Oh.

Je ne me rappelais pas que ce chapitre était aussi court. Tant pis.

Mijoqui : Apparemment, oui. Japonais Anglais xD Oh, tu peux parler pour la cape, hein ! Ah, c'est peut-être le même esprit protecteur qu'a Byleth ! Ma foi. Oui, RIP les préparatifs du couronnement, pauvre Ionus ! (même si je l'aime pas plus que ça xD). Dorothea et Ingrid... *clin d'oeil clin d'oeil*. J'avoue pour Jeralt, j'ai du mal à me décider sur la perception de la couleur de ses cheveux... Oh cette comparaison a Raiponse... Mais pour Byleth, c'est pas tout à fait ça quand même ! xD

Lucina : Salut ! merci pour le compliment ! Si El se réveille un jour... ahahah. J'ai adoré quand tu as dis « mon hypothèse pour la suite : en fait je n'ai pas vraiment d'idée » xDD Dommage ! Ca aurait été bien de tenter quelque chose ahah ! Tu signes toujours « A » ou c'est un bug de clavier, au fait ? xDD

AngelM719 : Je voulais pas être cruelle, pour le cheval, alors j'ai décidé de le ramener ! C'est rare les discussions entre les deux oui. Ils sont pas très bavards, faut dire ! Et bien, Jeralt est je pense « habitué » à ça. Après tout, c'est un Astrea aussi, et il est avec Byleth depuis longtemps. Pour Edelgard, elle doit pas avoir les mains toutes blanches non plus, et puis elle était pas là pour le voir !

Little D. Tartine : Oui, tu es en retard ! C'est une tartine pas très sérieuse ça dis donc ! J'ai pas fini d'aborder le thème ! Faudrait juste que je me souvienne d'y penser, vu que j'écrie tout spontanément, j'oublie beaucoup de choses xD Edelgard doit pas être très grosse déjà, donc débarrassée de son sang, ça doit plus peser grand chose ! Ou alors c'est que Byleth est très bien charpentée ! xD Byleth, on peut dire qu'elle est un peu brisée. La pauvre, qui s'imaginait surement pas tout ça en arrivant. Elle s'est battue que pour elle même depuis toujours, et là, elle réalise que d'autres choses comptent pour elle. Des choses qu'elle est même pas capable de protéger. Dur. Le DLC DE LA MORT OUI ! C'était tellement beau ! Byleth ressemble tellement à sa mère ! Byleth qui lui lattait la tronche, je trouvais ça trop « facile », surtout que même si elle est excellente combattante, là, elle était préoccupée et torturée ! Voila, pour finir par quand même écouter ses pulsions ! Oh oh oh ! Roh, mais range moi ces orteils, ou mets des chaussettes ! Tu vas tomber malade !

Merci à tous !

Enjoy !


Chapitre XXII - L'espoir au creux des mains

Nous rentrâmes au monastère dans un silence des plus pesant que je me refusais de briser. Le calme avait regagné mon esprit, mais je ne ressentais plus rien. Sauf peut-être cette douleur dans mes mains endoloris, qui avaient tant frappé. J'étais de nouveau vidée, privée de toute émotion que je jugeais faiblesse humaine. J'avais brûlé de ce désir de vengeance, j'avais étanché ma soif pour ne ressentir au final aucune satisfaction. Et si c'était à refaire ? Et bien je le referais. J'avais encore prit une vie, sans aucune hésitation. Par dessus tout, je l'avais souhaité, j'en avais rêvé. J'avais encore un peu plus perdu du semblant d'humanité qu'il me restait. Je savais qu'un jour, je prendrais sans doute la vie de trop, et serait à tout jamais rongée par mes propres ténèbres. J'étais incapable de me raisonner, j'en avais pleinement conscience. J'étais uniquement guidée par mes instincts les plus primaires. Tuer ou être tuée.

J'étais couverte de sang, et tous me regardaient, effrayés. Je voyais bien cette distance sociale entre nous, quand je faisais un pas en avant, ils en faisaient deux en arrière. Mais je m'en moquais et je ne me souciais guère de ce que tous pouvaient penser. Et maintenant ? Notre petite excursion improvisée nous avait fait nous absenter deux jours entiers.

