Yop !

Il n'y a pas eu de chapitre le week-end dernier, ni celui d'avant. Je n'ai pas été dispo chez moi pour écrire. Bon, ce chapitre est, comme le dernier, plus long que les précédents (j'avoue ça n'a rien à voir avec le fait que je n'ai pas posté, ahah).

MacHellia: J'avais pensé à cette histoire car je trouve que ca suit quand même pas mal le passé du personnage, et j'ai envie de respecter les histoires de chacun ! J'avoue qu'une discussion entre Jeritza et Byleth ne serait surement pas très bruyante, ou alors réglé à coup d'épée ahah ! Peut-être que je pourrais exploiter cette piste ! La pauvre petite ne dors pas très bien, et pour son changement soudain d'attitude, peut-être qu'un chapitre nous donnera plus de détails ! Merci pour ton review, en tout cas !

Spino: Merci de me lire, et d'apprécier ! ;)

Mijoqui: Alors pour les conversations de soutien, va falloir que je me penche sur les autres perso car je n'ai fais QUE ceux d'Edelgard ! (oui, je n'étais obsédée que par elle XD). Ou alors, je demanderai un topo à quelqu'un qui a tout fait, peut-être ! xD (Des volontaires dans l'assemblée ?). Choquée ? Ah oui ? Je voulais pas rendre ça choquant, juste "habituel", après tout, que peuvent-ils y faire ? x) Ce jeu de thé m'a rendu folle et m'a fais redémarrer ma console plus d'une fois !

Voili voilou, bonne lecture !


Chapitre XI - Première Mission

Je pouvais sentir les rayons du soleil frapper mon visage et le froid de l'hiver fouetter ma peau alors que cela faisait maintenant plus d'une demi-journée que nous avions pris la route au rythme des sabots des chevaux foulant le sol. Une journée, c'était bien ce qu'il fallait pour atteindre le village situé non loin du pont de Myrddin en longeant la rivière d'Airmid. En choisissant le territoire de l'Alliance, j'avais laissé plusieurs de mes élèves dans l'incompréhension. Les membres des Aigles de Jais appartenaient tous à l'empire Adestrian, gouverné depuis toujours par la dynastie des Hresvelg. Mais explorer un territoire auquel ils n'appartenaient pas, me semblait nécessaire à leur apprentissage. La preuve était là, leur silence et leur concentration étaient sans pareils, j'aurais presque pu me laisser bercer par le ruissellement de l'eau cristalline sur les pierres ensoleillées, mais malgré ma nuit plus que courte, je ne pouvais me laisser distraire.

Je jetai un œil autour de moi pour vérifier que le nombre de mes élèves était toujours le même. Le compte était bien là. Mes poussins m'avaient rejoins aux aurores, je voyais sur le visage de certains que je n'étais pas la seule à avoir peu dormi. Bernadetta avait certainement trop eu la trousse pour trouver un sommeil réconfortant et paisible. Caspar, lui, avait sans doute été trop excité pour fermer l'œil, quant à Lindhardt, et bien, son expression était la même que d'habitude, comme s'il allait littéralement s'endormir sur place. Mes autres étudiants se portaient plutôt bien. Pétra était aux aguets, à l'affut du moindre mouvement suspect. Dorothéa, elle, paraissait plus détendue, fidèle à elle même en fait. Et puis, en tête du cortège, se trouvait ce trio improbable. Ferdinand, la tête haute, dans une posture non pas s'en rappeler celle des meilleurs chevalier, prenait cette mission très à cœur. Il brûlait très certainement d'envie de faire ses preuves, et de prouver de quoi il était capable. Hubert ne quittait pas l'ombre de l'impératrice, comme il l'avait fait toute sa vie durant, quant à cette dernière, avec qui j'avais passé les quelques dernières heures, elle avançait fièrement, déterminée à remplir le rôle qui lui avait été confié, guider les Aigles de Jais.

Encore une fois, je m'attardais plus que nécessaire à l'observer. Ses yeux brillaient de ce même éclat dont on ne pouvait douter. Ses cheveux dansaient sur sa peau pâle au teint parfait. Pas une seule trace de fatigue ne venait trahir sa nuit. Et si tous connaissaient son sommeil perturbé, l'impératrice bien trop fière prenait soin de le masquer. Ce rôle qui lui seyait parfaitement, ou bien était-ce elle qui seyait à ce rôle. Qui pouvait bien savoir ce que dissimulait ses pensées. Je détournai les yeux quand son regard rencontra furtivement le mien. Je lui portai définitivement trop d'attention.

