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CHAPITRE SEIZE
Je crois que pour y arriver, il faut arriver à y croire.

Partie 2
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Zoro se sentait coupable. Il n'avait pas écouté le plan de Sanji. S'il était resté dans la ville, il aurait pu secourir plus rapidement Robin. Nami était assez forte pour pouvoir s'en sortir seule. Ils auraient tous les trois sauvés Usopp sans mettre en danger l'homme du pays des sables. Ohm n'aurait fait aucun mal à l'exploratrice et Satori ne le tiendrait pas pour l'avoir épargné.

Il la fixa en biais et elle finit par s'asseoir sur le bord. Elle devait arrêter de faire l'idiote.

─ Merci pour Robin, Usopp et moi … Zoro, je suis inquiète pour Sanji. Ne me hais pas d'être dure.

─ Je ne t'en veux pas.

─ Comment tu as réussi à faire libérer Usopp et Robin, sans te battre …. ?

Zoro se braqua. Est-ce que c'était encore une allusion ? Est-ce qu'elle allait encore lui parler de la prostitution ? Il avait le sentiment qu'elle ne voyait plus que ça en lui. Qu'à chaque fois que Nami parlait, c'était pour lui évoquer ce sujet.

─ Tu as l'air de déjà savoir la réponse, la coupa-t-il avec froideur

S'empourprant, Nami le fixa avec incompréhension avant de réaliser qu'il parlait de la prostitution. Elle avait voulu croire qu'il avait fait ça autrement mais …

─ Tu n'es pas obligé de faire ça, Zoro.

─ Personne ne m'y force, je te l'ai déjà dit.

─ Bien sûr ! Tu le fais par plaisir, donc ?

─ Éventuellement.

─ Je peux t'aider à t'en sortir, Zoro. Je …

─ Merde, Nami ! Merde ! Je t'emmerde ! explosa Zoro, Je fais ça pour l'argent ! Et si j'y trouve mon plaisir, ça me regarde. Si j'aime ça, c'est mon problème ! C'est quoi le tien ? Ça t'emmerde que je vende mon corps ? Je t'ai pas demandé de le payer ! T'étais où quand …

─ Quand quoi, Zoro ? Quand quoi ?

─ Rien. Dégage, putain ! Je t'en veux pas car tu as toujours été une emmerdeuse de première !

─ Je n'ai pas arrêté de te chercher. Pas une seconde depuis qu'on a été séparé. Zoro, tu es important … pour nous. Ils étaient si inquiets. Sanji, Robin, Usopp, Trafalgar …

Le rire soudain qu'arbora brutalement Zoro ne fit qu'agacer davantage Nami. Il voulait qu'elle parte. Il essaya de se calmer alors qu'une pensée le frappa de plein fouet : Putain de connard. Evidemment que ça venait de lui ! Ce bâtard. Il allait le buter.

Zoro ne pouvait pas sortir de l'eau. Elle verrait les marques. Il ne pourrait plus nier ce qui était arrivé. Elle n'était pas stupide. Elle devinerait. Elle devinerait. Il devait déjà se tenir éloigné pour dissimuler les marques. Ce qu'elle prenait pour un éloignement affiché de sa part. Si elle devinait, elle le trouverait faible, sale et peut-être même penserait-elle qu'il l'avait mérité. Qu'à vendre son cul comme un objet, il ne faut pas être surpris qu'on puisse lui voler.

─ Je partirai quand j'aurais terminé, Nami. Tu n'aurais pu à me supporter. Essaye de faire avec en attendant, avec moi.

─ Ce n'est pas ce que je veux.

─ …

─ Zoro, tu ne m'as pas répondu. Pourquoi as-tu fait le choix de vendre ton corps ?

─ Car j'aime ça.

─ Être une pute que les marins baisent et qu'ils oublient ?

─ Crois-moi, mes clients ont du mal à m'oublier.

─ Tu en es fier ? Tu as toujours voulu être le meilleur et tu n'es plus que …

─ Qu'une pute, c'est ça ? Mais l'une des meilleures. Putain, Nami, lâche-moi avec ce mot et avec ça ! Au moins, je ne vole pas des innocents pour des voyous !

Elle allait le perdre. Elle devait lui parler. Et même si elle ne le souhaitait pas. Elle devait lui expliquer son aversion. Si elle lui expliquait la raison, il comprendrait. Il n'était pas stupide. Elle ne s'emporta pas lorsqu'il évoqua leur rencontre et ce qu'elle faisait. Au contraire, elle se calma. Zoro n'était pas mauvais. Il était en train de vouloir la faire fuir. Elle était pareille à l'époque. C'était ça ! Zoro voulait de l'argent, elle voulait de l'argent. Elle volait par obligation même si elle en tirait parfois du plaisir, et lui …

─ Zoro, écoute-moi. Je dois te parler de …

─ On nous appelle.

─ Zo… Et merde.

Leurs noms leurs parvenaient effectivement de la maison. Des cris, des alertes. Nami se précipita. Zoro se rhabilla, perdant du temps pour la suivre. Quand il arriva, Elizabeth tenait dans sa main une lettre et parlait vivement avec Nami qui essayait de la calmer et de la ramener à l'intérieur.

