Salut !

Je viens de me relire à toute vitesse, donc sorry pour les fautes !

D'ailleurs je n'aurais peut-être pas du le relire car il ne me plait plus, ce chapitre ! Ma foi ! xD

Pour ceux qui sont intéressés, je viens de me lancer dans un recueil de courts OS sur Byleth x Edelgard avec pour thème les 7 péchés capitaux ! Ils peuvent se lire de façon indépendante, et sont vraiment courts ! :3

La review des review :

Eatoce : Encore une fan de Claude ! XD Ca fera plus de Edelgard pour moi ! *se la garde au chaud* Ah, tu penses que Edelgard est mon personnage préférée ? Et bien ! Oui ! xD Mais j'ai d'autres chouchoux ! (qui se placent après du coup xD). En tout cas, pour ce chapitre, un grand merci ! Encore de l'évolution oui, Byleth et ses camarades, cette notion trouve un sens pour la mercenaire habituée à être seule. Byleth se voile totalement la face, nous, on le sait, mais pas elle xD Merci pour les combats ! *pleure de joie* c'est pas évident du tout ! J'essaie, encore, de garder chacun fidèle à lui même !

Arobyn : Ah, on sait pas si elle a tout entendu ! Mais mon petit doigts me dit que tu auras bientôt la réponse xD Ouais non faut être débile pour pas faire de rapprochement là xD Mais qui sait ! El surgit de l'ombre et entend tout ! Mouahahahaha ! Parfaitement, la peur ? Connait pas ! *parole de Byleth* Il faut que ton affinité soit la plus forte avec elle, je crois, car c'est le jeux qui décide ! xD A bientôt !

Mijoqui : Coucou Rhodos ! *agite les pompons* ah mais c'est fini D : Oh, quel chapitre ? xD je vois pas ! xD Bonne question ! *la pose a Byleth qui reste silencieuse* Le sable c'était juste horrible, j'avais envie de le faire ressentir à tout le monde xD Non aucune référence a la capuche saucisonnée ! xDDD Seteth sait tout ! Ohohoh ! Fallait bien trouver de quoi le rendre plus gentils xD Merci et à bientoooot !

Tassouille : Scrit scrit ! ) *surf sur la vague du visage de la tasse ébréchée* il n'est « que » seteth, tu m'as tué xD C'était un tout petit passage pourtant ! Mais je suis contente ! :3 Ah mais c'est Claude quoi xD Si intelligent, et si sournois ! Enfin je dis ca mais coucou l'image qu'il se colle ! Le terrain sableuuuux xD Dans le jeux, parfois Byleth était leeeeente car elle était genre epéiste et d'autres fois quand je montais sa magie, bah du coup, elle avait une classe de mage et zero impact xD Non mais c'était l'enfer les map de sable xD Oh, de la peine ? C'était fait pour ! *happy* En vrai, je suis super contente des compliments que tu me fais sur tout le chapitre, les combats, les persos, trop bien ! xD NAAAA, RHEA EST SA GRAND MERE ! xDD mais comment as tu fais pour comprendre ça ! xDDD En tout cas, merci, et à bientôt !

LCD : Une revenante ! :3 (je te review seulement la dernière review, mais merci pour chacune !) dooooonc, Oh, quelles idées ? dis moi en plus ! Sothis apaprait de plus en plus, j'adore écrire les passages avec elle xDD Arrete avec Flegne, la pauvre y'a plus de respect ! Hmmmm, pas encore vraiment pensé au lien entre Rhea et Seteth... *se rappel en avoir parlé au début en plus* je réfléchierai ! joli tir xDDD Byleth, comme dans le jeu, à 20 ans xD

Lucina : Tkt, j'ai l'habitude avec ton pseudo xD Bravo, là tu y as pensé ! Edelgard va réagir... façon Edelgard ahahah xD Oui c'est vrai qu'il est court, mais quel plaisir de pouvoir jouer Edelgard encore... XD

Sur ce, merci à tous, et enjoy !