La personne qui m'avait probablement fait la meilleure impression, ou plutôt qui m'avait positivement surpris, était incontestablement le rouquin du groupe. Ce beau parleur qui s'était retrouvé ridicule lors de mon premier cours à mon arrivée au monastère n'avait cessé de se rattraper à chaque occasion qui se présentait à lui. Il ne dissimulait ni son besoin d'être toujours meilleur, ni ce désir de surpasser la princesse adestrienne. Sa combativité n'avait rien à envier à personne, ni ce désir de combat qui semblait le dévorer. Lui aussi, après tout, avait un avenir tout tracé. Fils ainé du Duc d'Aegir, le titre de premier ministre de l'empire était transmis dans sa famille depuis des générations. Lui non plus, ne pouvait se défiler. Malgré la maladresse de ses paroles et ce côté coureur de jupons, le jeune homme deviendrait très rapidement un puissant et noble chevalier.

« - Ferdinand, l'interpelai-je. »

Ses yeux perçaient vers moi avec la même vivacité que ceux d'un rapace se jetant sur une proie. Etait-ce le seul appel de son nom qui le mettait dans cet état ? Avais-je à ce point délaissé mes élèves ? Ou bien le son de ma voix lui avait-il subitement donner un excès de confiance ?

« - Vous savez que le tournoi des lanciers se déroule cette semaine, repris-je sur un ton sérieux. Vous devriez y participer. »

Le rouquin semblait dévorer mes paroles au fur et à mesure que les mots quittaient mes lèvres, et pourtant, restait bien silencieux. Je pouvais également sentir sur moi le regard de l'impératrice et de son serviteur, même si ces derniers se voulaient inaperçus. J'étais bien trop habituée à sentir la présence des autres pour ne pas sentir le poids de leur curiosité.

« - Je pense que vous avez toutes vos chances de l'emporter. »

Ce n'était pas de la flatterie, seulement de la franchise. Une victoire à un tournoi de ce genre serait bon pour lui, mais aussi pour la maison des Aigles. Je n'avais jamais oublié le défi que m'avait lancé Seteth, le conseiller de l'Archevêque. En plus de douter de mes capacités, il m'avait très clairement fait comprendre qu'il ne me trouvait pas à la hauteur de guider la maison des aigles. Peut-être qu'une simple mercenaire n'avait pas sa place au sein de cette prestigieuse académie. J'allais pourtant lui prouver le contraire, j'en avais fais un défi personnel.

« - Je ferai de mon mieux pour ne pas vous décevoir, professeur. »

Je levai un sourcil interrogateur sur le futur chevalier, dont la réponse très calme n'était pas du tout celle que j'attendais venant de lui.

« - Je remporterai la victoire ! affirma-t-il. »

Je préférai cela. Mes lèvres s'étirèrent, laissant le garçon surprit avant qu'il n'en fasse autant. Mais le plus surprit des deux, c'était sans doute moi. Quand avais-je appris à sourire, après tout ?

Nous marchâmes plusieurs heures avant d'enfin atteindre les abords du village. Les habitations n'étaient pas très nombreuses, la population non plus. Il ne devait pas y avoir plus d'une centaine de personnes vivant ici. Ce village qui aurait pu prospérer et s'étendre, s'offrait une situation géographique plutôt enviable. Il se trouvait en aval des montagnes d'Ordelia, l'eau claire et pure de la rivière permettait d'irriguer leurs vastes cultures. Les échanges commerciaux étaient nombreux avec l'Alliance Lancester, mais l'interface entre les territoires leurs permettaient également de commercer et de maintenir de bons rapport avec l'empire. Rester un si petit village avait été un choix. La vie y était paisible, du moins, jusqu'à encore tout récemment. Cela faisait maintenant plusieurs semaines que le village se faisait régulièrement attaqué et pillé par un groupe d'individus appartenant à un réseau de criminel. C'était ce dont l'Ordre de Seiros était convaincu. J'avais donc pour mission de mener mon enquête ici avec mes apprentis officiers.

