Bijour tout le monde !

Bon, comme je dois poster tous les vendredi, chose promise chose due. Parcontre je suis qu'au début de mon prochain chapitre d'avance (pour toujours en avoir 6). J'avoue qu'avec l'écriture et la publication de mon OS en début de semaine j'ai pris un peu de retard.

Pour la review des review (vous êtes 8 à avoir commenté, olala, un grand merci !):

Mijoqui : *fait coucou aussi* Ah mais les review live c'est trop cool ahah ! *clin d'oeil clin d'oeil* Oh avoue c'est joli comme début de chapitre ! xD L'amour rend parano, surtout dans l'illégalité xD J'arrive à le pronnoncer correctement moi maintenant, ca va en fait. Nous défendrons Sothis coeur, corps et âme ! (je prend son corps xD) ahahah ! Très convainquant ! Non mais le thé c'est une grosse blague dans ce jeux xD

LDT : re re re re re coucou Patrick ! *compte si y'a assez de re* Ah, la couleur du jade, ahahah ! Ici, cela faisait bien référence à Rhea ! J'aime les phrases toutes belles ahah ! AAAH L EMPIREEEEE ! EDELGARRRRD ! Hresvelg ! HREEESVELLLLLG ! AAAH ! Oui cache là bien, cette théorie foireuse xD Non mais ! Et bien, je lui ai emprunter des phrases du jeux parfois ! xD Et oui, c'est El qui arrive, qui cela pouvait il etre ? Et byleth qui pronnonce le nom de la déesse... Ca a de quoi déplaire à El ! xD Oh mais Rhea est trop cool pourtant ! xD Moi je l'adore ! A tout bientôt !

Angels-sama : Edelgard fait pas la « tête » mais est passé sur la défensive parce que elle entend Byleth dire « Sothis » alors qu'elle est pas du tout censé être informé par tout ce qui est religion. Enfin surtout là, elle en rêve, donc Edelgard se méfie un peu xD

Zergath : Ahahah, j'ai finalement pu aller aux 40 pour avoir Corrin ! xD Et j'ai eu une deuxième Julia sur la route xD Ah mais Byleth ne s'encombre de rien, c'est aussi ça que j'aime chez elle ! xD

Eatoce : Je me suis demandée comment représenter aux mieux tout le monde xD Ah elle veut pas la favoriser, mais je pense que c'est difficile de faire abstraction ! C'est ça, El n'a pas apprécier entendre le nom de la Déesse sortir de la bouche de la mercenaire, pas comme ça et pas ainsi. Ah mais je supporte pas les trucs cucul donc j'allais pas faire ça ! Byleth n'a encore rien vu, je pense, peu à peu, Rhea se fait un petit chemin... elle sait être influente...

Lucina : Encore un super merci ahahah ! Oui tu as vu, Sothis fait des apparitions ! xD Dire que je l'ai ajoutée juste pour toi a l'origine, et au final c'est au top !

MacHellia : Byleth est vraiment sans gêne hein ! *tape sur byleth* Surtout après sa nuit avec El, elle a vraiment osé parler de la Déesse, pour ensuite aller voir Rhea... Hmmmm. El est surement plus habituée à faire semblant que Byleth qui n'en a jamais eu besoin. Ah j'aime le fait que tu dises que Byleth est « sous le charme » de Rhea car c'est comme ça que je le vois, même si il y a un lien de parenté, du coup ! Oh, je ne peux rien te dire pour Hubert et Dorothea... Mais l'ombre de l'impératrice n'est surement pas fou.

