Hello !

On fêtait les 1 an de 3H hier ! Héhé ! Bon j'avoue j'ai eu le jeu qu'à Noël dernier pour ma part !

Quoiqu'il en soit, voici le prochain chapitre ! Qui ne me convainc plus trop trop 2 mois après sa rédaction !

La review des review :

Eatoce : Premier lecteur sur ce coup ! ) Vous êtes souvent aux coudes-à-coudes avec Mijojow xD En tout cas, merci (pour pas changer). J'aime bien les review long comme ça, où tu analyses un peu tout le contenu de mes chapitres ! Je ne vais pas m'en plaindre ! Je te rejoins sur le sentiment de Byleth par rapport à Rhea, c'est tout à fait ça, pour la mercenaire en tout cas, enfin... je suppose ? ) On sait pas ce qu'il peut se passer ! Oh oh, tu trouves que le choix est claire ? Et bien, je me dois de te dire que rien n'est encore joué ! xD

Lucina : Dans le jeux, c'est vrai que Byleth ne parle de ça à personne, mais bon, elle parle déjà pas beaucoup faut dire xD Elles y arriveront, t'inquiète pas ) Tu sais, j'adore Sothis, et justement je prend beaucoup de plaisir à écrire leurs échanges un peu piquant ! Les deux ont du répondant, et je trouve que c'est assez drôle du coup xD

Mijoqui : J'avoue elle a pas le temps, je me demande même quand elle enseigne xD Rhea grosse méchante ahahah ! Elle y va pas de main morte dans ses paroles ! Du coup on peut dire qu'elle y va pas avec des paroles mortes ? Hmmm, j'y réfléchirai plus tard ! La cape rappel toi c'est un clin d'oeil à notre OS xD Merci à toi en tout cas, à bientôt !

Arobyn : Pas de soucis, je sais ce que c'est le boulot et tout, j'ai pas eu le temps d'écrire une ligne depuis deux semaines, mais bon. Adieux chapitre d'avance. J'essaie de trouver des phrases de fin qui font mouche, mais c'est pas toujours ça xD

Tartinouille Castanouille : Coucou ! Je fais toujours cet effet sur le temps dans mes fictions, mais non, ça fait deux mois, je me suis fais un petit calendrier xD (mais j'arrange les fins de mois xD). Rhea et la fragilité, ca va pas dans la même phrase ! Byleth trouve quelque chose en Rhea, qu'elle ne sait pas expliquer, comme elle l'a si souvent dit, et malgré le personnage, et bien, tout la ramène à elle (et pas à El, bouhouhouh). Pour Byleth, rien n'est joué !

Coupine : Reuuuuh, reuuuh ! (deux pour deux review). Toi aussi tu analyses les titres ? xD Grand mère Rhea, même moi j'ai du mal ! Et Seteth s'est adouci, en effet ! Ah, je me demande qui Byleth va choisir aussi, ai-je déja décidée ? Hmm hmmm... El veut l'indépendance par rapport au culte oui, elle ne veut pas que l'église domine son peuple d'une quelconque manière ! :3

Himarie : Bonjouuuuur ! Je suis tellement contente de voir une nouvelle tête ! Je te remercie d'être là ! *déroule le tapis rouge jusqu'au prochain chapitre* t'as du passer un moment à tout lire xD Mais j'en suis très contente, vraiment ! J'espère que la suite sera à la hauteur de tes espérances !

Sur ce, enjoy !


Chapitre XXXVI - Une Promesse dans l'Obscurité

Cette nuit là non plus, je ne dormis pas. Non pas que la fatigue n'était pas au rendez-vous, mais le désir de profiter et d'apprécier chaque seconde avec mon aigle était plus fort tout. Si elle n'était pas encore souveraine, il ne faisait aucun doute qu'elle était déjà ma reine.

Son parfum avait prit possession de l'entièreté de la pièce et flottait dans l'air comme la plus enivrante des odeurs. La chaleur que dégageait sa peau nue brûlait chaque parcelle de la mienne telle des braises incandescentes. Les soupirs qui s'échappaient de sa bouche entre-ouverte soufflaient à mes oreilles le plus beau des poèmes. Sa chevelure albâtre sur sa peau d'ivoire charmait mes yeux et rendait cette merveille à chaque minutes un peu plus belle. La saveur de sa peau que je goûtai du bout des lèvres sur son cou était délicieuse et sans pareil.

