CHAPITRE UN

PLUS RIEN N'EST COMME AVANT

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Île d'Eliade

Actuellement

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Âgé de trente-et-un ans, Sanji Vinksmoke était un homme blond séduisant à l'air aimable au premier abord. Il avait été cuisinier jusqu'à l'âge de dix-huit ans pour un restaurant nautique illustre. À cet âge, il avait fait la rencontre du capitaine D. Monkey, de son second Zoro Roronoa, de leur navigatrice Nami et de leur maître d'œuvre Usopp et il les avait rejoint. Il avait vécu les sept plus belles années de sa vie. Il ne les regrettait pas. De nombreux compagnons les avaient rejoints par la suite.

Il était doué pour le combat. Il combattait avec le bas de son corps d'où son surnom : « La jambe noire. »

La débâcle était arrivée. Leur capitaine ne les avait pas autorisé au combat par une fourberie pas surprenante de sa part. Ce dernier s'était fait capturer et leurs avait permis de fuir. Sanji n'avait jamais pu se sentir soulagé depuis cet instant. Son esprit était en permanence avec cet esprit libre qu'on retenait dans une cage. Personne ne pouvait retenir Luffy longtemps. C'était ce qu'il avait pensé ! Ils trouveraient le moyen de le délivrer. Ils n'avaient rien pu faire.

Six ans plus tôt, l'annonce état tombée. Monkey D Luffy avait été tué. Sanji avait été heurté par les larmes des inconnus pleurant cet espoir disparu. Il n'avait pas pu en verser une seule. Il ne méritait pas de pleurer sur son capitaine. Les survivants avec qui il était lors de l'annonce et qui avaient survécu à l'attaque disparurent. Son groupe éclata. Ils étaient incapables de se regarder dans les yeux.

Sanji avait bien essayé de retourner bosser en tant que cuisinier pour son ancien capitaine Zeff mais le cœur n'y était pas. Il fallait retrouver sa famille ! Il ne dormait plus, il ne souriait plus et il ne vivait plus. Une seule et unique obsession ! Que la mort de son ami ne soit pas la fin.

Il avait lutté pour les retrouver. À force de recherches, d'enquêtes, il en avait retrouvé. Six ans pour réunir un grand nombre d'entre eux. La première qu'il avait retrouvé était la navigatrice de l'équipe. C'était une jeune femme aux longs cheveux ondulés et roux.

Nami souleva sa botte de la neige gadoueuse et sale l'essuyant sur la pierre à l'entrée du bâtiment. Elle fut soulagée lorsqu'ils entrèrent dans une taverne obscure et poussiéreuse sous le bruit des festivités permanente de l'île Iliade. Une vieille femme ridée leur laissa une chambre contre deux pièces d'or et leur indiqua où s'asseoir pour profiter d'un repas contre dix pièces d'agent. Elle leur donna des draps propres prenant une caution de cinq pièces d'argent au cas où ils seraient rendus dans un sale état.

─ Tu es effrayant.

─ Pardon.

Le blond se mit à sourire. Il essaya de détendre ses traits durs. Il glissa sa main dans ses cheveux gominés et eu un sourire plus doux à l'égard de la rouquine dont le nez était rouge à cause de l'hiver. Elle retira son épais blouson pour le mettre à côté de la cheminée relevant une taille fine. Avec ses longs cheveux attachés en des couettes, il devinait les regards des hommes les observant.

─ T'es tellement belle. Tu as bien fait de prendre une seule chambre pour nous deux.

─ Tu sais bien qu'on n'a pas les moyens de prendre plus avec ce que nous a laissé Robin.

─ Volez, si vous voulez plus ! répéta Sanji en se rappelant de ce que la brune leurs avait dit.

─ C'est la vingtième île qu'on fait et le signalement est bien moins clair que dans les autres. Il n'est surement pas là. Surtout quand on connait la source.

─ On le trouvera, gronda Sanji, il suffit de trouver un baraquement militaire ou une salle d'armes.

─ Et si on le trouvait pas ?

─ On va le trouver.

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Au travers de la fenêtre ouverte, Zoro regardait la neige tomber, la main tendue vers elle. Les doigts s'amusant de sa pureté, il détourna soudainement le visage quand il entendit une voix qui s'agaçait du froid de cette pièce. Drapé dans un peignoir de soie vert, Zoro quitta la fenêtre et se redressa pour se rapprocher du patron.

