Hellooooow !
Je ne m'étendrais pas dans un petit monologue, je me contenterai juste de répondre à vos commentaires ! Quatre sur ce chapitre, record ! J'en suis ravie !
Bouly : Tiens, tu as changé de pseudo ! Ahah, les petites phrases de fin sont un peu ma marque de fabrique maintenant ! J'aime beaucoup cloturer de cette façon ! Ce chapitre est un peu plus long, régale toi ! )
Zergath : Et bien, tu seras encore frustré je pense, mais ce chapitre fait quasiment le double de d'habitude ! Je voulais encore le couper, mais je me suis dit que je finirais par me faire incendier ahahah ! Pourtant, j'avais de belles occasions ! C'est marrant, tu n'es pas le premier à me dire qu'on ressent la tension entre les deux ! Ca me plait bien ! C'est assez satisfaisant de réussir à faire ressentir une sorte « d'émotion » au lecteur ! T'inquiètes, Byleth va avoir beaucoup de situation pour faire taire Edelgard dans les prochains chapitres, mais pour le moment, elle apprend aussi à découvrir l'incompréhension ! Entre autres ! )
MacHellia : Et bien, 9 d'un coup ! Heureusement qu'ils ne sont pas très longs ! Je suis contente que l'histoire te plaise et que le fait que Byleth prenne son temps ne soit pas frustrant (on est déjà au 10ème chapitre quand même !). Je n'avais pas envie de presser les choses, j'aime le réalisme. Oui, nous reverrons Rhéa, sans vouloir te spoiler, elle à une place particulière dans cette histoire ! Je ferais aussi réapparaitre Claude et Dimitri, et également Seteth. Flayne sera de la partie aussi. L'histoire ne sera pas uniquement centrée sur les Aigles !
Mijoqui : Tu sais quoi, je prends cela comme un compliment car ça veut dire que j'arrive à retranscrire le caractère d'Edelgard dans ma fiction ! Je suis contente ! Tu sais quoi, pour les « mauvais choix » j'en ai fais aussi, c'était d'ailleurs très surprenant de voir ses réactions qui m'ont pour certaines poussées à éteindre la console pour recommencer xDD Byleth à le sang froid, mais elle a aussi le sang chaud. Je pense qu'elle se découvre également peu à peu, mais elle ne restera pas calme et impatiente indéfiniment... Patience ! :P Elles sont vraiment trop choux je trouve ! Enfin, j'essaie quand même de faire Edelgard fidèle à elle même, mais peut être que sans les histoires de guerre, tu pourras l'apprécier ! :D
Merci à tous pour vos reviews ! Pensez à me faire part de vos avis sur le prochain chapitre ! :D
Enjoy !
Chapitre X - Ombres Nocturnes
Je ne dormais de nouveau plus. Le peu d'exercice que je faisais pendant les cours que je donnais l'après-midi n'était probablement pas suffisant pour puiser dans mon trop plein d'énergie. Et ce n'était pas en feuilletant de vieux carnets poussiéreux pendant des heures que j'allais trouver satisfaction. Mes entrainements quotidiens me manquaient, je devais bien l'admettre. Il était bien agréable d'avoir quelqu'un avec qui me battre, et qui rivalisait assez pour pouvoir me fatiguer un minimum. Je n'avais pas rencontré pareille personne depuis longtemps, peut-être même jamais, en fait. La seule personne qui arrivait à me tenir en haleine n'était autre que mon père. Après tout, il m'avait tout apprit. Il était aussi la seule personne à avoir réussi à me battre, ou plutôt, la seule personne que je n'avais jamais pu battre. Pas une seule fois. La défaite, face à lui, était toujours incroyablement écrasante. Sa réputation n'était plus à refaire. J'étais en manque de combat, d'excitation. J'avais besoin de sentir mon cœur battre à tout rompre dans ma poitrine, sentir tous mes sens en alerte. Être à l'affut du moindre mouvement, anticiper, réagir, et contrer. Accepter ce poste de professeur était peut-être une erreur.
« - Il est bien rare de vous voir autant pensive, professeur. »
Je me retournai sur la voix qui caressait mes oreilles comme si elle venait tout droit du paradis avant d'apercevoir deux magnifiques émeraudes. Mes yeux furent accaparés par l'imposante coiffe qui trônait sur la dirigeante de l'ordre. Je ne cessais de jongler entre les dorures ornementales de sa couronne et l'or que reflétait les rayons du soleil dans son regard. Et comme lors de notre première rencontre, elle vint tout apaiser. La gentillesse qui émanait de cette femme semblait presque sacrée. J'en oubliais mes doutes, j'en oubliais tout.
« - Quelque chose vous perturbe ? affirma presque sa Sainteté.