Mes bras se resserrèrent autour de l'aigle que j'enveloppai dans l'expression de toute la tendresse dont j'étais capable. Ma poitrine se gonflait sur son dos alors que j'effleurai sa joue des plus furtifs de mes baisers, un à un déposés. Mon cœur semblait battre uniquement pour elle, tandis que le reste du monde n'existait plus. Si cet oiseau refusait de voler, je le pousserai au travers de ses barreaux dorés.

« - Tu pourrais quitter l'empire, et t'enfuir avec moi... soufflai-je à son oreille.

- C'est une idée séduisante, souriait mon amante. Mais tu sais que je ne peux pas me le permettre. »

J'en avais parfaitement conscience, et mes paroles n'étaient teintées d'aucun sérieux. Mais si elle m'avait dit oui, j'aurais tout abandonné sans même me retourner.

Ma langue glissa jusqu'à son épaule où mes dents s'égarèrent un instant sous la puissance des fragrances que dégageaient son corps qui affolait mes sens. Mes mains apprécièrent la douceur de ses bras que je caressai avant d'entourer ses poignets. Si ses lèvres laissèrent échapper un soupir, je devinai Edelgard s'interdire de gémir.

« - Désolée... murmurai-je. »

Je relâchai mon entrave et libérai sa peau marquée par les entraves de son passé avant d'entremêler nos doigts. Je savais mon oiseau ô fragile et délicat. Mes yeux ne quittaient plus les souvenirs des blessures qu'Edelgard n'aurait jamais du subir, stigmates qui aujourd'hui l'empêchaient de nourrir, des rêves sereins pour son avenir. Si j'avais déjà pu l'observer, m'attardai particulièrement sur ses poignets.

« - Ce n'est rien, affirma-t-elle quand elle se retourna. »

Je laissai la souveraine se pencher et lentement m'allonger, animée du même désir qui m'avait consumé. Je me noyai dans ses yeux, m'oubliai, m'abandonnai, sur nos sentiments réciproquement exprimés. Ici, cette nuit, la parole était vaine, car je savais sincère ma reine.

/

La nuit semblait être sans fin, même si le matin annoncerait bientôt demain. Mais pour l'heure je préférais me prélasser, dans cette intime obscurité que nos échanges nous offraient. J'observai la future impératrice se lever, et lentement, se diriger, vers la fenêtre derrière laquelle le ciel encore scintillait. Elle était à peine vêtue - uniquement de mon drap - et me mettait déjà de nouveau en émoi. Si je découvrais les émotions, ne pouvais plus nier que mon désir tuait ma raison.

« - Edelgard ? l'interpelai-je.

- Je me demande... chuchota-t-elle le regard fendant la nuit à travers le verre. Que peut bien te souffler la déesse... »

Mes lèvres s'étirèrent sur l'inquiétude que ne pouvait plus cacher la souveraine. Si nous n'en avions pas encore parlé, je savais le sujet la travailler.

« - Un paquet d'absurdités.

- Byleth. »

Je soupirai. J'avais peut-être décidé de tout lui avouer, mais avait-elle vraiment besoin de savoir tout ce de quoi mon ancêtre me parlait ? Apparemment. J'essayai de me mettre à sa place et concédai. Je n'avais aucune idée du nombre d'année depuis lesquelles Edelgard nourrissait ses dessins, mais il ne faisait aucun doute que notre relation remettait certaines choses en question.

« - El... soufflai-je en passant mon short et un haut avant de la rejoindre. Pourquoi serait-ce à toi de faire ça... »

Ses prunelles parme brûlant de toutes ses ambitions me défièrent presque lorsqu'elle se retourna pour me faire face, avec une assurance qu'il était aisé d'envier.

« - Personne ne le fera à ma place. »

Non, c'était peut-être vrai. En fait, Edelgard avait certainement raison, mais malgré ça, je ne pouvais approuver ses choix. Pas que je ne rêvais pas d'un monde juste et meilleur, bien au contraire, mais pas au prix que celui-ci pourrait coûter. Peut-être était-ce car j'avais toujours vécu pour moi-même que je pensais si égoïstement, mais je ne pouvais faire autrement.

« - Pourquoi faudrait-il que tu penses d'abord aux autres avant de penser à toi-même ? pestai-je en croisant mes bras sur ma poitrine. Tout ça pour quoi, pour le peuple ? Pour l'empire ? »

Ah, je commençai à perdre mon calme alors que je savais la faire changer d'avis impossible. Qui étais-je, après tout, pour discuter des choix de la souveraine ? Je n'étais rien, et je n'étais surtout personne. Seulement une mercenaire qui fuyait elle même ses responsabilités.

« - Comment peut-on dévouer sa vie à quelque chose de si abstrait, ajoutai-je.

