Bonsoir tout le monde

premier texte du calendrier.

C'est la première partie d'un OS long qui sera posté en 3x.

Bonne lecture

KitsuneA


Titre : Glitter boy

Auteure : Sloe Balm

Fandom : Teen Wolf

Pairing : Sterek - Stiles x Derek

Genre : Univers alternatif, Fluff

Merci à Ptit Bou, alias Trotop, et à Neliia pour la bêta-lecture de cette histoire.

Note :

Publié dans le cadre d'un Calendrier de l'avent participatif, proposé par Kitsune Aquatik.

Sous-thème imposé : "des paillettes dans ta vie".

Une publication cadeau pour UnderMemory en ce 1er décembre : joyeux anniversaire !

Résumé : [OS - Sterek, UA, Fluff] Stiles est maître d'école à la maternelle, en moyenne section. Parmi les enfants de sa classe se trouve le petit Caleb Hale, timide et renfermé, pour lequel il ne peut s'empêcher de s'inquiéter. Soucieux de son bien être, il entreprend de rencontrer ses parents. [Calendrier de l'avent participatif]

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Glitter boy

Le garçon paillette

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Partie 1

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Stiles soupira en entendant encore les enfants se chamailler. C'était toujours le même petit groupe de garçons qui faisait du zèle dans sa classe. La rentrée avait commencé depuis trois mois, et c'était déjà bien suffisant pour qu'il connaisse chacune des personnalités de ses élèves de moyenne section.

C'était un niveau dont il s'occupait pour la deuxième année consécutive dans cette école de Beacon Hills. Il aimait être avec les enfants de quatre ans, car il trouvait que le développement et la sociabilité à cet âge étaient particulièrement intéressants. Les enfants gagnaient progressivement en autonomie, apprenaient les règles de la vie collective : respecter le temps de parole des uns et des autres, s'adapter aux contraintes et au travail en classe. Certes, le langage oral était privilégié, mais c'était aussi l'année où les petits commençaient à identifier l'alphabet, à se sensibiliser aux lettres. Ce que Stiles préférait le plus, c'était le développement de la fibre artistique et manuelle des enfants pour s'exprimer. Les maternelles utilisaient le dessin, les chansons, les arts créatifs, le jeu, pour formuler leurs idées et c'était quelque chose de très stimulant. Il adorait observer les mécanismes d'expression et contribuer à leur développement tout au long de l'année.

Nous étions fin novembre, et durant les trois mois de cours écoulés, il avait eu largement le temps de se familiariser avec ses élèves. Il avait pu identifier par exemple ceux timides, ceux bavards, et ceux qui faisaient toujours des bêtises...

"Les paillettes, c'est pour les filles !" cria un petit garçon blond aux cheveux bouclés.

Il était assis à une table avec quatre autres élèves et s'adressait à son voisin. La petite tête brune à côté de lui baissa les yeux pour regarder ses chaussures.

"Non, c'est pas vrai." gémit ce dernier, doucement.

"Si !" s'exclama vivement le premier garçon.

Le brun releva le menton et fixa son camarade en secouant violemment la tête de droite à gauche. Il portait un pull sur lequel il y avait un poisson brodé en sequin. Les paillettes étaient bleues, violettes et rouges et brillaient joliment sur son petit torse.

Le blondinet le fixa en plissant les yeux et le montra du doigt violemment.

"Alors c'est que t'es une fille !" cria-t-il à nouveau et les deux autres garçons autour d'eux se mirent à rigoler.

Le petit brun baissa à nouveau la tête et se mit à pleurnicher. Ses menottes se pressèrent contre ses yeux en larmes, et il resta ainsi, dans sa tristesse.

Stiles fronça les sourcils en voyant le petit Caleb Hale dans son désarroi et se dirigea vers le groupe d'enfants.

"Les garçons, qu'est-ce qu'il se passe ?" demanda-t-il d'un ton doux mais ferme. Il s'accroupit devant le petit bonhomme de quatre ans qui pleurait et posa sa main sur son épaule. "Caleb, qu'est-ce qu'il y a ?"

Le garçonnet ravala doucement ses pleurs et retira les mains de son visage baigné de larmes. La vision brisa le cœur de Stiles.

"Je-je-..." hoqueta le garçon doucement. "J'suis pas une fi-fille." répondit-il, essayant de rester brave malgré tout.

Stiles fronça les sourcils.

"Quelqu'un a dit que tu étais une fille ?" demanda-t-il, ne comprenant pas trop où l'enfant voulait en venir.

Caleb pointa du doigt son camarade de classe qui regarda aussitôt son maître avec de grands yeux ouverts, ayant peur de se faire gronder.

Stiles haussa les sourcils et ses prunelles se plantèrent dans celle du petit blondinet.

"Elliot, pourquoi tu as dit que Caleb était une fille ?" demanda-t-il doucement, tentant de comprendre le pourquoi de la chamaillerie.

Le garçon ne souhaitait visiblement pas répondre et retourna à son coloriage, l'air de rien. Stiles soupira. Ce genre de scènes se passait tous les jours avec les enfants. Des fois, il arrivait à apaiser les choses, des fois non.

Caleb posa un doigt sur le poisson présent en plein milieu de son pull pour le montrer à son maître. Son petit index caressa l'animal et les morceaux de sequin bougèrent un peu pour se retourner et changer de couleur.

"C'est les paillettes…" confia-t-il doucement. Ses prunelles vert pâle se plongèrent dans celles couleur whisky de l'adulte face à lui. "Il dit que les paillettes, bah... c'est pour les filles." Son visage fit une moue toute tristounette et Stiles ne put s'empêcher de le prendre dans ses bras pour lui faire un câlin durant quelques secondes.

"Tu sais Caleb, moi aussi j'aime beaucoup les paillettes. Et ce n'est pas que pour les filles, ce n'est pas vrai."

Le petit garçon ouvrit grands les yeux et cligna plusieurs fois des paupières.

"C'est vrai ?" demanda-t-il timidement.

Stiles hocha la tête. Il posa sa main sur les cheveux couleur ébène du garçon et les ébouriffa gentiment. Le petit se mit à sourire.

Caleb était un petit garçon sage et attachant mais très réservé. Il restait toujours en retrait dans la classe et ce n'était pas la première fois que Stiles le voyait être victime des autres enfants. Les plus turbulents s'en prenaient un peu trop souvent à lui. La plupart du temps, il ne s'agissait que de broutilles évidemment… Mais le jeune homme se mordit la lèvre, un brin préoccupé. Il s'inquiétait pour Caleb, ayant peur que le petit ne se renferme progressivement sur lui-même. Depuis trois mois, il le voyait de plus en plus jouer seul et ne pas vouloir se mêler aux autres, en dehors des activités collectives. Cependant, c'était la première fois qu'il le voyait ainsi pleurer après avoir été brimé par d'autres enfants. Il fallait qu'il fasse quelque chose.

Il se releva et se dirigea vers Allison, qui était avec un autre groupe d'enfants à l'autre bout de la pièce. La jeune femme était une des assistantes de l'école maternelle et l'aidait à gérer la classe plusieurs heures par jour. Sa présence était précieuse. Au quotidien, elle s'occupait d'aider les enfants à s'habiller, les emmenait en récréation ou aux toilettes. Stiles adorait l'avoir dans sa classe car Allison était force de propositions et pleine de bonnes idées. Par-dessus tout, elle était devenue son amie et il n'était pas rare qu'ils se voient en dehors du travail.

"Allison, tu peux venir deux minutes ?"

"Un souci ?" demanda-t-elle doucement.

Stiles grimaça et lui fit signe de venir. Ils se reculèrent de quelques mètres pour se tenir à l'écart des oreilles des enfants, parfois bien curieux.

