Ah que salut !

Ca fait une semaine que je suis sur mon chapitre en cours. C'est si dur parfois !

J'avais plusieurs fois relu ce chapitre, donc j'avoue ne pas l'avoir fait avant de poster.

La review des review :

Eatoce : Oh oh, j'aime les smile pendant la lecture ! J'avais envie de faire un chapitre avec nos trois chouchou ! Tu préfères lequel des trois d'ailleurs ? Je t'avoue que je ne maitrise pas du tout Claude et Dimitri autant que El, j'espère ne pas les avoir dénaturé ! xD Jalouseeeee, ouiiii ! J'aime faire une El impertinente ! C'est pas une guimauve, après tout !

Mijoqui : Coucouuuuuu ! Oui, El est à Byleth, voyons ! *clin d'oeil clin d'oeil* Roh, le ravin, elle aurait pu mais je pense que y'en avait pas sur le chemin ! La première fois officiellement, on parlera pas officieusement hein *paupière qui clignote* On se demande hein * re clin d'oeil* (mon yeux va etre défoncé xD) Le sucre, c'est la vie, même dans les popcorn ! Ca m'a arrangé que personne ne fasse du feu je dois t'avouer xD La sibérie on en reparlera pas, hein !

Arobyn : Ah bah ptet que comme ça elle va se rendre compte qu'elle est sentimentalement pas si handicapée, ahah ! Oh, le lien de El et Dimitri est un tout petit peu changé par rapport au jeu. Disons que dans ma fic, c'est plus clair et tranquille ! :3 Et oui je crois qu'on ne l'a que si on prend El à la tour de la déesse après le bal.

Lucina : Je t'ai reconnue ! Byleth se désespère d'un rien ! Oh, qu'as tu pensé de ce DLC alors ? C'est cool de jouer avec les 3 délégués je trouve !

Tartine : Je vais essayer de faire court car je veux poster ) Ah, je savais que la présence de Claude Claudio Claudius Khalidus te ferait plaisir ! Non, c'était pas voulu, juste plus beau ainsi ! Putain t'es con xD serieux ! J'aime bien quand tu anticipes ! CLAUUUUDE (encore !) ah tu l'as sentis de loin, les phéromones, c'est puissant ! Coucou jalousie oui ! Je sais plus si j'utilise le mot clairement xD je crois pas. C'est fait exprès d'ailleurs, de ne pas poser de mots sur les émotions qu'elle ne connait pas. Et la tendresse n'est plus ahah ! Dimitri je le malmène un peu pour le moment j'avoue, mais ça va passer xD Edelgard reste Edelgard, j'ai pas envie de la changer en bisounours xD Ca lui ressemblerait pas ahah !

Sur ce, merci à tous, et à bientôt !


Chapitre XXXIII - Les Pétales s'envolent sur Rhodos

Les talons de mes bottes s'enfoncèrent dans le sable lorsque nous atteignîmes la côte. Je levai les yeux sur les rayons du soleil illuminant l'océan comme si des centaines de cristaux de lumière s'y étaient mêlés et flottaient maintenant à sa surface. L'air marin s'engouffra aussitôt dans mes poumons au moment même où la brise souleva mes cheveux. Nous avions enfin atteint le rivage. Depuis quand n'avais-je pas vu la mer ainsi ? Cela faisait tant d'années que je parcourrais le continent, que je ne pouvais plus les compter.

Nous avions laissé les chevaux et la carriole quelques kilomètres plus tôt déjà, le sol devenu bien trop difficile à pratiquer pour les sabots des équidés, d'autant plus qu'il nous fallait être discrets. Les ennemis pouvaient être partout. D'ailleurs, je ne savais pas grand chose de ces derniers, à part qu'ils appartenaient à l'église occidentale située à la limite du royaume et de l'empire. Seteth nous avait très rapidement briffé à ce sujet, mais n'était pas entré dans les détails. Ces derniers temps, plusieurs groupes de rebelles s'étaient dressés contre l'autorité de l'église centrale. Rhodos ne devait d'ailleurs certainement pas être le premier endroit prit par ces religieux, mais il tenait particulièrement à cœur des descendants des saints.

