Bijour !

Je sais, je n'ai pas posté mon chapitre en temps et en heure. J'ai repris le taff en présentiel et j'ai moins de temps pour moi. Du coup je poste quand j'y arrive... Et je n'ai pas écris depuis deux semaines, donc je tape maintenant dans mes réserves.

J'ai ris en relisant ce chapitre. J'espère qu'il vous plaira !

La réponse aux review :

Mijoqui : Cookie ! *le prend* Je me demande aussi ! *clin d'oeil clin d'oeil* héhé ! El est attentive au bien être de Byleth ) Patience pour Sothis ! On va y aller en douceur, hein xD Nan, je ris pour l'alcool, mais tu n'es pas le seul à y avoir pensé, alors que ça ne m'avait pas du tout traversé l'esprit ! Petit chapitre tranquillou ! Le calme avant la tempête !

Eatoce : Encore et toujours merci ! :D Il faut se reposer entre deux chapitres fatiguant ) Ah mais les cicatrices je trouve ça cool aussi xD Merci pour tes compliments sur les descriptions, ça me touche et me fait vraiment plaisir ! Ah les deux forment un « couple » très atypique. Est-il seulement possible d'ailleurs ? Je ne suis même pas sûre que les deux se posent la question ! Ou plutôt se caractérisent comme un couple ! On espère que l'amour triomphera !

LCDAH : Merci pour ces review ! xD Pas de soucis pour le retard *regarde le sien* ouch... J'ai adoré écrire le petit passage avec Seteth, j'avoue ! Ah j'aime bien Catherine aussi, ravie de voir que je ne suis pas la seule ! Moi je l'ai recruté que dans la voie de l'église du coup ! Et oui, elle allait pas suivre El ! xD Oh j'adore la comparaison que tu as fais entre les haches et leurs coeurs xDD Pour Byleth, quelques côtes cassées, c'est quedal ! (on se demande ce qu'elle à pu vivre du coup xD) OOOH, tu es d'accord avec El ! *note ça* Ah toi aussi, comme Mijo, tu as pensé à la beuverie ! mais non, pas cette fois ! Merci pour tes review )

Tartine : Toi et Xenoblade... xD Tu as trouvé le temps d'y jouer du coup ? Moi pas ! Je pense pas que El les ai compté ! Elle est bien trop occupée pour ça ! Parcontre peut-être que By l'a fait ! J'essaie de faire comme dans le jeux en plus « prononcé » pour Byleth et Sothis xD Pas toujours évident ! C'est joli la neige oui ! Byleth aime la neige (pourquoi ? Car j'aime la neige aussi ? Peut-être !) J'ai essayé de donner un peu plus de dialogue entre Byleth et Edelgard car je trouve que les deux ne parlent pas beaucoup depuis le début xDDD Tout en gardant leur répartie et leur « complicité ». Pas évident non plus. Poète quand je le veux ) Le passage de la lune et du soleil, comparaison entre Byleth et El, a demandé plus de reflexion qu'il n'y parait xD Je voulais pas que ca fasse genre trop cucul xD Je ne dirais rien sur la fin, ahah, mais je suis ravie de voir que tu te poses la question ) A tout bientôt !

Lucina : Merci pour ta review, et pour ta lecture régulière )

Sur ce, enjoy !


Chapitre XXXI - Saint Indech

Cela faisait plus d'une dizaine de jours maintenant que les journées me paraissaient aussi longues qu'elles pouvaient être ennuyantes, mais aussi, parfaitement calmes, alors que le mois du Pégase venait prendre fin, et que celui de la Solitaire - qui ne reflétait que trop bien mon état d'esprit - commençait. Rien d'étonnant à cela, puisqu'à la fin du troisième mois de notre calendrier, tous les élèves devaient passer leurs premiers certificats d'aptitudes, et je ne les avais jamais vu si concentrés. J'avais du adapter certaines de mes habitudes, surtout pendant mes quartiers libres, et dire adieu au terrain d'entraînement, ce dernier devenu trop prisé. Même la bibliothèque, d'ordinaire peu fréquentée, était ces derniers jours pleine à craquer. Si mes cours théoriques étaient toujours aussi peu palpitants, j'avais du adaptés les leçons de combats de mes après-midi, à chaque journée sa spécialité. Aussi, la présence de tous les Aigles de Jais était maintenant dispensée, seuls les intéressés venaient y assister. Epéiste, combattant, moine ou soldat, telles étaient les quatre classes pour lesquelles ils avaient du faire un choix.