« - Bon, je vais aller informer Rhea de ce qu'il s'est passé, quant à toi... »

J'entendais l'homme marmonner en se frottant la barbe. Qu'il en fasse ainsi, ça non plus, je ne m'en souciais guère.

« - Tu peux pas te présenter comme ça, mais va au moins te changer. »

Qu'est-ce qui n'allait pas avec ma tenue ? A part que celle-ci semblait avoir été témoins de la guerre entre l'empire et le royaume ? Non, il avait raison, je ne pouvais pas circuler ainsi dans la monastère, mais me laver et trouver quelque chose de plus propre était pour le moment au dessus de mes forces. Je soupirai. J'avais envie de me rendre à l'infirmerie, j'avais envie de savoir comment allait Edelgard, mais, pouvais-je me le permettre ? En avais-je au moins le droit ? Je n'avais pas croisé un seul élève pour le moment, avait-elle au moins survécue ? Il fallait que je le sache, je devais en avoir le cœur net. J'imaginai pendant un moment, comment se passerait les semaines à venir si la jeune héritière était morte. Je ne pourrais certainement pas rester ici, et n'en aurais certainement pas non plus l'envie. Je reprendrais surement la route, comme je l'avais toujours fais, pour essayer d'oublier cet échec. Etait-ce vraiment ce qu'elle représentait pour moi ? Un échec ?

Je me rendis alors à l'infirmerie, enfin, jusqu'au marches qui menaient au premier étage du monastère où elle se trouvait. J'hésitais, peut-être que je n'avais en fait pas vraiment envie de savoir si oui ou non, elle était encore là. Etais-je prête à supporter la mort d'une personne dont j'avais la responsabilité ? C'était tellement agaçant.

« - Professeure. »

Je reconnus la voix qui m'appelait et levai les yeux un instant. C'était Hubert, il descendait du haut des escaliers et revenait sans doute de la petite salle de soin. Peut-être que mon heure était venue, finalement. Et s'il essayait de me tuer ? Le laisserais-je faire ? Ou bien essaierais-je de me battre pour ma vie, quitte à causer une victime de plus ? Le garçon restait plutôt silencieux face à la situation, et arborait cette expression habituelle qu'il était difficile de décrire, comme si il ne s'était rien passé.

« - En tant que serviteur de la future impératrice, je ne vous cache pas mon envie de vous faire exécuter pour avoir manqué à sa protection. »

Et il aurait bien raison, d'une certaine manière. La future impératrice, hein ? Elle était si importante, aux yeux de tous. S'il y avait bien une personne à protéger, plus que n'importe qui d'autre au sein de l'empire, c'était bien elle. Même si depuis le début, je refusais de la considérer comme telle, c'était pourtant ce qu'elle était. Le mage me regardait maintenant de haut en bas, puis de bas en haut. Il me dévisageait.

« - Mais en tant qu'ami de Dame Edelgard, je ne pourrais jamais assez vous remercier de lui avoir sauver la vie. »

J'écarquillai les yeux. Avais-je bien entendue ? Edelgard était en vie ? Hubert était reconnaissant ? Non, je devais certainement rêvé. Si l'un des deux était possible, je n'aurais jamais cru pouvoir entendre l'autre.

« - Je n'ai jamais douté de vos capacités, professeure, et à en juger par votre état plus que pitoyable, j'ose imaginer que avez déjà réglé le problème. »

Régler le problème. C'est ainsi qu'il appelait ça. C'était une exécution, ni plus ni moins. De la pure vengeance. Une vengeance nécessaire.

« - Ne soyez pas trop dure avec vous même. La vie de son Altesse est mise à prix dans nombre de territoires de l'empire, ou même ailleurs. Mais cessez d'avoir la prétention de penser pouvoir la protéger envers et contre tous alors que vous représentez vous-même un danger pour elle. »

Ses paroles étaient difficiles à entendre, j'avais presque envie qu'il s'étouffe avec ses propos, mais il avait raison. Je ne pouvais lui enlever. Et quand le mage sombre fut enfin parti, je ne trouvai plus la force de monter les escaliers. Je décidai finalement d'écouter Jeralt, et allait retirer ces vêtements ensanglantés qui me donnait l'allure d'un démon. Même si c'était ce que j'étais, je ne pouvais pas garder cette image au sein du monastère, j'allais effrayer mes élèves.