LCDAH : Tu as trop commenter, je peux pas répondre à tout, je vais donc aller dans les grandes lignes. Dans le jeux a la base Manuela participe pas à cause du fait de s'être fait poignardé par Jeritza, mais là, j'avoue je ne savais pas trop par quoi le remplacer... xD C'est souvent des epreuves comme ça dans les jeux, aussi, quand il faut conquérir un territoire ennemi ! Et donc, les aigles l'emportent ! Mais les Lions se sont bien battus ! Petit détour par la taverne ensuite, et oui, By est un peu entamée par l'alcool, le « ma future impératrice » n'a ainsi échapper a personne ! ahah ! Dans cette fiction El sait que Dimitri est son « frère » par alliance oui. Pour la noblesse très sincèrement je ne me suis pas posée autant de question... xD Je t'avoue que je ne m'y connais pas assez de façon générale ! Alors notre OS et le récital de AI sont totalement indépendants, pas du tout liés xD Bon je t'ai déjà fais la remarque sur le fait que ton chapitre préféré soit celui où y'a pas El... xDD Rhea est bien la mère de Sitri, et donc la grand-mère de Byleth ! :D Et ca en a surprit plus d'un, t'inquiètes ! xD Ah le bal, tu as bien anticipé... et oui C EST LE BUT ! ahahah. Bon après, tu connais ce qu'il se passe je vais pas décrire tout ce que tu me dis xP Et donc le review du dernier chapitre ! Le jade... Claude... Et non xDDD Ca fait référence à Rhea ici, et à la scène finale car quand Rhea enlace Byleth, ses cheveux jades recouvrent ses yeux... Ca et bien évidemment la couleur en elle même de ses Iris. Voila ! Edelgard est possessive, sans doute, mais là ce qui lui a surtout déplu c'est d'entendre « Sothis » de la bouche de Byleth... Mais tu en sauras plus au prochain chapitre !

Voila, merci à tous ! Et bonne lecture !


Chapitre XXVIII - Descente dans l'Arène

Je ne savais définitivement plus quoi penser, alors que l'Archevêque me raccompagnait devant les portes restées ouvertes de la grande salle d'audience. Si j'étais venue avec des questions bien précises, repartais maintenant plus perdue que jamais. Aux réponses à mes questions ne venaient que s'ajouter d'autres questions, dont je n'avais envie d'avoir les réponses. Car plus je savais la vérité se dévoiler, plus je la sentais proche de moi, et moi d'elle. C'était plus fort que moi, et même si ma tête refusait de la laisser entrer, mon cœur, lui, ne pouvait l'ignorer. Par moment, il m'arrivait de le souhaiter arraché de ma poitrine.

Arrivée près de l'entrée, la grande dame s'arrêta pour me regarder. Ses doigts soulevèrent curieusement une des mèches de mes cheveux bleutés, avant que je ne sente son souffle approcher mon oreille.

« - Vous seule pouvez choisir votre destin, mais sachez que pour l'un des deux, je vous accompagnerai tout au long du chemin... »

Quel moment gênant, encore une fois, je me retrouvai paralysée par sa voix. Comment le fait de partager simplement son sang pouvait me mettre dans cet état ? Y croyais-je seulement ? J'allais bien finir par devoir m'avouer douter de moins en moins de son histoire, mais je n'avais pas envie de reconnaitre que sa présence m'inquiétait autant qu'elle semblait me faire du bien. Tellement paradoxale.

« - Quelle délicate odeur... »

Ses paroles me firent cette fois l'effet d'une flèche dans la poitrine. Je ne portais pas de parfum. Mon instinct qui me poussait à m'éloigner de cette femme reprit enfin le dessus, alors que je faisais un pas en arrière. Son sourire s'était tût, mais ses yeux débordaient de spéculation. J'allais devoir me méfier.

Je quittai les lieux en croisant le regard de la future impératrice, qui avait attendu, et qui n'avait sans doute rien manqué de ce spectacle. Peu importait, je passai à côté, et l'ignorai. J'entendis seulement les portes se refermer derrière moi. Je me demandai quel pouvait-être l'objet de ce rendez-vous bien formel.

J'avais maintenant du temps à tuer, et loin de moi l'envie de me retrouver dans des endroits trop fréquentés, je n'eus pas besoin de réfléchir bien longtemps avant de savoir où j'allai maintenant me rendre.

Il faisait bien sombre dans les souterrains qui ne voyaient jamais la lumière du jour. Mes yeux eurent besoin de quelques minutes pour s'adapter à la pénombre, avant que je ne suive machinalement le chemin qu'offraient les quelques flammes des torches aux murs. Je croisai quelques individus curieux, pour la plupart rebus de la société, avant de me retrouver devant les portes de la taverne. Celle-ci était encore presque noire de monde. J'imaginai ces pauvres âmes ne rien faire d'autres de leur journée. Je passai mon chemin, jugeant qu'il était peut-être trop tôt pour ce genre de laisser aller. Je déambulai maintenant dans les couloirs hasardeux labyrinthiques qu'offraient les Abysses. Comment pouvait-on vivre ici en permanence ? Cet endroit empestait la pauvreté et le rejet. Un passage m'emmena un peu plus loin, je découvris ce qui servait notamment de dortoirs. Je revins sur mes pas, tournai en rond, m'impatientai, passai de nouveau devant la taverne, encore, avant de pénétrer dans une salle qui n'était pas sans me rappeler l'une du monastère. Plus petite, et plus modeste. Tous les livres semblaient avoir des siècles, ici, et la poussière ne faisait que trahir le manque d'intérêt de ce peuple pour la culture. Je jetai un œil sur les cotes de quelques bouquins. Beaucoup parlaient de l'histoire de Garreg Mach, de l'Ordre de Seiros, et même du culte de la Déesse. D'autres, encore, étaient témoignage de survivants de la grande guerre entre l'empire et le royaume. Ces ouvrages semblaient bien plus anciens que ceux de la surface, et bien plus rares d'ailleurs, presque interdits. Plusieurs étaient même écris de la plume du conseiller de l'Ordre, je m'étonnai. Lorsque je levai enfin les yeux, je fus surprise de rencontrer un visage familier.