Chapitre XXXIV - Confrontation et Confession

Si j'avais gagné le respect de Seteth, j'avais perdu celui de ma souveraine. Pas une seule nuit ne s'était succédée sans qu'elle n'évite de me parler. Elle ne m'adressait plus la parole. Je pouvais en compter deux, passées ainsi. Jamais je n'aurais pu penser que son silence puisse être si difficile à supporter, alors que nous approchions maintenant du monastère sous la surveillance de la lune. Edelgard ouvrait la voie, tandis que je fermais ce cortège.

Tout comme je le pensais, la place du marché était déserte. Ce n'était pas surprenant, puisque notre retour avait accompagnée la naissance de la nuit. J'étais la dernière à entrer et à passer les grilles qui se refermèrent derrière moi sur l'action d'un garde qui était chargé de la surveillance des murs. Un peu plus loin, devant les grandes marches qui menaient au vestibule, j'observai la future impératrice descendre de son cheval, bientôt rejointe par son vassal. Les cerfs, étaient déjà partis en direction des écuries. Sans doute qu'aucun des deux n'avait réussi à refourguer cette tâche à l'autre. A mon plus grand étonnement, Hubert laissa le canasson à sa maîtresse, même si j'aurais juré qu'il avait essayé de se charger de la corvée. Edelgard caressait déjà affectueusement le museau de l'animal. Sans même comprendre pourquoi, je tournai la tête lorsque son regard parme me remarqua à l'observer.

Je dirigeai maintenant mon attention sur les Lions de Saphir qui déchargeaient déjà les armes de la carrioles pour aller les ranger. Un peu plus en retrait, Flayn et Seteth échangeaient, sur une discussion qu'il aurait été impoli d'interrompre. Ma tête me disait d'aller aider les garçons, mais mon instinct me poussa à faire le contraire lorsque j'entendis le bruit des sabots claquer, et que je vis les quelques mèches blanches se soulever. Je resserrai les rennes de ma monture entre mes doigts froids, plissai les yeux, et hésitai. Lorsque l'Adrestienne disparu, mes pas empruntèrent le même chemin qu'elle avait arpent, sous le bruit que faisaient mes bottes en s'enfonçant dans le petit manteau neigeux. Plutôt agréable, cela arrivait à me changer les idées, le temps d'une demi-seconde.

Les dalles des pavés des marches étaient balayées pour permettre aux sabots des chevaux de ne pas y glisser, tout comme leur hauteur, leur était adapté. Je les montai rapidement traînant ma bête qui n'avançait pas assez vite à mon goût, avant de prendre à droite devant l'entrée du bâtiment. Je suivis naturellement le couloir que formaient les murs de l'enceinte et ceux du vestibule, jusqu'à passer sous une énorme arche de pierre, qui donnait sur l'entrée des écuries. L'odeur de la paille et du foin vint instinctivement envahir mes narines tandis que l'air frais, lui, s'insinuait dans mes poumons. Lorsque je tournai à gauche sur l'espace devant les étables, les deux Cerfs-d'Or n'étaient déjà plus là. Seul mon Aigle de Jais demeurait. Les chevaux hennirent sur le bruit des sabots qui claquaient sur mon passage. Petite assemblée animalesque, les équidés semblaient presque m'accueillir.

Mon compagnon et moi approchâmes lentement mais surement pour ne pas effrayer l'oiseau, au risque de le voir s'envoler. Je me fis violence pour ne pas m'attarder sur Edelgard qui caressait la jument qu'elle venait de rentrer dans le box. Je croisai les yeux noirs du canasson qui semblaient presque me dévisager. J'eu l'impression qu'il me faisait la morale lorsque je l'entendis hennir en secouant vigoureusement la tête. Décidément, si le cheval s'y mettait... Je débarrassai sa bouche du mors recouvert de bave plutôt gluante et écœurante, avant d'imaginer la sensation désagréable que devait être le fait d'être souvent harnaché. Mes doigts attrapèrent le licol que je fis glisser sur son museau pour le libérer. La crinière de l'animal se souleva sur les nouveaux mouvements de sa tête, comme pour me remercier. Ma main ne quitta pas une seule fois la robe de l'équidé lorsqu'elle glissa jusqu'à son flanc. Je détachai la scelle à laquelle étaient attaché les étriers, avant de saisir le tapis qui protégeait son dos. Tout cet équipement était pesant. Je saisis une couverture que je secouais pour la débarrasser de poils agglutinés, avant de couvrir l'animal. Edelgard ferma la porte du box lorsque ma monture eut enfin rejoint la sienne.

