Dans l'obscurité protectrice de la nuit, intensifiée par une épaisse brume, les navires des survivants s'éloignaient sans qu'aucun cœur ne soit à la fête. Sur l'île Framboise, les massacres continueraient jusqu'à l'aube et le génocide emprunt de viols et de meurtres de la population locale qui connaîtrait dans neuf mois le rappel cruel de cette nuit de désespoir et pour les années à venir.

Retourner là-bas serait héroïque et fatal pour les héros. Les Histoires cachent bien souvent des funestes moments où les alcyons n'ont que leurs larmes pour pleurer. La beauté de la guerre pervertie par les narrations se retrouvaient dans sa réalité propre et crue : souillant tout cette fête qui hurlait à la vie et à l'espoir.

La flotte des miraculés pouvait s'assurer un peu de tranquillité dans la souffrance d'être ceux qui survivent et qui ont laissé un proche, un père, un fils ou un ami sur l'île. Nami intensifia le brouillard qu'elle avait déjà créé. Les militaires n'avaient pas anticipé la capture de leurs bateaux ni une chasse en pleine mer. Les nouvelles forces n'avaient pas anticipé ce coup d'éclat de révolte. Le nouveau gouvernement ne laisserait pas un tel acte impuni longtemps.

Sur le pont de l'embarcation, Zoro vit rapidement que Nami et Robin étaient mal à l'aise. Elles se jetaient des coups d'œil ennuyé. Elles lui dirent de l'accompagner.

─ Qu'est-ce qu'il y a ?

─ On a dû l'assommer. Je suis désolé, Zoro.

Contre la rambarde d'un pilier du bateau, Elizabeth ne bougeait plus. Ligotée et évanouie, elle avait les mains totalement liées. Zoro se doutait de ce qui était arrivé. Il n'éprouva aucune colère. Il connaissait ses amis.

Nami qui n'arrivait plus à comprendre l'escrimeur expliqua pour tenter de s'excuser craignant qu'il ne soit d'accord avec la prostituée et ne lui donne tort.
─ Elle voulait rejoindre l'île d'Iliade. C'est trop tard. On ne peut pas s'y rendre. Pas avec tous ses survivants.
─ Je sais, grogna Zoro.

Il serra les poings. Nami et Robin avaient fait exactement ce qu'il fallait. La prostituée n'aurait aucune chance de survie seule sur les mers et il ne pouvait pas mettre les innocents des navires en jeu pour une île qui devait déjà rassembler à celle qu'ils étaient en train de quitter.

La main de Trafalgar se posa sur l'épaule de l'épéiste. Il s'était déjà couvert. Une fois éloigné de l'île framboise et son microclimat, l'hiver revenait cinglant et cruel.

« ─ Barthelemy va s'en sortir. Tu devrais te sécher.
─ … Toi … »

Les yeux sombres du sabreur vrillèrent. Alourdis par l'eau salée, ses cheveux hirsutes pendaient misérablement autour de son visage émincé. Le drap le dévoilait davantage qu'il ne le couvrait et au travers de ce tissu transparent des marques et des plaies étaient visibles pour les observateurs rigoureux. Peu l'étaient, heureusement, à l'instant.

D'un coup sec, le poing droit de Zoro attrapa le haut du chirurgien avec violence. Il abattit son poing gauche sur le visage. Law refusa de se laisser faire attisé au contraire par l'effroyable culpabilité de ne pouvoir retourner sauver les hommes dont les cris d'agonie semblaient encore percer la nuit – une simple impression, ils n'étaient plus audibles depuis longtemps ou plus personne n'avait à crier. Trafalgar stoppa le coup avec une facilité déconcertante et frappa à son tour. Le corps-à-corps débuta avec ulcéré par les frustrations et douleurs accumulées des souffrances et des pertes de cette nuit et par la connaissance parfaite de l'autre. Trafalgar pouvait anticiper la plupart des coups de l'escrimeur, avantage obtenu à force de soufflets reçus par ce dernier.

Les survivants les regardaient sans comprendre la raison de ce conflit. Ils essayaient d'en déchiffrer la raison entre les différentes insultes qu'ils s'échangeaient autant en langue mondiale qu'en celles des océans des délices.

