CHAPITRE CINQ
RETROUVAILLES

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Petite île Duchesse

(anciennement déserte)

─ ─ actuellement ─ ─

Le voyage avait duré plus longtemps que prévu suite la levée de quelques vents turbulents. Nami et Sanji prirent un petit navire pour aller sur l'île esseulée où ils se rendaient. Ils furent à peine sur la plage à débarquer qu'Usopp, Chopper et Frankie arrivèrent en criant leurs noms impatients d'avoir des nouvelles.

Usopp âgé de deux ans de moins que Sanji était un homme de forte carrure aux cheveux longs bouclés et noirs. Atteint de double personnalité, il était généralement couard. Lorsque son autre personnalité surgissait elle se montrait téméraire et courageuse. Chopper avait l'apparence d'un ours en peluche croisé à un renne. Médecin du groupe, il s'était toujours assuré que chacun puisse rester en vie jusqu'à la mort de Luffy. Frankie avait les cheveux bleus, l'air d'un bodybuilder, l'air affable, de nombreuses cicatrices et un look de surveillant des mers avec son slip de bain et ses chemises colorées. Il s'occupait de réparer les bateaux et de la construction d'objets.

Sanji ne discuta pas longtemps avec eux. Taciturne, il se réfugia rapidement dans une tente pour échanger stratégies avec les personnes se trouvant dedans. Il y avait pensé toute la nuit. Si Zoro était mort, alors ils devaient continuer sans lui mais il restait des îles à visiter. Ils n'étaient pas à six mois près et il refusait d'abandonner Zoro. Seulement la réunion, la date butoir fixée, avait lieu le lendemain. Allait-il annoncer que ce serait reporté ? Ils étaient nombreux à venir, c'était impossible. Sanji regarda la carte des mers et des océans connus. Où pouvait se trouver Zoro ?

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Les amis encore vivants de Luffy et son équipage avaient presque tous répondu présents à l'appel de Sanji. Luffy ne devait pas être mort en vain. Le bretteur aux cheveux noir et vert à l'ombre des palmiers aurait bien aimé que Nami n'omette pas cette information. Il était pétrifié à la vue des uns et des autres. Il allait se pointer comme une fleur et annoncer son retour de la sorte !?

Il ne pouvait pas. Il devait partir. S'enfuir. Trouver une issue de secours. Pourquoi l'avoir suivi jusqu'ici ?

La nuit était tombée. Nami quitta la joyeuse fête des retrouvailles pour s'enfoncer dans la forêt. Elle voulait trouver Zoro et pouvoir encore échanger avant que ce ne soit trop tard. Elle voulait comprendre.

Il la remarqua et devina qu'elle le cherchait. Il resta dissimulé mais quand il la vit s'enfoncer dangereusement dans une île hostile, il vint à elle. Elle sursauta tant il était silencieux et invisible entre les arbres. Elle lui tendit une assiette de riz et de boulettes de soja.

─ Mange.

─ Merci.

Il ne refusa pas la nourriture, tirant l'assiette sur ses genoux, mangeant lentement lui qui avait toujours dévoré. Elle le regarda ainsi à l'ombre de la lune. Elle se rapprocha de lui, s'accroupissant devant.

─ Sanji a été acharné pour nous retrouver, tu sais ?

─ Le marino a toujours été têtu.

─ Il n'a jamais abandonné l'idée de te retrouver. Il a écumé chaque témoignage, chaque mot, chaque moment où on pourrait tomber sur toi. Usopp aussi ne cessait aussi de penser qu'on te retrouverai.

─ Tu me pensais mort.

─ Je pensais que si tu étais vivant, tu n'aurais pas gardé aussi longtemps le silence.

─ Tu as eu tort.

─ On a besoin de toi, Zoro. Cette mission, on ne peut la réussir que si on est tous ensemble.

─ On ne peut plus être tous ensemble.

Luffy était mort. Il mangea encore moins rapidement. Il l'entendit soupirer. Il savait le lien unique qu'elle avait leur capitaine. Cette mort devait la faire souffrir. Elle devait lui en vouloir.

─ Zoro, laisse-nous une chance.

─ J'assisterai à la réunion et je rentrerai chez moi !

─ Dans ce taudis ?

Elle se redressa brutalement et le gifla. Il ne réagit pas, la joue rouge. Elle le fixa, sentant le sang affluer dans son esprit. Réagit Zoro ! Nami tourna furieusement les talons. Zoro se pensait-il être le seul à devoir porter une croix ? Être le seul à souffrir ? Être le seul à avoir le droit à la déchéance ? Il devait se reprendre ! Il n'avait pas le droit d'être ainsi.

Zoro la regarda partir, ramassant les boulettes par terre pour les remettre dans l'assiette avant de se remettre à manger lentement. Il partirait cette nuit. Tant pis, si elle racontait tout. Tant pis, il n'aurait qu'à fuir plus longtemps. Plus loin encore.