- Absolument pas, rétorquais-je. »
La grande dame se contenta de sourire, comme si elle lisait en moi mieux que je ne saurais jamais le faire moi-même. Pourquoi me sentais-je si détendue en sa présence ? Pourquoi le monde semblait d'un coup si petit, lorsque ses yeux me dévisageaient comme si j'étais la dernière chose sur terre ? Pourquoi ses doigts fins qui effleuraient maintenant ma joue, ne me firent pas réagir ? La chaleur qui se dégageait de la paume de sa main si douce, était tellement réconfortante. Avais-je besoin de réconfort ? Comment quelque chose de si simple, et si futile, pouvait me faire autant de bien ? Et pourquoi ? Pourquoi Rhéa agissait-elle ainsi, pourquoi ne réagissais-je pas ? Autant de questions qui apparaissaient pour disparaitre aussitôt, emportées par une sensation qui semblait me bercer.
« - Pensez aussi à vous reposer, sourit la femme avant de retirer sa main pour l'éloigner. »
Je l'observai, de longue minutes, tant que je le pouvais, alors que mon esprit semblait comme se réveiller d'un très long sommeil bien qu'il faisait encore jour. Quelle étrange personne, pensais-je alors. Je me retournai de nouveau, posai mes mains sur le muret de pierres devant moi, duquel je pouvais balayer toute une partie du monastère. J'avais ce don, celui de trouver les endroits les plus calmes, mais aussi les plus beaux. Je baissai les yeux, ma respiration se bloqua.
Je pouvais sentir le poids des jugements dans le regard noir du magicien et celui de la jeune femme à ses côtés, qui daignait enfin poser ses yeux sur moi. Les bras croisés, perchée sur les plus hautes marches de l'escalier qui menait au hall de réception, la future impératrice semblait respirer la condescendance. Au moins, je ne subissais plus son indifférence forcée. Son compagnon, très fidèle serviteur, n'avait que du mépris à mon égard. Il ne l'avait évidemment jamais caché. Nullement son intention de remettre mes capacités en doute, mais je n'avais guère l'air de lui plaire. De toute évidence, il semblait se méfier de tout et de tout le monde, surtout vis à vis de la future héritière. Mais il se méfiait tout particulièrement de moi. Avait-il eu vent de nos échanges nocturnes ? La maison Bestla était au service des Hreivelg depuis toujours, comment aurait-ce pu lui échapper. Leurs lèvres bougeaient sur des paroles qui m'échappaient, mais nul doute qu'ils parlaient tout deux de moi. Peu importait.
Je profitai de mes quartiers libres, moi aussi, pendant deux longues journées, avant d'attaquer de nouveau la semaine. Celle-ci s'annonçait plutôt difficile. J'avais prévu de confronter mes élèves à la réalité en les emmenant en mission. Au moins, cela me permettrait d'évaluer leur niveau dans une situation réelle. Loin de moi l'idée de les mettre en danger, mais il était temps pour eux de me prouver que tous ces entrainements n'avaient pas été vains. Enfin, le temps des combat n'était pas encore arrivé, pour le moment tous se contentaient de profiter des quelques heures de liberté qu'il leurs restait. Le tournoi de pêche avait été particulièrement animé. Je sentais encore l'odeur du poisson dans mes narines, comme si celui-ci s'était incrusté sur ma peau. Ce n'était pas mon passe temps favoris, mais j'avais apprécié les sourires sur les visages de mes élèves, particulièrement sur celui de Caspar. Lui, était tout fier, le grand vainqueur.
Je fus surprise de me sentir impatiente d'annoncer à mes protégés que je les emmenais avec moi sur le terrain. J'avais longuement hésité, me demandant si ils étaient vraiment prêts, surtout après le comportement de certains ces derniers jours. S'il arrivait quoique ce soit, j'en serais seule responsable. J'avais leur vie entre mes mains.
« - Bien, fis-je en fermant presque violement le livre que je tenais entre les mains. Ce cours est terminé. L'entraînement de cet après-midi n'aura pas lieu, ajoutai-je. Nous partons en mission dés demain, profitez en pour vous préparer.
- En mission ?! hurla presque de peur Bernadetta. J- Je ne suis pas prête pour mourir ! »
J'observai la plus froussarde de mes élèves dont la réaction était plus que prévisible, mais elle ne pouvait y échapper. J'exigeai la présence de chacun d'entre eux.
« - Je suis impatient ! s'écriai maintenant le plus petit aux cheveux bleus. »
L'un d'eux était visiblement très excitée, quand les autres savaient rester plus discrets. Deux, en particuliers, ne réagirent absolument pas.
« - Nous partirons dans la matinée vers un village situé le long de la rivière d'Airmid. Ce territoire appartient à l'Alliance, tâchez de ne pas faire de vague, c'est une mission officielle.
