Hello !

Bon, avec ce chapitre, vendredi oblige, j'ai juste trois chapitres de retard par rapport à d'habitude !

En fait, je n'ai pas avancé depuis la dernière fois, préférant encore une fois écrire et poster un OS.

Bon, pas de pression hein... *meurt déjà en pensant à ses 3 chapitres à écrire ce weekend*

La review des review :

Mijoqui : *sort la reviewball* Ahah ! Coucou ! Oh je n'avais pas pensé à cette scène (en effet horrible) avec Kronya. Oui, l'odeur de El qui flotte sur la cape de Byleth... héhéhé. Oh, un mariage ! Ce serait beau... mais... *se tait* Oooooh mais c'est pas une pochtronne ma Byleth ! Il doit être bon commédien, le Linhardt ! Et donc, je te l'ai déjà dit, mais c'est réellement un soutien du jeu ! (entre lui et El xD). Comme Rhea qui a affronté Nemesis avec ses talons XD Faut vraiment qu'on essaie dans le jeux ! Et oui, Hapi invoque les monstres ! Mais du coup je n'ai pas d'explication ! Pas encore ! XD En tout cas, c'est pas à cause de l'emblème (puisqu'il n'y a pas d'emblème). Oh merci, crions son prénom ensembleeeee ! EEEEEEEL !

Eatoce : Bah, ce serait pas drôle si on lui révélait tout ! Après tout, mes chapitres se construisent sur les interrogations de Byleth ! Oh ! Bravo d'avoir remarqué ! En effet, elle le dit pas directement, mais lui fait comprendre qu'à un moment, il lui faudra choisir ! Ouiiii, l'odeur de El ! Y'avait forcément une raison a ce petit détail ajouté au chapitre précédent ! ) Je t'invite si ce n'est pas fait a aller voir son soutien avec El ! xD Et encore bravo pour 'l'écho ' entre ce qu'elle dit et ce qu'a dit Rhea !

MacHellia : Coucou ! Merci ! Je t'avoue que je me demande encore si c'est une bonne idée d'avoir pris un tel engagement car là je vais être à court de chapitre si je n'arrive pas à m'y remettre ! x) Rhea m'intriguait aussi ! Et puis, j'aime ce côté mystérieux mais je sais tout, qu'elle impose ! Et je la trouve super charismatique (je crois l'avoir déjà dit). Une femme a qui on a du mal à juste dire « non » ou tenir tête. Elle est écrasante ! *arrête de parler de sa troisième waifu* Dans le jeu, je trouve que Byleth n'a pas de personnalité, donc j'ai du mal à me dire qu'elle peut être gentille ou méchante. Je la trouve juste naïve. Et ici, elle a un vrai passé, de vraies souffrances, et des démons intérieurs. Sans compter les sentiments qu'elle découvre, et pas seulement l'amour. Pour la place des loups, je ne peux rien dire sans révéler un trop gros éléments. Mais on est d'accord, ce sont des monstres ! Moi j'ai joué en normal (ou facile ?) aussi. Clairement à la première map, Hapi ou Constance m'a juste OS deux personnages xD. J'ai des doutes aussi quant à l'entente entre Yuri et El. A bientôt !

LDT : Oh ce pavé xD J'aime ! Coucou Patric, oui c'est twa ! *la rattrape avant qu'elle tombe même si ça fait surement deux semaines qu'elle git sur le sol* Sisi la famille ! Non, tu verras, je te dirais rien pour le choix de Byleth. Sache juste que ça ne sera pas aussi évident que ce qu'on peut croire sur une fiction Edeleth xD Ah non, pas compatibles ! Sinon, y'aurait même pas de FE3H xDD Oh ? Pas fan du Byleth Rhea ? Toute façon, as tu seulement développé leurs soutiens ? XD Owiiii, El est têtue ! J'aime ! Je plussoie ! Je vais moins mettre Yuri je crois, si c'est pour t'entendre crier chaque fois XDDD J'essaie de faire gaffe au caractère de chacun ! Ahah t'as deviné que Edelgard arriveraiiiiiiit pour encore plus agacer Byleth qui est déja perdu et qui en a maaaarrreeeeee xDD Alors Rhea est dans cette FF au courant que El souhaite l'indépendance de son peuple, religieusement parlant, si je puis dire comme ça comme ça. Disons qu'elle a prit les devants concernant son rôle d'empereur. Et puis, avant de passer par la force, faut tenter la diplomatie ! Surtout qu'ici, il ne s'agit pas d'une grosse dragonne la Rhea ! « Jusqu'à quand » ahah, tu fais bien de demander ) Et oui, un choix va s'imposer, ce qui dans un cas comme dans l'autre, ne laissera pas Byleth indemne !

