Bonjour !
Un vent frais souffle enfin sur le Québec ! Voici donc le chapitre 11 ! Bonne lecture !
Essoufflée d'avoir couru comme une déchaînée dans les couloirs de l'école, d'avoir dévalé les escaliers par paliers, Mellye reprit son souffle dans une rue de Death City. Puis, elle se mit à la recherche de l'adresse sur le bout de papier. Après une bonne demi-heure à errer dans la ville, elle trouva enfin son appartement. Depuis le temps qu'elle cherchait son adresse, il devait certainement avoir eu le temps de se rendre à son domicile. Elle cogna à la porte. Aucune réponse.
Combien je parie qu'il porte encore ses écouteurs, pensa-t-elle.
Mellye tenta d'ouvrir sa porte, mais sans succès. Elle était verrouillée.
— Vous êtes pressée de célébrer votre mariage? dit une voix derrière elle.
Mellye se retourna et lança un regard noir au Death Scythe.
— Je vois. Vous êtes insensible à l'humour.
— C'était de l'humour? répliqua-t-elle avec sarcasme.
Justin ne fit pas attention à la remarque et ouvrit la porte. L'intérieur était plutôt petit et sombre. Les quelques décorations étaient des croix à l'effigie du Dieu de la Mort. La demeure disposait du strict nécessaire, sans plus. Toutefois, il ne lésinait pas sur la chaîne stéréo du salon.
— Bienvenue.
— Yééé… Commençons qu'on en finisse, soupira-t-elle.
— Tout d'abord, j'aimerais avoir mes excuses s'il vous plaît, mademoiselle.
Mellye soupira à nouveau. Elle s'était attendue à ce moment et elle voulait le retarder le plus possible.
— Je n'ai eu des excuses que pour ton comportement à l'église, pas pour la mission., se défenda-t-elle.
Justin leva un doigt pour l'arrêter.
— Te! Te! Te! Vous avez dit : je ferai n'importe quoi.
— Tu as profité de la situation. Rien de plus.
Il la toisa du regard en silence. Elle affronta ses yeux bleus. Ce maudit regard impassible qui l'irritait royalement. Mellye grogna et se résigna à mettre son orgueil de côté une fois de plus.
— D'accord, c'est bon! Je… Je m'excuse pour avoir tenté d'enlever tes écouteurs l'autre jour. Je… j'étais à peine arrivée et j'étais un peu sur les nerfs. Donc quand tu m'as surprise, j'ai… j'ai été perturbée et j'ai fait la seule chose qui m'est venue en tête. Désolée… j'ai eu ma leçon, je ne le referai plus.
— J'accepte vos excuses, vous avez mon pardon mademoiselle, dit-il visiblement heureux des excuses qu'elle venait de prononcer.
— Arrête de me vouvoyer, j'ai l'air d'une grand-mère?
— D'accord, mademoiselle.
— Arrête de m'appeler « mademoiselle ». J'ai un prénom! ajouta-t-elle irritée.
Justin fut pris de court. Puis, il lui fit un signe de tête en signe de précision. Complètement atterrée, Mellye ferma les yeux et poussa un long soupir. Pendant tout ce temps, il ignorait son prénom. Quoiqu'avec le recul, ça ne la surprenait plus. Elle pouvait s'attendre à n'importe quoi avec lui.
— Mellye. Pas de « mademoiselle », « milady » ou d'autres titres et surnoms débiles. Juste Mellye, dit-elle exaspérée.
Justin sourit légèrement. Puis, ils s'installèrent sur le sofa. Mellye noua ses cheveux et sortit son matériel de cirage et un chiffon qu'elle traînait toujours sur elle. À la vue de la lame sur son avant-bras droit, Mellye tenta de réprimer sa surprise du mieux qu'elle put. Elle comprit pourquoi il avait plaqué son bras sous sa gorge à l'église. S'il avait décidé de passer à l'attaque, elle n'aurait pas été certaine de s'en sortir indemne.
— Transforme-toi totalement au moins! Ce sera plus facile pour moi.
Justin secoua la tête.
— Je n'ai pas assez de place et ce n'est pas assez haut.
Sceptique, Mellye le regarda. Quel type d'armes était-il pour que ça prenne autant de place? Il ne pouvait pas avoir battu un golem avec une telle lame. Et elle était tellement en colère que la question lui avait sortie de la tête à ce moment.
— Mais qu'est-ce que tu es? Ça ne peut pas être si encombrant.
— Une guillotine.
Même la réponse ne l'avait pas convaincue. Ça devait être encore son humour qu'elle ne comprenait pas.
— De quoi? Non, non, non, c'est impossible. Ta lame n'est pas celle d'une guillotine. Je le sais, nous en avons une chez moi. Si tu étais une guillotine avec une lame pareille, tu t'y prendrais assurément par deux ou même trois fois pour décapiter ton adversaire. Ça ferait une véritable boucherie.
— Je ne mens jamais.
Voyant qu'il était véritablement sérieux, Mellye fut stupéfiée.
