Je pose ça là.

Mijoqui : Elle ne se soucie pas trop de ce genre de détail, ahah ! On repassera niveau propreté xD Pauvre Hubert (enfin, quoique... il peut se montrer rude !) Mais une chute est si vite arrivée (coucou la tour de la déesse xD). Rhea sera une super grand-mère ! Elle a la puissance ! Wouuuh ! Vive l'empire ! Vive Edelgard !

Little D. Tartine : Coucouuuuuu *danse de la joie* Ah ! C'est vrai qu'elle peut faire penser à ton OC de ce point de vue là. En même temps, Byleth est une mercenaire dénuée d'émotions, donc tuer, ce n'est pas le genre de chose dont elle se souci ! Heureusement, Byleth doit avoir son uniforme en plusieurs exemplaires ! (on imagine, en tout cas XD) ! Hubert, cher et tendre Hubert... J'ai beaucoup aimé ce passage, et écrire un peu la dualité de ses « sentiments » par rapport à Byleth. Edelgard est sauvée ! (Oui, ça aurait été dur d'écrire la suite avec un fantôme... quoique... *a des idées*) Je m'attache de plus en plus au personnage de Rhea, je dois avouer ! xD Et j'aime sa façon d'être, et sa « spontanéité »... xD Les deux se ressemblent plus qu'elles ne le croient ! Ah, merci pour ces compliments sur cette fin ! :D

AngelM719 : Oh, ca me dérange pas que tu commences chaque review comme ça ! xD C'est marrant tout le monde a retenu ce detail de Byleth qui se fou d'être pleine de sang, ahah ! Hubert est assez singulier, très franc, qui n'hésite pas à dire tout ce qu'il pense. Et je el trouve vraiment honnête, en fait, quand j'y repense ! Ah, Rhea et Byleth, c'était LA scène de l'année ahah ! Merci pour tout ! :D

Lucina : Hubert est reconnaissant, de là à dire gentils... c'est un autre monde ! Je te laisse découvrir si ton hypothèse tient la route ou non. Ah, pour Sothis, honte à toi ! (je plaisante). Elle apparait dans le prochain chapitre ) C'était plus tard que je ne le pensais *se perd avec ses chapitres* :D A plus ! Et merci !

Enjoy


Chapitre XXIII - Le Bal de la Grande Lune

La vie semblait avoir reprit son cours au monastère dans lequel j'avais maintenant régulièrement l'impression d'étouffer. Comme si il n'était jamais rien arrivé, les élèves, professeurs et chevaliers, se comportaient de la plus normale des façons. Tous ou presque, car dans ma classe, en cette fin de semaine, une des élèves manquait à l'appel. Quand à moi, j'étais toujours là. Je n'avais pas changé d'avis, j'étais juste complètement perdue. Je n'avais pas trouvé la force de tout abandonner après l'avoir revue. J'avais difficilement du m'avouer que quitter cet endroit ne serait pas aussi simple que j'aurais pu imaginer. Il y avait toutes les révélations autour de l'Archevêque que je n'avais pas une fois volontairement revue, et puis, il y avait aussi Edelgard. Avant toute chose, je devais m'assurer qu'elle aille bien et soit définitivement remise. Une fois ceci fait, peut être que le poids de mon départ en serait allégé. Je n'avais simplement pas envie d'admettre que je me mentais à moi-même, et ce en permanence. Car j'aurais préféré dix fois partir en exploration, cent fois affronter des brigands, et milles fois mourir sous les crocs d'une bête sauvage plutôt que de me confronter à la réalité. Je ne manquai pas de courage lorsqu'il fallait me jeter dans une bataille, mais affronter ma propre humanité était bien la dernière chose que je souhaitai. J'avais toujours cru être incapable de ressentir la moindre petite émotion, aussi futile soit elle. J'avais toujours trouvé cela curieux, d'en être totalement privé. Et maintenant que je commençai à y être confrontée, et bien, amèrement, je regrettais.

La semaine, ainsi, avait été habituellement ennuyeuse. Les aigles de jais étaient bien plus calmes qu'à l'accoutumée. D'aucuns ne m'avaient tenu rigueur pour ce qui était arrivé à leur déléguée et de toute façon, jamais ils n'auraient osé. Chacun était responsable de sa propre vie, c'est ce que tout le monde avait déduit. C'était pourtant bien moi ici, qui me sentait coupable. Ma raison semblait prendre le dessus sur ma logique. Il était déjà difficile d'affronter un ennemi, alors s'affronter soi-même. Je soupirai, encore, après un nombre incalculable de fois.

