Bijour !
Vous avez été beaucoup à me parler du couronnement de la souveraine ! Je vous laisse donc découvrir ce petit bout d'aventure entre Byleth et Edelgard.
Je laisserai cette fois ma petite note à la fin !
Mijoqui : Byleth n'est pas patiente, il faut l'avouer. Et oui, zou direct à la tour où, quelle étrange coincidence, elle trouve Edelgard ! Pour faire évoluer leur relation, comme tu dis, il faut bien qu'elles se côtoient. Oui la Déesse qu'apparemment je suis (merci xD) prend un malin plaisir à retarder ce moment ! Tu connais bien notre Byleth maintenant, elle ne peut plus rien te cacher !
Lucina : Encore un review qui ne m'a pas déçu ! ) Je t'en prie, pour Sothis, je dois avouer que ca apporte un peu de fraicheur, et un peu d'humour par touche, mais bon, tu le verras en temps et en heure !
AngelM719 : Je l'ai sur toutes mes parties moi, je n'arrive pas à choisir une autre voix xD Byleth n'est déjà pas très patiente en temps normal, alors supporter un récital... xD Merci pour ce review, j'espère que tu en laisseras d'autres ! :D
Angels-sama : Couronnement et guerre ne sont pas liés. Comme expliqué dans ce prologue, j'écris cette fiction sans vouloir de mort ! (enfin, à la base). Donc, d'une façon où d'une autre, Edelgard prendra d'autres décisions que dans le jeu, et arrivera, je l'espère, à ses fins sans déclencher de guerre ! ) Byleth est là pour ça, après tout, enfin peut-être... Je suis d'accord, Rhéa et Edelgard sont prêtes à tout pour arriver à atteindre leur but, mais comme dans presque toutes les voix au final. Et puis, chacune des deux à sa façon de penser et de voir le monde. C'est aussi ce qui rend les personnages intéressant, elles sont les mêmes idées et à la fois totalement opposées. Ma foi, ça ne m'empêche pas de les aimer.
Little D. Tartine : Ton review m'a plié en deux avec l'histoire de tes orteils. C'est vrai que dans une église, c'est un peu malvenu ) Tu ne me réponds toujours pas pour Flayn, c'est fou ! Quelle surprise, oui, de trouver Edelgard à la tour ! Ah - Comme tu dis, elle est là ! Je vais l'inviter au récital à mes prochain quartiers libres juste pour voir la réaction tien, Byleth et El, priant toutes les deux la déesse, ça doit être risible, ahahah. Byleth n'est pas naïve, elle sait bien que des idées aussi tranchantes que celles d'El ne peuvent conduire quelqu'un qu'à sa perte ! La preuve dans le jeux, en fait ! Mais d'une autre façon, elle n'est personne pour dire à la princesse ce qu'elle doit faire, même si cela induit de creuser sa propre tombe. Mais qui sait, peut-être que quelque chose fera changer Byleth d'avis. Si pour le moment elle ne veut pas s'en mêler, je sens que ça ne va pas durer. Elle lui à déjà dit de toute façon, qu'elle ne veut pas la voir mourir. Mais pour faire changer l'idée d'une impératrice... ) Mener à l'inévitable ? Ahah, ben voyons, tu n'as pas fini d'être surprise !
Sur ce, bonne lecture, et à bientôt !
-Zak
Chapitre XX - Une Prière sous la Pluie
J'avais passé le reste de la journée à m'occuper des préparatifs pour mon départ. La dirigeante des aigles, elle, avait du aller rencontrer l'archevêque pour lui demander une dérogation spéciale pour partir avec moi. L'aller-retour pour Enbarr prendrait plusieurs jours, peut-être même plus d'une semaine. J'aurais pu aller moi-même demander pour m'absenter, quittant temporairement mes devoirs d'enseignante ici, mais cette mission, si je pouvais l'appeler ainsi, avait quelque chose d'officiel avec l'empire. Edelgard avait donc du elle-même faire cette demande particulière, demande qui fut aussitôt acceptée. Ne pouvait-on donc rien refuser à la future impératrice ? Si il avait s'agit de Dimitri, héritier du royaume, ou même de Claude, futur dirigeant de l'alliance, cela aurait certainement été ainsi également. Mais pour ma part, je ne m'occupais que des affaires des aigles. Les préparatifs avaient été plutôt expéditifs, la mission était urgente. Je ne cessais de me demander pour quelle raison, la souveraine devait rentrer au palais impérial. J'avais certainement déjà la réponse, même si cela me semblait un peu précoce.