─ Tu me dois une explication, gueula Zoro.

Nami manqua de s'étouffer sous l'indignation de tels propos dans la bouche de l'escrimeur : il ne voulait s'expliquer avec personne mais le réclamer à son homologue ?

A contre-cœur, elle se rangeait toutefois de son avis. Trafalgar devait leurs expliquer depuis quand et pourquoi il parlait autant la langue des délices que la langue rebelle issue de ce coin de pays. Cette langue qui avait conduit à la mort de Luffy. Il était présent le jour où Robin avait décrypté le message. Ce jour-là, Robin et Nami étaient certaines d'une chose : Trafalgar n'en était pas bilingue.

─ Calmez-vous, ordonna Robin dans la confusion.

Elle et Nami se regardèrent et d'un commun accord, elles les séparèrent. Zoro réalisa impavide qu'il venait de perde. Tel un mauvais enfant, il cesse de se battre mais continua à incendié du regard l'autre homme qui répondait par un léger sourire ironique.

Ne relevant pas leurs attitudes enfantines, Robin détacha Elizabeth et ils se rendirent dans la cabine privée du capitaine. Ce dernier s'y trouvait encore, enfin ce qu'il en restait après avoir après avoir eu la gorge vérolée tranchée. Il ne donnerait plus beaucoup d'ordres.

Sanji et Pom, malgré des blessures importantes pour le premier, moins pour le second, s'y trouvaient également.

Ressassant sa hargne dans son esprit, l'habituel calme et sage Zoro rongeait son frein envers son camarade d'un naturel plus bavard.

Ils furent à peine dans la pièce qu'il gueula. Il ne fit guère attention que tout le monde prêtait l'oreille à chacun de ses mots, reprenant un duel, verbal cette-fois.

─ Sale parjure !
─ T'es ridicule de te mettre dans cet état.
─ Tu m'a trahi ! Qu'est-ce que tu me caches, Trafalgar ?
─ On est de la résistance.

Ce fut Pom qui parla malgré les yeux d'Elizabeth lui ordonnant le silence. Elle soupira : n'apprendrait-il jamais à se taire ? Pom baissa honteusement de la tête. Il savait parfaitement ce qu'ils étaient et pourquoi avec Elizabeth ils étaient sur l'île pastèque ce jour-là.

Il regrettait d'avoir dissimulé de nombreuses informations à Zoro au travers des années. Il lisait l'incompréhension dans les yeux de l'homme : comment lui en vouloir ? Zoro s'était ouvert à eux, il avait pleuré dans leurs bras, avait ouvert son cœur et avait tenté de se reconstruire. Ils le dupaient tout du long. Gabrielle avait ordonné de ne rien dire et Gabrielle avait mot sur tout. Barthelemy était par ailleurs en accord avec elle. Ils ne voulaient pas que Iris se mêle à cette révolution.

Barthelemy était au courant par Trafalgar qu'une alliance était montée par Sanji avec les anciens pirates pour parvenir à vaincre les nouvelles forces. Les rebelles refusaient de les inviter avec eux : Sanji et les siens voulaient frapper de front, faire une guerre, où il y aurait des victimes. Eux espéraient vaincre de l'intérieur n'hésitant à user de manœuvres fourbes s'il le fallait. Leur but identique avait des méthodes ne pouvant se retrouver.

─ Satori aussi. Il est des nôtres, indiqua Law
─ Je t'assure qu'on n'était pas au courant qu'il savait que Robin était retenu par Ohm. Il ne devait pas le savoir. Il ne nous a rien dit quand on échangé avec lui, se justifia rapidement Elizabeth, on ne savait sur ça que ce qu'on t'a dit.

Ce prénom provoqua une analepse cruelle dans le cœur de l'escrimeur qui recula d'un pas. Les mots de Satori prononcés avec mépris dans son oreille revinrent à la mémoire de Zoro et prirent du sens. Il déglutit. Il sentait ses mains sur lui et à cet instant précis, Zoro senti sa gorge se serrer comme poussé du haut d'un pont alors que Trafalgar enchainait.

