Salut !
Je bosse sur un OS, je n'ai pas pu prendre d'avance sur Ailes Impériales ! D :
Mais bon, je me suis engagée à livrer un chapitre par semaine. Du coup voilà.
J'ai le cul bordé de nouille, pour ceux qui connaissent FEH, y'a une bannière qui est sortie avec Julia en 5*. Le seul personnage que je voulais, et je l'ai eu sur l'invocation gratuite ! Ahahahah !
Bref, revenons en à ce chapitre. Loin d'être mon préféré, j'espère qu'il saura vous plaire !
LDT : Ah que re-re-re coucou Patrick ! *fait de grand signe en agitant les bras dans son pull Pikachu* Bravo ! Apprends à l'aimer ! Un pas à la fois ! Ahah, décortiquons les titres, c'est assez drôle ! J'attends donc l'analyse de celui-ci ! ) Bon, c'était pas trop une surprise ! Enfin, un peu quand même, on pouvait imaginer des choses... Peut-être pas ça. Un très sincère merci pour tes compliments. J'ai mis toute mon âme et tout mon coeur dans le dernier chapitre, j'ai passé un nombre d'heures incalculable dessus, je voulais qu'il soit beau. Simplement beau. Et si j'ai réussi à te « convaincre » et à faire tambouriner ton petit coeur dans ta poitrine ! Je suis ravie, mission accomplie ! Ah, la dernière phrase (sacrées dernières phrases), celle qui en dit tant et en même temps pas assez ! )
Tonton Jojo : Toi et les pop-corns... xD Evite d'en mettre sur ton téléphone ou ton PC ! Merci ! je suis contente que tu ais trouvé cette scène mignonne ! Tu te souviens « bon j'ai 1000 mots et elles sont toujours pas à poil » *décède* xD Oh, les lèvres d'Edelgard... *bave* Non non, je ne dois pas divaguer ! D :
Eatoce : Merci ! Ohlala, tous ces compliments me flattent ! Je suis super contente que mon chapitre t'ai fait cette effet ! J'ai passé tellement de temps à essayer de le rendre « beau » xD Je voulais vraiment montrer Edelgard telle qu'on la ressent au travers du regard de Byleth, dans le jeux, mais aussi dans ma fiction, où Byleth est très différente. Ah oui, première fois ? Et bien, je suis contente qu'elle t'ait plu ! Très sincèrement, j'avais un peu peur des réactions des lecteurs ahah ! Merci à toi !
Angels-Sama : Pourquoi vouloir attendre ? Oui ! On peut dire que El a été patiente et persévérante ! Je pense que sans ça, Byleth n'aurait jamais « assumé » ou « oser » même si c'était surement pas l'envie qui lui manquait. Au delà de la tension psychologique entre elles, il y avait aussi beaucoup de tension « physique ». Yes, je vais écrire la confrontation Jeralt Byleth dans mon « prochain » chapitre, le 34 ou 35, je crois !
Lucina : Je pense que ce chapitre va te faire plaisir ) En tout cas merci pour ton compliment. le chapitre était court oui, mais la scène obligeait. Je ne voulais pas faire un long chapitre juste pour faire de la longueur, car ça aurait surement gaché la beauté que j'ai essayé de mettre dans ce texte !
MacHellia : Je suis contente de te trouver régulièrement ici. Je t'avoue que ton avis compte beaucoup xD (surement parce que je trouve ta plume magnifique). Merci à toi, oui, El est fragile, à mes yeux, et même dans le jeux, elle le dit elle même. Et bon, je voulais faire ressortir le fait que c'est « juste une femme » au final, comme toutes les autres, avec un passé, avec des doutes, des peurs, et des douleurs. Alors j'avais peur que ça fasse rapide, comme tu dis, mais d'un autre côté j'ai essayé de faire ça assez « réaliste » par rapport à la tension que les deux avaient l'une pour l'autre durant toute l'histoire. Pour l'initiative, on peut partir que c'était une « décision » commune, qui faisait surement suite au baiser passionné échangé sur le terrain d'entraînement. Mais influencé par Byleth, probablement, qui malgré qu'elle ne connait rien à l'amour et aux sentiments humains, à plutôt l'air de « savoir » ce qu'elle fait (même si au final, elle ne sait pas). Mais ainsi ca faisait ressortir le sang froid de By' et la fragilité d'El. La pauvre Byleth oui, elle est bien occupée entre Sothis, El et Rhea... Et c'est pas les seules personnes qui vont venir l'embêter ! Merci à toi pour tes review !
