Salut !
Peut-être que je vais devoir arrêter de poster deux fois par semaine et repasser à une seule fois, car sinon je vais tomber en rade assez vite :') D'autant plus que j'ai envie de me refaire un NG++ ahah !
Si vous sentez des petits changements dans le style de ce chapitre, c'est car je l'ai rédigé sur des musiques de Future World, et je me suis un tantinet laissée emporter... :D
Mijoqui : On va dire qu'on aura rien vu pour le nom, et puis ça ne changera pas grand chose... (quoique, si en fait D). Ce n'est pas parce qu'il n'y aura pas de guerre, qu'Edelgard n'a pas certaines ambitions. Etant donné que j'ai gardé sa personnalité, ainsi que ses objectifs de future impératrice, la suite ne sera pas de tout repos non plus. Et puis, peut-être que Rhéa est curieuse au sujet d'El pour d'autres raisons... ) Merci pour les phrases en italiques, elles sont pas toujours simples à trouver, et j'aime bien conclure d'un coup « sec » xD
Vive la pologne : Ton pseudo m'évoque quelqu'un que j'ai connu. Nous serons-nous déjà parlé ? Merci de me lire ! Mon écriture t'avais manqué ? Quels autres fictions as-tu lu ? Je sais bien qu'il y a toujours des lecteurs silencieux, mais je ne me vois pas poster un chapitre si je n'ai aucun review car ça laisse quand même le sentiment que personne n'a lu le dernier x) Du coup, il n'y a plus vraiment raison de poster. Les review font vivre cet univers ! C'est en tout cas le ressenti que j'en ai ! Alors, j'espère que tu me laisseras de nouveau ton avis. Pour le jeu, je ne peux que te conseiller de te lancer, mais sache que ton aventure sera spoiler par ma fiction !
Enjoy !
Chapitre XIV - De Folie et de Raison
La lune était haute dans le ciel. Les étoiles scintillaient sur cette toile sombre sous laquelle j'aimais me trouver. Il ne restait pas grand chose du mannequin de bois que je malmenais depuis maintenant plus d'une heure. J'en avais déjà fait voler un en éclat comme si j'avais explosé un corps de verre. Mes coups répétés ne laissaient qu'à peine le temps à mes poumons de se remplir pour qu'ils se vident aussitôt. Je voulais la ressentir, cette fatigue, faiblesse humaine qui semblait me faire défaut. Pourtant, mon corps était constitué de chair et d'os, de muscles et de sang, et de liaisons nerveuses, comme le reste du commun des mortels. J'étais humaine, moi aussi, mais même la douleur que je pouvais ressentir n'arrivait à ralentir mes coups. Les uns après les autres, je frappais, encore et encore, jusqu'à ce qu'il ne reste plus qu'un cadavre de bois, jonchant le sol devant mes pieds. Mon père appelait ça la force de l'esprit, quand ce dernier prend le dessus sur le corps. D'autres appelleraient ça de la persévérance, ou de l'acharnement. Mais ce que je considérais être un don, pouvait aussi être un fardeau. Où se trouvaient mes limites, après tout ? Devais-je sentir une lame de fer glacial me traverser le corps, pour enfin me sentir en paix, pour trouver le repos ? Est-ce que la sensation de vie quittant mon être, réussirait à m'offrir le repos ? Toutes ces questions que je me posais depuis longtemps maintenant n'avaient fait que se renforcer depuis mon arrivée ici. Depuis quelques semaines, l'une d'entres-elles revenait particulièrement se jouer de ma raison, quelle était ma place, en ce monde ?
J'allai chercher un autre mannequin, que je ruai de coups. A son tour, la marionnette de fibre végétale fut mon souffre-douleur. Alors que j'aurais du commencer à m'épuiser, et que je sentais mes muscles se contracter, uns à uns, pour devenir presque douloureux, je sentais mon corps se déchainer. Ce n'était pas suffisant. Ca ne l'était jamais. Et rien ne savait faire taire cet esprit contradictoire et compliqué qu'était le mien. Je voulais juste le silence, celui que ma tête me refusait.
« - Professeure ? »
La poupée s'écrasa contre le sol avant que je ne me retourne. J'avais cette impression de déjà-vu, dans laquelle se trouvait quelque chose de différent. Etait-ce elle, ou bien moi ?
« - Est-ce que tout va bien ?