« - Je pars en éclaireur, fit le conseiller en sortant une sorte de sifflet en bois. Vous serez responsable du reste du groupe, ne commettez pas d'imprudence. »

Ah, plus qu'un conseil, ses paroles ressemblaient davantage à une menace, mais je ne comptais pas risquer la vie de mes camarades. Camarades ? Avais-je déjà nommé quelqu'un ainsi ? L'homme aux traits sévères amena l'instrument près de ses lèvres avant de souffler à l'intérieur. Je restai dubitative lorsqu'aucun son n'en sortit. Devait-il se passer quelque chose ? Une minute s'écoula, à peine, avant que mon corps ne se mette en alerte et que je ne lève les yeux aux ciels sur le grondement de la mort. Au beau milieu de la toile bleue, l'ombre de la bête venait fendre les nuages. Mon souffle se coupa lorsque les ailes de la vouivre soulevèrent le sable quand elle vint se poser juste devant nous. Celle-ci semblait bien plus jeune que celle que j'avais il y a peu affronté, et devait faire à peine plus de trois mètres d'envergure. J'observai attentivement le Second de Rhea s'approcher et s'incliner devant la créature qui baissa aussitôt la tête en signe de respect, déroutant spectacle. Seteth posa un pieds sur l'étrier attaché à ce que je devinais être une scelle avant de prendre place hautement et fièrement perché entre les ailes du reptile. Alors c'était ça, un Chevalier Wyverne ?

« - Faites attention à vous. »

L'homme et la bête s'envolèrent en direction d'un îlot un peu plus loin, me laissant tout autant impressionnée que fascinée. Et ce n'était pas choses permise à tout le monde, et certainement pas à n'importe qui. En quelques minutes à peine, le conseiller de l'archevêque venait de faire un bond de plusieurs niveaux dans mon estime. Je me retournai sur les élèves, je n'étais apparemment pas la seule a être restée estomaquée.

« - Nous allons nous diviser en deux groupes, suggérai-je quand je retrouvai ma concentration. Claude, Hilda, Dimitri et Dedue, vous prendrez sur le sentier en amont à l'est, quant aux autres...

- Professeure, m'interpella le garçon à la cape dorée. Avez-vous si peu confiance en nous pour ne vous entourer que de vos aigles ? »

Ah. Le cerf avait raison, peut-être que l'habitude d'être uniquement avec les élèves de ma maison avait agit inconsciemment. D'un autre côté, composer avec les duo des deux autres maisons était un avantage, ils savaient agir ensembles.

« - De cette façon, nous ne serons en aucun cas témoins de vos stratagèmes enfantins, ironisa la future impératrice forte de son arrogance habituelle. »

Peut-être aurais-je du composer les groupes autrement, en fait, et les laisser ensemble ces deux là. Ils auraient ainsi pu apprendre à travailler l'un avec l'autre plutôt que de se jeter des piques en permanence. Ma foi, je n'avais pas envie de remettre en doute mes décisions. Ces formations étaient bien réfléchies. Claude était un archer, il devait se positionner sur les hauteurs du rivage. Hilda savait mieux que quiconque comment le garçon se battait, et enfin, la présence du prince et du duscurien ne serait pas de trop s'ils devaient affrontés des spécialistes de mêlée. Je m'interrogeai un peu plus quant à la possibilité d'affronter des mages de l'église.

« - Hubert, vous irez avec eux, rectifiai-je après moins d'une minute de réflexion.

- Etes vous sûre de vouloir ainsi diviser nos forces ? m'interrogea maintenant le lancier.

- Parfaitement, répondis-je. La plage est dégagée, nous ne risquons pas la surprise. Qui plus est, vous profiterez à la fois d'une force offensive magique et d'un esprit stratège. Et deux tacticiens valent mieux qu'un, sans vouloir remettre en cause les capacités de Claude.

- Pour une fois, je ne peux qu'être d'accord avec notre professeure, acquiesça le mage sombre à la surprise de tous. »

Je m'étonnai que la garçon accepte avec tant de facilité de s'éloigner de sa souveraine, mais de là haut, il pourrait veiller sur elle. S'il fallait me déposséder d'un de mes mages, je préférais garder Flayn à mes côtés. Après un court instant, nos groupes se séparèrent.

« - Flayn ? Est-ce que tout va bien ? »

Ce jeune poussin n'avait pas quitté l'îlot des yeux, celui sur lequel son frère se trouvait certainement maintenant. Je savais bien qu'elle ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter, même s'il s'agissait du second en chef de l'armée de l'Ordre de Seiros.