Sur ce, enjoy ! Et désolée pour les fautes !
Chapitre XXVII - Teinté de la Couleur du Jade
L'aube se levait sur demain. J'avais manqué de prudence, grossière erreur. Quel euphémisme. En plus, je tombais de fatigue. Mais quoiqu'il en fusse, j'avais des cours à dispenser, je devais me préparer. Je ne mis pas longtemps à trouver mes vêtements, éparpillés. Rapidement, je m'habillai, avant de saisir ma cape sombre que j'accrochai sur mes épaules. Elle sentait son parfum, mais je prenais le risque.
Je me dirigeai vers l'académie des officiers, seule, jusqu'à croiser, évidemment, la future impératrice et son ombre, que je saluai. Mon regard ne s'attarda pas plus que ça sur sa personne, si sur celle du vassal, d'ailleurs, alors que j'accélérai le pas. J'étais la première à entrer. Je vis les deux s'installer au premier rang, comme d'habitude, avant que n'entre un à un, le reste de mes Aigles de Jais.
Quelques heures passèrent, sur le silence de l'examen que j'avais une semaine avant préparé. Caspar ne cessai de se frotter la tête, il ne pouvait pas cacher que la théorie l'ennuyait. L'histoire de la famille impériale faisait pourtant partie du programme, et ses cheveux bleu-ciel, maintenant désordonnés, me firent comprendre qu'il n'avait pas plus que ça réviser. Je jugeais pourtant la tâche facile, car tous ces fils et ces filles appartenaient à des familles du territoire de l'empire. Petra prenait son temps, semblant réfléchir à chaque mot qu'elle allait employer, le Fódlien n'étant pas sa langue natale, elle savait les efforts en plus que cela nécessitait. Je me levai, marchai entre les différentes rangées, les observai. Le magicien aux cheveux couleurs sapin s'était une fois encore assoupie, mais je savais sa copie déjà remplie. L'écriture de Dorothea était agréable à lire, les boucles de ses lettres parfaitement arrondies reflétaient sa féminité jusque dans sa façon d'écrire. Ferdinand avait ce grand sourire, fils du Duc d'Aegir, premier ministre de l'empire, il connaissait sans doute l'histoire de son pays par cœur. J'avais hâte de lire son point de vue sur la question, même si j'allais devoir faire abstraction des révélations de la princesse sur sa famille. Nombre de ces descendants de noble connaissait surement les récits de l'empire, contés de façon à les embellir. Je passai aux côtés de Flayn, les yeux sur sa copie, dont la note serait surement à la hauteur de son application pour mes cours. Bernadetta elle, rédigeait tant bien que mal, cachée sous sa table, ses quelques notes au sol. Je n'allais pas l'en empêcher, si ça pouvait lui permettre de mieux se concentrer. Je retournai à ma place quand bientôt se leva, l'héritier du marquis von Vestra. Il semblait avoir déjà fini alors qu'il me tendait la copie, du bout de ses doigts froids. Et je ne parlais bien évidemment pas de la chaleur de sa peau.
Mon regard s'attarda sur la souveraine, plus qu'il ne l'aurait du, alors que se perdait déjà sur ses cheveux, les pensées de notre douce soirée. Je me secouai la tête. Je devais faire fi de tout ceci, ce n'était pas le moment, et surtout pas ici. Son sourire s'étira sans raison sur ses lèvres, sans que sa tête ne se relève, elle avait remarqué. Si j'avais eu peur un instant que son comportement ne nous trahisse, je devais certainement faire plus attention au mien, car la princesse savait rester elle-même, parfaite future impératrice.