"Est-ce que tu as déjà vu les parents de Caleb ? Je crois que je vais demander à les rencontrer…" soupira-t-il, un peu incertain.

La jeune femme sembla réfléchir quelques instants puis secoua la tête.

"Hm, j'ai déjà aperçu son père quelques fois, mais je ne lui ai jamais parlé. Il a pleuré, c'est ça ? J'ai vu de loin que tu le réconfortais."

Le jeune homme acquiesça et croisa les bras contre son torse.

"Je le trouve souvent tristounet en ce moment. Je voudrais juste m'assurer que tout va bien chez lui."

La jeune femme hocha la tête, visiblement d'accord avec cette idée.

"Je pense que ce serait bien. Il me fait de la peine parfois... être si renfermé sur lui-même, à son âge..."

Elle esquissa un petit sourire triste et Stiles soupira. À la récréation, il prendrait un peu de temps pour tenter de joindre par téléphone la famille de son élève.

xxx

Il était 10h lorsque Stiles se retrouva seul dans la classe. Allison avait emmené les enfants en récréation et il allait pouvoir profiter d'un quart d'heure de calme pour faire quelques rapides éléments administratifs, dont le fameux appel téléphonique aux parents de Caleb. Il était assis à son bureau, près de l'entrée de la salle, et fouillait rapidement dans les tiroirs légèrement en bazar. Il n'était pas un pro du rangement, mais il avait tout de même un certain sens de l'organisation qui lui sauvait la mise régulièrement.

Il sortit un classeur bleu dans lequel se trouvaient les fiches des maternelles. Il demandait systématiquement aux parents d'en remplir en début d'année. Il n'avait pas accès aux informations d'inscription administratives de l'école, qui étaient confidentielles et uniquement réservées pour les urgences. Comme le faisaient souvent les enseignants, il détenait une fiche parallèle, récapitulant les informations que la famille voulait bien lui fournir en vue du déroulé pédagogique de l'année. Il s'attarda sur celle du petit Caleb Hale. Il fronça les sourcils en voyant le contact des parents. Les mentions père et mère avaient été barrées et seulement le nom 'Hale' avait été inscrit avec un numéro de téléphone portable. La profession indiquait 'architecte'. Il survola l'adresse postale qui était bien renseignée. Aucun signe particulier n'était annoté. Il haussa les épaules. Le minimum avait été rempli, là où la plupart des parents donnaient toujours trois fois trop d'informations.

Il attrapa le téléphone fixe sur le bureau et composa le numéro inscrit sur la fiche. La tonalité sonna plusieurs fois avant que quelqu'un ne décroche finalement.

"Oui ?" demanda une voix forte et masculine qui surprit Stiles.

Cela paraissait peut-être être cliché, mais la plupart du temps, lorsqu'il contactait le numéro de téléphone d'urgence, c'était la mère qui décrochait.

"Bonjour. Je suis M. Stilinski, le maître de Caleb. Vous êtes bien M. Hale, son père ?"

La voix qui répondit se déforma d'inquiétude.

"Oui, est-ce qu'il y a un problème ?" demanda l'homme précipitamment. On sentait l'empressement dans la réponse.

"Non, non. Rassurez-vous, hm... tout va bien. Je voudrais seulement m'entretenir prochainement avec vous au sujet de Caleb. Rien de grave, mais j'aurais quelques questions à vous poser, si vous êtes d'accord et disponible ?"

Le père soupira à travers le combiné.

"Oui bien sûr. Aujourd'hui, après l'école, si cela vous convient ?"

Stiles enroula le fil du téléphone entre ses doigts.

"Oui, tout à l'heure, ce serait parfait. Merci." continua Stiles doucement.

"Vous êtes sûr qu'il va bien ?" s'enquit à nouveau son père. Il avait vraiment l'air préoccupé.

"Oui, ne vous en faites pas. Nous en discuterons calmement cet après-midi, mais encore une fois, vous n'avez pas à vous inquiéter."

"Très bien. À tout à l'heure." conclut la voix grave avant de raccrocher sans plus d'attente.

Le châtain haussa les sourcils et reposa le combiné à son tour. Cela avait été expéditif, mais au moins, il avait eu son rendez-vous rapidement.

xxx

Lorsque la fin de la journée sonna pour les petits, Allison aida les moins dégourdis à passer leurs manteaux et à récupérer leurs affaires avant de les accompagner dans le hall. C'était là où les parents venaient chercher leurs enfants à l'heure de la fin des cours. Pour la première fois, il y avait Caleb qui s'étonnait de devoir rester plus longtemps, seul dans la classe.

"Papa va venir te chercher ici aujourd'hui, d'accord ? Je dois parler un peu avec lui." expliqua doucement Stiles au petit garçon.

Ce dernier acquiesça et le châtain lui proposa d'aller jouer dans l'espace jeu avec les Kapla.

Stiles s'installa sur son bureau situé près de l'entrée de la salle. Au bout de quelques instants, un homme brun arriva à l'embrasure de la porte. Il portait un jean noir ainsi qu'un pull sombre recouvert d'une veste en cuir noir. Une écharpe gris foncé était enroulée autour de son cou.

Stiles le fixa, clignant plusieurs fois des yeux avant de finalement réagir et d'aller à sa rencontre.

"Bonjour, M. Hale ?" demanda-t-il poliment, avançant jusqu'à l'homme qui paraissait tout droit sorti d'un magazine de mode. Non seulement il était beau, mais il était aussi élégamment habillé.

Ce dernier hocha la tête et tendit sa main fermement.

"Oui, bonjour."

Stiles attrapa la main légèrement fraîche et la serra, esquissant un doux sourire lorsque ses yeux se plongèrent dans ceux vert pâle face à lui. C'était la même couleur que ceux du petit Caleb. L'enfant avait des traits bien plus ronds que son père, mais il lui ressemblait tout de même beaucoup.

"Enchanté, je suis donc le maître de Caleb, Stiles Stilinski. Entrez, je vous en prie."

Leurs mains se lâchèrent doucement et le maître d'école invita le père à entrer dans la salle. Ils s'avancèrent de quelques mètres dans l'espace et le brun scruta la classe attentivement, qu'il découvrait pour la première fois.

Elle était joliment colorée. Il y avait quatre petites tables, toutes colorées, entourées chacunes de sièges à hauteur d'enfants. Sur le côté, sous les fenêtres, il y avait une petite bibliothèque de livres jeunesse, elle aussi adaptée à la taille des maternelles. En face, contre le mur, il y avait deux grandes armoires métalliques. Une était fermée et l'autre, entrouverte, laissait apercevoir du matériel en tout genre. Enfin, au fond de la salle, droit devant eux, il y avait un coin jeu. Le sol y était recouvert d'un grand tapis en forme de puzzle coloré et de quelques coussins et poufs. Il imaginait aisément la classe de vingt élèves tenir dessus. Il y vit son fils, assis, jambes repliées sous lui, en train d'empiler quelques Kapla. Le petit avait l'air sage et concentré sur sa tâche. La vision lui arracha un fin sourire.

Les deux adultes s'avancèrent davantage dans la pièce et le petit garçon releva la tête pour la tourner vers eux. Il aperçut son père et son sourire s'étira automatiquement. Il lâcha le morceau de bois qu'il tenait dans sa main, se redressa et se mit à courir vers lui.

"Papaaa !" cria-t-il, alors que ses petits pas le guidaient jusqu'aux jambes de son père.

Ce dernier s'abaissa automatiquement et lui fit un câlin.

"Hey Cal'." souffla-t-il doucement. Il embrassa l'enfant sur le front, qui se nicha dans son cou, ne semblant pas vouloir le lâcher.

"Tu m'as manqué papa." chouina le garçon contre son écharpe, d'une voix calme.

L'homme esquissa un fin sourire et enroula son bras autour du petit corps pour le soulever, le portant dans ses bras.