- Il ne s'agit pas seulement de l'empire, rétorqua l'Aigle de Jais. Je le fais aussi pour moi, car ce sont là mes idéaux. Et je suis prête à tout pour construire ce monde dans lequel chaque vie aura son importance.

- Quitte y à laisser la tienne. »

Le regard de la souveraine se déroba au mien quand elle me tourna le dos pour n'attiser qu'un peu plus ma frustration et ma colère. Elle qui ne parlait que de justice, ne se rendait même pas compte à quel point sa situation ne l'était pas. Du moins, c'est ce que je voulais croire, car je savais qu'elle en avait en fait parfaitement conscience. Mais rien ne pouvait se construire sans sacrifices, après tout.

« - L'empire... Tes ambitions... C'est du pareil au même, soufflai-je sèchement en approchant assez pour que mes bras entourent sa taille. Ne me demande pas de comprendre que tu puisses si facilement concevoir sacrifier ta vie, quand moi ne pourrait offrir la mienne que dans le seul but de protéger la tienne. »

Je sentis ses doigts rejoindre mes mains, et tout son corps trembler. La princesse impériale n'était pas si inébranlable qu'elle voulait le faire croire. Ce masque qu'elle se forçait de porter, j'avais bien l'intention de le briser. La laisser se sacrifier ? Comment pouvais-je seulement le tolérer ?

« - Comment peux-tu dire ça alors que tu risquais tous les jours ta vie.

- Je n'ai pas peur de mourir. Mais si ça devait arriver, j'aurais au moins vécue pour moi-même. »

Comment pouvait-elle oser comparer sa situation et la mienne, alors que j'avais vécu de liberté quand elle, avait toujours été emprisonnée ? Si son destin avait façonné sa cage, ses ambitions l'avaient définitivement scellée.

« - J'ai déjà du sang jusqu'aux chevilles, déclara la souveraine. J'irai jusqu'au bout, quel qu'en soit le prix. »

Mes jambes firent machinalement deux pas en arrière et placèrent une distance entre mon amante et moi. Je ne pouvais pas croire ce que j'entendais là. Ne restait-il que la force pour la faire changer d'avis ? Ma propre réflexion fit écho aux paroles de Rhea, pendant un instant... mais aussi à celles d'Edelgard. La force, hein ? Peu importait la raison, tout devait inévitablement se régler avec elle.

« - Et moi, qui suis-je sur ton immense échiquier ? Un fou ou bien un cavalier ? Ou bien dans tous les cas, seulement une pièce à sacrifier. »

Je vis la chevelure albâtre se soulever, et ses yeux parme, s'écarquiller. Si mes paroles étaient dures, la vérité se voulait plus tranchante. Je n'en démordais pas, si elle était prête à tout risquer, où était donc ma place dans ses projets ?

« - Je pensais que je marcherais seule, murmura la future impératrice. Je n'avais pas prévu te rencontrer, et j'imaginais encore moins être capable de... hésitait-elle.

- Capable de ? répétai-je agacée. »

J'attendais les derniers mots que composaient sa phrase comme j'avais attendue ma première mission en tant que mercenaire lorsque j'en eu enfin officiellement l'âge. Avec beaucoup d'impatience. Ce défaut était certainement l'un de ceux qui me définissaient le mieux alors que son silence rendait l'air de la pièce irrespirable. J'étouffais de contrariété.

« - Peu importe, capitulai-je. »

Ma main frôla son bras lorsque je saisis ma cape posée sur le bureau derrière elle. J'attrapai mes bottes que j'enfilai rapidement sous son regard surprit avant de lui infliger le mien. Inutile de paraitre sidérée, c'était bien du dédain que mes yeux lui infligeaient.

« - Votre Altesse, dédaignai-je. Si vous voulez bien m'excuser. »

Je quittai ma propre chambre l'esprit en feu et le cœur douloureux. Avoir de pareils sentiments était bien le pire des châtiments. J'ajustai le tissu qui couvrait mes épaules avant de descendre la promenade qui faisait face aux dortoirs. La fraicheur de la nuit saisissait la chaleur de mon corps autant qu'elle semblait frapper sur mon âme. Je devais me vider la tête avant que celle-ci n'implose et que j'en perde la raison. Je levai les yeux sur la toile sombre pour apercevoir au loin les ailes du moulin qui décrivaient lentement ce même mouvement circulaire et perpétuel. J'approchai de la serre devant laquelle je m'arrêtai. Où espérai-je aller à cette heure-ci, au beau milieu de la nuit ? Mes mâchoires se serrèrent douloureusement au moment même où mes doigts s'enfoncèrent dans mes paumes. Peu importait ô combien le ciel était grand, l'aigle royal volait seul, seigneur éminent.

