Ola !
Et un chapitre d'avance en moins, un ! *pleure* Je n'ai tellement plus le temps d'écrire, c'est si triste.
Après relecture de ce chapitre, je vous avoue que ce n'est plus un de mes préférés, pourtant je l'aimais vraiment bien après l'avoir écrit. Il faut aussi vous préciser que la fin n'aurait jamais du être ainsi, mais j'ai du « couper » car sinon le chapitre aurait fait 8000 mots. Donc voila.
La review des review :
Mijoqui : First Review ! Ahah ! Oh, oui, un petit tête à tête avec Petra serait super interessant... Ca me donne des idées... Ah non mais Byleth devenue grosse dépendante même si elle voudra pas l'avouer ! Cette faible ! xD JAALOUSIEEE ! En effet. Pour les cheveux de Hapi, je t'avoue que ça dépend de mon humeur, mais oui, je les vois couleur rose/cerise, ça dépend xDD Je dirais rien sur Yuri et Balthus car en vrai, tu as raison xD On peut pas faire pire en cuisine que El, Flayn et By. Pour Cichol, bon, c'est assez compliqué de faire leur lien du coup vu que ce sont pas eux mêmes les saints, mais faudra que je revois ça ahah ! Merci de ta review !
Eatoce : Je pense pas qu'elle s'ennuie ouais ! Enfin quoique, ça dépend ! xD Je suis ravie que le passage de la cuisine t'ai fait rire, moi même, j'ai bien rigolé en écrivant ! Dimitri et El, j'avais pas envie de faire « trop » comme dans le jeux, ici, je voulais mettre un peu plus en avant leur « complicité » (je met entre guillemets car bon c'est light quand même xD). Merci pour ce commentaire, très sincèrement, ça me touche. J'essaie de prendre mon temps mais ça me frustre de ne pas avoir le temps d'écrire et de respecter mes engagements. Je ne veux pas que AI finisse dans l'oublie ou perdre mon petit lectorat ! Mais merci, vraiment, du fond du coeur !
Lucina : Ah mais les 3 filles sont vraiment des brèles en cuisine, c'est assez drôle xDD Flayn est partout ! Et comme elle est petite... on la voit pas ! ahah ! Ah ! Tu as fais le DLC ?
Arobyn : Salut ! Je suis ravie de voir une nouvelle tête héhé ! Moi je t'avoue que 3H et Heroes sont les seuls auxquels j'ai joué xDDD Merci pour tes complements, je suis contente que tu trouves mon texte agréable, même si c'est à la première personne. Avant j'avais aussi du mal avec ça, mais maintenant, je ne jure plus que par la première personne xD Vive le Yuri ! Non en vrai, moi aussi, je trouve que la relation Byleth x Edelgard est juste... Wahou. Complexe et magnifique, profonde, vraiment belle. Oh trop triste, tu as donc du la zigouiller... coeur brisé ! J'ai fais aigle aigle église et aigle perso XD et chaque fois j'épouse El. Trop tentant ! Merci beaucoup, j'espère te retrouver sur mes prochains chapitres !
Tartine : Oh ce pavé ! XENOBLAAAAAAADE ! T'as vu ? Ca fait écho ! héhé ! Oh mais mon mois du pégase sera plus tranquillou, rassure toi ! C'est vrai que chez les aigles, c'est quand même pas mal de mage quand on y pense ! Mais bon, c'est cool ainsi ! Indech ou la grosse tortue hahaha xD J'ai compris que bien après que c'était lui... ma foi. Byleth est égoiste ! Elle le reconnait ! Deja s'interesser à ses élèves, c'est une nouveauté, et s'interesser à El... Ouh ouh ouh... ca fait beaucoup a gérer ! J'aime bien mettre des soutiens oui xDD Tu scrit scrit quoi ? xD J'ai adoré faire le passage dans la cuisine, je t'avoue ) Ahah je t'ai pris 2 vie sur le dernier chapitre, à ce que je vois ! Oui c'est leur soutien ! Bien vu ! « Impressionnant » *émue* Vraiment ? Je me détache vraiment du jeux, en vrai, je prend juste des références, l'univers, les caractères, et les soutiens. Enfin je me détache juste au niveau de l'histoire, du scenario quoi. Ca reste une FF !
Sur ce, merci à tous, et bonne lecture !
