Oh oh oh !
Je crois que je suis en « avance » pour poster ?
Je constate aussi que mon recueil de Péché n'a absolument aucune popularité xD
J'ai pris beaucoup de plaisir à écrire ce chapitre, et tiens à rappeler que je m'inspire de 3H, sans suivre réellement les missions ni leur chronologie !
La review des review :
Eatoce : Coucou ! J'aime les review ! Surtout les longues et détaillées ! Donc oui, super plaisir ! Alors, les questions ne sont pas à jamais perdues, mais... héhéhé, je n'en dirais pas plus pour le moment. Ah c'est sur que Edelgard n'a pas été élevée avec les cochons ! xD J'espère pour Byleth que ce n'est pas non plus le cas ! Ohw, la plume, héhé, petit clin d'oeil à un aigle usé lui même par le temps ! J'ai beaucoup aimé écrire quand Byleth se met à nue, au sens propre et figuré ! Je dois avouer que ce lemon n'a pas été de tout repos à écrire, je ne le voulais pas trash, mais pas trop doux non plus xD
Mijojo : Vive les tavernes ! Genre ça passe mieux si c'est une auberge taverne, tu m'as tué xD El a des manières, voyons ! Ca aurait pas pu se finir autrement que par El dans la chambre de By, ou alors par By dans la chambre de El... *note* Oh, pauvre coeur qui fond ! *remet un peu de glace par dessus* Byleth pleuuuuuure pour la première foiiiiis ! J'ai aimé l'écrire ! Oh oh oh ! *lui emprunte l'eventail pour lire le lemon aussi* Je dois avouer que j'aime bien leurs échanges niais aussi, ca fait du bien sur ce fond dramatique ! xD *aime les happy end même si ca a pas l'air*
Arobyn : Coucou ! Je sais pas trop sur la génétique, peut etre que ça joue, mais on va dire que Byleth est entraînée ! Mais en vrai, dans ma vision que j'en ai, elle en tient pas l'alcool, ce qui fera plus tard un chapitre interessant... xD Edelgard et les sucreries, une grande histoire d'amour ! Merci pour le lemon ! Je ne sais jamais jusqu'à quel point je peux aller dans le « M » xD Ouiiiii, Byleth prend enfin conscience que c'est de l'amour, et ose le nommer ! Et ses première larmes ! kecaybo ! xD J'attends toujours un retour de ton PS sur mes 7 péchés capitaux ! :p (enfin, j'en ai écris que 5 pour le moment, et le 6ème mais il n'est pas posté héhé).
Lucina : Tes reviews sont de plus en plus courtes ! xD Mais merci à toi ! Contente de te voir parmi nous chaque semaine !
Tartinette noyée dans la cuvette : Oh les nouilles c'est pas ce qu'il y a de meilleur ! J'avoue que j'ai eu du mal à l'imaginer, c'est le fameux soir où je vous ai demandé comment il serait et que LCD m'a parlé du village de la belle et la bête xD Edelgaaaaaard ! Pardon, je l'avais pas encore crié ! Edelgard n'est pas pompeuse en effet, mais elle porte son masque qu'on connait tous bien, et si y'a moyen de faire remarquer à Byby ses manières, elle ne va pas y manquer, surtout après que Byby l'ait quand même un peu malmené dans le dernier chapitre ! xD Y'en a jamais une pour rattraper l'autre ! J'aime bien le mot « ébat » enfin... oui et non, j'imagine des animaux faire ça xD Franchement j'ai tellement aimée faire le passage où By se deshabille pour montrer à El qui elle est vraiment, c'est à dire, comme Edelgard, une femme fragilisée avec le corps et l'âme marqué. Merci pour ta review, contente que ce lemon soit autant apprécié ! xD
Sur ce, merci à tous, et bon chapitre !
Chapitre XXXIX - Une Bataille dans la Brume
Le brouillard. Voile d'humidité, obscurité aqueuse, cette épaisseur faite de condensation paraissait plonger le monde dans les ténèbres. Le frimas recouvrait la voie Magdred qui menait au château Gaspard, figeait la végétation devenue blanche, la rendait temporairement éternelle sous le givre décomposé en un millier de petites particules de glaces. Etrange, car même sur les terres du royaume, la neige aurait du abandonner son immaculé manteau laiteux. Partout autour, le froid régnait, s'était vu nommé maitre de ce climat déréglé, mystifiait l'atmosphère.