Lucina : Synchro parfaite ahahah. Et oui, j'ai ajouté Sothis juste pour toi ! ) Et ca fait super naturelle comme si j'avais imaginé ça depuis le début ! xDD

Sur ce, enjoy !

PS : J'en suis quand même quasiment à ma trentaine de chapitre postée ! Je suis choquée !


Chapitre XXIX - L'Ombre de la Vouivre

Je fus convoquée très tôt dans la matinée par l'Archevêque en personne, après quelques jours de répit où mon esprit torturé m'avait autorisé à trouver le sommeil, le temps de quelques heures, sans que n'apparaisse enfant ou Déesse. Loin d'être encore très à l'aise dans mon rôle de mentor, je suivais peu à peu le fil directeur de par les tâches qu'on me confiait. Aussi, j'avais très rapidement compris que le but de cette petite réunion entre la dirigeante de l'Ordre et son bras droit était d'à nouveau me confier une mission. Enfin un peu d'action, j'osais espérer.

Le conseiller Seteth ne semblait pas beaucoup plus m'apprécier, alors que son regard débordant d'inconsidération ne cessait de condamner chacun de mes faits et gestes. Je ne me préoccupais pas de la raison de ceci car il y en avait tant, que je ne pouvais désormais plus décemment les compter. Cela commençait surement par le manque d'égard que je portais à l'Ordre de Seiros, alors que pas une seule fois je ne m'étais caché de mon manque d'intérêt pour ce culte. Etre en adoration devant une Déesse, très peu pour moi. Peut-être que mes manières de mercenaires, un peu abruptes lorsque je ne m'embarrassais pas de sa présence n'avait pas joué en ma faveur, sans compter que j'avais pendant un instant hésité à lui couper la main. Enfin, le fait que sa jeune sœur, l'astre de sa vie, se soit curieusement entichée de ma personne, avait définitivement placé ma tête sur le billot.

« - Une Wyverne a commencé à chasser près du grand pont de Myrddin, vous devez la capturer, expliquait l'homme. »

Rien que ça ? Capturer une vouivre ? Ben voyons. Le conseiller expliqua par la suite qu'il était interdit de tuer les Wyvernes, fascinantes créatures. En plus de tout ceci, ces bêtes ailées servaient de montures aux plus grands chevaliers, le conseiller compris. Cette tâche n'allait sans doute pas être aisée, alors que je ne m'étais pas frottée à pareille créature depuis au moins cinq ans, la cicatrice dans mon dos s'en souvenait encore. Je me demandais bien ce qui pouvait pousser pareil monstre à sortir de sa montagne pour chasser sur les terrains de l'homme, elles ne s'aventuraient que trop rarement en dehors de leurs territoires.

« - Je vous prie de m'excuser, entendis-je derrière moi sur les bruits métalliques d'une lourde armure. Vous m'avez fait appeler, Dame Rhea ? »

La femme qui s'avança semblait capable de pourfendre le sol, tant sa prestance était presque écrasante. Des cheveux blonds, des yeux azur sur une peau mate, sa beauté n'avait d'égale que la forte impression qu'elle dégageait. Sans aucun doute un chevalier

« - Je vous présente Catherine, fit la cheffe de l'armée. Elle fait partie des meilleurs membres de notre Ordre, et c'est peu dire. L'Ordre de Seiros ne recrute que la crème de la crème. »

J'étouffais un rire dans ma gorge. La crème de la crème ? Je me permettais d'en douter, surtout depuis que j'avais appris que les chevaliers avaient laissé s'échapper Kostas. Geste que j'avais moi-même du réparer.