« - Ma mère repose là-bas. »

Ce qui expliquait pourquoi le descendant du Saint s'était directement précipité vers la petite île. Il avait beau être chevalier, il n'en restait pas moins humain, guidé par son instinct.

« - Tout ira bien pour lui, affirma la princesse héritière en s'approchant de l'aiglon. Vous devez faire confiance à votre frère, et à vos compagnons. »

Avais-je bien entendu ? Je reconnaissais bien là le discours d'une souveraine, mais m'étonnai des paroles prononcées de la bouche d'Edelgard. Peut-être qu'elle aussi, avait apprit. Ou du moins, continuait à le faire. Peu importait, nous avions une mission à mener.

Le sable ralentissait considérablement nos mouvements. Porter des bottes me paraissait à l'instant plus pénible qu'autre chose alors que chacune de nous semblait avoir les jambes soudainement lourdes, s'enfonçant de plusieurs centimètres à chaque pas que l'on faisait sur les grains humides. Le second groupe partit en reconnaissance sur les hauteurs devait certainement avancer plus rapidement que nous. Un silence s'était installé depuis notre séparation, que je trouvai autant agréable qu'irritant. Encore une fois, je ne cessai de me demander pourquoi j'avais tant tenu à garder la future impératrice à mes côtés, surtout après les évènements de la veille. Ou bien, peut-être était-ce justement à cause de ça, que je préférais l'avoir près de moi. J'avais beau avoir réussi à convaincre l'ensemble des élèves de mon choix de formation, le plus difficile était bien de me convaincre moi-même, et de toute évidence, ça ne fonctionnait pas. Quel genre de professeur se comporterait de la sorte ? La neutralité et l'objectivité semblaient bien loin de les préoccupations désormais.

L'air se souleva avec l'odeur des algues mêlées au sel. Ce rivage était si calme, et le calme ne présageait jamais rien de bon. J'étais déjà convaincue de quelque chose nous n'étions pas seules. Je pouvais le sentir, le poids d'être observées, et certainement pas par nos camarades. J'espérais que tout se passe pour le mieux pour eux. Qu'attendaient donc nos ennemis pour attaquer ? Je m'impatientai.

« - Je sais que vous nous observez, alors montrez-vous ! Hurlai-je en tintant le vent lui-même de mes ordres. »

Je sortis mon épée et m'armai quand mes deux élèves en firent autant. Elles aussi, l'avaient remarqué, cette présence dérangeante qui nous suivait. Après quelques secondes seulement, les particules de sables s'envolèrent, tourbillonnèrent, sur une brise qui n'avait pas même soufflé. Lorsque l'écran de limon retomba à leurs pieds, je pus enfin apercevoir plusieurs silhouette qui nous fixaient, capuchonnées. Un sort de téléportation, hein ? Pour avoir ainsi pu transporter un peu moins d'une demi douzaine de personnes, il devait y avoir un mage de haut rang de leur côté, et je restai persuadé qu'il se cachait. Ca s'annonçait plutôt mal.

« - Que viennent faire trois gamines ici ? prononça un homme qui se démarqua. »

Trois gamines ? A qui croyait-il s'adresser, celui-là ? Et voulait-il vraiment nous faire croire qu'il n'était pas aux faits du reste de notre groupe ? Mes mains se resserrèrent sur la poignée de mon épée lorsque j'entendis le vent de nouveau tourbillonner. Je n'eus besoin de me retourner, que je devinai deux personnes de plus nous encercler. C'était vraiment mal barré.

« - L'église centrale nous envoie pour reprendre ces terres que vous avez osé profaner ! »

Je me tournai sur la jeune fille dont les émeraudes semblaient déborder de colère. Je n'aurais jamais cru pouvoir la voir un jour ainsi, elle qui était naturellement si calme, si chaleureuse et si gentille. Je pouvais percevoir sa douleur sur son visage, ils allaient le payer.

« - C'est l'église centrale qui profane ces terres ! reprit celui qui semblait être le meneur du groupe, la face dissimulée. Et le continent tout entier ! Son influence n'a que trop durée ! »

Il serait apparemment impossible de les raisonner, nous n'échapperions pas à cette bataille. J'entendis soudain piailler et aperçu un groupe d'oiseaux s'élever de la forêt un peu plus haut. En fait, le combat semblait avoir déjà commencé.