« - Linhardt ? m'exclamai-je en voyant le jeune homme bien loin du terrain d'entraînement où il aurait du se trouver.

- Oh. Professeure. »

Ses yeux bleuet me fixèrent quelques secondes. Pouvais-je vraiment me permettre de le réprimander, alors que moi-même me dérobais des tâches qui m'incombaient ?

« - Que faites-vous ici ? Je ne savais pas que vous connaissiez l'existence de cet endroit.

- Je pourrai vous retourner la question, professeure, mais je ferais comme si je ne vous avais pas vu si vous décidez d'en faire autant. »

Quel petit malin. Ce n'était pas étonnant de le voir s'éclipser des entrainements, le garçon préférant les livres et la paresse à tout ce qui ressemblait de près ou de loin à de l'exercice physique. Même si en temps normal, j'aurais du le reprendre, je n'avais aucune excuse pour me tenir ici.

« - Cette bibliothèque est beaucoup plus riche que celle du monastère, expliquait-il en me montrant des livres. Et puis, il n'y à ici que j'arrive enfin à lui échapper, soufflait-il de façon agacée.

- Lui échapper ?

- Sa majesté ne cesse de me harceler, précisa-t-il. Prenez un bâton, une baguette, ou un manche à balai, imitait-il. Linhardt, cesser de somnoler ! Linhardt, vous vous êtes encore assoupi ! Linhardt, je n'ose croire que vous vous êtes encore dérobé du terrain d'entraînement ! »

J'écoutai avec plus d'attention que nécessaire le jeune garçon se plaindre de la future impératrice, en prenant surement beaucoup plaisir à imiter son attitude, dans ses gestes jusque dans l'intonation de sa voix. J'aurais presque pu croire voir la princesse héritière.

« - Ce qu'elle peut être casse-pieds, bien plus que ma propre mère. Et tellement envahissante ! »

Je n'avais jamais vu le magicien s'exclamer autant, encore moins pour se plaindre de quelqu'un.

« - Pas encore impératrice, mais déjà une véritable plaie. »

Je du étouffer un rire de ma main qui vint naitre dans ma gorge pour ne pas lui faire comprendre que j'étais d'accord avec lui. J'avais encore un rôle à tenir. Je sentais la détresse de ce pauvre garçon qui s'époumonait. Inutile d'en rajouter une couche.

« - Avez-vous essayer de lui parler ?

- Bien sûr que oui, s'impatientait-il. Mais elle est tellement entêtée. »

Ca non plus, ne je pouvais pas le nier. Je savais ô combien Edelgard pouvait se montrer têtue. Et apparemment, je n'étais pas la seule à le ressentir ainsi. Je plaignais déjà ses sujets.

« - Je me contente de la fuir, c'est sans doute ce qui fonctionne le mieux. »

La fuir ? Peut-être devais-je y penser également. Je m'étonnai du bon sens du mage blanc dont les conseils raisonnaient maintenant dans ma tête. Je ne pouvais le contrarier, mais une partie de moi ne pouvais s'empêcher de plaindre la dirigeante des Aigles de Jais. Se rendait-elle seulement compte de ce sentiment d'oppression, elle, à qui rien n'échappait ? Peut-être pas... Enfin, ce n'était définitivement pas mon problème. Je saluai le narcoleptique et le laissai à sa lecture ou à sa sieste, peu importait.