Chapitre XXXII - Le Cerf, l'Aigle et le Lion
Comment en étions nous arrivé là ? Telle était la question que je ne cessai de me répéter perchée sur mon cheval en tête de ce petit cortège, entourée de Flayn, Seteth, et de ma déléguée. Si j'avais du parier sur le fait que l'on m'aurait confié cette mission, je n'aurais certainement plus un seul écu dans ma bourse. Cela faisait maintenant deux jours que nous faisions route sur le territoire du Royaume, les montagnes entourant le Lac de Teutates avaient retrouvé une taille normale dans l'horizon. Deux jours, et mon corps semblait tendu comme si j'avais marché des mois sans m'arrêter. Le regard hautain et méprisant du conseiller de l'Archevêque qui ne semblait jamais me quitter était pénible, mais je le supportais. J'avais sans doute un peu plus de mal avec le regard noir de l'ombre de la future impératrice qui pesait sur mon dos en permanence comme s'il me recouvrait peu à peu d'une épaisse couche d'acier. Avec ces deux là, je me sentais en permanence épiée. Pourquoi avait-il fallut les emmener ? Ah, je me souvins.
Les bruits courraient que l'église occidentale, située à la frontière entre l'empire et le royaume avait semé pas mal d'agitation ces derniers temps, notamment sur la côte de Rhodos, là où reposait le corps de la mère de la sœur et du frère qui m'accompagnaient. Celui-ci avait naturellement décidé de se charger personnellement de cette affaire. J'imaginais aisément les raisons du pourquoi, et ne pouvais le blâmer. Pour une raison qui m'échappait encore, Flayn avait souhaité que je les accompagne, s'étant elle-même invitée sans demander l'avis du conseiller, et d'une façon qui me surprenait encore plus, elle avait réussi à convaincre ce dernier. Edelgard avait été conviée pour participer à cette très chaleureuse escapade, et il avait bien évidemment fallut qu'Hubert se glisse dans l'ombre de sa cape, même s'il surveillait surtout les mouvements de la mienne. Pourquoi avait-il fallut que j'accepte ? Je soupirai.
J'osai un coup d'œil derrière moi, le regard du mage était toujours aussi froid. Mes yeux furent très rapidement attirés sur la carriole tirée par deux chevaux de trait, c'était la première fois que nous partions si équipés. A son bord, tenant les reines, je m'attardai sur la silhouette du Duscurien dont le visage se faisait toujours aussi ferme et éteint. C'était bien la première fois que je voyageais avec des lions, et la peluche royale, assise à côté ne perdait rien de son calme légendaire. Ces deux là étaient vraiment des plus sérieux, je ne pouvais pas en dire autant des autres.
« - Ces Majestés se seraient-elles endormies ? Je les trouve bien silencieuses !
- Pourrait-on me dire pourquoi je suis ici... »
Bon, d'accord, je pouvais concevoir la présence du prince de Faerghus puisque nous traversions les terres sacrées de son royaume, mais quelqu'un pouvait-il m'expliquer la présence de ces deux cerfs ici ?
« - Montrez vous plus enthousiaste, Hilda, ce n'est pas tous les jours que nous partons pour une mission de ce genre là !
- C'est vous qui d'habitude y mettez moins d'entrain... »
Seigneur, je désespérais. Heureusement que je pouvais sentir la présence d'Edelgard à mes côtés... Ou peut-être pas en fait. Où était donc passé l'Aigle de Jais ? Je regardai à droite, croisai le regard chaleureux de Flayn, regardai à gauche, confrontait celui assassin de Seteth, puis soupirai avant de me retourner. Ah. Elle était là, dans une discussion avec son corbeau. Tout le monde avait-il mieux à faire que de prendre cette mission au sérieux ? Je pestai, avant de devoir avouer me réjouir de la présence des Lions de Saphir à nos côtés, enfin, jusqu'à voir Dimitri sortir un pochon de sucreries comme par magie, qui attira aussitôt l'attention de mon Aigle. Comment était-ce possible de se sentir si seule...