La dite Catherine était chargée de nous accompagner durant cette mission. Je ne sus dire si il y avait là un manque de confiance en moi, ou bien tout simplement une décision d'assurer nos arrières, juste au cas où. Il était également possible que Rhea souhaite évaluer le niveau des élèves de son académie, après tout, ils passaient très bientôt leurs certificats d'aptitudes. Peu importait, du moment qu'elle ne me gênait pas et ne se perdait pas dans mes pattes. Mes habitudes de mercenaire étaient vraiment tenaces, alors que la première de mes pensées fut de m'imaginer seule devant la vouivre. La réalité en serait tout autre, ce n'était pas seulement moi, mais aussi mes élèves, qui allaient devoir la capturer. Je soupirais déjà, la tâche n'allait vraiment pas être aisée.

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Le vent fouettait ma peau alors qu'au milieu des plaines, rien ne venait faire obstacle aux crocs de givre des rafales qui soufflaient du royaume. Il aurait presque pu neiger. Je m'étonnai de n'avoir d'ailleurs pas encore vu un seul flocon pour cette époque de l'année. Nous avions emprunter le même itinéraire que pour notre première mission, dans un premier temps, avant de prendre la direction du gigantesque pont à travers les terre de l'empire. La chevalière qui nous accompagnait était inépuisablement bavarde, j'en avais apprit plus sur elle en quelques heures qu'en des jours avec certains de mes élèves. La seule chose que je retins fut qu'elle était fervente croyante de l'église et avait une fidélité ridiculement inébranlable pour l'Ordre, et particulièrement pour Rhea. Je ne connaissais pas tous les détails dont je me moquai éperdument, mais osais imaginer de quoi elle pouvait être capable pour protéger cette femme.

Interface entre les territoires de l'alliance et de l'empire, le grand pont de Myrddin était un lieu de passage pour les nombreux commerçants de Fódlan. Plus encore que pour de simples échanges, il était le point central de l'économie entre les deux nations. Permettant la traversée de la rivière d'Airmid, sa géographie rendait sa position des plus stratégiques. Et pourtant, aujourd'hui, on n'y croisait pas une âme, alors que régnait un silence de mort. Il n'y avait ni l'ombre d'un marchand, ni l'ombre d'une vouivre. L'endroit était beaucoup trop calme. Et le calme n'était jamais bon.

Les chevaux s'arrêtèrent alors que je balayai autour de moi, lorsque mes talons se heurtèrent aux pavés de la structure du pont. C'était un véritable bastion fortifié, assez grand pour accueillir une ville toute entière. Que pouvait bien venir faire une Wyverne ici ? Enfin, si son existence était bien réelle, car je commençai à m'impatienter. J'ordonnai d'un geste à mes étudiants de descendre de leurs montures, et de sortir le matériel. Même s'il n'y avait pas l'ombre d'un dragon, nous devions rester prudents. Surtout s'il fallait espérer capturer le monstre avec de simples filets et des chaines. Catherine restait étonnamment calme, ça ne devait pas être la première fois pour elle, tandis que mes aigles, eux, s'agitaient.

En tête de ce cortège se trouvait bien évidemment la princesse héritière, fidèlement accompagnée de son plus grand et dévoué serviteur. Ses yeux verts ne quittaient à un seul instant la jeune femme, encore plus attentif à elle que d'habitude. J'observai leurs bouches s'ouvrir sur la certitude que le jeune homme élaborait déjà une stratégie dont il faisait part à sa souveraine. Edelgard restait à ses lèvres, bien consciente du tacticien qu'il était, alimentant doucement ma frustration naissante. Ces deux là se retrouvaient bien trop souvent à part, presque en retrait. Le restant de l'ensemble du groupe, lui, s'attelait un peu plus loin. Mes yeux s'éternisèrent sur la jeune fille au regard et aux cheveux de jade, et m'étonnai que Seteth ait accepté qu'elle puisse nous accompagner. Il tenait à elle plus qu'à la prunelle de ses yeux assassins envers moi, et je n'osai imaginer ce qui allait m'arriver si je ne veillais pas particulièrement à sa sécurité. Loin de moi la volonté de la considéré comme une petite chose fragile, je ne pouvais nier devoir m'attarder un peu plus sur elle que sur ses camarades.

