Ah que coucou !

J'ai un peu de retard pour publier ! Et aussi un peu dans mes prochains chapitres, héhé. Mais j'ai écris un nouveau péché à mon recueil donc ça compense ! (même si apparemment, mes OS n'inspirent pas xDDD)

La review des review :

Mijoqui : Oh first review cette fois. Owii, vive le Dorothea x Ingrid ! xD Ca commence à l'aube ! *aime l'aube aussi* Sa future femme ? On sait pas on sait pas ! xD En vrai si la liste de questions avait été dissoute dans l'eau ca aurait été plus simple pour la suite xD Vive les chats ! J'avais envie d'une petite scène choupi avec des chats xD Ashe ! Petite apparition juste pour toi xD Je suis contente que ce chapitre t'ai plu ! Byleth affronte ses sentiments, c'est un fait, mais oui, elle commence à vraiment les accepter, peu à peu !

Eatoce : Merci pour tous ces compliments, ça me va droit au coeur. Je suis très portée dans l'émotion quand j'écris, c'est vraiment ce que j'essaie de transparaitre. Que ce soit aux travers des descriptions, des actions ou quand on est dans la tête de Byby ! Du coup, c'est vraiment super agréable de lire que, ce texte fait ressentir des choses ! Du coup, j'ai hâte de lire ta prochaine review !

Lucina : Oh bah alors, l'annexe est pourtant tellement équivoque ! La ronronthérapie existe oui, je t'invite à rechercher sur google xD Après c'est sûr que à l'époque de Fodlan, peut-être que ça n'existait pas, mais bon, c'était drôle d'en parler ! Merci pour le compliment ! Que j'écris bien, c'est agréable de le lire, et ça motive encore plus !

Tartinouille de la cuvette sacrée : Oh la liste des surnoms va être longue ! Héhé. Edelgard observe Byleth, au moins autant que Byleth observe Edelgard ! Elles sont à combien niveaux points ? Les deux doivent danser sur un même pieds d'égalité xD Jamais une pour rattraper l'autre. Oh, le mordant d'Edelgard, j'aime tellement lire quand tu écris ça. El n'est pas une guimauve amoureuse, elle reste la future impératrice de l'empire ! Si tu aimes la poésie et le lyrisme, j'ai hâte de savoir ce que tu vas penser de ce chapitre ! Un grand merci, encore une fois !

Arobyn : Hey hey ! Un chapitre calme ! J'essaie d'altérner ! *aimerait bien s'imaginer pour de vrai au monastère* Ah mais j'ai adoré écrire les dialogues entre les deux, Byleth est tellement détachée de tout ça, des responsabilités, et puis elle est aussi trop fatiguée pour faire semblant ! *répond présente dans la liste des filles distraites par El* Ecoute, j'avoue si j'avais pu avoir les questions des exams peut etre que... Mais bon, El n'est pas comme ça ! Elle qui prône le travail et l'acharnement ! Elle a pas besoin de ça pour réussir ! On aime tous trop les chats je crois xD Ton Caspar ? Oh je ne savais pas que tu avais un attrait pour le personnage ! La liste de question, tu le sauras ! )

Sur ce, merci à tous, et bonne lecture !


Chapitre XXXVIII - L'Aigle et le Loup

Il était agréable de découvrir le village situé en contrebas du monastère. Les rues pavées étaient nombreuses, animées par les marchands qui surveillaient les étales de leurs modestes boutiques. Le calme de la forêt et des montagnes avait très vite été remplacé par les voix qui s'élevaient de cette foule, où tous semblaient mener un quotidien imperturbable et paisible. Les immenses murs crénelés avaient laissés leurs places aux toits de chaumes, l'inquiétude des élèves à l'approche des examens avait été remplacé par les rires innocents et naïfs des enfants. Etait-ce village qui paraissait hors du temps, ou bien Garreg Mach, fragment de ce monde placé sous cloche ?