Il fallait leur changer les idées, mais comment procéder quand moi-même en étais-je incapable ? Pourtant, la semaine aurait du être spéciale, car c'était demain soir qu'aurait lieu le grand bal annuel de Garreg Mach. Le Bal de la Grande Lune. Mon quotidien était vraiment ennuyant, mais devoir participer à un bal. J'en avais déjà mal à la tête. Je devais me ressaisir, et reprendre mon sérieux afin de remplir le rôle de mentor que l'on m'avait confié. Je ne pouvais pas passer mon temps à me morfondre et à culpabiliser. Et puis, c'était bien loin de me ressembler.

Je divisai la classe en binôme durant l'entrainement de l'après midi. Combat libre. Une partie de moi n'avait tout simplement pas envie de m'entrainer, alors je me contentais de les observer. C'était important aussi, de noter leur progrès. Ma petite tribu se sépara très rapidement en quatre petits groupes. Caspar et Ferdinand ne faisait apparemment jamais rien séparément et il ne fut donc pas surprenant de les trouver ensembles. Bernadetta faisait équipe avec Pétra. La jeune insulaire n'avait pas seulement l'allure un peu sauvage, mais aussi les manières. Tout récemment arrivée de l'archipel de Brigid, elle arrivait peu à peu à se familiariser avec la langue et les coutumes locales. Petra était étonnement singulière, elle restait particulièrement calme en permanence face à n'importe qu'elle situation. Elle était assez impressionnante, je devais bien l'avouer. Elle avait passé des jours à essayer d'abattre plusieurs oiseaux d'une seule flèche lors de sa chasse, suite à une discussion avec sa dirigeante qu'elle semblait étonnement admirer. Encore une situation qui me laissait perplexe. Après tout, l'héritière de Brigid avait été envoyée ici en gage d'allégeance pour l'empire. Tout ça me semblait tellement démesuré. N'importe qui à sa place ressentirait une aversion pour l'empire Adrestia, et indirectement envers la future impératrice. Mais ce n'était pas le cas de Petra, bien au contraire, qui n'avait cessé de s'inquiéter pour sa souveraine. Impressionnante, oui, c'était le mot qui lui convenait le mieux, et il n'était pas surprenant que Bernadetta soit totalement terrorisée de se trouver face à elle, cette éternelle froussarde. Dorothea faisait équipe avec Hubert, un duo bien improbable, mais ils maitrisaient tout d'eux l'art de la magie noire, et essayaient d'apprendre l'un de l'autre autant qu'ils le pouvaient. La chanteuse était étonnement à l'aise avec le garçon même si je voyais bien ce dernier parfois s'impatienter devant la façon de parler un peu trop franche de sa camarade. Enfin, je m'attardai plus particulièrement sur le dernier binôme qui travaillait devant moi. Deux utilisateurs de magie blanche, et pour une fois, Linhardt ne semblait pas à moitié rêver. Je le voyais même, au contraire, très enthousiaste à partager ses connaissances. Et il avait de quoi être ravi, car Flayn, tout récemment débarquée dans ma classe, était aussi passionnée que lui. Les deux étaient surement fait pour s'entendre. Flayn avait rapidement su se mettre à l'aise parmi les élèves, et ça n'avait pas été très difficile dans l'ambiance lourde de la semaine. En fait, son arrivée avait fait souffler un vent de fraicheur sous les ailes des Aigles de Jais. C'était plus qu'agréable. En plus, elle était assidue et très brillante. Remarquablement brillante. Tous ces poussins se démenaient pour faire du mieux possible, tous sauf un.

Manuela avait fait des miracles avec la future dirigeante de l'empire. Ce n'était pas lui jeter des fleurs que d'affirmer qu'elle lui avait sauvé la vie. Elle avait passé plusieurs heures sans s'arrêter pour la soigner. Et grâce aux soins prodigués, Edelgard avait vite été remise sur pieds. Enfin, c'était à relativiser. Elle n'avait pas assisté à tous les cours de la semaine, devant impérativement se reposer, et ne pouvait surtout pas participer aux entrainements quotidiens. Je n'avais pas eu d'occasion particulière de lui parler, mais je pouvais percevoir la frustration qu'elle ressentait. En tant que dirigeante des Aigles de Jais et future impératrice de l'empire, elle ne pouvait accepter d'attendre à ne rien faire. Ce sentiment d'inutilité, je ne pouvais que le comprendre. Et d'ailleurs, si le repos était ce qu'on lui avait conseillé, cela m'aurait étonné qu'elle soit capable d'écouter.