Si l'épée était pour moi l'arme de prédilection, j'avais imaginé que la classe d'épéiste aurait plus de succès, et pourtant, je me retrouvais la plupart du temps en tête-à-tête avec Petra, sauf lorsque Dorothea nous faisait grâce de sa présence. Cette dernière, encore hésitante. Même constat pour le travail de la classe de soldat, où je passais mes heures seule avec Ferdinand, à travailler la lance. Concernant les futurs combattant, les entraînements étaient groupés avec Edelgard, Caspar et Bernadetta, quand cette dernière sortait de sa chambre. Aussi, il m'arrivait de leur consacrés deux après-midi par semaine, afin de correctement travailler à chacune des armes de cette spécialité. Pour les aptitudes à la magie, j'avais du me reposer sur le soutien de Hanneman et Manuela, et servais ainsi plus souvent de cible que de mentor, pour le reste de mes élèves.

Tous mes aigles savaient parfaitement où ils se dirigeaient, j'avais désormais l'impression d'être la seule à tourner en rond, dans cet immense monastère. Plus que ça, je me retrouvai maintenant la plupart de mon temps avec moi-même, à passer des heures à tergiverser, sans savoir où aller. Depuis notre dernier échange nocturne, je n'avais pas non plus une seule fois recroisé la future impératrice en dehors des cours, elle passait toutes ses journées, toutes ses soirées, et même parfois ses nuits, à étudier, à s'entrainer, et à parler à son ombre. Peut-être n'était-ce pas plus mal ainsi, après tout, les choses redevenaient enfin normales, si elles l'avaient du moins un jour été. Car une journée dans ce monastère, n'avait jamais rien d'ordinaire. Aujourd'hui ne dérogeait pas à la règle, car cette deuxième journée du calendrier de la Solitaire fêtait la Saint Indech.

Les quatre Saints. J'avais pu lire les histoires de chacun, qui avaient combattus aux côtés de l'unique fille de la Déesse, lors d'une terrible guerre contre un Roi rongé par les ténèbres. Les détails ne m'avaient guères intéressés, c'était à peine si je m'en souvenais. Saint Cethleann, Saint Cichol, Saint Macuil et Saint Indech, dont on célébrait la naissance de ce dernier aujourd'hui. J'avais au moins le mérite de me souvenir de leurs prénoms, et c'était plus qu'assez. Une Déesse entourée d'une fratrie, je me faisais déjà ô grand joie de pouvoir en discuter lorsque celle-ci hantait mes nuits. Un récital avait lieu à la cathédrale, encore, suivit d'un discours de l'Archevêque, ou peut-être était-ce avant, je n'étais plus très sûre tant cette activité m'inspirait. J'avais seulement retenu qu'il allait également y avoir un grand buffet, et cela tombait à pic, car mon ventre grondait.

Dans un coin de la nef, je supportais la musique me meurtrir les oreilles, mélodie assassine. Bien que je n'avais que faire de ce que les autres pouvaient penser de moi, je m'étais obligée à venir y assister, un cours instant. L'ennui était vraiment le pire de mes ennemis, et toutes ces dernières journées passées à ne rien faire hormis à enseigner, me donnaient l'impression de n'avoir aucune utilité. Au moins, mon corps avait pu récupérer. Je passai une main dans mes cheveux sur cette pensée, effleurai la cicatrice que le combat contre la vouivre m'avait laissé, ce beau trophée. Je ne sentais presque plus cette blessure, quand mes côtes restaient toujours un peu douloureuses. Il fallait dire que j'avais reprit les entraînements très rapidement, autant pour mes élèves que pour moi-même. Non, sans doute d'avantage pour moi que pour eux, si je devais être honnête.