J'observai attentivement les membres de l'église occidentale. Une dizaine de mètres nous séparait. En fondant sur l'ennemi, peut-être que je pouvais en mettre trois hors d'état de nuire. Je sentis les muscles de mes cuisses se tendre lorsque je m'apprêtai à bondir, puis mes bottes s'enfoncer dans le sable. Et merde. Je ne devais pas foncer tête baisser comme si le terrain m'appartenait, d'autant plus que ma vitesse se voyait ici considérablement réduite. Je devais réfléchir, et je devais le faire vite. Flayn était la plus légère d'entre nous, et probablement la moins impacté par tout ce sable sous nos pieds. A l'inverse, la future impératrice très lourdement armée était la proie la plus facile, et il était hors de question que je laisse de nouveau quelque chose lui arriver. Je balayai de nouveau nos opposants, les détaillai. Je notai la présence d'un archer, le premier qu'il me fallait neutraliser. Un épéiste et un guerrier nous faisaient face, quant aux deux autres, ils n'étaient pas armés, probablement deux mages. La posture de l'un me laissait penser qu'il était là pour attaquer, quand l'autre semblait plus en retrait. Je ne pris le temps de me retourner, et me fiai à mes oreilles quand j'entendis le son des lames de métal sortir de leur fourreaux. Deux autres épées. Sans oublier le mage qui continuait certainement de se planquer. Je soupirai, voilà que l'ombre de la future impératrice me manquait. Des mots qu'il m'étaient bien difficile de seulement penser.

« - Flayn, couvrez-moi, indiquai-je discrètement à mon élève. »

Je captai ensuite le regard parme de la déléguée. Avec elle, je n'avais nul besoin de m'exprimer, c'était comme si elle lisait dans mes pensées. Je fronçai les sourcils, elle hocha la tête, puis je m'élançai. Nous n'avions pas droit à l'erreur. J'esquivai très rapidement deux flèches tirées de façon rapprochée et roulai pour éviter le sort foudre qui ne manqua de s'abattre sur moi que de très peu. Merde, mes yeux me brûlaient. L'électricité avait agit tel un aimant sur les limailles de fer présentes dans le sable qui s'était soulevé. Lorsque ma vision se fit plus nette, je tombai nez à nez sur le guerrier à la hache que j'envoyai valser d'un coup d'épaule. Je vis le mage préparer un second sort de foudre mais celui-ci fut projeter par une bourrasque. Je reconnus là une des spécialités de mon élève. En quelques secondes à peine, je me retrouvai face à l'archer, totalement désarmé, que je frappai du pommeau de mon arme. Celui-ci tomba très rapidement sur le sol, inerte. Je me tournai rapidement pour intercepter la lame de l'épéiste. Pourquoi diantre celui-ci était-il aussi rapide et agile sur ce foutu sol sableux ? Ah ! J'avais compris.

« - Flayn ! »

Je m'autorisai un regard, le temps de voir ses paumes s'illuminer, et les symboles se dessiner. Elle était toujours debout, avec Edelgard à ses côtés qui tenait à bonne distance les deux escrimeurs de l'église. Celle-ci se débrouillait bien pour une combattante aussi désavantagé par son arme et le terrain, mais je n'en attendais pas moins de l'héritière d'Adrestia. Si elle pouvait se charger de l'arrière, je pouvais me charger de l'avant.

Un rayon de lumière m'aveugla lorsque la jeune fille aux jeux jade eut finit son incantation, mes paupières se fermèrent et j'entendis crier l'homme en retrait qui se prit le nosferatu de plein fouet. Comme je le pensais, les mouvements de l'épéiste se firent soudain plus lent. Le magicien blanc utilisait certainement un sort de soutien pour augmenter sa rapidité. Nous étions maintenant à égalité, enfin, pas tout à fait, car ma puissance était démesurée par rapport à la sienne. J'esquivai une à une ses attaques, je parai et contrai, encore et encore, me retenant de frapper. Mais comment le mettre à terre sans le tuer, alors que lui, ne s'encombrait pas de ce genre de problématique ? Je n'eus pas non plus le temps de me poser la question plus longtemps que je sentis l'ombre du guerrier qui s'était relevé peser sur mon dos et me glacer le sang. Le soleil se reflétait sur la masse de métal levée haut vers le ciel, prête à s'abattre sur moi pour fendre en deux. Ainsi, je n'avais pas le choix.