Une heure passa, bientôt suivit d'une deuxième, alors que Catherine et moi avions décider qu'il était plus raisonnable de commencer à monter un campement. Nous ne pouvions rentrer avant que cette mission ne soit terminée, si la créature acceptait de se montrer un jour. Il nous fallait reprendre ce pont, il en allait de la survie de l'économie des territoires. Plus que ça, il s'agissait aussi de pouvoir maintenir les accords passés entre l'empire et l'alliance, dont la paix demeurait toujours fragile. Je n'aimais guère la politique, mais j'avais tout de même conscience de l'enjeux plus qu'important de notre mission.

Je n'étais pas la seule à m'impatienter, alors que j'entendais Caspar se plaindre aux grand rêveur, un peu plus loin. Lui, ne pouvait être satisfait que lorsqu'il faisait parler ses poings. Flayn, toujours calme, demeurait aux côtés de Dorothea, tandis que Bernadetta écoutait leur conversation, recouverte d'une vieille toile de jute qu'elle avait été dénichée je ne savais où. Ferdinand, qui ne cessait de toujours vouloir montrer sa valeur, montait la garde sur les grands murs tournés vers l'empire. Petra, elle, se chargeait du côté de l'alliance. Elle aussi, avait quelque chose à prouver. Son ouïe fine et son regard aiguisé étaient prêt à capter le moindre signe de danger. Avec ces deux individus, nous avions de quoi être rassuré.

Je marchai dans le bastion fantôme, le silence guidant maintenant mes pas au fur et à mesure que les rayons du soleil disparaissais et que les ombres environnantes grandissaient. Et en parlant d'ombre... J'avais un peu plus tôt remarqué qu'il manquait deux de mes unités dans la foule, toujours les mêmes, toujours à part. Je n'avais pas voulu y porter plus d'attention que nécessaire, tant qu'un réel danger ne se présentait pas. Je n'avais surtout pas envie de voir ma concentration s'évanouir dés que j'observai une de ses mèches blanches se soulever. Rien n'y faisait, je ne pouvais m'empêcher de m'inquiéter pour elle, désormais. Je ne cessais de me demander pourquoi ces deux là restaient si souvent en retrait, et de quoi ils pouvaient bien parler, alors que j'apercevais leur silhouette un peu plus loin. Je décidai de m'approcher alors que je ne possédais aucune faculté particulière pour lire sur les lèvres quand leur discussion me semblait bien sérieuse. A défaut, je pouvais seulement traduire les mouvements de leurs corps. Hubert, restait toujours droit et fière, les mains liées dans son dos, et maintenait une certaine distance par rapport à son impératrice. Son visage semblait exempt de toute hésitation lorsqu'il s'adressait à sa souveraine. Prochain ministre de la maison impériale, il ne prenait de gants ni pour lui dire ce qu'il pensait, ni pour la conseiller. La posture d'Edelgard, elle, traduisait sa contrariété, alors que ses bras restaient croisés sur sa poitrine. L'expression de son visage que je n'avais encore jamais vue laissait transparaitre ses doutes. Je n'osai imaginer le sujet de leur conversation qui arrivait à déstabiliser la princesse héritière de la sorte. Celle-là qui venait de piquer ma curiosité.

« - Dame Edelgard, vous ne pouvez pas vous permettre de prendre un tel risque.

- Je vous demande de me faire confiance. »

Risque ? Confiance ? Mais de quoi parlaient-ils alors que je me cachais dans l'ombre d'un renfoncement du bastion ? Et puis, pourquoi me cachais-je de la sorte ? Epier la future impératrice commençait à devenir une très mauvaise habitude. J'allais vraiment finir par passer pour la personne que beaucoup s'imaginait déjà, Hubert le premier. S'il me trouvait ainsi, il ne se prierait sans doute pas pour faire remarquer que ce n'était pas la première fois. Je décidai alors de sortir de ma cachette risible en insistant sur le bruit de mes bottes sur le pavé pour me faire remarquer, l'air de rien. Après tout, je me trouvais ici par le plus simple des hasards.

« - Professeure ? »

L'Adrestienne se retourna aussi tôt vers moi, un peu surprise, tandis que son ombre n'esquissa pas un seul changement d'expression. Comme à son habitude, rien ne venait trahir les pensées qu'occupaient son esprit fourbe et calculateur. Ses yeux verts pommes ne me quittaient plus une seconde.

