Salut salut !
Vous étiez plusieurs à attendre ce « titre » avec impatience. Bon, je vais vraiment essayer de distancer mes prochaines publications, par contre ! Je ne peux définitivement me permettre de poster tous les 3 jours ! xD
Mijoqui : Petra ? je ne vois pas duuuu tout ce que tu veux dire par là ! Pauvre Bernie... Il va peut être falloir que j'arrange ça ! Ce n'était pas le but premier ! (je crois que c'est ma propre amertume que tu ressens xD) Mais oui ! Homme ou Femme ! Il nous emmène ! XD Un seul baiser ! :D C'est suffisant !
Tartine : Coucouuuuu *attrape le serpent* (euh... cette expression normalement ce s'emploie pas dans ce contexte...) Oh ce serait amusant ! C'est vrai ! Pauvre chat, encore ! Ne le surmène pas ! Oui, elle s'inquiète, tout est sa faute après tout, aaah, By, pas assez forte... PETRAAA ! Tu sais que je la mets en avant exprès pour toi, hein ? xD Et du coup je l'aime de plus en plus ! Laisse Flayn tranquille, oh ! El, fidèle à elle ! (oh le jeux de mots !). Merci pour la description du bal ! C'était pas aisé ! Et oui, CLAUDE ! Comment as tu pu oublier ?! La touuuur ! Encoooore ! (faut que je change de décors.. xD) Lascivité... héhé, tu ne t'es pas trompé ! J'avais vraiment envie de l'ecrire ce passage sur ses cheveux ! Moi même je l'ai découvert qu'a ma seconde partie, que c'était pas naturel ! ET puis, je la trouve vraiment touchante ! Elle fait confiance à Byleth et tout (dans ma fic) et oui, elle fait le PREMIER pas ! (et peut etre le dernier... huhuhu). Des frisson ? Je suis fière ! C'était le but, enfin, en quelques sortes ! A tout bientôt !
AngelM719 : Merciiiii ! Oui, byleth se bat avec sa conscience en permanence on dirait ! Les duos, j'ai eu du mal sur certains, mais au final j'ai joué sur la touche humoristique ! xD Surtout pour Dorothea et Hubert ! Je regrette de n'avoir pas plus développé d'ailleurs. Claude a osé ! En payera-t-il le prix ? Certainement ! Ah cette fin ! je suis ravie qu'elle plaise !
Vive la Pologne : Heyyy ! Ca faisait un bout ! Contente que ca te plaise et que ca te donne envie de découvrir le prochain ! (qui est du coup juste là xD)
MacHellia : Coucou ! :D Ca me fait plaisir de te voir ici ! Ah son « petit aigle » ) Rhea je l'affectionne vraiment beaucoup, et peu à peu, sa place prend de l'importance dans mon texte ! J'espère juste que c'est assez fidèle au personnage xD Ce n'est pas aisé de décrire une telle femme ! Oui, Jeralt va devoir faire la causette...:\ qui sait comment réagira Byleth. Pour ses pouvoirs... Certainement ! Enfin, je suppose ? xD Quand elle assumera, déjà ! j'avais envie de faire le bal comme dans le jeux, surtout que je n'ai pas assez décrit les rapports El/Dimitri pour les faire danser (et que j'aime pas le El x Dimitr... xDDD) Oh, mais oui, qui fais danser Hubert ! Ta question me troue ! Merci pour tes compliments ! Et pour répondre à ta question, il n'y a pas de « voie » a proprement parler, enfin, ça pourrait être un mélange, disons )
Lucina : Oui, je t'ai reconnu ! Bon pou Sothis, le passage est furtif, je te préviens ! Mais elle apparait pour le moment quasiment un chapitre sur 2 ! Du coup, tu vas bientôt avoir les réponses à tes hypothèses ! :D N'hésite pas à formuler les prochaines.
Sur ce, enjoy !