Mes jambes dansèrent derrière celles du guerrier après avoir évité une estocade. Je passai rapidement dans son dos que d'un geste, je transperçai. Un vent glacial souffla sur mon âme. Je tirai mon épée du corps sans vie qui s'écrasa sur le sol teintant le sable de la couleur vermeille, avant de trancher la poitrine de l'épéiste d'un large coup horizontale de ma lame assassine. Ah, ce n'était pas la première fois que je prenais une vie de la sorte, je ne pouvais d'ailleurs plus les compter. Alors, pourquoi ma conscience s'était-t-elle tût ? Pourquoi la lumière semblait se changer en obscurité, au fur et à mesure que le sang frais me réchauffait les mains ? C'était pourtant si agréable.

D'un regard dénué de toute humanité, je balayai l'espace autour de moi. Deux hommes étaient déjà morts, les trois autres étaient à terre et ne risquaient pas de se relever. Quoique, pouvais-je prendre un tel risque ? Je m'approchai du mage qui m'avait jeté son sort foudre et serrai la poignée de mon épée. Mon attention fut très vite ramener ailleurs sur les sons métalliques lorsque je me tournai, pour apercevoir la princesse héritière dont la hache bloquait la lame ennemie. Le second épéiste lui, était déjà à terre. Mon bras se leva mécaniquement dans mon dos, mon épaule ramenée en arrière, avant que je ne l'abatte en avant en une fraction de seconde sans même cligner des yeux. Mon épée sembla pourfendre l'air lui-même avant de se planter dans la poitrine du membre de l'église occidentale, qui tomba au sol bruyamment sans comprendre quoique ce soit. Ah. C'était déjà finit.

Mes cheveux se soulevaient sur une brise qui soufflait mais dont je ne sentais aucune fraicheur sur ma peau. L'océan s'agitait sur le silence des vagues qui pourtant se brisaient sur elles-mêmes sans jamais atteindre mes oreilles. Et ces regards, qui ne cessaient de me fixer, comme si j'avais déjà disparu, comme si mon propre nom n'existait plus. Pourtant, c'était bien lui, qui s'échappait de ses lèvres, non ?

L'air me semblait si lourd tandis que je faisais face à mes élèves dont les visages restaient figés. Je levai les yeux un instant, pourquoi les nuages étaient si noirs et menaçant ? Et ce bruit, tel un grondement, agréables détonations, qu'il m'était seulement permis d'entendre. L'orage... et puis la foudre. La foudre ?! J'écarquillai les yeux avant d'enfin réaliser ce qui était en train de se passer. J'hurlai silencieusement. C'était trop tard, je pouvais déjà voir les éclairs illuminer le ciel pour bientôt s'abattre sur nous. Etait-ce donc tout ce dont j'étais capable ? Semer et répandre la mort, sans pouvoir protéger qui que ce soit ? Encore ? Non, je ne pouvais définitivement pas l'accepter. Pas cette fois. Mon esprit s'éveilla, comme s'il sortait enfin d'une éternelle torpeur, avant qu'un voile de lumière ne m'aveugle bien que mes paupières fut closes. Et après ? Le néant. Je me souvins seulement ouvrir difficilement les yeux, je me souvins m'émerveiller devant les flammes dansant autour de nous tels d'indénombrables feu follets. Je me souvins la foudre s'abattre dans un bruit sourd sans nous atteindre. Je me souvins le feu et les éclairs se mêler et danser dans une tempête époustouflante, impressionnante, qui suintait de danger. Et je me souvins des cris, des hurlements de douleurs, qui vinrent bientôt, eux aussi, s'évanouir. Je me souvins voir apparaitre la créature ailée, dans une légère éclaircie fendant le ciel. Je me souvins les perles de jades me dévisager, et celles de couleurs parme, pas une seule seconde me quitter. Je me souvins sentir le sable humide sous le poids de mon corps. Et puis, tout devint noir.

« - Et bien, on peut dire que tu n'y es pas allée de main morte. »

Pourquoi me trouvai-je de nouveau en bas de ces très grands escaliers, avec la Déesse, qui me dévisageait ?