Caleb releva la tête et fixa son maître devant eux. Il était tout heureux d'être dans les bras de son père.

"Tu as passé une bonne journée ?" lui demanda ce dernier, doucement, et l'enfant fit la moue en baissant la tête. Il replongea dans le cou de son père, fuyant la conversation.

L'homme brun regarda Stiles et celui-ci se mordit la lèvre en faisant un geste vague de la main. Le père comprit tout de suite pourquoi il était là. Quelque chose avait dû se passer dans la journée, quelque chose dont ils devaient discuter.

"Caleb ?" appela doucement le maître d'école. L'enfant sortit à nouveau sa tête du cou de son père pour fixer de ses grands yeux ronds son instituteur. "Je voudrais discuter un peu avec ton papa. Est-ce que tu veux bien aller jouer en attendant ?" demanda Stiles en lui souriant.

Le petit hocha la tête, visiblement d'accord avec cette idée.

Son père le posa par terre et l'enfant courut instantanément pour retourner vers la pile de Kapla à plusieurs mètres de là.

Stiles fixa à nouveau l'homme en face de lui et l'invita à venir s'installer sur un des bancs en tissu, non loin de là.

"Je vous en prie, mettez-vous à l'aise." indiqua-t-il.

Le jeune père s'assit et retira sa veste en cuir et son écharpe, qu'il déposa à ses côtés.

Le maître s'installa sur une chaise en face de lui. Il préférait cette configuration plutôt que d'être assis à son bureau. Il trouvait cela moins formel pour discuter et mettre en confiance les parents. D'une manière générale, Stiles Stilinski n'était pas vraiment quelqu'un qui appréciait spécialement les étiquettes.

"M. Stilinski, -" commença le brun.

"Appelez-moi Stiles." coupa doucement le concerné.

L'homme brun esquissa un léger sourire entendu.

"Stiles." reprit-il. "Est-ce quelque chose s'est passé aujourd'hui ?" demanda-t-il rapidement. Il était un peu soucieux de savoir le degré de gravité de la situation et semblait vouloir aller droit au but.

Le maître leva les yeux au ciel quelques secondes, semblant chercher ses mots, puis déclara posément.

"Caleb est un petit garçon très sage. Il est d'un calme et d'une gentillesse très appréciés dans la classe." commença-t-il. "Croyez-moi, si tous les enfants étaient aussi doux et écoutaient aussi bien que lui, ma classe serait parfaite." s'exclama-t-il, un sourire radieux sur son visage.

Le père se détendit aussitôt et hocha la tête alors que le maître continuait son explication.

"En contrepartie, Caleb est un enfant qui fait preuve d'une très grande sensibilité. Et cette délicatesse est parfois mise un peu à rude épreuve dans la vie collective de la classe."

L'homme continuait de l'écouter et ses sourcils se froncèrent de manière très légère.

"Je vois." soupira-t-il. "Les autres enfants sont difficiles avec lui ?"

Stiles respira profondément et énuméra rapidement.

"Il est très timide, il ne leur parle pas beaucoup, il est un peu renfermé sur lui-même… et il aime les paillettes." lâcha-t-il un peu abruptement, repensant à l'altercation de la matinée.

Le brun fixa le maître quelques instants, clignant des yeux plusieurs fois. Il posa ses doigts sur l'arête de son nez et soupira, avant de faire un geste las de la main devant lui.

"Hm… oui… Il a une obsession pour les paillettes. Je sais." souffla-t-il, un brin désemparé.

Stiles esquissa un sourire amusé. Il se pencha légèrement en avant et confia d'un ton un peu sérieux, tel un secret.

"Et je dois dire que j'aime beaucoup ça aussi."

Derek le fixa et leurs regards furent plongés l'un dans l'autre quelques instants. Le père fronça les sourcils de manière quasi imperceptible, un peu destabilisé et intrigué. Stiles se remit droit sur son siège avant de sourire. Il leva la main en l'air d'un geste vif et désordonné et reprit avec moins de mystère.

"Ne vous en faites pas, j'ai une petite idée pour arranger les choses avec la classe. Je pense qu'il faut travailler un peu sur la confiance de Caleb, qu'il ait moins peur de s'ouvrir aux autres."

Le brun esquissa un faible sourire, soulagé par les paroles qui se voulaient réconfortantes. Le maître continua de parler.

"Les autres enfants se moquent un peu, et je voulais juste m'assurer que ça allait pour lui à la maison. Il est un peu à l'écart, il ne joue qu'avec une petite fille aussi timide que lui. Il n'y a rien de grave, mais je me demandais si… peut-être que quelque chose pouvait le tracasser ?" demanda doucement Stiles, presque à tout hasard. Il ne voulait pas être intrusif dans la vie familiale des enfants. Il savait à quel point certains parents étaient terriblement sur la défensive parfois.

Le père du petit soupira longuement et jeta un regard vers le fond de la classe. Il observa Caleb qui jouait toujours sagement. Son regard se fit un peu triste, puis il prit la parole.

"Sa mère est morte il y a deux ans et demi. Depuis, c'est difficile." déclara-t-il simplement.

Stiles se figea sur son siège alors que ses sourcils se fronçaient suite à la violence des mots qui percutaient son esprit. Il scruta le visage du brun qui restait stoïque et froid, alors que ses prunelles semblaient soudainement couvertes d'un voile triste et amer.

"Je suis désolé." murmura Stiles de la manière la plus sincère qu'il le pouvait. Le brun tourna la tête vers lui et le maître insista avec toute l'empathie dont il était capable. "Vraiment."

M. Hale hocha simplement la tête. Stiles sentit qu'il devait reprendre la parole pour adoucir la conversation et ne pas rester dans la mélancolie du moment.

"Je pense que cela explique beaucoup du caractère de Caleb, et c'est tout à fait normal qu'il soit si renfermé en ces conditions. Je pense qu'il n'y a pas de raison de s'inquiéter à outrance." déclara-t-il, désireux de vouloir rassurer ce père qui devait bien trop se faire de souci pour son fils. "J'aurais une attention toute particulière sur ce sujet sensible, si jamais nous devions l'aborder à un moment ou à autre avec lui." confia-t-il. En classe, ils avaient l'occasion de parler parfois des schémas familiaux au travers d'histoires, de comptines, d'activités quotidiennes… Ils parlaient souvent des mamans, et de savoir que le petit avait perdu la sienne était, à son sens, important. Il serait davantage vigilant aux réactions de Caleb à chaque fois qu'ils devaient s'attarder sur les relations mères-enfants.

Le jeune père hocha la tête avec gratitude, puis prit la parole.

"Je suis désolé, c'est sûrement quelque chose dont j'aurais dû vous informer en début d'année. Je me rends compte que c'est stupide de ne pas l'avoir dit, mais… Caleb n'a aucun souvenir d'elle, et aujourd'hui, il n'y a que lui et moi…" continua le père avec précipitation. Il avait l'air assez mal tout d'un coup et le maître ne souhaita pas alourdir son fardeau. Évidemment qu'avoir eu cette information avant aurait été préférable, mais il était trop tard et dire quoi que ce soit maintenant n'avait pas d'intérêt. Il leva sa main devant lui en signe d'apaisement.

"Il n'y a pas de problème. Vraiment. Je comprends et tout va bien." déclara-t-il avec calme, se voulant rassurant.

"Très bien." déclara le père simplement.

Stiles sourit à nouveau.

"Si jamais vous avez des inquiétudes sur le déroulé de l'année, n'hésitez pas à me contacter. Je suis toujours disponible pour parler de mes élèves et répondre aux interrogations." annonça-t-il, ses lèvres s'étirant à nouveau.