« - A quoi pensez-vous, professeure ? »
J'étais concentrée dans mes pensées depuis un bon moment maintenant. Nous étions parties très tôt dans la matinée, je voyais déjà le soleil se coucher et décorer le ciel de ses rayons rosés. C'était vraiment splendide. Seul le bruit des sabots des chevaux contre le sol de terre et de la nature environnante avait sa place ici.
« - Il serait préférable de ne pas trop parler, n'était-ce pas vous qui m'avez expliquer que nous devions être prudente ?
- La route est dégagée, si l'ennemi était là, on le verrait arriver. Cela vous pose-t-il problème de discuter avec moi ?
- Ce n'est pas seulement avec vous, je ne suis pas de nature bavarde, encore moins en mission. »
Son altesse impériale souriait de cette remarque. Elle se moquait presque de moi. Quelle enfant désagréable. Je savais bien ce qu'elle pensait maintenant, alors que nous avions plus d'une fois échangé de longues conversations. Ce qu'elle pouvait être agaçante, et pourtant, je n'arrivais à détacher mes yeux de ses longs cheveux blancs qui dansaient dans son dos.
« - Nous devrions nous arrêter pour la nuit, suggérai-je lorsque le sol disparut derrière nous, dans les montagnes d'Oghma qui semblaient déjà si loin. »
Nous trouvâmes un coin en nous éloignant de la route, prêt de bosquets, un peu plus à l'abri. J'allumai un feu, la nuit était bien trop fraiche pour coucher dehors sans source de chaleur. Il nous faudrait faire attention, la lumière des flammes dans la nuit sombre saurait attirer les visiteurs, et je ne parlais pas seulement de potentiels voleurs. Les animaux, eux aussi, savaient se montrer curieux. Les monstres également, et je ne parlais pas seulement de moi.
« - Je vais monter la garde cette nuit, vous devriez vous reposer.
- Je ne vous ai pas emmené pour que vous veillez tous les soirs sur moi, professeure, je sais aussi monter la garde, je prendrai le deuxième tour. »
Et elle se coucha, sur le côté, tout prêt de moi, sans me laisser le choix. Encore fallait-il qu'elle se réveille, pour prendre ma relève, et à en juger par les profonds soupirs qui se dégageaient de son visage si fragile, elle ne se réveillerait pas avant un long moment. Elle n'avait pas du dormir correctement, la veille. L'appréhension de ce départ, l'excitation ? Ou ses cauchemars incessants. L'héritière était restée très vague sur sa raison de retourner dans l'empire, je savais seulement que c'était important. Je ne lui avais pas encore demandé plus d'explications, attendant qu'elle ne m'informe elle-même, mais ma patience venait trouvait ses limites. Je n'aimais guère risquer ma vie sans en connaitre les raisons. Encore moins quand il s'agissait de protéger quelqu'un. La nuit risquait d'être longue, mes yeux se perdirent dans les mouvements des flammes. Je jetai régulièrement un œil à la dirigeante des Aigles de Jais. Pauvre enfant.
Deux heures, peut-être trois, venaient de s'écouler, lorsqu'un bruit attira mon attention. Ce n'était surement rien, mais je décidai d'aller voir. Aucun risque n'était permit. Je fermai les yeux une secondes, repérait d'où venait le son des feuilles froissées, des branches cassées. J'approchai du bosquet, sortis mon épée, écartai quelques branches. D'importants couinement se firent entendre lorsque mon regard fut attiré par l'énorme rat qui cherchait sans doute un reste de nourriture, ou tout autre chose à mettre sous ses dents en évidences. Alors c'était seulement ça ? Un rat ? Je me retournai soudainement, les nerfs à vif, avant de constater que je pointai ma lame sur la future impératrice que mes mouvements venaient de réveiller.
« - Professeure ?
- J'ai entendus du bruit, je suis seulement aller vérifier, rassurai-je la jeune fille somnolente. C'était seulement un... hésitai-je. Un animal. Retournez vous coucher. »
Fausse alerte. La bestiole était en plus déjà partie. Je devais cesser de m'inquiéter, même si, c'était peut-être l'inquiétude qui nous garderait en vie. Je ne devais pas oublier être en mission, et surtout que je n'étais pas seule. Je n'avais été sollicitée pour assurer la protection de quelqu'un que très peu de fois. Et d'ailleurs, je détestais ça. Devoir veiller sur une autre personne que soi-même était bien trop ennuyant. Je préférai être rémunérée pour capturer des brigands, ou bien pour les assassiner. De cette façon, j'étais seule à courir un quelconque risque, et je savais pourquoi je me battais.