« - Pétra et Caspar, commençai-je. Vous ferez le tour du village par le nord, avant d'explorer le périmètre dans un rayon de deux kilomètres autour du village. »

Celle qui avait l'allure d'une indigène était surement la mieux placée du groupe pour ce qui était de suivre une piste ou trouver des indices. Elle était d'une telle discrétion qu'elle arrivait à disparaitre et se faire invisible dans presque n'importe quel environnement. Ce n'était pas du tout le cas de la jeune tête brûlée, qui lui, était incontestablement le plus bruyant du groupe.

« - Bernadetta et Hubert iront se placer sur les hauteur du plateau plus en amont de la vallée. De là, il devrait être aisé de repérer l'ennemi s'il tente d'approcher. »

Ce duo était d'une incompatibilité monstrueuse, mais l'œil de l'archère était très vif, et le magicien était le plus stratège du groupe, je n'en avais jamais douté.

« - Les autres patrouillerez dans le village pendant qu'Edelgard et moi-même iront explorer à l'est.

- Professeur, fit le jeune homme aux traits tirés. Je souhaiterai vous accompagner, l'impératrice et vous. »

Comme cela ne m'étonnait guère. J'avais presque attendu sa remarque tant j'étais convaincu qu'il refuserait catégoriquement de quitter l'ombre de la guerrière.

« - Votre capacité à élaborer des stratégies très rapidement nous sera plus utile si vous pouvez voir l'ennemi approcher avant les autres, le repris-je. »

Le tacticien n'osa me contrarier pour une raison que j'ignorai, jusqu'à comprendre que son regard avait croisé celui de l'héritière. Celle-ci lui avait sans doute donner l'ordre silencieux de suivre mes directives. Et même si la finalité était la même, son mépris envers mon autorité me déplaisait fortement. Bientôt, notre petit groupe se scinda.

Je me retrouvai maintenant seule avec la dirigeante des aigles, longeant silencieusement la rivière vers l'est. Je ne cessais de me demander pourquoi je n'avais pas décidé de patrouiller avec Ferdinand, ou même n'importe qui d'autre en fait. Avais-je pris l'habitude d'être avec elle en particulier ? Non, j'avais certainement inconsciemment saisi l'occasion de lui faire apprendre de nouvelles compétences en situation réelle de terrain.

« - Vous êtes bien silencieuse, future impératrice, fis-je en ne quittant pas le chemin des yeux. »

Je me surpris à entamer une conversation avec elle, moi qui était plutôt de nature taciturne, surtout en mission.

« - Je pourrais en dire autant de vous, professeur. »

La jeune fille insista autant sur le mot qui caractérisait mon poste que je l'avais fait sur celui définissait son grade. Son obstination à me tenir tête dés que nous nous retrouvions seule était quelque chose que je trouvais de moins en moins déplaisant. Une facette de sa personnalité que j'avais pu découvrir lors de nos nombreux tête-à-tête.

« - Professeur... répéta-t-elle ensuite. Je tenais à m'excuser pour la façon dont je me suis adressé à vous il y a quelques jours.

- Vous voulez certainement dire durant ces derniers jours, la repris-je. Quoique pour cela, il aurait fallut que vous vous adressiez à moi. »

J'aurais simplement pu accepter ses excuses, mais les mots étaient presque sortis tout seul. Je savais ses excuses difficile, elle qui était aussi fière qu'elle pouvait se montrer orgueilleuse, et c'était justement la raison de ma réaction. Il était plutôt satisfaisant de voir son regard fuyant, incapable de croiser le mien.

« - Quoiqu'il en soit, je voulais m'excuser, souffla une nouvelle fois l'aigle, mais aussi vous remercier.

- Me remercier ?

- Pour ce que vous avez fait hier. »

Avait-elle vraiment envie de faire ça ? Ou bien se sentait-elle mal ou prise d'une quelconque culpabilité à mon égard. Ce n'était pas comme si je lui en tenais rigueur, après tout, cela ne m'effleurait qu'à peine. Enfin, j'en étais convaincue.

« - Vous n'avez pas à me remercier, lui expliquai-je. Je fais seulement le travail pour lequel on me paye.

- Ce que vous pouvez vous montrer rude. »

Ces mots me paraissaient étrangement familiers, ce n'était certainement pas la première fois que je les entendais.

