CHAPITRE DIX-SEPT
On ne doit pas abandonner le combat.
On peut penser que dans cette situation Zoro aurait au moins géré la partie cartographie de l'île d'autant qu'il la connaissait et y retournait chaque année depuis au moins quatre ans. Malheureusement le sens de l'orientation n'avait jamais existé le concernant. Alors qu'il était parti dans l'optique de trouver Pom qu'il se doutait être au niveau des hauteurs centrales, il se retrouva à l'intérieur d'un camps composés de nombreuses tentes vers le nord-ouest.
Habillé en tenu d'officier, Zoro remarqua que peu de personnes étaient visibles en dehors des tentes. Les personnes présentent ne le remarquaient pas. Devant un bâtiment en dur, des officiers rentraient après avoir montré leurs marques. C'était le seul bâtiment semblant particulièrement surveillé. Zoro l'observa se disant que le lieu devait dissimuler des informations. Seulement, il n'avait pas la marque des hauts-officiers.
Il ne pouvait pas les duper avec un simple badge comme pour sauver Usopp. Il lui restait une solution. Rentrant dans une tente, Zoro se déshabilla. Sa rencontre avec Satori avait causé de vilaines marques. Il récupéra le drap se trouvant sur le lit pour se couvrir avec. Il n'aurait jamais pensé que les cours de Pom et Elizabeth pour apprendre à s'habiller sur cette île lui servirait un jour.
Il attacha ses cheveux en un chignon haut et garda les chaussures militaires, les arrangeant de sorte à ce qu'elles ne soient pas serrées.
Zoro quitta la tente avec calme. Personne ne prêta attention à lui. Il se fondit dans la masse des servants. Arrivant devant l'entrée, il montra sa marque. Sans la moindre difficulté, on le laissa rentrer : les prostitués étaient des mets appréciés d'autant plus celles provenant de chez Barthelemy. On pourrait se surprendre que ce soit aussi simple pour lui de pénétrer dans un lieu sécurisé. L'escrimeur n'en était pas étonné. En devenant prostitué, il avait réalisé que personne ne le regardait vraiment. Quand les lois du nouvel ordre était arrivé, ce fut pire. Il n'était que l'objet de quelqu'un.
Le bâtiment n'était pas vide. Quelques militaires étaient occupés : certains se distrayants et d'autres discutant sérieusement. Personne ne prêta attention à lui. Zoro visita l'entrée, la salle de restauration, le salon, la cuisine et un bureau avant de monter l'escalier vers le premier étage. Il venait d'apprendre qu'il avait un prisonnier blond assez idiot pour avoir été repéré et ça ne pouvait qu'être Pom.
Une femme habillée dans une robe noire avec de longs cheveux blonds était à l'étage. Elle quitta le bureau où elle venait de s'entretenir avec d'autres hauts-officiers et s'arrêta un instant pour regard de ses yeux violets au travers de ses lunettes Zoro qui passait devant elle. Elle ne sut pas ce qui lui fit arrêter ce prostitué dans le couloir. Elle ne reconnut pas Zoro mais ce visage lui semblait charmant.
─ Toi, le pervers, viens là ?
─ Oui.
Zoro la fixa. Elle lui disait quelque chose mais quoi ? Il n'aurait pas su le dire.
─ Qu'est-ce-que tu fais dans le couloir ?
─ On m'a dit de venir vous trouver.
─ Pourquoi ?
─ Vous aider.
─ Suis-moi.
Elle releva son visage du bout des doigts. Elle le trouvait mignon, cet homme. Une sensualité émanait de lui. Il l'accompagna dans un salon et demeura un instant, une fraction de seconde, pétrifié. Sanji se trouvait dans une cellule de la pièce.
Il était inconscient mais ne semblait pas blessé.
─ Venez me masser.
─ Bien madame.
─ Savez-vous mon nom ?
─ Non, madame. On m'a juste dit de monter vous voir.
─ Kalifa. J'attends le matin pour nettoyer le bordel qui aura été créé. Tu me tiendras compagnie en attendant.
