Oh. My. God.
Nous sommes déjà au chapitre 30. Dire qu'il ne devait justement, à l'origine, n'y avoir que 30 chapitres.
Vous êtes moins nombreux à me lire, ahah, mais je vais me réconforter dans mes peluches, ne vous en faite pas ! En plus, je viens d'acheté Xenoblade Definitive Edition, et je suis déjà traumatisée.
Merci à ceux qui sont là pour les review laissés !
Eatoce : Hey hey ! Tu commences toujours comme ça, ahah ! Non tu avais bien interprété ! J'adore ! Byleth est une guerrière, pas une géographe et encore moins une politicielle ahah xD Oh, tu es vraiment perspicace, par rapport à la conversation entre El et Hubert ) Je te remercie pour tes mots, qui eux aussi, sont souvent très « justes ». J'aime vraiment lire ton analyse à chaque fois, merci beaucoup ! :D
Tartina-sama : PAVE ! :D *agite la tête* T'es fan de rien de ce que j'aime, c'est bon, j'ai compris ! *va réconforter Rhea* *lui passe une ceinture pour pas qu'elle s'agite de trop* Oh, t'as le palpitant qui a fait boom boom ? D : Mais c'est bon signe ! *écoute si ça bat encore* Moui ! Je suis sur ma playlist de « the faim » et je sais pas pk en plein milieu y'a « j'ai faim de toi » un truc a la cond es années 80 qui vient se glisser... bref... xD Oh, la queue de Rhea... Tu crois elle peut partiellement se changer en dragounette ? :3 Ca doit être top mimi. Ah merci pour les descriptions, j'ai essayé de faire attention xD Ah mais c'est souvent que je fais des références aux aigles en tant qu'oiseaux XDDD j'ai pas encore parlé de Bernie qui couve ses oeufs xDDD Oh pas besoin de me le dire, tkt, j'imagines bien comment ça s'agite héhéhé xDD Bon, comme d'hab, merci à toi ! xD
Mijoqui : Coucouuuu ! Ah ! Moi aussi c'est un de mes préférés ! xD Seteth j'ai adoré écrire le paragraphe sur lui XDD Et sa considération ! Moi j'aime bien catherine je sais pas trop pourquoi, je la trouve cool xDD Elles se sauvent mutuellement, c'ests i beau !
Lucina : Alors à l'origine, il devait y en avoir 30. Mais je me suis décidée sur 45/50 maxi maxi (plutôt 45 d'ailleurs) donc je pense que j'en vois la fin. J'ai déjà les 3 derniers dans ma tête d'ailleurs.
Enjoy !
Chapitre XXX - Sentiments Egarés
Mon corps tout entier me rappelait chaque minute la difficulté de la mission que l'on venait d'accomplir. J'avais la même sensation que si j'étais tombée du haut de la tour de la déesse. Je connaissais d'ailleurs quelques personnes qui auraient bien été capables de m'y pousser. La vouivre ne m'avait pas loupé, j'en garderai d'ailleurs des cicatrices, qui ne viendraient que s'ajouter à celles qui décoraient déjà ma peau. A l'heure de ma mort, mon cadavre témoignerait de tous mes combats passés, car j'étais déjà recouverte de vieilles blessures, de la tête aux pieds.
Cela faisait plusieurs heures que j'attendais, bien malgré moi, dans la petite pièce qu'était l'infirmerie, assise sur un lit, m'impatientant. Le déléguée des aigles avait insisté pour que je me fasse examiner, après notre combat, et Manuela avait presque sursauté en voyant mon état. Quelques côtes cassées, rien de préoccupant, mais une vilaine et profonde plaie à la tête. Aussi, il était plus prudent que je passe la nuit ici, avait-elle dit. J'avais refusé tout usage de magie, surement trop terre-à-terre, et préférai garder les marques de cette bataille comme un trophée. Et puis, mes cheveux bleus feraient très rapidement disparaitre la balafre pour qui ne saurait la voir. Je levai mon haut, examinai ma peau, passai mes doigts sur les zones plus douloureuses dont la couleur avait tourné au violet. Ce n'était pas très joli. Je m'allongeai un instant, fermai les yeux.