Il se leva et le brun fit pareil, comprenant que l'entretien était terminé. Le jeune père passa à nouveau sa veste en cuir et son écharpe pour se rhabiller puis il tourna sa tête vers le fond de la pièce. Son fils jouait toujours avec cette délicatesse qui lui était propre. Il l'appela d'une voix forte mais douce.

"Cal' ? On y va ?"

L'enfant releva sa tête et la hocha vivement. Il attrapa les morceaux de bois par terre et alla les déposer dans la boîte de rangement à côté.

Stiles esquissa un sourire en le voyant faire.

"Vous voyez, ça." indiqua-t-il en pointant du doigt le garçon en train de s'affairer. "Ranger ses jouets..., presque aucun enfant ne le fait de lui-même. Caleb est vraiment adorable." confia-t-il avec sincérité. Il était bien élevé et facile.

Le père de l'enfant esquissa un sourire en coin, ne pouvant que partager cette opinion.

Stiles tendit sa main devant lui pour lui dire au revoir.

"Monsieur Hale." salua-t-il poliment.

Le brun empoigna la main.

"Derek." reprit-il, plongeant ses pupilles dans celles ambrées face à lui.

Le sourire de Stiles se figea quelque peu, avant de s'étirer à nouveau. Leurs regards s'ancrèrent quelques secondes l'un dans l'autre et le maître baissa la tête, semblant légèrement gêné. Leurs doigts glissèrent, se séparant doucement pour rompre définitivement le contact.

Caleb arriva en courant et se jeta dans les jambes du brun. Stiles devait avouer qu'il l'avait rarement vu aussi excité. Il semblait adorer son père.

"Papaaa ! On rentre !?" s'exclama-t-il. Il trépignait littéralement d'impatience.

"Oui, c'est parti. File récupérer ton manteau." demanda-t-il alors que l'enfant partait vers l'extérieur de la salle chercher ses affaires sur les portes-manteaux prévus à cet effet.

Stiles et Derek sortirent à leur tour de la classe, s'arrêtant devant le coin vestiaire où le garçon attrapait son petit manteau blanc.

"Papa… dis, tu m'aides ?" demanda le garçon qui tenait dans sa main son vêtement. Ce dernier traînait par terre.

L'homme s'accroupit et aida son fils à enfiler son manteau, puis son écharpe et son bonnet à oreilles de lapin. Ce dernier était blanc et gris, et le pompon au sommet était plein de fils argentés brillants.

Stiles les regarda faire presque tendrement puis le père du garçon se releva.

"Tu dis au revoir ?" demanda gentiment le brun à son fils.

Le petit hocha la tête et fit un signe de la main à son maître.

"Au revoir Stiles !" s'exclama-t-il en souriant. Puis soudain, il redevint un peu sérieux. "Pardon… j'ai pleuré aujourd'hui..." minauda-t-il, comme coupable.

Il y eut un moment de silence. Stiles écarquilla les yeux et croisa le regard voilé du père dont la mâchoire se contractait. Le maître s'accroupit aussitôt à hauteur de l'enfant.

"Ce n'est rien, ça arrive à tout le monde. Elliot n'a pas été très gentil, tu sais. Pourquoi est-ce que tu t'excuses d'avoir pleuré ? Ce n'est pas mal... " Ses sourcils se fronçaient légèrement.

L'enfant se dandina légèrement et leva les yeux vers son père.

"Papa il est là..., pass'que j'ai fait une bêtise ?" demanda-t-il, incertain.

Stiles pinça ses lèvres.

"Non, tu n'as pas fait de bêtise. Tu n'as jamais fait de bêtise en classe Caleb, tu le sais n'est-ce pas ?" demanda le maître.

L'enfant hocha la tête. Il releva à nouveau les yeux vers son père.

Ce dernier posa sa main sur le pompon de son bonnet pour le caresser et enrouler ses doigts derrière sa nuque d'un geste affectif.

"Ton maître et moi on devait juste parler de l'école. Il n'y a aucun problème Cal'." déclara-t-il, se voulait aussi rassurant.

Le petit acquiesça doucement.

Stiles se redressa et fit un sourire forcé à l'homme face à lui. C'était désolant de voir un enfant réagir ainsi.

Le brun le salua légèrement du menton et tourna les talons. Le châtain se mordit la lèvre en les voyant s'éloigner.

"Hm, M. Hale… Derek !" s'exclama Stiles un peu précipitamment. Le susnommé se retourna et haussa les sourcils. Stiles déglutit et s'avança à nouveau vers lui avant de reprendre rapidement la parole. "J'avais complètement oublié, mais nous organisons une sortie scolaire dans deux semaines au planétarium et nous cherchons encore un parent pour nous accompagner. Il y a eu un désistement..." commença-t-il avant de grimacer légèrement, un peu gêné. "Alors si jamais vous êtes disponible et que cela vous dit, n'hésitez pas."

Le brun fronça les sourcils.

"C'est le 8 décembre, c'est bien cela ?" répondit-il, se souvenant visiblement d'avoir vu passer l'information dans les accords parentaux qu'il avait dû signer.

Stiles hocha la tête.

"Oui." souffla-t-il. "C'est la sortie d'hiver, avant Noël." confia-t-il.

Le brun acquiesça doucement.

"J'y réfléchirai. Je devrais pouvoir m'abstenir d'une journée de travail j'imagine… Pourquoi pas." répondit-il, encore légèrement incertain.

"Très bien." annonça Stiles. "J'attends votre retour prochainement alors ?" demanda-t-il, lui lançant un regard entendu. Il baissa les yeux vers l'enfant. "À demain Caleb." poursuivit-il.

Le père hocha la tête poliment une dernière fois en guise de salut, puis il tourna les talons. Le garçonnet salua à nouveau son maître d'un geste de la main et suivit son père. Les deux silhouettes ne tardèrent pas à disparaître du couloir et Stiles esquissa un fin sourire. Ce serait mentir de dire qu'il ne souhaitait pas revoir ce père, parce qu'il l'avait vraiment trouvé charmant à sa manière.

xxx

Stiles frappa plusieurs fois dans ses mains pour tenter d'avoir l'attention des petits.

"Hé, les enfants ! Tout le monde m'écoute. On s'assied et on fait le silence quelques instants." déclara-t-il, alors que les petits étaient encore excités par la récréation.

Deux fillettes étaient encore en train de parler entre elles et Allison les interpella.

"Emma, Lily. Chut. On écoute Stiles maintenant." indiqua-t-elle en mettant son index sur sa bouche pour faire le signe du silence.

Stiles la remercia d'un regard soulagé et reprit.

"Aujourd'hui, on va faire un atelier créatif. Est-ce qu'on se rappelle, 'créatif' ? Ça veut dire quand on imagine des choses et qu'on les réalise ensuite avec ses mains, comme quand on fait du dessin, de la peinture ou du collage."

Les enfants l'écoutèrent attentivement et parurent ravis.

"On va faire du dessin !" s'exclama un petit garçon à la peau foncée, visiblement excité par cette éventualité.

"Oui Omar, mais ce sera encore mieux que d'habitude. On va faire un atelier paillettes !" s'exclama Stiles avec sourire. Cela faisait une semaine que le petit Caleb avait été embêté pour cette histoire de paillettes et le jeune instituteur comptait bien changer la donne aujourd'hui.

Les enfants le regardèrent avec de grands yeux ronds et plusieurs d'entre eux se mirent à s'exclamer divers "Ohhh !" d'excitation. Les jacasseurs entraînèrent d'autres enfants, et bientôt, presque les trois quarts des petits manifestèrent leur euphorie en criant des exclamations diverses.

Stiles rigola doucement.

"Allison et moi, nous avons préparé les tables. Vous allez avoir des feuilles et des crayons, comme d'habitude, et aussi plein de paillettes brillantes de toutes les couleurs. Attention, il faudra utiliser beaucoup de paillettes pour que votre dessin soit le plus joli possible."