─ Et lui ? questionna Zoro en montrant Sanji du doigt.
Il se rapprocha de Kalifa commençant à la masser avec douceur. Elle se déshabilla sans pudeur et se retrouva dans une robe noire moulante ne dissimulant pas grand-chose. Elle se servit un verre de vin en même temps qu'il s'occupait de ses épaules.
─ Un homme mort, ne t'arrête pas dessus. Tu deviendrais la même chose.
Elle attrapa sa main, l'attirant vers elle. Son autre main attrapa le menton de Zoro, venant lui faire baisser le visage vers elle. Elle sourit de toutes ses dents, séductrice et consciente de ses charmes. Elle observa l'homme au travers de lunettes aux verres légèrement bleutées.
─ Tu es mignon pour un obsédé, sers-moi avec ferveur ce soir et tu vivras.
La porte du salon s'ouvrit. L'escrimeur se mordit la lèvre inférieure mais ne bougea pas, essayant de se faire discret. Satori eu un sourire mauvais et grandissant, chassant des mèches rouges de ses épaules. Il se rapprocha de Kalifa qui était sa rivale dans le cœur d'un amant qu'il partageait tous les deux. La femme le regarda avec douceur. Elle pensait que Satori les pensait amis et ne connaissait pas sa problématique. En revanche, elle ne l'appréciait guère.
Il se rapprocha de Zoro, sa main glissa sous le tissu de son vêtement sur son entre-jambe. Il glissa ses doigts sur la virilité de l'escrimeur la touchant simplement. Il senti les marques qu'il avait fait. Avec agacement, il remarqua que Zoro ne réagissait pas et ne bougeait pas.
─ Si ça te tente, on peut faire un plan à trois avec, dit joyeusement Kalifa
─ Je suis simplement venu vérifier la rumeur. C'est donc vrai, tu as capturé un pirate de l'ancien équipage du singe. Je dois te dire aussi que tu dois rester ici pendant l'assaut et être à l'abri. Kaido ne veut pas que tu sortes. Il ne sait pas pour ton prisonnier, est-ce normal ?
─ Je lui réserve la surprise ! J'ai entendu dire qu'il n'irait pas en chasse sur cette île.
─ Après les autres îles, ça ne le distrait plus. Il préfère combattre les forts aux faibles.
Satori se pencha pour humer l'odeur de Zoro. Ce dernier ne sentait plus la sienne. Il l'avait trop vite retiré à son gout et était trop rapidement tombé dans un nouveau piège.
─ Certain de pas vouloir profiter de cette merveille que j'ai trouvé ? Tu as l'air d'apprécier !
─ Je préfère les femmes, Kalifa. Et aurais-je voulu goûter l'autre sexe, je ne prendrais guère de plaisir à ce qui ressemble davantage à un chien usé qu'à un homme. Mais profite bien de lui, je sais que tu aimes laver les poubelles.
Il retira sa main de Zoro lui lançant un regard qui en disait long. Zoro tenta de l'ignorer et de ne pas penser à ce qui avait pu se passer. Satori se rapprocha de la femme, disant à voix haute :
─ Trois gardes sont devant pour protéger la porte, il n'y aura personne d'autre car on chasse ou rejoint les navires mais on garde un œil sur vous. Soyez prudente. Je dois y aller.
Elle tourna son regard violet en direction de Zoro lui indiquant de s'agenouiller au sol. Elle déposa sa cheville gauche sur son épaule droite et lui ordonna de la caresser, soudainement fascinée par la force d'attraction qu'avec cet esclave. Satori ferma brusquement la porte en espérant que Zoro était moins stupide qu'il semblait l'être en passant de ses griffes à celles de cette femme.
─ ─ ─ ─ ─ ─ ─ X ─ ─ ─ ─ ─ ─ ─
─ Ici, Tama. Ici, O-Tama. On a besoin d'aide. On a besoin d'aide.