- Prenez une arme, Edelgard, n'importe laquelle si vous pensez pourvoir l'emporter, et rejoignez-moi ! »
L'aigle hésita. Ce n'était pas de la curiosité dans son regard. Je ne distinguais pas non plus un désir de se battre, et pourtant, l'oiseau s'exécuta. Se faire obéir, dans ce monde, me sembla à l'instant tellement facile. Cette idée m'agaçait. Ce n'était pas une invitation que je lui avais lancé, mais bel et bien un ordre. Et hache à la main, sans aucune surprise, bouclier dans l'autre, mon adversaire me fit face. Elle avait bien apprit ses leçons.
« - Professeure, répétait-elle encore. S'est-il passé quelque chose ?
- Rien qui ne vous concerne. Les entrainements unilatéraux sont seulement ennuyants. »
La jeune femme regarda le tas de bois qu'il restait seulement de ma séance d'entraînement, leva un sourcils interrogateur, se demandant peut-être si une tornade était passé par là.
« - J'ose espérer que vous saurez me tenir plus en haleine que vos camarades de bois. »
Je vis ses sourcils froncer, ses doigts se resserrer, avant que ses jambes ne rejoignent une position que je connaissais maintenant par cœur. Pourquoi avais-je dis ça ?
« - Si vous insistez, souffla l'héritière de l'empire avant de se jeter sur moi. »
Je roulai sur le côté pour éviter son coup qui ne manquait pas de puissance. J'eus à peine le temps de me retourner, que son bouclier ne se trouvait plus qu'à quelques centimètres de mon visage, bloquant ma vue. Ingénieux. Je croisai mes avant-bras pour le bloquer. Le choc fut plutôt rude alors que mes pieds reculèrent sur le sol sableux. Quand sa main directrice fut levée haut dans le ciel, prête à s'abattre, je profitai de l'ouverture pour frapper sur l'énorme disque de métal. La future impératrice fut déstabiliser, encore beaucoup trop lente. Mon épée rencontra bientôt sa hache, dans une succession de coup qu'il lui fut difficile de parer. Mes jambes gagnaient du terrain sur les siennes, et pourtant, elle tenait bon.
« - C'est tout ce que vous avez ? »
Le visage de la dirigeante de maison se fit soudain plus sévère. J'aperçu même ses mâchoires se serrer sur ses lèvres entrouvertes où son souffle n'arrivait même plus à s'échapper. Deux fois sa hache, une fois le bouclier. Ce dernier coup me donna l'opportunité de reculer d'au moins deux mètre, et de me mettre hors de la portée de son arme. L'aigle respirait si difficilement, était-ce déjà finit ? Elle releva sa hache, essuya d'un geste la poussière qui était venu recouvrir son visage, avant de me jeter ce regard. Celui là aussi, je l'appréciai. Mes doigts se resserrèrent sur le pommeau de mon épée, mes muscles me lancèrent. Je devais me calmer, je devais ralentir, où ne resterait de l'impératrice pas mieux que ces pantins déjà morts. Qu'est-ce qu'il me prenait, de réagir ainsi ? C'était comme si mon corps parlait pour moi, se libérait, de toute la tension que j'avais pu accumuler, de toute cette ennuie, et de cette lassitude. Mes prochaines attaques devaient êtres plus douces.
Je me jetai en avant sous les yeux écarquillés de la dirigeante de maison. Et merde. Je n'arrivais plus à m'arrêter. Les armes de fer s'entrechoquaient à ne plus finir. Je pouvais même voir des étincelles jaillir du croisement de nos lames, comme si ces petites lumières venaient danser autour de nous, nous observaient. Ce spectacle était à la fois étrange et incroyable. Pourquoi ? Pourquoi n'arrivais-je pas à me comporter comme les autres ? Pourquoi étais-je incapable de ressentir la moindre émotion ? Pourquoi cette faiblesse m'était interdite ? Que devais-je faire pour enfin ressentir quelque chose ? Simplement vivre.
« - Ca m'est égal que vous soyez fatiguée ou que votre sommeil soit fragile, fis-je en soulevant mon épée. Car l'ennemi n'en aura que faire également ! »
Mes muscles étaient si douloureux. j'arrivais enfin à le sentir. Ce bien-être de me sentir enfin vivante. Agacement, contrariété, frustration, n'étaient-ce pas là, aussi, des émotions humaines ? Je serrai les dents, fracassai une première fois le bouclier en abatant mon arme de toute la force qu'il me restait, frappait sa main droite de mon poings pour faire voler sa hache, avant que ma lame ne vienne caresser son cou pour se blottir sous sa gorge.
