous préféreriez ?
- Absolument pas, répondit l'aigle en se mettant dans une position hautement semblable à la mienne. »
Cette fois, j'ouvrai le combat, et m'élançai. Mon poings frappa le plat de sa main, ma jambe visait sa taille. Elle me contra plutôt facilement avant de m'envoyer un coup direct que j'interceptai de mon avant bras. Je fis un pas en arrière, et observai ses pieds qui venaient de se déplacer à une vitesse incroyable. La futur impératrice se jeta à son tour sur moi en un coup circulaire que j'esquivai de justesse, avant de lui répondre de toute ma puissance d'un plat dans sa poitrine qui la fit reculer de quelques mètres. Y avais-je été trop fort ? Probablement pas puisque la jeune fille se releva aussi tout pour se jeter sur moi. Nous échangeâmes des coups pendant de longues minutes, j'attaquais, elle me bloquait, elle ripostait, je la contrais. Je n'étais évidemment pas au maximum de mes capacités, mais elle montrait une énergie qui fini presque par m'impressionner, elle était vraiment tenace. Même ma respiration semblait commencer à fatiguer. Mais mon élève, elle, était déjà épuisée. Lorsque son poing effleura ma joue, j'attrapai son bras par le poignet et la tirait avant de passer une jambe derrière son genoux que je ramenai vers moi pour la faire trébucher. Je sentis le poids de son corps partir avec le mien lorsque la demoiselle s'écrasa sur le sol où la maintenais. Je sentais mes doigts serrés sur ses très fins poignets, alors que mes yeux semblaient s'être noyés sur ses iris mauves. Sa poitrine se soulevait de façon saccadée, alors que son souffle venait relever à intervalles irréguliers les mèches de mes cheveux bleus foncés. Je ne sus combien de temps nous restâmes ainsi, avant que sa respiration ne se calme enfin, et que ses joues empourprées ne retrouvent leur clarté.
« - Vous avez encore perdu, lui signalai-je.
- Professeur ? m'interpella-t-elle. Vous souriez. »
Et pour la première fois, mes lèvres s'étaient étirées.