J'aurais certainement du détester toute cette agitation, mais appréciais le changement de décors, surtout en compagnie de la princesse héritière de l'empire, flanquée sous ma cape sombre. Malgré son plumage grimé, sa chevelure blanche ne passait pas inaperçue et j'arrivais à sentir certains regards curieux et insistants sur notre passage alors que nos pas nous guidaient jusqu'à la taverne où j'avais instinctivement décidé de me rendre. L'uniforme de l'académie était reconnaissable entre mille, et la prestance de la future impératrice balayait celle de n'importe quel noble.

L'aiglon avait beau arborer l'indifférence, je voyais régulièrement ses prunelles parme s'attarder à droite à gauche, sur des étales proposant des babioles, et d'autres, plus régulièrement, diverses victuailles sucrées. Je ne pus m'empêcher de me demander si elle avait eu un jour, le luxe de sortir de son palais doré pour découvrir la vie, de la plus simple des façon. Comment était son quotidien, à Enbarr, capitale de l'empire ? Je n'en avais foutrement aucune idée. Son passé restait pour moi aussi sombre et mystérieux que son futur me paraissait incertain. Mais pour le moment, je me contentais de profiter de ce présent, qui lui, n'attendrait pas.

Mon ventre criait famine alors que nous attendions assises à une table de l'auberge dont le bois semblait imprégné de l'odeur du vin et de la bière. J'imaginais le nombre de verre qui avait du s'y renverser, sous la maladresse ou bien l'ivresse du peuple. Malheureusement pour moi, nous n'étions pas venue ici pour boire, mais bien pour nous nourrir, même si je n'avais pas pu dire non au tavernier lorsque ce dernier me proposa une choppe de sa meilleure bière. Celle-ci était d'ailleurs bien supérieures à celles que j'avais pu descendre dans l'Abysse, et encore une fois, Edelgard s'était abstenue, sommée par son rôle de déléguée, celui de future impératrice, ou bien seulement pour elle-même, en fait. Qui étais-je pour lui reprocher ?

Le fumet des viandes qui devaient certainement griller en cuisines ne fit que rendre un peu plus douloureuse l'impatience de mon estomac alors que je n'avais pas mangé depuis des heures. D'ailleurs, je ne me souvenais même pas depuis quand je n'avais pas pris un repas correct. La dernière chose que j'avais avalé était du thé, et même si j'avais déjà passé plusieurs jours sans manger, lors d'hivers difficiles où les proies s'étaient faites rares, j'appréciais me nourrir convenablement. Je supposais que l'aigle qui m'accompagnait non plus, n'avait pas mangé depuis la veille, puisque celle-ci ne m'avait depuis lors pas quitté. Ou peut-être avait-elle engouffré des sucreries dans sa chambre avant de m'interpeller le matin-même, car elle se tenait bien mieux que moi, et ne laissait paraitre aucune impatience quelconque, ni la moindre excitation lorsque nos plats arrivèrent devant nos yeux. Je m'émerveillai déjà devant l'assiette de viandes et de légumes, accompagnés de pommes-de-terres et savourait d'avance ce qui ressemblait à un pot-au-feu.

« - Vous devriez peut-être faire attention à vos manières, cela manque d'élégance, entendis-siffler à mes oreilles. »

Je levai les yeux pour trouver les doigts de l'impératrice sur la serviette en tissu qui essuyait délicatement ses lèvres. Ah, elle et son savoir-vivre, devais-je encore m'en étonner ? Qui faisait attention à ma façon de manger, ici, à part elle ? Mon regard trouva de nouveau les pommes de terres que j'avais vulgairement écrasées sans même m'en rendre compte, avant de remarquer quelques légumes qui s'étaient échappés de mon assiette, sur la table un peu plus loin. Bon, mes manières étaient certes un peu rustres, d'accord. Je plantai ma fourchette dans chacun d'entres-eux, un à un, avant de la porter à ma bouche et d'en avaler le contenu devant un aigle maintenant consterné.

« - Avez-vous seulement idée de tout ce qui a pu passer sur cette table, professeure ?