« - Si j'étais un ennemi, vous seriez morte. »
Le combat était terminé. Quant à moi ? J'avais perdu tout contrôle. Et c'était terrifiant. Plus encore, le silence de la future impératrice ne laissa qu'un souffle glacial parcourir mon corps endoloris. Pas un mots, seul un regard. Un regard empli d'incompréhension. Ces iris mauves, qui me fixaient, firent naitre en moi quelque chose de nouveau. J'arrivai à y voir mon reflet, mon visage fatigué. Je ne me reconnaissais pas, ou bien, en fait, peut-être qu'enfin, j'arrivai à voir qui j'étais vraiment. L'expression de la jeune femme n'était faite ni de colère, ni de contrariété. Non, peut-être que cette fois là, je l'avais tout simplement blessée. Mais après tout, quelle importance ?
Je ne cessais de faire les cents pas sur le terrain d'entraînement, alors que la nuit s'était soudainement faite beaucoup plus sombre. Je levai les yeux, alors qu'un voile nuageux recouvrait les étoiles qui peu de temps auparavant, éclairaient mon chemin. Etrange tableau. Comme si le ciel et mon esprit reflétaient maintenant la même chose. Je n'arrivais pas à comprendre ce qui m'avait prit, de passer mes nerfs ainsi, sur la meneuse des aigles. Et puis, pourquoi en avais-je eu besoin ? Je ne le savais même pas. Tout ce dont j'étais convaincue, c'est que j'avais été beaucoup trop loin. Ce terrain d'entrainement n'était pas un champs de bataille, encore moins le mien. Une heure au moins s'était écoulée alors que je ne cessais de tergiverser, jusqu'à ce qu'une décision ne s'impose.
Les dortoirs étaient déserts. Tous les étudiants semblaient plus ou moins calmement endormis dans chaque petites pièces devant lesquelles je passais, l'une après l'autre. Je montai les escaliers, fis quelques pas, avant de me retrouver devant cette porte. J'hésitai. Mon poignets prêt à frapper. Mais j'hésitai. J'étais pourtant résolue. Trois coups retentirent.
« - Que faites vous ici ? »
La porte s'était ouverte, et comme je m'y attendais, ou plutôt comme je l'avais espéré, la future impératrice ne dormait pas. Je l'avais pourtant épuisé. Mon regard se plongea aussitôt dans le sien, avant de s'égarer sur ses longs cheveux blancs, que je voyais pour la toute première fois entièrement détachés. Ils recouvraient ses épaules dénudées. Etrange couleur.
« - Je voulais seulement savoir si tout allait bien.
- Vraiment ? s'étonna la jeune femme. Je pensais pourtant que cela vous était égal. »
Ma gorge se resserra de façon inconfortable alors qu'aucun mot ne voulait sortir de ma bouche. En fait, que pouvais-je répondre à cela ? Je lui avais simplement énoncé des faits, ce qui ne lui avait guère plu, je pouvais en attester. Mon rôle était de l'entraînée, et de l'instruire, pas de la bichonner. J'entendis l'air s'échapper de ses poumons sur un soupir qui en disait assez, avant que la porte, lentement, ne commence à se refermer devant moi. Mon poing cogna aussitôt sur le morceau de bois avant que le peu de lumière qui émanait de la pièce ne s'éteigne définitivement.
« - Je ne veux pas que vous mourriez. »
Ses yeux s'écarquillèrent, le temps d'une seconde, peut-être deux. Comme si, le temps d'un instant, tout ce qui était arrivé avant avait disparu. En une fraction de seconde, oublié. J'avais toujours été franche, même beaucoup trop. Mais cet excès de franchise, là, sous ses perles couleur lavande qui me fixaient, était bien plus difficile.
« - Je n'en ai pas l'intention. »
Son visage se referma. Son regard me fuit.
« - Bonne nuit, professeure. »
La lumière disparut, me laissant seule, dans cette obscurité qu'était la mienne, et qui maintenant, m'enveloppait littéralement. Et à cet instant, je réalisai.
Ce sentiment ? C'était le regret.
