───────── AVERTISSEMENT ────────
Le chapitre comporte des éléments durs et difficiles. Vous pouvez choisir de ne pas lire le chapitre 14 mais de passer directement au 15.
──── AVERTISSEMENT ────
CHAPITRE QUATORZE
Ce n'est pas l'acte qui détruit, c'est l'après.
Quand croyez-vous qu'un homme meurt ? Quand il se prend une balle en plein coeur ? Non ! Quand il est atteint d'une maladie incurable ? Non ! Quand il a avalé une soupe de champignons vénéneux ? NON !
…Un homme meurt lorsque son souvenir tombe dans l'oubli !
Dr. Hiluluk
Le karma, ta gueule
Luffy ! Luffy !
L'esprit est un labyrinthe où les murs changent en permanence. Des créatures nous y poursuivent. Les traumatismes et les mauvaises pensées sont des monstres à comprendre. On pense parvenir à leurs échapper et on se retrouve face à eux désarmés. On prie, on dit pardonner, on écrit, on essaye de passer outre ces démons. Dans ce labyrinthe dont on ne peut sortir, ils finissent toujours par nous retrouver.
L'esprit de Zoro lui jouait des tours. C'était inutile d'appeler inconsciemment à l'aide un homme mort et pourtant il le faisait. C'était inutile de repenser aux derniers choix et pourtant il se torturait avec. Il lui semblait avoir fait pris la mauvaise décision encore une fois. Sauver Nami avait été facile parce qu'elle aurait pu s'en sortir seule. Il s'était trompé en la passant davantage en danger. S'il avait été au plus rapide au lieu d'aller vers la situation qui lui semblait le plus à risque, il aurait été vers Robin. Il aurait protégé Robin. Ensemble, ils auraient pu espionner cette maison, aller sauver Usopp. Ils auraient attendu au café Nami, en riant de sa mésaventure. Sanji serait arrivé. Luffy serait sauvé. Luffy … Si Luffy était en vie … Le corps de Zoro se crispa ramené à la réalité par un être dont il ne distinguait pas les yeux sous ses épaisses lunettes rouges.
Satori écarta les chairs blessées de Zoro pour laisser retomber entre ses mains un petit crabe et un petit serpent qu'il fit disparaître. Haineusement, l'escrimeur le fixa avec rage. Satori était tel le crabe et le serpent. Capable de bondir d'un coup et coupant quand il tenait sa proie. L'épéiste ne ferma pas les yeux quand il le vit se déshabiller mais son esprit voletait déjà. Il ne bougea pas non plus quand il se colla à lui, bien que ce contact le ramenait à terre.
Satori s'était entièrement déshabillé pour ne pas tâcher ses vêtements, il semblait maniaque. Sa main remonta le long de sa hampe, venant la faire se dresser, bien qu'elle fut déjà dure devant l'image que lui offrait l'homme face à lui. Zoro puait le sexe. Satori aurait aimé avoir le don non seulement de prédire mais aussi de lire ce qui avait pu se passer. Il aurait aimé savoir combien de queues s'étaient enfilées cette salope.
Ils devraient faire une affiche directement avec vos deux têtes et cumuler vos primes, vous êtes inséparables. Luffy et Zoro, vous êtes vraiment deux idiots !
Satori vint se placer devant l'œillet refermé de l'escrimeur et ensanglanté des premières tortures. Il rentra d'un coup sec à l'intérieur de lui ne cachant pas son grognement de plaisir. Il ne lui laissa pas le temps de s'habituer à cette intrusion venant donner des coups de butoir réguliers. Il se contenta de penser qu'à son propre plaisir et émit des grognements sourds. Peu lui importait ce que ressentait Zoro. Au contraire, il admirait la souffrance et la retenue donc l'homme faisait preuve. Il se fichait de l'entendre supplier, demander, vouloir ou le rejeter. Il se fichait qu'il se mette à pleurer ou à gémir. Il voulait juste prendre son pied dans cet antre si adorablement fermée à son passage qui semblait vouloir le rejeter.
Retenant des gémissements de douleur, Zoro laissa Satori faire son affaire entre ses cuisses comme-ci il n'avait été qu'une poupée de chiffon clouée sur un mur. Le roux n'avait aucune manière, tel un camé dans un ruelle, il prenait sa dose de sexe en pénétrant l'antre contracté de cette petite pute qu'il considérait comme acquise. C'était son usage ! Servir de toilette publique. Zoro n'était que ça. Il n'était en rien le second du chapeau de paille, il était son vide-couilles. Les monstres le rattrapaient dans son esprit, il devait les fuir. Il devait absolument les fuir. Comment Vivi allait ? Nami avait parlé de nombreuses personnes dans la calle du navire en essayant de le convaincre de rester. Elle n'avait pas parlé de Vivi.