Ah, je me retrouvai bête, quelle étrange sensation, à la dévisager silencieusement, sans pour autant réussir à supporter son regard plus de quelques secondes. Seigneur, mais qu'un éclair me frappe ! Pourquoi ? Pourquoi ne pouvais-je soutenir ses yeux parme qui attendaient autant de réponses qu'ils ne posaient de question ? Pourquoi me sentais-je si coupable, à seulement la regarder ? J'osai un pas en avant mais me figeai lorsqu'elle en fit un en arrière, jamais son visage ne s'était montré aussi froid, presque autant que la douleur que je ressentis à l'instant dans la poitrine. Une seule question me brûlait les lèvres depuis deux nuits : qu'avait-elle bien pu entendre ? J'avais déjà peur de le savoir. Je pestai, depuis quand avais-je conscience de ce qu'était la peur ? Mais la réponse à cette question aussi, m'apparaissait déjà avec clarté.

J'ouvrai la bouche, mais aucun mot ne daigna en sortir. Ceux que je formulaient dans ma tête mourraient avant même d'avoir atteint mes lèvres. Ils pouvaient encore moins espérer les franchir. Que pouvais-je bien lui dire ? Les secondes défilaient aussi vite que j'avais l'impression de la sentir se détacher et s'éloigner alors qu'elle n'avait pourtant pas bougé d'un seul centimètre. Comme si peu à peu, sa silhouette s'estompait dans la nuit, comme si les traits de son visage s'effaçaient, pour ne plus du tout la voir. Comme si tendre la main pour l'attraper n'aurait fait que briser ce souvenir que je conservais d'elle, que je gravai en moi, pour me souvenir de cette douleur lacérante.

De la vapeur se forma à la sortie de ma bouche lorsque ma respiration chaude se mêla à la fraicheur de l'air sur un soupir que je laissai échapper malgré-moi. Pendant quelques instant, j'avais oublié que la nuit était si froide, ce soir. Et comme si la nature elle-même faisait écho à mes pensées, je vis bientôt danser un petit point immaculé devant mes yeux, qui se multiplia bien rapidement. Le visage de la future impératrice s'orienta sur la toile sombre quand je tendis ma paume devant moi sur un réflexe auquel je n'étais pas habituée. Les flocons de formes fantasques vinrent se poser pour mourir sur ma peau. Mon regard rejoignit bientôt le ciel dans lequel se jouait ce spectacle aussi magnifique qu'il était éphémère. Curieusement, les particules s'agitaient autant que l'était mon esprit.

« - Edelgard... soufflai-je entre quelques flocons. »

Je la tirai des pensées dans lesquelles elle semblait s'être perdue sur cet instant magique pour la ramener à moi. Je ne pouvais pas la laisser partir sans rien dire. Pas comme ça, pas de cette façon, et pas après tout ça. C'était maintenant ou jamais.

Mon souffle se bloqua dans ma poitrine lorsque les bruits des sabots d'autres équidés se firent entendre à l'autre bout des écuries. Je sentis mes muscles se tendre et mes mâchoires se serrer avant de tourner légèrement la tête. Juste assez pour voir les deux fauves. Le plus sombre des deux ne fit même pas attention à nous, quand à celui à la crinière dorée, il me fixait déjà de ses perles azurées. C'était jamais.

Ah, ma contrariété ne se fit pas prier pour me mettre à mal devant la souveraine. Mes doigts vinrent mécaniquement trouver mon front que je frottai mécaniquement. Je n'avais plus cœur à lui dire quoique ce soit. Et surtout plus l'envie. De toute manière, qu'espérais-je pouvoir lui dire ? Absolument rien. Rien que je ne pouvais me permettre. Encore une fois, le destin me prouvait que cela était donc mieux ainsi.