─ J'espère que t'avoir délivré ne grillera pas sa couverture.
─ Hh ….
─ Il est capital pour le plan des rebelles.
─ Oui, confirma Elizabeth, il prend beaucoup de risques pour la liberté.
─ C'est un vrai héros, trancha Pom.
─ Il doit chercher la rédemption après ce qu'il a fait à skypiea, tempéra Law.
─ hh.

Zoro regarda les yeux admiratifs de Pom. Se doutait-il un instant ce que son idole avait pu faire ? Impossible. Il ne parlerait pas ainsi de lui s'il savait. Pourtant il avait bien vu le sang au travers de son haut.

─ On est désolé s'il n'a pas pu t'aider quand tu as été blessé, Zoro, il ne devait pas pouvoir le faire.
─ Hm, coupa brutalement Robin, Satori était seul avec Zoro. Zoro, c'est lui qui t'a blessé …
─ Nn.. non ….

Il sembla enfin sortir de sa torpeur. Zoro dégluti intérieurement. Il essaya de se calmer, il ne pouvait pas leurs dire. Il ne pouvait pas dire ce que l'homme du ciel avait fait. S'il était vraiment un allié et qu'il en faisait un ennemi, il pourrait mettre en danger la rébellion. Qui sait ce que pourrait faire Satori ? Il fixa Trafalgar avec haine. Ce bâtard n'était qu'un micheton qu'il aurait du noyer dès son arrivée à l'île d'Iliade.

« ─ Zoro, qui t'a blessé ? » questionna Nami soudainement aussi suspicieuse que son amie. Il fallait pas la prendre pour une buse, un élément continuait à ne pas coller dans cette histoire. Si effectivement Satori avait libéré Zoro, pourquoi Zoro avait-il eu l'air aussi dévasté et sur la défensive ?

L'escrimeur se senti acculé. Au lieu de répondre ou de réagir à Sanji qui essayait tant bien que mal de parler depuis les débuts des échanges, il se retourna vers Trafalgar. Il était la cible de choix : ni une femme, ni sensible, ni blessé. Il lui fallait un punching-ball.

─ Tu bosses pour les nouvelles forces, les résistants et cette vendetta, comment est-ce que quelqu'un peu te faire confiance ? Toutes les gamelles sont bonnes pour les chiens !
─ Je ne rentrerai pas dans ton jeu, grogna Trafalgar
─ Quel jeu ? Tu aurais peut-être du me prévenir que ça en était un ? Au lieu de m'envoyer au charbon sur l'île, t'aurais pu te mouiller le cul et t'y rendre ! Visiblement, tu y avais tes potes !
─ Eh ! glapit Pom.

Sanji s'était redressé, boîtant, venant s'adosser au bureau. D'ordinaire, Oh Grands Dieux des Océans, qu'il les aurait frappé mais il tenait à peine debout. Nami vint près de lui inquiète, mais il lui fit signe de ne pas s'en mêler. Il essayait de comprendre. Plus il comprenait, plus la clope était consommée rapidement entre ses lèvres livides :

Trafalgar et Zoro se foutaient bien de sa gueule. Voilà ce qu'ils retenaient ! Ca faisait plus de quatre ans qu'il avait retrouvé Trafalgar. PLUS DE QUATRE ANS ? Depuis combien de temps dans cette durée, Trafalgar savait-il où était planqué Zoro ?

L'échange virulent entre l'escrimeur et le chirurgien fut finalement arrêté par deux mains éclosant dans leur dos et venant se placer sur leurs bouches. Les doigts serrèrent leurs joues et leurs firent tourner la tête en direction de l'homme blond. A cet instant précis, Sanji morcelé de partout était également parcouru de toute sa superbe. Calme, posé et en même temps tendue et effrayant.

Les deux bruns eurent le même frisson d'inquiétude.