J'errais pendant de longues heures sans croiser de visage familier. Inconsciemment, j'évitais surtout les endroits trop fréquentés. Je n'avais pas envie de répéter encore comment je m'étais royalement vautrée. Je soupirai, n'y avait-il vraiment nulle part où aller en ces lieux où je puisse trouver réellement la paix ? En y repensant, peut-être que si, il y avait bien un endroit. Je ne savais pas exactement où il se trouvait, mais j'en avais entendu parler. Je fis plusieurs fois le tour des jardins aux multiples entrées, de vrais labyrinthes, avant d'enfin réussir à m'orienter dans ce dédalle de végétation en tout genre. L'endroit était très calme, il y régnait presque une ambiance de mort. Ce n'était pas très étonnant, maintenant que j'avançai entre les quelques pierres tombales parfois décorées de fleurs. Mes yeux cherchaient inévitablement à lire les noms qui y étaient gravés, quand j'aperçu une longue toile qui s'apparentait à une robe. Je relevai lentement les yeux sur le voile blanc, longeais les courbes de la femme, appréciait les dorures finement brodées de la cape qui recouvrait ses épaules, rencontrais ses cheveux clairs torsadés avant de me heurter à l'éclat vif de son regard de la couleur du jade.

« - Dame Rhea ? la nommai-je alors que je ne m'attendais pas à la trouver ici. Vous êtes ici ? Jeralt devait...

- Seteth s'occupe de ça, me souriait-elle tristement savant que je n'eus finit ma phrase. Ma pauvre enfant, reprit-elle faiblement. En combien d'éclat votre esprit s'est-il brisé ? »

Mais que racontait donc cette femme dont les paroles n'avaient aucun sens ? Comment pouvait-elle se permettre de percer mon âme de cette façon, si j'en avais vraiment une ? Je fis un pas en arrière quand elle s'approcha de moi, comme pour me protéger, avant de remarquer la tombe devant laquelle elle se trouvait. C'était le prénom de ma mère.

« - Alors vous la connaissiez, constatai-je devant l'expression de l'archevêque.

- En effet, plus que vous ne pouvez imaginer. »

Quelque chose dans sa voix me parut familier. Elle suintait de désespoir. Mais pourquoi ? Etait-ce l'état lamentable dans lequel je me trouvais qui lui faisait ressentir tout ceci ? Non, certainement pas. Même si Rhea s'était jusqu'à maintenant montré singulièrement préoccupée par ma personne, je ne l'avais encore jamais vu ainsi.

« - Vous semblez plus que peinée par la disparition de cette femme que je ne saurais jamais l'être, lui fis-je remarquer. »

D'une certaine façon, c'était presque injuste. Cette tristesse ne me serait jamais permise alors qu'elle avait perdue la vie en me mettant au monde. Je ne pourrais jamais la connaitre. Je n'avais pas eu à faire un quelconque deuil. Je ne ressentais ni douleur, ni chagrin. Rien qui ne s'en rapproche de près ou de loin. Mais, ce n'était peut-être pas plus mal ainsi, après tout.

« - Et bien, il est naturel pour une mère de pleurer la perte de son enfant. »

Ses lèvres s'étirèrent d'une façon douce et pénible. Mon esprit se tût. Je n'arrivais pas à croire ce que je venais d'entendre alors que son regard me privait de tout mouvement. Comment était-ce possible ? Comment pouvait-elle lâcher cette bombe, là, de cette façon, en me faisant face de la sorte ? Comment pouvait-elle rester si calme après ces révélations ? Si ses dires étaient vrais, alors elle faisait maintenant face à l'assassin de son enfant. Tous ses regards, tous ses gestes me revinrent en mémoire, et me firent l'effet d'une gifle en plein visage. Sa curiosité et son intérêt pour moi, le comportement de Jeralt, tout s'emmêlait dans ma tête alors que je n'arrivais plus à réfléchir. Et pourtant, tout trouvait enfin un sens sans en avoir aucun. C'était trop, bien trop pour moi, je ne pouvais plus rester là.