« - Bonne nuit. »

A peine eus-je prononcé ces mots que je quittai déjà cet endroit qui sentais la paille et foin dans lequel j'avais perdu mon temps. Bien trop de temps. Et du temps, la nuit n'en avait que déjà trop été privée.

/

Je me retournai depuis sans doute un peu moins d'une heure dans mon lit, sans arriver à trouver le sommeil, encore une fois. Dans cette obscurité nocturne, les doutes arrivaient à se frayer un chemin tortueux jusqu'à moi. L'ombre des ténèbres semblait me caresser dans l'expression de chaque émotion négative que j'étais capable de ressentir. Comment était-ce seulement possible ?

« - Tu n'iras pas bien loin si tu ne cesses de te torturer ainsi. »

J'ouvrai les yeux pour constater que je n'étais plus dans ma chambre. Et ce lieu ne ressemblait définitivement pas aux dortoirs du monastère. J'avais donc fini par m'endormir. Il fallait dire que l'expression de mes facultés magiques sur les côtes de Rhodos avaient aussi bien épuisé mon corps que mon esprit. Mes bras vinrent trouver une position plus confortable en se croisant sur ma poitrine quand mes yeux détaillèrent de nouveau ce fameux tombeau de la Déesse comme si je le redécouvrais pour la toute première fois. Mais rien n'avait changé. Pas même cette gosse qui me considérait.

« - Qu'est ce que tu en sais, rétorquai-je à la divinité.

- Je ressens tout ce que tu ressens. Tes émotions sont miennes. »

Je tournai le dos à la Providence pour faire face à la noirceur des lieux. Tout était toujours si sombre ici. Etait-ce par sa faute, ou bien la mienne ? Ah, je commençais à me poser des questions qui n'avaient pas leur place dans ma façon de réfléchir.

« - C'est à cause de cette gamine, n'est-ce pas ? »

J'écarquillai les yeux. Qui traitait-elle de gamine alors qu'elle passerait inaperçue dans les jardins du monastère après quelques semaines seulement sans entretien ?!

« - Aaaaah... soupirait-elle maintenant. La jalousie n'existait pas de mon temps. »

Je manquai presque de m'étouffer avant de me retourner sur elle. Pardon ? Avais-je bien entendue ? Je me serais passée de ce genre de remarque, surtout aussi ridicules. Jalouse ? Moi ? Comme si c'était seulement possible. Il gèlerait certainement en enfer avant que de pareilles aberrations sortent de ma bouche, ou soient seulement pensées.

« - Ne prends pas cet air surprit, ça ne te sied absolument pas. As tu déjà oublié ? Je suis d-...

- Dans ma tête, la coupai-je impétueusement. »

Inutile de le répéter. Encore. Cet avorton ne cessait de m'agacer. Je levai un œil sur elle pour l'observer une énième fois. Ah, je ne m'habituais vraiment pas à ses oreilles. Mes doigts vinrent instinctivement effleurer les miennes. Si Rhea disait vrai, alors cela signifiait qu'elle était vraiment mon aïeule. Descendante de la Déesse ? Sérieusement ? Je ne lui ressemblais en rien.

« - Oh, personne ne viendra te blâmer, elle n'est pas trop mal, pour une humaine. »

Pouvait-elle se taire, juste une minute ? Ou allait-elle continuer de me toiser de son regard condescendant et de ses remarques impertinentes ? Si je ne trouvai pas rapidement une solution pour faire cesser ces cauchemars, son fantôme risquait de hanter mon esprit jusqu'à finir par me faire perdre la raison.

« - Peut-être pourrait-elle l'être un peu plus si elle avait un tant soit peu de considération pour tout ce que représente mon nom. »

Mes lèvres s'étirèrent machinalement à la seule pensée que la lilliputienne puisse être contrariée qu'Edelgard refuse de se plier aux dogmes de l'église. Mais ce sourire bref s'effaça bien rapidement lorsqu'elle reprit la parole.