Plusieurs enfants rigolèrent et tous commencèrent à regarder les tables avec curiosité. Stiles balaya du regard les petits, notant que beaucoup de fillettes étaient ravies par l'activité en comparaison des garçons, plus réservés. Son regard se posa en particulier sur le jeune Caleb, qui lui, avait un sourire extraordinaire. Ses yeux pétillaient de mille feux en voyant les tonnes de paillettes à disposition.

"Allez, installez-vous dans le calme." demanda Allison, et les enfants se dirigèrent vers le petit mobilier. Comme à l'accoutumée, chacun s'assit sur une petite chaise.

Chaque table était composée de cinq élèves. Allison géra les deux premières tablées et Stiles les deux suivantes. Ils leurs montrèrent les stylos pailletés, les crayons de couleurs brillants, et surtout les paillettes à verser et coller qu'ils avaient achetées il y a peu. Il y en avait de toutes les couleurs et de toutes les formes. Tout le matériel posé sur les tables avait quelque chose de scintillant aujourd'hui.

L'atelier commença et les bambins se lancèrent rapidement dans leurs créations. Allison et Stiles passaient d'enfant à enfant, prenant quelques minutes individuelles avec chacun d'eux. Ils leur proposaient systématiquement des manières d'essayer de nouvelles choses, de tester de nouvelles couleurs ou collages. Pour eux, l'intérêt des activités créatives était justement d'encourager les enfants à faire des choses différentes, de les pousser à changer leurs habitudes. Stiles aimait susciter cette envie de découvrir.

Au bout d'une petite heure, le maître regarda la salle et grimaça légèrement. Il y en avait partout. C'était une catastrophe. Et pourtant, il esquissa un sourire amusé parce que les enfants avaient l'air aux anges.

Il se dirigea vers la table du jeune Elliot et s'accroupit à hauteur des petits.

"Alors les garçons ? On s'amuse ?"

Le petit blond aux cheveux bouclés lui montra sa feuille pleine de paillettes avec une certaine fierté.

"C'est très joli, j'aime beaucoup les paillettes bleues, ici." déclara Stiles en montrant du doigt une zone du dessin où il y avait une forme louche qu'il ne déchiffrait pas.

Le garçon sourit et hocha la tête avant de continuer à s'affairer sur son chef-d'œuvre contemporain.

Stiles se releva et se dirigea vers la table juste derrière, s'accroupissant à côté du petit Hale.

"Et toi Caleb ? Tu t'amuses ?" demanda-t-il, et le petit garçon se tourna vers lui et lui offrit un grand sourire lumineux.

Stiles le voyait rarement si heureux.

"Oui ! J'adore ! J'adore !" s'exclama-t-il avec entrain, avant de rigoler tout seul.

Son maître se mit à rigoler avec lui, entraîné par le son mélodieux des rires de l'enfant. Il reporta son attention sur le dessin posé devant Caleb et demanda doucement.

"C'est quoi ?"

L'enfant sourit.

"C'est papa et moi."

Stiles haussa les sourcils.

"Oh. Et papa est tout en rose dis donc !" s'exclama-t-il en fixant la feuille.

"Oui, parce que c'est une princesse, papa." confia Caleb et il continua de gribouiller sur sa feuille avec du stylo doré.

Stiles se mordit la lèvre pour s'empêcher de rire.

"Ah oui ?" demanda-t-il, totalement amusé.

"Oui !" répondit la petite tête brune avec assurance. "Il a mis des paillettes avec moi, et il était une princesse et puis le dragon… le vilain dragon, et bah, moi je sauvais papa du vilain dragon." expliqua-t-il avec sérieux.

"Oh." s'exclama Stiles, comprenant vaguement l'histoire racontée.

"T'aimes les dragons ?" demanda Caleb à son maître, d'un air suspicieux.

Stiles fronça les sourcils et fit mine de réfléchir.

"Ça dépend. Ils sont gentils ou pas ? S'ils veulent faire du mal aux papas-princesses, je ne suis pas trop-trop d'accord." annonça-t-il avec fermeté.

Caleb hocha la tête : visiblement, il partageait tout à fait cette opinion.

Stiles sourit et se releva, le laissant finir son dessin quelques minutes. Il jeta un rapide coup d'œil à l'horloge et fit signe à Allison que l'activité allait devoir prendre fin.

Il se mit au milieu de la classe et parla un peu fort, mais sans crier pour autant.

"Bon, c'est terminé les enfants. On va tout ranger maintenant."

Les enfants se mirent à gémir des 'Non !' de désespoir, surexagérés.

"Si si. On en refera peut-être plus tard dans l'année, mais là, c'est fini." déclara-t-il d'un ton ferme.

Les petits commencèrent à ranger les affaires pendant qu'Allison et Stiles les aidaient tour à tour. Les paillettes collaient partout et il y en avait plein les meubles et le sol. Ils allaient se faire tuer par les femmes de ménage, c'était certain. Stiles se dit qu'après la classe il essayerait de nettoyer au maximum le carnage qu'il avait permis et même encouragé.

Caleb arriva vers lui et lui tendit son dessin. Stiles fixa la petite menotte pleine de paillettes qui tenait la feuille pendante.

"Tiens… C'est pour toi." dit doucement l'enfant. Il lui fit des petits yeux de biche adorables et Stiles sourit avant de s'accroupir.

"Tu me donnes le dessin avec papa ?" demanda-t-il, tout de même un brin étonné par le geste. C'était la première fois que Caleb voulait lui donner quelque chose.

"Oui."

Caleb hocha la tête.

"Merci mon grand, il est vraiment beau." déclara Stiles en regardant à nouveau l'œuvre réalisée. Il y avait une petite silhouette verte et bleue en forme de triangle approximatif, et à côté, un énorme rond rose brillant avec des bâtons pour les bras et les jambes. L'intérieur était rempli de paillettes roses qui avaient été collées de manière anarchique. On ne pouvait pas toucher la feuille sans s'en mettre partout. Le sommet du rond rose semblait avoir un genre de couronne dorée. "Je le mettrai sur mon frigo, c'est promis." souffla Stiles.

Caleb sourit et se pencha pour faire un câlin à son maître. Ce dernier, surpris, referma son étreinte quelques secondes et le petit s'en alla ensuite en courant. En trois mois, c'était la première fois que le garçon était initiateur d'une étreinte.

Stiles regarda sa main un peu collante et pleine de paillettes. Il grimaça.

"Bon, maintenant, on va tous aller aux toilettes que je vous nettoie des paillettes…" annonça Stiles en lançant un regard désespéré à Allison, puis il murmura pour lui-même "...sinon vos papas et mamans ils ne seront pas contents duuu toouuut."

Allison et Stiles amenèrent donc la petite classe dans les toilettes. Ils passèrent plus de vingt minutes à nettoyer presque chacune des paires de menottes des enfants et plusieurs visages. Le problème avec les paillettes, c'est que ça collait et ça se mettait vraiment partout.

Caleb restait dans le fond des sanitaires, refusant que ce soit son tour à chaque fois.

"Alors Caleb ? Viens." souffla Stiles doucement alors que l'enfant le fixait, pas très convaincu.

"Mais moi j'veux garder les paillettes..." répondit-il en regardant ses petites mains toutes brillantes.

Une petite fille qui n'était pas encore passée sous le lavabo hocha la tête à son tour.

"Moi aussi j'veux les garder !" déclara-t-elle en se fixant dans la glace alors qu'elle avait quelques paillettes sur les joues, que ça brillait et qu'elle trouvait ça visiblement très joli.

"Très bien." soupira Stiles. "On lave quand même les mains, sinon vous allez encore en mettre partout." annonça Stiles.