Ah. La musique se tût, m'offrant une minute de répit, avant d'entendre à nouveaux les chœurs. Ca ne s'arrêtait donc jamais ? J'observai la masse que les élèves formaient, les mains liées devant leurs bouches ouvertes. C'était si désagréable à entendre. Au premier rang, Dorothea souriait, comme chaque fois qu'elle pouvait chanter. Ferdinand lui, était bien entourée entre deux lionnes, la première plutôt grande aux cheveux clairs, et la seconde, bien plus petite à la chevelure de feu. Je reconnus aussi un cerf qui n'avait dans mon esprit pas de prénom, mais dont la coupe violette défiait la décence de mes yeux tant je la trouvai laide. Parce qu'elle l'était.

C'était assez pour aujourd'hui, et surement pour le reste de ma vie, et ne demandai pas mon reste avant de sortir de l'immense cathédrale. Seigneur, l'air frais, enfin, et le silence ! Le pont qui reliait l'église et le hall de réception surplombait un immense gouffre entre les hauteurs des montagnes d'Oghma, le vent qui en soufflait ne trouvait pas d'égal tant je le trouvai agréable sur ma peau. Ce froid si singulier, je ne pouvais m'en lasser. Mes yeux s'écarquillèrent après seulement quelque pas, lorsque je me heurtai à une silhouette familière, le regard perdu sur les étendues de Fódlan. La brise souleva les longueurs blanches, mon corps trembla.

« - Edelgard ? m'avançai-je.

- Professeure ? s'étonna-t-elle. Alors vous êtes venue.

- Je pourrais presque en dire autant de vous, votre présence ici est un exploit. »

C'était bien la première fois que je croisai la souveraine si proche de la cathédrale, quand ce n'était pas pour monter à la tour de la Déesse. Ou peut-être était-ce son intention ? Non, sinon je ne l'aurais pas trouvée là. Ses yeux parmes me fixèrent sur ses lèvres étirées, je sentis presque instantanément tous mes muscles se crisper, silencieuse agonie. Alors je continuai.

« - Hubert n'est pas avec vous ? demandai-je. Il est rare de vous voir l'un sans l'autre ces jours-ci.

- Pas aujourd'hui. Il devait régler certaines affaires le concernant.

- Ou plutôt, vous concernant. »

Cette réponse m'avait échappée.

« - Je devrais certainement vous donner raison, professeure, mais je ne suis pas au fait de tous les agissements d'Hubert. »

Et c'était surement mieux ainsi, sachant de quoi le mage était capable. Pour le bien de son impératrice, je n'osais imaginer toutes les manigances qu'il pouvait dissimuler dans l'ombre, et sur lesquelles Edelgard choisissait consciemment de fermer les yeux. Je soupirai, il n'était vraiment pas là ? Ou bien allait-il d'un instant à l'autre surgir de l'embrasure d'une porte, ou de derrière un rocher. Ah, je divaguais.

« - Et maintenant, que comptez vous faire ? demanda soudain la jeune femme.

- Pardon ?

- Je suppose que vous ne comptez pas y retourner, expliqua-t-elle en désignant les grandes portes de la cathédrale.

- Certainement pas, confirmai-je. En fait, je pensais plutôt me rendre au réfectoire. Voudriez-vous m'accompagner ?

- Avec plaisir, professeure. »

La douceur de sa voie derrière son plus beau sourire me fit l'effet d'une flèche dans la poitrine, alors que cela faisait des jours que je ne l'avais pas vu ainsi. Rester moi-même me demandait un effort d'une difficulté à laquelle je ne m'étais pas attendue. C'était fort déroutant, et tout aussi agaçant.