Ils étaient en train de chercher le lieu où pouvait être Sanji quand une voix bloqua en même temps Robin, Usopp et Nami. Ils fixèrent avec surprise Elizabeth. La jeune femme blonde au bonnet, ressemblant à un garçon efféminé actuellement, tira une chaîne de son cou. Elle ouvrit un médaillon et un escargophone gris et noir sorti sa tête pour répéter le message.
─ C'est quoi ce bordel ?
─ Une communication interceptée.
Robin fixa Elizabeth avec curiosité. Ce n'était pas habituel qu'une prostituée possède ce genre d'objet de mollusque de communication pirate. Elizabeth caressa le haut de la tête de l'animal qui se remit à dire :
─ On a besoin d'aide. On a besoin d'aide. Dent pointue, petit cœur et Barbie ont disparu à la recherche de poil de carotte et on est train d'être attaqué près de la côte ouest.
─ C'est Sanji qui a notre escargophone. On ne peut pas lui répondre. Tu peux le faire ?
─ Je dois dire quoi ?
─ De tenir bon.
Nami senti ses lèvres se pincer.
─ Je ne peux pas laisser Sanji.
─ Je vais y aller.
Robin tourna la tête en direction de Nami.
─ Allez au secours de nos amis et prévenez l'île. Je te promets de ramener en vie notre capitaine. Je suis la plus douée pour ça après tout.
─ La modestie est une qualité qui te va bien, répondit Nami.
Ils se séparent. Elizabeth, Nami et Usopp se dirigèrent vers la côte ouest. Personne ne savait où se trouvait le camp que cherchait Sanji. Nico Robin suivi les traces les plus visibles de passage qu'elle pouvait trouver se dirigeant vers le cœur de l'île. Elle regarda les traces sur les feuilles à l'abord du camp. Les militaires étaient à la recherche d'une personne. En observant les brindilles séchées et le sang sur les feuilles, Nico remonta une piste.
Elle remarqua en contre-bas un fossé. Avec prudence, elle y descendit et y trouva inconscient le blondinet répondant au nom de Pom. L'androgyne était blessé, il avait perdu beaucoup de sang. Elle se rapprocha, usant de son pouvoir pour l'attirer vers elle et le soulever. Elle senti son pouls et soupira de soulagement.
Pom ouvrit les yeux, soufflant : « Tu ne diras pas que j'ai été faible …
─ … tu perds beaucoup de sang. Tu vas mourir si tu continues.
─ Impossible, … je veux avoir le droit de choisir ma façon de mourir … je ne suis pas faible.
─ Pom, … » Robin fronça des yeux, appuyant sur la plaie, « A qui, je ne dois pas dire que tu as été faible ? »
─ ─ ─ ─ ─ ─ ─ ─ ─ ─
─ ─ ─ ─ ─ Passé ─ ─ ─ ─ ─
Éloignée du groupe, Nico Robin regardait Nami danser devant le feu de camps avec les villageois. Sanji discutait avec une femme. Usopp impressionnait des enfants et Chopper. Franky, Brook et Jinbe improvisaient un bœuf musical. Il était sa famille. Ses bras se croisèrent et se refermèrent sur elle, fermant doucement les yeux avant de les rouvrir. Cette date était toujours douloureuse.
─ Je te vois, capitaine.
Luffy sourit. Son capitaine se rapprocha avec douceur. Il pensait avoir su être discret cette fois-ci. Son visage rondelet affichait un sourire presque enfantin contrastant avec sa carrure de jeune homme musclé et couvert de cicatrices.
─ Je suis désolé, j'avais oublié cette date. On voulait juste faire la fête.
─ Ne le sois pas. Je suis fière de ma mère et elle serait fière de cette soirée après cette bataille.
─ L'avenir ne peut exister que si on met sa vie en jeu, ta mère est incroyable.
─ Ma mère est une héroïne, mes parents le sont et tes parents aussi. Leurs vies comptent moins que leurs convictions.
─ J'ai pensé à ce que tu as dit.
─ …
─ Tu ne dois pas être forte pour moi, mais pour toi.
Il sursauta sentant un bras l'enlacer. Robin avait fait apparaître des bras dans le dos de Luffy. Elle les utilisa pour l'enlacer et l'attirer vers elle, déposant sa tête contre lui, souriant tendrement.