« - Si tu n'apprends pas à te contrôler, ton propre pouvoir te consumera, et finira par te tuer. »

Me tuer ? Alors j'étais encore en vie. Je ne savais même pas pourquoi j'en doutais, mais j'avais une impression des plus amère, comme si pendant un moment, j'avais vraiment disparu.

« - Ce pouvoir...

- C'est le tien. »

Comment était-ce possible ? Mon pouvoir ? Non, je ne comprenais pas. Et puis, je me rappelai, je me rappelai les flammes. C'était impossible, comment pouvais-je disposer d'une telle puissance magique ?

« - Si tu en doutes, regarde-toi. »

Qu'entendait-elle par là ? Ah. Je me souvenais. Les paroles d'Edelgard me revinrent en mémoire et me frappèrent. Mes doigts attrapèrent une mèche de mes cheveux que je ramenai devant mes yeux. Cette couleur... Ils étaient teintés de jade.

« - Je ne m'attendais pas à une telle puissance chez un humain. »

Mon regard vint trouver celui de la divinité qui me fixait, l'air à la fois curieux et interrogateur, comme si elle voulait que je réponde à des questions dont elle n'avait elle-même pas les réponses. Je m'attardai plus que nécessaire sur la couleur de ses yeux, et celles de ses cheveux. Etait-elle vraiment mon ancêtre ? C'était invraisemblable.

« - Ah. On dirait bien qu'on t'appelle. Tâche de rester en vie ! »

Et comme un rituel auquel il m'était de nouveau permis d'assister, l'obscurité elle-même s'assombrit. J'ouvrai les yeux difficilement. Combien de temps étais-je restée inconsciente alors que ma perception de la réalité devenait de plus en plus complexe ? Je me redressai aidée de la souveraine sous le regard ébahi de l'aiglon et de son frère. Ma tête me parut lourde et douloureuse. Je posai ma main sur mon visage, avant d'apercevoir les mèches de mes cheveux reprendre une teinte plus naturelle de bleu persan.

« - Oserez-vous encore nier après cela ? souffla de façon à peine audible l'Adrestienne à mon oreille en m'aidant à me relever sur mes deux jambes. »

Ses yeux m'interrogeaient autant qu'ils me jugeaient, tout en suintant d'inquiétude. Beaucoup d'émotions s'y mêlaient, indiscernables les unes des autres. Il était certain que cette fois-ci, je ne pourrais échapper à des explications. Seigneur, je détestais devoir me justifier.

Il me fallut plusieurs secondes pour retrouver mon esprit, avant que je ne balaye la plage d'un mouvement de la tête. Il n'y avait plus personne, à part les corps de mes victimes que la marée commençait déjà à dévorer, pour effacer mes traces. Bientôt, il ne resterait plus rien, les crabes et les mouettes feraient sans doute un festin. Les autres membres de l'église occidentale avaient apparemment prit la fuite. Je me tournai vers le conseiller de Rhea, resté silencieux jusqu'à maintenant. Ses yeux en disaient tant. Lui aussi, exigerait sans doute certaines explications, mais pas pour le moment.

« - Hey ! entendis-je au loin. »

Tout le monde se retourna sur les cinq individus de notre groupe qui accouraient dans notre direction. En tête, Claude arriva le premier, à peine essoufflé, avant d'écarquiller les yeux. Hilda le suivait de très près, traînant son énorme hache recouverte de traces rougeâtres. Les vêtements du prince du Royaume et de son protecteur étaient marqués par la lutte qu'ils avaient du mener. Seul Hubert semblait intact, lui dont la magie obscure ne laissait personne approcher.

« - Mais qu'est-ce qu'il s'est passé ici ?! »

Le cerf mit un genoux au sol avant de saisir dans ses mains une poignée de sable qui s'écoula difficilement entre ses doigts. Les rayons du soleil brillaient sur les particules agglomérées. Sous la chaleur des flammes, le sable était devenu verre. Ses yeux examinèrent cet amas de poussière avec autant d'attention que de suspicion. Ca aussi, serait difficile à justifier. Le sol n'avait pas été épargné alors qu'une traînée noire se dessinait de façon parfaitement circulaire autour de nous avant de s'étendre sur plus d'une dizaine de mètres de rayon. J'avais étudié la magie pendant des heures pour essayer de combler mes lacunes dans cette spécialité, et je reconnaissais avec aisance les conséquences du sort Fulguration mêlé à un puissant Bolganone. J'avais cependant bien plus de mal à croire que ce dernier était de mon propre fait.