« - Ne deviez vous pas vous ménager ? réprimandai-je sans quitter mes élèves des yeux, sous l'ombre de l'auvent du terrain d'entrainement.

- C'est ce que je fais, soupirait la dirigeante trop entêtée pour être restée se reposer. Il ont fais des progrès, reprit-elle en s'approchant un peu plus.

- C'est possible. »

Elle avait raison, mais mon rôle n'était pas de les flatter. D'aucuns d'entres eux n'avaient envie de se retrouver dans le même état qu'elle, j'avais pu voir leurs efforts redoubler. Tous avaient été affecté par ce qui était arrivé.

« - Professeure, est-ce que vous m'évitez ? »

Elle ne perdait pas de temps et allait droit au but. Que pouvais-je répondre à cette question qui ne manquait de franchise ? Je ne l'évitais pas, enfin, pas vraiment. Ou peut-être un peu. Je ne pouvais pas nier le fait le me sentir coupable qu'elle se soit retrouvée dans cet état. Elle m'avait fait confiance pour assurer sa protection, et je n'avais pas su me montrer à la hauteur de la mission dont elle m'avait incombée. C'était un fait.

« - Vous comptez ouvrir le bal ? changeai-je de sujet.

- Comme le veut la tradition. »

Devais-je lui préciser que je ne trouvais pas cela raisonnable ? Non, c'était inutile, et puis je savais pertinemment qu'elle ne m'écouterait pas. Elle était à peine remise, mais refuserait d'être laissée de côté. Personne ne lui en aurait pourtant tenu rigueur. Mais je connaissais maintenant assez bien la souveraine, sans prétention aucune de ma part, pour savoir qu'elle ferait tout pour ne pas se montrer faible aux yeux de ses camarades. Elle était la future impératrice, après tout, et Bal de la Grande Lune était un grand événement. Chaque année, les déléguée des trois maisons avaient l'honneur, et le devoir, d'offrir la première danse sous le regard des autres. Ce serait bien la première fois que j'assisterais à un évènement de ce genre là, que je trouvais déjà très ennuyant.

« - Vous ne devriez pas être là, Edelgard, mais en train de vous reposer.

- En effet, soupira-t-elle résignée. Mais je devine que cette remarque n'a pas pour seul sens celui des mots que vous avez employé. »

Elle visait juste beaucoup trop facilement. Elle aussi, commençait malheureusement à me connaitre, et ce n'était bon ni pour elle, ni pour moi. Ma foi, la future impératrice s'éloignait, et c'était le principal, même si je doutais fortement qu'elle allait tranquillement aller se reposer. Je devais bien reconnaitre avoir passé la semaine à éviter toute confrontation avec elle, mais c'était sans compter sur l'obstination dont elle pouvait faire part. C'était un sacrée bout de femme, souris-je à cette pensée.

Le grand jour était enfin arrivée. Enfin, le grand soir, pour être exacte. L'excitation des élèves se ressentait dans les couloirs des dortoirs alors que je pouvais les entendre courir un peu partout. Je me demandais bien à quoi ils pouvaient tous penser, surement pas à la tenue qu'ils devraient portés, puisque ce soir, c'était uniforme de soirée. C'était étrange, un bal en uniforme, non ? Enfin, ce n'était pas plus mal, je n'avais pas non plus à me tracasser pour savoir comment m'habiller, même tenue qu'à l'accoutumée. Et à la nuit tombée, je me dirigeai ainsi vers le lieux de cette grande soirée.

Le grand hall de réception avait été aménagé pour l'évènement. Les lustres avaient été démultipliés, les murs recouverts de bouquets de roses et de décorations dorées. C'était presque un peu trop tape-à-l'œil, devais-je avouer. Je remarquai d'abord les professeurs un peu plus loin, devant le grand buffet. Manuela portait sa grande robe verte qui en montrait plus qu'elle ne devait en cacher, les épaules recouvertes d'un doux duvet. J'imaginai aisément la femme toujours célibataire à la recherche d'un homme qui comblerait son cœur, ou à défaut, son profond décolleté. Hanneman se tenait à ses côtés, bien plus réservé, dans son éternel costume qui l'habillait. Seteth aussi était là, plus en retrait, dans son complet bleu et doré, avec sa jeune sœur à ses côtés. Je devais lui reconnaitre un certain charisme, même s'il me démontrait toujours autant d'animosité. Et enfin Rhea, qui comme toujours, me regardait. Malgré ses récentes révélations qui désormais me perturbaient, elle continuait de me subjuguer.