Un peu plus loin, je m'arrêtai devant une nouvelle salle dont l'architecture et la disposition, une fois encore, me rappela celle de l'une de la surface. Plusieurs bureaux étaient très mal rangés, le tableau noir vulgairement effacé. De la poussière s'était installée un peu partout, sauf peut-être sur l'étoffe accrochée. Un loup sombre sur un fond gris et blanc. Je devinais la salle de cours de cette maison oubliée.

« - Et bien, en voila des manières. »

Je me retournai pour reconnaitre le jeune homme que j'avais rencontré un peu plus d'une semaine auparavant. Son ami l'avait appelé Yuri, si ma mémoire était toujours en forme, ce qui semblait être le cas.

« - Ce n'est pas très poli de venir fouiner chez les autres. »

Ce qui n'était pas très poli, c'était surtout d'importuner les gens sans raison, mais il ne semblait pas tout à fait au courant. Et puis, il pouvait parler, quant au fait de se mêler des affaires des autres. N'était-ce pas lui, le premier à avoir commencé ?

« - Oh ! Yuri ! fit une voix bien plus rauque avant de voir déambuler l'immense armoire à glace. Oh ? Mais c'est la donzelle de l'autre fois ? »

Seigneur, son visage était-il si joli qu'il m'attirait assez pour avoir envie d'y encastrer mon poing en toute délicatesse ou bien débordai-je donc soudainement d'énergie ? Il n'y en avait vraiment pas un pour rattraper l'autre, ma parole ! Je me sentais de nouveau me tendre devant les deux énergumènes.

« - Balthus, mon ami, tu devrais revoir ta façon de t'adresser à cette demoiselle, on dirait qu'elle est prête à te sauter à la gorge. »

A leur sauter à la gorge, à tous les deux, en fait. Mais je m'étonnai plus du fait que ce jeune garçon aux allures de princesse ait remarqué mon mécontentement que du rire nerveux qui s'échappait maintenant de la grosse bouche du baraqué. Derrière son arrogance et son indélicatesse se cachait un très bon observateur. Mon instinct ne m'avait pas trompé lors de ma première rencontre avec ces loups de cendres, j'arrivais à jauger les gens avec facilité, et il était indéniable que ces élèves oubliés ne seraient souhaités en face de personne dans un combat singulier. La mercenaire qui vivait toujours en moi n'en était qu'un peu plus curieuse, d'ailleurs, je sentais mon esprit s'échauffer.

« - Oh, Balou ! Tu tombes bien, mon sandwich a encore disparu. »

Oh, non. C'était au tour de la louve de faire son entrée, et cela ne me disait absolument rien de me retrouver au milieu de ces âmes fragilisées par l'absence de lumière. Surtout quand j'en écoutai maintenant le sujet ô très profond de leur conversation.

« - Mais c'est Pipelette ? Votre rôle de professeur vous ennuie déjà pour que vous soyez ici ? »

Elle ne manquait pas d'air celle là, pour me nommer ainsi. Mais elle avait raison, enfin, en partie. Bon, je devais trouver un moyen de rapidement m'éclipser, avant que...

« - Oh oh oh oh ! »

Trop tard. La tribu était donc maintenant au complet, et avec ça, mes chances de passer inaperçue s'évanouirent. La blonde avait la voix qui portait assez pour raisonner jusqu'à la surface du monastère.

« - Y'a-t-il une raison de votre présence ici ? Ou avez vous été captivée par les charmes d'une beauté transcendante telle la mienne pour être de nouveau parmi nous ? »

Celle-là ne risquait pas de s'étouffer avec la modestie, elle devait vraiment avoir un grain. J'entendais déjà son rire, se répéter encore et encore dans ma tête, comme le refrain d'une horrible chanson, qui m'empêcherai de dormir des jours durant.

« - Oh, mais Son Altesse ne nous fait pas l'honneur de sa présence aujourd'hui ? J'avais un sort de ma brillante invention à lui montrer ! »

N'y avait-il que ça qui l'intéressait ? Edelgard, et avec elle, un espoir de redorer le nom de sa famille ? C'était à peine croyable, bien que peu surprenant. Et avec ça, je ne pus m'empêcher de penser à nouveau à la future impératrice. Voila qui ne venait rendre cette journée qu'un peu plus agaçante. Quelle idée désastreuse d'avoir voulu descendre ici.

« - Mais puisque vous êtes là, professeure, reprit l'efféminé en insistant sur mon rôle, vous pourriez peut-être nous faire une démonstration de vos talents ? Et puis, cela permettrait enfin à Hapi de se relâcher, se mit-il ensuite à rire.