« - On dirait bien que l'église occidentale compte de très puissants mages dans leurs rangs, fit remarquer Hubert très calmement en ne me quittant pas une seule fois des yeux, sourire aux lèvres. »

Parfait utilisateur de magie noire, et de magie obscure, il ne faisait aucun doute que le magicien sombre avait très vite compris quels sorts avaient été jetés ici. Mais ce qui m'inquiétait n'était pas cette parfaite observation, mais le regard qu'il me lançait. Nous étions au cœur du seul endroit qui avait été épargné, dans l'œil du cyclone de foudre et de flamme qui avait tout ravagé.

« - Quelque chose me dit que cet affrontement ne sera certainement pas le dernier, réfléchissait le Lion de Saphir à haute voix.

- Je ne devrais pas être sur un champs de bataille, soupirai la biche aux yeux rosés. Regardez mes bras frêles, ma place est loin du front, à encourager mes alliés.

- Votre présence nous a pourtant sauvé la mise lorsque ces guerriers sont apparus en se jetant sur nous, reprit le fauve.

- Ne soyez pas si modeste, votre Altesse, riait maintenant le meneur des cerfs. Vous avez quand même tenu à distance deux hommes armé seulement de votre lance.

- Je n'avais pas le choix puisque vous étiez déjà en train de fuir.

- Il s'agissait d'une retraite stratégique, corrigea le garçon aux cheveux épais. Je devais bien me repositionner, mon arc n'est pas fait pour la mêlée. Et il aurait été dommage de voir un si joli visage abimer par une épée.

- Vous êtes irrécupérable, Claude, désespérait le lancier.

- Se battre est un gâchis d'énergie... concluait ainsi Hilda. »

Je ne comprenais pas très bien comment s'était déroulé leur bataille, mais l'heure n'était pas aux explications, et ils auraient tout le luxe de nous raconter cela plus tard. Sans oublier qu'il me faudrait faire un rapport à Rhea. Je laissai les deux délégués argumentés et me tournai vers le chevalier Wyverne et sa jeune sœur, car pour eux, tout n'était pas terminé.

« - Flayn, nous allons bientôt devoir rentrer. »

Le regard de Seteth ne m'avait jamais paru si douloureux alors qu'il faisait monter l'aiglon sur sa monture ailée. La jeune fille avait encore une mission à accomplir ici : se recueillir. J'observai les descendant des saints disparaitre en direction du petit îlot plus loin. Ils auraient besoin de quelques heures.

Le soleil laissa rapidement place à la lune dont le premier quartier venait enfin faire grâce de sa présence dans l'immense voute étoilée. Comme pour nous signifier qu'elle n'avait pas disparut, qu'elle continuait d'exister, pour éclairer nos nuits. Mes yeux se perdaient déjà sur cet astre tandis que j'entendais les braises crépiter juste à côtés. Il devait se faire tard, le combat avait été éreintant, et tous les élèves dormaient déjà. Tous sauf une.

« - Je vous remercie d'avoir accepter de nous accompagner... »

Je baissai la tête pour aller à la rencontre des perles de jade qui me fixaient, sur ce sourire marqué d'autant de joie que de tristesse. Ce n'était pas dans mes habitudes d'éprouver de la peine, mais je devais reconnaitre qu'observer Flayn ainsi m'était plutôt pénible. Et puis, pourquoi me remercier ? Je n'avais rien fais de particulier.

« - Ce n'est pas nécessaire, l'arrêtai-je. C'est aussi mon rôle en tant que professeur.

- Flayn a raison, soupira bruyamment le commandant en second. Rien ne vous obligeait à nous accompagner. »

Je n'arrivai à croire ce que je venais d'entendre, et pourtant, c'était bel-et-bien réel. L'homme, habituellement nonchalant et méprisant, assis au coin du feu, dont le regard perçait maintenant le mien, ne semblait pas lui même. Du moins, ce n'était pas ainsi que je le connaissais. Quelque chose dans sa voix, son attitude, et dans ses gestes, avait changé. Je le trouvais bien plus humain qu'à l'accoutumé.