Satori s'agaça rapidement toutefois de sentir ce corps aussi peu réactif et il frappa l'homme en plein dans le ventre, le sentant se plier et être retenu par ses liens. Il y trouva de la satisfaction, aussi donna-t-il un autre coup, puis un autre et un autre, jusqu'à ce que corps devienne plus souple à ses impulsions viriles.
Un instant, il vint à l'esprit de Zoro que son agresseur allait le tuer et le mettre à côté du cadavre de la femme sur le lit. Il n'aurait jamais dû se rendre seul dans les sous-sols. Il le savait. Ce n'était pas la faute de Nami. Merde ! Elle allait croire que c'était la sienne. Elle n'était pas responsable de sa stupidité. Elle s'en voudrait de quelques mots stupides. Il ne pourrait pas lui expliquer qu'il ne lui en voulait pas. Qu'il s'en voulait à lui-même. Elle le trouverait là, mort et elle n'aura que des questions sans réponse. Robin aussi s'en voudrait. Elle s'en voulait déjà pour tant de choses qui n'étaient pas de son fait.
Luffy … j'en avais tant à te poser.
Enfermée dans le placard, Robin sentait une nouvelle odeur de sang et savait que Zoro était dans la pièce pour avoir entendu sa voix. Elle n'était pas en mesure d'user de son pouvoir face aux chaînes anti fruits du démon qui la maintenait. Les bruits qu'elle entendait l'inquiétait sans qu'elle n'en devine la source. Elle cligna des yeux. Zoro était venu la chercher. Est-ce que Nami, Usopp et Sanji étaient avec lui ? Était-il seul ? Venait-il de se jeter dans la gueule du loup à cause d'elle ?
Deux étages plus haut, Nami et Usopp s'étaient dissimulés l'un et l'autre face aux nombreux officiers qui sortaient des pièces où ils avaient pu entrainer quelques prostitués. On venait d'appeler tout le monde pour un rassemblement. Reconnaissant nombreux du clan de Ohm, Nami posa la main sur la bouche d'Usopp pour qu'il cesse de vouloir chuchoter. Visiblement un quelconque grand pompe du gouvernement n'allait pas tarder à arriver. Ils restèrent là pendant un long moment attendant que tout le monde quitte l'étage.
L'étage devint silencieux, le village plus bruyant sous des acclamations. Nami se dirigea vers chaque pièce. Elle trouva rapidement le bureau fermé à clé et verrouillé par un mécanisme d'alarme empêchant l'ouverture. Elle s'accroupie pour mieux regarder la serrure. Elle commença en parfaite voleuse à s'en occuper. Elle regrettait les mots employés sur Zoro. Elle s'excuserait. Elle devait s'excuser et arriver à faire la paix avec son passé. Zoro n'y était pour rien, c'était à elle seule de combattre cette aversion qu'elle avait pour ce qu'il avait pu faire. Ce n'était pas lui. Ce n'était pas tant ce qu'il avait fait. C'était son propre passé à elle. Ses propres démons dans son propre labyrinthe.
Qu'est-ce que vous faîtes là ?
Un haut corsaire qui était remonté à l'étage pour chercher des affaires les regardait avec hargne. Il se jeta sur Nami, mais Usopp s'interposa et un combat débuta. Le bruit dans le couloir attira quelques corsaires qui l'avaient accompagné et qui montèrent rapidement les étages.
Acculés Nami et Zoro les repoussèrent quand soudainement une plante sortie de nulle part commença à pousser et s'enrouler sur les hommes. Usopp maitrisa la haut corsaire tandis que les derniers se mirent à le regarder terrifiés avant d'être assommés par deux êtres androgynes et blonds montés à l'étage. Elizabeth et Pom se fixèrent l'un et l'autre avant de rire doucement les doigts sur leurs lèvres avec une complicité évidente. Ils étaient habillés comme les prostitués, courtement et avec de nombreux voilages.
Nami reconnu les prostitués qui étaient avec Zoro tantôt au rez-de-chaussée. Elizabeth fouilla l'homme que Usopp venait d'assommer pour en tirer une clé et la tendre à Nami.