-L'Alliance Lancester ? fit le mage noir sur un ton accusateur. La rivière d'Airmid longe également l'Empire Adestrian, pourquoi ne pas partir là bas ? »
Je ne quittais plus des yeux les perles noires qui semblaient me défier. L'homme, qui jusque là était toujours resté plutôt discret, se faisait soudainement bien remarquer.
« - Parce que je l'ai décidé. »
J'expliquai un peu plus en détail le but de notre mission sans porter plus d'attention que nécessaire au sorcier. Celle-ci était plus que simple, nous rendre dans un village pour enquêter sur les attaques répétés de brigands sur le territoire. Ce n'était peut-être rien d'exceptionnel, mais suffisant pour jauger mes élèves et leur comportement en situation concrète.
« - Et pour clôturer cette journée, repris-je en balayant la salle du regard. Edelgard et Dorothéa, vous serez chargées des corvées d'écuries cette semaine.
- Je me porte volontaire pour prendre les corvées de la future impératrice, professeur, fit remarquer le serviteur de la princesse.
- La future impératrice peut se charger elle-même de ses corvées, répondis-je. Ce sera tout. »
J'ignorai son regard. J'ignorai celui des autres, et quittai la pièce sans même me retourner. Pour qui se prenait-il, pour remettre en question mes décisions de la sorte ? Il était peut-être le serviteur de la représentante des aigles, mais il n'en restait pas moins un élève. Si l'Adestrienne avait quelque chose à dire, elle pouvait bien le faire elle-même, plutôt que de faire appel à son serviteur ou à un quelconque pigeon voyageur. Ressentais-je de la contrariété ? Quelle idée...
Le soir venu, après avoir fais plusieurs fois le tour de Garrech Mach dans le but de trouver le sommeil, je me dirigeai finalement vers les dortoirs. Je ne passai plus par le terrain d'entraînement, sur lequel je n'avais d'autre adversaire que mon ombre. Et même si l'envie de monter à la tour m'avait prise, je me devais d'être raisonnable. Une longue route nous attendait demain, après tout, et la fatigue ne me serait permise. Je m'apprêtai à pousser la porte de ma chambre lorsque mon attention fut attirée par des cris qui venaient de l'étage. Je me précipitai en haut des escaliers un peu plus loin pour arriver à l'étage, où le calme avait de nouveau gagné les lieux. Qu'est-ce qu'il se passait ici ?
« - Professeur ? »
Je me retournai pour reconnaitre les mèches des cheveux bouclés de Dorothéa dans l'ombre. Quelle heure était-il ? N'aurait-elle pas du dormir ?
« - Eddie a toujours eu le sommeil particulièrement agité, souriait-elle maintenant. Ne vous inquiétez pas. »
Inquiète ? Ce n'était pas mon genre. Evidemment, ces cris ne m'avaient pas rassurés. Pourtant, j'avais bien l'air d'être la seule ici, à être interpellée, alors que tout le monde était probablement endormi. Etait-ce habituel ? Je n'aurais su le dire, alors que je me trouvais rarement dans les dortoir à cette heure-ci. Je revenais généralement bien plus tard, après un entrainement, ou un passage à la tour.
« - Bonne nuit, professeur. »
La brune disparu dans sa chambre comme si de rien était, imperturbée. Je devais faire de même, mon corps refusa de bouger lorsque j'entendis crier de nouveau. Cette fois, l'endroit d'où les cris vinrent se fit bien plus précis, et me conduisirent jusque devant une porte. J'arrivais maintenant à distinguer sa voix. Je levai la main, m'apprêtait à frapper, lorsque je stoppai mon geste. A quoi bon ? D'après Dorothéa, c'était quelque chose d'habituel. Et puis, qu'aurais-je pu faire ? Mon rôle n'allait pas si loin, je n'étais pas une mère. Et pourtant, ma main saisit la poignée, avant d'ouvrir presque violemment la porte sans même m'en rendre compte, lorsque je l'entendis hurler.
Je trouvai l'héritière couverte de sueur, tremblante, redressée sur son lit. Loin de la prestance habituelle que lui donnait son uniforme noir et sa cape rouge qui ornait ses épaules, elle semblait tellement fragile. Sa peau, plus pâle que d'habitude, ne faisait que ressortir un peu plus ses yeux, d'un mauve profond, qui me dévisageaient. Pour la première fois de toute ma vie, je ne savais absolument pas quoi faire.
« - P- Professeur ? s'étonna la jeune fille. »
Je n'arrivais plus à la quitter des yeux. La voir ainsi était déconcertant, elle qui se voulait toujours si forte. Ses bras semblaient si fins, et son corps si petit. Mon regard s'égara sur le dessus de ses épaules, nues, où j'apercevais ses cicatrices. Sa chemise ne couvrait pas grand chose.