« - Et bien, ta tête est plus solide que des rochers. »
Oh, non. Pas encore. Je m'étais surement endormie alors que je me retrouvai dans ce lieu qui devenait, nuit après nuit, plus familier. Et cette gamine, qui me toisait, qui ne cessait de m'importuner. Je soupirai.
« - Ton imprudence creusera ta tombe. »
Ah. Voila qu'elle recommençait à me faire la leçon. Enfin, je commençai à avoir l'habitude maintenant, et n'y prêtai attention. Son regard semblait toujours empli d'indifférence à mon égard, et pourtant, elle continuait de me hanter, je restai assez sceptique quant à ces apparitions. La meilleure solution était de l'ignorer, peut-être qu'ainsi, elle finirait par se lasser.
Je jetai un œil autour de moi, bien plus calme que d'habitude. Je ne cessai de me demander pourquoi il faisait aussi sombre, je voyais à peine mes pieds. Je fis quelques pas par-ci, m'enfonçai dans l'obscurité par-là, qui me ramenait indéfiniment au centre de la salle, devant les escaliers. J'essayai un autre côté, même résultat. C'était très agaçant. La seule façon de sortir était-elle donc de me réveiller ?
« - Hey ! Tu es vraiment en train de m'ignorer ?! »
Absolument. J'essayais de ne pas penser cette réponse trop fort, puisqu'elle semblait lire en moi. Je me demandais d'ailleurs ou s'arrêtait sa clairvoyance. Lisait-elle dans mes pensées, au moment même où celles-ci prenaient forme ? Et puis, depuis quand trouvai-je cela réel ? Seulement possible ? J'avais du me cogner la tête vraiment très fort. Ah. L'obscurité commençait à s'effacer, la gamine aux cheveux de jade leva les yeux un peu partout, comme consciente de ce qui arrivait. Quant à moi, je me réveillai simplement.
Je me redressai sur mon lit, grinçai sur la douleur dans mon abdomen sur lequel je posai instinctivement a main. Dans quelle état me trouvai-je ? Je soupirais alors. Ce n'était pas mon genre de me laisser aller, et j'avais connu nombre de blessures plus importantes, mais il ne faisait aucun doutes que mes entraînements allaient en prendre un coup. D'ailleurs, il fallait que je mesure moi-même le niveau de ce handicap qui m'affublait. Je décidai de ne pas écouter Manuela, je ne pouvais davantage rester ici, à ne simplement rien faire. J'attrapai ma cape dont on m'avait privé pour m'examiner, et me dirigeai vers la porte que d'un geste j'ouvrai.
J'écarquillai les yeux quand je rencontrai ses prunelles parme, sur son visage étonné. Si j'avais voulu discrètement m'éclipser, c'était déjà peine perdu, maintenant que la future impératrice, ennuyée, semblait me juger.
« - Professeure... s'agaçait-elle déjà. Pourrais-je savoir où vous comptiez aller ? »
De toutes les personnes du monastère, il avait vraiment fallu que je la croise. Pouvais-je me risquer à un mensonge ou l'Adrestienne me connaissait maintenant assez pour les déceler ? Peu importait, feinte ou vérité, le tout était de m'en aller.
« - Seulement m'entraîner un peu, préférai-je être franche.
- Vous n'êtes pas croyable, se plaignait-elle en soufflant désagréablement.
- Je ne supporterai pas de rester plus longtemps ici à ne rien faire. »
Et sur ses paroles, je passai à côté, bien décidée à ne pas rester une minute de plus les bras branlant. La pression de ses doigts se fit presque instantanée sur mon poignet lorsqu'elle me retint, me forçant à me retourner pour la confronter de nouveau.
« - Je ne crois pas, m'interdisait-elle. »
Je soupirai alors que son regard m'ordonnait presque de bien me tenir. Sacrée future impératrice, pensai-je alors. Elle était pourtant elle même bien placée pour savoir que ne rien faire n'était pas dans mes habitudes, ni dans les siennes.
« - Son Altesse s'inquiéterait-elle pour moi ?