Chapitre XXIV - La Peur, c'est comme une part de Gâteau
Cela faisait maintenant quelques jours que mon sommeil se faisait agité, mais au moins, je dormais. C'est du moins l'impression que j'avais. Depuis toute une semaine, je ne cessais de faire ce même rêve, celui où je voyais cette même silhouette. Et plus le temps passait, plus elle semblait se rapprocher. Jusqu'à cette nuit, ou elle apparut, de la plus distincte des façons. Son visage ne me paraissait pas inconnu alors que je ne l'avais jamais vu. Plongé dans les ténèbres, seule, en bas de ces nombreuses marches, elle se tenait assise sur ce trône, duquel elle dominait. Mais où pouvais-je me trouver ?
« - Tu te poses vraiment cette question ? »
J'écarquillais les yeux. Elle pouvait m'entendre ?
« - Bien sûre que je peux t'entendre, puisque je suis dans ta tête. »
Mais qui était cette jeune fille ? Ses yeux émeraudes étaient accordés à ses longs cheveux presque de la même taille qu'elle, dans lesquelles apparaissaient ses longues oreilles en pointe. Elle n'avait pas l'air humaine, et pourtant nous ressemblait tant. Et pourquoi semblait-elle tant me connaitre ? Ce n'était qu'une gamine, non ?
« - Qui traites-tu de gamine ici ?! »
J'ouvrai les yeux et sursautai, ce n'était vraiment qu'un rêve ? Pendant combien de temps avais-je dormi alors que le soleil frappait ma chambre ? J'avais pourtant l'impression de n'avoir fermé les yeux qu'une seule minute ou deux. Qu'était-il en train de m'arriver ? Je devais en avoir le cœur net.
Je sautai de mon lit et m'habillai avant de quitter les dortoirs et de me diriger vers la salle de réception où j'empruntai très rapidement les marches qui menaient à l'étage. Les grandes portes de la salle d'audience dans laquelle je pénétrai étaient restées ouvertes, j'en profitai. Je balayai la pièce, cherchai l'archevêque du regard sans la trouver, quand malheureusement je tombai sur le conseiller.
« - Que faites-vous ici ? Demanda-l-homme de façon abrupte.
- Je dois voir Rhea. »
Je vis le visage de Seteth se faire un peu plus sévère sur mes paroles très directes qui manquaient certainement de politesse et de respect envers sa Sainteté. Je n'avais pas le temps de me justifier devant lui, et surtout pas l'envie, alors que je m'impatientai.
« - Dame Rhea se trouve dans ses quartiers, et je vous conseille de ne pas aller la déranger, me mettait-il en garde. »
Comme si j'allais écouter. Je quittai aussitôt la grande salle pour prendre la direction des escaliers qui montaient encore un étage plus haut. Je ne m'y étais encore jamais rendue, et le conseiller me suivait. Ce qu'il pouvait être agaçant. J'aurais pourtant pu le stopper en toute facilité, mais peu importait, comme si il allait réussir à m'arrêter. Je l'entendais derrière moi crier des choses incompréhensives auxquelles je ne prêtai d'ailleurs même pas attention, lorsque j'arrivai devant les supposées portes des appartements sur lesquelles je frappai.
« - Qu'est ce que vous faites ! fit l'homme au regard sévère en m'attrapant presque douloureusement le bras. »
Il eut beaucoup de chances que les portes s'ouvrent avant que ne le lui coupe la main d'un coup sec de mon épée qui ne me quittait jamais. Car je ne supportait absolument pas de me sentir oppressée. De quoi il se mêlait ?
« - Dame Rhea, je suis désolée mais cet individu...
- Il suffit, Seteth, fit la femme en levant le plat de sa main devant lui. Laissez-nous je vous prie.
- Mais, Rhea... »
Le regard de la femme se fit plus ferme. L'homme ne prononça plus un mot avant de baisser la tête en signe de respect et s'en alla. Il avait l'air très contrarié, et voudrait sans doute me faire payer pareille humiliation, mais c'était bien le dernier de mes soucis. Enfin, je l'espérais... Personne ne savait de quoi il pouvait être capable. Il n'était sans doute pas le commandant en second de l'armée de l'Ordre pour rien.
« - J'attendais votre venue, souriait maintenant la grande dame après le départ de son bras droit. »
Je m'efforçai de rester calme et de garder mes distances face à cette femme qui continuait de m'attirer, inévitablement, dans ses filets. Je ne pouvais pas lui faire confiance. Je n'avais d'ailleurs jamais pu, mais elle avait ce don, celui de me faire baisser ma garde, peu importait la situation.