Je m'apprêtais à ouvrir la bouche, leur demander ce qu'ils faisaient ici, lorsqu'un cri des plus stridents retentit dans le ciel et vint pourfendre mes tympans. Un cri que je pouvais reconnaitre entre mille tant le frisson qui remonta le long de mon échine me fit violence. Mes yeux levèrent sur la voute dorée, puis furent aveuglés par la lumière du soleil sur lequel je distinguai plus que parfaitement la forme de la bête. Seigneur, elle était énorme.

J'entendis Catherine hurler, et ordonnai à tous mes oiseaux de se regrouper. Il ne fallait pas céder à la panique, au risque de faire échouer la mission, et pire, de se faire tuer. Je vis au loin la Brigiliène courir le long des remparts avant de bondir devant moi. Le lancier du groupe ne tarda à nous rejoindre, alors que chacun se mettait ainsi en place. Je saisis de lourde chaine attachée à une hache avant d'en jeter une dans les mains de la future impératrice. Les magiciens se mirent en position, les archers bandèrent leurs arcs, pointant le carreaux de leur flèche en direction du ciel dans lequel l'énorme animal décrivait maintenant des cercles. Il volait à la manière des grands oiseaux de proies, observait, examinait, prêt à fondre sur nous. Comment capturer le roi des cieux lorsque mes propres aigles ne pouvaient que rester à terre ? J'abaissai le bras, quand la première salve de flèche s'envola, attirant l'attention de la vouivre. Son énorme gueule s'ouvrit sur un menaçant rugissement, avant que ses ailes ne se redressent en arrière. Merde !

« - Attention ! Hurlai-je. »

Un amas de débris de bois s'éleva devant mes yeux, soulevant la pierre et la poussière sur le passage du monstre qui de nouveau s'élevait dans les airs. Le campement avait volé, les tonneaux du bastion furent explosés sous la puissance abominable de la vouivre. Si nous avions réussi à attirer son attention, le niveau de danger avait grimpé d'un cran. Et ses cris, qui n'en finissait plus de torturer mes oreilles. Ses ailes se placèrent une nouvelle fois en arrière alors qu'elle fendit presque le ciel en deux pour fondre sur nous. Caspar et moi fument précipités douloureusement sur l'un des murs du fort, tandis que j'entendais le bruit des chaînes désespérément lancées pour entraver les mouvements qui ne faisaient que ricocher sur les pavés. Des boules de feu s'élevèrent bientôt dans les airs sur les mouvement de Dorothea. Des cercles de symboles s'illuminant sous ses pieds. Hubert qui fut lui aussi projeté, se repositionna à l'opposé de la chanteuse et propulsa son étrange matière violette et noirâtre sur le reptile qui de nouveau possédait le ciel. Comment les ailes d'un aigle pouvait rivaliser avec celles d'une Wyverne dont les battements pouvaient déchainer une tempête ? Elles étaient l'ombre de la mort dans cette voute céleste.

« - Flayn ! Linhardt ! »

Les deux mages blanc hochèrent la tête alors qu'un énorme cercle de lumière se décrivait sur le sol tout autour d'eux. Une éclatante bourrasque vint bientôt déstabiliser l'énorme rapace écailleux mettant le vent de notre côté, suivit d'une autre. Privé de ses grandes ailes, le roi des cieux n'était plus qu'un seigneur brisé. Je balayai le bastion, repérait la jeune insulaire qui bondit de toit en toit pour se percher sur le plus haut sommet, avant de décocher trois flèches qui se plantèrent dans la peau épaisse. Bernadetta imita bientôt sa camarade lorsque ses carreaux atteignirent aussi la cible. Dans la tempête que l'on avait créée, où le feu, les flèches et le vent se mêlaient, la créature gronda avant de s'écraser au sol. Nous ne devions pas perdre de temps. Catherine se jeta aussitôt sur le reptile en abattant son épée de forme singulière - Fulgurante - avant d'éviter un mouvement de queue lorsque la vouivre se releva sur ses grosses pattes antérieures. De ses dix mètres d'envergures, au moins, elle n'était qu'un peu plus impressionnante. Comment pouvait-on ne serait-ce qu'espérer chevaucher cette majesté ? Bien plus impressionnante que les vouivres des chevaliers. Il ne faisait maintenant plus aucun doute que j'avais devant moi, une grande guerrière de sa lignée.