- P- Pardon ? s'insurgea l'aigle. Je m'assure seulement que votre inconscience ne vous mène pas vers la mort. »
Ben voyons. C'était certainement ça, alors, même si j'aurais pu jurer avoir vu sa peau d'ivoire se teinter, un court instant. J'abdiquai. Le terrain d'entraînement ne serait pas mon isoloir ce soir là. Le seul chemin qu'il m'était permit d'emprunter était celui des dortoirs, mais c'était toujours mieux que de rester à l'infirmerie, dans laquelle je ne me sentais que peu à l'aise, sans l'ombre d'une intimité.
« - Vous n'êtes pas obligé de me suivre jusqu'à ma chambre, indiquai-je à la souveraine qui marchait dans mes pas.
- Vous connaissant, professeure, cela me semble pourtant nécessaire. »
On ne pouvait définitivement pas dire non à la future dirigeante d'Adrestia, et puis, je n'aurais osé la contrarier, pas quand chacun de ses geste, chacune de ses paroles, trahissait l'attention qu'elle me portait. Quelques temps encore auparavant, j'aurais pu m'en incommoder, mais ce soir, bien au contraire, je préférai en jouer. J'avais peu à peu, trouvé sa présence agréable à mes côtés même si jamais, ô non jamais, je n'allais lui avouer. Je ne pouvais lui donner pareille satisfaction.
Je m'arrêtai devant la porte de ma chambre que j'ouvrai, et me tournai vers la souveraine. Elle pouvait ce soir se réjouir d'avoir gagné la manche, alors que pour la toute première fois, j'avais sagement obéis à l'un de ses ordres, ou plutôt à l'une de ses recommandations, devais-je dire. Loin de moi l'idée de vouloir l'inquiéter un peu plus, elle avait certainement eu raison. J'étais peut-être trop imprudente, mais ma vie se me semblait jamais avoir eu assez de valeur pour la considérer, assez, pour éviter les risques. Tel était l'état d'esprit de la mercenaire que j'étais.
« - Attendez un instant. »
Je vis la jeune femme disparaitre vers les escaliers, me laissant dans l'incompréhension. Attendre ? Attendre quoi ? J'haussai les épaules, n'écoutai pas, et entrai dans ma chambre avant de m'affaler devant la fenêtre par laquelle je me m'abandonnai à admirer la neige qui tombait. L'hiver était une magnifique saison, celle que je préférais. J'aimais le froid mordant du vent sur ma peau, qui me donnait l'impression de vivre. J'aimais voir les flocons danser, avant de s'évanouir. J'aimais voir le paysage se recouvrir d'un épais manteau blanc. Lorsqu'il neigeait, toute trace de lutte ou de bataille disparaissait, s'effaçait. Il ne suffisait que de quelques minutes pour que l'hiver recouvre la mort, même lorsque celle-ci était teintée de rouge. Le froid glacial faisait même disparaitre mes propres ténèbres.
« - Professeure ? »
L'Aigle de Jais me tira de mes profondes pensées, alors qu'elle était revenue avec une bouteille d'alcool et quelques bandes à la main. Je levai un sourcils sur elle, lorsque son regard suivit d'un geste de sa tête m'invita à m'asseoir. Je m'exécutai, peu encline à lutter ce soir.
« - Si vous me permettez... chuchota-t-elle penchée sur moi. »
Je retirai ma cape trop encombrante, et laissait ses doigts s'aventurer sur moi. J'arrivais à les sentir hésitant, alors que même le souffle de ma future impératrice semblait irrégulier sur cette situation des plus cocasses.
« - Vous n'êtes pas sans savoir que Manuela s'est déjà chargée de ça. »
Ses yeux se froncèrent de façon plus sérieuse lorsqu'elle se heurta à la couleur de ma peau, sans tenir compte de ma remarque. J'avais au moins la moitié de l'abdomen recouvert d'ecchymoses. Mes lèvres grimacèrent de douleur lorsque ses doigts m'effleurèrent. L'alcool brûlait maintenant ma peau, ou alors était-ce la chaleur de la sienne, je ne savais le dire. Je la laissai juste tapoter les blessures du tissu imbibé du liquide. Je pouvais sentir ses doigts trembler. Ses mains se posèrent ensuite sur mes joues, alors qu'elle penchait délicatement ma tête sur le côté. L'odeur de l'alcool se fit bien plus fort alors qu'elle passait derrière mon oreille, bien concentrée. Mes mâchoires se serrèrent sur la désagréable brûlure, malgré toute la délicatesse qu'elle prenait, cette blessure était plus douloureuse. Mais je la supportai. Je l'aurais d'ailleurs supporté un millier de fois tant j'aimais la douceur de ses gestes.