Lonato Gildas Gaspard. Paraissait-il que ce seigneur avait levé des troupes contre la Sainte Eglise. Les Lions et les Cerfs avaient été envoyés plus tôt pour faire taire le conflit, quand les Aigles avaient été chargés de s'occuper de l'arrière garde. Mais à défaut de trouver des blessés, nous étions heurtés à la brume. Une épaisse brume qui faisait taire nos sens. Impossible de compter sur la vue, l'environnement disparaissait après seulement quelques pas. La bruine anesthésiait ma peau, et l'air frais s'engouffrait par mon nez pour enflammer mes poumons. Les oiseaux s'étaient tût, comme si la forêt était devenue vierge de toute forme de vie. Il ne restait que mon instinct pour guider mes soldats.
Dans l'urgence de la situation, Rhea avait décidé d'envoyer Catherine pour renforcer mes troupes. A notre arrivée, nous avions jugé plus pertinent de nous diviser en deux groupes pour examiner la zone, en constatant ce calme déconcertant. J'avançai alors à l'Ouest, quand le chevalier de l'Ordre, elle, se chargeait du côté Est.
Tapis dans l'avantage et l'inconvénient que le brouillard offrait, mes doigts ne quittaient pas un seul instant la poignée de mon épée. Cette fascinante ambiance réveillait mon excitation quand le sang-froid sommait ma raison. Je n'oubliai pas les élèves qui m'accompagnaient dont j'avais la responsabilité.
« - Professeure... »
L'Adrestienne m'approcha quand elle me chuchota. Je plissai les yeux où pointait son regard. Dans la nébulosité de la pluie, j'étais certaine d'avoir vu bouger une ombre. Je me retournai pour ordonner silencieusement à chacun de mes aigles de rester sur leurs gardes. Sous cette nappe brouillasse, le moindre mouvement pouvait nous coûter la vie. Je fis un signe à Pétra dont les déplacements étaient presque parfaitement inaudibles avant de porter mon attention au mage noir. Le regard d'Hubert était plus glaçant que le gel qui recouvrait la terre. Depuis notre départ, il ne m'avait pas une seule fois quitté des yeux. Au milieu de notre division, Flayn restait attentive, tout aussi prête à passer à l'offensive qu'à se charger des blessés. Nous formions une solide équipe, nos compétences parfaitement équilibrés. Mais malgré ça, je n'arrivais à me sentir sereine. Comme j'avais pu plus d'une fois le faire remarquer, le silence était toujours mauvais présage.
Une envolée de corbeaux se fit bientôt entendre, même si je ne pouvais les voir, avais pu percevoir leurs cris. J'étais certaine qu'il se tramait quelque choses mais il nous fallait rester ici. Nous avançâmes prudemment, nous flanquant derrière les arbres, observant avec beaucoup d'attention notre environnement. Prudence était de mise. Je fis un geste de la main pour signifier à la Brigilène de se déplacer. La rapidité de notre éclaireuse nous permettait de facilement gagner du terrain, mais nous ne devions surtout pas la perdre de vue. Nos mouvements se devaient d'être coordonnés. J'attendis qu'Edelgard et Flayn me dépassent et fermai le cortège pour trouver une position plus sûre. Entre le brouillard et la forêt, il était vraiment difficile de se mouvoir ici. Je regardai autour de moi, balayai l'horizon opaque, même l'aspect des épineux rendait la voix Magdred un peu plus menaçante et hostile.
Mes yeux s'écarquillèrent, j'eus un mouvement de recul. Mes quatre oiseaux se mirent à genoux derrières les épais tronc des conifères. La flèche qui venait de se planter dans le bois dur passa à quelques centimètres à peine de mon visage. Les gouttelettes de pluie avait étouffé le son de que le tir avait produit avant qu'elle ne vienne fendre l'air dans son sillage. Je n'eus pas le temps de me demander si je venais d'échapper à la mort qu'un individus surgit de la brume pour se jeter sur moi. Je bloquai l'épée de cet ennemi du plat de la mienne en tombant à terre, quand mon regard alla instinctivement à mes élèves. Edelgard et Flayn était seulement à quelques mètres de moi. L'impératrice avait retenue son bras quand la petite magicienne avait risqué de se mettre à découvert dans le réflexe de vouloir m'aider. Elle savait que je maitriserais facilement cette situation, et avait très vite analysé qu'il leur était plus prudent de rester là où elles se trouvaient, ignorant tout de ce qui pouvait se cacher derrière les obscurs rideaux blanc. Plus loin, les paumes d'Hubert s'illuminèrent, il invoquait déjà un sort, et ce malgré le danger que cela représentait, autant pour mon opposant que pour moi-même. Je ne sus dire à quoi jouait le garçon, c'était bien les miens que ses yeux perforaient, comme si j'étais sa cible.