Il nettoya les mains des deux derniers enfants, les essuya proprement, mais leur laissa garder le reste des paillettes qu'ils avaient sur eux. La petite n'en avait vraiment pas beaucoup, juste quelques traces sur le visage, mais Caleb... c'était une autre paire de manches. Il en avait plein sur ses vêtements, sur son visage et ses cheveux. Même son pantalon avait des traces. Stiles était prêt à parier qu'il s'était essuyé plusieurs fois les mains dessus.

Le jeune maître soupira et s'adressa au petit garçon.

"Bon, si papa te demande, tu dis bien que tous les enfants ont joué avec des paillettes aujourd'hui, hein ? Tout le monde." annonça-t-il doucement.

Caleb hocha la tête.

xxx

Le lendemain matin, Stiles était dans la classe en train de préparer doucement les activités de la journée. Allison était dans le couloir, aidant quelques enfants à enlever leurs manteaux. Certains étaient lâchés rapidement par leurs parents, et d'autres au contraire, était couvés jusqu'à la dernière minute. Il y avait les parents 'coup de vent', qu'Allison et Stiles ne voyaient jamais : ils posaient un pied dans le couloir et guettaient juste de loin que leur progéniture aille à bon port. Puis il y avait les parents qui avaient du mal à couper le cordon, qui leur tenaient parfois un peu trop la jambe.

"Oui, oui, ne vous en faites pas." répéta pour la troisième fois Stiles en une minute. Il lâcha les feuilles qu'il tenait dans sa main sur son bureau qui se trouvait à l'entrée de la classe. Il avait beau essayer de montrer qu'il était occupé, cela ne changeait rien.

La mère de la petite Stacy venait encore de rentrer dans la classe pour 'faire la conversation'. Ne vous y trompez pas, Stiles aimait échanger avec les parents, il trouvait cela important de les tenir informés et que ces derniers se sentent concernés par l'école… mais il y avait des limites.

"Oh ! Je vous fais confiance M. Stilinski. Stacy vous adore tellement, vous savez. Les mamans au parc sont toutes ravies du programme de l'année." continua-t-elle, sourire aux lèvres.

Stiles sourit à son tour. Il se rappelait bien pourquoi il avait décidé un jour d'être maître d'école : il adorait les enfants et il n'aimait pas les adultes. Voilà.

"Passez une bonne journée." reprit la voix doucereuse de la jeune femme. Elle osa même poser sa main sur son bras d'un geste amical.

Stiles répondit poliment avant de lever instantanément les yeux au ciel lorsqu'elle eut le dos tourné. Dieu qu'il préférait quand Allison faisait tampon avec les parents.

Il souffla bruyamment alors que la quasi-entièreté de la classe était présente. Il manquait encore quelques élèves avant qu'il ne soit l'heure de commencer.

"M. Stilinski ? Stiles ?" reprit une voix grave dans son dos.

Le jeune maître grimaça. Encore un parent. Il pivota pour se retourner et faire face à l'entrée où se tenait Derek Hale et le petit Caleb entre ses jambes.

Il haussa les sourcils aussitôt, surpris, avant de cligner rapidement des yeux.

"Oh. M. Hale. Je veux dire, Derek, je veux dire… Bon sang. Bonjour." balbutia-t-il avant de s'avancer vers le père pour lui tendre la main.

Ce dernier esquissa un sourire, un brin moqueur devant les paroles confuses, et serra la main tendue. Ils se regardèrent quelques instants avant que leur attention ne soit détournée.

"Bonjour Stiles !" s'exclama Caleb.

La poignée de mains se défit doucement et Stiles croisa les bras contre son torse avant de baisser la tête vers le petit garçon.

"Bonjour Caleb. Comment vas-tu aujourd'hui ?"

"Bien ! Papa vient en classe avec moi !"

Stiles haussa un sourcil dubitatif et fixa Derek qui s'empourpra rapidement.

"Non Cal', pas aujourd'hui. Ce sera dans plusieurs jours." répondit-il.

Stiles le dévisagea, incertain.

Derek esquissa un sourire gêné et se gratta l'arrière du crâne.

"La sortie scolaire." souffla-t-il rapidement.

"Oh." fit Stiles, en hochant la tête rapidement, comprenant alors de quoi il retournait. "Donc... c'est oui ?" interrogea-t-il, ravi.

Caleb tira sur le pantalon de son père.

"Papa, là-bas c'est monsieur Zozyo." expliqua l'enfant, voulant visiblement indiquer quelque chose à son père. Son petit index pointait une zone incertaine dans la classe.

Derek fronça les sourcils et Stiles sourit.

"Monsieur Oiseau est le nom que nous avons donné à la mascotte de la classe. C'est une statue en plastique de flamant rose." expliqua Stiles en pointant à son tour du pouce un grand flamant rose d'un mètre cinquante reposant contre le mur. Derek cligna rapidement des yeux, surpris. "Allez, vas t'installer Caleb, on va bientôt commencer la classe." demanda Stiles doucement.

Le petit garçon hocha la tête et leva le menton vers son père. Ce dernier s'abaissa pour que le petit lui fasse un bisou sauvage sur la joue, puis ce dernier courut dans la classe, rejoignant les autres enfants déjà dans l'espace.

"Alors, je peux compter sur vous le 8 ?" demanda Stiles rapidement, voyant du coin de l'œil qu'Allison allait bientôt rentrer. Les derniers enfants semblaient être arrivés.

"Oui." acquiesça Derek avec sérieux. "Cal' était vraiment ravi quand je lui ai dit que je l'accompagnerai."

Stiles esquissa un doux sourire.

"Oh, je n'en doute pas."

Il avait envie de dire que lui aussi était ravi qu'il ait accepté, mais il se retint de justesse avant que les mots ne franchissent ses lèvres.

Derek le regarda quelques instants puis déclara.

"Merci, pour hier."

Stiles haussa les sourcils à nouveau.

"Caleb a fait sensation en rentrant ?" grimaça-t-il, se rappelant des tonnes de paillettes qu'il avait partout sur lui.

Derek esquissa un sourire en baissant la tête, cachant presque les petites fossettes qui pointaient sur ses joues.

"Disons que j'ai franchement hésité à brûler ses vêtements." répondit-il, amusé. Stiles se mordit la lèvre inférieure, presque gêné, mais son sourire s'était également largement étiré. Le père reprit. "Il m'a dit que tout le monde avait joué avec les paillettes."

Stiles hocha la tête, sa lèvre toujours malmenée par ses incisives.

"Oui, c'était un atelier formidable. Tous les enfants, sans exception, se sont bien amusés." confia-t-il simplement.

Le père de Caleb hocha doucement la tête.

Allison entra dans la classe, accompagnée du dernier petit et jeta un regard curieux aux deux hommes, rompant ainsi leur échange.

"Bon, je vais y aller." déclara aussitôt Derek. Il sourit à la jeune femme et lança un dernier regard à Stiles. "Bonne journée."

"Merci, à vous aussi." répondit Stiles alors que le brun sortait de la salle.

Allison ferma la porte de la classe et avança vers le jeune maître.

"C'est bien le père de Caleb ?" demanda-t-elle. Stiles hocha la tête et la jeune femme sourit davantage. "Pas mal, hein." souffla-t-elle et Stiles leva les yeux au ciel.

"Et je l'ai pour le 8 décembre." répondit-il, amusé.

La brunette écarquilla les yeux de surprise et son sourire s'étira encore plus.

"Tu crois qu'il s'intéresse à toi ?" demanda-t-elle doucement.

Stiles haussa les épaules. C'était toujours difficile de savoir ce genre de chose. Pour commencer, ce n'était pas comme s'ils avaient un panneau clignotant au-dessus de leurs têtes disant 'je suis gay' ou 'je suis bi'. Et quand bien même… Fallait-il encore ensuite faire mouche, plaire, être compatible. La situation était d'autant plus compliquée qu'il s'agissait d'un parent d'élève, veuf de surcroît. Stiles n'était préparé pour aucun de ces scénarios-là.