- Je ne suis pas certaine de te suivre, Riri, fit la femme aux cheveux de la couleur des cerises.

- J'crois que Yuri essaie de dire que tu pourrais enfin souffler ! expliquait le plus costaud. »

S'il y en avait vraiment une incapable de suivre, c'était plutôt moi. Je ne comprenais absolument rien aux paroles qui sortaient de leurs bouches. Et je ne voyais surtout pas le rapport avec le fait de leur faire une démonstration. Et puis, une démonstration ? De quoi ?

« - Oh, exprima seulement la femme à la peau matte. Je ne suis pas sûre que...

- Peu importe de quoi il s'agit, les coupai-je agacée. Je ne suis guère intéressée.

- Et moi, je suis convaincu du contraire, assurait l'homme aux cheveux mauves. Une fois dans l'arène, vous ne souhaiterez plus revoir la surface. »

Une arène ? Mes yeux s'agrandirent, comme il s'en était douté. J'avais beau être professeur ici, ce loup savait pertinemment qu'il avait en face de lui la mercenaire. Je ne pouvais plus m'en cacher, je sentais déjà mes muscles s'impatienter. Ma curiosité, piquée à vif.

Je suivis les autre élève au travers du labyrinthe souterrain, jusqu'à ce que les couloirs ne s'ouvrent sur un immense espace cubique. Des escaliers de tous les côtés descendaient dans un espace en son centre, entourés de gradins. Je ne pu m'empêcher de me demander à quoi cet endroit avait bien pu servir, auparavant. Des traces de combats passés avaient laissés leur marque sur le sol et dans la roche des murs. Certains avaient même du êtres violents pour faire tant de dégâts. Un excellent endroit pour organiser des combats dignes de ce nom, pensai-je alors. Peu à peu, mon instinct de professeure s'évanouissait pour ne laisser ressurgir que la combattante qui brûlait en moi. Les combats, c'était vraiment ce qui semblait m'animer. Ca, et la soif de gagner.

J'avançai prudemment au cœur de cet énorme colisée, qui savait quels pièges pouvaient s'y dissimuler. Après tout, je ne connaissais aucune de ces personnes, ni les objectifs qui pouvaient les motiver. Bientôt, je me retrouvai au centre de ces grands murs, où aucun adversaire se saurait sans doute jamais satisfaire l'appétence de ma lame.

« - C'est bon, Hapi, tu peux te lâcher ! autorisait presque celui qui semblait être le meneur des loups.

- Je ne suis toujours pas convaincue par cette idée, répondit celle dont on attendait le prochain mouvement.

- Je ne comprends point un tel besoin de barbarie, fit remarquer Bouclette en remuant cet éventail qui apparaissait toujours sans qu'on ne le remarque.

- Coco a besoin qu'on traduise cela en noble, bredouillait la plus âgée des deux femmes. Il semblerait que ces deux congénères aient cette idée fantasque de faire combattre la préceptrice pour lui faire ressentir cette frénésie dans ces méandres dont elle ne peut point faire preuve à la surface. Cela en utilisant la faculté luciférienne que je possède. »

Je ne fus pas sûre d'avoir tout compris, je retins seulement le mot combattre. Car jusqu'à présent, aucun adversaire n'était encore apparu. Je commençai à croire qu'on m'avait guidée ici pour rien, ou pour seulement se moquer de moi.

« - Aller, Hapi ! insistait le dénommé Balthus.

- Très bien, soupira-t-elle.

- Oh ! Elle l'a fait. »

Faire quoi ? Je n'eus le temps de me poser la question que le sol se mit à trembler sous mes pieds. Qu'était-il en train de se passer, là ? Je manquais presque de perdre l'équilibre alors que des morceaux de gradins commençaient à se décrocher de part et d'autre. L'arène semblait être en train de s'écrouler. Mes yeux s'écarquillèrent lorsqu'un fatras de pierre, de sable et de débris fut projeter du sol suivi d'un terrible grondement. C'était quoi, ce truc énorme ?