Nous traversâmes d'un pas sûr et rapide, mais aussi silencieux, la salle de réception puis une partie des jardins avant de nous retrouver dans l'immense vestibule dans lequel Edelgard s'arrêta. Je suivis son regard avant d'apercevoir, plus loin, deux élèves qui semblaient revenir de très loin, ou plutôt, de profond. L'une des deux avait laissé une traînée d'étranges miettes plus que suspectes sur son passage qui décoraient les tapis rouges, assez pour que je puisse retracer non sans aisance le parcours de sa journée. J'étouffai un rire lorsque je la vis enfourner un petit pain sans crier gare dans la bouche de la blonde. Ah, voila qu'elle se dirigeait maintenant vivement dans notre direction, suivit de très près par sa camarade qui ne cessait de crier son prénom. Et bien évidemment, elles ne manquèrent pas de nous remarquer.

« - Oh, mais c'est Dedelle et Pipelette ! »

Encore ce surnom ridicule qui resterait sans doute gravé à tout jamais. La future impératrice n'avait apparemment pas non plus été épargnée.

« - Oh oh oh ! entendais-je déjà raisonner dans ma tête. Votre Altesse ! Notre rencontre fortuite doit être un signe du destin, j'ai une démonstration de magie plus que splendide à vous montrer ! Un sort inédit de la maison Nuvelle !

- Ah, une autre fois, vous voulez bien ? essayait de se dérober l'Adrestienne. Le professeur et moi-même avions une autre affaire à régler... ailleurs. »

Je n'écoutais déjà plus leur conversation qui parlait de thé, ou d'arc-en-ciel, je ne savais plus trop, tant le regard de la louve aux cheveux roses persistait sur moi comme si elle avait peur que je lui vole ses victuailles.

« - Je viens d'acheter ces petits pains, mais je peux vous en donner un.

- Acheté ? répétai-je en tiquant sur ce mot. On sert pourtant un grand buffet au réfectoire pour la fête de Saint Indech. »

Je ne sus dire à ce moment là, si c'était ses yeux, ou bien peut-être son visage qui se décomposait, mais mes paroles semées dans sa tête telles des graines fleurirent en de délicates petites bombes, alors qu'elle attrapa instantanément le bras de sa camarade.

« - Allons-y, Coco ! Nous devons nous rendre au réfectoire.

- Pardon ? Mais... Je n'avais pas fini ! s'agitait la blonde aux mèches violacées. Votre Altesse ! criait-elle presque de façon désespérée alors que Hapi ne lui laissait guère le choix. »

Ces deux là étaient vraiment irrécupérable. Je me demandais d'ailleurs ce qui avait poussé les louves hors de leurs tanière, et ne pourrait apparemment pas leur demander, à moins de les recroiser. Je n'aurais su dire si cette idée me charmait, ou bien me déplaisait. En tout cas, avec elles, on ne s'ennuyait jamais.

« - Nous devrions nous y rendre également, suggérai-je à l'attention de mon aigle. »

Je n'osais imaginer l'état du buffet après le passage des plus affamés de cette académie. Je pensais particulièrement à certains, dont j'avais pu constater un trou noir à la place de l'estomac. Le mien, d'ailleurs, s'impatientait.

Mon visage se crispa inconsciemment devant les portes du réfectoire lorsque je vis débouler les deux autre membres de l'Abysse. Le premier avait toujours cet air hautain, inébranlable, tandis que le second avait ses énormes bras chargés de plus de nourritures qu'il en fallait pour nourrir un village. Je ne pus éviter cette confrontation qui me désespérait déjà.

« - Oh ! Mais ce sont les donzelles ! s'écria joyeusement le géant. »

Mon sang bouillonnait déjà sur les mots du plus gauche. C'était à croire qu'il le faisait exprès, ma parole. Je m'efforçai de garder mon calme face à ce grand benêt. J'inspirai, puis soufflai.

« - Il est plutôt rare de voir les habitants de l'Abysse se joindre à ceux de la surface, constata la future impératrice.

- C'est une journée spéciale aujourd'hui, on ne pouvait manquer ça, répondit simplement Yuri.

- Surtout lorsque le buffet est gratuit, ajouta le garçon aux cheveux de jais.

- Et vous comptez nourrir une armée ?

- En quelques sortes, s'esclaffa le maniéré.