« - Tu sais que tu ne peux pas te le permettre. »

J'en avais parfaitement conscience, mais cela n'avait rien à voir, de près ou de loin, avec l'ordre de Seiros. Je me fis silencieusement violence pour ne pas réagir, même si ce microbe lisait probablement déjà en moi. Je soupirai, loin d'apprécier qu'une Déesse inventée par mon esprit torturé puisse s'amuser à jouer le rôle de conseillère avec moi. Que savait-elle de tout ça, après tout ? Et dire que j'étais en tête à tête avec moi même, c'était tellement risible.

Je pris une grande inspiration lorsque mes yeux se mirent à fixer les marches pendant de longues secondes. Je ne pouvais même pas en compter le nombre. Et puis, quelque chose me percuta. J'avais plus d'une fois essayé de sortir d'ici pour toujours me retrouver au centre du tombeau, mais ces grands escaliers... Pourquoi n'y avais-je pas pensé plus tôt ?

« - Hé... Mais... Qu'est-ce que tu fais ? se redressa la divinité écarquillant les yeux. »

J'ignorai sa question, j'ignorai sa présence, et escaladai ces escaliers guidée par une toute nouvelle curiosité plutôt satisfaisante, sans doute dû à l'expression déconcerté qu'affichait le visage de la nabotte. Ah, de près, ce trône sur lequel elle siégeait paraissait bien plus imposant, et elle, ridiculement plus petite encore. Je baissai la tête sur elle pour la toiser à mon tour et plantait mon regard dans ses yeux jade. Je la fixai une dizaine de secondes ainsi, silencieusement.

« - Qu- quoi ?!

- Pourquoi serait-ce à moi d'être debout, si nous sommes dans ma tête ?

- Petite insolente... pesta la gamine sur un rictus de contrariété. »

Elle était bien culottée. Mon arrogance ne lui arrivait même pas à la cheville alors qu'elle n'était déjà pas très grande.

Des vibrations remontèrent le long de mes jambes alors que le sol se mit soudain à trembler. Mes yeux interrogèrent la Déesse pour trouver dans son regard autant de surprise et de questions que moi-même en avais. Ma main trouva mécaniquement son épaule lorsque je perdis l'équilibre. Ah, sa peau était si chaude... à mon plus grand étonnement. L'obscurité s'assombrit avant de paradoxalement m'éblouir. J'ouvrai les yeux et me redressai vivement.

J'examinai instinctivement mon environnement avant de rapidement lever la tête pour trouver le plafond de ma chambre et de réaliser. Ce grondement... Sylvain avait parfois du mal à mettre un pieds devant l'autre au saut du lit, lorsqu'il ne roulait carrément pas de ce dernier pour rejoindre directement le sol. Ce n'était pas la première fois que je me réveillais ainsi. Je soufflai, c'était déjà le matin, mais d'une certaine façon, ne c'était pas trop tôt. Et puis, c'était aujourd'hui, que mon père revenait de mission.

/

Cela faisait des jours maintenant que j'attendais le retour de l'ancien capitaine des chevaliers de l'Ordre qui me devait des explications. Je n'étais pas certaine de vouloir les entendre, ni elles, ni d'éventuelles excuses bidons, et je n'avais d'ailleurs pas non plus réfléchi à ce que j'allais lui dire, ou plutôt lui demander. J'allais compter sur mon talent naturel d'oratrice. Dire que j'allais perdre mon précieux temps de quartiers libres à bavarder, alors que je crevais d'envie d'aller m'entraîner. Je n'en pouvais plus d'étouffer au monastère, et la forêt environnante me paraissait parfait endroit pour perfectionner quelques techniques.

Arrivée au premier étage du hall de réception, je tournai sur le couloir pour me retrouver devant les portes grandes ouvertes des quartiers du capitaine. Des étagères recouvertes de bouquins décoraient entre autres, les murs de la petite pièce plutôt sobre. Avaient-ils toujours été là, même à l'époque où le châtain était le meneur des chevaliers ? Je n'imaginais pas cet homme abrupte bouquiner après une mission ou une journée difficile. Devant le bureau sur lequel traînaient quelques parchemins, se trouvaient deux canapés qui se faisaient face séparés par une table de bois basse. Cet endroit n'était pas sans me rappeler le bureau de l'archevêque.

