CHAPITRE ONZE
C'est ma peur de te perdre qui te fait me fuir.
Habillés en tenues de villageois, Zoro et Nami partirent en direction du poste de garde. L'action et le fait de devoir sauver des amis ne favorisaient pas la communication. Nami observa Zoro tout du long. Elle devait lui parler et le remercier. Elle devait lui montrer qu'elle voulait vraiment qu'il reste.
Ils trouvèrent facilement l'endroit. Ils entrèrent dans le bâtiment. Des hommes de Kaido s'y trouvaient. Ils reconnurent immédiatement l'uniforme devenu célèbre depuis la glorification des nouvelles forces. Sans hésiter, Zoro se dirigea vers le garde ne regardant pas en direction des hommes de Kaido.
Les trois gardes de l'île étaient des habitants qui essayaient en priorité de sauver sa population. Actuellement, un seul se trouvait au poste et quand il vit arriver Zoro et Nami, il s'inquiéta immédiatement. Ils étaient habillés comme eux mais n'étaient pas de chez eux.
─ Je suis venu chercher mon ami. Il a un peu trop bu. Je suis désolé s'il a causé du tort à la marine.
Le garde regarda l'homme qui lui faisait face et la jeune fille. Il sorti de l'arrière du comptoir. Il était ennuyé. Les hommes de Kaido voulaient embarquer le gars qui les avait emmerdé de question. Seulement le petit corsaire s'était vu renvoyé par son officier.
L'officier avait répondu à l'homme venu le chercher : « on a d'autres problèmes. Faîtes-le abattre, laissez-le en prison ou libérez-le ! »
Les officiers n'avaient visiblement pas le temps pour s'occuper d'un pauvre ivrogne parlant trop. Les corsaires étaient mécontents. Ils discutaient entre eux pour savoir quoi faire d'Usopp et avaient finalement demandé au garde de le préparer une chasse à l'homme.
Le garde n'avait pas envie d'abattre cet inconnu mais les hommes de Kaido insistaient, adorant l'idée de pouvoir traquer l'inconnu en pleine forêt.
Avant chaque fête des framboises, les gardes s'assuraient toujours de n'avoir aucun prisonnier. Gare à qui serait en prison quand les mariniers arriveraient. Ils avaient leurs façons bien à eux de gérer les bandits.
─ Votre ami a manqué de respect à ces hommes, je ne peux rien faire sans leur accord, avoua le garde qui perdait toute autorité dès que les hommes des nouvelles forces étaient là.
Le garde jeta un coup d'œil à Nami :
─ Peut-être que votre amie pourrait les détendre assez pour qu'ils cèdent à vos bonnes grâces !
─ Je ne suis pas une pute, cracha Nami, pour qui …
Zoro l'arrêta. Nami avait fait le choix d'une tenue courte. C'était peu habituel. Il l'avait prévenu sur le bateau que ça pourrait prêter à confusion. Elle refusait de l'entendre. Elle voulait être libre et n'être soumise à aucun dictat. Le garde s'excusa pour ses mots et parce qu'il ne pouvait rien faire.
Zoro jeta un coup d'œil aux hommes de l'autre côté de la pièce. Il les observa, les analysant avant de dire au garde.
─ Laissez-moi leurs parler dans votre bureau.
─ Ça ne changera rien, ils n'ont pas de cœur et tous les droits aujourd'hui.
─ Laissez-moi essayer, rajouta Zoro en parlant la langue natale de l'île auquel Nami ne comprenait rien.
Parmi les soldats des nouvelles forces, Zoro se rapprocha du corsaire qui avait les caractéristiques physiques d'une petite île des océans brûlants. On lui avait raconté leurs histoires et comment ils étaient devenus esclaves ou embauchés de forces.
L'homme avec des yeux violets et des cheveux rouges coupés courts. Sa peau halée légèrement ocre avait une teinte particulière. Son corps était massif et tout en muscles. Usant du dialecte de l'île sable, Zoro le salua poliment à la gloire de leurs protecteurs. le pirate se rapprocha de Zoro pour demander dans le même dialecte :
─ Comment connais-tu ma langue ?
─ Où je travaille, on me l'a apprise,
─ Tu sais bien la parler, tu es ici pour ton ami ?
─ Je le suis.
─ Je voudrai t'aider mais je ne peux rien y faire. Je suis qu'un exécutant, il te faudrait les convaincre.
─ Convainc-les seulement de venir dans le bureau et de me laisser vous parler en privé.
─ Tu es sur de toi ?
─ Je le suis.