Elle me fit signe d'entrer. Ses appartements faisaient sans doute la taille de tout l'étage. Elle ne faisait pas dans la demi-mesure. Je suivis la dirigeante de l'église, et traversai un long couloir jusqu'à une intersection. Je devinai sa chambre sur la droite à travers la porte restée ouverte. Sur la gauche, chemin que l'on prit, se trouvait un autre couloir qui donnait cette fois sur un gigantesque balcon qui dominait le continent. La vue était impressionnante, on pouvait voir les sommets des montagnes d'Oghma qui entouraient, frontières naturelles, la totalité du monastère. Je me dirigeai vers le bord pour pouvoir admirer. On pouvait même voir une légère couche de nuages sous nos pieds. Une vue qu'elle s'était bien réservée.
« - Est-ce la vérité ? lâchai-je alors sans modalités.
- Votre père ne vous a donc vraiment rien dit. »
Je serrai les mâchoires et refermai les doigts sur le rebord de pierre qui nous entourait. Ca recommençait, je me sentais de nouveau énervée. Tout le monde m'avait caché la vérité. Mon père était repartie en mission avant que je ne puisse le confronter. Il n'avait pas perdu de temps pour de nouveau s'éloigner du monastère, même après ce qui était arrivé. La seule personne ici présente capable de me donner des réponses, était cette femme et ce qu'elle prétendait être, si je me décidai de la croire.
« - Vos pouvoirs se sont-ils éveillés ? »
Chaque fois qu'elle ouvrait la bouche, cela me déconcertait. Elle avait l'air de parfaitement savoir de quoi elle parlait. Alors c'était vrai ? Etait-elle vraiment la mère de la personne qui m'avait mise au monde ? J'avais tellement de mal à y croire, et pourtant, une part de moi en était déjà certaine.
« - Je ne vois pas de quoi vous parlez.
- Ma chère enfant, bien sûre que si... où vous ne seriez pas ici. »
Je détestais cette facilité qu'elle avait de deviner mes pensées et me percer à jour. Je détestais la sensation que quelqu'un s'insinue dans mon esprit et me touche de trop près. Je détestais la sentir si proche alors que je ne savais rien d'elle, ni elle de moi.
« - Vous n'êtes pas sans savoir que notre famille descend de la grande Déesse.
- Notre famille ? tiquai-je. Ma seule famille est celle que Jeralt représente.
- Un homme qui n'a cessé de vous mentir. »
Elle visait douloureusement très bien. Le faisait-elle exprès ? Quel était son véritable but depuis le tout début ? Quelles étaient ses intentions à mon égard ? Mon père s'était méfier, et aujourd'hui, je commençai à en comprendre la raison. Sauf que Rhea disait vrai, lui aussi, m'avait mentit. Je ne savais plus qui croire, je ne savais plus en quoi croire. Je me retrouvai simplement seule, abandonnée.
« - Vous n'avez pas fait mieux que lui, l'accusai-je alors. Vous auriez pu tout me dire, ce n'était pas les occasions qui vous manquaient.
- M'auriez-vous cru ? »
L'archevêque avait-elle toujours réponse à tout ? Arrivait-elle toujours à se justifier de la sorte, de la plus juste et agaçante des façon ? C'était comme si elle avait attendue le bon moment, le bon moment pour avouer. Comme si elle avait su que cela allait arriver. C'était tellement surprenant, et si déconcertant.
« - Jeralt m'a privé de vous pendant toutes ces années.
- C'est mon père !
- Et Sitri était ma fille. »
Pourquoi pouvais-je ressentir de la tristesse derrière ce sourire qu'elle continuait d'aborder si naturellement ? J'arrivais à percevoir cette chaleur qu'elle dégageait, celle qui me réconfortait, celle qui m'apaisait. Car malgré toute cette colère qui me submergeait, malgré la déception et la rancœur, je n'arrivais pas à lui en vouloir. J'étais bien incapable de la moindre agressivité envers elle. Et c'était terrifiant. J'en avais assez entendue.