- Mon corps n'en sera qu'un peu plus résistant, répondis-je sans hésiter. »

/

L'air s'était rafraichi dehors, même si je le sentais à peine, la sensation atténuée par les effets de la seconde pinte que j'avais commandé à la fin de mon repas. Si je n'aurais pas dit non à une troisième en temps normal, il était trop tôt pour se laisser aller, et j'étais encore assez raisonnable pour savoir que mon corps ne supporterait pas une pareille quantité d'alcool avec une telle fatigue. En plus, ma tête tournait déjà, et je n'imaginais définitivement pas la future impératrice traîner mon corps sur le chemin du monastère.

Je suivis instinctivement la souveraine dans ce dédalle de rues pavées, patientant régulièrement lorsque celle-ci lorgnait sur les stands ici et là. Si à notre arrivée, elle avait fait mine d'être indifférente, regardait maintenant de petits objets avec plus d'intérêt qu'auparavant. J'approchai discrètement avant de poser mon regard curieux à mon tour sur l'étale. Ce n'était vraiment que des babioles, pensais-je alors. Pourtant, mes yeux s'attardèrent sur l'un d'entre eux, plus particulièrement, un pendentif en forme de plume, qui semblait usé par le temps.

« - Allons-y, décréta l'héritière. »

J'emboitai le pas sans rien dire, avant de me retourner une dernière fois vers le petit bijoux qui brillait encore dans mon sillage sous les reflets du soleil. Je soupirai. Par chance, ma bourse était très bien remplie.

/

La herse du monastère franchie, Edelgard et moi trouvâmes naturellement le chemin des dortoirs. Le soleil avait décliné dans le ciel très rapidement sur le chemin du retour, alors que plusieurs heures s'étaient écoulées sans même que je m'en apercevoir à arpenter les rues du village. J'avais du renoncer à mon désir de m'entraîner, ainsi qu'à l'espoir de retrouver la feuille des questions de l'examen que j'avais égaré la veille. J'avais tant de choses à penser, mais j'essayais surtout de me concentrer sur mes bottes lorsque je mettais une jambe devant l'autre. Non, ce n'était pas l'alcool, juste la fatigue, et mon corps qui me quémandait du repos. Pour une fois, j'allais certainement l'écouter.

« - Vous comptez rester là ? »

La déléguée balaya rapidement l'espace autour d'elle avant d'entrer dans ma chambre et de refermer la porte derrière elle. Je me demandais encore pourquoi je l'avais invité à entrer, et pourquoi elle avait acceptée plutôt que retourner à ses occupations. Mais c'était mieux ainsi, car il me restait encore une chose à faire.

Mes doigts longèrent ma ceinture avant de trouver le chemin de ma bourse, de laquelle je sortis l'objet métallique que j'avais discrètement rangé ici. Ma main remonta au niveau de mon visage, et j'observai maintenant le petit pendentif retombant dans ma paume. Quelle ironie, une plume usée pour un aigle. Il lui correspondait tellement. Lui aussi, avait lutté contre le temps. Je tournai la tête, et plantai profondément mon regard dans les yeux parme de ma cadette qui s'étaient agrandis.

« - Professeure... Vous n'auriez pas du. »

Ah, encore des reproches. Amusant, car je me sentais pourtant sourire.

« - Il ne vous plait pas ?

- Là n'est pas la question. J'aurais pu me l'offrir moi-même, se justifia-t-elle. Les moyens ne me manquent pas. »

J'approchai silencieusement cette enfant trop gâtée, mes lèvres s'étirant un peu plus, jusqu'à lui faire face de plus près.

« - Mais ça n'aurait pas eu la même valeur. »

Ma main attrapa la sienne gantée de blanc, la plume à l'abris dans le creux que formaient nos deux paumes. Je pouvais sentir ses doigts trembler, et décidai d'y resserrer les miens. Le regard d'Edelgard se fondit dans mes orbes bleuets, et mon cœur frappa dans ma poitrine comme jamais.

« - Je suis désolée, soufflai-je à son visage. J'ai cruellement manqué de tact ce matin.