─ Cette personne qui t'a apprise notre langue vit-elle encore ?
─ Oui … Je te dirais où la trouver.
L'océan brûlant avait été ravagé par les nouvelles forces et l'île des sables n'était plus qu'un désert. Peu de survivants s'y trouvaient. Le roux hésita, sa vie serait menacée en aidant cet homme quand on découvrirait son implication mais retrouver l'un des siens était un espoir plus important que toute envie de vivre.
─ ─ ─ Deux heures plus tard ─ ─ ─
Soulagé d'être libre, Usopp sautillait sur la terrasse au grand désespoir de Nami et Zoro qui essayaient d'être discrets. Ils lui dirent de se calmer.
Nami n'avait pas demandé comment Zoro avait pu obtenir la libération de Usopp. Elle avait bien trop peur de la réponse. Elle savait ce que les hommes aimaient autant que la violence. Elle savait ce que Zoro pouvait leur donner.
Elle le revoyait sur ce lit, les cuisses tachées et l'air effrayé.
Elle avait vu les pirates à la solde du gouvernement entrer dans le bureau avec Zoro et après un long moment ressortir. Elle fixa celui qui avait été le second de son navire. Est-ce qu'il n'était plus qu'une simple pute ? S'était-il agenouillé devant ses soldats ou s'était-il couché sur le bureau ? Est-ce que Zoro n'avait jamais été que ça ?
Ils étaient tous les trois habillés en militaires. Zoro en officier, Usopp et Nami en corsaires.
Zoro loin de se douter des pensées de Nami, recommença à parler après que Usopp soit venu les rejoindre :
─ On rentre, on cherche Robin. On la délivre. On va dans le bureau. On trouve l'emplacement où se trouve Sanji et ce qu'ils cachent et on retrouve le blondinet. On reste ensemble. On est pas encore découvert, on a encore une chance.
─ Le valeureux Usopp valide le plan !
─ Tu parles beaucoup désormais, Zoro.
─ Pardon ?
L'escrimeur fixa la blonde sans comprendre. Elle rajouta :
─ Tu sais bien user de ta bouche mais ne nous donne pas d'ordres.
Il blanchit comprenant parfaitement l'allusion.
─ Je ne donne aucun ordre, Nami. Si tu veux proposer autre chose, je t'écoute.
─ Je te dis simplement de rester à ta place. On a pas besoin d'un chien-fou dans l'équipe. Personne ne t'avait dit d'aller au port !
─ Je n'ai pas désobéit à Sanji, j'ai juste suivi mon instinct.
─ Sanji est notre chef, ne pense pas prendre sa place, répondit simplement Nami,
─ Je ne prends pas la place. Je partirai après cette mission.
Il ne comprenait pas pourquoi elle le fixait avec autant de rage. Il avait accepté de la suivre. Il avait accepté de les accompagner en mission. Il lui était venu en aide et il avait fait en sorte de libérer Usopp sans bain de sang ou mettre en danger la population. Malgré ça, elle semblait le haïr.
Comme-ci, songea-t-il, elle pouvait encore t'apprécier. Luffy est mort et tu es en vie. C'est pas une raison suffisante pour t'haïr idiot ?
Son cœur se recroquevilla dans sa poitrine tandis que Nami s'haïssait mentalement. Elle venait de reprocher à Zoro de l'avoir sauvé ? Elle devenait stupide. Stupide. Ses ongles s'enfoncèrent dans la chair de son bras. Elle ne devait pas mélanger son passé avec le présent de Zoro. Elle ne devait pas. Elle devait trouver une solution pour qu'il puisse s'entendre.
─ Zoro, je …
─ Les corsaires, souffla Zoro, ils sont de plus en plus agités et de moins en moins visibles dans les rues. Je me demande ce que ça signifie.
Usopp ne compris rien à l'échange mais il se ratatina sur sa chaise. Nami et Zoro semblaient en mauvais termes.
─ ─ ─ Dans la maison ─ ─ ─
Enfermée et ligotée, Robin regarda Ohm devant elle. Il la dégoutait. Il l'avait bâillonné et bloqué de sorte qu'elle ne puisse pas user de son pouvoir. Il usa de la lame de son arme pour ouvrir le tissu de sa tenue afin d'en faire sortir la poitrine de la femme.
─ Avant de te livrer Kaido, laisse-moi m'amuser un peu avec toi. Je ne pourrais pas te libérer dans le néant et t'absoudre de tes crimes. Tu sais à quel point tu leurs es précieux ? Ils vont être si heureux de te retrouver.
Le visage sévère, Robin le foudroya du regard.
