CHAPITRE TREIZE

LE MONSTRE TAPI DANS L'OMBRE

─ ─ Ile Framboise ─ ─

─ ─ Maison occupée par les corsaires ─ ─

Après avoir leurré le haut-officier et l'avoir enfermé dans un placard, Zoro se rhabilla. Il se demandait si Nami était en train de s'imaginer le pire le concernant et si ça créerait une distance encore plus importante dans leur relation. En tout logique, elle devait se trouver derrière la porte gardée. Il allait devoir faire rapidement. Il quitta la chambre, après s'être rhabillé correctement en officier.

Il s'arrêta devant un homme dont il ne se souvenait pas. Pourtant, ils s'étaient déjà rencontrés.

Originaire des îles célestes comme Ohm, Satori était autrefois un homme obèse aux cheveux rouges. S'il avait gardé sa couleur de cheveux, il avait perdu en poids tout en restant un homme corpulent. Il portait toujours des lunettes rouges cachant ses yeux. Il avait un grand sourire et un grand rire.

Fort heureusement pour Zoro, Satori n'était pas non plus très doué pour reconnaître les personnes. D'autant que Zoro avait énormément changé et qu'il ne se souvenait que des personnes contre qui il avait perdu : Sanji, Usopp et Luffy. Le reste de l'équipage du chapeau du paille ne l'avait guère marqué.

Zoro se pencha vers l'homme pour lui demander calmement :

─ Auriez-vous un peu de temps … pour …

Il glissa ses doigts sur le haut de l'homme. Le simili ange ne lui arrêta pas la main. Être au service de Ohm était une honte et une humiliation pour lui. Autrefois son égal, il était contraint avec les autres prélats à être désormais à son service. Aussi, l'idée de pouvoir se distraire un peu lui plaisait-il. D'autant que du militaire face à lui émanait une sexualité puissante.

─ On ne peut pas entrer, répondit d'une voix peu convaincu Satori dont le rire s'éleva.

─ On peut le faire ici …, souffla Zoro.

Sa main descendit le long de la salopette blanche du rouquin, venant se coller à lui.

─ Où est l'homme qui vous a accompagné …

─ Épuisé … répondit Zoro plaquant sa main plus solidement sur l'entre-jambe du rouquin.

Ce fut le ton suave qui fit vriller Satori. Il ouvrit la porte, tirant Zoro contre lui. Zoro prépara son arme. Le sourire de Satori s'agrandit alors que son pouvoir de prédiction s'activa lui permettant de retenir juste à temps la main de l'épéiste lui faisant lâcher son arme. Alors comme-ça, ce misérable humain voulait l'attaquer ?

Satori avait la capacité d'anticiper les prochaines secondes. Zoro venait de commettre une erreur.

Sous la surprise d'être aussi vite paré, Zoro se retrouva contre le mur. Il se mordit la lèvre, cherchant du regard où pouvait se trouver Nico Robin. Du sang se trouvait près du placard, ses yeux remontèrent sur le lit où le cadavre d'une femme se trouvait.

─ Ne t'en fais pas, tu la rejoindras vite ! rit le prélat.

Des boules blanches bloquèrent les mains de Zoro contre le mur. Son dos se colla dessus en même temps que Satori lui défit sa chemise. Il lui retira son tee-shirt, le passant au-dessus de sa tête. A peine l'eut-il détacher pour le faire, que Satori pu prédire que Zoro allait lui sauter dessus pour l'assommer et chercher dans la pièce. C'était donc ça. L'homme cherchait la femme.

Il arrêta à nouveau le mouvement prévisible et les autres qui survirèrent, le déshabillant complétement. Le laissant nu, il posa avec soin ses habits sur le bord du lit.

Ses doigts glissèrent sur le torse de Zoro, reconnaissant cette cicatrice comme une pièce d'identité claire. S'il ne se souvenait plus du visage de l'escrimeur, il savait ce que signifiait cette marque. Sa bouche vint se coller à l'oreille de Zoro :

─ Ta petite-amie est dans le placard. Fais un mouvement de trop, et je m'occuperai d'elle. À moins que tu ne veuilles qu'elle assite à la scène ?

Zoro fixa en direction du placard, dont l'angle était peu visible où il se trouvait. Pouvait-on le voir de dedans ? Il dégluti. Une trace de sang apparue sur son torse. Le rouquin se mit à rire, remonta ses doigts tachés jusqu'à ses lèvres.

─ Vous n'auriez jamais dû revenir.

Zoro aurait bien aimé répondre mais il ne le reconnait toujours pas. Il jugea aux ailes qu'il était sans doute de la bande à Ener sans qu'il n'en soit certain.