Le blond fixa Law un long moment, avant de finalement demander d'une voix particulièrement douce, presque en minaudant :

─ Est-ce que tu savais qu'on allait se faire attaquer en venant ici ?
─ Bien sûr que non, j'ai prévenu leur chef de ne pas envoyer quelqu'un. Que vous vous en occupiez.
─ Le message a du arriver après notre départ, souffla Pom
─ Ou le patron a fait exprès de nous envoyer, hésita Elizabeth qui avait enfin été détaché.
─ Donc, tu informes la résistance de ce qu'on fait ?
─ Et je vous informe de ce qu'ils font. Donnant-donnant.
─ Né.
─ Sanji, on est en guerre contre le même ennemi.
─ Pour qui bosse Barthelemy ?

Pom, Elizabeth et Trafalgar ne pensèrent pas utile de préciser que si Barthelemy gérait les hommes et le bordel, c'était en réalité Gabrielle qui était la véritable responsable des manœuvres. Ils se regardèrent. Le chef d'Elizabeth, ils le connaissaient tous.

─ Tu le sais bien, soupira Law, quelqu'un qui veut autant que vous que ce gouvernement cesse et qui a les mêmes raisons de le haïr.
─ Mais qui nous garde dans le flou et ne nous informe pas ? cracha Zoro
─ Barthelemy l'a fait pour toi, Zoro, s'agaça Trafalgar, tu crois qu'on a apprécié de mentir ? Que j'ai apprécié de le faire ?
─ Pour moi ? Pardon ?

Le sang vibrait dans les veines de Zoro. Il n'arrivait pas à le croire. Ca percutait enfin dans son cerveau ! Trafalgar ne venait pas régulièrement pour les voir ou pour les marchandises plutôt rares si ce n'est en alcool et en filles à l'Iliade. Il ne venait pas pour lui.

Il venait renseigner Barthelemy ! Ils étaient des putains de rebelles. Cette planque que cherchaient les hommes qu'il avait attaqué et qu'Elizabeth et Pom avaient tué, c'était celle de Barthelemy. La raison pour laquelle l'île Framboise était attaquée c'était …

─ Qu'est-ce qu'on faisait chaque année quand on se rendait à la fête des framboises, Pom ?
─ Je …
─ PUTAIN. Vous pouvez répondre à mes questions ! RIEN qu'une fois. UNE SEULE.
─ On échangeait des informations avec d'autres rebelles.

Le gout était amer dans sa bouche. Sanji, Nami, Usopp et Robin essayaient aussi de comprendre. D'un côté, ils en apprenaient davantage sur ce qu'avait fait Zoro ces dernières années : il semblait s'être affilié à un certain Barthelemy, sans doute comme homme de main pensa ceux qui ne savaient pas. C'est-à-dire uniquement Sanji désormais. Trafalgar regarda la nervi Elizabeth qui bougea les lèvres silencieusement.

─ Zoro, on peut en parler ensemble après, stoppa-t-il, Elizabeth, Pom, toi et moi. En privé. Il faut qu'on parle.
─ Non. Ne m'adressez plus la parole.
─ Non, répondit Sanji en même temps, vous allez cesser vos petits secrets !

Décidément ! Tout le monde se dissimulait tout. Ce n'était pas si surprenant. Les nouvelles forces étaient aussi nées du secret et c'est par le mensonge que chacun contrôlait l'autre. L'annonce de la mort de Kaido précédant l'attaque des îles fruitées n'avaient été qu'un piège pour capture les derniers empereurs en vie, les équipages rebelles, Luffy et massacrer l'ensemble de ces personnes.

On frappa à la porte. Sanji ordonna froidement le silence. Il devait s'entretenir avec Mihawk et Sabo également. Les deux hommes étaient dans l'équipage marchand de Trafalgar. Étaient-ils aussi au courant de cette mascarade ?

Savaient-ils que Zoro était en vie ?


Je me demande si je n'écris pas « trop vite ». Je veux dire. Je fais beaucoup de chapitres, très rapidement, et je me dis que c'est peut-être une raison qui explique l'absence de messages. Car personne n'a le temps de me lire et que ça répute les nouveaux lecteurs. Genre « Ouloulou. Trop de mots. » Après, le problème, c'est que si j'écris pas souvent, et que je remets à plus tard, je vais oublier. Là, j'étais à un rythme de tous les quatre jours. Je devrais peut-être passer par une fois par semaine ? Ce serait plus simple ? Avec un jour fixe par exemple ?