- Avec vous, cela ne devrait plus me surprendre, répondit l'aigle en détournant la tête. »

Je la ramenais vers moi, découvris son air gêné qu'accompagnait la couleur exquise de ses joues dont je me délectais, avant de faire disparaitre l'espace entre nous. Mon souffle chaud se fondit dans le sien quand ma langue vint trouver très rapidement le chemin de ses lèvres que je suppliai presque. Ah, j'étais si faible. Sa bouche s'entre-ouvrit, répondant langoureusement à mon invitation. Mon cœur accéléra, si fort, que les battements résonnèrent jusque dans ma tête. Mon corps se rapprocha un peu plus, quand je plaquai le sien contre la porte de ma chambre dont je fermai la serrure d'un geste de la main avant que celle-ci ne vienne se loger sur sa taille. Mes doigts entrelaçant les siens se dérobèrent pour descendre sur son poignet que j'esquivai d'une furtive caresse avant de faire de nouveau pression sur son uniforme que je froissai de l'étreinte exercée sur son bras. L'extrémité de ma langue nargua la lèvre supérieure de la future impératrice avant que je ne reprenne enfin mon souffle. Et elle le sien.

« - Edelgard. »

Mon impatience était si douloureuse que je dû lutter avec moi-même pour ne pas me confondre avec une bête qui perdrait tout contrôle. Ah, j'en étais donc réduite à ça ? C'était tellement pitoyable, mais j'avais beau en avoir pleinement conscience, il m'était impossible de faire autrement. Je ne pouvais plus résister à cet oiseau majestueux dont je rêvais d'ôter le plumage, sombre manteau. Je m'emparai vivement de sa main libre lorsqu'elle tenta un mouvement avant d'aller la bloquer avec la seconde au dessus de sa tête sous son regard pantois. Mon front vint se coller au sien, ses yeux transcendèrent mon âme, et le désir que je ressentais me submergea accompagné d'émotions que j'osais pour la première fois nommer, mais surtout accepter. Et je réalisai. Je réalisai que l'amour était le plus grand danger de ce monde, et qu'il me brûlait déjà. Plus encore, il me consumait tout entière.

J'écarquillai les yeux dans un mouvement de recul sans relâcher mon emprise sur ma proie. Depuis combien de temps la désirai-je ainsi ? A quel moment la curiosité que j'éprouvais en l'observant s'était-elle changé en besoin de la voir ? Quand mon cœur s'était-il mit ainsi à battre ? Mais surtout, depuis quand étais-je capable d'aimer ?

Mon regard se planta dans le sien. J'observais dans ses yeux, et lisais dans son âme, cette peur qui s'échappait, qui la faisait trembler, offrant parfait écho à la mienne. Cette peur, qui par moment s'évaporait, sans jamais cesser de me hanter. Cette peur, qui simplement, me terrifiait. Elle me paralysait, car je savais. Je savais qu'un jour, elle s'envolerait.

Mon esprit se tût, mes mains la libérèrent, quand mes jambes firent un pas en arrière. Ma raison se réveilla, quand mon cœur à nouveau s'arrêta. Je ne pouvais plus continuer, et faire comme si ce dernier était de fer forgé. La douleur était trop forte et lacérante, comme pour me faire comprendre ce qu'était être vivante. Mais où se trouvait l'intérêt de vivre, si il était inévitable d'en mourir ? Ma vision s'assombrit sur le désespoir de ma main, qui d'un geste couvrit l'expression de mon regard éteins. Je ne pouvais plus me dérober, bien incapable de supporter l'oppressante vérité. Le poids de cette réalité m'écrasa, humidité sur ma peau, et pour la toute première fois, coulait lentement ce fardeau. Perles de joie, ou de tristesse, ce soir reflétaient toute ma détresse.

Mon corps tout entier se figea comme s'il était soudain enveloppé par le froid, quand tout à coup se dégagea, une douce et étrange chaleur sur ma joue. J'ouvris lentement les yeux pour découvrir ses doigts desquels ses gants avait été ôtés, sans l'avoir remarqué, relevai la tête, et trouvai son sourire. Survivre me paraissait à l'instant plus difficile que le seul fait d'exister.