« - Non, c'est bon, c'est votre tour de dormir.
- Je ne suis pas certaine de vouloir prendre ce risque, me moquai-je presque.
- Avez-vous si peu confiance en moi ? demanda l'héritière dont l'égo venait d'en prendre un coup.
- Si vous aviez vu la même chose que moi, dans ce buisson... »
Son visage afficha une expression de dégout. Elle avait deviné. Mais la voir réagir ainsi, à peine réveillée, alors que faire semblant serait trop difficile, était plus qu'amusant. Depuis quand avais-je prit cette habitude ? Depuis quand trouvais-je amusant de jouer avec ses nerfs ? Je n'en avais aucune idée.
« - Je n'arriverai pas à me rendormir, de toute manière, reprit la souveraine en s'asseyant prêt du feu qu'elle alimenta de quelques brindilles de bois sec.
- Vous pourriez peut-être m'expliquer la raison de notre visite à la capitale, alors, proposai-je en m'installant à ses côtés.
- Êtes vous certaine de ne pas vouloir dormir ?
- Je ne pourrais dormir tant que je ne saurais pour quelle raison je suis ici, rétorquai-je.
- Pour me protéger, cela va de soi.
- Vous savez très bien ce que je vous demande par là. »
La future héritière ramassa un morceau de bois fin et long, avec lequel elle déplaçait des morceaux de charbon. Ses yeux ne quittaient plus le foyer devant elle. Je la sentais hésitante, ce n'était absolument pas dans ses habitudes.
« - Je dois terminer les préparatifs de mon couronnement, la santé de mon père se détériore, lâcha-t-elle enfin.
- Je suis navrée de l'apprendre.
- Ne le soyez pas, c'était inévitable. Je dois m'assurer que tous les détails soient réglés pour la succession avant que... reprit la déléguée. Je ne peux pas laisser le duc d'Aegir devenir régent en attendant de prendre la couronne.
- Le duc d'Aegir ? répétai-je.
- Le père de Ferdinand, oui.
- Cet homme est-il assez peu recommandable pour que vous deviez retourner si tôt à l'empire ?
- Je ne pourrais en apporter la preuve, mais il faisait parti du groupe qui a commandité mon enlèvement lorsque j'étais plus jeune. Ce sont également ces mêmes personnes qui ont brisé mon père, vous comprenez que je ne peux laisser pareil individu diriger l'empire.
- En effet, raison de plus pour laquelle vous devriez dormir, votre Altesse. »
Elle souri, et mes lèvres s'étirèrent doucement en retour, sans que je ne leur demande. Mon corps agissait parfois tout seul, de la sorte, lorsque j'étais en sa présence. C'était à la fois curieux et agaçant. Surtout agaçant, en fait, car je n'en comprenais pas le mécanisme déclencheur.
« - Ne vous épuisez-pas. »
Ses yeux avaient du mal à rester ouvert, je voyais ses paupières se fermer, régulièrement, jusqu'à finir par rester close. Et lorsque son esprit se tût, son corps glissa contre le mien, et sa tête trouva mon épaule. Ses cheveux me recouvraient le bras, je n'osai plus le moindre geste. Je pouvais en sentir le parfum, si proche... si agréable... et le souffle de sa respiration. Peut-être pouvais-je la laisser ainsi, un moment seulement, juste le temps qu'elle soit profondément endormie. Oui, j'allais en faire ainsi.
Nous reprîmes la route très tôt le lendemain matin. Assez pour voir le soleil se lever. C'était aussi beau que de le voir disparaitre. Tel le phœnix renaissant de ses cendres, le soleil naissait pour mourir tous les jours. C'était ce que j'aimais me dire.
« - Ne trouvez-vous pas cette route bien silencieuse ? »
La remarque de la souveraine était très pertinente. Cela faisait un moment que je l'avais remarqué, moi aussi. Alors que l'on aurait du entendre le bruit du vent, les oiseaux voler, les feuilles remuer, tout était étrangement calme et silencieux, comme si la nature dormait, ou pire, comme si elle s'était figée. Cela n'annonçait évidemment rien de bon. Même les chevaux l'avaient remarqué, alors qu'ils peinaient maintenant à avancer.