"Je ne sais pas…" répondit-il simplement. "On verra bien." continua-t-il. Derek Hale lui avait plu tout de suite, au premier regard. Et il devait dire que la manière dont l'homme s'occupait de son fils, seul, l'avait touchée. Il avait suffisamment flirté par le passé pour savoir qu'il y avait eu ce petit quelque chose quand leurs mains s'était serrées, mais il avait également eu suffisamment d'expériences pour savoir qu'il devait être prudent.

Allison posa une main chaleureuse sur son épaule et Stiles sourit.

"Allez, on a des monstres sur pattes à gérer." déclara-t-il, amusé.

Ils rassemblèrent les enfants sur le tapis de l'espace détente pour commencer la classe. Chaque matin commençait plus ou moins pareillement. Stiles leur demandait s'ils allaient bien aujourd'hui, il faisait une sorte d'appel, puis il expliquait les activités qu'ils feraient dans la journée.

"Aujourd'hui, c'est le 1er décembre les enfants, et en décembre, on fête quoi ?"

Quelques enfants commençaient à s'écrier.

"Noël !"

Stiles hocha la tête.

"Oui, à la fin du mois de décembre, on célèbre Noël. Donc aujourd'hui, nous allons décorer la classe pour l'occasion."

Une petite fille blond vénitien leva la main timidement. La digne fille de sa mère.

"Oui Lily ?" demanda le maître, un sourire aux lèvres. Les petits qui levaient la main pour parler étaient encore trop rares à cet âge, mais certains y arrivaient quand même.

"Est-ce qu'on va faire un sapin ? Parce que chez moi on a fait le sapin et c'est joli."

D'autres enfants se mirent à répondre que chez eux aussi, le sapin avait déjà été installé.

Stiles hocha la tête.

"Oui, on va mettre un sapin près de la commode de jeux. Mais on ne va pas décorer que le sapin. On va aussi mettre des décorations partout dans la salle de classe, sur les meubles, les vitres et chacun va participer. Je compte sur vous."

Les maternelles avaient l'air ravis de l'activité.

Allison récupéra un gros carton qui était près de l'entrée et le ramena devant les enfants.

"On va commencer, ça vous dit ?" demanda-t-elle doucement.

Les enfants acquiescèrent et certains avaient déjà envie de s'avancer vers le carton pour voir ce qu'il y avait dedans.

La jeune femme ouvrit l'énorme boîte et en sortit quelques guirlandes brillantes. Une rouge très épaisse, une petite verte et argent, puis une dorée très longue. Les enfants regardaient cela de manière émerveillée et hypnotique.

"Je vais aller chercher le sapin." déclara le jeune maître. "Chacun va récupérer une guirlande et devra ensuite la placer où il veut. On fera chacun son tour, donc vous attendez sagement et écoutez Allison."

La jeune femme distribua une guirlande à chacun des enfants pendant que Stiles sortit de la pièce pour revenir quelques minutes plus tard avec un petit sapin en plastique d'environ un mètre. Il le positionna à côté de la ludothèque, contre le mur, là où il ne gênerait personne. Allison se dirigea vers la petite chaîne stéréo de la salle pour lancer un CD de musiques de Noël, histoire de s'immerger dans l'ambiance.

Chaque enfant vint ensuite positionner tour à tour sa guirlande. Ils pouvaient les mettre sur le sapin ou sur un élément de la classe comme la bibliothèque, le bord d'une fenêtre, le tableau de l'alphabet… Évidemment, Allison et Stiles les aidaient à chaque fois, spécifiquement lorsqu'il fallait que ce soit en hauteur. Un petit garçon avait voulu mettre sa guirlande sur une des lampes, mais Stiles avait dû lui expliquer que cela pouvait être dangereux et qu'il ne fallait jamais rien poser à ces endroits-là.

Ce fut au tour de Caleb qui tenait fermement dans ses mains sa guirlande bleue qui brillait intensément.

"Caleb, où tu veux la mettre ?" demanda gentiment Allison.

"Sur monsieur Zozyo !" s'exclama-t-il.

Elle haussa les sourcils, perplexe.

"Oh." répondit Stiles, intrigué par la demande. "C'est une très bonne idée." confia-t-il.

Ils enroulèrent la guirlande autour du long cou du flamant rose et les enfants rigolèrent fortement. Après cela, ils voulurent tous mettre leur décoration sur le pauvre flamant rose. Stiles arriva à les convaincre que c'était aussi bien de décorer le reste de la classe.

Après avoir positionné toutes les guirlandes, ils sortirent quelques décorations plus petites comme des boules en plastique incassables. Là encore, chacun des enfants eut le droit d'en prendre une et de la placer sur le sapin à l'endroit désiré.

Ensuite, s'ensuivit les chaussettes de Noël. Il y en avait une petite pour chaque enfant. Allison et Stiles firent s'installer les maternelles autour des tables et leur distribuèrent une étiquette avec des feutres et des petites décorations de Noël à coller, façon gommette. Ils eurent chacun pour consigne de customiser leur chaussette en tissu et de noter sur l'étiquette leur prénom. Comme à l'accoutumée, Stiles et Allison les aidèrent pour que chaque enfant ait un résultat qui lui plaise. Quand cela fut fait, les adultes firent de la place sur la bibliothèque pour accrocher les réalisations sur du fil tendu à l'aide de pinces à linges. La vingtaine de chaussettes pendouillait doucement et c'était beau à voir.

Le dernier atelier avant la pause déjeuner fut la réalisation de flocons de neige en papier pour coller sur les vitres. Les enfants les plus adroits purent découper leurs propres flocons avec des ciseaux à bouts ronds. Pour les plus jeunes, Stiles et Allison avaient déjà imprimé et découpé certains modèles qu'il ne restait qu'à customiser.

À la fin de la journée, la classe était décorée à la perfection. Stiles resta un peu plus longtemps pour profiter de ce cadre festif. Il y avait quelque chose dans l'atmosphère de Noël qu'il aimait particulièrement et avoir la possibilité de partager cela avec sa classe lui faisait vraiment plaisir. Il termina sa journée de travail, assis à son bureau, à finaliser la sortie scolaire qui aurait lieu la semaine suivante.

xxx

Stiles fixait le numéro de téléphone affiché sur l'écran de son portable. Son doigt était relevé en suspens, prêt à presser la touche 'appeler'. Il respira un grand coup et appuya dessus. Le numéro se composa et la tonalité ne tarda pas à se faire entendre.

Il était 19h et la sortie scolaire au planétarium allait avoir lieu dans cinq jours. Il avait déjà appelé Lydia Martin-Parrish, la mère de la petite Lily, qui les accompagnerait également. Il connaissait Lydia depuis un bail, et cela avait été plaisant de pouvoir échanger un peu avec elle.

Ils avaient été dans les mêmes classes de la maternelle au primaire. Leurs chemins s'étaient ensuite séparés à l'arrivée au collège. Même s'ils avaient parfois eu quelques cours ensemble, nombreuses de leurs options avaient été différentes jusqu'à la fin du lycée. Pendant une bonne partie de son enfance, Stiles avait eu un faible pour la jeune femme, mais celui-ci n'avait pas duré par la suite. Durant son adolescence, le châtain avait rapidement compris qu'il avait une nette préférence pour la gent masculine.

Leurs chemins s'étaient recroisés il y a quatre ans, lorsque Lydia et lui s'étaient retrouvés à la fête de printemps du commissariat de police de Beacon Hills. Le père de Stiles était shérif de la ville depuis de nombreuses années, et Jordan Parrish, son adjoint, venait de se marier avec une certaine Lydia Martin. Le couple était alors fraîchement parents d'une petite Lily.