Je roulai sur le côté lorsque l'immense bestiole de plusieurs mètres de haut et de long s'abattu sur moi avant de se planquer dans le sol. Un monstre ? Vraiment ? Je fis un bond sur le côté, suivi bientôt d'un autre lorsque la poussière se souleva sous mes pieds pour voir ressurgir l'hideuse créature. C'était la première fois que j'en voyais une en dehors des bestiaires de l'académie. Un vers géant, qu'on ne trouvait habituellement que dans les déserts. Que pouvait-il bien faire sous le monastère ? La tête s'ouvrit en deux avant que je ne puisse distinguer cette énorme gueule par laquelle il comptait m'avaler. Je ne pouvais pas rester sans rien faire, et surtout pas prendre le risque qu'il n'aille rejoindre la surface, c'était bien trop dangereux. Je sortis mon épée, évitait le monstre qui se terra de nouveau sous la caillasse, avant de saisir le pommeau de mes deux mains. Je savais comment liquider ce genre de créature, et fermai les yeux. La terre gronda sous mes bottes, je me déplaçai d'un mètre, sentis la poussière envahir mes narines, et frappai d'une taille horizontale de toute la longueur de ma lame qui s'enfonça sans difficulté dans la chair flasque de ce vers. Sa tête roula bientôt à plusieurs mètres de son corps qui retomba, inerte, devant les spectateurs, qui eux n'avaient pas eu la moindre réaction.

« -C'est déjà terminé ? semblait déplorer le leader de la meute. »

Déjà ? Alors tout ceci était vraiment prévu ? Je n'arrivais pas à croire tout cela possible. Quelle magie ou malédiction le permettrait ?

« - Tu pourrais en faire apparaitre un plus gros, Hapi ?

- Vous commencez à m'ennuyer, rétorqua femme aux cheveux vifs.

- Quelqu'un aurait-il la décence de m'expliquer ceci ? m'exclamai-je bruyamment.

- C'est également ce que je souhaiterais savoir, s'éleva une voix dans l'assemblée. »

Les loup de cendre s'écartèrent sur le passage de la future impératrice sous mon regard pantois. Quand ? Comment ? Pourquoi ? Que faisait-elle ici ? Les bras croisés sur sa poitrine, ses yeux se faisaient bien sévères, comme si elle nous avait surprit à manigancer contre l'empire. L'aigle n'était pas un oiseau de mauvais augure, mais sa présence ici n'annonçait rien de bon.

« - Du calme, votre Altesse, asticotait déjà le prince des Abysse. Les loups de cendres avaient juste droit à une petite démonstration de force.

- Est-ce donc comme cela que vous guider la maison des Aigles ? En vous occupant d'une autre maison ? s'adressa-t-elle à moi. »

Seigneur, ce qu'elle pouvait être énervante. Les paroles de Linhardt me revinrent soudain en tête, illustrées magnifiquement avec l'arrivée de l'Adrestienne. C'était le pompon. Je frappai l'air de mon épée pour secouer le sang verdâtre qui était encore sur la lame avant de la ranger dans son fourreau, et me dirigeai vers le groupe de personne. Je devais rester patiente, surtout ne pas perdre mon calme.

« - Son Altesse voudrait peut-être se désaltérer d'une tasse d'un de ces très divins thés en provenance d'Enbarr ? tentait Constance pour détendre l'atmosphère.

- Le thé d'Enbarr est mauvais, rectifia très rapidement Hapi. »

Je me plantai devant la princesse héritière, toisai presque son regard du mien, avant de soupirer. Non, de la patience ? Je n'en avais plus à lui accorder. Je passai mon chemin, et reviendrai plus tard pour les explications que j'avais à demander aux Loups de Cendre. Pour l'heure, je n'avais pas envie de rester une minute de plus face à elle.

Je me précipitai dans les longs tunnels souterrains que composaient les Abysses. Je ne me rappelai plus vraiment d'où nous étions venus, et étais certaine d'être d'ailleurs déjà passée devant cette torche, prête à s'éteindre. Je tournai en rond, commençai à perdre mon sang-froid alors que mes nerfs semblaient à vif. Si j'avais été plus calme, j'aurais sans doute prêter plus d'attention à mon environnement, cela ne me ressemblait pas. Et encore cette foutue torche, devant laquelle je venais de repasser pour la troisième fois. Je désespérais, il me fallait me calmer avant de me décider à sortir de cet endroit en défonçant les murs. Je m'adossai contre l'un d'eux, et expirai un grand coup pour me vider à la fois la tête et les poumons. Bon, peut-être que les torches étaient semblables ici, peut être que les murs aussi, et peut-être que le cadavre de rat devant lequel j'étais passé ne faisait que ressembler fortement à celui que j'avais croisé un peu plus tôt. C'était certainement ça. Je me frottai la tête, avant de me remettre en route plus calmement. J'avais tourné une première fois à droite, et puis à gauche, alors je tentai cette même dernière direction à la prochaine intersection. Ce n'était surement pas le chemin le plus rapide pour sortir d'ici, mais je commençai à reconnaitre les lieux, surtout lorsque je passai devant les dortoirs. A partir de là, je savais m'en sortir.