─ …

Il sursauta mais ne bougea pas quand deux bras l'entourèrent. Robin demeura là, la tête contre le buste du sabreur, écoutant ses battements de cœur. Elle avait voulu suivre Nami par curiosité : la voir s'éloigner était surprenant. Elle ne s'attendait pas à tomber sur Zoro.

Il referma ses mains sur les bras de la femme brune et marmonna :

─ Je ne resterai …

─ Chut. Zoro. Peu m'importe que tu partes ou que tu restes. Peu m'importe les raisons de ton absence ou celles qui te font te cacher. Tu es en vie.

─ ….

─ Tu es en vie.

Robin était une personne froide et raisonnable, sentir ses larmes dans son dos le toucha profondément. Zoro soupira, gardant les bras contre lui. Il fut soulagé. Soulagé de ce contact, de ce silence, de l'absence de question.

─ ─ x ─ ─

Trafalgar Law était un homme séduisant tatoué sur le haut du corps, portant un jean serré et un tee-shirt jaune visible à plusieurs mètres. Il regarda le plan que présentait Sanji avec défiance. Il avait été capitaine avant de faire le choix après la mort de Luffy de ne pas mettre en danger davantage ses hommes. Prenant l'apparence d'un navire marchand, il n'avait que peu changé ses habitudes jusqu'au jour où Sanji était venu le trouver.

Sabo était à l'opposé du rustre Trafalgar. Il avait des cheveux blonds, un air de Dandy et un sourire aimable. Les deux savaient parfaitement pourquoi ils étaient là. Sabo avait investi toute sa fortune dans ses explorations. Jamais il ne pourrait oublier Luffy et son frère Ace.

─ On a repéré l'équipage de Kaido au Nord des îles framboises. Ce serait parfait.

─ Je n'arrive pas à croire qu'on est confié à ce crétin un navire,

─ Il n'est pas seul et il est dangereux,

─ Ce n'est pas pour rien si autant de navires ennemis passent par ici, nous devons découvrir où ils se rendent. C'est par eux qu'on parviendra à savoir comment entrer dans la capitale.

─ Il faudra être discret. Obtenir des informations sans qu'ils ne se doutent de nos survies. On est encore en vie car ils nous pensent morts ou terrés comme des rats.

─ Je dis qu'on devrait frapper une bonne fois pour toute, souffla Sabo

─ J'ai pas signé pour le suicide, coupa Perona une gothique aux cheveux roses.

Sanji les arrêta d'un mouvement de main agacé.

─ Il y a de l'agitation dernièrement. C'est notre chance. On doit obtenir leurs points de rendez-vous et les suivre ne servirait à rien. Les routes sont fermées et on se retrouve bloqué à chaque fois. Rendons-nous sur l'île et trouvons la réponse.

─ C'est ça ton plan ? Voler des protégés du gouvernement et une information dont tu ne connais pas encore l'utilité ? questionna Trafalgar, essayant de comprendre

─ Je sais ce que je fais, répondit froidement Sanji,

─ C'est du suicide.

Ils s'étaient retournés en direction de la voix humaine les frappant comme celle d'un fantôme. Zoro se rapprocha de la carte, ignorant les regards sur lui, son index pointant la zone qu'avait indiqué Sanji. Il senti les yeux de l'épéiste Dracule Mihawk sur lui et réalisa qu'il ne portait aucune épée à sa taille.

─ La fête des framboises aura lieu dans six jours. Ils doivent venir pour ça.

─ De quoi tu parles ?

─ C'est une fête connue uniquement des villageois et du gouvernement qui est donné chaque année, confirma Perona qui n'avait pas fait le rapprochement, les villages donnent leurs dettes ce jour-là au gouvernement et s'assurent une année supplémentaire de survie. Ils achètent par des présents leurs survies.

─ ─ ─ X ─ ─ ─

Fête des framboises

─ ─ Passé ─ ─

─ Tu vas adorer !

─ Aucune chance.

Joyeusement, Pom et Elizabeth le tirèrent dans un petit village d'apparence rustique qui sentait le sucré. Les villageois servaient une bière à base de framboise et inondaient les soldats et marins qui se fichaient bien des infractions commises tant ils étaient occupés par les femmes, l'alcool et l'argent qu'on venait leurs offrir.

Elizabeth s'approcha d'un forain et donna quelques pièces pour avoir le droit de lancer des fléchettes. Elle rata chacune de ses cibles et Pom ne fit guère mieux. Zoro essaya à son tour. Il en réussit deux, mais la troisième, Pom et Elizabeth soufflèrent à son oreille et lui firent rater sa cible.

─ Tu ne voulais ta satané peluche !

─ On préfère te voir perdre.

─ On devrait rentrer, vous savez qu'on a été embauché pour tenir compagnie à …

─ La barbe, Iris ! Le patron va râler mais il nous a laissé sortir. Arrête de bouder et viens.