- Je suis sûr qu'on peut vendre ça une petite fortune, en bas. »

Ah. C'était donc ça. Venir voler les riches pour revendre aux plus pauvre. Pourquoi n'étais-je guère étonnée ?

« - Sont-ce là des manières de se comporter ? se formalisa la déléguée.

- Tout doux, Princesse, on ne fait de mal à personnes. Voyez ça comme un partage d'intérêts, on vous évite un terrible gâchis tout en remplissant nos bourses de quelques écus. »

Les sourcils d'Edelgard froncèrent. Pour le surnom ou bien l'explication, ou même les deux. J'attrapai son bras et la tirai hors de là avant que la situation ne dégénère. Je savais ô combien la future impératrice tenait aux bonnes manières, et sa patience semblait trouver ses limites proches des miennes.

Lorsque nous entrâmes dans le mess, les multiples odeurs envahirent directement mon nez. L'endroit était déjà pas mal bondé, alors que les élèves, professeurs et chevaliers avaient certainement commencé à quitter la cathédrale pour venir se sustenter. Les tables étaient recouvertes d'une multitude de mets, beaucoup de viande et de poissons grillés, mais aussi des crèmes, beignets, et autres plaisirs sucrés. Ces derniers semblaient d'ailleurs attirés particulièrement l'attention de l'Adrestienne, dont les yeux semblaient pétillés. Mon regard fut pourtant capté tout au fond de la salle, où l'une de mes élèves s'agitait. Je m'approchai, tandis qu'Edelgard me suivit, et nous passâmes derrière le comptoir. Près du foyer, ma jeune mage aux cheveux torsadés était en train de paniquer.

« - Flayn ? Auriez-vous besoin d'aide ?

- P- Professeure ! me remercia-t-elle de ses grands yeux ébahis comme si je venais de lui sauver la vie. »

Elle n'eut pas besoin de dire un mot de plus, tout de suite je compris. La cuisine était sans dessus-dessous, alors que je trouvai du poisson maladroitement découpé un peu partout. Mon esprit s'interrogeai quand je la vis rajouter du sucre dans la poêle où une Loche de Teutates brûlait déjà. Comment diable pouvait-on sucrer un poisson ?

« - Vous savez cuisiner, professeure ? S'étonna mon aigle d'une façon qui aurait pu me vexer.

- Absolument pas. »

Mes compétences culinaire s'arrêtaient à mettre un poisson ou une viande sur le feu et à attendre que cela cuise, lorsque j'en avais la patience. Je pensais tout le monde capable de faire mieux, jusqu'à voir cette catastrophe aux fourneaux. Ah, était-ce des larmes qui perlaient aux coins de ses yeux jade ? J'attrapai du sels, quelques épices, et des légumes dont j'ignorai encore l'existence que je jetai dans la grande poêle de façon presque hasardeuse.

« - Je ne suis pas certaine que ce sera comestible... »

Edelgard avait raison. Ce plat était un vrai désastre. Que pouvait-il y avoir de pire qu'une calamité dans une cuisine ? Une deuxième calamité. J'abdiquai.

« - Vous pourriez peut-être nous aider, plutôt que regarder, fis-je à son égard.

- Je n'ai jamais eu l'opportunité de cuisiner quand je vivais à Enbarr, mes talents culinaires sont donc quelques-peu... sous-développés. »

Il était pourtant difficile de faire pire, ou plutôt impossible. Je n'osais même plus regarder le contenu de ce qui devait être un plat. C'était un échec. Un échec cuisant.

« - Je suis certain que ce plat sera excellent ! intervint une voix que je n'avais entendu depuis longtemps. »

Nous nous retournâmes toutes les trois sur les perles bleues parsemées de mèches de cheveux dorés. Ce prince n'avait véritablement peur de rien.

« - Je constate que vos goûts sont toujours aussi étrange, Dimitri, se permit la future impératrice.