« - Edelgard, l'interpelai-je. Certaines personnes auraient-elles un quelconque intérêt à vous supprimer ? »
Je savais cette question inutile, mais je devais m'en assurer. Elle était la future héritière, elle avait forcément des ennemis. Mais en avait-elle des particuliers ? Surtout en pareille occasion ? Quelqu'un savait-il qu'elle serait sur la route, aujourd'hui même ?
« - Vous ne pourriez les compter, répondit elle simplement. »
J'avais un mauvais pressentiment. Vraiment mauvais. Et mon instinct ne me trompait que rarement. Les chevaux s'arrêtèrent, le silence se fit beaucoup plus lourd, étouffant. Je n'étais pas la seule à l'avoir remarqué, je pouvais lire l'incertitude sur le visage de ma camarade de voyage.
« - C'est un piège, Edelgard ! Reculez ! »
Les chevaux s'agitèrent lorsque les flèches de bois traversèrent le chemin de part en part pour se planter de l'autre côté de la route. Les bêtes se mirent à hennir de façon sourde. Je tirai sur les rennes, essayait de faire faire demi tour à la monture quand les deux se mirent sur leurs jambes arrières. Deux hommes surgirent devant nous, les animaux se redressèrent. L'héritière et moi-même nous retrouvâmes projetés en arrière, essayant d'éviter les sabots des bêtes paniquées. A l'arrière, deux hommes de plus nous avaient rejoins. Combien étaient-ils ? Je n'arrivais même plus à les compter. Je me relevai et sortis mon épée pour chasser un des premiers barbares. J'avais l'impression que plus je les repoussai, plus il y en avait. Ce n'était pas des voleurs de bas étage, non, c'était des assassins, des hommes entraînés pour tuer.
« - Attrapez l'héritière ! Hurla le plus costaud que j'étais certaine d'avoir déjà vue. »
C'était donc ça ? Moi vivante, jamais ils ne toucheraient à un seul de ses cheveux, et elle non plus, déjà relevée, hache à la main, ne se laisserait pas faire. Les coup de lames s'enchainèrent lorsque je me jetais dans la mêlée. J'espérais ne pas avoir à surveiller son Altesse, mais je ne pouvais rien y faire, chaque fois qu'un ennemi tombait à terre, je devais vérifier, qu'elle, soit toujours debout. Ils étaient venus pour elle, après tout. J'envoyais les ennemis au sol, un à un, mais chaque fois ils finissaient par se relever. J'étais trop douce, depuis quand m'étais-je ramolli de la sorte ? Trop, c'était trop, je ne pouvais plus me contenir, et ils ne le méritaient pas. Un seul survivant était nécessaire pour répondre à mes questions. Je jetai mon bras en avant alors que ma lame vint se planter dans la poitrine d'un de mes opposant. Le sang gicla presque devant mes yeux. D'un coup de talon, je fis tomber au sol le corps sans vie de ce brigand puant. Deux hommes se jetèrent sur moi en criant des choses que mes oreilles n'entendaient plus. Tout ce qui me venait à l'esprit était que je devais les tuer, tous, je ne voyais déjà plus que du sang partout. Une marre de sang. Ma lame ouvrit la chair de mon second adversaire sur toute la largeur de son imposante silhouette, avant qu'il ne s'écroule, bientôt rejoint par le troisième dont je transperçai surement les poumons. Ma lames scintillait de rouge, mes mains étaient recouvertes du liquide écarlate. Mais ils étaient toujours plus nombreux.
« - Professeur ! Entendis-je crier derrière moi. »
Deux barbares entouraient de nouveau l'Aigle de Jais, qui était déjà venu à bout des premiers. Etaient-ils mort ? Peu importait, je devais la rejoindre. Ils arrivaient peu à peu à nous séparer. Etait-ce une stratégie de leur part, d'envoyer les plus faible sur nous pour nous éloigner ? Je ne pouvais le permettre. Mes mâchoires se serrèrent alors que je pris encore une vie en me dirigeant vers ma protégée. Je vis sa hache se lever pour s'abattre et creuser une blessure mortellement profonde dans le torse de l'autre attaquant. Ses gants blancs n'étaient plus si immaculés, désormais, au sens propre du terme. Il ne me fallut que peu de temps pour me trouver dos à dos avec ma compagne de route, arme levée, prête à me jeter de nouveau sur le premier qui oserait l'approcher.