Ils passèrent de tente en tente, s'amusant et riant. Soudainement, ils se stoppèrent sous les cris qui provenait de l'arrière d'une petite taverne. Ils se précipitèrent. Une jeune fille se débattait sauvagement contre deux soldats de la marine. Zoro attrapa l'homme et Elizabeth le frappa, alors que Pom entourait la femme pour l'éloigner. Elle tomba en larmes contre lui.

─ Qu'est-ce que vous êtes en train de faire ?

Des soldats arrivèrent. Zoro se plaça entre eux et les trois autres. Il leurs murmura de partir. Se battre ? À quel prix. Cela conduirait à d'autres soldats et à la destruction du village. Il frappa, un premier coup, puis ne fit qu'arrêter ceux qu'on lui donnait. Il vit le soldat blessé se relever et s'approcher de lui. Zoro grimaça.

─ On va raser ce village …

Zoro avait détaché ses cheveux, s'agenouillant devant l'homme, les mains sur ses cuisses, murmurant :

─ Je peux vous satisfaire, maître.

Pas une larme ne glissa du visage de l'escrimeur qui sentait la terre et la poussière sous lui. Soudainement, alors qu'un râle de douleur bloquait l'arrière de son dos, l'avertissant de ce qui arriverait bientôt, il senti un combat avoir lieu. Il se redressa, fixant le patron, Pom, Elizabeth et Natasha en train de se battre.

─ Personne ne touche sans payer !

Le patron frappa encore et encore, mettant à terre chaque soldats de la marine. Il ignora Zoro, attrapant les cinq hommes pour le tirer vers une taverne. Il les balança aux pieds de leur chef avec une bourse pleine de pièces d'or. Elizabeth et Natasha se rapprochèrent du chef, minaudant joyeusement.

─ Vous devriez prévenir vos gardes qu'on ne touche pas aux cadeaux apportés pour les chefs.

Le chef se mit à rire. Il fixa ses hommes à terre, prenant l'or et les deux femmes avec lui. Pom garda le silence alors que le patron entrainait Zoro dans les ruelles. Il le poussa brutalement contre un bâtiment, lui faisant lever la tête pour le faire regarder à l'intérieur des prostituées de bas-étages être violement occupées dans une sexualité éprouvante face à de nombreux soldats profitants d'elles.

─ Tu veux finir là-dedans, Iris ?

─ …

─ Réponds !

─ … si vous le souhaitez !

Des chandelles se mirent à tournoyer au-dessus de sa tête sous le coup violent qui percuta son crâne.

─ C'est non que tu dois dire. Non, Zoro !

─ Ne m'appelle ….

─ C'est ton nom. Que tu sois Iris ou Zoro, tu es un être humain, ne laisse personne abuser de toi.

─ … Je suis une pute.

─ Tu es un prostitué. Pas un objet. Personne n'a le droit de poser la main sur toi sans ton accord … et m'avoir payé avant, bien évidemment.

─ … patron !

─ Écoute-moi bien. Qu'importe ce que tu veux te faire pardonner, qu'importe ce que tu crois mériter, tu ne dois jamais laisser personne te contraindre. Tu m'entends ?

Zoro renifla, baissant honteusement la tête. Le patron l'attira contre lui, calmant les battements de son cœur.

─ Tu n'es pas un martyr, Iris. Ne nous sauve pas en y perdant la vie.

─ J'aurais voulu mourir avec Luffy.

─ Je sais, mais tu dois arrêter de te flageller pour ça. Tu vis et vouloir la mort aujourd'hui serait la pire insulte que tu pourrais lui faire.

─ ─ ─ X ─ ─ ─

Petite île duchesse

Actuellement

─ Tu pars ?

Trafalgar regarda Zoro sur le sable. L'escrimeur fixait les chaloupes avec une envie bien visible.

─ Sanji, Nami, Robin et Usopp vont se rendre sur l'île des framboises pendant qu'on visitera les navires amarrés autour et qu'on prendra des informations.

─ Bonne chance à eux.

─ Zoro, les coutumes de ses îles sont difficiles à comprendre pour un étranger. Tu sais qu'ils ne pourront pas y survivre.

─ … tu me fais chier. J'ai rien demandé !

─ Tu vas supporter de n'avoir rien fait pour les aider ?

L'escrimeur se retourna, vivement énervé. Il leva un papier qu'il tenait à la main, le secouant vivement et avec agacement.

─ Je vais juste envoyer un message, d'accord. Je reste. Au moins, un peu. Alors lâche-moi !

Nami fixa Robin, la scrutant en la voyant sourire de manière manipulatrice. Robin n'avait pas menti à Zoro. Les larmes lui étaient naturellement venues. Peut-être en avait-elle profité et peut-être l'avait-elle manipulé. Le plus important, c'est qu'il restait.

─ Où l'as-tu trouvé ?

─ Je ne peux pas te le dire.

─ Comment tu as pu le convaincre de venir ?

─ Je ne peux pas te le dire.

─ Vilaine cachottière.

─ Et toi, comment l'as-tu fait rester ?

─ Je lui ai simplement rappelé qu'on a besoin de lui. Le syndrome du héro a toujours fonctionné sur lui.