─ T'es un sous-fifre d'Ener ? … D'Ohm ? tenta-t-il de comprendre.

Cette question entraina une suite de blessures sur le corps de Zoro provoqué par l'arme à la main de Satori. Il ferma douloureusement les yeux avant de les rouvrir avec dureté. Nico Robin était dans la même pièce, il ne devait pas faire de bruit.

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La suite du chapitre comporte des éléments durs.

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Après avoir entièrement dénudé et attaché l'escrimeur, Satori perdit du temps à observer le corps de Zoro Roronoa. Il l'avait reconnu à cette marque légendaire qui marquait l'intégralité de son torse en une diagonale bien visible. Malgré ses longs cheveux noirs, la douceur de ses traits, ses deux yeux corbeaux et son allure bien plus svelte que sur les affiches, cette cicatrice avait créé du lien.

Satori n'avait jamais combattu contre Zoro. Il savait que ce dernier avait vaincu Ohm ce qui devait signifier une certaine puissante. Contrairement à nombreux autres habitants des îles célestes, Satori avait reconnu sa défaite et reconnu avoir sous-estimé ses adversaires. Ses petits-frères lui en voulaient de cet aveu de faiblesse mais cela l'avait rendu plus fort. Il se méfiait de toutes les petites souris.

Voir Zoro Roronoa devant ses yeux lui attira un sourire pervers et diabolique. Contrairement aux autres prélats, ce n'était pas la mort qui l'attirait au premier abord mais l'amusement et la torture. Cet être devant lui semblait brisé. Trop brisé pour être un adversaire respectable mais il sentait en lui une rage qui n'attendait qu'à exploser.

Raison pour laquelle, il fit apparaître une petite boule blanche entre ses doigts grâce à son fruit du démon de la taille d'un grain de raisin. Jouant avec, Satori déposa la petite boule devant l'œillet fermé de l'épéiste qui se contracta. Zoro ne fit aucun geste pour éviter ce qui allait arriver. Il savait que ça ne servait à rien. Satori l'introduisit à l'intérieur de l'épéiste qui se contracta en sentant la boule se dissoudre pour devenir un glaçon fondant à l'intérieur de lui. Sa chair forcée se referma sur la petite boule et Zoro grogna avant de ravaler sa douleur.

Les dents supérieures de l'épéiste vinrent mordre sa lèvre inférieure. Une autre boule blanche était apparue entre les doigts de Satori. Il était intrigué. Pourquoi l'épéiste l'avait abordé comme une putain. Des légendes qu'on en racontait, ce n'était pas le genre de personne à séduire. La seconde boule s'introduisit en Zoro explosant sous un liquide aphrodisiaque et provoquant une dilatation des chairs.

La chaleur diffuse se répandit dans le corps du captif. Les cuisses de Zoro devinrent humide de l'eau et de cette substance qui glissait entre ses jambes. Ses yeux se durcirent devenant assassins. Il ne fit aucun bruit, tirant largement sur ses poignets, cherchant une solution à son problème d'entrave. Ce n'était pas la première fois qu'il se retrouvait attaché. Il avait connu Luffy en étant attaché.

Totalement prisonnier d'un abruti, Luffy lui avait sauvé la vie. Dès le début de leur relation, il avait su être un ami sur qui on pouvait compter. Il était apparu dans sa vie comme ça, par hasard, tendant la main et disant : « Sois dans mon équipage ! » Et il avait disparu comme il était venu, sans laisser le temps à Zoro de s'y préparer. Lui donner autant de bonheur d'un coup pour le reprendre ensuite, voilà la cruauté de Luffy.

Satori apprécia le spectacle et la réaction de cette seconde bulle à l'intérieur de son prisonnier. Il vit le membre pendant de ce dernier tressaillir sous l'effet de la substance aphrodisiaque. Il fit apparaître une troisième boule blanche, un peu plus grosse que le précédente et l'inséra par voie annale.

Le corps du bretteur se contracta sous la douleur intrusive. Ses dents s'enfoncèrent davantage dans sa bouche alors que l'objet se mit à remuer en lui semblant fouiller ses chairs et les étirer. Du sang glissa de ses lèvres tout autant que de son antre, glissant sur ses cuisses et le souillant. Satori se rapprocha pour caresser les cheveux de Zoro entre ses doigts, avant de s'accroupir brutalement. Son regard avisé avait repéré une marque. Il rit, soudainement, sa main tordant la peau à un endroit protégé auparavant par la chaussure de Zoro.