« - Vous aussi, vous la voyez. »
Mon corps s'arrêta alors que je m'apprêtai à partir. Comment pouvait-elle être au courant ? Est-ce qu'elle aussi... ? Ce n'était pas le moment. Et ça ne le serait certainement jamais. Je ne devais plus laisser cette femme m'approcher, elle représentait un danger. Comme tout le monde ici, d'ailleurs. J'avais bien trop de fois baissé ma garde. Je refusais d'en payer le quelconque prix.
Je passai le reste de la journée à ressasser et à m'impatienter. Quelles sensations désagréables. Je n'arrivai pas à me changer les idées. J'avais essayé de m'entraîner, sans succès. Je m'étais rendue sur la place du marché, où rien ne m'avait intéressé, et maintenant que la lune était levée, je ne pouvais me résoudre à aller simplement me coucher. Et puis, je n'avais pas envie de faire ce rêve, encore. Car chaque fois que je m'endormais, le destin semblait me rattraper. Comme si le passé des Astrea n'était pas assez lourd, je devais maintenant composer avec celui de cette soi-disant lignée. Pouvait-on vraiment avoir si peu de chance ? Ou bien tout avait été calculé. Le destin, hein ? Je trouvais qu'il se moquait bien cruellement de moi.
Je me retrouvai à déambuler dans les jardins nocturnes du monastère sous la seule compagnie que celle que m'offrait l'astre de lait. La lumière s'en dégageait maintenant faiblement dans cette voute céleste, alors qu'elle n'allait tarder à disparaitre pour quelques nuits. C'était à peine si je pouvais voir mes pieds. Heureusement, je connaissais par cœur ce chemin que j'avais tant de fois emprunté, même si je n'avais aucune idée d'où je me rendais. J'avais seulement envie de marcher.
« - Un... Un fantôme ?! entendis-crier alors que je me rapprochai.
- Pas encore, soufflai-je à la jeune fille que je rencontrai.
- Oh, professeure, c'est vous ? »
Qui voulait-elle que ce soit d'autre ? Il faisait très sombre, mais quand même, et j'osai espérer ne pas encore ressembler à un fantôme, même si j'en prenais les habitudes. Mais je me demandais ce que la Cerf-d'Or pouvait bien fait si tard dans des endroits déserts du monastère. Enfin, peu importait, ça ne me regardait pas.
« - Je... Je me rendais au réfectoire, j'ai oublié quelque chose là bas.
- Très bien, alors bonne soirée, Lysithea.
- Ah, euh, oui. Bonne soir... A- Attendez ! »
Nom de Dieu, que me voulait-elle ? N'avait-elle pas quelque chose à aller chercher plutôt que m'ennuyer ? Je me retournai sur la jeune fille, dont les yeux étaient écarquillés.
« - Vous ne demandez pas à m'accompagner ? Enfin, c'est juste que les autres me proposent toujours d'habitude, ils pensent que... hésitait-elle. Peu importe, en fait, euh... Je pensais qu'on pourrait peut-être discuter ?
- Avez vous une idée de l'heure qu'il est ? »
Je soupirais. Pourquoi voulait-elle soudainement discuter alors qu'on ne s'était jusque là jamais croisé. Enfin, sauf la fois où je l'avais espionnée, elle et la future impératrice. Ah... Je tiquais, c'était peut-être l'occasion que je recherchais. Non, non... Je devais me raisonner, et arrêter de me mêler d'histoires qui ne me regardaient pas.
« - Très bien, si il le faut, me résignai-je.
- Ah ? Vraiment ? »
Mais pourquoi avais-je accepté ? Maudite curiosité. La magicienne semblait cependant rassurée, elle avait en tout cas cessé de trembler. Peut-être qu'au fond, je voulais juste l'aider. Ah.. plus le temps passait, plus je devais admettre de moins en moins me reconnaitre. Moi qui ne me souciais généralement guère des autres, volais maintenant au secours de jeunes filles en détresse. C'était vraiment risible. Surtout dans ces conditions.
« - Du gâteau ?