« - Je vous remercie de l'avoir protégée, reprit l'homme en posant une main sur la tête de sa cadette dans un mouvement protecteur. Et sans vous, Flayn n'aurait pas pu revoir sa mère.

- Cesse donc de me considérer comme une enfant, le regarda la plus petite avec une moue faussement contrariée.

- Je n'y peux rien, Flayn, tu seras toujours ce que j'ai de plus précieux. »

Il devait certainement geler en enfer, car c'était bien un sourire, que je voyais gravé sur les lèvres du chevalier. Pourquoi sentis-je mon cœur douloureusement se serrer, malgré cette chaleur qui semblait lentement l'envelopper ?

« - Ma femme est décédée il y a plusieurs années, mais cela faisait très longtemps que je n'avais pas pu venir la voir.

- Votre femme ? répétai-je.

- Et bien, j'ai une dette envers vous, et je pense que vous méritez de connaitre la vérité, soupira l'homme dont les traits s'étaient surprenamment adoucis. Flayn est en réalité ma fille.

- Père... »

Je dégluti difficilement sur cette révélation tout en restant le plus impassible possible. Si je savais le frère surprotecteur, il m'était aisé d'imaginer que cette jeune fille soit pour son père, la chose la plus importante sur cette terre. Cet aveu de Seteth me laissa bien perplexe alors qu'il faisait un premier pas vers moi. Non, plus que ça, il me faisait enfin confiance. Je n'arrivais pas à en revenir. Ni ça, ni les paroles qu'ensuite, il prononça.

« - Je me suis permis de faire quelques recherches sur vous, après notre dernière rencontre. »

J'avalai une nouvelle fois ma salive. Ce changement de sujet était déconcertant, d'autant plus que je me demandai quelle part de mon passé l'homme avait pu découvrir.

« - Rhea elle-même refusait de me répondre, et c'est aussi mon rôle de veiller à sa sécurité, d'autant plus vu l'intérêt qu'elle vous portait. »

Ah. Je ne pouvais pas lui reprocher de s'inquiéter pour l'archevêque, ou pour l'académie, ou même pour les élèves. Et enfin, pour la sécurité de son enfant. J'étais une mercenaire dont il ignorait tout, après tout. Je me fis silencieusement violence. Pourquoi cherchai-je des excuses au mépris dont il m'avait jusqu'à maintenant fait part ? Mais surtout, pourquoi n'arrivai-je plus à lui en tenir rigueur ?

« - Nous sommes arrivés au monastère après la mort de ma femme, reprit le conseiller la voix très calme et très posée. J'ignorais que Rhea avait une fille. Celle-ci est décédée il y vingt ans, et c'est exactement l'âge que vous avez.

- Où voulez-vous en venir ? laissai-je échapper sur un ton de méfiance. »

Ah, je sentis mes muscles se crisper un à un, et ce sentiment d'être percée à jour. Jusqu'à maintenant, seule mon père et Rhea étaient au courant, et c'était bien assez. Je ne supportais pas devoir me dévoiler, pas ici, et pas ainsi. Surtout pas concernant un sujet qui aujourd'hui encore, m'échappait.

« - Il n'a pas été difficile de faire le rapprochement. »

Je ne pus lui donner raison, mais ne pouvais pas non plus le nier. Mon seul silence parlait pour moi. Je soupirai.

« - Soyez sans craintes, je n'en parlerai à personne. »

Sans craintes ? Pensait-il vraiment que ses paroles à elles seules allaient me rassurer ? Etait-ce pour ça que l'homme, un peu plus tôt, s'était confié ? Ah, ma tête me fit soudainement mal, mes pensées étaient de nouveau sans dessus-dessous. Pourquoi m'avouait-il cela ? Il ne s'agissait pas seulement de lui, mais aussi de Flayn, et de Rhea. Cette histoire prenait une tournure qui me déplaisait fortement, et je n'étais pas au bout de mes peines.

J'entendis soudain le sol craquer, avant de voir les yeux de jade de mes deux camarades percer l'obscurité. Je me résignai à oser me retourner.

« - Edelgard... »

Seul son prénom s'échappa de mes lèvres entre-ouvertes sous la stupeur. Mon cœur accéléra, et mon esprit se tût. Je restai seulement figée. Qu'avait-elle entendu, alors que son regard effaré suintant de consternation perçait le mien ?

Comme si elle me découvrait pour la toute première fois.