« - Vous n'êtes pas raisonnable... souffla-t-elle exaspérée. »
Non. Ce qui n'était pas raisonnable, était sa façon de s'inquiéter. Sa façon de me toucher, délicatement, tendrement, alors que ses doigts passaient finement dans mes cheveux. La façon plus qu'indécente que ses yeux avaient, de brûler ainsi ma peau. La fragrance de son parfum, délicieuse odeur, qui m'emportait. Et surtout la facilité qu'elle avait, de faire mon corps tout entier se consumer, entre ses mains. Ce don d'envahir mes pensées, pour ne plus en sortir. Me rendre dépendante, de sa présence, de son sourire. Me faire lentement mourir.
« - P- Professeure ? articulait-elle. Pourquoi me regardez vous ainsi ? »
Ses joues prirent une teinte vive des plus exquises. Mon esprit s'embrumait et mes mains se posèrent machinalement sur sa taille, je n'avais pas cœur à placer une distance raisonnable entre nous, lorsque mes bras se croisèrent dans son dos et que je vins enfouir mon visage dans sa poitrine pour me noyer de son parfum. Comment pouvais-je me montrer aussi faible ?
« - El... étouffai-je. »
Son corps tout entier trembla sur l'accélération de son pouls. Je pouvais distinctement l'entendre dans sa petite poitrine. Badam, badam. Douce mélodie. Dans le silence qui c'était installé, seul son rythme cardiaque venait tinter mes oreilles, ainsi que le mien. Je la tirai légèrement vers moi, ses cuisses rencontrèrent les miennes, ses doigts s'aventurèrent entre mes cheveux et ma nuque, tandis que ma tête vint parfaitement se lover dans le creux de son cou. Comment ce geste simple et ce laisser-aller pouvaient paraitre si agréables... Je m'oubliai.
Son corps frémissait sur le souffle qui s'échappait de ma bouche semi-ouverte, sa peau laiteuse était si chaude, si douce. L'odeur qui s'en dégageait m'enivrait totalement lorsque je l'effleurai, délicate caresse. J'aurais pu rester ainsi, pendant des heures, des jours, des nuits, tant mon cœur tambourinait sur la fréquence du sien. J'écartai son visage que je saisi d'une main, mon regard se fondit dans le sien, sa respiration disparu dans la mienne. Ses yeux reflétaient un nombre d'étoiles qu'il m'était impossible de compter, mais j'admirais chacune d'entre elles, ne pouvais m'en lasser. Son souffle caressa mes lèvres quand je vins effleurer les siennes, que je pressais tendrement, jusqu'à ce que ma langue ne se glisse, doucement s'invite, pour aller rencontrer la sienne. Elles se redécouvraient, se mêlaient et dansaient, au fur et à mesure que mes joues se réchauffaient, sur cette délicieuse étreinte. Je sentais le poids des heures, des jours, et des semaines passées, tant tout mon être n'avait cessé de la réclamer. Aujourd'hui, je n'étais plus capable de lui dire non, je n'étais plus capable de lutter. Il m'était impossible d'éteindre ce brasier, celui-là même qui me consumait, et que de son premier regard, elle avait attisé. Mon sang devenait lave, mes pensées devenaient cendres, quand ne restait de mes craintes et mes appréhensions que du charbon. D'un seul regard, elle avait tout balayé. Les ailes d'Edelgard battaient telle la tempête sur mon âme. Un ouragan dans ma vie.
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Les minutes défilèrent, peut-être même les heures, alors que mes yeux ne quittaient plus le visage de mon aigle, parfaitement endormie. Je n'osai le moindre geste, tant ce moment me paraissait sacré, alors que ses mains s'agrippaient machinalement sur mes vêtements. Pour rien au monde, je ne voulais briser cet instant. Mes doigts hésitèrent avant de glisser le long de ses longs cheveux blanc, pour venir redécouvrir sa peau immaculée. Je retraçai les contours de son visage si parfait, bercée par sa respiration. Mais je devais me rendre à l'évidence, il me serait impossible de fermer les yeux. Je lui esquissai un sourire, qu'elle ne contemplerait jamais, avant de lentement me relever. Je ne devais la réveiller. Sur ses épaules, ma cape recouvrit ses plumes, avant que je quitte silencieusement la pièce.