« - Cessez donc de vous torturez ainsi. Ni vous ni moi n'êtes responsable. »

Si ses paroles se voulaient réconfortantes, elles ne sonnaient pas moins cruelles. Etait-il seulement possible pour le loup de courir sous les ailes d'une souveraine ? Si à la nuit tombée, partageaient une danse, le bal nocturne s'arrêtait dans une triste évidence. Car aux premières lueurs, balayant les derniers rayons de lunes, ne restait que douleur, et surtout l'amertume.

Mes doigts trouvèrent sa main sur laquelle j'égarais lentement mes lèvres. J'apprivoisai la douceur de sa peau, appréciai son parfum, et gravai ce moment pour que jamais ma mémoire ne l'oublie. Enivrante torture, à jamais hanterait mon esprit. Le regard du rapace m'embrasa, je glissai ma langue dans sa bouche et sentis mon corps entier s'enflammer. Son dos se heurta de nouveau au bois dur, mes mains à ses vêtements, quand en quelques minutes seulement, tombaient les premières plumes. J'oubliai la définition de la retenue, assassinai ma patience, étouffai ma raison, et me noyai de folie. Douloureuse étreinte, l'appel de son corps était la pire des agonies.

Les bras d'Edelgard se resserrèrent sur moi quand mes mains longèrent ses hanches pour finir sur ses cuisses que j'empoignai ardemment. Son corps me parut si léger tant j'avais facilité à le porter. Mes lèvres étaient scellées aux siennes tandis que ma langue dansait férocement sur les mouvements lascifs de la sienne. Mon genou se bloqua sous le bassin de la souveraine, je l'enlaçai d'un bras, la rapprochai contre moi, quand mes doigts remontèrent sur les courbes de ses fesses. Son souffle chatouilla mon visage quand son premier soupir s'échappa. J'embrassai son cou et me heurtai rapidement au col de son uniforme recouvert de dorure avant d'exhaler ma frustration. J'enserrai un peu plus la taille de l'aiglon, bloquai son corps entre le mien et la porte afin de libérer l'une de mes mains pour aller faire tomber sa veste. Le peu de raison qu'il me restait se consuma lorsque ses doigts s'aventurèrent dans ma crinière bleue et que ses jambes se resserrèrent sur mes hanches.

Ah, je perdais de nouveau complètement la tête. Mon besoin de contact avec elle était plus fort que n'importe quelle drogue. Chaque parcelle de ma peau réclamait la sienne. Respirer son parfum m'éméchait plus qu'un verre du plus puissant des alcool. Mon sang pulsait dans mes veines diffusant un peu plus à chaque fois la chaleur caniculaire qui me faisait m'enflammer. Les braises incandescentes dans mon bas-ventre étaient insupportables tant je voulais plus. Toujours plus. Mon désir incendiait mes pensées, frappait ma lucidité pour la faire sourde. Insatiable, je la voulais entièrement mienne.

Je trouvai de nouveau le chemin vers les cuisses de l'oiseau que je soulevai avant de faire quelques pas derrière moi. Je m'assis sur le lit, son bassin sur le mien, avant de remonter mes doigts dans le creux de son dos sous son chemisier blanc. La bouche de mon poussin s'ouvrit pour laisser échapper une plainte qui m'excita plus que je n'avais envie de l'admettre. Mon regard ne décrochait plus de ses prunelles parme qui me fixaient au point de m'en faire oublier mon propre nom. Perçant, hypnotisant, et surtout mien. Je remerciai le ciel, la lune et le soleil de l'entendre silencieuse, car à ce moment là, j'aurais accepté n'importe quoi, pour seulement pouvoir marcher dans ses pas, sur ce chemin qui me restait interdit, à part le temps d'une nuit.