- Pardon ? »
Je n'arrivais pas à en croire mes yeux maintenant que je voyais la jeune fille enfoncer allégrement sa cuillère dans la pâtisserie qui semblait contenir plus de sucre qu'il n'en fallait pour tuer quelqu'un. Et ce n'était pas sa première part. Je me demandais d'ailleurs d'où pouvait bien sortir celle qui trônait dans l'assiette posée devant moi. Quand était-elle arrivée là ? On était vraiment venue ici pour ça ? Je soupirai, mon attention s'égara.
« - Ce n'est pas leur couleur naturelle, fit la plus jeune étudiante en s'essuyant la bouche alors que mon regard l'interrogeait. Mes cheveux, vous ne cessez de les fixer.
- Vous avez remarquer.
- Est-ce qu'Edelgard vous en aurait parler ?
- Non, rien ne vous concernant. »
Sauf son attrait pour les sucreries que je pouvais maintenant constater. Mais apparemment, elle et la déléguée avaient plus d'une fois discuté.
« - Je suis surprise qu'elle se soit confiée à vous sur son propre passé.
- Vous le savez ? l'interrogeai-je.
- Vous ne me fixeriez pas ainsi sinon. »
Elle n'avait pas tort. Après l'avoir vu avec la future impératrice, je n'avais cessé de me questionner. Et ses cheveux n'étaient pas sans me rappeler la nuance particulière d'une certaine souveraine de l'empire...
« - Vous chaver, fit-elle en avalant un indécent morceau de gâteau. Je suis née avec une maladie rare, et mes parents, désespérés, ont cherché tous les moyens pour me soigner. Vous n'imaginez pas le nombre de drogues et de substances qu'ils ont pu faire tester. Et un matin, mes cheveux étaient devenus blanc. »
Cette histoire me faisait familièrement penser à celle de quelqu'un. Y avait-il des personnes dans ce monastère, dont le passé n'était pas aussi tragique ? Je commençais à en douter.
« - Mais je ne leur en veux pas, je peux comprendre leur désarrois. »
Des parents qui ne pensaient surement qu'à sauver la vie de leur enfant. Même moi, pouvait comprendre. Des gestes désespérés de la part de personnes désemparées.
« - Je me demande cependant pourquoi Edelgard a choisi de tout vous raconter. »
J'aurais certainement pu lui poser cette même question, mais je trouvai les réponses seule. Derrière cette attitude arrogante de future impératrice, froide et presque parfois sans cœur, l'Adrestienne ne pouvait s'empêcher d'aider les autres. J'en arrivai presque à la conclusion qu'elle ne pensait pas assez à elle-même, malgré la force de ses convictions. Même quand elle n'était pas là, l'aigle ne cessait de me surprendre. Peut-être était-ce aussi cela, que j'affectionnais chez elle.
« - Pourquoi me raconter tout ça, Lysithea ?
- Je ne sais pas. Si Edelgard s'est confiée à vous, c'est qu'elle vous fait assez confiance pour ça, alors je peux surement en faire autant. »
Elle me faisait confiance, hein ? En d'autres circonstance, j'aurais surement sourit en entendant ces mots.
« - Et puis de cette façon, vous n'aurez plus à nous espionner. »
Ah... Ca aussi, elle l'avait remarqué. Je me demandais bien ce qu'elle avait pu penser, mais le regard que je voyais maintenant ne me donnait absolument pas envie de lui poser la question. Sans doute que je n'avais pas envie d'en entendre la réponse.
« - Vous pouvez l'avoir, si vous voulez... lui soufflai-je alors que la jeune biche ne cessait de fixer mon assiette.
- Hein ? Mais qu'est-ce que vous croyez ? Enfin... Je le prends quand même. »
Cette petite était vraiment amusante. C'était agréable de découvrir d'autres élèves que ceux avec qui je passais habituellement mes journées. Sa personnalité était plus qu'attachante, je devais bien l'avouer.
« - Est-ce que vous avez entendu ?
- En.. Entendu quoi ?! »
La plus petite lâcha son gâteaux alors que je me dirigeai vers le comptoir d'où il m'avait semblé entendre un bruit. Je mis la main sur le pommeau de mon épée, prudence obligeait, avant de passer par dessus. Oh, ça aussi, c'était surprenant.