Quand vint enfin l'heure de la pause déjeuner, je préférai m'abstenir. Que pouvais-je bien faire de ce temps à tuer, si ne c'était que je ne voulais me retrouver, entourer de tous ces gamins. J'avais d'autres choses à penser. Je feuilletai les pages, une à une, peu encline à corriger ces copies, mais cette tâche aussi m'incombait. Je pris ma plume et ainsi commençai cet interminable travail. Je luttai avec moi-même pour ne pas m'endormir, lisant les récits de la famille impériale contés de ces huit différentes façons, pour finir par sa copie que je m'étais réservée, mise de côté. De toutes les façons de le raconter, c'était bien celle-ci qui m'intéressait. Et pourtant, je savais devoir rester impartiale. Je fus plus que surprise de la façon dont étaient narrées, ses connaissances de l'empire, alors que les mots qu'elle employait reflétaient parfaitement ceux des bouquins dont je m'étais servie. Même à travers ses écrits, elle portait donc ce masque. En fait, je n'étais guère étonnée. Comme si elle allait se confier dans un devoir sur lequel elle serait noté. Ni même ailleurs. Mes yeux remontèrent sur le haut de la copie, où ils s'y attardèrent. Edelgard von Hresvelg. Même son nom presque imprononçable sans gaffer me rappelait ce moment partagé. Je soupirai, j'étais certainement bien fatiguée. J'avais décidé de leur laisser l'entraînement libre pour l'après-midi, jugeant ma présence pas toujours nécessaire, bien au contraire. Et puis, sous l'œil de leur déléguée, ils étaient déjà suffisamment encadrés. Quant à moi, mes paupières se fermèrent, peut être que pour quelques minutes, je pouvais m'y autoriser.
« - Et bien, tu te montres enfin ! »
Je me retrouvai de nouveau devant ces marches, ces mêmes marches, si hautes, dans cette sombre atmosphère. Il ne faisait aucun doute que je m'étais endormie, et que je faisais encore ce rêve. Quel étrange rêve.
« - Comment peux-tu affirmer qu'il s'agisse seulement d'un rêve ? »
Les paroles de cette gamine aux yeux émeraudes me laissaient plus que perplexe. C'était comme si ce songe reprenait là où il s'était arrêté, pire encore, comme si elle m'y avait attendu. Mais ce n'était pas possible, si ?
« - Cet endroit... soufflai-je alors que j'avais l'impression de me parler bêtement à moi-même.
- Ce lieu sacrée n'être autre que celui de mon tombeau. »
Un tombeau ? Seigneur, devenais-je folle ? Etais-je vraiment en train de parler avec une fille que je n'avais jamais vu ? Qui n'existait sans doute même pas ? Et qui plus est, déjà morte. Oui, je perdais surement la raison.
« - Tu n'es pas folle, ou du moins, pas encore. »
Ah. J'avais oublié, le temps d'un instant, qu'elle pouvait lire dans mes pensées.
« - Tu ne comprends toujours pas ? »
Je soupirai sous ses airs agacés d'enfant un peu trop gâtée. Le visage sur le dessus de sa main, son regard me toisait.
« - Même un rocher dévalant une pente ferait preuve de plus de jugeote. »
Comment une personne que j'étais en train d'inventer pouvait oser me parler ainsi ? C'était à peine croyable. Non, ce qui n'étais pas croyable, en fait, était ce rêve, dans sa globalité.
« - Qu'est-ce que je fais ici ?
- Tu connais déjà la réponse, il te suffit simplement de l'accepter.
- Et qui es-tu ?
- Ah ! Tu poses enfin la question ! Je suis... »
Il fit soudainement noir alors que je peinais à entendre le reste de sa phrase, je sentis seulement mon corps, lentement secoué, accompagné d'une agréable chaleur, et d'une délicieuse odeur. Celle-ci ne venait définitivement pas de ce rêve.
« - ... Sothis, murmurai-je »
Mes yeux s'agrandirent sur les prunelles lavandes qui me fixaient, m'interrogeaient alors que doucement, je m'éveillai.
« - Que venez-vous de dire ? »
Alors je m'étais vraiment endormie, et dans ma salle de classe. Quelle image de mentor pouvais-je renvoyer si mes élèves me trouvaient ainsi ici. Je reprenais doucement mes esprits. Par chance, ce n'était qu'Edelgard. Enfin, que, n'était peut-être pas le mot approprié pour considérer la jeune fille qui me regardait maintenant d'une bien étrange manière. J'aurais tenté ma chance sur le sentiment de surprise, mêlée à la consternation, avec un soupçon de jugement. Ces yeux là pouvaient se faire si froids.
« - Edelgard ? »
Un silence gênant s'installa, pendant quelques secondes, qui parurent durer plusieurs minutes. Pourquoi me fixait-elle ainsi ?
« - Vous avez... perdait-elle ses mots. Peu importe. Vous ne devriez pas vous endormir en classe, me réprimandait-elle maintenant.
- Vous osez me dire ça ?