« - Professeure ! entendis-je m'appeler. »

Oh non, mais c'était infernal, à la fin ! Je me retournai pour constater que madame la future impératrice avait réussi à me retrouver dans ce dédale. Qu'est-ce qu'elle me voulait ? J'en avais assez de ses reproches incessants.

« - Si vous êtes là pour jouer votre rôle de déléguée, j'en ai assez entendu pour aujourd'hui, pestai-je à son attention.

- Jouer un rôle ? répétait-elle, vexée. Etes-vous certaine de savoir à qui vous vous adressez ?

- Parfaitement, oui, fis-je en lui tournant le dos. »

C'était à peine croyable, encore à jouer à ça avec moi. Comme si je n'étais qu'un vulgaire sujet, ou seulement son professeure. Mon corps s'arrêta lorsque mes propres mots résonnèrent dans ma tête. Son professeure ? C'était bien ce que j'étais, après tout. Alors pourquoi cela me semblait si frustrant ? Le temps de me perdre dans mes pensées, la jeune fille me rattrapa.

« - S'il vous plait, fit une petite voix en provenance de la bibliothèque avant de voir apparaitre une touffe de cheveux couleur sapin. Pourriez-vous cesser tout ce raffut ? »

Je reconnus aussitôt les orbes bleuets de mon élève, qui s'agrandirent accompagné d'une expression mêlant la surprise et l'embarra. Il était encore là ? Et malheureusement, au mauvais moment pour nous. Qu'allait-il donc penser ?

« - Linhardt ? s'étonnait la souveraine.

- Oh. Je n'ai rien vu. »

Le visage du garçon disparut aussi vite et de la même façon qu'il était apparut, nous laissant dans un silence des plus gênant. J'en profitai pour attraper le bras de la dirigeante des aigles et la traîner avec moi à la sortie de ces méandres sans prendre le temps de m'enquérir de son avis.

Lorsque la lumière du jour réapparu enfin, mes poumons s'oxygénèrent comme s'ils redécouvraient l'air frais. C'était sans doute le cas. Je devais avouer que les rayons du soleil m'avaient manqué, il ne faisait pas bon de rester autant de temps si loin de la surface, après tout. Mon corps se détendit presque aussitôt, avant d'entendre le bruit des talons de ma camarade. Ah, oui, je n'étais pas seule. Je me retournai sur elle alors qu'elle me fixait de ses yeux parmes, attendant peut-être une quelconque explication de ma part, alors que j'en faisais de même.

« - Nous devrions aller ailleurs, suggérai-je alors que le lieu ne s'apprêtait que peu pour de quelconque révélations. »

Evidemment, le monastère n'était pas le genre d'endroit où il était aisé de trouver un lieu calme, et surtout à l'abri des regards trop curieux. Il ne fut donc pas surprenant qu'Edelgard et moi nous rendîmes à cet endroit que l'on affectionnait particulièrement, qui semblait ouvrir ses portes sur les jardins de Fódlan. Et puis, peut-être que cette atmosphère qui s'était plus d'une fois prêtée aux confidences, arriverait à nous détendre l'une comme l'autre. Je fus d'ailleurs la première à prendre la parole.

« - Que vous soyez préoccupée est une chose, lui lançai-je, mais cela ne vous autorise pas à me prendre de haut, future impératrice ou non.

- Ce n'était pas mon intention, répondit la jeune femme, les bras croisés sur la poitrine, toujours braquée.

- Laissez-moi en douter. »

Je connaissais maintenant bien la dirigeante des Aigles, pour avoir plus d'une fois pu faire tomber son masque. En tout cas, je la connaissais assez pour savoir que quelque chose lui passait par la tête, quelque chose d'assez costaud pour la pousser sur la défensive à chaque prise de parole.

« - Vous êtes insupportable quand vous vous y mettez, soupirai-je devant le manque de réaction quand mes bras imitèrent la position des siens.

- Très bien, s'avança-t-elle sans s'offusquer de ma remarque. En tant qu'héritière de l'empire, j'ai régulièrement à m'entretenir avec Rhea, elle a parfaitement conscience de mes desseins qui s'opposent aux siens, m'expliquait la jeune femme comme pour me montrer une quelconque preuve de bonne volonté. Quant à vous, professeure, je commence à douter de pouvoir vous faire confiance.