Je roulai sur le côté pour esquiver à mon tour l'appendice toxique de la vouivre. Je relevai la tête, croisai le regard de l'impératrice dont les yeux acquiescèrent, et me jetai sous les énormes griffes de la créature fantastique. Tous mes élèves l'acculaient pendant que je m'essayai à la priver de ses mouvements. Je passai derrière ses pattes avant de jeter ma hache dans les mains de mon aigle qui tira de toute ses forces la chaine qui reliait son arme à la mienne. Un tour seulement pour la faire trébucher, mais ce n'était pas encore gagné. Le monstre s'écrasa au sol dans un fracas lorsque son aile me balaya. Ma tête cogna, une fois, deux fois, tant je rebondissais, quand ma vision se troubla sur le liquide qui s'écoulait maintenant de ma plaie. Mon corps fut douloureusement endoloris alors que je peinais à me relever, cloué sur le sol des pavés. Merde. Je devais me redresser, je ne pouvais pas les laisser là, pas ainsi, même si la présence de Catherine, dans la mêlée, qui de chaînes à son tour s'était armée, réussissait à me rassurer. Il me fallait les rejoindre. Genoux à terre, je poussai sur mes jambes en me tenant douloureusement les côtes, le choc avait été violent. J'entendis soudain le sol trembler sous mes pieds pour se fendre sur un grondement peu rassurant. L'effondrement d'un mur du pont fragilisa les pavés qui s'ouvrirent sur la rivière, lorsque je sentis mon corps chuter. Mes doigts attrapèrent la roche alors que j'étais maintenant suspendue de tout mon poids sur ce vide immense. Etait-ce possible de seulement survivre à une telle chute ? C'était la seconde fois qu'une vouivre me faisait ainsi frôler la mort, et peut-être que cette fois-ci, elle allait bien réussir. Ma main glissa sur le sang qui s'accumulait sur ma peau. J'allais vraiment finir comme ça ? Majestueuses créatures, je devais bien reconnaitre leur puissance aux Wyverne, jamais mon corps ne m'avait paru si douloureux alors que j'avais l'impression de lentement sombrer. Je fermai les yeux un court instant qui me paru durer éternité, et me laissai emporter.

Seule l'étreinte sur ma peau me ramena à moi lorsqu'elle empoigna mon bras, et que mes paupières se rouvrirent sur ses magnifiques prunelles parme. Je contemplai son visage crispé, recouvert de poussière, observai ses lèvres derrières lesquelles se serraient ses mâchoires sur la douleur de retenir ainsi mon poids, seulement de la force de ses doigts. De ce blanc ganté, sa main entourait mon poignet. Jamais je n'avais pu voir son regard brûler d'autant de détermination qu'à cet instant. Il lui aurait pourtant fallu une seule seconde pour lâcher cette emprise, et faire taire les doutes qu'elle m'avait confié. Il lui suffisait seulement de lâcher. Bientôt, je pus de nouveau sentir le pont sous mon corps qui s'écroulait presque sur celui de l'Adrestienne essoufflée. Sa main ne m'avait pas quitté alors que je pouvais sentir mon souffle saccadé et mon cœur palpiter. L'excitation dans mon sang parcourir la moindre de mes veines.

Je levai enfin les yeux, essayais de me relever, aidée de la souveraine. La vouivre était attachée, enchaînée, clouée au sol. Dépossédée. Elle ne cessait de hurler. Tous affichaient un sourire fier, lèvres étirées, tandis que lentement s'approchait de la bête la Brigiliène sous mon regard ébahi. Je fis quelques pas, manquai de trébucher, ne voulant rester en retrait du spectacle qu'elle nous offrait, lorsque sa main délicatement se posa, sur la tête de la bête que paisiblement, elle caressa. La créature cessa presque immédiatement de gronder, lorsque son regard se planta dans celui de Petra. Le tension environnante disparut aussitôt, comme si l'osmose entre ces deux êtres vivants réveillait les forces de la nature, lorsque se soulevèrent pour la première fois dans l'air, les premiers flocons de l'hiver.

Quelques minutes seulement, et le sol fut habillé d'un épais manteau blanc.