« - C'est n'est qu'un... fis-je en disparaissant derrière le meuble de bois.
- Un- Un quoi ?! demanda la magicienne terrorisée qui n'osait s'approcher.
- Un chat !
- AAAAH ! entendis-je crier. Aaah... ? Un chat ? Seulement un chat ?
- Un chat, répétai-je la petite boule de poils entre les bras. »
J'entendais la bête ronronner. Celle-ci semblait s'être aventurée pour trouver quelque chose à manger. Et Lysithea, elle, semblait se décomposer. Cette dernière sursauta quand se mit soudain, seule, à bouger, la poignée de la porte sur des sons peu familiers.
« - Qu- Qu- Qu'est-ce... essayait-elle d'articuler. »
Alors encore une fois, je m'approchai, pour ne pas qu'elle ne se mette à finalement hurler. Je posai ma main sur la poignée, avant d'ouvrir presque violement la porte.
« - AAAAH ! Un... Un... Fantôme ! entendis-je devant moi.
- F- F- Fantôme ? Balbutia la cerf d'or la bouche ouverte avant de ne plus du tout pouvoir bouger. »
Ah. Je pouvais presque voir son âme s'échapper. Son cerveau avait déconnecté. J'agitais une main devant son visage sans la moindre réaction. Tant pis. Je me retournai ensuite vers la porte maintenant ouverte, avant de voir le garçon allongé par terre. Le lionceau dont les cheveux étaient de la couleur de l'argent était surement tombé de peur à la renverse lorsque j'avais ouvert la porte.
« - Oh... s'étonna-t-il. Mais vous n'êtes pas un fantôme ? »
Avaient-ils tous décider de s'allier pour me vexer ?! Ou bien mon apparence laissait-elle si peu à désirer ? C'était à peine croyable.
« - Que faites vous ici, Ashe ? Interrogeai-je le nouveau venu.
- Je cherchais juste ce... chat... Lorsque j'ai entendu du bruit, ha ha, riait-il maintenant. Et j'ai cru que vous étiez...
- Inutile de le répéter, le coupai-je contrariée. »
Décidément, il n'y en avait pas un pour rattraper l'autre. Il n'aurait plus manqué que Bernadetta à ce joyeux trio pour qu'il soit au complet. Chaque maison avait donc son froussard, pensais-je. C'était assez rassurant.
« - Bon, je retourne aux dortoirs, donc à moins de vouloir rester ici... soufflai-je agacée.
- On vient ! répondirent les deux élèves à l'unisson. »
Comme je m'en étais doutée. C'est ainsi que je raccompagnai le lion et la biche jusque devant les chambres où je les abandonnai. Décidemment, en plus d'être professeure, voila que je devais jouer le rôle de baby-sitter. Je n'avais vraiment pas imaginé que j'aurais eu à faire ce genre de tâche en venant dans cet étrange monastère. J'avais déjà tellement à faire avec mes propres élèves, que je devais m'occuper de ceux de mes collègues. Peut-être que je devais cesser de sortir la nuit pour m'éviter ce genre de soucis. Ma foi, d'une certaine façon, cette soirée particulière avait été amusante. Je n'aurais jamais imaginé croiser ces deux élèves ici.
Il se faisait maintenant encore plus tard, mais l'envie de dormir n'était toujours pas au rendez-vous. Je profitai de nouveau d'être au calme pour finir ma balade nocturne pas très loin des jardins. Je remontai ceux de l'aile Ouest, passai devant l'Académie des Officiers. Je voyais le grand étendard dorée, sur le mur de la première salle de classe que j'observai. Ensuite le drapeau bleu saphir, jusqu'à apercevoir la bannière vive de couleur vermeille assombrie par la nuit de celle à laquelle j'appartenais. C'était étrange, les lumières y étaient encore allumées.
Je m'avançai, sur mes gardes, dans la grande salle qui était encore occupée. Qui pouvait bien s'y trouver à cette heure-ci ? Tous les élèves s'étaient-ils donner le mot pour sortir cette nuit ? Et puis, alors que je me rapprochai, mes yeux s'agrandirent.