Comme je l'avais pressentie, mon père était bien là, comme si il avait naturellement reprit le rôle qu'il avait laissé derrière lui vingt ans auparavant. L'individu un peu potelé avec lequel il discutait était désagréablement bruyant, sa voix portante malmenait mes oreilles. Ah, et son sourire béat et ses yeux écarquillés et scintillants de curiosité ne me donnèrent absolument pas envie de m'adresser à lui lorsqu'il me remarqua.

« - Oh, vous êtes la fille du Capitaine ?! s'émerveillait déjà l'homme dont je trouvais la moustache ridicule.

- Aloïs, combien de fois devrais-je te dire que je ne suis plus Capitaine, soupirai mon paternel agacé. »

J'ignorai le membre de l'Ordre de Seiros et plantait mon regard furieux dans le regard Alezan du mercenaire toujours si flegmatique. Si lui restait parfaitement calme, moi, m'impatientais alors que j'entendais toujours le plus charnu des deux débiter des paroles que je ne prenais même pas la peine d'écouter.

« - Aloïs ! répéta le châtain plus sèchement.

- Oui ? Capitaine ?! »

Je devinai le regard de plus petit jongler de ma personne à mon père, silencieusement, tandis que mes yeux défiaient toujours ceux de mon acolyte sans même cligner.

« - Oh ! s'exclama-t-il ensuite. J'ai compris ! »

En plus d'être trop bavard, se pouvait-il que celui-ci soit idiot ? Je me retins de soupirer lorsque l'homme passa la porte, bien trop occupée à soutenir le regard de l'ancien capitaine. Ce dernier grommela quelque chose d'incompréhensible avant d'aller refermer la porte du bureau. Aussitôt, mes muscles se relâchèrent.

« - Qu'as tu donc bien pu entendre pour être dans cet état ? »

J'observai mon père me faire face à nouveau. Ah, lui aussi découvrait sans doutes que j'étais capable d'émotions. Car c'était bien de la colère, que je ressentais à l'instant. Je décidai de lui répondre sans passer par quatre chemin, et je ne pris de gants.

« - J'ai parlé à Rhea. »

Ou plutôt, c'était Rhea qui m'avait parlé, mais peu importait.

« - Qu'est-ce que cette femme a bien pu te dire ?

- Qu'est ce que toi, as oublié de me dire ! »

Les doigts du mercenaire vinrent négligemment gratter sa barbe de la couleur de ses cheveux, avant de soupirer, encore une fois. Je savais d'où je tenais cette tendance, maintenant.

« - Elle m'a parlé de sa fille. »

Et cette nonchalance... Elle aussi, était une particularité qu'il m'avait définitivement transmise. Mais l'heure n'était pas à la comparaison entre nous deux. Non, je voulais des réponses. Et surtout pas entendre qu'il avait menti pour me protéger.

« - Si je ne t'ai rien dit, c'était uniquement pour te protéger. »

Comme je m'y étais attendue. Mes mâchoires ses serrèrent sur cette excuse, tout comme mes poings se refermèrent. Je pouvais sentir mes ongles rentrer désagréablement dans mes paumes. Me protéger ? Je n'en pouvais plus de sans-cesse entendre la même chose. Je pouvais me protéger toute seule, j'étais assez grande pour cela. Depuis quand étais-je mercenaire, après tout ? Depuis toujours. Du moins, assez longtemps pour ne même plus savoir l'âge que j'avais lorsque je pris pour la toute première fois une vie.

« - Quand ta mère est morte, Rhea était anéantie... marmonnait le guerrier aguerri. Après ça, elle a développé une effrayante obsession pour toi... »

Une obsession qu'elle n'avait apparemment pas perdue, même si, pour moi, elle n'avait rien d'effrayant. Elle avait peut-être la force et la prestance d'un dragon, mais n'en avait pas non plus les crocs. Quoique... Non, c'était tout autre chose. Peut-être une fascination dérangeante, mêlée à une évidente autorité.