─ … Pom … Il est parti trouver un moyen de communication avec le patron pour demander de l'aide … Il est parti …

─ Cet idiot, putain d'abruti, grogna Zoro.

─ Ou abruti de putain, répondit Elizabeth avec un demi-sourire, je dois partir le chercher Zoro. Je n'ai pas le choix !

Usopp se glissa dans la pièce, venant de la source sans que personne ne l'ai remarqué. Il avait tout entendu ! Son regard venait de changer sur Zoro mais il n'était pas venu le moment d'en parler. Il grogna mentalement. Nami s'était si endurcie qu'elle en devenait cruelle, Sanji se prenait pour un tacticien militaire et Zoro pliait genoux à terre devant des hommes ? Le monde était décidément bien différent sans Luffy.

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La main sur sa poitrine appuyait sur sa plaie. Il stoppa son sang en train de s'écouler. Lui qui avait cherché à mourir, le voilà qui essayait de vivre. Pom colla l'arrière de sa tête contre la terre de la cavité creuse où il se trouvait.

Caché, il savait qu'il était recherché. Si jamais il n'en mourrait pas, le patron, Iris, Natasha et Gabrielle allaient lui passer un savon. S'il n'en mourrait pas. Pom pressa sa plaie. S'il n'en mourrait pas … Elizabeth le ferrait de ses doigts manucurés.

Eli …. Watt … Iris !

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─ Zoro, tu l'as dit toi-même. On ne doit pas se séparer ! Explique-le à ton amie ! Il faut aller chercher Sanji et prévenir l'île. On est que cinq. Si on va à la recherche de Pom, quelqu'un va être seul. Il y a un peuple à sauver ou une personne ! Le choix est facile à faire !

─ Alors pourquoi pas abandonner votre cuisinier ? répondit Elizabeth, lui aussi a fait un mauvais choix ! Je dois sauver Pom. J'irais seule !

─ Elizabeth, ton pouvoir peut nous sauver. Tu ne peux pas partir !

Nami grogna furieuse. Que quelqu'un lui dise bordel ! Elle se retourna vers les autres totalement muets. Robin semblait réfléchir : la meilleure option lui semblait d'y aller elle mais Nami accepterait-elle ? Usopp gardait le silence et Zoro tenait l'épaule d'Elizabeth pour essayer de la calmer. Les deux femmes s'affrontaient chacun ayant un blond à sauver.

─ Zoro, murmura Elizabeth, on ne peut pas le laisser seul. Je ne peux pas le perdre. Va avec tes amis, je retrouverai Pom !

─ Tu vas encore n'en faire qu'à ta tête ? questionna Nami en voyant l'escrimeur rester silencieux.

─ Dès qu'on a prévenu l'île et retrouvé Sanji, on ira cherché votre ami, tempéra Usopp

─ …

Elizabeth fit non de la tête. Nami la fixa. Le pouvoir de la prostituée était impressionnant. Devoir s'en passer serait ennuyant.

─ J'irais chercher Pom, Elizabeth.

─ Zoro ! s'écria Nami.

─ Je ne laisserai pas. Si on peut essayer de sauver tout le monde, on doit les sauver.

Luffy …. Luffy …

XXX

Dracule Mihawk usa de ses genoux pliés pour sauter jusqu'à la passerelle. La lame de son fleuret fendait l'air. Il para un coup, fit une feinte et attaque en une septime qui déstabilisa l'adversaire. Ce dernier s'écroula dans un cri au sol.

Trafalgar leva les yeux au ciel. Son épaisse épée frappa l'homme face à lui. Son sourire ne s'effaça pas malgré une entaille venant lui blesser la joue suite au tir d'une arme à feu. Dommage pour le tireur, Sabo le brûla à l'aise de son bâton de combat sans une once de regret. Il n'en avait pas le temps.

─ Où est Mihawk ?

─ C'est la merde …

Sabo sauta devant Trafalgar. Ils cherchèrent des yeux l'escrimeur. Ikkaku Narval, une femme aux cheveux bruns et bouclés portant un chapeau orange sur la tête pointa en direction du navire devant eux l'ombre de Dracule.

─ Il plaisante, braya Sabo

─ Si j'avais su qu'il suffisait de dire Shanks pour le rendre fou, je l'aurais dit bien avant !

─ Arrête tes sarcasmes, Law. On va le perdre …

Trafalgar souffla, hurlant en direction d'une adolescente aux cheveux bleus qui contrôlait des animaux :

─ Terminez-les et partez avec ce qu'on a !

─ On peut pas vous laisser !

─ O-Tama, on est tous les trois, ça va aller. Vous devez aller sur l'île framboise et porter secours à nos amis. Tu as entendu ce que les corsaires ont dit, tu veux retrouver le même ….

Sabo attrapa Trafalgar par l'épaule.

─ Ils s'éloignent, bouge !

Ils sautèrent tous les deux en direction du navire ennemi. Le vieil homme allait les rendre fous !