─ Ne tombe pas malade, tu ne me rapporteras plus assez d'argent et tu augmenteras ta dette.

─ Tellement d'inquiétude dans ta voix, ça me fait plaisir, souligna Zoro

Le patron attrapa le poignet fin de l'épéiste d'une main et lui souleva le visage de l'autre. Un large sourire morcela son visage pervers. Son souffle chaud passa près du visage de l'homme alors qu'il relâcha la main pour venir détacher la ceinture du peignoir. Il posa ses doigts sur la large cicatrice se trouvant sur le buste de l'ancien pirate, puis il les remontant pour glisser dans les mèches vert et noir tressées ensemble pour former une épaisse natte.

─ Ton client est en train de poser ses affaires. C'est la première fois pour lui avec un homme. On t'a conseillé et il veut une catin obéissante. Tâche de lui donner assez pour que tout son équipage veuille passer de l'autre bord.

Il relâche la pression. Le patron perd son sourire. Zoro est tombé sur le sol sans parvenir à tenir sur ses jambes. L'homme dur se penche vers lui.

─ Tu ne t'es pas reposé. Je t'ai ordonné de le faire. Prends une semaine de repos demain.

─ J'ai besoin de cet argent.

─ Tu n'y touches jamais. Je t'ai ordonné de te reposer. Tu iras profiter des sources chaudes de l'île d'à côté. Je sais que tu les aimes.

─ Et qui s'occupera de mes clients ? C'est ok pour moi. Je vais bien.

─ Je te payerai tes vacances, Iris, mais repose-toi.

─ …non.

─ Ne m'oblige pas à t'enfermer comme la dernière fois.

─ Tu n'as pas le droit ! Tu perds des clients et de l'argent. Je vais bien !

─ C'est un ordre. Et ne crois pas que je m'inquiète. Je ne veux juste pas perdre ma poule aux œufs d'or.

Evidemment qu'il s'inquiétait. Barthelemy s'était attaché à cet étrange homme blessé qu'ils avaient recueilli. Tout le monde le savait. Malgré sa place prestigieuse chez les prostitués, le patron n'hésiterait pas à perdre un peu de clientèle pour le protéger comme il protégerait tous ses prostitués. Il avait beau se montrer rude, il avait conscience que sa famille c'était eux et pas les clients. L'argent était sympathique, mais ce n'était pas ça qui prendrait soin de lui à la fin.

Zoro étira ses bras. Il les passa au-dessus des épaules du patron. Il lui embrasa la joue.

─ Ne te fâche pas, Barthelemy, je vais bien.

─ Tu me prends pour un de tes clients, Iris ? Tu iras en vacances.

─ T'es injuste !

─ Je sais. J'adore ça !

Zoro se souvenait du matin où il avait ouvert les yeux dans une chambre de cette maison close. Il avait regardé le vase avec des iris à côté de lui. Il avait choisi ce nom et avait voulu disparaître, hanté par le souvenir des morts et de ses camarades en mer tout en pensant les retrouver un jour. Il avait bossé pour ça. Les morts de ses amis furent annoncées au fur et à mesure et il n'avait qu'une obsession : retrouver son capitaine.

La mort de Luffy lui parvint un beau matin.

Le client entra dans la chambre quand le patron la quitta. Un pirate amer d'avoir été contraint à se laver. Il se rapprocha méfiant et dangereux. Il avait déjà gouté à des hommes par pur besoin sur les navires. Il ne trouvait rien d'agréable dans leurs masses de muscles et de chairs. Ce n'était que par la réputation d'Iris, qu'il avait voulu essayer.

Minaudant, Zoro laissa tomber le peignoir, gardant un fin tissu autour de la taille pour ne pas effrayer le pirate par sa virilité. Ses hanches fines roulèrent en même temps que ses lèvres rosées trésaillaient devant l'homme. Zoro se rapprocha du pirate, candidement. Il prit sa main entre les siennes et la posa sur son cou. Il embrassa le large pouce avec une innocence feinte. Les doigts se serrèrent et le forcèrent à plier ses jambes. Il se retrouva agenouillé face à l'homme.

─ Maître ….