« - Ne vous a-t-on jamais dit que vous manquiez cruellement d'empathie ? »

Je fis arrêter mon cheval avant d'en descendre pour faire quelque pas, rênes à la main. La bête en profita pour s'abreuver dans l'eau de la rivière qui s'écoulait. J'observai le reflet de mon visage déformé par le courant, totalement impassible.

« - Plusieurs fois. »

J'entendis la future impératrice descendre à son tour de sa monture et me rejoindre. Mon regard fixait son reflet, quand le sien me fixait. Impassible, ou insensible ? Peut-être aucun, ou les deux à la fois.

« - Je ne voulais pas... semblait regretter la jeune femme.

- Ca n'a aucune importance, la coupai-je. Vous avez certainement raison, l'empathie n'est pas quelque chose dont je m'embarrasse. »

Je n'avais aucune idée de si elle s'en voulait, ou si elle était vexée. Une minute plutôt désolée, celle d'après le regard presque accusateur. Les réponses aux questions qu'elle posait ne semblaient guère la satisfaire. Mais que pouvais-je y faire, ce n'était pas dans mes habitudes de mentir. Ma franchise était plus un défaut qu'une qualité, je devais bien l'admettre. En tout cas, pour les gens autour de moi.

« - Vous devriez. »

J'aurais mis mal à l'aise n'importe quelle personne normalement constituée, mais Edelgard, elle, ne cessait de me confronter. Il fallait dire que cette demoiselle qui n'aimait être contrariée débordait d'assurance. Et si j'avais pour habitude de toujours dire franchement le fond de mes pensées, de manière parfois plus que tranchante, l'adestrienne prenait bien trop plaisir à me tenir tête et à souvent me contredire. Elle n'avais jamais hésité à me répondre.

« - Je n'y vois là aucune uti... »

Je ne pris le temps de finir ma phrase que mon corps tout entier se mit en alerte. Mes yeux balayèrent tout autour de moi, sans rien apercevoir, mais mes oreilles, elles, ne me trahissaient pas. J'étais certaine d'avoir entendu les feuilles se froisser, les branches se casser, alors qu'aucun vent ne soufflait. J'attrapai l'héritière, sentis la brutalité du sol sous mes mains et mes genoux, alors que les cris des chevaux en détresse vinrent remplir le silence. Les bêtes s'agitèrent alors que leurs sabots venaient s'abattre de tout leurs poids à quelques centimètres de nous à peine. Je roulais sur le côté, emmenait ma camarade dans mon élan, avant d'apercevoir le projectile de bois planter dans un arbre un peu plus loin. Je n'avais pas le temps de réfléchir alors que les secondes, plus que précieuses, défilaient les unes derrières les autres. Je devais rapidement analyser la situation. Nos camarades n'avaient pas eu le temps de nous prévenir, ou alors les ennemis étaient déjà présents avant notre arrivée, planqués dans les bosquets épais. Je ne voyais qu'une seule flèche, j'avais envie d'en déduire que l'individus était certainement seul, ou que les autres étaient mal équipés. Les chevaux n'étaient pas blessés mais paniqués, la future impératrice, bloquée sous mon corps était également indemne. La respiration qui s'échappait de ses lèvres à quelques centimètres à peine de mon visage venait rapidement soulever les quelques mèches de mes cheveux qui recouvraient ses joues. Celle-ci s'était complètement laissée surprendre. Nous avions toutes deux manqué de vigilance. Je me relevai rapidement, la saisit par le bras avant de l'aider à se redresser. Je dégainai mon épée et elle sa hache, avant d'observer en direction de la provenance de l'attaque, prêtes à de nouveau esquiver. Je n'entendis pourtant plus un bruit, comme si ma première hypothèse était la bonne. Pendant une seconde, j'étais restée convaincue avoir été surprise, alors qu'il paraissait plutôt évident que nous avions surprit l'ennemi, qui tentait désormais de s'enfuir. Des craquements se firent bruyamment entendre quand la dirigeante de la maison s'élança dans la direction que semblait prendre l'archer. J'attrapai son bras, la retint, croisait son regard d'abord rempli d'incompréhension, puis presque de colère.

Nous avions ordre de ne pas intervenir.