Le soleil s'était couché, il était temps pour nous de monter un campement. Il ne restait peut-être qu'une demi journée à peine pour atteindre les côtes de Rhodos, mais il aurait été imprudent de continuer de nuit, surtout après une aussi longue journée. Je descendis de ma monture quand les autres m'imitèrent et s'attelèrent à préparer le camps. Je pris l'initiative d'aller chercher du bois, à la fois pour détendre mes jambes et pour m'aérer l'esprit. J'en avais grand besoin. Je pénétrai dans le bosquet sombre et frais, le soleil n'avait pas pu décharger sa chaleur dans l'ombre des conifères, même si les feuillus avaient perdus leur habits à la dernière saison. Je n'avais pas pris de torche, et l'absence de lune donnait à ce paysage une certaine hostilité que j'aimais admirer. L'odeur des pins me chatouillait le nez, tandis que les crissements des animaux terrés berçaient mes oreilles. J'aimais ce sentiment de liberté que la nature ainsi m'offrait.
Mes lèvres s'étirèrent lorsque j'entendis des branches craquer. Seules deux personnes avaient pu me suivre ici, et l'une des deux ne se serait pas fait remarquer si son but avait été de m'assassiner. Je me retournai et contemplai la souveraine qui s'approchait.
« - Vous savez que je peux m'occuper de cette tâche seule.
- Mais je ne suis pas là pour vous aider. »
Mes bras se refermèrent sur l'héritière impériale lorsque celle-ci m'enlaça, dans l'intimité que nous offrait ces bosquets. Ce geste me parut si naturel que cela arrivait tout de même à me déconcerter.
« - Les autres ne sont pas loin, chuchotai-je.
- Personne ne peut nous voir ici.
- Non, mais votre absence va se faire remarquer. »
Il était inutile de dialoguer avec elle, ou même lui reprocher ce contact qu'elle me réclamait, et dont mon corps semblait avoir besoin à la façon dont il avait de s'approprier le sien. Ah, et son parfum...
« - Il m'est aisé de garder mes distances à l'académie, mais je n'avais imaginé passer ces quelques jours et surtout quelques nuits en votre compagnie. »
A qui le disait elle ? J'avais passé ces derniers jours à me répéter qu'il était préférable de rester éloignée d'elle alors que son absence n'avait fait que se ressentir peu à peu plus intense. La place qu'elle occupait dans mes pensées plus conséquente. Où en étais-je arrivée ? A quoi en étais-je réduite ? Alors que je n'arrivais toujours pas à m'avouer ce que je ressentais.
« - Byleth... »
Mes joues se réchauffèrent lorsque son souffle se mêla au mien avant de rejoindre mes lèvres. Ses doigts passèrent instinctivement derrière ma nuque, réveillant tous mes sens, quand un frisson parcouru ma colonne vertébrale de bas en haut pour remonter jusqu'à ma tête. Je pouvais déjà sentir sa langue venir chercher la mienne sans demander la moindre autorisation de ma part. Mes mains s'égaraient déjà sur ses vêtements, je sentais mes désirs plus pressants. Son corps s'écroula soudain lorsque je fis un pas avant que mes genoux ne goutent l'humidité de la terre à peine enneigée. Quelle maladresse. Je pus distinguer ses lèvres s'étirer derrière ses doigts qui essayaient d'étouffer un rire.
« - On devrait ramasser ce bois et rejoindre les autres, suggérai-je. »
Je poussai sur mes mains pour me redresser lorsque je sentis celles d'Edelgard m'attraper. Sa bouche vint très rapidement regagner la mienne avec plus de fougue que je ne lui connaissais. Je m'écroulai presque sur elle bien incapable de garder l'esprit clair. Je ne répondais déjà plus de rien tandis qu'elle m'enlaçait. Je n'arrivais plus à me raisonner tant elle m'avait manqué. Chaque parcelle de ma peau maintenant bien éveillée semblait la réclamer. Toutes ces journées, sans lui parler, sans la toucher, avaient fait naitre ce besoin irrépressible de me l'accaparer. Au fond de moi, j'avais parfaitement conscience de ce que je souhaitais : simplement qu'elle soit mienne. Insensible, hein ? Elle avait ébranlée la mercenaire que j'étais.
« - Edelgard... haletai-je. »
Comment dire non à un pareil regard ? Je ne pouvais même pas en mesurer la profondeur tant j'aurais pu m'y noyer un millier de fois.