- De la part de quelqu'un qui ne se nourrissait que de bonbons et sucreries, je ne m'en sentirai pas offusqué. »

Je trouvais vraiment étrange la relation que ces deux là partageaient, toujours sur la défensive mais mêlée à une certaine complicité. De ce que Edelgard m'avait raconté, ils partageaient un ans de leur passé. Une étrange sensation me parcourra sans que je ne comprenne pourquoi, des plus désagréable.

« - Quoiqu'il en soit, je me ferai joie de goûter à ce plat. »

Ma petite magicienne ne se fit pas prier pour servir une assiette de notre concoction plus que douteuse au lion affamé, avant de m'en tendre une également lorsque mon estomac se mis à hurler. Et merde, comment allais-je survivre à ça ? Et bien évidemment, je ne me voyais pas poliment refuser, ce que notre très chère souveraine, elle, se permettait.

Nous trouvâmes rapidement quatre place à table, avant de nous y installer. Ce n'était pas vraiment ce que j'avais imaginé, alors que je pensais seulement faire un tour au réfectoire, prendre une dizaine de brochette et repartir comme si de rien était. Voila que je me retrouvai maintenant attablée, entre mes deux aigles et ce lion, devant une assiette qui à coup sûr, ferait plus de dégât que les ailes du Wyverne. Flayn avait prit place à mes côtés, tandis que nous faisaient face les délégués. Le regard de Dimitri ne quittait plus l'assiette uniquement remplie de beignets sucrées que mon oiseaux s'était servit, dont il semblait se moquer, sauf pour aller se perdre sur ses yeux parme. Ces deux là ne cessaient de se piquer en permanence. Et moi ? Je sentais mes mâchoires se resserrer. Je détournai rapidement le regard de cette vision devenue insupportable, avant de me perdre sur la longueur de la table. Je me découvris un curieux intérêt dans l'analyse des plats que tous ces élèves dévoraient. Caspar était accompagné d'un cerf qui faisait au moins deux fois sa taille, dont les écuelles débordaient de plus de viande qu'elles ne pouvaient en contenir. Juste à côté, ma Brigiliène enfonçait allégrement ses crocs dans une viande rouge à peine cuite qu'elle déchira non sans mal. Mes yeux se heurtèrent très vite à l'abominable coupe au bol d'un autre cervidé dont j'ignorais encore le nom. Cette académie comptait beaucoup d'élèves, après tout, et si certains retenaient mon attention par leurs talents, d'autres me marqueraient sans doute par leurs coiffures plus que douteuses.

Enfin, je soupirai, avant que ma fourchette ne vienne naturellement trouver le chemin de mes lèvres. Mon sang se figea, je ne sentais déjà plus ma langue. Je n'avais jamais rien mangé d'aussi mauvais. Mes doigts se resserrèrent sur mes couvert, je déglutis non pas sans une certaine difficulté, avant de taper du poing sur ma poitrine pour faire descendre ce poison. Si j'avais du établir une liste des différentes méthodes de tortures à envisager pour faire parler, manger ce plat se trouverait sans nulle doute dans le top trois. Je restai choquée sur les cuillérées que le prince de Faerghus ne cessait d'avaler.

« - Encore une fois, Flayn, c'est excellent ! Même si ça croque un peu sous la dent ! »

Je ne pouvais y croire. De quoi était fait son palais, au juste ? De fer, ou bien d'acier ? Je ne pus même pas trouver le soutien psychologique de ma meilleure alliée, tant celle-ci était absorbée par ses beignets.

« - Oh, Ashe ! interpella bientôt le souverain. »

Je me retournai et levai les yeux sur le lionceau à la crinière argentée. Celui-ci était accompagné de la jeune biche dont les cheveux était de la même teinte que ceux de mon Aigle de Jais. Il fallait croire que leur peur quelques semaines auparavant partagée avait créé une amitié. Lysithea me salua silencieusement, avant d'essayer de cacher toutes les sucreries qu'elle comptait surement avaler, un peu plus tard, à l'abris des regards.

« - Tu as fait du travail remarquable sur cette vieille tente déchirée, reprit bientôt le blond à l'attention de son protégé. »

Le sourire du prince prenait presque toute la place sur son visage, lorsqu'il sortit de je ne savais où un petit pochon coloré, qui semblait bien remplit.