« - N'intervenez-pas ! ordonnai-je. »
Je protégeai d'abord ma vie, mais aussi celle du combattant que j'avais fais rouler sur le côté avant de bloquer son poignet. Si je n'avais jamais été prise de regret, ce quelques soient les morts, aujourd'hui voulais éviter de tuer. Avec aisance je le désarmai, puis l'assommai du pommeau de mon arme. Le temps de me relever, d'autres ennemis apparurent. L'un des deux se jeta immédiatement sur l'insulaire quand le second réduisait dangereusement la distance entre lui et mon Adrestienne. J'analysais rapidement la situation, Petra était déjà agenouillée, dagues à la main, prête à bondir, quand Edelgard levait seulement sa hache. Je me saisis de l'arc que j'avais emporté avec moi, bandai, et décochai. Mon coup fit mouche. La pointe s'enfonça dans la chair de l'homme en se plantant dans sa cuisse. J'avais visé plus bas, mais cela faisait un moment que je ne m'étais plus servie de cette arme. J'avais moi-même négligé mes entrainements alors que je rabâchais sans cesse à mes élèves ô combien un arc pouvait sauver des vies. Peu importait, j'avais déstabiliser l'adversaire, assez pour que la déléguée puisse lui porter un coup qui le mis vite à terre.
Le vassal de la future impératrice avait envoyé un de ses miasmes à l'opposant de Petra, j'en profitai pour me précipiter vers Flayn et Edelgard. Je posai un doigts sur le cou de l'homme dont le corps gisait, avant d'enfin sentir un pouls. Il était en vie. Je plissai les yeux vers la souveraine, sous son regard hébété. Je l'avais habituée à moins de retenue, sans doute que la jeune femme ne comprenait pas pourquoi je tenais tant à ce que tous restes vivants. Moi même encore, en cherchait la raison. Elle, ne s'embarrassait certainement plus de ce genre de chose depuis longtemps, et si elle ne s'en rendait pas encore compte, je faisais seulement en sorte de ne pas alourdir plus son fardeau. Car un jour, le poids des vies, le poids des morts, ferait plier sa raison. S'il fallait vraiment prendre des vies, je préférais m'acquitter de cette tâche que de la laisser se salir un peu plus les mains.
« - Il semblerait que nous soyons tombés dans une embuscade. »
Je donnais raison à Hubert. Le mage sombre avait tout comme moi vite compris que si des ennemis étaient cachés ici, ce n'était pas un hasard. Le plus gros des troupes avait été éloigné afin d'éliminer celles qui se retrouvaient en plus petit nombre. Nous étions tombés dans leur piège, et c'était encore plus vrais alors que ma propre équipe avait été scindée en deux. J'avais beau retourner ça dans tous les sens, je ne comprenais pas les raisons de ce seigneur Lonato. Essayait-il de créer une quelconque brèche dans les forces de l'église avant d'envoyer tous ses hommes ? Ou était-il seulement là pour tuer ?
« - Nous aurions plus de chances de nous en sortir si nous n'avions pas à retenir nos coups, déclara la future impératrice comme si elle me reprochait mon élan d'humanité.
- C'est hors de question, désapprouvai-je.
- Le professeur à raison, me soutint la pourpre. A Brigid, on dit que lune rouge se lève si trop de sang coule. Mauvais présage. »
Ah, les croyances brigilènes. Ce peuple ne cessait de m'étonner, et d'attirer ma curiosité. Il faudrait qu'un jour, je m'intéresse à leurs coutumes et à leurs mœurs. Ainsi, peut-être comprendrais-je un peu mieux la grandeur d'esprit de Petra. J'avais voyagé sur plusieurs continent, mais pas une seule fois je n'avais vu le sable et l'océan de Brigid.