- Ce n'était pas en pleine journée. Que penseraient les professeurs, les chevaliers ? Ou même Rhea ? Cette académie a une réputation à tenir. »
Quelle mouche l'avait piqué pour réagir de cette façon ? Non, peut-être qu'elle avait juste toujours été ainsi, en fait. J'avais presque oublié ses manières de faire la morale en permanence. Qu'est ce que cela pouvait bien lui faire, à elle, si on me prenait à dormir ainsi. Elle avait certainement raison, dans le fond, mais ça ne la concernait pas, et sa réaction m'exaspérait.
« - Rhea. »
Je ne fus capable que de répéter ce prénom, lorsque le regard d'Edelgard se figea, encore une fois. Rhea. Je devais aller la voir.
« - Je dois m'entretenir avec l'Archevêque, fis-je en me levant précipitamment sous le regard consterné de la future impératrice.
- Pardon ? Sont-ce là des manières ? s'étonna-t-elle en me retenant par le bras. »
La sensation de ses doigts sur ma peau, même à travers ses gants, me fit l'effet d'une décharge électrique. C'était comme un rappel à l'ordre. Pendant une seconde, j'eus presque l'impression de voir son visage sous la surprise de son propre geste. Presque. Car elle n'essayait même pas de cacher ses jugements à mon égard. Etait-ce du mépris, qui teintait maintenant ses yeux ?
« - Pardonnez-moi. »
Ses doigts se recroquevillèrent devant ses lèvres. Elle semblait un peu perdue, même égarée.
« - Edelgard ? Est-ce que tout va bien ? m'inquiétai-je.
- Oui, se contenta-t-elle sans même me regarder. J'ai aussi à faire avec l'archevêque, alors, si vous permettez. »
Je vis ses cheveux se soulever, se cape vermeille onduler alors que l'aigle me dépassait, me laissant dans l'incompréhension la plus totale. Je n'étais pas idiote, quelque chose la contrariait. Je me pressai afin de la rattraper avant qu'elle n'eut le temps de franchir la porte de la classe. Il aurait été plutôt gênant de devoir expliquer aux élèves dehors pourquoi je courrais derrière la princesse. Et puis, nous nous rendions apparemment au même endroit.
Le temps du trajet, l'héritière ne m'adressa pas un seul regard. Pire encore, c'était comme si elle ignorait ma présence. Elle était peut-être préoccupée, mais je ne supportais pas ce genre de caprice, encore moins venant d'elle. Un comportement plus qu'immature pour une souveraine.
« - Je m'étonne de vous savoir avoir à faire avec Rhea.
- Et moi de votre indiscrétion.
- Vous ne m'en direz pas la raison, affirmai-je en ignorant sa précédente remarque. »
Le silence qu'elle gardait ne m'agaça qu'un peu plus alors que trouvai les réactions de la jeune femme plus qu'insupportables. Et je n'avais encore rien vu.
« - Je vous ai connu bien moins loquace, professeure. »
Osait-elle vraiment se comporter ainsi ? Pour qui se prenait cette petite prétentieuse maniérée ? Fille de l'empereur ou roturière, plus rien ne l'excusait. Mais ce n'était ni le lieu, ni le moment, pour lui faire ravaler cette fierté alors que l'on se trouvait déjà devant les portes de la grande salle d'audience. Celles-ci s'ouvrirent sur la grande dame, comme si elle nous attendait.
« - Professeure, me salua-t-elle en premier lieu, son sourire étiré jusqu'aux oreilles. Edelgard, reprit-elle ensuite. Je ne vous attendais pas si tôt.
- Si son Altesse Impériale souhaite être reçue, je saurais patienter.
Les deux femmes eurent exactement la même expression dans leurs yeux alors que je venais de manquer cruellement de professionnalisme. Ca ne me ressemblait guère. Etait-ce mon appellation de l'héritière ? Ou bien l'intonation que j'avais employée ? Merde. Je devais vraiment regagner mon sang-froid, mais cette gamine me faisait perdre patience.
« - Ca ira, professeure, je peux attendre également. »
On distinguait bien la noblesse de madame dans sa façon d'éloquer, quand moi ne savais apparemment plus faire preuve d'autant de retenue. Je devais avouer avoir les nerfs plutôt à vif. Entre le manque de sommeil et l'égo de la princesse, je ne savais plus où donner de la tête. Sans oublier les cours, les entraînements, ainsi que... Je me fis silencieusement violence pour garder le semblant de lucidité qu'il me restait.