« - Edelgard... ? chuchotai-je avec surprise. »
La jeune femme était avachie à une table, les bras croisés sur des livres en pagailles sur lesquels elle semblait s'être endormie. Que pouvait-elle bien être venue faire là ? Son visage était si paisible, alors que j'entendais sa respiration s'échapper lentement de ses lèvres entre-ouvertes.
« - Edelgard... répétai-je doucement à son oreille, la main sur son épaule. »
Lentement, ses yeux commencèrent à s'ouvrir pour ensuite se refermer, et tenter de s'ouvrirent à nouveau. J'avais du mal à me détacher de son expression à la fois perdue et innocente, bien loin de celle que se forçait d'afficher la future impératrice.
« - Byleth... »
Mon cœur cogna presque violement dans ma poitrine à l'appel de mon nom. Surtout prononcé sur ses lèvres. J'en eus un geste de recul avant que l'aigle endormi ne se réveille enfin. J'en avais perdu mon sang-froid et mes mots.
« - Professeure ? s'étonnait la souveraine. Que faites vous ici ?
- C'est plutôt à moi de vous demandez ça. »
L'aigle balaya la pièce, regarda devant elle puis sous ses mains. Elle feuilleta rapidement les quelques feuilles volantes à moitié froissées. Comme pour elle-même se souvenir de ce qu'elle faisait ici.
« - J'étais seulement venue réviser, mais je crois bien m'être endormie. »
Non, vraiment ? Elle croyait bien, en effet. Elle n'avait absolument aucune idée de l'heure qu'il était. La pauvre, avait surement voulu rattraper tout le retard qu'elle pensait avoir accumulée pendant cette semaine passée à se reposer. Elle n'en avait pourtant pas besoin, et le cas échéant, aurait pu le faire dans sa chambre. Je soupirais, elle était vraiment agaçante à ne jamais rien écouter.
« - Je vous avais pourtant dit de vous ménagez, soufflai-je contrariée.
- Désolée, c'est juste que...
- Vous n'avez aucune excuse, rétorquai-je. Maintenant, allez vous coucher.
- Me donneriez-vous un ordre, professeure ? s'étonnait la jeune femme.
- Si il le faut.
- Dois-je vous rappeler qui je suis et ce à quoi je prétends ? s'amusait maintenant l'Aigle de Jais.
- Ce sera inutile, future impératrice. »
Je m'approchai pour fermer les vieux livres encore ouvert devant elle, pour bien lui faire comprendre que c'était assez. Je n'en avais apparemment pas encore finit pour cette nuit de devoir les materner. Tout cela ne me ressemblait pas, mais vraiment pas.
« - Vous savez, j'ai parfois du mal à réaliser que vous ne soyez que de trois années mon aînée. Et à d'autres moments, j'en oublie même que vous êtes mon professeure. »
Que racontait-elle maintenant ? Etait-elle vraiment réveillée pour dire ce genre de chose ? Elle ne pouvait pas se le permettre. Non, pas cette nuit, pas à cette heure-ci, et pas ainsi. Je n'arrivais plus à trouver la force, pas devant ses yeux ébahis. C'était si difficile.
« - C'est pourtant ce que je suis, articulai-je. Seulement votre professeure. »
Ses lèvres s'étirèrent sur cette réponse qu'elle avait devinée avant même que je ne l'eus prononcée. Edelgard était loin d'être stupide, elle savait ce que tout cela signifiait. Mais cette réponse, c'était la seule que j'étais capable de lui donner.
« - Edelgard, l'appelai-je alors que la jeune souveraine s'apprêtait à quitter la salle de classe. Les sentiments que vous avez pour moi, continuai-je. Vous devez les faire taire. »
Je l'entendis soupirer, résignée, sur la dureté de mes propos, mais son sourire ne s'effaça pas, bien au contraire. Elle me fixa une dernière fois de cette façon qui aurait pu avoir raison de moi.
« - Et vous, professeure, en serez-vous seulement capable ? »
Et sur ces paroles qui m'achevèrent, l'Adrestienne quitta enfin la pièce me laissant seule, et presque amère. La main sur mon visage, je devais me forcer, masquer cette bien triste réalité. Je ne pouvais faire autrement.
Que de tuer ces sentiments.