« - Vous ne devriez pas être ici. »
La surprise dans son regard, sur son visage, se changea très rapidement en cette expression d'indifférence, qu'elle se forçait d'afficher. Même dans cette situation, elle ne pouvait s'en empêcher. Je soupirai, mon silence n'aidait pas.
« - Venez avec moi. »
Elle leva les yeux vers moi de nouveau, m'interrogeait.
« - Venez, répétai-je. »
J'accompagnais mes paroles d'un geste de la tête, avant de voir mon étudiante se lever, enfin, pour me suivre. Sa chemise retombait sur ses longues jambes, aux trois quarts de ses cuisses. Heureusement, le monastère était désert à cette heure-ci, car je ne lui avais même pas laisser le temps de se changer.
De la vapeur se forma lorsque l'eau chaude se déversa dans les tasses posées devant moi. Peu à peu, une odeur d'agrume se répandit autour de nous, pour bientôt venir envahir tout le réfectoire. La future impératrice semblait ailleurs alors que son regard ne cessait de fixer le vide, jusqu'à ce que l'odeur ne la tire de ses pensées.
« - Ce parfum... souffla-t-elle. Est-ce un hasard que vous ayez choisi mon préféré ?
- Tout dépend de si vous y croyez ou non. »
Je portai la tasse de thé à mes lèvres. J'étais plus habituée à sentir le parfum de Bergamote que dégageait ses cheveux que cette eau chaude, mais ce n'était pas si mauvais, même au contraire. Je sentais la jeune fille se détendre, peu à peu, alors que le silence restait maitre de ce moment.
« - Si quelque chose ne va pas, vous pouvez m'en parler, vous savez.
- Pourquoi vous souciez vous autant de moi ?
- Et bien, parce que je suis...
- Mon professeur, me coupa-t-elle. Vous êtes toujours si sérieuse. »
C'était probablement exact. Même si, je me souciais peut-être un peu trop d'elle, ce que je ne faisais pas forcément pour les autres, bien loin de là. Enfin, les autres me causaient surement moins de soucis.
« - Je fais juste des cauchemars. »
Des cauchemars ? Ou plutôt des terreurs nocturnes. Comment de simples cauchemars pouvaient faire hurler quelqu'un de la sorte ? Mon esprit fit bien vite quelques liens dans ma tête. Les entrainements nocturnes, les visites à la tour, ses insomnies... Peut-être même que cela expliquait son attitude des derniers jours ? Ou peut-être pas. Qu'en savais-je.
« - Demandez-moi, m'interpella la jeune femme.
- Pardon ?
- La question qui vous brûle les lèvres. »
Je restai presque bouche-bée, même si je n'en montrais rien, alors qu'elle avait vraisemblablement remarqué mon regard, de nouveau perdu sur ses épaules, même le temps d'une demi-seconde.
« - Vos cicatrices... murmurai-je. »
Les lèvres de l'héritière de l'empire Adestrian s'étirèrent avant qu'elle n'y porte une dernière fois sa tasse. Observatrice, elle aussi, montrait une facilité particulière à analyser n'importe quel situation. J'en avais presque oublié, le temps d'une minute, qu'elle était la meilleure de mes élèves, et que ce n'était plus une enfant.
« - Autrefois, j'avais dix frères et sœurs, huit aînés, et deux cadets. J'avais neuf ans lorsque des nobles fortunés ont payés une guilde d'assassins pour nous enlever et nous torturer. Ils voulaient nous briser, physiquement et mentalement, faire de nous des marionnettes, parfaitement manipulable, pour diriger l'empire dans l'ombre. »
Le récit de la guerrière me laissa sans voix. J'avais parfaitement conscience des choses horribles qui arrivaient parfois dans les familles royales, peut-être même trop souvent, en fait, mais l'entendre de sa bouche fit naitre une désagréable sensation.
« - Je suis l'héritière de l'empire, vous devez savoir ce que cela signifie. »
Evidemment, il ne me fallut qu'une seconde pour comprendre. La royauté était une malédiction.
« - Je suis la seule à avoir survécue. »
J'avais de la peine pour elle, très sincèrement. Je n'étais pourtant pas ce genre de personne, à déborder de sentiments, de compassion, et de tristesse. Je ne me laissais jamais atteindre par la douleur des autres, par leurs problèmes. Je considérais les émotions comme un fardeaux. Et pourtant, cet oiseau là, piégé dans sa cage royale, immense cloche dorée, me faisait face de toute sa force et de toute sa faiblesse, et arrivait à me toucher. Je pouvais l'observer, cette ombre qui la recouvrait. L'aigle de Jais emprisonné, dont le monde ne pouvait observer...
Les immenses ailes se déployer.