Je tournai la tête sur des rires que le silence entendit naitre sur les escaliers qui menaient au premier étage des dortoirs. Sous l'arche du mur de pierre recouverts de lierres qui subsistaient à l'hiver, je remarquai rapidement deux silhouettes familières. Je n'étais apparemment pas la seule à qui la lune inspirait des confessions nocturnes. Je sentis mes lèvres s'étirer lorsque l'aigle aux cheveux boisés embrassa la lionne à la crinière dorée. L'obscurité dissimulait bien des secrets. Je devint ombre devant cet échange qu'il ne fallait oser déranger, et me sentis presque envieuse de les voir partager pareille complicité. Et même si les choses n'étaient certainement pas aussi simple que cela se voulait évident, rien ne semblait empêcher les deux femmes de partager leurs sentiments.

« - Professeure ? »

Egarée dans mes propres pensées, je n'avais pas fait attention à la chanteuse qui m'avait remarquée. Ses prunelles malachites me questionnaient.

« - Que faites vous ici ? souriait-elle naturellement. »

Je ne pouvais décemment pas lui dire que je fuyais, et encore moins l'admettre, alors je restai silencieuse, comme je savais si parfaitement le faire. Dorothea m'examina avant de s'assurer que la lionne n'était plus là.

« - Je suppose que vous avez tout vu, n'est-ce pas ? »

J'acquiesçai d'un simple mouvement de la tête, loin de moi l'envie de m'insinuer dans la vie privée de la diva. Je n'attendais pas d'explications mais n'allais pas non plus prétexter n'avoir rien vu. Et puis, ce monologue n'était pas désagréable, il me changeait les idées.

« - Et que diriez vous de prendre une tasse de thé, avant d'aller nous coucher ? »

J'étais persuadée que derrière son sourire flatteur et ses lèvres charmante se cachait une autre idée, et pourtant, j'acceptai. Il fallait croire que j'étais d'humeur à bavarder, mais certainement pas à retourner dormir surtout si je devais la recroiser.

/

La joue posée sur le revers de ma main, mes yeux ne quittaient plus la cuillère raffinée argentée qui venait briser mon reflet avant même qu'il ne se forme sur la surface du liquide dont l'odeur émanait presque dans tout le réfectoire. J'avais comme une impression de déjà vu, même si l'aigle qui me souriait était différent du premier avec qui j'avais pris le thé. D'ailleurs, le parfum non plus n'était pas le même, je reconnus assez rapidement la douce effluve de baie qui s'échappait de la tasse. Un fruit qui provenait d'Albinea, un continent situé au nord-ouest de Fódlan. J'y avais d'ailleurs supporté le plus rude de tous les hivers lors de mon année passée là bas. Si Albinea était une immense terre glaciale connu pour son climat particulièrement éprouvant, ses terres étaient également réputées pour abriter une biodiversité rare et protégée. Ah, voyager me manquait.

« - Je suppose qu'il est inutile de vous demander de ne parler de ce que vous avez vu à personne. »

Je levai les yeux pour croiser les prunelles malachites qui me fixaient de tout leur éclat. Avec un regard pareil, je comprenais pourquoi la lionne avait craqué. Je ne pouvais m'empêcher de me demander depuis quand les deux femmes se fréquentaient. Ah, je me découvrais une certaine curiosité. Etait-ce parce que moi aussi, partageait ce genre de secret ? D'ailleurs, pourquoi devait-ce le rester ?

« - Si je puis me permettre, Dorothea, l'interrogeai-je. Pourquoi vouloir rester cachées ?

- Voyons, n'est-ce pas évident, professeure ? Si cela se savait, les nobles cesseraient de me faire la cour ! »

La chanteuse ne paraissait pas manquer de confiance en elle, bien au contraire. Et pourtant, chaque fois qu'elle affirmait quelque chose avec autant d'assurance, ses yeux se tintaient d'un épais brouillard. Comme les ennemis se cachaient dans la brumes lors des batailles, le voile dans son regard dissimulait presque parfaitement ses peurs.