« - Allons-y. »
J'acquiesçai de la tête avant d'enfin me relever. Mes jambes étaient tremblantes, je sentais mon cœur taper, et ma respiration difficile. Je frottai rapidement mes genoux pour les débarrasser de la terre qui s'y était déposée et examinait le reste de mes vêtements quand l'héritière en fit autant. Je l'aidai pour sa cape en espérant que cela soit suffisant. Nous nous hâtâmes de ramasser du bois, avant de sortir de l'ombre de ces arbres.
Je déposai les quelques branches et brindilles en un tas pyramidal. Les plus fragiles par dessus, les plus costaud en dessous. Je levai la tête un instant et balayai l'assemblée. Edelgard avait rejoint Hubert, Flayn discutait avec son frère, Hilda semblait se plaindre à son déléguée, comme elle l'avait fait toute la journée, et Dimitri, lui approchait, avec son garde du corps toujours positionné à ses côtés.
« - Voulez-vous que je l'allume ? proposa le souverain. »
Son regard bleu semblait parfaitement inébranlable tant il soutenait maintenant le mien. Je ne pris même pas le temps d'examiner sa requête ou sa proposition, que je sortis une pierre en magnésium et une dague de fer que je frappai ensembles d'un geste vif et maitrisé. Les étincelles jaillirent, et en moins de deux secondes, je vis les brindilles s'enflammer sur lesquelles je soufflai. Pour qui me prenait-il ? J'avais passé toute ma vie sous les étoiles. Ce n'était pas comme si j'étais le genre à attendre l'intervention d'un magicien qui nous aurait fait grâce de son sort feu. Surtout qu'aucun des mages présents ici ne savait maitriser ce dernier. Pas certaine qu'un miasme aurait créé de quelconques braises.
Après une heure, peut-être plus, tous mes compagnons se retrouvèrent autour du feu de camps. Claude m'avait agréablement surprit à ramener deux lièvres sauvages qu'il venait de chasser malgré l'obscurité, excellent archer. Il n'y avait pas grand chose à manger sur ces bêtes, mais cela accompagnerait le pain pour cette soirée, et nous permettrait d'économiser des vivres en vue du trajet retour. Un peu plus tard, nous nous retrouvâmes en plus petit comité. Seteth était parti prendre le premier tour de garde, tandis que Dedue, grand protecteur de Dimitri, s'était posté un peu plus loin pour surveiller l'ensemble du campement. Hubert avait aussi disparut, dans une ombre quelque part, ou derrière un rocher. Il était en tout cas certain qu'il observait ce qu'il se passait et entendait tout de cette grande discussion, connaissant l'individu. Quant à moi, je me retrouvais coincée dans ce qui ressemblait à une cour de récrée.
« - Il se fait tard, et je commence à m'ennuyer, soupira désagréablement la fille aux deux couettes roses en remuant les braises du foyer.
- Je trouve que le moment est idéal pour apprendre à faire plus ample connaissance, souriait déjà le successeur de l'alliance en lançant un regard de malice aux deux souverains. Nous ignorons tout ou presque les uns des autres ! »
Apprendre à se connaitre ? Quelle futilité, pensai-je alors. Même s'il était important de savoir aux côtés de qui on se battait, je trouvais cela plus qu'inutile. Et puis, ce n'était pas comme si je m'étais déjà un jour intéressé à la vie de quelqu'un, du moins jusqu'à maintenant. Car j'avais beau me répéter que tout ceci était plus qu'ennuyant, les regards que jetait ce beau basané entre Edelgard et Dimitri m'interpelaient. Pourquoi fallait-il toujours que cela tourne autour du prince de Faerghus et de la future impératrice Adrestienne ? Etait-ce moi, qui me faisait des idées ?
« - Je vous trouve bien indiscret, Claude, répondit fermement l'héritier du royaume.
- Oh, serait-ce parce que vous avez quelque chose à cacher ? S'amusait l'archer.
- Je ne vois pas de quoi vous parlez. »
Vraiment ? Même moi, je le voyais. En tout cas, j'arrivais à le sentir alors que les trois délégués ne cessaient de se regarder tour à tour. Cela était tellement agaçant.
« - Leurs Altesses ont tout de même passé plus d'une année à se côtoyer, vous voulez vraiment nous faire croire qu'il ne s'est rien passé ?