« - Je n'avais pas d'autres choix que de fuir, reprit l'ancien chevalier. Qui sait de quoi elle aurait été capable, et ce que tu serais devenue.

- Un chevalier de l'Ordre ? Suggérai-je. Peut-être aurais-je grandi ici, plutôt que sur la route à sans cesse risquer ma vie ! »

Mon père écarquilla les yeux sur ma remarque, peu habitué à ce que je lui tienne tête de la sorte. Mais je ne pouvais plus rester silencieuse comme avant. Si je n'avais jamais rien ressenti jusqu'à maintenant en dehors de la rage et la satisfaction de vaincre, me faisait aujourd'hui dévorer petit à petit par mes propres émotions.

Ah, j'étais injuste. Tellement injuste. Je baissai la tête avant de me précipiter en dehors de la pièce en claquant violement la porte derrière moi. Mes talons frappaient le sol des pavés et résonnaient dans le couloir comme mes dernières paroles résonnaient dans ma tête. J'étais si égoïste... Mon père avait veillé sur moi toute ma vie, m'avait élevé, et m'avait tout apprit. Plus que ça, il m'avait offert une vie de liberté que je n'aurais échangé pour rien au monde, pas même pour celle que j'aurais pu vivre ici. Et puis, moi, me retrouver dans une belle et brillante armure dont la cape serait ornée du blason de l'église ? N'importe quoi. Alors pourquoi m'emportais-je de la sorte en pensant à tous ses mensonges ? Peut-être avais-je simplement le sentiment que toute ma vie, en était un...

Si je me posais de plus en plus de questions existentielles, celles-ci ne venaient que creuser un peu plus le vide que je ressentais désormais en moi. Ce vide, que la solitude comblait lentement, toujours un peu plus en profondeur, alors que je n'avais jamais été si entourée. C'était tellement paradoxale.

J'étais d'humeur à m'entrainer, et surtout à me déchainer. Il me fallait des cibles, des cibles volontaires, et je prenais le silence des mannequins de bois sur lesquels je passais habituellement mes nerfs comme un manque d'objection de leur part. Le terrain d'entraînement serait ma scène, quand aller frapper de l'air dans la forêt ne m'attirait plus autant qu'une heure auparavant. Manque de chance, lorsque j'arrivai devant, celui-ci sembla déjà occupé. Je m'arrêtai devant les portes grandes ouvertes. C'était ce fameux professeur, celui qui maniait parfaitement la lance, celui que Caspar avait souhaité avoir à ma place à mon arrivée au monastère. Jeritza, qu'il s'appelait. L'homme à la longue chevelure châtain clair était en effet plutôt impressionnant. Il aurait désarmé le prince de Faerghus en moins d'une minute. Je soupirai, peut-être allai-je vraiment finir par aller battre de l'air aux alentours de Garreg Mach. A moins que...

Si je voulais à l'origine me battre pour le plaisir, j'avais ensuite souhaité me décharger sur quelque chose, ou bien quelqu'un. Au final, la seule chose que je désirai péniblement était tout simplement de me calmer, de m'apaiser. Ah, peut-être devais-je commencer à faire un travail sur moi-même pour ne plus laisser ainsi mes émotions m'envahir. Je devais bien avouer avoir de plus en plus de mal à les garder sous contrôle. C'était épuisant.

Je traversai rapidement le monastère sans plus attendre, pour me rendre dans le seul et dernier endroit où j'étais absolument certaine de me joindre au silence dans un calme que je ne trouvais nulle part ailleurs. Je pouvais emprunter ce chemin les yeux fermer, tant je le connaissais maintenant par cœur. D'abord le grand pont, puis les courtines, encore un pont, et enfin, la tour. Cette tour qui faisait une fois de plus écho à la divinité qui hantait inévitablement mes nuits. Je ne réfléchis pas, et montai au sommet.