C'est plus simple pour rentrer, dit-elle en riant à nouveau.
Usopp rougit sous la beauté de l'individu. Elizabeth trouva ça adorable et lui fit un clin d'œil. Pom et cette dernière les suivirent dans le bureau que Nami et Usopp se mirent à fouiller.
─ Vous êtes des amis d'I… De Zoro ? questionna Pom
─ Oui ! répondit Usopp aussitôt, je m'appelle Usopp et elle, c'est Nami.
─ Je suis Elizabeth et cet imbécile est Pom.
Nami n'avait pas su répondre à la question. Est-ce qu'ils étaient encore amis ? Après tout ce qui avait pu se passer. Après les mots durs qu'elle avait eu à son égard ? Après que Zoro est préféré une vie de prostitué à les retrouver eux et leurs dire qu'il était en vie. Après qu'il les ai abandonné ?
─ Vous n'êtes pas en sécurité ici, continua Pom, ils ne vont pas tarder à revenir.
─ Qu'est-ce qu'ils se passent ici ? questionna Usopp, continuant de fouiner.
─ Aucune idée, répondit Elizabeth, d'ordinaire les corsaires sont plutôt festifs, ils prennent l'argent, les dettes des villages et se font payer autant en or qu'en nature. Ils profitent de ce microclimat de printemps sur cette île en pleine hiver autour puis ils repartent pour un an. Traditionnellement les villages aux alentours viennent soutenir l'île Framboise pour que ça ne se termine pas comme sur les île pastèque et les îles fraises mais c'est la première fois qu'il y a autant de hauts corsaires. N'est-ce pas Pom ?
─ C'est assez inquiétant, confirma Pom, et les communications d'escargots sont coupées vers les autres îles, le signal est corrompu. On ne peut entendre que les gens sur cette île. On ne peut pas prévenir le patron. Il serait rassuré de savoir qu'on a retrouvé Zoro.
─ On comptait justement prévenir Iris qu'on se rendait vers une zone plus en hauteur pour essayer de capter un signal vers le patron, expliqua Elizabeth
─ Le patron …., souffla Nami.
Elle releva la tête vers Elizabeth et Pom. Elle se souvint brutalement d'avoir vu la jeune fille à l'accueil du bordel où elle était tombée sur Zoro. L'autre androgyne lui disait rien, mais le nom oui. Elizabeth avait dit que Pom s'occuperait d'elle. Elle imaginait parfaitement le patron comme un maudit maquereau et elle en frémit de rage. La colère vint lui crisper le visage, elle voulut les insulter mais ses yeux tombèrent sur un plan qui fit souffler son mouvement d'humeur.
Elle déposa les doigts sur le plan, se mettant à le lire, ses yeux s'agrandissant sous l'horreur.
L'horreur c'était ce que Zoro était en train de connaître. Les cuisses souillées, quelques rares larmes sur ses joues qui n'avaient coulées que sous la douleur, le sang tachant sa peau, les ecchymoses abimant son corps, il avait désormais les jambes relevées, pliées et collées contre la porte dans une position désagréable mais offrant une ouverture parfaite à Satoshi.
Ce dernier ne tenait plus, tout son corps allait et venait. Sa proue était un navire qu'il dirigeait droit dans cet océan de plaisir. Pas un instant, il chercha à satisfaire ce rat qu'il pouvait salir à sa convenance. Les aphrodisiaques qu'il lui administrait n'était là que pour son propre plaisir et rendre la pénétration plus facile. Il prenait un plaisir fou à humilier ce corps plus viril et plus musclé que le sien. Il haïssait Zoro car il était tout ce que Satoshi n'était pas : admiré, vu comme un héros avec un corps d'adonis. Il tira le visage de l'épéiste contre la porte pour le fixer dans les yeux, alors qu'il vint frapper de sa garde à un point qui craquait les chairs sous lui. Le sang chaud roula sur sa verge et lui permit d'approfondir davantage cette violente mêlée. Il appuya sur la mâchoire de l'épéiste, alors qu'il jouissait totalement en lui le maintenant pour ne pas qu'il tente de se dérober et voir les pupilles de l'escrimeur exprimer sa haine.