Je pressai une nouvelle fois ses lèvres, passai la pointe de ma langue sur celles-ci, avant d'attraper sa chemise que je déboutonnai pour l'écarter sur sa poitrine. J'admirai le galbe de ses seins, sa peau d'ivoire sur laquelle je déposai fiévreux baisers, alors que je détachai maintenant le reste de sa tunique pour lentement la faire glisser. Mes mains remontèrent sur ses collants vermeilles avant de rencontrer la douceur que sa peau m'offrait. Je m'amusai sur celle-ci, passant et repassant du bout des doigts pour sentir ses hanches se soulever et regagner les miennes à chacun de mes gestes, chaque effleurement, attisant ma folie un peu plus. Les serres de mon aigle quittèrent mon dos pour trouver mes épaules, quand d'un geste me poussèrent, m'allongeant sur les draps. L'oiseau me dominait, majesté fièrement perchée, et maintenant me regardait, comme la plus précieuse de ses proies. Si ses lèvres se privaient, ses yeux, eux, déjà me dévoraient. Ses doigts lentement remontaient, étincelles sur ma peau, me faisaient doucement frémir, semaient dans ma tête le chaos.

« - La proposition que je vous ai faite tient toujours, Byleth, vous pourriez me suivre et rejoindre l'empire. »

Ma respiration se bloqua, lorsqu'autour de sa taille mon bras passa, et que d'un geste, son corps bascula.

« - Et ma réponse demeure la même, Edelgard, m'imposai-je. Si vous régner peut-être ici, fis-je en plaçant sa main sur ma poitrine, je me suis jurée de ne jamais m'asservir à un quelconque souverain. »

Ses yeux s'agrandirent, satisfaction ou déception, je ne sus trop le dire. Alors, je me relevai, dans la pénombre, me déplaçait, pour faire face à la lune, à sa lumière dans laquelle je baignais. J'ôtai le haut qui m'affublait, glissai mes bas qui me couvraient. Laissant tomber mon pelage, ainsi, me révélai. Je me mettais à nue devant ses yeux, me découvrait comme pouvaient ce soir l'être les cieux.

« - Vous vous demandiez qui j'étais, soufflai-je en écartant les mèches bleues de mon dos. Voila ce que je suis. »

Si je lui offrais mon passé marqué sur ce corps, lui faisait remarquer le manque de place pour l'avenir. Ma peau était tel un parchemin souillé par le sang qu'aucun rêve ne pouvait éclaircir. L'encre funeste utilisée, jamais ne pourrait s'effacer.

J'entendis l'aiglon glisser sur les draps, ses pieds effleurer le sol. La chaleur de sa respiration caressa ma nuque, quand ses doigts effleurèrent le long de ma colonne. Ses lèvres conquirent mon épiderme, pour ensuite s'évanouir, cherchaient une page blanche où elles pourraient écrire. Restait-il seulement un endroit, pour venir y inscrire, afin de me souvenir, les portées de sa voix ?

Je la sentais dessiner mes cicatrices, et retracer mon histoire, mes trop nombreux pêchés, et celles de mes victoires. Sources de malheurs, et intenses douleurs, avaient certainement fait pleuvoir les pleurs. Un monde que je m'étais peu à peu construit, où seul l'animal avait une place ici. Mais l'aigle avait su me dompter, lentement m'apprivoiser, me fit découvrir la beauté, au seul travers de son regard parsemé d'étoiles que je ne cessais d'admirer.

La poitrine de l'aigle m'effleura, elle se plaqua contre moi. Ses bras m'enlacèrent et ses paumes remontèrent au dessus de mon nombril, dégageant douce chaleur, qui déjà étreignait mon cœur. Mes lèvres s'étirèrent lorsque je la sentis hésitante en rencontrant l'arrondi de mes seins, sur lesquels bientôt elle aventurait ses mains. Son souffle caressait ma nuque, me faisant lentement languir, je ne pouvais plus me retenir. Enfin, je me retournai pour lui faire face, à mon tour l'enlaçai, avant de l'embrasser.