─ Ne sois pas idiot. La force vient de nous mais on veut l'être pour ceux qu'on aime.
─ Qu'est-ce que tu veux dire ?
─ …
─ Robin ?
─ …
─ Robin.
Soupirant avec douceur, Luffy referma ses bras élastiques autour de la brune, ses doigts l'entourant solidement. Il l'entoura avec toute sa chaleur. Il existe des liens entre les membres d'un équipage qui sont inexplicables. Ils ne s'étaient séparés qu'une fois ou en de rares moments. Ce qu'ils étaient les uns pour les autres depuis la fin de la mission n'avait pas cessé d'évoluer. Malgré le trésor, il y avait des causes plus nobles encore.
─ Je suis désolée si je me suis montrée faible, Luffy, je ne pensais pas avoir laissé paraitre mes émotions,
─ Je ne connais personne d'aussi fort que toi, Nico et je te connais mieux que personne. C'est moi qui m'excuse. Je vais devenir encore plus fort.
─ Pourquoi ? On a déjà gagné.
─ Pour toi. Pour ne jamais perdre par défaut de faiblesse.
Plus loin, Sanji venait de frapper Zoro qui le lui rendit. Nami les interposa avec colère avant de les frapper tous les deux et de se mettre à rire.
─ Robin …
─ hm.
─ Prenons un choix différent que celui de nos parents.
─ …
─ Ne soyons pas qu'une icône de révolutionnaire héroïque pour nos enfants.
─ Hm ?
─ J'aimerai que nos enfants nous connaissent quitte à ne pas être un héros pour eux.
─ C'est un peu tard te concernant ?
─ Tu es enceinte ?
Une main apparue derrière le dos de Robin frappa le crâne du capitaine.
─ Non, idiot. Je voulais dire que tu étais déjà un héros ! C'est pas possible d'être aussi con !
─ ─ ─ ─ PRÉSENT ─ ─ ─ ─
Nami, Usopp et Elizabeth avaient enfin atteint la plage ouest. Ils virent sans difficulté le combat qui avait lieu. Un navire contre six, les forces étaient inégales. Les habitants de ce côté de l'île s'étaient rassemblés pour voir le combat. Nami et Usopp plongèrent dans l'eau pour se précipiter et aider leurs amis. Elizabeth fit apparaître une planche de bois, grimpant dessus avant d'user de son pouvoir pour créer un bateau à moteur. Elle récupéra en chemin Nami et Usopp.
Ils arrivèrent sur le navire. Le combat qui avait lieu était terrible. Du sang se trouvait sur le sol. Nami se mit à se battre, autant que qu'Usopp et Elizabeth. Ils se mêlèrent dans l'action.
─ Nami !
L'adolescente aux cheveux bleus répondant au nom de O-Tama se précipita vers elle. Elle n'eut pas le temps de raconter ce qui s'était passé dans leur mission qui avait visiblement aussi eu un tournant différent de ce qu'ils avaient prévu.
─ On doit quitter le navire.
─ Quoi ?
Nami ouvrit de grands yeux avant de répéter plus fortement :
─ Ce n'est qu'un bateau. Il y a des gens à sauver sur cette île. Ne mourrez pas idiotement ! On doit y retourner ! Et on va avoir besoin de vous.
─ ─ ─ ─ ─ X ─ ─ ─ ─ ─
L'androgyne entre ses bras était en mauvais état. Robin ne pouvait pas bouger. Si elle lâchait la plaie de l'androgyne, il en mourrait. Si elle bougeait avec lui, elle serait repérée et il ne supporterait pas le moindre combat. Qu'est-ce qu'elle était censée faire ?
─ Tu diras que j'ai été fort ? questionna Pom dans sa langue.
Elle ne répondit pas. Il ne mourrait pas ici. Il en était hors de question. Il ne mourrait pas ici. Il ne mourrait pas ici. Quel imbécile !
PETITE QUESTION de l'auteur : Auriez-vous besoin que je résume les personnages à un moment donné ?
