Chapitre 16, partie 1, je crois que pour y arriver.
Usopp et Nami étaient en train de préparer le plan. Sans doute Zoro était-il avec les deux jeunes androgynes. Au premier abord, Robin avait eu des difficultés à savoir s'ils étaient des hommes ou des femmes. Elizabeth usant du qualificatif « il » pour désigner son homologue, Pom de celui d' « elle », elle en avait déduit que c'étaient leurs sexes sans certitude. Ils étaient magnifiques. Elle devait le reconnaître. Pom et Elizabeth avaient une beauté unique.
Robin avait entendu parler des prostitués de l'île de l'Iliade qu'on surnommait souvent les succubes. Le bordel de Barthélemy était connu par des voyageurs comme un lieu de rareté qu'on ne se donnait que du bout des lèvres. De sa prison, elle avait entendu des hauts-officiers en parler se plaignant que d'autres gradés plus importants leurs volaient leurs places quand ils s'y rendaient. Elle avait rapidement fait le rapprochement en écoutant Elizabeth et Pom. Il ne lui restait plus qu'à comprendre le lien avec Zoro. Difficile à établir de prime abord : Zoro n'avait jamais fréquenté les bordels.
Elle sursauta quand elle vit dans le reflet du miroir Elizabeth. Depuis combien de temps est-ce que l'androgyne était-elle là ? Elizabeth portait un bonnet gris dissimulant quasiment tous ses cheveux. Quelques mèches s'en échappaient toutefois. Elle s'était changée. Elle portait une tenue plus adaptée au combat : un short et un blazer gris. Elle déposa un pantalon, un tee-shirt et une veste sur le lit à la taille de Robin.
Dans la tenue qu'elle portait, Elizabeth ressemblait davantage à un jeune homme.
─ Je ne voulais pas vous effrayer.
Robin sourit sans pour autant répondre. Enfant, Elizabeth regardait avec Pom les affiches sur les pirates. Pom était fasciné par l'équipe du capitaine D. Monkey. Elizabeth ne comprenait pas pourquoi mais elle se souvenait parfaitement de leur jeu où ils réinventaient les histoires des pirates. Pom sautait sur le lit avec un bâton en criant : « Je suis Zoro ! » et elle l'attrapait par derrière pour le faire basculer en répondant : « Attaque des fleurs de Robin. »
Pom s'écriait alors : « bras chewing-gum ! » Il aimait prendre tous les rôles. Elle aimait celui de Nami et de Robin. Elles lui semblaient si courageuses pour s'être opposées à des systèmes totalitaires tout en prenant des places fortes : sans navigatrice en mer et archéologue à terre, les expéditions seraient vides de sens.
Elizabeth admirait Robin. Cette femme avait agi pas seulement parlé. Elle avait agi contre l'île des esclaves, elle avait agi contre les tyrannies. Elizabeth l'avait un temps vu comme un héros et puis elle avait vieillit. Malgré ça, elle avait continué à l'apprécier en secret même si elle aimait désormais feindre n'accorder de l'importance à rien.
Elizabeth se rapprocha de Robin. Elle était assez sensible pour avoir un sens fin vis-à-vis de ce qui pouvait arriver. Il lui suffisait de voir les vêtements de la femme abandonnés dans un coin de la chambre pour comprendre. La douche avait peut-être nettoyé le corps de Robin mais elle devinait sans difficulté ce que Ohm lui avait fait subir et dont il ne restait que peu de traces visibles. C'est cruel car la blessure en la femme devait être plus profonde qu'un sillon dans le sol.
─ Vous avez été violé.
Les mots semblaient durs mais Elizabeth n'était pas du genre à appeler un chat, un matou ou à dire agression pour viol. Elle savait être directe ou simuler de ne pas avoir vu des détails. Là, elle refusait de fermer les yeux. Elle se fichait de savoir qu'elle avait été le moyen de Zoro et Robin pour se sauver. La conséquence ne justifie jamais l'acte. Elle n'était pas du genre à aduler un homme pour son résultant en ignorant ce qu'il pouvait faire.