- Êtes vous donc incapable de vous taire ou manquez vous à ce point de discernement ? s'impatientait maintenant l'Aigle de Jais. »
Je ne sus dire si le ton que venait d'employer mon élève était du aux mauvaises manières du cerf, ou bien à la vérité dans ses propos. Quoiqu'il en fut, Edelgard ne semblait guère à l'aise, et sa réaction fit naitre en moi une sensation des plus étranges. Je sentais mes mains se fermer, mes mâchoires se resserrer, alors que je me devais de rester impassible. Et cette boule au ventre que je ressentais... Un silence plus ou moins gênant s'en suivit. Ou bien étais-je la seule à me sentir de la sorte ? Claude continuait de sourire bêtement en fixant Dimitri du regard, qui lui, restait totalement stoïque. Edelgard arborait son masque d'arrogance et de supériorité, celui de la future impératrice qu'elle semblait tant aimer porter devant les autres. Enfin, je savais pertinemment que ce masque n'était qu'une carapace, et parfois même une forme de protection. En avait-elle besoin, à ce moment précis ? Le cerf avait-il visé assez juste pour toucher la vraie personne dissimulée derrière ? Qu'avait-il bien pu se passer entre l'aigle et le lion ? J'ignorais tellement de la souveraine. En fait, j'ignorais tout, et ce sentiment était des plus désagréables et énervant.
« - Je vais dormir. »
Je me levai précipitamment sans donner plus d'explications, rester ici était au delà de mes forces. Je ne pris pas la peine de prêter attention aux regards curieux posés sur moi, et croisai seulement les yeux de jade de Flayn qui avait su se faire assez discrète pour se faire oublier. Si seulement tout le monde avait pu faire comme elle, je n'aurais sans doute pas eu envie d'aller défier une vouivre pour me changer les idées.
Je me posai dans un endroit au calme et dégagé, surement parfait pour fermer les yeux quelques heures avant de prendre mon tour de garde. Ce n'était certainement pas moi qui allait dormir sous une tente ou en compagnie des autres, même si le blizzard venait à frapper. Et puis, le froid ne me dérangeait pas plus que ça, d'autant plus qu'un vent sibérien soufflait déjà sur mon âme. Ce n'était pas la première fois que je me sentais ainsi, cela arrivait d'ailleurs de plus en plus fréquemment, surtout ces derniers jours, et je commençai malheureusement à en comprendre la raison. Je n'arrivais seulement pas à l'accepter, ça ne me ressemblait tellement pas. Je soupirai, surement trop bruyamment, alors que mes yeux tentaient désespérément de fendre la voute dénuée de lumière.
« - Professeure ? »
Je me retournai. Quand était-elle arrivée, et pourquoi ne l'avais-je pas entendue ?
« - Edelgard ? Vous devriez être avec les autres.
- Et vous, vous devriez dormir. »
Je retrouvai son mordant habituel, celui qui avait tant de fois défié mon égo. Mais ce soir, je n'avais pas la volonté de me battre avec elle, et surtout pas la patience de me justifier.
« - Vous êtes partie si précipitamment. Quelque chose vous aurait-il contrarié ?
- Absolument pas. J'ai seulement jugé qu'il était plus sage de dormir que de me joindre à votre très profonde conversation. »
J'avais prononcé ces paroles de façon plus que sèche, je devais bien l'avouer, mais c'était plus fort que moi, je n'arrivais pas à garder mon calme intérieurement. Je ne pouvais plus faire face à ses yeux parme qui me fixaient, qui m'attiraient autant qu'ils attisaient maintenant ma colère. Je croisai mes bras sur ma poitrine et plongeait mon regard dans la nuit, là où elle ne pourrait l'envouter.
« - Pensez-vous donc réellement que je vais me satisfaire de ceci, professeure ?
- Il le faudra pourtant, car je n'ai aucune explication à vous donner. »
Pas que ces explications n'existaient pas, bien au contraire, mais je n'avais pas envie de lui en faire part. Son Altesse allait devoir apprendre à faire avec, tout n'était pas toujours servit sur un plateau doré au moindre claquement de doigts. J'étais amère.
Je passai silencieusement à ses côtés, sans même la regarder, car si j'avais croisé son regard, j'aurais sans doute succomber. Je savais ma réaction démesurée, et mon comportement à la limite de l'inimité, mais il ne pouvait qu'en être ainsi. Si j'avais su rester ferme depuis le tout début, tout ceci ne serait jamais arrivé. J'alla ainsi passer le reste de la nuit à monter la garde, sous cette immense toile.
Observée seulement par ce millier d'étoiles.