« - Ce ne sont que des ennemis. »
Peut-être, peut-être pas. Je défiai l'arrogance d'Edelgard. Comment pouvait-elle se permettre de parler ainsi ? Jusqu'ici, j'avais toujours considéré ceux qui se dressaient devant la lame de mon épée comme mes ennemis, des adversaires qu'il me fallait mettre à terre. Mais aujourd'hui, cette notion n'avait plus aucun sens. La future impératrice avait elle-même été amenée à tuer, mais je ne reconnaissais pas le discours d'une souveraine, et encore moins celui de la mienne.
« - Si vous n'êtes pas prête à verser du sang, vous finirez par y laisser la vie. »
Je la laissai maugréer. Je m'étais juré de ne jamais sacrifier inutilement ma vie. Plus encore, je lui avais même avoué qu'elle était la seule pour qui je pourrais l'envisager. Je lui demandais seulement de me faire confiance. A elle, mais aussi à tous les autres. Car je ne comptais perdre aucun de mes aigles. Ni aujourd'hui, ni demain. Jamais.
Notre position mise à nue, nous avançâmes plus profondément dans le dédale brumeux. Il ne faisait aucun doute que d'autres ennemis y étaient cachés, et j'étais maintenant convaincue que le brouillard n'était pas fruit de mère-nature. Quelqu'un se cachait derrière tout ça, certainement un puissant mage. Si nous arrivions à le débusquer, et à faire taire son sort, alors nous prendrions l'avantage. Ou peut-être pas. Personne ne savait combien d'ennemis se cachaient dans ces bois.
Et puis, tout s'accéléra. Le silence de la végétation fut remplacé par le bruit des lames s'entrechoquant. Mystérieusement, la forêt fit écho aux combats, aux hurlements, aux différents cris d'angoisse. J'imaginais les corps tombés, s'accumuler, j'imaginais le sang versé. Nos quittâmes nos positions, nous précipitèrent, mais impossible d'évaluer la provenance des sons portés par l'air.
« - Gardez la formation ! m'époumonai-je »
Mais il m'était désormais impossible de voir mes soldats. Les silhouettes de mes protégés avaient disparues dans un bruit de fracas. Les ombres se multiplièrent autour de moi, je n'arrivais plus à les compter décemment, quand s'éleva dans l'air une dangereuse lumière. Je fis un bond sur le côté, esquivai une boule de feu, plissai les yeux et décochai après m'être assurée que la forme brumeuse ne s'apparentait pas à celle d'un rapace. J'abandonnai l'arc pour mon épée, qui déjà s'élevait pour s'abattre sur la hache d'un guerrier. Les étincelles jaillir sur la danse de l'acier. Ma jambe trouva celle de l'adversaire, je le fis trébucher, il tomba en arrière. Puis je courrai. Je courrai à en perdre haleine. Impossible de voir le soleil, il n'y avait que mon instinct pour m'orienter.
« - Flayn ! »
J'entendis hurler, puis des armes se rencontrer. Mes pas accélérèrent. Je manquai de trébucher dans une matière noire et visqueuse, reconnus la trace laissée par Hubert. J'avançai. Dans cette nuée épaisse, je n'arrivai pas à discerner mes ennemis des alliés, alors je fonçai tête baissée, arme levée, attendant le dernier instant pour l'abattre. Plus loin, j'aperçu enfin Edelgard. Mes mâchoires se serrèrent, je m'élançai et me jetai furieusement sur son adversaire que j'envoyai lourdement valser. Pas de temps à perdre, je lui attrapai le bras pour l'entrainer avec moi sans m'enquérir de son état. Si elle arrivait à courir, c'est qu'elle n'était pas blessée.
« - Où sont les autres ?!
- Nous avons été séparés, expliqua la future impératrice. Ils ont surgis de nulle part, Flayn n'était déjà plus là quand je me suis retournée. »
C'était une catastrophe. Le petit aiglon n'avait certes aucun talent à envier à ses camarades, mais si quoique ce soit lui était arrivé... Cette seule pensée fit se figer mon cœur. Ma cadence redoubla, ailes déployées, la cape vermeille s'envolait.