- Ai-je une seule fois dit quelque chose qui vous amènerait à penser le contraire ?

- Non, vous n'avez rien dit. »

Son regard se faisait bien sévère, peu enclin à toute forme d'indulgence. Je savais avoir la future impératrice devant moi, et pas seulement l'élève que je devais guider. Sa franchise suintait de tous ses doutes à mon égard. Il ne s'agissait plus seulement d'elle même, mais de l'avenir, et de l'empire. Elle parlait de danger. Du danger que je pouvais représenter.

« - Cependant, la relation que vous semblez entretenir avec Rhea ne laisse que peu de place à la confiance, quelle qu'en soit sa nature. »

Edelgard m'avait plus d'une fois fait part de son ressentiment envers l'église, et paraissait apprécier que j'en sois vierge de toute influence. Et c'était vrai, je ne prônais aucune doctrine particulière, je n'en suivais pas les dogmes, et je n'en avais d'ailleurs pas l'intention. Mais elle était tellement loin de se douter de la vérité.

« - Je ne peux rien vous dire, fus-je bien obligée d'avouer. »

Son visage n'affichait ni contrariété, ni déception. Il se contentait d'être dur. Je comprenais les motivations de la jeune femme, et j'entendais ses doutes. En tant que future souveraine, elle ne pouvait rien laisser au hasard, jamais. Elle était une cible en permanence, et ce, aux yeux de tous. Et elle avait raison. J'aurais pu être une mercenaire prétendant au titre de professeure dans le seul but de me rapprocher d'elle et de l'enlever, pour réclamer rançon. Ou bien pour avoir une facilité à l'assassiner, ou pour la manipuler. Après tout, elle ne savait rien de moi, rien qui n'ait une quelconque importance, en tout cas. Il aurait été tellement facile pour elle de me faire assassiner aux premiers doutes, alors pourquoi étais-je encore en vie ? Comment pouvait-elle se permettre de prendre le risque, en tant que future impératrice ? Sa méfiance était justifiée, mais pour autant, je ne pouvais la supporter. Si j'avais voulu la tuer, elle serait déjà morte.

« - Ma place au sein de l'empire et mes objectifs font de moi une opposante de l'église. Rhea a bien conscience de tout ceci. Mais vous, professeure, qui êtes vous ? Mon alliée ou mon ennemi ? »

Je n'étais ni l'un ni l'autre, et peut-être les deux à la fois. Je n'avais aucune idée de qui j'étais réellement, de qui je voulais être, ou simplement de ce que je voulais. A part peut-être qu'elle se taise. Ami, ou ennemi ? Ces mots avaient-ils au moins un sens ? Pas pour moi, pas dans le monde dans lequel je vivais. Jusqu'à maintenant, rien n'avait jamais eu d'importance à mes yeux, enfin, jusqu'à la rencontrer, ce, même si j'avais encore du mal à me l'avouer. Il était indéniable que l'attention particulière que je lui portais ne s'arrêtait pas seulement à mes devoirs d'enseignante. Non, tout mon corps me trahissait en sa présence. Que ce soit mon regard insistant, mes muscles tremblant, la température de ma peau, ou mon cœur vacillant. Et par dessus tout, la sensation insupportable sous le reflet de ses yeux vides. Et cette impression de mourir alors qu'elle s'apprêta à partir. Je ne pouvais pas la laisser disparaitre ainsi.

Je la retins par le bras, et la tirai d'un geste vers moi. Mes yeux fixèrent les siens écarquillés un instant, s'égarèrent sur sa peau d'ivoire avant de s'arrêter sur ses lèvres entre-ouvertes qui n'avaient que trop parlés. Instinctivement, je m'en emparai.

« - Ne vous méprenez pas, soufflai-je sur son visage. Je fais cela uniquement pour faire taire les sottises que formule votre bouche.

- Vous ne verrez donc aucun inconvénient à garder le silence plus longtemps. »

Ses doigts se resserrèrent derrière ma nuque alors que sa langue caressais mes lèvres avant de rejoindre la mienne dans un baiser bien moins timide et plus que langoureux. Les mots parlaient moins que les gestes, et son corps contre le mien qui s'abandonnait dans mes bras me suffisait.

Quelle enfant gâtée...