« - Tuez-les toutes les deux ! entendis-je de nouveau ordonner. »
La tuer ? Alors ils étaient prêt à aller jusque là ? S'ils ne pouvaient la capturer, alors la tuer était peut-être la seconde option. Qui pouvait bien avoir commanditer ceci ? Je lui ferai la peau, j'en faisais la promesse.
Je dénombrai les ennemis encore vivant au nombre de cinq, y compris le chef, dont le visage et l'expression me parurent beaucoup plus familiers maintenant que je n'avais plus tous ses autres hommes devant les yeux. C'était le même brigand que lors de ma rencontre avec les trois dirigeants. Kostas ! Comment avait-il réussi à s'échapper ?! Pourriture.
« - Edelgard ! »
La plus jeune hocha la tête, je m'élançai, faisant une percée entre les deux premiers gardes. Elle saurait s'en sortir, c'était certain. J'arrivai devant les hommes, évitait un coup de hache tourbillonnante en glissant sur le sol, je me relevai d'un coup vertical de mon épée. Je ne pris pas une seule seconde de plus et envoyai toute ma puissance dans mes épaules pour faire basculer le second afin de me jeter sur leur chef. Celui-ci bloqua ma lame et fit un pas en arrière, j'en profitai pour lui lacérer la poitrine d'un violent coup qui le mis au sol, alors que je n'avais plus qu'à le finir.
« - Professeure ! entendis hurler dans mon dos. »
Je me retournai rapidement. L'assassin à terre s'était relevé. Mes yeux s'agrandirent d'effroi. Je réceptionnai le corps de la future impératrice qui tombait dans mes bras. Et tout ce sang qui coulait maintenant sur mes mains. Ce sang... Ce n'était pas le mien. Je sentais la jeune fille pousser sur ses jambes, ses mains agripper mes vêtements. Son visage se releva. Ses yeux perlés rencontrèrent les miens. Son corps se fit soudainement lourd alors qu'il s'écrasait littéralement dans mes bras. Je vis la lame, planter dans son dos, lui traverser la poitrine. Non, comment était-ce possible ? J'hurlai, j'hurlai, comme jamais je n'avais hurler. Le soleil se fit éblouissant, ma vision se troubla. Le sol tremblait, la poussière se soulevait autour de nous dans un cercle invisible. D'un coup, les deux hommes encore debout furent projetés sur plusieurs mètres. Mes genoux s'écrasèrent au sol.
« - Edelgard ! »
Je criai son prénom, encore et encore. Je ne savais plus quoi faire alors que ce poussin si jeune et si fragile se vidait de son sang. Je tirai la lame, l'allongeait par terre, mis mes mains sur la plaie sur laquelle j'appuyai de toutes mes forces. Ca ne s'arrêtait pas.
« - Edelgard ! Restez avec moi !
- Professeure... articulait-elle difficilement. Vos... cheveux... »
Ses doigts attrapèrent une des mèches claires qui se soulevait sur sa joue. Je saisis sa main. Elle était déjà si froide. Je relevai les yeux un instant. Les deux hommes avaient disparus alors que ne restait autour de nous qu'un tas de corps sans vie répugnant.
« - Edelgard ! »
Mes mâchoires se serraient douloureusement. L'étreinte de ses doigts se relâcha. Son bras retomba sur son corps comme s'il était soudain fait de plomb. Ses yeux se fermèrent. Et moi, j'hurlai, si fort que tout le continent aurait pu entendre cette détresse, ce désespoir qui m'assaillait.
« - El ! l'appelai-je de toutes mes forces pour la garder avec moi. »
Le silence n'était plus qu'accompagné de mes cris. Mon cœur se resserra sur une blessure que n'avait causé aucune arme. Une douleur lacérante me traversait de part en part. Et cette humidité, sur mon visage, qui bientôt prit possession de tout mon être, voile de ténèbres. L'instant d'après, les tourments recouvrirent ce champs de bataille, affreux carnage. Il ne s'agissait pas de mes larmes...
... seulement la pluie.
Note de l'auteure : Non, vraiment ? Vous me pensiez si prévisible pour penser au couronnement ? Et bah non :D L'heure n'est pas encore venu pour ce poussin de prendre son envol. Et pour l'heure, El à d'autres chats à fouetter ! :D (je souris mais c'est pas drôle ce qui lui arrive... xD)