Le monde se jouait de moi, pourquoi était-elle là ? Pourquoi cet oiseaux qui rêvait tant de liberté ne faisait que s'enfermer, jour après jour, dans sa belle cage dorée ? Mes yeux persan croisèrent très rapidement son regard parme. Si j'avais voulu y chercher du réconfort, n'y trouvait que l'amertume. Je n'avais rien à faire ici.

« - Byleth. »

Mon corps se figea alors que je m'apprêtais à partir en entendant mon prénom sortir de sa bouche dans des circonstances bien différentes de d'habitude. Je me retournai à nouveau sur mon Aigle de Jais, dont les bras se croisaient sur sa poitrine, le visage tourné sur Fódlan dans l'embrasure des pierres. Je m'adossai à un mur tout en gardant une distance raisonnable entre elle et moi, l'ambiance ne se prêtait pas à autre chose qu'à des aveux.

« - Edelga-...

- Ne dites rien, me coupa sèchement la souveraine de l'empire. Il n'y a qu'une seule chose que je désire entendre. »

La blanche n'était pas tendre alors que j'eus l'impression qu'elle me lançait une sorte d'ultimatum. Cette occasion était peut-être la seule qu'elle allait décemment m'offrir.

« - Des explications. »

Comme je l'avais pensé. Je ne pouvais pas lui reprocher d'exiger de moi des réponses quant à l'étrange situation dans laquelle je me trouvais. Et puis, qu'avais-je à perdre de lui dire ? Absolument tout.

« - Qu'avez vous entendue l'autre soir ?

- Assez pour regretter vous avoir accordé ma confiance. »

Elle était si dure, assez pour que ses paroles me blessent. Ah, la douleur émotionnelle était donc bien plus difficile à supporter qu'une quelconque blessure physique. C'était une chose que je découvrais péniblement.

« - Tout ceci ne vous concerne aucunement, tentai-je de la convaincre.

- Cessez donc de me prendre pour une idiote ! Et de me faire perdre mon temps ! »

Edelgard apparaissait à moi comme je ne l'avais jusqu'à maintenant jamais vu. S'était-elle déjà montré ainsi devant quiconque ? Aussi transparente sur ce qu'elle ressentait, et débordant de tellement de colère ? Ce conflit entre elle et moi n'avait absolument rien à voir avec les précédents.

« - Vous n'êtes pas sans ignorer mes projets, je compte me dresser contre l'église, affirma l'aigle. Contre Rhea, ajouta-elle. Ainsi, je pense que cela me concerne bel-et-bien. »

Ce que je venais d'entendre me déplaisait fortement. Dans un premier temps car elle avait raison, mais surtout car cela signifiait qu'elle courrait à sa perte. L'oiseau ne réussirait qu'à se briser les aigles en affrontant le dragon.

« - Je ne cesse de me demander qui vous êtes, professeur.

- Seulement une femme éprise de vous. »

Même si elle tenta de faire fi des mots que je venais d'employer, je remarquai que ceux-ci l'ébranlèrent, autant la jeune femme que la souveraine. Les traits de son visage se détendirent tandis que ses yeux n'affichaient plus qu'amertume.

« - Pensez-vous vraiment que je puisse m'en contenter ? »

Une fois encore, je laissai seulement s'exprimer mon silence éloquent.

« - Il le faudra, déclarai-je. Je n'ai rien d'autre à vous offrir. »

Je me redressai et fis quelque pas jusqu'au centre de cette pièce que formaient les murs de pierres. Le bruit de mes bottes retentit pour prendre possession des lieux.

« - Nous nous reverrons donc en cours, Edelgard. »

Je ne voulais même pas imaginer la désillusion que mon aigle pouvait ressentir par ma faute. Ou peut-être me donnais-je trop d'importance. Non... Ces sentiments, ils étaient bien réels... Ils transparaissaient à travers tous nos gestes, toutes nos paroles. Juste à la façon que l'on avait de se regarder l'une et l'autre, comme si nous allions disparaitre.

La déception était-elle pire que la haine ?