Une marque s'y trouvait apposée de l'encre des nouvelles forces. Pour tenir leur régime totalitaire, les nouvelles forces marquaient chaque individu d'un sceau : des membres du gouvernement, à la putain, chacun avait des devoirs et des droits. Les mendiants, les prostitués et les esclaves étant dans la plus petite castre. Le sceau des prostitués était particulièrement remarquable et ne pouvait être confondu avec aucun autre. Il était là pour rappeler que désormais l'individu n'était plus qu'un corps appartenant généralement à un maître. Les prostitués devaient se soumettre au plus haut commandant. Ils n'avaient pas le droit de se refuser à ces derniers. Ils étaient leurs chiens. Zoro avait cette marque et s'il l'avait c'est que des hommes et des femmes s'étaient appropriés son corps.

Voilà ce qu'était advenu de Zoro Roronoa alors que son amie à nouveau prisonnière l'était déjà dans un endroit digne des enfers. Est-ce que ça avait toujours été le cas ? Le second du chapeau de paille avait-il été la putain de l'équipage servant à assouvir leurs besoins physiques ?

Satori ricana. Il l'imaginait parfaitement agenouillé devant le blond et le capitaine au chapeau de paille qui l'avaient battu. Il devait se les enfiler par devant et par derrière. Satori comprenait. Il aimait le sexe pour le sexe. Peu importait la personne. S'il avait eu Zoro sous ses ordres, ce dernier n'aurait jamais pu marcher. Sa main vint attraper le visage de Zoro entre ses doigts alors qu'il se relevait :

─ Je me demande la tête que ferra Ohm quand il apprendra par quoi il a été battu.

Ohm qui aimait tant tuer les prostitués, les pauvres, les mendiants et les malheureux pour les soulager. Quelle tête fera-t-il en sachant que sa némésis était dans le camps qu'il méprisait le plus ? Glissant sa langue sur ses lèvres rieuses, Satori fit apparaître une autre boule blanche l'introduisant en Zoro dont le regard s'ouvrit sous la surprise. Il avait l'impression que la boule venait de le mordre et il détourna le visage. Il n'implorerait pas. Il ne céderait pas. Il ne pleurait pas.

Un petit serpent quitta la boule blanche, se mettant à s'enrouler à l'intérieur des chairs étroites. Ses crocs se plantèrent dans la prostate de l'homme, injectant son venin pervers. Le membre de l'escrimeur se redressa à ce contact. Honteusement, Zoro savait parfaitement que son corps allait finir par être réactif, comme suivant une partition.

Satori déposa sa main salie du sang de Zoro sur son torse, y laissant l'empreinte de trois de ses doigts. Puis il les remonta vers les lèvres résolument closes de l'escrimeur.

─ Toi qui était si avenant tout à l'heure, tu refuses d'ouvrir la bouche ?

Les doigts pressèrent davantage la mâchoire de l'épéiste qui cracha sur Satori. Ce dernier eu un rictus de le voir encore vif et prêt à en découdre malgré l'inaction dont il semblait faire preuve. Il profita de cette ouverture pour introduire ses doigts, mimant une fellation, malgré les morsures que lui offrit l'escrimeur. Il aurait aimé achever Zoro et laisser son cadavre violé sur le lit de Ohm pour voir la tête de ce dernier quand il comprendrait qu'il ne pourrait pas avoir sa revanche. Seulement, Satori avait deux jeunes frères travaillant aussi pour le nouvel ordre et pour Ener. Trahir Ohm, c'était risquer qu'ils ne finissent blessés, morts ou putains. Dans ce nouveau régime, on était à l'abri de rien. Du sang glissait des doigts de Satori provoqué par les dents de Zoro et Zoro du se mettre à boire le sang pour ne pas s'en étouffer.

Satori savait qu'il avait quelques heures devant lui. Ohm était occupé à recevoir des grandes pompes pour préparer la journée du lendemain et il ne comptait pas leur dire que Nico Robin s'était enfuit. Parce qu'il espérait bien obtenir d'elle des informations sur le reste de l'équipage et qu'en dévoilant sa fuite, il serait obligé de la livrer et de la rendre aux enfers. En agissant ainsi et en mettant Satori dans le secret, il venait de créer une faille bien clair.

Zoro se contracta. Une ombre noire voilant son regard de haine et d'envie de meurtre. Une ombre qu'il essaya de garder en lui. Une ombre de son passé qu'il ne voulait pas revoir. Un démon voulant sortir et qu'il devait retenir.

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Le chapitre comporte des éléments durs et difficiles. Vous pouvez choisir de ne pas lire le chapitre 14 mais de passer directement au 15.

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