Nous avançâmes dans cette pièce plus que somptueuse dont le soleil venait se réfracter sur les nombreux vitraux, donnant des reflets presque arc-en-ciel sur les pavés. Rhea m'emmena dans une salle beaucoup plus petite, un peu à part. La pièce était simplement aménagée. Un écritoire sur lequel étaient méticuleusement rangés toutes sortes de documents, une plume qui trempait dans un réceptacle d'encre fraiche. Je devinai son bureau. Elle me fit m'asseoir à l'opposé, sur un des deux canapés qui se faisaient face de part et d'autre d'une table basse.
« - Voudriez vous que je nous fasse préparer du thé ?
- Sans façon, refusai-je poliment. »
Je devais rester sur mes gardes face à cette femme. Qui savait de quoi elle était réellement capable. Peut-être voulait-elle glisser quelconque substance dans son thé, pour me faire parler, ou me laver le cerveau d'une façon ou d'une autre. Ou pire ? Pour l'avoir rejeté, peut-être était-elle même prête à m'empoisonner. Non, à bien y réfléchir, cette tâche était celle que se réservait Hubert. Je devais cesser de divaguer.
« - Sothis, me contentai-je. »
Rhea n'était même pas surprise au seul fait que j'évoque le nom d'une gamine qui n'existait que dans ma tête. En tout cas, c'était ce dont je m'étais persuadée. Elle n'avait même pas levé un sourcils. Elle savait exactement de quoi j'étais en train de lui parler.
« - La Déesse, disparue jadis... murmurait-elle comme si elle s'apprêtait à me conter une histoire pour enfant qui durerait des heures. »
Une déesse, hein ? Comment la petite peste que je voyais lorsque je fermai les yeux pouvait-elle être une déesse ? Elle ne devait même pas faire un mètre vingt, les bras levés. Et puis, sa façon de s'adresser à moi n'était pas ce que je considérais être approprié pour une divinité.
« - Son sang coule à travers moi, mais aussi à travers vous. »
Ah. Je n'étais pas certaine d'avoir envie d'entendre la suite de cette histoire. Je ne me sentais absolument pas concernée par tout ceci, bien au contraire. Des descendants de la Déesse... Quelle plaie.
« - Je veux seulement savoir comment faire cesser ces visions, expédiai-je.
- Vous ne pouvez pas. »
Rien que ça. Comme si j'allais laisser une satanée Déesse m'empêcher de dormir tranquillement, elle, ou quelqu'un d'autre d'ailleurs. Peu importait Déesse ou divinité, personne ne me dictait la façon dont je devais vivre. Les seules décisions que je prenais étaient les miennes.
« - La Déesse ne se manifeste jamais sans raison, vous devez l'accepter, mais surtout l'écouter. »
Et puis quoi, encore. Après ça, elle allait me dire que je devais fusionner avec, ou quelque chose dans ce genre là ? Lui faire une place dans ma tête, et dans mon cœur ? Elle avait déjà réussi pour le premier, devais-je avouer. Ca n'avait vraiment aucun sens. Plus que ça, au fur et à mesure que l'archevêque parlait, je commençai à douter de sa propre santé mentale. Et pourtant, tout semblait tellement logique. Fatalement logique. Je soupirai. J'étais venue pour avoir des réponses, pas pour me faire endoctriner.
« - Chère enfant, je sais tout ceci pénible pour vous. »
Et ce n'était qu'un euphémisme. Je fermai les yeux, un instant. Tout était tellement compliqué. héritière de la maison Astrea, et maintenant ça... Je sursautai, depuis quand Rhea était-elle assise à côté de moi ? Mon corps se figea. Je n'étais plus capable du moindre geste. Je vis sa main se levée, à en partie gantée d'un blanc immaculé, et ses doigts approcher. J'écarquillai les yeux lorsqu'ils se posèrent sur ma joue, m'enveloppant d'un doux voile de chaleur. Ma tête me disait de me méfier, mais mon cœur tapait si fort dans ma poitrine que je n'arrivai plus à l'écouter.
« - Vous lui ressemblez tant... »
Mon souffle se coupa, ma respiration se bloqua. Je me souvins seulement de la couleur de jade devant mes yeux devant lesquels, le monde entier s'effaça. Ca, et ses bras qui tendrement m'enveloppèrent. La légèreté et la sérénité, et ce sentiment de ne plus exister. Je ne sus d'ailleurs pourquoi mes mains s'agrippèrent dans son dos, froissant ses belles dorures. Je me souvins seulement du vide, cet immense vide, maintenant comblé, et cette envie de hurler.
La chaleur de son cœur teintait celle de mon âme.