La fougue s'empara très rapidement de moi, je la fis de nouveau tomber sur les draps. D'un geste, je l'enjambai, et plaçai mon bassin au dessus du sien sous son regard éberlué. Je fis glisser ses collants, écartai chemisier blanc, et approchai ma bouche quand son corps se cambra. Ma langue était braise, traçait sillons de flammes, invisibles brûlures, je soupirai tout bas. Elle était peut-être souveraine, mais cette nuit était mienne. Je savourai sa peau, épousai sa poitrine, partageai mon fardeau, teintai ses plumes ivoirines.

Je me redressai sur elle, la dominai de ma hauteur, Seigneur, qu'elle était belle, contemplai sa splendeur. Son regard m'envoutait, son corps tout entier me tentait, assassinait mes pensées, ma conscience anesthésiée. Une main longea les courbes de l'aigle, remontait sur ses hanche, puis sur son bras glissa, j'entremêlai nos doigts. Ma bouche approcha de la sienne, soufflait le poids du désir, je voulais de cette Reine, faires miens tous les soupirs.

Plus profonds que l'océan bleu, aussi dégagés qu'un ciel clair, ses yeux rayonnaient de ce feu, qui pouvait faire trembler la terre entière. Je m'enivrai de son odeur, son parfum ravageur, fragrance qui doucement avait su envelopper mon cœur. Sa chevelure reflétait la chaleur de l'hiver, quand se soulevaient les flocons, dansait comme de la neige printanière, emportait ma raison. Rosées étaient ses lèvres, tendrement étirées, que le plus fragile des rêves, elle aurait pu briser. Bercée par sa voix, murmurait mon prénom, elle chuchotait tout bas, la plus belle des chansons. Fragments de sa vie, douleurs cicatrisées, sur sa peau étaient inscrits, les bribes de son passé. Et parmi tous ces écrits, moi aussi avait laissé ma trace ici. Son plumage d'ivoire marqué était symbole de son courage, sa force d'âme sous le plus violent des orages. Une tempête qui m'avait emportée, de laquelle je ne pouvais réchapper.

Je laissai ses mouvements me guider, mes gestes s'articuler sous son souffle court, sur sa poitrine qui se bloquait dés lors que j'effleurai la moindre parcelle en ébullition de son épiderme sur lequel exhalait déjà l'avidité de la passion. Mon corps réclamait sa présence, exigeait le contact du sien, insatiable désir charnel. Mes doigts redessinèrent ses seins, épousèrent leurs contours alors que mes lèvres apprécièrent leurs aréoles fermes et rosées sur lesquels mes dents osaient par moment s'égarer. Douleur ou bien plaisir, les crocs du loups la firent frémir. Mes mains glissèrent sur son ventre, survolèrent son nombril, se perdirent sur l'arrondis de ses cuisses avant de les empoigner plus ardemment. Elle me faisait brûler, mes pensées devenir cendres. Je remontai lentement sur ses cuisses, et enfin, redescendis plus fougueusement. La respiration d'Edelgard se coupa et son corps tout entier se souleva sur les mouvements de mes doigts. Ses hanches remuaient contre les miennes au rythme de la danse que je menais, sur des va-et-vient de plus en plus rapides. J'observai l'aigle se tordre, ses muscles se crisper et sentis ses bras passer dans mon dos. Je perdis complètement la tête lorsque ses serres agrippèrent sauvagement mes cheveux, me serrant contre son corps qui me parut frêle et fragile. Ma raison devint charbon, le son de sa voix m'emporta, lorsque son corps, tout entier se cambra. Je l'entendis crier, que d'un geste vif, j'étouffai, avant d'enfin embrasser, ses lèvres suppliant avec difficulté.

Souffles imbriqués, chaleur mêlée, nos soupirs échappés se fondaient les uns les autres, s'évaporaient, s'évanouissaient, dans le plus doux et le plus cruel des secrets. Je m'abandonnai à elle, et elle s'abandonnait à moi, entre contemplation et possession, ardente fascination. Dans l'obscurité que la nuit nous offrait, l'ombre du loup disparaissais entre les ailes de jais, aux plumes immaculées.

Je faisais serment de l'aimer, même si cela devait un jour me tuer.