La salle commençait à se remplir, je profitai de la foule pour échapper au regard de l'archevêque, et commençait à chercher mes étudiants des yeux. Simple curiosité, je me demandais si eux aussi, allaient oser danser. Certains s'étaient montrés impatients, d'autres plus réticents, mais tous en tout cas étaient présents. J'attrapai une coupe de champagne quand un plateau passa devant mes yeux, seule bonne nouvelle de cette soirée. Je n'étais définitivement pas à mon aise ici, et vidai le verre en seulement quelque gorgée. L'archevêque, dame Rhea, s'avança, et quand enfin elle frappa dans ses mains, commençait l'affreux refrain. Tous les élèves se reculèrent sur les côtés pour laisser au centre de la salle s'avancer, les délégués et leurs moitiés. Ils avaient cet honneur, celui d'annoncer, le début de ce bal que déjà, je détestai. Mon regard fut instinctivement attiré sur l'aigle de jais qui lentement, se mettait à danser. Son partenaire était un jeune homme que je ne savais nommé, ni de ma classe, ni de celles de mes alliés. Je le regardai moins d'une seconde, futilité, alors que mes yeux ne pouvaient se détacher de ma chère protégée. Elle aussi portait cet uniforme de soirée, ensemble noir et doré, sur lequel sa cape vermeille retombait. Pourquoi me sentais-je si frustrée ? Je remarquai ensuite Dimitri, de la même façon habillée, avec sa seule cape bleue pour le distinguer. Enfin, je cherchai Claude, que je fus incapable de trouver jusqu'à me retourner. Mes yeux croisèrent son regard émeraude qui brillaient sur son visage basané. Il souriait, et sans me demander, attrapa ma main avant de me traîner sur la piste où il devait danser. Seigneur, j'avais envie de me cacher.

Je n'osai même pas regarder le monde, sur les côtés, qui devaient certainement nous dévisager. Je me concentrai sur le jeune homme dont j'essayai de suivre les mouvements. Il était heureusement bien meilleur danseur que moi, et m'évitait une quelconque humiliation. Il me devait au moins ça, puisque c'était lui qui m'avait ici traînée.

« -Détendez vous professeure, vous vous en sortez très bien.

- Vous savez que juste pour ça, je pourrais vous assassiner.

- Vous n'oseriez pas, souriait le garçon. »

Mais à quoi s'amusait-il ? Non, évidemment je n'aurais pas osé. Faire disparaitre le futur dirigeant de l'alliance serait certes, très compliqué, mais ce n'était pas l'envie qui m'en manquait. Je soupirai, et supportai ces allers et retours en tournant sur moi même en attendant patiemment que tous les autres élèves ne rejoignent la danse, et que la mienne soit terminée.

Après un long moment insupportable, j'étais enfin débarrassée, et m'était précipitée en dehors de cette grande salle dans laquelle j'étouffais. Cette soirée était certainement la pire de toute l'année. Je me demandais comment tous les autres élèves faisait pour le supporter. Enfin, le problème venait surement de moi, je supposais. Je devais m'éloigner. Je pris instinctivement le chemin que par cœur je connaissais, celui qui menait vers l'immense pont qui surplombait le profond gouffre entre les falaises des montagnes d'Oghma. J'étais sûre qu'au moins, ici, je ne serais pas dérangée. Je montais rapidement toutes les marches pour arriver au sommet de la tour de la Déesse dont j'appréciai le calme. C'était bien plus relaxant. Je pouvais enfin souffler. La plaine était comme d'habitude, endormie sous les rayons de lunes qui la parcouraient. Je ne pouvais qu'imaginer le silence qui y régnait. Si j'avais pu être un aigle, moi aussi, je me serais envolée. Je secouai la tête, essayait de vider mes pensées, quand soudain retentirent des sons biens familiers sur lesquels je me retournai. Mes yeux s'agrandirent quand je reconnus la silhouette qui s'avançait.

« - Edelgard ? Ne devriez-vous pas être au bal ?

- Et vous, pourquoi n'y êtes vous pas ? »

Je la regardait lentement s'approcher. Je ne cessai de me demander ce qu'elle pouvait bien faire ici, m'avait-elle suivit ? Pourquoi n'était-elle pas en train de danser en meilleure compagnie ? Cette question me donnait envie de l'envoyer balader. Qu'était-il en train de m'arriver ?