« - Byleth ! »
Je lâchai le poignet de ma camarade. Nos bras s'élevèrent pour s'écraser sur le cuirasser qui nous fit face. Son armure se brisa en éclats au même moment que gicla le liquide écarlate. Le poids de mes péchés s'alourdit quand sa vie s'éteignit. Peu importait mes choix, la funeste liste de mes crimes ne faisait que s'agrandir. Seigneur, mon âme était maintenant tellement ternie de noirceur que je me demandais comment pouvait encore le supporter mon cœur. Je m'arrêtai, serrai l'aigle contre moi quand mes doigts dessinèrent, des symboles se soulevèrent, embrasèrent l'air, avant de ne voir déferler torrent de flammes sur les trois hommes qui s'écroulèrent presque instantanément dans des râles d'agonie.
Nous reprîmes notre course sans que je ne porte attention au regard interloqué d'Edelgard sur la couleur de mes cheveux, ou sur celle de mes yeux. La colère et la rage guidaient mes pas, hurlement silencieux.
« - Petra ! »
Je me précipitai vers la jeune femme adossée à un vieux tronc couché. Ses vêtements étaient teintés de rouges. Ses lèvres s'étiraient en une expression douloureuse. Sa main venait difficilement faire pression sur une plaie béante qui parcourait son bras d'où s'écoulait du sang comme s'il en pleuvait. Je n'avais pas la prétention de Manuela, mais ça avait l'air sérieux. Jamais je n'avais vu la brigilène souffrir de la sorte, au point que ses yeux ne questionnèrent que moins d'une seconde mon changement d'apparence. A ses côtés, le petit aiglon aux cheveux torsadés s'attelaient déjà pour soulager la pourpre. Ses paumes dégagèrent une douce chaleur lorsqu'elle les approcha de la guerrière.
« - Ca va, prétendit l'insulaire en voyant mon visage effaré. A Brigid, blessures sont souvenirs de victoires. »
Ma bouche esquissa un sourire quand mes doigts vinrent se poser sur la chevelure lie de vin. Je m'accordai une secondes pour souffler, et une de plus pour m'avouer être rassurée. La jeune fille s'en remettrait.
« - Où est Hubert ? m'écriai-je en remarquant l'absence de l'ombre de la future impératrice.
- Juste ici. »
Tous les visages se retournèrent quand tomba au sol un corps de plus recouvert de miasmes, dévoilant derrière lui le vassal de la souveraine, le regard noir, les traits sévères.
« - Il semblerait que cela soit sans fin, reprit le garçon. »
Mes sourcils froncèrent, encore une fois, il avait raison. Nous nous étions embourbé dans une dangereuse situation dont le dénouement ne paraissait plus aussi évident que le but premier de cette mission.
Par delà les bois, je n'entendais plus de cris, comme si la lourdeur de l'atmosphère était retombée pour nous offrir un moment de répit. Mais c'était de nouveau bien trop calme. Je pris une grande inspiration, essayai de réfléchir, mais du charbon recouvrait mes pensées.
« - Je peux encore me battre... souffla difficilement la brigilène en forçant sur ses jambes. »
Je poussai sur ses épaules pour lui faire reprendre sa position d'origine. Sa plaie était loin d'être guérie, bien au contraire. Plus profondes étaient les blessures, plus long étaient les soins, peu importait la puissance du magicien. Sans oublier qu'il lui faudrait sans doute l'intervention de Manuela pour que son bras puisse retrouver son usage.
« - C'est hors de question, déclarai-je en me relevant. Je continuerai seule. »
Nos forces étaient considérablement réduites, nous n'avions plus du tout l'avantage, si tant était que nous l'avions eu à un moment. Je ne pouvais pas me permettre de risquer la vie de mes élèves. Petra était hors de combat, je ne pouvais pas me déplacer de façon sûre et rapide avec une telle blessée. Flayn avait déjà utilisée en grande partie son énergie, et il n'était pas envisageable de laisser les deux filles sans défenses.
« - N'y pensez même pas, protesta Edelgard en m'empoignant le bras. Hubert, vous resterez ici, quant à moi, j'accompagnerai le professeur.
- Votre Altesse, si je peux me permettre... commença le fils Vestra.
- Désapprouveriez-vous un ordre directe de votre souveraine, Hubert ? invectiva la future impératrice.