Robin l'observa. La nature humain ne la surprenait jamais. Certain pouvait la qualifier de pessimiste. Ce n'était pas le cas. Elle n'était ni optimiste, ni pessimiste. Elle était lucide.
─ Oui, répondit-elle placidement
Elle ne mentirait pas. Elizabeth se rapprocha de Robin, passant ses doigts dans ses cheveux avec calme, elle se mit à lui nouer en une tresse. Elles restèrent silencieuses un long moment. Robin laissa la femme faire car elle avait le sentiment qu'Elizabeth pouvait se renfermer en cas de refus de sa part. Elle devait en apprendre davantage. L'androgyne pencha le visage vers son côté, les regardant toutes les deux.
─ Ce n'était pas la première fois ?
─ On pourrait parler de mon passé et de mes traumatismes mais on a une île à sauver. Quelle dialecte parlais-tu avec Pom tout à l'heure ?
─ Un dialecte locale des prostitués de la région
─ Vraiment ?
Robin était impressionnée par ce mensonge dit aussi naturellement qu'une vérité.
─ Oui.
─ Et tu es une prostituée de quel endroit ?
─ De l'île Iliade, vous devriez venir une fois terminé.
─ Et toi, d'où es-tu originaire ?
─ Oh, de-ci, de-là.
Robin se retourna vivement vers sa cadette mais Elizabeth l'avait soudainement enlacé. Robin était telle que Zoro leur en avait parlé, telle qu'ils se l'étaient toujours imaginés : forte. Incroyablement et terriblement forte. Et Elizabeth avait appris une chose : les personnes fortes tiennent longtemps. Lorsqu'elles cèdent, tout craque avec elles. Seulement, elle était fière de la rencontrer enfin. Nico Robin ne la décevait pas. Elle était incroyable et perspicace. Elizabeth venait aussi de le comprendre : elle devait se méfier de ce qu'elle dirait en sa présence.
─ ─ ─ XVI ─ ─ ─
Ce n'était pas la première fois que Zoro se trouvait dans cette maison. Il la connaissait et il s'était aventuré dehors pour se rendre dans les sources se trouvant à coté afin de pouvoir se nettoyer et se soigner loin des regards curieux. Il savait que Pom l'avait scruté et s'était inquiété. Il ne pourrait pas lui mentir si ce dernier venait en face de lui. Fort heureusement, Elizabeth devait lui parler de ses inquiétudes pendant que Nami et Usopp cherchaient une solution. Zoro le savait : Elizabeth savait ce qui lui était arrivé et elle tiendrait Pom écarté de cette révélation.
Il en avait donc profité pour s'éloigner. Le sang glissait dans l'eau. Il nettoya à l'aide du savon sa peau comme il le pouvait, ne sachant pas comment s'y prendre. Il commença par ses cheveux, le haut de son corps avant de descendre sur son torse couvert de marques. Ce connard avait voulu marqué chaque emplacement de sa cicatrice. Descendre vers son intimidité fut un calvaire et il s'en détourna pour laver ses cuisses avant d'y retourner.
Il jeta une boule blanche sur le sol d'où sortait des pinces de crabes et une queue de serpent. Zoro l'envoya valser à plusieurs mètres de lui. L'animal disparu dans un nuage de fumée.
─ Zoro …
Il sursauta, fixant Nami devant lui qui avait regardé l'animal disparaître avec inquiétude. Zoro se crispa. Ce n'était pas possible. Elle avait le chic pour apparaître quand il ne le fallait pas. Elle observa ce qu'elle voyait de ce corps immergé, se rapprochant alors qu'il se mettait sur la défensive.
Elle devait s'excuser. Evidemment qu'elle le devait. Nami le savait, elle devait arrêter de penser à son passé, à Luffy et à l'image qu'elle avait du second. Elle devait accepter Zoro tel qu'il était sinon, elle le perdrait. Il en était hors de question ! Toutes ses années à les rechercher avec Sanji. Elle ne pouvait pas trahir sa promesse pour rien. Oui, elle préférait l'imaginer mort car l'espoir de le retrouver en vie l'aurait détruite si ça n'avait pas été le cas.