« - Ne va t'on jamais pouvoir discuté de ce qui est arrivé ?

- De quoi voulez vous parler ?

- Cessez de vous moquer de moi, vous savez très bien à quoi je fais référence. »

Encore une fois, elle y allait fort, je reconnaissais bien là sa détermination et sa persévérance. N'allait-elle vraiment jamais abandonner ? Comment pouvait-elle se montrer si obstinée ? Ah, je me souvenais, c'était la future impératrice, et elle ne laissait jamais tomber. Je l'entendis soupirer avant de la voir s'approcher de l'espace par lequel j'observai dormir la plaine.

« - Professeure... chuchotait-elle comme pour respecter le silence de la nuit. Ce jour là, j'aurais pu jurer que vos yeux et vos cheveux avaient changé de couleur...

- Vous avez certainement rêvé.

- Pourquoi n'arrivez vous pas à être honnête avec moi ?

Faisait-elle toujours référence à la couleur de mes cheveux ? Je n'en étais plus très sûre. A quoi d'autre, sinon ? Il valait mieux en tout cas pour le moment qu'elle ne sache pas grand chose de plus, quand moi-même n'avait pas réellement d'explications à lui donner.

« - Vous savez, mes cheveux n'ont pas toujours été de cette couleur. Lorsque j'étais captive, mes ravisseurs ont testé nombre de drogue sur moi, et l'une d'en elles leur à fait perdre toute leur pigmentation, ils sont devenus blancs... »

Je ne connaissais pas ce détail de son histoire qui était toujours un peu plus horrible à entendre. Pourquoi me confiait-elle ça maintenant ? Etait-ce dans le but que je me confie à elle à mon tour ? Ou bien peut-être me montrait-elle seulement qu'elle me faisait confiance.

« - J'aime leur couleur ainsi.

- On dirait que vous avez prit ma remarque au pieds de la lettre, riait-elle maintenant. »

Ce n'était pas vraiment dans ce but là... Je voulais juste lui faire comprendre qu'elle était belle ainsi. Que racontais-je ? Je délirais. Depuis quand me souciais-je de ce genre de détail concernant mes élèves ? Et puis, depuis quand la trouvais-je belle ?

« - Peut-être devrions-nous retourner au bal, professeure. Notre absence risque de se faire remarquer. Et puis, je suis certaine que nombre de personne souhaiterait vous inviter à danser.

- Sans façon, danser n'est guère une de mes activités favorites.

- Claude ne semble pas s'être embarrassé de ce genre de détail.

- Je lui ferais payer cet affront, m'amusai-je.

- Et si c'était moi ? »

J'écarquillai les yeux sous la surprise de sa question. Elle ne pouvait pas être sérieuse, si ? Son regard ne me quittait plus, ou bien était-ce peut-être le mien qui ne pouvait plus se détourner d'elle. Je ne pouvais plus que fixer ses deux perles de couleur lavande. Je me sentais désarmée. Le silence s'empara bientôt de ce lieu saint, avant d'être brisé par le bruit de ses talons contre la pierre lorsqu'elle s'approcha de moi. Je la vis tendre la main, comme pour une invitation à danser, lorsque mes doigts, plus hésitant, se posèrent sur ses gants blancs sans que je ne puisse rien y faire. Mon corps agissait de nouveau seul, mécaniquement. Et mon cœur ? Je pouvais l'entendre raisonner dans ma poitrine de la plus étrange des façons sur un rythme qui m'était bien inconnu. La future impératrice sourit, avant de se rapprocher un peu plus. Je n'eus aucun mal à deviner ses pensées.

« - ... Edelgard ? soufflai-je sur son visage si proche.

- Une seule fois. »

Je fermai les yeux, un instant, et la laissai ses lèvres découvrir les miennes le temps de quelques secondes. Mon esprit se tût, alors que tout autour de nous sembla disparaitre. La seule chose que j'arrivais à ressentir étais la douceur de ses lèvres accompagnée de son souffle chaud, et de cette délicieuse odeur. J'avais parfaitement conscience de ce que ce geste impliquait. Et lorsqu'enfin elle rouvrit les yeux, je ne pu que remarquer dans son regard, qu'elle savait parfaitement que cet échange était à la fois le premier, mais aussi le dernier que l'on pouvait se permettre.

Car sur les chemins que nous avions choisis, les sentiments ne nous étaient permis.