— Sérieusement? T'es vraiment une guillotine? répondit-elle sans cacher sa surprise. Et tu décapites — pardonne-moi le mauvais jeu mot — en un seul « cou » avec ça?
Justin sourit au jeu de mots et acquiesça fièrement. Toujours sous l'effet de la surprise, elle s'attarda à regarder la lame sous tous ses angles.
Une guillotine! C'est une guillotine! se répétait-t-elle inlassablement dans son for intérieur.
C'était une arme prestigieuse. Des gens célèbres de partout à travers le monde y étaient passés. Elle trouvait plutôt ironique de cirer une arme qui décapitait des gens, alors que sa propre mère était morte de la même manière. Elle réprima un frisson alors qu'elle examinait sa lame. La décapitation… Le seul moyen de tuer un ange ou un démon. Même les plus courageux et les plus féroces d'entre eux tremblaient de peur devant cette arme puisque la malheureuse victime se faisait raccourcir d'une tête.
Ne voulant pas prendre le risque de tacher ses vêtements et de devoir ajouter le lavage à sa liste de tâche, elle releva la manche de son bras et commença son travail en silence. Seul le bruit assourdissant des écouteurs l'accompagnait.
— Houlà! dit le Death Scythe alors qu'elle débuta par de minuscules ronds, ce qui lui prendrait une éternité pour cirer la lame.
Agacée, Mellye s'arrêta net et regarda Justin.
— Tu veux que ta lame soit brillante ou pas?
Justin se mura dans le silence pour la réponse.
— Alors, laisse-moi faire, ajouta-t-elle avec une moue.
— Tu ne sembles pas heureuse d'être à Death City, demanda-t-il après quelques instants de silence.
— Ce n'est pas comme si j'avais le choix d'être ici, répliqua-t-elle. Et puis, au moins j'ai la paix, ajouta-t-elle pour elle-même à voix basse.
— C'est si pire que ça chez toi?
Elle regretta d'avoir parlé plutôt que de l'avoir pensé. Il avait entendu ou plutôt lu sur les lèvres. Mellye s'arrêta de cirer. Il avait touché un point faible. Elle n'osa pas regarder le Death Scythe.
— Change de sujet, sinon je pars.
Elle était prête à s'en aller s'il continuait à aller dans cette voie. Elle n'aurait eu aucun remords à ne pas tenir son engagement. Le Death Scythe s'excusa et garda le silence. Seul le bruit des écouteurs se faisait entendre. Mellye contenait sa migraine. Seules quelques bribes de prières parvenaient jusqu'à elle.
Après un bon quart d'heure, il lui demanda comment avait-elle connu Excalibur. Mellye avait eu un rire amer et lui raconta l'histoire, ce qui arracha un petit sourire à Justin. Elle demanda alors comment il avait fait pour se débarrasser de lui. Ce dernier lui avait répondu qu'Excalibur était parti de lui-même alors qu'il lui avait dit qu'il ne pouvait pas lire sur ses lèvres. Il l'avait ensuite recroisé avec un autre étudiant qui semblait impatient d'assister à sa séance de lecture avec l'élite de Shibusen. Il avait alors ratissé les classes afin de la trouver.
— Il a bien dû me traiter d'imbécile je ne sais combien de fois.
Mellye eut un léger rire. Le Death Scythe la regarda et sourit à son tour.
— D'où vient ce nom?
— Hmm? dit-elle en levant la tête.
— Petit Prieur. Personne ne dit ça.
— On dit ça chez moi. En fait, on dit « Prieur ». Mais puisque tu es jeune, j'ai dit « Petit Prieur » au lieu de « Jeune Prieur » et c'est resté, expliqua-t-elle en reportant son attention sur la lame.
— Je suis quand même un peu plus grand que toi.
— Je peux aussi t'appeler blondinet, si tu préfères…, se moqua-t-elle.
— Fais-le, si tu préfères mourir décapitée.
Encore son humour étrange… Mellye garda le silence et frissonna à la seule pensée d'être décapitée. Puis, l'image de la tête de sa mère à ses pieds lui revint en tête un instant.
— Si ça te dérange, je peux cesser de t'appeler « Petit Prieur », dit-elle au bout d'un moment.
— Non, c'est bon. Ça m'a surpris la première fois, mais je m'y suis habitué. Tu sais, toi aussi tu peux m'appeler par mon prénom.
De temps à autre, le Death Scythe fredonnait quelques passages de sa chanson qui jouait en boucle. Elle termina sa tâche juste à temps, car la chanson qui jouait en boucle commençait à l'irriter.
— Et voilà! s'exclama-t-elle lorsqu'elle eut terminé.
La lame brillait. L'air ravi, le Death Scythe l'inspecta et la remercia.
— Tu vas pouvoir faire mes autres lames maintenant! dit-il en faisant apparaître une lame enchaînée qui remplaça sa main gauche.
— Plaît-il?
— Tu n'avais qu'à préciser tes intentions. De toute façon, je t'ai sauvé deux fois!
Mellye râla et changea de place avec Justin.
Merci à tous ! Le prochain chapitre suivra bientôt !