« - C'était une plaisanterie, se sentie-t-elle obligée de préciser après mon manque de réaction. Le père d'Ingrid souhaite qu'elle fasse un mariage avec un noble afin d'assurer l'avenir de leur maison. Moi, soupira-t-elle, qu'aurais-je à lui offrir ? »

J'avais entendue parler de la maison Galatea dont la fauve était l'héritière. Une famille noble mais dont les terres impropres à l'agriculture ne leur octroyait aucune richesse. Il n'était pas étonnant que le père de la blonde insiste pour qu'elle fasse un mariage arrangé qui leur apporterai un certain confort. Encore une fois, je ne pus m'empêcher de mépriser cette noblesse et toutes les injustices qu'elle pouvait générée. Dorothea se trompait, elle avait bien plus à offrir que ce qu'elle croyait. A commencer par sa sincérité.

« - Ne prenez pas cet air blasé, me sourit la diva. Et puis, n'est-ce pas pour le même genre de raison que vous et Edie vous cachez ? »

J'écarquillai les yeux lorsque ses lèvres s'étirèrent malicieusement. Comment pouvait-elle au courant ? Si elle n'avait émit que des spéculations, il ne faisait plus aucun doute que ma réaction venait de me trahir. Je sentis mon cœur accélérer, et mon calme me quitter. Qu'adviendrait-il si ces rumeurs se propageaient ? Je ne pouvais laisser une telle chose arrivée. Il ne s'agissait pas seulement de moi, mais surtout de la sécurité de la future impératrice.

« - Comment suis-je au courant ? lit-elle dans mes pensées. Peut-être à la façon dont vous avez de vous dévorez des yeux, riait-elle doucement derrière ses doigts. Mais aussi parce qu'Edie ne serait pas ici s'il n'y avait rien entre vous, reprit-elle en jetant son regard par dessus mon épaule. »

Je me retournai vivement pour croiser les perles de couleur lavande de la princesse impériale qui se tenait sous l'encadrure de la porte restée ouverte, les bras croisés sur la poitrine. Depuis quand était-elle là, et qu'avec-elle entendue ? Mon aigle avait définitivement un don pour se faire très discrète et apparaitre dans les situations les plus gênantes.

« - Cesse de froncer les sourcils ainsi, où ton visages restera marqué par les rides.

- Sache Dorothea que c'est bien le cadet de mes soucis. »

J'observai l'Adrestienne soupirer avant de s'approcher. Je m'attendais à une quelconque remarque ou remontrance de sa part, mais elle se contenta de tirer une chaise et de s'assoir à la place. Dorothea présenta rapidement une tasse de thé devant la déléguée, que celle-ci porta presque aussitôt à ses lèvres de façon très distinguée. On reconnaissait bien la les gestes et les manières d'une noble.

« - Vous savez professeure, j'ai toujours pensez qu'Edie ne s'intéressait pas aux histoires de cœur, s'amusait la brune très enjouée.

- Do- Dorothea ! s'offusqua la princesse impériale.

- N'était-ce pas toi qui répétait qu'il n'y avait pas de place pour l'amour dans ta vie ? »

Je manquai de m'étouffer avec le liquide qui émanait les baies quand mon poings vint violemment frapper la table. L'amour ? Avais-je ne serait-ce qu'une seule fois prononcé ce mot de mes vingt années d'existence ?

« - Et bien, Edie, je pensais que quelqu'un pourrait enfin supporter une vie compliqué avec toi mais il faut croire que même notre professeure n'est pas assez forte pour cela. »

Toute cette histoire avait l'air de bien amuser la jeune femme aux yeux verts, quand moi, n'était plus capable que de me décomposer sur place alors que le mot qui commençait par la lettre « A » raisonnait dans ma tête. Si la nature des sentiments que j'éprouvais pour son Altesse impériale était très claire, mettre un tel mot dessus était plus compliqué. J'osai un coup d'œil vers Edelgard qui n'avait même pas sourcillé. Seules ses joues rosées pouvaient trahir sa gêne, si on ne mettait pas ça sur le compte du thé.

/

Cela faisait un moment maintenant que la chanteuse était partie se coucher, nous laissant seules la souveraine et moi à remonter, le long des jardins des dortoirs. S'il ne restait que quelques heures avant que la nuit ne prenne fin, celle-ci nous offrait quelques minutes supplémentaires où le silence taisait nos noms, effaçait nos destins. S'il nous fallait prendre différents chemins, préférâmes pour le moment marcher main dans la main. Entrelaçant presque timidement nos doigts, je savais malgré tout bientôt devoir les lâcher. Je n'avais pas d'autre choix, que reprendre mon épée, quand elle devrait bientôt supporter, sa couronne et son poids. Peu importait l'importance de nos sentiments partagés, peu importait ô combien sombre était l'obscurité, Edelgard était appelée à régner. Héritière d'un empire, auquel je refusais d'appartenir.

La seule promesse que l'on pouvait se faire, était de conserver nos sentiments sincères.