J'avais l'impression que le destin se jouait de moi. Peut-être que cette Déesse avait décidé de me mettre à l'épreuve, ou bien me punissait-elle pour toutes les affreuses choses que j'avais pu commettre ? Je cherchai un sens logique à tout ce qui m'arrivait maintenant. Ma vie n'avait jamais semblé autant catastrophique et bordélique qu'à cet instant. C'était beaucoup trop d'informations à digérer. Je ne savais plus réagir devant l'indécence de ces révélations. Mon père m'avait encore menti, mais dans quel but ? Me protéger ? J'en avais assez, assez de tout ce cirque, assez de tous ces problèmes. J'en avais assez de devoir penser aux autres. J'en avais assez de me sentir envahie par toutes ces émotions que je ne comprenais pas. Je ne désirais plus qu'une chose. Partir. Partir très loin. J'étais en train de devenir complètement dingue. J'allai faire ça, rentrer et faire mon sac, et quitter cet endroit que je ne supportais plus.

J'étais résolue, bien décidé de m'éloigner de cet endroit néfaste. Ou peut-être était-ce moi qui était néfaste à cet endroit ? Si je n'avais pas décidé d'accepter ce rôle de professeur, alors peut-être qu'Edelgard ne serait pas dans cet état ? Serait-elle quand même retourner à Enbarr ? Non, je ne devais pas me blâmer, ce choix était seulement le sien. Et pourtant... Si j'avais été plus forte, juste un peu... Je me secouai la tête violemment alors que la souveraine envahissait de nouveau mon esprit, j'étais déjà assez forte, et tout était sa faute. Sa façon de me regarder, sa façon de s'adresser à moi sans cesse, son attitude tantôt condescendante, tantôt attachante. Si elle n'avait pas autant occupé mes pensées, alors jamais je ne me serais laissé distraire. La future impératrice était la seule responsable. Alors pourquoi était-ce elle, qui avait reçu le coup qui m'était destiné ? Pourquoi la lame qui avait traversé sa poitrine semblait avoir atteint la mienne ? Seigneur, je perdais totalement la tête. J'avais envie de fuir. Comment pourrais-je de nouveau lui faire face, supporter son regard ? Et pourquoi était-ce maintenant la seule de mes préoccupations ? Il me fallait m'en aller, c'était la seule option possible, avant qu'il ne soit définitivement trop tard. Peut-être qu'ainsi, je pourrais sauver le peu de raison qu'il me restait. Ou peut-être pas, après tout.

Mon corps se figea alors que j'arrivais en haut des quelques marches devant ma chambre. Mon cœur semblait s'être arrêter de battre. La lumière de la lune, seule, me permettait de distinguer dans la pénombre, la silhouette de la princesse héritière. Elle ne pouvait pas être là, ce n'était pas possible, je devais surement rêver. Et pourtant, lorsque le nuage balayé dans ce ciel nocturne laissa transparaitre quelques rayons de lune, je n'eus plus aucun doute. C'était bien ses yeux mauves, qui maintenant me fixaient, sur l'expression désolée de son visage d'ivoire fatigué. Comment pouvait-elle tenir debout, avec la blessure qui lui avait été infligée ? Mais par dessus tout, pourquoi était-elle là, à attendre mon retour, comme si la Déesse elle-même était aller la chercher ? Putain, cruel destin. J'étais déconcertée, j'avais l'impression de ne même plus savoir respirer.

« - Byleth... »

Ma conscience m'abandonna. Mes jambes firent un pas en avant, puis se précipitèrent en direction de l'héritière qui reproduisait mes gestes. Je la réceptionnai dans mes bras que je refermai sur elle avant même que je ne le réalise. Le parfum se dégageant de ses cheveux prit possession de moi le temps de fermer les yeux un instant. C'était donc bien réel.

« - J'ai bien cru ne jamais vous revoir... »

Le son de sa voix fit taire mes doutes alors que mon corps semblait maintenant devoir supporter le poids de toute ma peine qui peu à peu, s'emparait de moi. Ce contact était si apaisant, et pourtant tellement douloureux. J'avais cessé de chercher à comprendre. Tout ce qui m'importait était de sentir ses doigts fragiles se resserrer sur moi comme si j'allais disparaitre, la chaleur de son corps débordant de vie, et les battements de son cœur, qui se faisaient si rapides...

...ou peut-être était-ce le mien.