« - Je suis allé en ville hier, et je t'ai pris un sachet de ces bonbons au sucre dont tu m'avais parlé.

- V- votre Altesse, je vous avait dit pouvoir m'en charger... »

Dimitri semblait fier, tandis que Ashe, lui, semblait plutôt embarrassé. J'aurais presque pu voir sa peau tachetée s'empourprer. Encore une bien étrange relation entre un roturier et un membre de la royauté. Et pourtant, le prince n'avait pas l'air de s'embarrasser de ce genre de chose, à en juger par sa façon de parler à ses coéquipiers. Je trouvais cela même très honorable de sa part, il était surprenant. Alors pourquoi le vois sourire ainsi me dérangeait autant ?

Je me levai de ma chaise, bien obligée d'admettre que je ne pourrai avaler le contenu de mon assiette, ou même tout autre chose désormais, avant de quitter silencieusement la table. Mon envie de manger venait de s'envoler. Je me dirigeai hasardement dans les jardins du monastère, avant de me retrouver devant la bannière rouge de la salle de classe de cette académie. Celle-ci était surprenamment déserte, les élèves devant sans doute se trouver au réfectoire ou à la cathédrale, ou bien ailleurs, qu'en savais-je. Je me posai sur une table, avant de soupirer. Pourquoi me sentais-je si agacée ? Je levai les yeux, désorientée sur l'anarchie de mes propres émotions, avant de ne tarder à apercevoir mon Aigle de Jais. Encore une fois, celle-ci n'avait pu s'empêcher de me suivre. Mes yeux la détaillèrent au fur et à mesure qu'elle s'approcha, avant de se perdre dans les ondulations de sa cape vermeille.

« - Tout va bien, professeure ? Vous n'avez rien mangé. »

C'était une bien jolie cape, sur laquelle maintenant je m'attardai.

« - Le plat de Flayn m'a retourné l'estomac, lui mentis-je à moitié. Mais vous ne saurez lui dire. »

Pauvre enfant, rien que d'avoir cette pensée me faisait presque de la peine. Ce n'était pas plus mal, en fait, que Dimitri soit arrivé. Dimitri... Même son prénom m'échauffait.

« - En fait, ce plat était votre œuvre à toutes les deux. »

Ah, cette précision ne manquait pas de tact pour me faire comprendre ô combien j'étais moi aussi mauvaise cuisinière. Pouvait-on de ce fait parler d'une tentative de meurtre sur ma personne, ou bien de celle d'un suicide, pour avoir osé gouter mon propre plat ?

Mes yeux remontèrent sur l'uniforme noir que portaient mon élève. Je trouvai bientôt ses longues mèches blanche qui l'en couvraient, avant de rencontrer sa peau pâle, et ses lèvres rosées. Je ne pus m'empêcher de pouffer. Ah, cette sensation, elle aussi, ne m'était pas familière, et pourtant, je la trouvais loin d'être désagréable.

« - P- professeure ? s'interrogea Edelgard.

- V- Vous avez... me moquai-je. »

Les mains de la future impératrice s'agitèrent avant que ses doigts ne viennent caresser son visage, comme pour trouver la source de cette risée.

« - Pas là, essayai-je d'expliquer avant de lui indiquer d'un geste le coin de ses lèvres. Plutôt par là... »

Mais elle ne trouvait toujours pas. Ses joues prirent une teinte vive, ses yeux reflétèrent son impatience tandis que j'approchai. Je saisi son menton dans une main, avant de passer délicatement un doigts le long de ses lèvres pour retirer les perles de sucres qui les recouvraient.

« - Juste... ici... chuchotai-je. »

Les battements de mon cœur redoublèrent dans ma poitrine lorsque je me heurtai à ses magnifiques prunelles parme, dans lesquelles je me noyai. Tout mon corps frémit.