- Jamais je n'oserai contredire son Altesse. »
La main sur la poitrine, l'homme exécuta une révérence d'excuses à laquelle je ne portai pas plus d'attention. Si Edelgard ne lui laissai pas le choix, elle ne m'en offrait guère plus.
« - Si quelque chose arrive, lancez un sortilège vers le ciel. Peu importe lequel, assez puissant pour que nous puissions le voir, ou au moins l'entendre. »
Sur ces belles paroles, l'Adrestienne emboita mes pas. Il nous fallait mettre hors d'état de nuire le reste des ennemis, le brouillard était toujours présent, indiquant que le mage se tapissait toujours quelque part dans les bois. Et il nous fallait aussi s'assurer que le reste de notre groupe était en sécurité. Depuis que nous nous étions séparés, nous étions restés sans nouvelle de Catherine et des autres. Seul le son de leurs affrontements étaient parvenus jusqu'ici. Pour ensuite s'éteindre.
Nous progressâmes silencieusement n'échangeant que parfois des regards. Nos yeux se suffisaient à eux même pour se transmettre nos pensées. Il était même étonnant de constater à quel point Edelgard et moi nous comprenions sans avoir à parler. Fut un temps où ce n'était pas le cas, et restaient des sujets où mêmes les mots ne nous permettaient pas de nous comprendre, bien au contraire. Je m'arrêtai derrière d'épais fourrés, lorsqu'une voix que je ne reconnus point s'éleva dans les air.
« - Lonato ! »
Il était donc bien là, le responsable du soulèvement, de ces blessures, de tous ces morts. Je savais mes paroles cruelles alors que j'étais moi même la première à avoir fauché les âmes de ses guerriers. Nous nous rapprochâmes prudemment. Au loin, dans la brume, se distinguaient deux formes. Une première silhouette, grande et robuste, et une seconde, plus gringalette. Mes yeux n'arrivaient pas à percer les rideaux blancs, mais très rapidement, je remarquai une troisième présence plus en retrait. Je fis signe à mon aigle de prendre ce dernier à revers. Celle-ci hocha la tête, s'exécuta, quand je sortis à toute vitesse de ma cachette, ma lame se soulevant derrière moi.
Mon corps se figea. Je ne connaissais pas le plus imposant des deux hommes. Recouvert d'une épaisse armure, son visage marqué de cicatrices reflétait tout autant son âge que les batailles qu'il avait du mener. Ses cheveux blanc retombaient derrière sa tête. Ses yeux m'étampèrent lorsqu'il me remarqua alors que les miens, ne quittaient plus le garçon à ses côtés, semant le chaos dans ma tête. Cette crinière argentée et ces yeux verts. Aucun doutes possibles, c'était bien le jeune lionceau que j'avais devant moi.
« - Ashe... soufflai-je. »
Après cela, ces étranges retrouvailles prirent des allures plus sombres et chaotiques. Les ténèbres vinrent remplacer le brouillard. Je me souvins la douleur dans ma poitrine, je me souvins baisser les yeux alors que mes mains tenaient fermement la poignée de mon épée face au jeune fauve dont le visage se décomposait. Ses émeraude s'étaient perlées de larmes. Sa bouche s'était ouverte sans que je n'entende sortir le moindre son. Mais je le devins aisément hurler alors que ses joues se noyaient. Tout s'était tût, sauf le croissement des corbeaux, qui un peu plus loin s'élevèrent pour transcender le silence. Je me souvins mes jambes, tenter un pas en avant, puis un deuxième, avant que mon regard ne trouve le deuxième tube qui venait de s'enfoncer dans mes chairs. Profondément. Un liquide ferreux vint abreuver ma gorge. Un gout acre, désagréable, et surprenant. Puis mes genoux frappèrent le sol. Douloureusement. Autour de nous, enfin s'éclaircissaient les épais nuages blancs. Edelgard avait réussi. Je relevai la tête, redécouvris la lumière. Celle-ci resplendissaient sur le dos métallique du Seigneur. Ma vision se troubla, mes paupières se fermèrent pour se rouvrir difficilement. Juste un instant. L'aigle et le lions accoururent. Je n'aurais sus dire lequel des deux était le plus inquiet. Tétanisés. Pauvres gamins.
Ma vie était maintenant entre leurs mains.