La nuit était ce soir aussi sombre que pouvait l'être mon esprit. Je m'émerveillai sous cette voute céleste, sur le dernier quartier de lune qui semblait désespérément tenter d'exister parmi les centaines de constellation scintillantes, qui viendraient bientôt l'effacer. Aussi magnifique qu'il puisse être, un astre savait parfaitement par moment devoir disparaitre. Après tout, la lune n'existait que pour embellir le soleil, et donner jour à la vie, en laissant s'éteindre la nuit. Je n'en avais que trop conscience, tant la douleur dans ma poitrine était intense.
Il faisait frais, les crocs du froid de Fódlan me mordaient. J'aurais pu moi aussi, rester à l'abris, dans sa chaleureuse étreinte, jusqu'à minuit. Mais au fond de moi, je savais parfaitement n'en avoir que déjà trop profité. Il était temps pour le crépuscule de laisser place à l'aurore, pour lentement s'éclipser. Ce trou béant dans ma poitrine.. ne cessait de péniblement s'agrandir.
L'étang était si calme que j'aurais presque pu voir la faucheuse danser sur les reflets cristallins de son eau, dont les poissons venait caresser la surface, feindre une danse sur sa funeste robe. La journée, l'endroit était bien trop peuplé pour prendre plaisir à m'y aventurer, mais lorsque le soleil se couchait, ce lieu semblait re-décoré. Seul le silence venait trouver grâce à mes oreilles, lorsque je m'abandonnais. Cette solitude éternelle était ma seule souveraine. Mon allégeance jurée à moi-même.
Le ponton de bois encore mouillé grinça au passage de mes pas, lorsque à son rebord, je m'installai. J'aimais faire ça, pendant des heures que je ne savais compter, seulement me détacher du temps qui indéfiniment s'écoulait. L'eau scintillait, j'arrivais très distinctement à contempler la lune dans ses reflets, pourtant masquer par les épais nuages. J'entendis le bruit des talons claquer contre les planches, sans même me retourner, avant que mes épaules ne soit recouvertes de ce tissu sombre et épais. L'écho du soleil apparut à la surface de l'eau.
« - Vous tremblez. »
Ah. C'était bel-et-bien possible, mais peut-être pas seulement à cause au froid. Non, ce n'était pas seulement mon corps qui ainsi, réagissait. Mon cœur, mon âme, tout lui appartenait. Et c'était bien là, ce qui me terrifiait.
« - J'ai pendant un moment pensé que vous étiez partie vous entraîner.
- Je n'aurais osé vous contrarier. »
Il était si déconcertant, que sa seule présence puisse à la fois m'apaiser, et pourtant tant m'inquiéter.
« - Permettez-moi d'en douter. »
Ce petit rire, à peine dissimulé, ne laissait aucune place aux remords, ou au regret. Pendant un instant, mon esprit embrumé en oubliait même que ma plus grosse erreur, fut d'avoir succombé. Une mercenaire torturée, une souveraine ébréchée, quel avenir pouvait-il y avoir pour deux âmes abîmées ?
« - Vous me connaissez peut-être trop bien, due-je bien lui avouer.
- C'est ce que j'aimerais penser... laissa-t-elle échapper. »
Sa voix tintait de raison, mêlée à tout ce trouble, qui nous définissait. Celui de nos sentiments égarés.
« - Edelgard...
- Je sais, professeure. Je sais. »
Dans ce monde, il était difficile d'accepter l'évidence. Plus encore, celle-ci n'avait d'ailleurs souvent pas sa place. J'étais une mercenaire, rongée par mes propres ténèbres, et elle, l'héritière de l'empire, appelée à gouverner. Etait-ce seulement possible d'entrevoir la lumière, dans l'ombre qui guidait nos pas ?
« - Certaines choses ne se mesurent pas aux mots que l'on emploie. »
Depuis quand faisais-je preuve d'autant de clarté ? Peut-être était-ce la lune, qui cette nuit, éclaircissait mes pensées.
Ou bien la chaleur de nos doigts, entrelacés.