Finalement, les années défilant, Stiles avait obtenu son diplôme et réussi à avoir un poste de maître à l'école maternelle de la ville. Aujourd'hui, Lily était élève dans sa classe.

Stiles devait maintenant appeler Derek Hale… et cela semblait être une autre paire de manches. Il stressait malgré lui. L'homme lui avait plu et il se sentait nerveux de le contacter. Il était impatient d'entendre la voix grave du père à l'autre bout du combiné, de pouvoir échanger à nouveau avec lui. Par-dessus tout, il était ravi que l'architecte ait accepté d'accompagner la sortie scolaire. Il s'imaginait déjà passer la journée avec, et il en était ravi. Il respira un bon coup, tentant de calmer l'anxiété qui commençait à pointer le bout de son nez. Il avait peur de se mettre à bafouiller, de se perdre dans ses mots… En face à face, cela était plus facile, il pouvait sourire, rattraper le coup... mais par téléphone, cela avait quelque chose de moins aisé. Stiles était du genre à se sentir plus à l'aise en voyant son interlocuteur.

Une première sonnerie fit écho, puis une deuxième, puis une troisième… À la quatrième, Stiles fronça les sourcils. Peut-être que l'homme était occupé et ne répondrait pas ? Cela signifiait qu'il devrait retenter une prochaine fois. Il soupira. Alors qu'il allait raccrocher, la mort dans l'âme, les bips se stoppèrent et la la voix froide de Derek Hale résonna enfin.

"Allô ?"

Le ton était un peu sec et monotone.

"Derek, bonsoir. Désolé de vous déranger, c'est Stiles, le maître d'école de Caleb." se sentit-il obligé de préciser.

"Oh. Bonsoir." répondit l'homme au bout du fil. Sa voix venait de s'adoucir et de se faire un peu plus chaleureuse.

"J'espère que je ne tombe pas mal ?" demanda doucement Stiles, le sourire aux lèvres. Sa main venait d'agripper un des cordons de son sweat à capuche pour jouer avec. Il était allongé sur son sofa, fixant le plafond.

"Non, pas du tout. Je vous en prie." continua le père d'une voix plus chaude.

"Je vous appelle pour la sortie qui a lieu bientôt, histoire de vous donner davantage de détails sur le déroulé de la journée."

"OK." répondit simplement le brun. "Laissez-moi juste prendre de quoi noter." déclara-t-il et un peu de bruit s'ensuivit. Stiles se redressa sur son canapé.

"Oh, mais, j'pense que ça ira vous savez. Il n'y a vraiment pas grand-chose… Enfin, je ne vais pas vous noyer d'informations, rassurez-vous." se dépêcha-t-il d'informer.

Il y eut un petit silence.

"Oh." répondit la voix grave. "Hm, déformation professionnelle je crois… je n'ai pas vraiment l'habitude des sorties scolaires. C'est même la première à vrai dire." répondit-il, un gêné.

"Ne vous en faites pas, ce sera beaucoup moins fatigant que tout ce que vous pouvez vous imaginer." déclara Stiles, puis il se mit à rigoler. Sa classe de maternelle était relativement facile à tenir.

"Très bien." soupira Derek, tout de même un peu nerveux à l'idée de gérer plus d'un enfant à la fois. C'était même particulièrement angoissant.

"Je serai donc présent ainsi qu'Allison, l'assistante scolaire de la classe. Il y aura une autre parent d'élève, Mme Martin-Parrish, la maman de la petite Lily. Nous serons donc quatre adultes, ce qui est la norme pour gérer une classe de vingt élèves en sortie scolaire. Rassurez-vous, Allison et moi-même pouvons tout à fait gérer le groupe, seuls. En tant qu'accompagnateur, vous aurez juste à superviser éventuellement quelques élèves si l'on est amené à faire des groupes, mais vous ne serez jamais vraiment seuls avec eux, donc tout ira bien."

"OK." répondit simplement le père à l'autre bout de la ligne. Il semblait davantage tranquillisé.

"Le matin, le rendez-vous est à l'école, aux mêmes horaires que d'habitude. Quand tous les enfants seront là, nous prendrons un bus scolaire réservé pour l'occasion. Le chauffeur nous attendra sur le parking extérieur. Il y a environ quarante minutes pour aller au planétarium avec le trafic routier. Ensuite, une fois là-bas, nous serons accueillis par des animateurs en charge de faire la visite. Ils assurent l'ensemble des présentations et activités avec les enfants sur place. Nous devons juste nous assurer de tenir la classe correctement…" expliqua-t-il. "Mais ce sera plus mon rôle que le vôtre, n'est-ce pas ?" Il rigola doucement.

"Hm-Hm." acquiesça Derek. "Quelles sont les activités prévues ?" demanda-t-il, curieux.

"Le matin, il y a la visite d'une exposition adaptée pour leur âge. Ils ont l'habitude de recevoir des maternelles. C'est une sorte d'initiation au système solaire, aux planètes, étoiles et compagnie. Ensuite, pour le midi, nous aurons des sandwichs à distribuer aux enfants, on fera un pique-nique dans une salle que le planétarium met à disposition exprès pour les groupes scolaires. En début d'après-midi, il y a une petite lecture de conte avec un temps de repos organisé dans l'espace médiathèque du lieu, et enfin, ce sera la découverte de l'espace planétarium. Il y a une projection... un petit film explicatif, je crois, quelque chose comme ça… C'est la première fois que j'y mettrai les pieds à vrai dire. Enfin, bref... Ensuite on reprend le bus pour revenir à l'école. Si tout va bien, on devrait arriver pile à l'heure pour la sortie des classes."

"Parfait." murmura le père de famille. L'enseignant avait l'air d'avoir tout organisé et le planning de la journée paraissait parfaitement adapté pour les enfants. Lui-même n'avait jamais été au planétarium et était curieux de découvrir le lieu. "Je pense que les enfants vont adorer." répondit-il poliment.

Stiles ne put s'empêcher de sourire.

"Je pense aussi." souffla-t-il. Il y eut un petit silence et il reprit. "Est-ce que vous avez des questions ?" Son doigt ne pouvait s'empêcher de s'entortiller à nouveau dans le cordon de sa veste.

Derek secoua légèrement la tête avant de réaliser que le châtain à l'autre bout de la ligne ne pouvait pas voir son geste.

"Non, je pense que tout est clair. Merci." dit-il simplement.

Stiles se gratta la tête et s'enfonça davantage dans son canapé. Il aurait tellement eu envie de ne jamais avoir à raccrocher. Il se rendait bien compte que c'était sûrement un peu niais et stupide… Mais la voix grave du brun lui faisait un effet sans pareil. Il se sentait définitivement charmé par cet homme, aussi ridicule que cela pouvait paraître.

"Je vous vois le 8 alors ?" demanda-t-il bêtement.

"Oui." répondit Derek aussitôt.

"N'hésitez pas à m'appeler si vous avez besoin de quoi que ce soit, enfin, je veux dire, une question ou autre." s'emballa-t-il avant de se mordre la lèvre. Dieu qu'il espérait ne pas paraître aussi lourd que pouvaient l'être les mères qui lui tenaient la jambe. Au moins, Derek Hale avait maintenant son numéro de téléphone personnel, même si cela ne ferait peut-être pas une grande différence.

"Je n'hésiterai pas." souffla le père et ça paraissait diablement vrai. "Bonne soirée Stiles." déclara-t-il avec calme.

"Bonne soirée Derek." répondit-il pareillement. Il entendit que sa voix sonnait vraiment niaise mais c'était plus fort que lui.

Ils raccrochèrent et Stiles s'allongea sur son canapé en gémissant. Il porta ses mains à son visage pour se cacher dedans et soupirer longuement. Il avait un béguin pour un parent d'élève.