Satoshi venait de jouir son sperme en lui comme une simple masturbation de routine, le corps transpirant de ses mouvements. La créature souffla doucement à l'oreille de l'escrimeur :
─ T'as du talent pour ça, on comprend mieux ton gout à mettre les épées en bouche …
Des mots si semblables à ceux de Nami qui eurent un effet bien différent. La créature ailée posa ses doigts tachées du sang des blessures infligées en même temps sur l'homme. Il tacha son visage de ses doigts et y laissa ses empreintes digitales. Il n'était pas en mesure de recommencer, il regrettait. Il aurait apprécié pouvoir le violer une seconde fois. Il aurait aimé le prendre dans d'autres positions mais son sexe se ramollissait déjà. Il le sorti de l'orifice blessé, venant y poser une petit boule blanche pour que le corps de l'homme garde intégralement ce qu'il venait de recevoir et qui s'échappait déjà.
C'était la fin. Il allait mourir. Non pas en héros mais en putain. La pire décision avait-elle été d'aller aider Nami au lieu de Robin ou d'être monté dans la calle du navire au lieu de fuir ? La pire décision était d'être en vie sans Luffy.
─ Récupère-la. Essayez de trouver et d'empêcher ce qui doit arriver.
─ … Ah …, Zoro essaya de reprendre son souffle qu'il avait coupé.
L'épéiste regarda son violeur avec incompréhension. Ce dernier nettoya une partie de son membre de ses mains avant de les essuyer sur la peau de l'escrimeur. Il se rhabilla l'air de rien, comme-ci il n'avait pas fait ce qu'il venait de faire. Comme-ci ils venaient d'échanger une simple discussion.
Il tira en arrière les cheveux noirs de l'escrimeur, ricanant à nouveau.
─ Je vais te laisser partir. En échange, Zoro Roronoa, tu auras une dette envers moi. N'oublie pas ça. Ton amie et toi, vous me devez la vie alors prête bien attention à ce que je vais te dire !
Satoshi se rapprocha de l'homme, venant lui mordre l'épaule pour y laisser une marque bleutée. Il chuchota à son oreille des mots feutrées. L'épéiste avait soudainement ses sens à l'affut écoutant ce que lui dit l'homme à la chevelure rouge. Chaque mot sortant de ses lèvres sadiques et souriantes. Il fixa le placard où se trouvait Robin. Il opina de la tête pour montrer qu'il acceptait. Satoshi appuya sur le membre encore durcit de l'escrimeur, y enfonçant ses ongles pour murmurer à nouveau : « n'oublie pas ce que je viens de te dire. »
La créature ailée quitta la pièce. Les ballons retenaient les mains de Zoro disparurent quelques minutes plus tard. Il retomba lourdement sur le sol. Il attrapa les vêtements pliés sur le lit, s'habillant à la hâte avant d'ouvrir la porte du placard. D'un coup d'arme violent, il brisa les liens de Nico Robin et lui tendit la main.
─ Viens …
Elle lui attrapa et il la tira vers lui. Il trouva une tenue dans la cabine pour la couvrir. Elle était nue. Elle était sale. Mais elle était en vie. Elle s'habilla des vêtements qu'il lui tendait. Quand ils montèrent au rez-de-chaussée, ils tombèrent nez à nez avec Nami, Usopp, Pom et Elizabeth. Les gardes qui surveillaient l'entrée les laissèrent passer. Ils avaient reçu l'ordre de Satoshi de le faire.
Elizabeth vint immédiatement soutenir Robin. Pom remua ses doigts. Il se contracta sous les émotions de Zoro et de la femme. Les deux androgynes firent signe au groupe de les suivre, sortant par une porte dérobée et les guidèrent vers un bordel un peu écarté de la ville où le patron avait pour habitude de louer des chambres pour la fête des framboises.
De tout son être, Zoro aurait aimé se changer, prendre une douche ou au moins s'isoler. Il aurait aimé retirer ce qui se trouvait en lui et qui semblait encore remuer. Il aurait aimé juste ne pas être là. Il n'avait pas pu échanger le moindre mot avec Robin sur ce qui avait pu se passer mais Nami semblait affolée. Elle ne leurs laissa pas le choix, présentant un plan devant eux.
─ Il faut retrouver Sanji. On a peu de temps. Écoutez-moi !
Usopp fixa Robin, elle lui fit signe de se taire. Ils savaient que tôt ou tard, ils devraient aborder avec Nami et Sanji le fait qu'en voulant les protéger, ils étaient devenus des tyrans créant une hiérarchie entre eux. Seulement, l'état d'inquiétude de Nami laissait entendre qu'il y avait plus important à gérer que l'état de leur groupe … ou l'état de son corps et de celui de Zoro. Elle devait tenir.