« - Byleth... soupira la souveraine. »

Comme j'aimais entendre mon prénom sortir ainsi de sa bouche, privilège qui lui était à elle seule réservé. Je sentais taper dans ma poitrine, tant je la réclamais, tant tout mon être suppliait son contact, dans cet échange qui devint silencieux. Je la vis s'approcher, une de ses mains se poser sur mon bras quand l'autre trouva bientôt ma taille. Seul un infime espace nous séparait.

Je levai les yeux et fit vivement un pas en arrière lorsque j'entendis des bruits de pas, avant que l'Adrestienne ne se retourne sur les portes de la salle de classe, sur l'arrivée de mon plus récent poussin.

« - F- Flayn ? articulai-je. »

Je reculai encore un peu et pris une distance plus raisonnable avec l'héritière de l'empire qui masquait déjà son embarra. Pourvu qu'elle n'ait rien vu...

« - Professeure, fit la jeune fille aux cheveux torsadés. Je vous cherchais.

- Vous vouliez me parler ?

- Oui, en effet.

- Je... je vais vous laisser, fit alors la déléguée.

- Non, vous pouvez rester, Dame Edelgard. En fait, je voulais vous voir aussi. »

Oh. Je m'impatientai déjà de ses paroles alors que l'inquiétude lentement me gagnait. Peut-être voulait-elle parler du plat que l'on avait préparé, ou bien de la scène à laquelle venait d'assister ? J'espérais très fort qu'il ne s'agisse pas de la seconde option.

« - Quelque chose vous tracasserait-il, Flayn ? Vous savez que vous pouvez m'en parler. »

Je vis ma petite protégée doucement approcher, presque baignée dans la timidité, tandis que l'héritière de l'empire me paraissait aussi désireuse que moi de savoir de quoi il retournait. J'arrivais à le voir, sur son visage, déconcerté.

« - Vous savez, cette journée est très spéciale pour moi. Vous l'ignorez peut-être, mais Sainte Cethleann, la sœur de Saint Indech, était mon aïeule. »

En effet, je l'ignorai, ce qui ne semblait pas être le cas pour Edelgard, qui suivait cette conversation avec beaucoup d'attention.

« - C'est pour cette raison qu'aujourd'hui, je voulais faire un plat très spécial. »

Et bien, pour être spécial, il l'était, Flayn n'avait pas de soucis à se faire sur ce point. Ma langue et mon estomac s'en souvenaient encore.

« - Repenser à mes ancêtres m'a aussi fait repenser à ma mère. Elle est décédée il y a plusieurs années. »

Pauvre gamine, je pouvais sentir la tristesse émaner du moindre de ses mots. Mais quel était le rapport entre moi et tout ceci ? Je n'allais pas tarder à le savoir.

« - La côte de Rhodos où se trouve la tombe de ma mère a été prise par l'église occidentale, nous expliquait la plus petite. Mon frère va bientôt partir là bas pour la reprendre, mais il ne me laissera jamais l'accompagner. »

Je commençai peu à peu à y voir plus clair, et j'imaginai aisément ce qu'elle allait me demander.

« - Sauf peut-être si vous acceptez de nous accompagner. »

De toutes les idées et demandes dont on m'avait jusqu'à aujourd'hui fait part, celle-ci était de loin la plus mauvaise.

« - Flayn, soupirai-je. Vous savez que votre frère ne me porte pas dans son cœur. Même si j'acceptai, ça ne serait pas son cas.

- Je lui parlerai, affirma-t-elle convaincue. Si ce n'est pas son cas, j'ai entièrement confiance en vous, et il a confiance en moi. »

S'il ne s'agissait que de confiance... Cet homme me méprisait ouvertement, et c'était peu dire. Cette situation était fort contrariante.

« - Je voudrais vraiment revoir ma mère... »

Seigneur, depuis quand étais-je devenue aussi sensible ? J'acquiesçai, je ne pouvais pas résister.

Le son de sa voix me suppliait.


Un petit chapitre plutôt tranquillou !
On se retrouve pour le prochain: Le Cerf, l'Aigle et le Lion !
Qui j'espère fera plaisir à certain !